Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.Le Pape en France/III - Metz, aux racines de la paix européenne dans la « ville des trois frontières »https://www.fides.org/fr/news/78097-Le_Pape_en_France_III_Metz_aux_racines_de_la_paix_europeenne_dans_la_ville_des_trois_frontiereshttps://www.fides.org/fr/news/78097-Le_Pape_en_France_III_Metz_aux_racines_de_la_paix_europeenne_dans_la_ville_des_trois_frontierespar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Metz – Sous la lumière de cette fin d’été, la pierre de Jaumont des façades du centre-ville révèle par endroits de profondes cicatrices gravées dans la roche. Sur ces façades historiques, les alvéoles creusées par les éclats de 1944 témoignent de la violence des combats de la Seconde Guerre mondiale dont fut témoin la ville aux trois frontières. C’est ici que le Pape Léon XIV achèvera son voyage apostolique en France, lundi 28 septembre 2026, après Paris et Lourdes. Au programme, une rencontre interreligieuse et un rendez-vous consacré aux « racines de l’Europe pour la paix et l’unité », avant de parcourir le centre-ville en papamobile et de célébrer la messe dans la cathédrale Saint-Étienne.<br />« On perd la passion de l’Europe, parce qu’on a oublié pourquoi on a fait l’Europe », témoignait un jour un ancien ambassadeur qui avait participé à la construction européenne. Si l’on s’interroge sur le pourquoi de cette étape mosellane dans le voyage du Saint Père, la réponse se trouve dans le tissu de la ville et de l’histoire des habitants. <br /><br />Le 28 septembre, après son arrivée à l’aéroport Metz-Nancy-Lorraine, Léon XIV se rendra au Centre des congrès Robert-Schuman. Il y participera d’abord à une rencontre interreligieuse, puis à une rencontre consacrée aux « racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». Il prononcera deux discours avant de rejoindre le centre-ville. L’après-midi, une déambulation en papamobile le conduira notamment de l’avenue Foch à la cathédrale Saint-Étienne, par l’avenue Robert-Schuman, la place de la République et les rues du cœur historique.<br /><br />La mémoire des frontières<br /><br />La Moselle n’est pas seulement proche des frontières : elle a longtemps vécu au rythme de leurs déplacements. Annexée à l’Empire allemand après la guerre de 1870, elle est redevenue française en 1918, avant d’être de nouveau annexée de fait par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, jusqu'à sa libération à la fin de l'année 1944 et sa réintégration définitive à la France en 1945. « La Moselle, comme l’Alsace, porte encore la mémoire des conflits, des annexions et des déchirements qui ont marqué l’Europe contemporaine », explique à Fides le père Cédric Burgun, doyen de la Faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris et messin d’origine. « Cette mémoire demeure particulièrement vive dans les familles. » La construction européenne, insiste-t-il, « n’est pas née d’une abstraction technocratique, mais de la volonté de réconcilier des peuples longtemps opposés ».<br />Le père Stéphane Jourdain, curé de la communauté de paroisses Saint-Privat de Metz-Sud, évoque des histoires humaines. « Certains ont eu un grand-père résistant ; d’autres ont connu le service du travail obligatoire. Des habitants ont été expulsés vers le sud de la France, avant de revenir. » Dans bien des familles, les générations plus anciennes ont connu les changements imposés de langue, de nationalité ou d’administration. La mémoire locale garde également trace des arrivées successives de familles italiennes, polonaises, algériennes, puis d’autres communautés venues plus récemment.<br /><br />Cette histoire a profondément marqué l’Église locale. Durant l’annexion allemande, sous l’épiscopat de Mgr Willibrord Benzler, un congrès eucharistique fut organisé en français et en allemand, signe de la double appartenance culturelle de ce territoire. Après la Première Guerre mondiale, l’évêque allemand fut expulsé par les autorités françaises. « La vie de l’Église locale a été prise dans les soubresauts de l’histoire politique et nationale », souligne le père Jourdain.<br /><br />Robert Schuman, fils de Moselle<br /><br />L’étape messine placera naturellement la figure de Robert Schuman au premier plan. Né en 1886 en Moselle alors annexée, d’un père lorrain devenu allemand en raison de l’annexion et d’une mère luxembourgeoise, celui qui est considéré comme l’un des pères de l’Europe incarnait lui-même cette histoire de frontières mouvantes et d’identités croisées. « Son parcours s’enracine dans un territoire situé au contact du Luxembourg, de Trèves, de l’Allemagne et de la France », explique le père Cédric Burgun, qui a été le demandeur de la cause de canonisation et de béatification de Robert Schuman et qui a présidé l'Institut Saint-Benoît, l'association diocésaine de Metz chargée de promouvoir cette cause. « Cette expérience a nourri sa conscience de la nécessité de dépasser les antagonismes nationaux et de faire de l’ancien ennemi un partenaire, puis un frère », explique-t-il.<br />Sa déclaration du 9 mai 1950 proposait de mettre en commun la production de charbon et d’acier de la France et de l’Allemagne. Il s’agissait, selon la formule devenue historique, de rendre une nouvelle guerre « non seulement impensable, mais matériellement impossible ». L’intuition politique était concrète : organiser l’interdépendance là où les rivalités industrielles avaient contribué aux affrontements. Elle était aussi profondément morale, fondée sur la possibilité de réconciliation entre des peuples meurtris. <br /><br />Pour le père Burgun, l’œuvre de Schuman reste « une véritable école d’engagement pour les chrétiens ». Elle montre qu’un engagement inspiré par la foi ne conduit « ni au repli confessionnel ni à une posture exclusivement défensive », mais au service du bien commun, de la paix et de la réconciliation. « Il serait erroné d’imaginer que Robert Schuman a exercé son engagement politique dans une société unanimement chrétienne et favorable à son projet, explique le père Burgun. Lorsqu’il fut président du Conseil puis ministre, la France était traversée par de fortes oppositions idéologiques et par un anticléricalisme réel. Vincent Auriol, président de la République, incarnait lui-même une tradition républicaine très éloignée du catholicisme. Le projet européen de Schuman ne fut pas immédiatement accueilli avec enthousiasme, y compris au sein de sa propre famille politique, le Mouvement républicain populaire. Son exemple montre donc qu’il est possible de tenir un engagement chrétien dans une société pluraliste et parfois contradictoire.»<br />Sa vie publique était également inséparable d’une vie intérieure intense. Robert Schuman trouvait dans la prière, le silence et l’Eucharistie la source de son action. <br />«Dans sa maison de Scy-Chazelles, sur les hauteurs de Metz, il se rendait régulièrement dans la chapelle des Servantes du Cœur de Jésus, où il venait prier longuement. Les habitants du village disaient de lui qu’ils le connaissaient surtout « à genoux et de dos », tant sa présence dans la prière était discrète mais régulière », relate le prêtre. Sa cause de béatification, portée localement dans la prière, rappelle que cette action politique trouvait sa source dans une vie intérieure intense. Déclaré vénérable par le pape François en 2019, il attend encore la reconnaissance d’un miracle pour être béatifié.<br /><br />Une Église singulière<br /><br />Le diocèse de Metz présente une autre particularité : le maintien du régime concordataire d’Alsace-Moselle. « Celui-ci donne à l’Église une place institutionnelle spécifique dans un paysage français marqué par une conception exigeante, parfois complexe, de la laïcité », relève le père Cédric Burgun. Le régime concerne les différents cultes reconnus et entretient, dans la vie quotidienne, une forme de dialogue entre autorités civiles et responsables religieux.<br />Dans les paroisses, le maire ou son représentant siège de droit au conseil de fabrique, notamment chargé d’aspects économiques et patrimoniaux. « Cette situation peut parfois susciter des difficultés, selon les personnes ou les sensibilités politiques, mais elle oblige aussi à entretenir des relations régulières entre les responsables civils et les responsables religieux », explique le canoniste. Elle rend possible, selon lui, « une présence plus apaisée et plus assumée des cultes dans l’espace public ».<br />Cette singularité est aussi pastorale. Le père Stéphane Jourdain évoque environ 150 laïcs salariés en mission ecclésiale, presque aussi nombreux que les prêtres du diocèse. Cette ressource humaine permet de porter de nombreuses initiatives, mais invite également à développer davantage l’engagement bénévole et le partage des responsabilités.<br /><br />Une espérance à transmettre<br /><br />A présent, comme dans tant d’autres diocèses, l’Église de Metz traverse une période de transition. Certaines zones rurales conservent une forte tradition chrétienne et une pratique religieuse stable. En même temps, de nombreux adultes frappent aujourd’hui à la porte de l’Église pour demander le baptême ou approfondir leur foi. « L’Église se rajeunit », aime dire l’évêque de Metz, selon le père Jourdain. Les itinéraires sont divers : jeunes adultes ayant gardé une familiarité lointaine avec la foi, parents cheminant après leurs enfants, personnes découvrant la prière, l’Évangile ou la vie sacramentelle à l’âge adulte. « Beaucoup viennent chercher un sens, une direction ou un souffle nouveau », observe-t-il.