Lyon (Agence Fides) - « Le Sacré-Cœur nous rappelle justement ceci : Dieu n’est pas d’abord une idée à comprendre, mais un amour à accueillir. Cette vérité est particulièrement importante aujourd’hui, alors que nous célébrons le bicentenaire du Rosaire vivant, fondé par la bienheureuse Pauline Jaricot ». Voici quelques mots tirés de l’homélie prononcée par le père Dinh Anh Nhue Nguyen OFM Conv, Secrétaire Général de l’Union Pontificale Missionnaire (UPM), vendredi 12 juin, dans la chapelle Saint-Irénée, au sein de l’Université catholique de Lyon (UCLY). Dans la chapelle universitaire, le père Anh Nhue a présidé, dans la matinée, la célébration eucharistique en la solennité du Sacré-Cœur. L’occasion : l’inauguration de la chaire « Bienheureuse Pauline Jaricot » à la faculté de théologie de l’UCLY, le jour même où, avec la veillée du soir à la cathédrale Saint-Jean, ont débuté à Lyon les célébrations à l’occasion des 200 ans du Rosaire Vivant, mouvement fondé par la bienheureuse française (voir Fides 12/06/2026).
« Paolina », a rappelé le père Anh Nhue, « était une jeune laïque de Lyon qui avait découvert que le Christ peut transformer toute une vie lorsqu’on lui ouvre son cœur. Son génie consistait à comprendre que la mission appartient à tout le peuple de Dieu. On ne devient pas missionnaire grâce à ses propres ressources, à ses connaissances ou à son pouvoir. On devient missionnaire lorsqu’on rencontre l’amour du Christ et que cet amour déborde sur les autres. Toute la vie chrétienne commence là. Avant d’être une activité, la mission est une rencontre. Avant d’être un engagement, c’est une communion. Avant d’être une responsabilité, c’est un don ».
Dans son homélie, le Secrétaire Général de l'UPM a également rappelé l’importance de la formation pour soutenir de manière efficace et appropriée l’œuvre missionnaire. La formation, qui constitue le domaine d’action spécifique de l' UPM, « n’est ni une technique ni une stratégie », a souligné le père Anh Nhue. « Elle – a-t-il poursuivi – n’est pas non plus principalement une compétence. La formation missionnaire initiale consiste à rester proche du Christ ».
Peu après, lors de la séance d'inauguration de la chaire dédiée à la bienheureuse Jaricot, qui s'est poursuivie dans l'amphithéâtre Aristote de l'UCLY, le père Dinh Anh Nhue Nguyen a donné une conférence sur le thème « Unir les acteurs de la mission. L'intuition de l'UPM hier et aujourd'hui ».
« Aujourd’hui, l'UPM est appelée non seulement à poursuivre son œuvre d’évangélisation et de formation missionnaire des prêtres et des personnes consacrées, mais aussi à accompagner une Église où la responsabilité missionnaire est plus largement partagée et où les fidèles laïcs occupent une place essentielle », a expliqué le secrétaire général de l'UPM, qui fête cette année ses 110 ans. C’est précisément dans cette perspective que la missiologie universitaire se voit aujourd’hui confier une responsabilité particulière : non seulement étudier la mission, mais aussi contribuer à la formation de ceux qui la réaliseront demain. C’est pourquoi l’intuition du bienheureux Paolo Manna (considéré comme l’initiateur de l'UPM, ndlr) reste extraordinairement d’actualité : unir ceux qui sont engagés dans la mission, en les formant ensemble, afin que toute l’Église puisse continuer à annoncer l’Évangile au monde entier », a conclu le père Anh Nhue Nguyen.
La séance inaugurale, qui a attiré un large public et dont l'ouverture a été confiée au doyen de la faculté de théologie de l'UCLY, Michele Younès, s’est poursuivie par une série d’interventions, dont celle du Père Florent Guyot, responsable de la pastorale des prêtres étrangers du diocèse de Lyon, suivie de quelques témoignages et du message de bienvenue de Georges Delrieu, Secrétaire Général des Œuvres Pontificales Missionnaires françaises, qui figurent parmi les partenaires institutionnels de la chaire nouvellement créée.
Le père Gonzague de Longchamp, qui partage avec le père Cesare Baldi la chaire dédiée à la bienheureuse Jaricot, a présenté l'organisation des activités d'étude et de formation qui s'articuleront autour de ce nouveau pôle universitaire.
La création de cette chaire découle avant tout du constat que le visage de l’Église locale se caractérise également par une présence de plus en plus importante de religieux, de religieuses et de laïcs d’origine étrangère. Cela implique la nécessité de clarifier les formes de dialogue interculturel et interpastoral afin d’intervenir dans un contexte européen de plus en plus déchristianisé, en tirant parti des apports et des expériences développés dans les contextes ecclésiaux d’Afrique subsaharienne, d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est. Offrir les moyens et les compétences nécessaires pour intervenir dans la situation culturelle et pastorale française d’aujourd’hui est l’objectif de ce cycle de formation dédié à la fondatrice du mouvement du Rosaire Vivant, tout comme fournir une formation au contexte culturel et pastoral utile pour établir un dialogue fructueux avec les Églises sœurs des pays du Sud.
La chaire propose un parcours d'une durée d'un à trois ans, en fonction des disponibilités des participants, et s'articule autour de trois axes. Tout d'abord, les cours, parmi lesquels figurent un cours de théologie pastorale, un cours au choix de l'étudiant et un cours de spécialisation proposé par la chaire, qui porte cette année sur la sociologie du christianisme. Ensuite, des journées d'étude sont proposées, abordant des thèmes tels que les migrations, la religiosité populaire, le ministère et la communauté. Enfin, des ateliers sont prévus, dont l'objectif est d'offrir une formation ciblée à la lumière d'une relecture de son action pratique dans le domaine missionnaire. (EG) (Agence Fides 13/6/2026)