<br /><br />Cette vitalité ne fait pas disparaître les fragilités, notamment l’absence d’ordinations depuis plusieurs années. Mais elle nourrit une espérance locale qui donne aussi son poids à la visite pontificale. « C’est à partir de cette mémoire que la venue du pape peut prendre tout son sens : rappeler les raisons profondes de la construction européenne, renouveler l’appel à la paix et reconnaître dans les histoires de migration, de souffrance et de mélange des populations une source possible de fraternité », affirme le père Jourdain.<br />À Metz, dans une terre où les blessures de la guerre sont encore visibles sur les pierres de la ville et dans les familles, le Pape viendra puiser aux sources de la paix européenne, voulue comme une décision historique, politique et spirituelle. « Le diocèse de Metz, avec son histoire, son régime concordataire, son expérience transfrontalière et la mémoire de Robert Schuman, peut ainsi témoigner d’une Église appelée à assumer sa présence dans la cité », conclut le père Cédric Burgun, « non pour imposer une vision confessionnelle, mais pour rappeler que la foi chrétienne peut inspirer une culture de la rencontre, de la responsabilité, de la paix et de l’espérance ».<br />Fri, 28 Aug 2026 13:29:01 +0200ASIE/CHINE - Publication de la version chinoise de la thèse de doctorat du Pape Léon XIVhttps://www.fides.org/fr/news/78100-ASIE_CHINE_Publication_de_la_version_chinoise_de_la_these_de_doctorat_du_Pape_Leon_XIVhttps://www.fides.org/fr/news/78100-ASIE_CHINE_Publication_de_la_version_chinoise_de_la_these_de_doctorat_du_Pape_Leon_XIVPékin – « The Office and Authority of the Local Prior in the Order of Saint Augustine », la thèse de doctorat du Pape Léon XIV, a été traduite et publiée en chinois.<br />Cette thèse de droit canonique, rédigée par Robert Francis Prevost alors qu’il était un jeune père augustinien, a été soutenue à l’Université Pontificale Saint-Thomas-d’Aquin en 1987 ; elle traite du rôle, de l’autorité et des fonctions du prieur local au sein de l’Ordre de saint Augustin.<br /><br />L’édition en chinois a été publiée par le Centre d’études catholiques de l’Université chinoise de Hong Kong.<br /><br />La traduction de cet ouvrage a été réalisée par le père Peter Zhao Jianmin, prêtre du diocèse de Pékin, fort d’une longue expérience dans le milieu universitaire.<br />Le père Peter Zhao a été le premier prêtre chinois à obtenir un doctorat après la « réouverture », et il a fondé l'Institut d'études et de culture catholiques de Pékin : inauguré le 3 août 2002, cet institut se consacre à la recherche universitaire, avec pour objectif de promouvoir une plateforme favorisant l'apprentissage mutuel entre les civilisations et les échanges culturels par le biais de l'engagement universitaire. La révision du texte a été confiée au père Peter Ren Panji, premier prêtre chinois à avoir obtenu un doctorat à la faculté de droit canonique de l’Université Pontificale Grégorienne, qui se consacre aujourd’hui à la formation au séminaire de Pékin.<br />Selon la déclaration de don Peter Zhao transmise à l’agence Fides, « Cet ouvrage classique ne constitue pas seulement une recherche universitaire, mais aussi un guide pratique pour la gouvernance de l’Église et pour le travail pastoral. Bien qu’elle ait été écrite il y a près de quarante ans, elle conserve une profondeur remarquable et offre des orientations éclairantes. Il s’agit de la première édition de la traduction chinoise de cet ouvrage ; nous espérons que, qu’ils soient membres du clergé, religieux ou responsables ecclésiaux, tous pourront y puiser de la sagesse et réfléchir à nouveau à la manière dont l’autorité peut être mise au service de l’amour ». De plus, l’ouvrage analyse, dans une perspective théologique, l’essence de l’autorité ecclésiale : l’autorité n’est pas un pouvoir coercitif, mais un service et un accompagnement reconnus par l’Église et la communauté. Comme l’a souligné le père Robert Francis Prevost, l’autorité est de nature relationnelle et doit être exercée dans le cadre d’une relation de fraternité et d’égalité. Le lecteur peut ainsi entrevoir, dans cette perspective, l’idéal d’une direction ecclésiale contemporaine caractérisée par l’humilité et orientée vers la promotion de la communion, dont le Pape Léon XIV est aujourd’hui le témoin. <br /><br /><br />Fri, 28 Aug 2026 13:23:14 +0200ASIE/NÉPAL - Père Bogati : « Nous sommes reconnaissants au Pape pour son message. Caritas est déjà sur le terrain pour venir en aide aux victimes des inondations »https://www.fides.org/fr/news/78099-ASIE_NEPAL_Pere_Bogati_Nous_sommes_reconnaissants_au_Pape_pour_son_message_Caritas_est_deja_sur_le_terrain_pour_venir_en_aide_aux_victimes_des_inondationshttps://www.fides.org/fr/news/78099-ASIE_NEPAL_Pere_Bogati_Nous_sommes_reconnaissants_au_Pape_pour_son_message_Caritas_est_deja_sur_le_terrain_pour_venir_en_aide_aux_victimes_des_inondationsKatmandou – « Nous sommes profondément reconnaissants envers le Saint-Père de s’être souvenu du Népal en cette période de crise, d’avoir prié pour nous et d’avoir promis son soutien pour venir en aide aux victimes des inondations ». C’est ce qu’a déclaré à l’Agence Fides le père Silas Bogati, Administrateur Apostolique du Vicariat du Népal, en commentant le message de solidarité et de prière du Pape Léon XIV à l’intention de la population touchée par les inondations dévastatrices qui ont frappé ces derniers jours le Népal et les régions himalayennes à la frontière avec le Tibet. « Même si l’Église au Népal est petite, avec environ 10 000 catholiques, la sollicitude du Saint-Père envers le peuple népalais nous a profondément touchés et émus », poursuit le père Bogati.<br /><br />Dans un télégramme signé par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État, Léon XIV a exprimé sa douleur face aux victimes et aux ravages causés par les inondations. Le Pape a confié les âmes des défunts à la miséricorde de Dieu, a adressé ses condoléances aux familles et a assuré de sa « proximité spirituelle » toutes les personnes touchées. Il a également assuré de sa prière le personnel engagé dans les opérations de secours et a invoqué la protection divine sur tous.<br /><br />Le bilan de la catastrophe ne cesse de s’alourdir : selon les dernières données disponibles, on dénombre au moins 469 morts au Népal, tandis que plus de 1 500 personnes sont portées disparues sur le territoire népalais et au Tibet. Les autorités mettent également en garde contre le risque de nouvelles inondations dues à la formation d’un lac en amont, causée par l’accumulation de débris.<br />« Parmi les personnes portées disparues, on compte des habitants de la région, des pèlerins et des touristes », rapporte le père Bogati. « Nous craignons que certains catholiques qui travaillaient dans ces zones aient également été emportés par les eaux. Aucune église catholique n’a été touchée par les inondations », précise-t-il.<br />« Caritas Népal est déjà sur le terrain et s’efforce de porter secours aux victimes », informe-t-il. « Nous sommes déjà sur le terrain », réaffirme-t-il. Le réseau de Caritas Népal, qui œuvre à travers des programmes consacrés à la gestion des urgences, à la santé et au soutien des communautés vulnérables, est mobilisé pour venir en aide aux populations touchées. « Nous prions et nous travaillons pour que les personnes touchées puissent recevoir l’aide dont elles ont besoin », conclut-il.<br /><br />Les opérations de secours se poursuivent dans les zones les plus dévastées. Les autorités népalaises ont mobilisé l'armée, la police, des hélicoptères et des équipes spécialisées pour rechercher les personnes portées disparues et acheminer de l'aide aux communautés restées isolées. La destruction des routes et des ponts rend toutefois particulièrement difficiles les liaisons avec certaines des localités touchées. Le gouvernement népalais a par ailleurs mis en place une cellule d'urgence chargée de coordonner les recherches et d'apporter une assistance aux ressortissants étrangers touchés par la tragédie.<br /><br />Le sort de nombreux pèlerins étrangers qui se trouvaient dans la région, en route vers le mont Kailash et le lac Mansarovar, au Tibet, ou en retour de ces lieux, est dramatique. Le Kailash est considéré comme sacré par plusieurs traditions religieuses asiatiques : pour les hindous, il est associé à la demeure de Shiva et de Parvati, tandis que dans le bouddhisme tibétain, il est identifié au mont Meru, centre symbolique de l’univers. Le pèlerinage autour de la montagne, long d’environ 52 kilomètres, s’effectue normalement en trois jours et représente pour de nombreux fidèles un chemin de prière, de purification et de renouveau spirituel. Selon les données diffusées par les autorités, parmi les personnes portées disparues figurent des pèlerins et des touristes indiens, américains, australiens, britanniques, canadiens, ukrainiens et d’autres pays. La tragédie a frappé l’une des principales voies de communication entre Katmandou et le Tibet, ainsi que l’un des itinéraires empruntés par les pèlerins se rendant au Kailash.<br /> <br />Fri, 28 Aug 2026 13:19:11 +0200AFRIQUE/NIGÉRIA - « Halte aux massacres et aux enlèvements de masse », demandent les Évêques, qui présentent leurs condoléances à toutes les victimeshttps://www.fides.org/fr/news/78098-AFRIQUE_NIGERIA_Halte_aux_massacres_et_aux_enlevements_de_masse_demandent_les_Eveques_qui_presentent_leurs_condoleances_a_toutes_les_victimeshttps://www.fides.org/fr/news/78098-AFRIQUE_NIGERIA_Halte_aux_massacres_et_aux_enlevements_de_masse_demandent_les_Eveques_qui_presentent_leurs_condoleances_a_toutes_les_victimesAbuja – « Le dernier enlèvement barbare de plus de 60 fidèles dans une mosquée de Borgu, dans l’État du Niger, et l’horrible massacre de 47 citoyens innocents, ainsi que 17 autres gravement blessés, à Ukum, dans l’État de Benue, marquent une nouvelle aggravation de la situation en matière de sécurité ». C’est ce qu’affirment les Évêques du Nigeria dans une déclaration du 26 août, signée par Mgr Matthew Man-Oso Ndagoso, Archevêque de Kaduna et président de la Conférence des Évêques catholiques du Nigeria .<br /><br />« Qu’ils se trouvent dans une mosquée, une église, un marché ou dans la tranquillité de leur foyer, les Nigérians continuent d’être massacrés, traumatisés et déplacés en toute impunité », affirme le président de la CBCN.<br /><br />Les Évêques nigérians expriment leurs condoléances à toutes les personnes touchées par les violences commises par divers groupes armés. « Nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles en deuil dans l’État de Benue et prions pour le prompt rétablissement des blessés », affirment-ils, en adressant une pensée particulière à la communauté musulmane de Borgu. « Nous sommes fermement solidaires de nos frères et sœurs musulmans de l’État du Niger et de tout le Nigeria, et nous prions pour que les 60 fidèles enlevés soient bientôt libérés sains et saufs. Une attaque contre un lieu de culte, quel qu’il soit, est une attaque contre notre communauté. »<br /><br />Les incidents auxquels font référence les Évêques concernent une série d’attaques survenues dans la zone d’administration locale de Borgu, dans l’État du Niger, au centre-nord du Nigeria, le 21 août, pendant la prière du vendredi, ainsi que dans la LGA d’Ukum, dans l’État de Benue, également situé au centre-nord du Nigeria.<br /><br />Dans le cas de Borgu, des bandes armées, peut-être liées à des groupes tels que les Lakurawa ou à une faction rivale comme les Mahmuda/Mamuda, ont mené des attaques coordonnées contre des communautés et des mosquées dans le district de Dekara. Parmi les cibles figuraient plusieurs mosquées de Dekara, dont la mosquée centrale, ainsi que celles de Kpenya et de Sabon-Gida/Gidan-Zana, et certains villages voisins, comme Masaka.<br /><br />Les assaillants ont fait irruption pendant la prière du vendredi et ont enlevé les fidèles, emmenant bon nombre d’entre eux dans les forêts voisines, près du lac Kainji. Les estimations quant au nombre de personnes enlevées varient : certaines sources parlent de plus de 60 personnes, d’autres de plus de 100. Selon certains témoignages, les bandits auraient également enlevé des femmes et des enfants, allant les chercher maison par maison.<br /><br />À Ukum, entre le 16 et le 17 août, aux premières heures du matin, des bandes armées à moto ont attaqué plusieurs communautés du district de Mbazun/Mbaterem, menant des attaques simultanées. Le bilan s'élève à 47 victimes, tandis que 17 autres personnes ont été grièvement blessées.<br /><br />Face à ces incidents et à d’autres actes de violence contre les communautés nigérianes, les évêques demandent aux autorités gouvernementales et aux responsables des organes chargés de la sécurité « de faire tout leur possible pour mettre fin à ce carnage sur notre terre ».<br /><br />Les membres de la CBCN lancent enfin un appel pressant « aux bandits, aux terroristes, aux ravisseurs et à leurs commanditaires » afin qu’ils mettent fin à ce bain de sang : « La vie humaine n’appartient qu’à Dieu et aucune cause ne justifie cette cruauté. On ne peut pas construire un avenir sur les larmes d’innocents ». <br />Fri, 28 Aug 2026 13:16:44 +0200ASIE/TURKMÉNISTAN - Le père Kubiak : « La volonté de Dieu sait surprendre. Ici, notre mission, c’est d’être présents »https://www.fides.org/fr/news/78096-ASIE_TURKMENISTAN_Le_pere_Kubiak_La_volonte_de_Dieu_sait_surprendre_Ici_notre_mission_c_est_d_etre_presentshttps://www.fides.org/fr/news/78096-ASIE_TURKMENISTAN_Le_pere_Kubiak_La_volonte_de_Dieu_sait_surprendre_Ici_notre_mission_c_est_d_etre_presentsAchgabat – « Au début de ce parcours incroyable, je ressens avant tout de la joie, mais aussi un fort sentiment de responsabilité. Chaque nouvelle mission, en particulier celle de supérieur de mission, s’accompagne d’une certaine inquiétude et de la question de savoir si l’on sera à la hauteur de ce qui nous a été confié », déclare à l’Agence Fides le père Paweł Janusz Kubiak, missionnaire polonais des Oblats de Marie Immaculée , récemment nommé par le Saint-Siège nouveau Supérieur de la Missio sui iuris au Turkménistan. Et il ajoute : « J’envisage cette nouvelle mission avant tout à travers le prisme de la confiance en Dieu. Mon parcours sacerdotal m’a démontré à maintes reprises que Dieu guide l’homme d’une manière différente de celle qu’il aurait lui-même prévue. Autrefois, je souhaitais devenir aumônier dans une prison et travailler en Pologne, alors que Dieu m’a d’abord conduit en Ukraine, puis dans le Caucase du Nord en Russie et en Crimée, et ensuite au Turkménistan ». « Aujourd’hui – poursuit-il –, je peux dire que la volonté de Dieu sait surprendre et conduire l’homme vers des lieux auxquels il n’avait même pas pensé auparavant. C’est pourquoi j’accepte cette nouvelle mission avec confiance. Je suis conscient de la responsabilité qui m’incombe, mais je ressens également de la joie à pouvoir continuer à servir l’Église et le Peuple de Dieu ».<br /><br />L’Église au Turkménistan est une très petite communauté, comptant environ 300 fidèles ; c’est une communauté jeune qui en est encore à la phase de construction de ses structures. « Nous sommes peu nombreux dans tout le pays et c’est pourquoi chaque personne, chaque famille qui rejoint notre communauté revêt une grande importance à nos yeux », note-t-il. Dans ces circonstances, la présence et le témoignage de vie revêtent une signification particulière : « Nous ne disposons ni de grandes structures ni d’un grand nombre de prêtres. Il est donc d’autant plus important d’être aux côtés des gens, de les rencontrer, de dialoguer avec eux, de les écouter et de montrer par notre propre vie ce qu’est et ce que signifie avoir la foi. » Le père Kubiak se dit heureux de voir « des personnes qui se préparent aux sacrements, participent à l’Eucharistie et souhaitent connaître et aimer toujours davantage le Christ. Telle est l’Église, qui a besoin de temps, de patience et, surtout, d’une présence constante et fidèle ».<br /><br />Mais comment se déroule la vie d’un catholique ou d’un prêtre dans un endroit aussi reculé ? « Notre quotidien est très simple, mais en même temps exigeant. Il y a la prière, l’Eucharistie, la confession, la catéchèse et la préparation des fidèles aux sacrements. Nous consacrons également beaucoup de temps aux conversations et aux rencontres avec les fidèles », rapporte-t-il. « Au Turkménistan – souligne-t-il –, la pastorale ne peut se limiter à ce qui se passe dans la chapelle. Il est très important d’être présent parmi les gens. Parfois, il suffit simplement de s’asseoir, de parler, d’écouter les problèmes de quelqu’un. C’est aussi de cette manière que nous annonçons l’Évangile. »<br />Un deuxième volet, très important, concerne l’aide aux personnes dans le besoin : « Grâce à l’action de Caritas, nous pouvons distribuer de la nourriture, des médicaments ou d’autres formes d’aide à ceux qui se trouvent dans des situations difficiles. Nous avons également aménagé un lieu où les sans-abri peuvent se laver et laver leurs vêtements », raconte-t-il. « Pour moi, ce lien est très important : l’annonce de la Bonne Nouvelle va de pair avec l’aide concrète apportée aux personnes. Le christianisme ne peut pas se résumer à des mots. Si nous pouvons aider quelqu’un, nous voulons le faire. »<br /><br />Le prêtre ressent « la grande responsabilité qui pèse sur l’ensemble de la mission », mais, fait-il remarquer, « je ne voudrais pas envisager ce ministère uniquement sous l’angle de grands projets ou de nouvelles initiatives. Pour moi, il est essentiel de poursuivre ce qui a déjà été entrepris par les Oblats de Marie Immaculée, qui ont œuvré ici pendant près de 30 ans, accompagnant avec patience le développement de la jeune Église au Turkménistan », en poursuivant la pastorale et en continuant l’action de Caritas. « Surtout, je ne suis pas seul : je travaillerai aux côtés de mes confrères, le père Diego et le père Adrian. Il s’agit d’une mission de toute l’Église et d’une responsabilité commune. Nous voulons simplement être présents, servir les gens et accomplir ce pour quoi Dieu nous envoie », conclut-il.<br /><br />La petite communauté catholique de ce pays d’Asie centrale voit également d’un œil confiant certaines avancées concrètes réalisées ces dernières années. En 2025, le transfert du siège de la mission a permis de construire une chapelle plus grande et d’aménager un espace dédié aux activités de la Caritas, où sont distribués de la nourriture, des médicaments et d’autres aides aux personnes sans domicile fixe. Aujourd’hui, on compte trois prêtres catholiques dans tout le Turkménistan ; la mission, confiée aux Oblats de Marie Immaculée, reste une très petite réalité dans un pays immense et caractérisé par de grandes distances. La disproportion entre la taille de la communauté et l’étendue du territoire rend la tâche des missionnaires particulièrement importante : une présence quotidienne, faite de prière, d’écoute, de témoignage et de proximité concrète avec les personnes.<br /><br />La présence catholique au Turkménistan est relativement récente. Après l’indépendance du pays vis-à-vis de l’Union soviétique, le Pape Jean-Paul II a institué en 1997 la Missio sui iuris du Turkménistan, en la confiant aux missionnaires Oblats de Marie Immaculée . Pendant les treize premières années, la présence des missionnaires n’était autorisée que dans le cadre de la représentation diplomatique du Saint-Siège : les catholiques se réunissaient dans des domiciles privés et la messe était célébrée sur le territoire de la Nonciature Apostolique à Achgabat. En 2010, le gouvernement turkmène a officiellement reconnu la présence de l’Église catholique, ouvrant ainsi une nouvelle phase de sa vie publique. Aujourd’hui, près de trente ans après sa création, la Missio sui iuris reste une réalité modeste mais stable.<br /> <br /><br /><br /><br />Fri, 28 Aug 2026 13:15:45 +0200ASIE/MONGOLIE - COP 17 : Le don de la foi en Jésus et la protection de la Création à travers le témoignage d'une jeune Mongolehttps://www.fides.org/fr/news/78095-ASIE_MONGOLIE_COP_17_Le_don_de_la_foi_en_Jesus_et_la_protection_de_la_Creation_a_travers_le_temoignage_d_une_jeune_Mongolehttps://www.fides.org/fr/news/78095-ASIE_MONGOLIE_COP_17_Le_don_de_la_foi_en_Jesus_et_la_protection_de_la_Creation_a_travers_le_temoignage_d_une_jeune_Mongolepar Enkhjin Chuluunzag*<br /><br />Oulan-Bator - À 26 ans, Enkhjin Chuluunzagd est titulaire de deux masters en études environnementales et d’une licence en administration, obtenus respectivement à Rome, aux États-Unis et en Mongolie. La jeune femme, qui a fait partie de la délégation du Saint-Siège à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification , qui s’est tenue à Oulan-Bator du 17 au 28 août, raconte à l’Agence Fides son parcours de foi et l’évolution de sa sensibilité aux questions liées à la sauvegarde de la Création.<br /><br />§§§<br /><br />En tant que jeune catholique mongole animée d’une passion grandissante pour le développement durable et les questions environnementales, j’ai eu le grand honneur de participer à la COP17 de la CNULD en Mongolie en tant que membre de la délégation du Saint-Siège. Ma présence sur place m’a permis de constater à quel point trois aspects de ma vie s’entremêlent de manière très significative : ma foi, mon identité mongole et mon souci de l’environnement.<br /><br />J’ai grandi en Mongolie avec une connaissance très limitée du christianisme. La Mongolie est un pays où le bouddhisme jouit d’une histoire importante et profondément enracinée. Ayant grandi dans ce contexte, je n’avais pratiquement aucune compréhension personnelle du Christ, de l’Église catholique ou de ce que signifiait avoir la foi. La communauté catholique en Mongolie est également très petite ; l’Église n’était donc pas quelque chose avec laquelle j’étais souvent en contact pendant mon enfance. Pourtant, au fil du temps, j’ai commencé à remarquer les missionnaires qui œuvraient auprès des personnes défavorisées en Mongolie. Ils prenaient soin des gens avec beaucoup d’humilité et d’amour, sans chercher de reconnaissance ni rien en échange. Je me demandais : « Pourquoi ces étrangers se soucient-ils autant de personnes qui ne font partie ni de leur famille, ni de leur communauté, ni même de leur propre pays ? » C’est ce qui a éveillé mon premier intérêt pour l’Église.<br /><br />Par la suite, la visite du Pape François en Mongolie a renforcé cette curiosité. Voir le Pape venir en Mongolie m’a fait comprendre que l’Église s’intéresse également aux plus petites communautés, que le reste du monde peut facilement négliger. Sa volonté de se rapprocher, d’écouter, d’accompagner et d’aimer les communautés les plus petites et les plus vulnérables a renforcé mon estime pour l’Église. Peu à peu, cette curiosité s’est transformée en un désir d’en savoir plus : de comprendre l’Église, de suivre le Christ et de cheminer dans la foi. Ce parcours m’a finalement conduit là où je me trouve aujourd’hui.<br /><br />La Mongolie est un pays aux paysages extraordinaires, dont les habitants ont développé un lien profond avec la nature. Nous grandissons en prenant conscience de l’importance des pâturages, de l’eau, du bétail et du rythme des saisons. Depuis des générations, le peuple mongol a appris à suivre les rythmes de la nature, à s’adapter aux conditions météorologiques extrêmes et à vivre en harmonie avec elle. Aujourd’hui, cependant, ces rythmes deviennent de plus en plus difficiles à déchiffrer et à suivre.<br /><br />La dégradation des sols, la sécheresse et la désertification compromettent les écosystèmes et les moyens de subsistance dont dépendent de nombreuses personnes. Ces problèmes sont de plus en plus manifestes dans la vie des communautés et dans l’état du territoire lui-même. Dans de nombreuses régions, le surpâturage, l’érosion des sols et l’évolution des régimes climatiques exercent une forte pression sur les moyens de subsistance liés à l’élevage pastoral, rendant plus difficile pour les familles de bergers de conserver leur mode de vie traditionnel.<br /><br />Ces problèmes environnementaux nous rappellent que la protection de la Création ne peut être dissociée de celle des êtres humains.<br />C’est l’une des raisons pour lesquelles la COP17 revêt une telle importance pour la Mongolie. La coopération et l’action internationales nous offrent non seulement l’occasion de faire face ensemble à ces urgences, mais aussi un sentiment d’espérance.<br /><br />Au cours de la Convention, un message a été répété à plusieurs reprises : les objectifs que nous poursuivons sont tous, en fin de compte, liés au bien-être de l’humanité et à la protection de notre maison commune. Ces deux aspects ne peuvent être abordés séparément. Lorsque nous parlons de territoire, nous parlons aussi des personnes qui y vivent. Lorsque nous parlons de sécheresse et de désertification, nous parlons de communautés qui luttent pour l’eau. Lorsque nous parlons de dégradation du territoire, nous parlons d’accès à la nourriture et de pauvreté.<br />C’est pourquoi l’action environnementale doit toujours placer l’être humain au centre, tout en reconnaissant que le bien-être humain lui-même dépend d’une relation saine avec la Création.<br /><br />L’Église catholique s’intéresse elle aussi depuis longtemps à la désertification et à ses graves conséquences pour les personnes et les communautés qui en sont touchées. À travers son action humanitaire et de développement, l’Église a soutenu les initiatives visant à relever ces défis, notamment l’agriculture durable et l’amélioration de l’accès à l’eau. Cet engagement s’est également traduit par des initiatives telles que la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel, créée en 1984 pour soutenir les communautés confrontées à des défis environnementaux et de développement dans la région du Sahel.<br /><br />La préoccupation face à la désertification trouve également un écho dans *Laudato si’*. Le Pape François souligne que les êtres humains sont profondément liés au monde qui nous entoure, au point que la dégradation de la terre peut être vécue presque comme une maladie physique. Il met également en évidence les progrès limités réalisés en matière de protection de la biodiversité et de lutte contre la désertification, en nous rappelant que ces défis exigent des actions plus importantes et plus constantes.<br /><br />Ainsi, la contribution de l’Église enrichit la protection de l’environnement en associant le souci de la Création à une profonde sollicitude envers les communautés les plus vulnérables du monde. La réflexion ecclésiale sur la protection du monde naturel nous rappelle que la Création est un don de Dieu et que recevoir un don, c’est aussi en assumer la responsabilité. Cette vision met en avant la responsabilité, la solidarité et la dignité humaine, tout en nous invitant à réfléchir au type de relation que nous choisissons d’entretenir tant avec le monde naturel qu’entre nous. Pour moi, c’est là que la foi et la responsabilité environnementale se rejoignent.<br /><br />Nous pouvons être issus de traditions, de cultures et de façons de comprendre le monde différentes, mais nous partageons la même terre, en fin de compte la même maison, et nous sommes donc confrontés à bon nombre des mêmes urgences. <br /><br />Le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir » résume ce que je souhaite pour la Mongolie : que nos choix d’aujourd’hui offrent aux générations futures une terre plus saine et une raison d’espérer plus forte. <br /><br />J'espère également que l'Église continuera à contribuer à ce cheminement en prenant soin de la Création, en se tenant aux côtés des plus vulnérables et en jetant des ponts entre les cultures et les religions. <br /><br />En définitive, j'espère que les engagements pris ici se traduiront par des actions concrètes et qu'ensemble, nous pourrons voir renaître non seulement notre terre, mais aussi notre espoir en l'avenir. <br /><br />* membre de la délégation du Saint-Siège à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification <br /> <br />Thu, 27 Aug 2026 12:37:06 +0200AFRIQUE/RWANDA - « Laissez l’ibyuma derrière vous » : l’appel du Évêque de Byumba aux jeunes du Rwandahttps://www.fides.org/fr/news/78094-AFRIQUE_RWANDA_Laissez_l_ibyuma_derriere_vous_l_appel_du_Eveque_de_Byumba_aux_jeunes_du_Rwandahttps://www.fides.org/fr/news/78094-AFRIQUE_RWANDA_Laissez_l_ibyuma_derriere_vous_l_appel_du_Eveque_de_Byumba_aux_jeunes_du_RwandaKigali – « Jeunes, au nom de Jésus, tournez le dos à l’ibyuma. Luttons contre elle. Luttons ensemble contre elle ». Tel est l’appel émouvant lancé aux jeunes rwandais par Mgr Papias Musengamana, Évêque de Byumba et responsable de la pastorale des jeunes au sein de la Conférence épiscopale du Rwanda.<br /><br />En kinyarwanda, « ibyuma » signifie « acier », mais dans le langage des jeunes, ce terme est désormais utilisé pour désigner les boissons alcoolisées illicites fabriquées artisanalement et, par extension, les stupéfiants.<br /><br />Dans l’homélie de la messe de clôture du Forum national de la jeunesse, qui s’est tenu à Byumba du 19 au 23 août, Mgr Musengamana a mis en garde les jeunes contre les messages trompeurs véhiculés par les réseaux sociaux et les panneaux publicitaires.<br /><br />« On voit des panneaux publicitaires sur lesquels est écrit : “C’est mon droit”. Chaque jeune y ajoute ce qu’il veut, en disant : “C’est mon droit. Consommer de la drogue, c’est mon droit ; commettre des actes d’immoralité sexuelle, c’est mon droit ; me comporter comme je l’entends, c’est mon droit” ».<br /><br />L’Évêque a ensuite lancé un appel aux autorités afin qu’elles accordent davantage d’attention aux messages adressés aux jeunes par les médias et la publicité. L’abus d’alcool et de drogues ainsi que l’immoralité sexuelle, selon Mgr Musengamana, sont également le fruit des fragilités et des défaillances des familles.<br /><br />« Nous ne devons pas considérer le problème uniquement du point de vue de ceux qui consomment des drogues, mais aussi de ceux qui les produisent, des parents qui ont négligé leurs devoirs et, en tant qu’Église, nous devons voir ce que nous pouvons faire pour les aider », a déclaré l’Évêque.<br /><br />Comme le rapporte ACI Africa, Mgr Musengamana s’était auparavant rendu au centre de réinsertion pour jeunes de Nyagatare. En décrivant sa visite, l’Évêque s’est interrogé sur les difficultés rencontrées par les jeunes accueillis dans ces structures.<br /><br />« Lorsque nous considérons les défis auxquels ces jeunes sont confrontés, à commencer par ceux que nous avons rencontrés, nous parlons d’être des témoins d’espoir ; comment peut-on avoir de l’espoir à 14 ans, en pleine jeunesse, pour ensuite passer 15 ans dans un centre de réinsertion ? »<br /><br />Un autre drame concerne les enfants des jeunes filles toxicomanes accueillies dans ces centres. « La valeur d’un nouveau-né dépasse de loin les erreurs commises par sa mère ; il vaut mieux éviter qu’il passe 15 ans dans un centre de réadaptation aux côtés d’une mère qui a commis des erreurs. Sur ce point, je demande avec force que l’on s’efforce de défendre ces enfants et de comprendre ce qu’il faudrait faire », a affirmé l’Évêque de Byumba.<br /><br />Les chiffres illustrent l’ampleur du problème. Selon Fred Mufurukye, directeur du Service national de réadaptation , en juin 2025, les quatre centres de réadaptation du Rwanda accueillaient 6 215 personnes dépendantes à différentes drogues, ainsi que 2 721 personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool si grave qu’elle les empêchait d’exercer toute autre activité.<br /><br />M. Mufurukye a également indiqué que 521 élèves avaient été renvoyés de l'école pour ivresse, tandis que 776 avaient abandonné leurs études en raison de leur consommation de drogues. Par ailleurs, 861 personnes ont perdu leur emploi à cause de l'abus d'alcool et 846 ne sont plus en mesure de travailler en raison de leur toxicomanie.<br /><br />Les conséquences se répercutent également sur les familles : 243 couples se sont séparés à cause de la drogue, tandis que 159 familles se sont désunies à cause de l’abus d’alcool.<br /><br />Le Rwanda joue un rôle marginal sur les marchés mondiaux de la drogue, mais il est en train de s’imposer comme un point de transit terrestre pour l’héroïne en provenance du Kenya et de la Tanzanie et, surtout, pour le cannabis. Introduit en contrebande depuis la République démocratique du Congo, l’Ouganda ou la Tanzanie, ce dernier est la substance psychotrope la plus consommée par les jeunes Rwandais.<br /><br />C’est également à la lumière de ces données que résonne l’appel de Mgr Musengamana : « Luttons contre cela. Luttons ensemble. » Un défi qui, selon les mots de l’Évêque, ne concerne pas seulement les consommateurs de drogue, mais interpelle les familles, les institutions et l’Église, appelées ensemble à redonner aux jeunes une perspective d’espérance. <br />Thu, 27 Aug 2026 12:17:13 +0200ASIE/NÉPAL - Inondations dévastatrices, le père Bogati : « La pire catastrophe de l'histoire du pays »https://www.fides.org/fr/news/78093-ASIE_NEPAL_Inondations_devastatrices_le_pere_Bogati_La_pire_catastrophe_de_l_histoire_du_payshttps://www.fides.org/fr/news/78093-ASIE_NEPAL_Inondations_devastatrices_le_pere_Bogati_La_pire_catastrophe_de_l_histoire_du_paysKatmandou - « C’est la pire catastrophe de l’histoire du pays. C’était terrible. Une crue venue de la montagne, qui s’est déversée avec violence vers la vallée, a tout emporté : des personnes, des maisons, des ponts, des infrastructures. Des villages, des marchés et des routes ont été emportés. C’est une grave blessure pour la nation » : c’est ce qu’a déclaré à l’Agence Fides le père Silas Bogati, Administrateur Apostolique du Vicariat du Népal, au lendemain des inondations qui ont touché la frontière entre le Népal et le Tibet hier, le 26 août.<br />Ces masses d'eau dévastatrices ont été provoquées par un « effondrement glaciaire », avec la chute de glace et de rochers dans l'Himalaya. Ces matériaux ont temporairement obstrué la rivière Bhote Koshi, formant un barrage naturel qui a ensuite cédé, provoquant une violente vague de boue, d’eau et de débris en aval, qui a traversé les districts népalais de Rasuwa et Nuwakot et atteint même des zones plus en aval, comme Chitwan. Du côté chinois, la vague a frappé le comté de Gyirong, au Tibet, y compris la zone frontalière de Gyirong Port. Comme l’ont précisé les experts, le signal sismique initialement détecté n’était pas dû à un tremblement de terre, mais avait été généré par l’effondrement glaciaire et la coulée de débris qui s’en est suivie.<br />« Nous sommes sous le choc. Nous prions pour toutes les personnes portées disparues et celles qui ont perdu la vie. Mon cœur va à ceux qui souffrent à cause de cette catastrophe. Nous comptons environ 25 familles catholiques dans la zone sinistrée ; il semble qu’elles soient en sécurité, mais nous sommes très inquiets pour elles. Nous les confions à Dieu, nous prions pour leur sécurité et nous ferons tout notre possible pour les aider », ajoute le responsable de la petite communauté catholique locale. Il raconte également : « Un prêtre du vicariat, le père James Britto, était parti célébrer la messe de l’autre côté du fleuve et s’est retrouvé bloqué : le pont a été emporté. »<br />Selon les chiffres officiels, le premier bilan s’élève à 165 morts confirmés au Népal et 3 au Tibet, mais les autorités népalaises s’attendent à ce que ce nombre augmente encore à mesure que les recherches se poursuivent. On dénombre près de 1 500 personnes portées disparues entre le Népal et le Tibet, dont près de 800 étrangers. L’Administrateur Apostolique souligne : « Il y a des Népalais, mais aussi des étrangers et des touristes qui se trouvaient dans ces lieux pour une randonnée : il s’agit d’un itinéraire de pèlerinage vers le Mansarovar, un lieu sacré hindou qui est également un sentier pour les randonneurs et les trekkeurs. »<br />« Le gouvernement – indique le prêtre – a mis en branle la machine des secours, a déclaré l’état d’urgence, offre des soins gratuits et a commencé à évacuer les personnes bloquées vers des lieux sûrs. C’est la deuxième fois qu’une catastrophe de ce type se produit dans cette région, mais cette fois-ci, elle est d’une ampleur considérable », observe-t-il.<br />Le père Bogati précise en outre que « Caritas, notre petite organisation, va également se mobiliser et lancer un appel à ses partenaires dans le monde entier ; nous ferons notre part », assure-t-il. Catholic Relief Services , une organisation catholique américaine, s’est déjà mobilisée pour fournir de l’aide, notamment des produits de première nécessité et des installations sanitaires. D’autres organisations d’aide liées aux Églises protestantes ont lancé une première intervention humanitaire, avec la distribution de colis alimentaires, de trousses de premiers secours et de tentes dans les zones touchées.<br />La communauté catholique au Népal compte près de 9 400 fidèles et, avec 13 paroisses, dont quatre dans la capitale Katmandou et neuf dans le reste du Népal, elle est engagée dans une mission éducative, sociale et pastorale dans tout le pays.<br /> <br />Thu, 27 Aug 2026 11:40:43 +0200AFRIQUE/ZAMBIE - La crise post-électorale s'aggravehttps://www.fides.org/fr/news/78092-AFRIQUE_ZAMBIE_La_crise_post_electorale_s_aggravehttps://www.fides.org/fr/news/78092-AFRIQUE_ZAMBIE_La_crise_post_electorale_s_aggraveLusaka – La crise post-électorale en Zambie s’aggrave, après l’expiration du délai prévu pour introduire un recours contre la victoire du président Hakainde Hichilema aux élections du 13 août , sans que l’opposition ait réussi à déposer physiquement ce recours auprès de la Cour suprême. Les différents sièges de la Haute Cour ont en effet été fermés conformément à une directive gouvernementale . Les bâtiments ont été bouclés et encerclés par la police, tandis qu’une circulaire administrative de la magistrature a ordonné au personnel de ne pas se présenter au travail.<br />La fermeture des sièges judiciaires a coïncidé avec le dernier jour du délai constitutionnel de sept jours prévu pour le dépôt d’un recours concernant les élections présidentielles qui ont suivi les élections législatives du 13 août.<br /><br />Les avocats de l'opposition ont tenté, à la dernière minute, d'envoyer par e-mail au président de la Cour suprême les documents relatifs au pourvoi. Le président a confirmé avoir reçu l'e-mail et les documents correspondants. Tout en qualifiant ce mode de transmission de hautement irrégulier, il a exercé ses pouvoirs administratifs en transmettant les documents à la Cour constitutionnelle, afin que celle-ci examine si la requête pouvait être considérée comme ayant été déposée en bonne et due forme.<br /><br />Le bureau du président Hichilema a toutefois publié un communiqué indiquant que les instances judiciaires n'avaient reçu aucun recours et que, par conséquent, la cérémonie d'investiture du président se tiendrait comme prévu le 1er septembre.<br /><br />Face à cette situation, le directeur exécutif de Caritas Zambie, le père Gabriel Mapulanga, a appelé à des réformes constitutionnelles visant à renforcer la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Le père Mapulanga a qualifié la fermeture des sièges de la Haute Cour d’épisode déplorable, soulignant qu’une telle mesure ne devrait pas être adoptée dans une démocratie sans une communication publique claire.<br /><br />Si ces fermetures avaient effectivement été motivées par des problèmes de sécurité, comme l’a affirmé la police, les autorités auraient dû en informer sans délai le public et les parties concernées, en indiquant d’autres modalités ou dates pour le dépôt des documents. Le directeur exécutif de Caritas Zambie a par ailleurs exhorté les organisations de la société civile à s’engager avec détermination pour promouvoir des réformes susceptibles de mieux garantir l’indépendance des trois pouvoirs de l’État. <br />Wed, 26 Aug 2026 12:34:34 +0200AFRIQUE/GHANA - Le président de la Conférence épiscopale rappelle l'enseignement de l'Église catholique sur le culte des reliques : « Ce n'est pas de l'adoration, mais de la vénération »https://www.fides.org/fr/news/78089-AFRIQUE_GHANA_Le_president_de_la_Conference_episcopale_rappelle_l_enseignement_de_l_Eglise_catholique_sur_le_culte_des_reliques_Ce_n_est_pas_de_l_adoration_mais_de_la_venerationhttps://www.fides.org/fr/news/78089-AFRIQUE_GHANA_Le_president_de_la_Conference_episcopale_rappelle_l_enseignement_de_l_Eglise_catholique_sur_le_culte_des_reliques_Ce_n_est_pas_de_l_adoration_mais_de_la_venerationAccra – « Couronner la relique de Sainte Agathe, c’est proclamer qu’une femme restée fidèle au Christ jusqu’à la mort participe désormais à sa victoire. C’est un acte de vénération, et non d’adoration ». C'est ce qu'affirme Mgr Matthew Kwasi Gyamfi, Évêque de Sunyani et président de la Conférence épiscopale du Ghana, dans sa lettre pastorale dans laquelle il précise la signification de la cérémonie de couronnement de la relique du crâne de sainte Agathe à Catane, en Sicile.<br /><br />Le 17 août 2026 à Catane a marqué le point culminant de l’Année d’Agathe, avec les célébrations exceptionnelles organisées à l’occasion du IXe centenaire du transfert des reliques de sainte Agathe .<br />Le Cardinal Pietro Parolin, légat pontifical et Secrétaire d’État du Vatican, accompagné du clergé local, dont l’Archevêque Luigi Renna, a exposé publiquement, couronné et embrassé le crâne de la sainte : une relique de première classe, traditionnellement conservée dans un reliquaire en forme de buste en argent doré du XIVe siècle, récemment restauré.<br /><br />La vidéo de la cérémonie a été largement diffusée sur les réseaux sociaux et d’autres plateformes au Ghana et au sein de la diaspora. De nombreux Ghanéens non catholiques, notamment des pentecôtistes et des protestants, se sont sentis mal à l’aise et ont formulé des accusations d’idolâtrie, de sorcellerie ou de paganisme. Ces réactions ont été amplifiées par le contexte culturel local, dans lequel des crânes et des os humains apparaissent parfois dans des pratiques rituelles liées au juju ou dans des faits divers. D’où des commentaires du type : « Si cela s’était produit avec un prêtre noir ou dans le cadre de la religion traditionnelle ghanéenne, on aurait parlé de sorcellerie. »<br /><br />Mgr Gyamfi fait écho à ces sentiments lorsqu'il affirme que « cette vidéo a bouleversé de nombreux fidèles. Pour la plupart, ce malaise ne provenait pas seulement de la vue d'un crâne humain manipulé et exposé ; cela leur a rappelé la nécromancie et l'occultisme, la tentative de communiquer avec les morts ou de rechercher un pouvoir surnaturel caché par le biais de rituels, en dehors du culte de Dieu » . Il s'agit là, souligne l'Évêque, de pratiques condamnées par l'Église catholique sur la base des Saintes Écritures.<br /><br />C'est pourquoi le président de la Conférence épiscopale du Ghana rappelle la doctrine de l'Église sur la véritable signification de la vénération des reliques des saints. « Une relique n’est pas une curiosité, mais un lien tangible avec une vie de sainteté », affirme-t-il. « Sainte Agathe, vierge et martyre du IIIe siècle, honorée dans le Canon romain de la messe, est vénérée à travers son crâne, une relique de première classe, car l’Église considère comme sacré le corps humain, créé par Dieu et destiné à la résurrection. »<br /><br />« Le Concile de Trente a enseigné que les corps des martyrs, qui furent autrefois des temples du Saint-Esprit, doivent être honorés par les fidèles. Cet honneur ne se limite pas à l’os lui-même, mais s’étend au saint et, en dernier ressort, à Dieu, source de sa sainteté », souligne Mgr Gyamfi.<br /><br />« Lorsque les fidèles s’agenouillent devant une relique, l’embrassent ou participent à une procession avec celle-ci, ils n’adorent pas l’objet en soi, mais rendent hommage au saint dont elle conserve les restes, tout comme on embrasse la photo d’un être cher disparu, non pas parce que le papier représente la personne elle-même, mais parce qu’il exprime de l’affection envers celui qu’il représente », poursuit l’Évêque.<br /><br />Mgr Gyamfi souligne en outre que « rien dans cet acte ne vise à invoquer un esprit ou à obtenir des connaissances cachées, comme le font la nécromancie et l'occultisme. La prière adressée à un saint est une demande d'intercession auprès de Dieu, qui n'est pas différente, par sa nature, du fait de demander à un autre chrétien de prier pour nous ».<br /><br />« Nous invoquons sur vous l'intercession de Sainte Agathe et nous vous donnons notre bénédiction épiscopale », conclut le président de la Conférence épiscopale du Ghana. <br />Wed, 26 Aug 2026 11:09:56 +0200ASIE/MYANMAR - L'espérance s'épanouit dans l'épreuve : de nouveaux prêtres, diacres, religieuses et un Évêque pour l'Église birmanehttps://www.fides.org/fr/news/78088-ASIE_MYANMAR_L_esperance_s_epanouit_dans_l_epreuve_de_nouveaux_pretres_diacres_religieuses_et_un_Eveque_pour_l_Eglise_birmanehttps://www.fides.org/fr/news/78088-ASIE_MYANMAR_L_esperance_s_epanouit_dans_l_epreuve_de_nouveaux_pretres_diacres_religieuses_et_un_Eveque_pour_l_Eglise_birmaneYangon - Les épreuves et la précarité n'éteignent pas l'espérance au sein de la communauté catholique birmane. Alors que le pays traverse une période marquée par les conflits, les déplacements de population, la pauvreté et l'incertitude, de nouvelles vocations au sacerdoce et à la vie consacrée continuent de naître au sein de l'Église catholique. Dans les diocèses et les communautés religieuses, le mois d’août a été marqué par une succession de célébrations qui ont le goût d’une promesse : trois nouveaux prêtres, quatre nouveaux diacres, deux jeunes femmes consacrées à la vie religieuse et un nouvel Évêque coadjuteur. « Ce sont des signes concrets d’une Église qui, même dans la précarité et la souffrance, regarde vers l’avenir en plaçant sa confiance dans le Seigneur, et continue d’annoncer et de témoigner de l’espérance », souligne à l’Agence Fides Bernardino Ne Ne, nouvel Évêque coadjuteur de Taungoo, ancien directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires au Myanmar.<br /><br />Le 14 août, au noviciat salésien de Nazareth à Pyin Oo Lwin, dans l’Archidiocèse de Mandalay, deux diacres ont été ordonnés prêtres. Le père John Phyo Thura Aung SDB et le père Freymoe Win SDB ont reçu l'ordination sacerdotale des mains du Cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Yangon, lors d'une journée marquée par la joie, la gratitude et l'espérance pour l'avenir de l'Église au Myanmar. Dans son homélie, le Cardinal Bo a rappelé aux deux nouveaux prêtres que le sacerdoce est un appel reçu de Dieu, en citant le passage de l’Évangile où le Christ dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis. » Le Cardinal a donné aux jeunes prêtres une mission qui, dans un pays marqué par les divisions et les blessures, revêt une signification particulière : être « des ponts, pas des murs », surtout auprès des jeunes.<br /><br />Le lendemain, le 15 août, l'Église de Yangon, Archidiocèse métropolitain, a accueilli un autre prêtre : le père Stephen Aung Zay Zey Ya Moe, OSM, ordonné dans l'église Saint-François-Xavier à Thanlyin par l'Évêque auxiliaire Raymond Wai Lin Htun. Son parcours l'a conduit au Myanmar, en Inde et à Rome : entrée chez les Serviteurs de Marie en 2012, formation en Inde, études de théologie et de mariologie à Rome, profession perpétuelle et enfin ordination sacerdotale. « Le prêtre n’appartient pas à lui-même, mais à l’Église universelle. Il est appelé à être un signe d’unité et d’espérance », a souligné l’Évêque, rappelant la mission qui consiste à « aller à la rencontre des personnes, consoler ceux qui souffrent, encourager les découragés et promouvoir la paix et l’unité ».<br /><br />L'espérance prend également forme dans le diocèse de Hakha, à l'extrême nord-ouest du pays, où, le 4 août, en la fête de saint Jean-Marie Vianney, patron des prêtres diocésains, quatre candidats ont été ordonnés diacres dans la cathédrale Saint-Joseph : deux diocésains et deux Missionnaires de la Petite Voie de sainte Thérèse, une famille religieuse qui s'inspire de sainte Thérèse de Lisieux. Au cours de la célébration, en présence de plus de 500 fidèles, Mgr Lucius Hre Kung a rappelé que la sainteté ne se mesure pas à l’excellence académique, mais à l’amour de Dieu, à l’humilité et au zèle pour le salut des âmes : « Nous ne brillons peut-être pas dans nos études – a-t-il déclaré –, mais ce dont nous avons besoin, c’est de posséder les vertus de saint Jean-Marie Vianney : l’amour des fidèles et le zèle pour leur salut. » Pour les nouveaux diacres, cela signifie entrer dans une communauté composée de personnes qui attendent un réconfort spirituel, de l'aide et une proximité concrète. Pour les missionnaires de la Petite Voie de sainte Thérèse, en outre, cette ordination marque une nouvelle étape d'une présence missionnaire qui ne cesse de se développer dans le diocèse : c'est en effet la deuxième fois que des membres de la communauté sont ordonnés diacres à Hakha.<br /><br />La vitalité de l'Église birmane transparaît également dans la vie consacrée féminine : l'apport pastoral et caritatif des congrégations religieuses féminines s'avère aujourd'hui décisif dans toutes les communautés diocésaines. Le 11 août, dans l’église des Saints Pierre et Paul de Nanthagone, à Insein, dans l’Archidiocèse de Yangon, deux jeunes femmes ont prononcé leurs premiers vœux en tant que Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul : Sœur Maria Lydwine Hkawn Bu, du diocèse de Myitkyina, et Sœur Maria Ephrem Eugenie, du diocèse de Loikaw. Devant la communauté, elles ont prononcé leurs vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, choisissant de suivre le Christ à travers la vie consacrée et le service. Mgr Raymond Wai Lin Htun leur a rappelé que la vie religieuse est « un témoignage visible du Royaume de Dieu » et que, à une époque où même les relations familiales et sociales peuvent être marquées par des divisions et des difficultés, « la vie communautaire est appelée à devenir un lieu d’amour, de pardon et de partage ». Leur mission s’inscrit dans le charisme de Saint Vincent de Paul et se consacre donc au service des pauvres, des malades, des personnes fragiles et des personnes âgées. Dans un Myanmar marqué aujourd’hui par des difficultés économiques et sociales, la consécration de ces deux jeunes femmes exprime leur volonté concrète d’être aux côtés des personnes les plus vulnérables.<br /><br />Il y a également eu une autre célébration très importante pour l’Église locale : le 6 août, fête de la Transfiguration du Seigneur, dans la cathédrale du Sacré-Cœur de Taungoo, ville située au centre du pays, le père Bernardino Ne Ne a été consacré Évêque coadjuteur du diocèse de Taungoo. La cérémonie a été présidée par le Cardinal Charles Bo, en présence de l’Archevêque Basilio Athai et de l’Évêque Celso Ba Shwe, qui ont co-consacré le nouvel Évêque.<br />L'épisode évangélique de la Transfiguration a fourni la clé pour comprendre ce moment que traverse l'Église au Myanmar : le Cardinal Bo a rappelé que la lumière de la Transfiguration avait été donnée aux disciples avant la Passion, afin de les préparer à affronter la souffrance. Aujourd'hui, a-t-il observé, « le peuple du Myanmar traverse une véritable vallée de larmes », entre pauvreté, déplacements de population, conflit et incertitude. Mais « la lumière du Christ continue de briller dans les ténèbres », a-t-il ajouté. Il a été demandé au nouvel Évêque de rendre cette lumière visible par sa proximité avec les personnes, dans sa mission de consoler les blessés, de réconcilier les communautés divisées, d’encourager ceux qui vivent dans la peur, et d’être aux côtés des pauvres et des migrants. « L’Évêque témoigne et apporte la lumière du Christ, non la sienne », a rappelé le Cardinal Bo. Andrea Ferrante, représentant pontifical au Myanmar, a lui aussi invité le nouveau pasteur « à rendre visible l’amour de Dieu et à apporter sa paix avec courage, joie et humilité ».<br />La devise épiscopale choisie par Mgr Bernardino, « Magnificat anima mea », s’inscrit dans cette même perspective : « Je suis venu dans ce diocèse pour marcher avec le peuple de Dieu sur les traces du Christ », a-t-il déclaré, demandant des prières, des encouragements, de la patience et de la compréhension, et invitant les fidèles à « marcher ensemble dans la foi, l’espérance et la charité ».<br /> Wed, 26 Aug 2026 10:57:53 +0200AMÉRIQUE/HAÏTI - Massacre à Kenscoff : au moins 47 victimeshttps://www.fides.org/fr/news/78087-AMERIQUE_HAITI_Massacre_a_Kenscoff_au_moins_47_victimeshttps://www.fides.org/fr/news/78087-AMERIQUE_HAITI_Massacre_a_Kenscoff_au_moins_47_victimesPort-au-Prince - On dénombre au moins 47 victimes du massacre perpétré dans la nuit du 23 au 24 août à Kenscoff, une localité située sur les hauteurs de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Lors de cette attaque, menée par l’un des gangs criminels qui sévissent dans le pays, au moins 22 personnes ont été blessées. Les bandits ont également incendié des dizaines d’habitations.<br /><br />Parmi les bâtiments détruits par les flammes figure également un lieu de culte de l’Église de l’Arche de la Nouvelle Alliance, situé au centre-ville, près du cimetière municipal. Plusieurs habitations situées à proximité de la mairie et du commissariat de police ont également été incendiées. Des animaux, dont des chevaux, ont également été tués lors de cette attaque.<br /><br />Selon certains témoignages, les bandits auraient pris des otages avant de se retirer. Plusieurs familles ont fui Kenscoff pour échapper aux violences.<br /><br />L'Église de l'Arche de la Nouvelle Alliance, également connue sous le nom d'Arche de l'Alliance, est une Église chrétienne évangélique fondée en 1974 et dirigée par l'Évêque Renelus Maxime. Elle compte environ 535 membres et constitue la principale communauté d'un réseau d'environ 14 communautés présentes dans les zones rurales d'Haïti. L’organisation collabore également avec des organisations humanitaires, dont Chances For Children, dans le cadre de programmes d’alimentation, de cliniques médicales mobiles, de formation pastorale et de rénovation des infrastructures.<br /><br />Depuis le début de l’année 2025, Kenscoff a été le théâtre d’attaques répétées menées par des gangs criminels, notamment la coalition Viv Ansanm. L'Église de l'Arche de la Nouvelle Alliance avait offert un refuge aux personnes déplacées de la région, avant d'être elle-même détruite lors de l'attaque du 24 août, la dernière d'une série de violences qui ont frappé plusieurs communes de la région de Port-au-Prince.<br /><br />L'insécurité croissante qui sévit en Haïti, où environ un million et demi de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, menace également le bon déroulement du premier tour des élections présidentielles et législatives ainsi que du référendum constitutionnel, prévus le 13 décembre. <br />Tue, 25 Aug 2026 16:59:25 +0200Jean-Paul Ier : l'actualité de son enseignement missionnaire à travers les six « nous voulons » de son Pontificathttps://www.fides.org/fr/news/78086-Jean_Paul_Ier_l_actualite_de_son_enseignement_missionnaire_a_travers_les_six_nous_voulons_de_son_Pontificathttps://www.fides.org/fr/news/78086-Jean_Paul_Ier_l_actualite_de_son_enseignement_missionnaire_a_travers_les_six_nous_voulons_de_son_Pontificatpar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Cité du Vatican – Le 26 août 1978, Albino Luciani était élu pape, prenant le nom de Jean-Paul Ier. Son Pontificat ne devait durer que 34 jours, mais dès son message radio « Urbi et Orbi » du 27 août, un discours programmatique prononcé le lendemain de son élection, le nouveau Souverain Pontife exposait clairement les grandes lignes de son Pontificat. L’évangélisation dans la mission ecclésiale constitue une priorité : « Nous voulons rappeler à toute l’Église que son premier devoir reste celui de l’évangélisation », affirme le Pape, en se référant explicitement à l’exhortation apostolique *Evangelii nuntiandi* de Paul VI. L’Église, ajoute-t-il, « animée par la foi, nourrie de la Parole de Dieu et soutenue par l'aliment céleste de l’Eucharistie », doit « examiner chaque voie, rechercher chaque moyen "à temps et à contre temps”, pour semer le Verbe, pour proclamer le message, pour annoncer le salut ».<br /><br />Dans son message radiophonique, Jean-Paul Ier a annoncé sa volonté de perpétuer l'héritage du Concile Vatican II et de ses prédécesseurs, en articulant son programme autour de six « nous voulons » : mettre en œuvre le Concile ; préserver la « grande discipline » de l'Église ; rappeler à l'Eglise entière que son premier devoir reste celui de l'évangélisation ; continuer l'effort œcuménique ; poursuivre avec patience et fermeté la voie du dialogue sereine et constructive ; favoriser toutes les intiatives louables et bonnes qui puissent « garantir et consolider la paix dans ce monde troublé ». Dans ce message radiophonique, le Pape, parmi les autres « nous voulons », désignait une Église appelée à « poursuivre sans relâche l’héritage du Concile Vatican II ».<br /><br />Une réflexion profondément enracinée dans la Tradition de l’Église, et donc très actuelle. « Il avait en effet déjà assimilé, au cours de sa formation sacerdotale, cette vision, chère aux Pères du premier millénaire de l’Église, sous le nom de mysterium lunae : une Église qui ne brille pas de sa propre lumière, mais d’une lumière réfléchie ; qui n’appartient pas aux hommes d’Église, mais au Christus lumini. « Fulget Ecclesia non suo sed Christi lumine » , expression qu’il avait reprise, à l’instar de Paul VI, de Saint Ambroise. Cette image de la nature ecclésiale et de l’action qui lui convient, qui avait largement imprégné les documents du Concile Vatican II et qui était devenue déterminante et féconde dans l’action pastorale d’Albino Luciani, bien avant qu’il ne soit élevé au Siège de Pierre », écrit Stefania Falasca, spécialiste de Jean-Paul Ier, postulatrice de la cause et vice-présidente de la Fondation vaticane Jean-Paul, dans un article publié dans *L’Osservatore Romano* du 25 août.<br /><br />L'importance accordée à la mission avait déjà marqué son ministère d'évêque de Vittorio Veneto et de Patriarche de Venise, comme l'a également souligné un essai du professeur Roberto Morozzo della Rocca publié en 2009 et intitulé « L'horizon missionnaire d'Albino Luciani ».<br /><br />Pour le Pape, l'annonce de l'Évangile n'est pas réservée aux seuls spécialistes ou aux structures ecclésiales. Jean-Paul Ier parle en effet de « tous les enfants de l'Église », appelés à être « des missionnaires infatigables de l'Évangile », afin qu'émerge « un nouvel élan de sainteté et de renouveau » dans un monde « assoiffé d'amour et de vérité ». Le Pape demande aux fidèles de ne pas s’aligner sur « les goûts et les coutumes du monde », ni même sur « les tentations d’un applaudissement facile », mais d’être prêts à rendre compte de l’espérance qui est en eux. L’Église, poursuit-il, est appelée à offrir au monde ce « supplément d’âme » dont il a besoin, à une époque où le progrès technique risque de réduire « la terre à un désert, la personne à un automate, la vie fraternelle à une collectivisation planifiée ». S’adressant aux missionnaires, il salue « toute l’Église missionnaire » ainsi que les hommes et les femmes qui œuvrent « aux avant-postes de l’évangélisation ».<br /><br />Un mois plus tard, le 28 septembre 1978, dans un discours adressé à un groupe d’Évêques philippins en visite ad limina, il précise encore davantage sa pensée. « Parmi les droits des fidèles, l’un des plus importants est celui de recevoir la Parole de Dieu dans toute son intégrité et sa pureté, avec toutes ses exigences et toute sa force », déclare-t-il. La Parole de Dieu doit être offerte aux baptisés « dans toute son intégrité et sa pureté ». Le Pape souligne qu’« un grand défi de notre époque est la pleine évangélisation de tous ceux qui ont été baptisés ». L’évangélisation, ajoute le Souverain Pontife, implique un enseignement explicite concernant le nom de Jésus, son identité, son enseignement, son Règne et ses promesses », parmi lesquelles « sa promesse principale est la vie éternelle ». Il reconnaît « la grande vocation des Philippines » à être « la lumière du Christ en Extrême-Orient », appelées à proclamer « sa vérité, son amour, sa justice et le salut par la parole et par l’exemple » aux peuples d’Asie.<br /> <br />Dès son voyage au Burundi en 1966, Luciani avait fait preuve d’une vision concrète de la rencontre entre l’Évangile et les cultures. Il reconnaissait la valeur décisive du clergé local, appelé à guider des Églises enracinées dans la langue, l’histoire et la mentalité de leurs peuples respectifs, et demandait aux missionnaires d’œuvrer avec humilité à son service. Mais il rejetait les oppositions idéologiques entre missionnaires « étrangers » et Églises autochtones : « Il y a du travail pour tout le monde », écrivait-il, en rappelant le critère paulinien : « Dummodo Christus annuntietur », pourvu que le Christ soit annoncé<br /> <br />Devant les Évêques philippins, il qualifie une nouvelle fois Radio Veritas d’« instrument privilégié » pour proclamer, avec toute l’Église, « que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde ». Le Pape Jean-Paul Ier est en effet très attentif au développement des moyens de communication. Dans son discours aux représentants de la presse internationale du 1er septembre 1978, il promet une collaboration « franche, honnête et efficace » avec les moyens de communication sociale, sans passer sous silence les risques de « massification et d’uniformisation » pour la vie intérieure de la personne et sa capacité de jugement. Il demande avant tout aux journalistes de présenter l’Église « avec amour de la vérité et dans le respect de la dignité humaine », puis de « commenter, parfois, notre humble ministère », « avec amour de la vérité et dans le respect de la dignité humaine, car tel est le but de toute communication sociale », mais il place l’Église au premier plan.<br /> <br />Le 4 septembre 1978, s'adressant aux Missions spéciales présentes à l'occasion du début de son pontificat, il explique : « Nous nous engagerons à accomplir ce service en utilisant un langage simple, clair et sûr ». L'Église, rappelle-t-il aux évêques philippins, est irrévocablement engagée à soulager la pauvreté et les besoins matériels ; mais sa charité pastorale resterait incomplète si elle ne mettait pas également en lumière les « besoins supérieurs » de l'humanité.<br /><br />Dans la biographie intitulée *Io sono la polvere. Biografia ex documentis*, le parcours de Jean-Paul Ier montre en outre comment, dès son mandat de patriarche de Venise, il avait déjà abordé la question du rapport entre évangélisation et promotion humaine, en défendant la primauté de l'annonce chrétienne sans la dissocier de la responsabilité envers les besoins concrets des hommes.<br />Dans *L'Osservatore Romano*, Stefania Falasca rappelle que Jean-Paul Ier réaffirmait que le Pape et le Saint-Siège ne disposaient pas de « solutions miraculeuses aux grands problèmes mondiaux », mais qu'ils pouvaient « néanmoins apporter quelque chose de très précieux : un esprit qui aide à résoudre ces problèmes et les replace dans leur dimension essentielle, celle de l'ouverture aux valeurs de la charité universelle ». Pour Luciani, le soutien à l'édification d'une paix possible, indissociable de la mission propre de l'Église, a été le fil conducteur de l'ensemble de son bref pontificat.<br /><br />« Examiner le Pontificat du Pape Luciani comme une étape décisive dans l’exercice du ministère pétrinien, avec des répercussions considérables sur la vie de l’Église, aide non seulement à reconstituer pleinement le profil de Jean-Paul Ier, mais aussi à comprendre les enjeux auxquels l’Église était et est encore appelée à faire face », souligne Stefania Falasca, en indiquant la perspective à adopter pour relire l’héritage du pape vénitien. La relecture des six « nous voulons » et de leur actualité sera au cœur du colloque international « Jean-Paul Ier : Iustitia et Pax. Préserver et promouvoir la paix dans ce monde troublé », prévu le 13 octobre 2026 à l’Université Pontificale Grégorienne. La Fondation, créée pour préserver et valoriser le patrimoine documentaire de Luciani, se présente aujourd’hui comme une référence internationale pour les études et la recherche menées à la lumière des sources sur son magistère et son parcours ecclésial. Les sources d’archives aujourd’hui acquises et disponibles, fruit de la recherche « omnino plena » soutenue pendant plus d’une décennie par la Cause de canonisation d’Albino Luciani-Jean-Paul Ier et rassemblées depuis 2020 par la Fondation vaticane Jean-Paul Ier, « ont ouvert une nouvelle page dans l’historiographie », écrit Stefania Falasca dans L’Osservatore Romano. Elles permettent, ajoute-t-elle, d’éclairer « la genèse d’un projet de gouvernement pontifical » et de restituer avec plus de précision les enseignements et la mémoire de Jean-Paul Ier. « À travers les Journées d’étude organisées par la Fondation en collaboration avec l’Université Pontificale Grégorienne et consacrées aux sources du magistère de Jean-Paul Ier, la Fondation a poursuivi son activité scientifique en se concentrant précisément sur les six “volumus” du programme de pontificat du Pape Luciani, à chacun desquels elle entend consacrer, au fil des ans, un colloque », explique la Vice-présidente de la Fondation.<br /><br />Organisé par la Fondation vaticane Jean-Paul Ier, en collaboration avec l’Université Pontificale Grégorienne et le Comité pontifical des sciences historiques, cet événement comptera sur la participation du Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État et Président de la Fondation. « Étudier le Pontificat du Pape Luciani comme une étape décisive dans l’exercice du ministère pétrinien, affirme Falasca, avec des répercussions considérables sur la vie de l’Église, aide non seulement à reconstituer pleinement le profil de Jean-Paul Ier, mais aussi à comprendre les enjeux auxquels l’Église était et est encore appelée à faire face. » Tue, 25 Aug 2026 16:55:53 +0200« Recherches sur l'histoire du catholicisme en Chine », une nouvelle « feuille de route » pour retracer six cents ans de catholicisme sur le sol chinoishttps://www.fides.org/fr/news/78084-Recherches_sur_l_histoire_du_catholicisme_en_Chine_une_nouvelle_feuille_de_route_pour_retracer_six_cents_ans_de_catholicisme_sur_le_sol_chinoishttps://www.fides.org/fr/news/78084-Recherches_sur_l_histoire_du_catholicisme_en_Chine_une_nouvelle_feuille_de_route_pour_retracer_six_cents_ans_de_catholicisme_sur_le_sol_chinoisPékin – Alors que se poursuivent les ordinations des Évêques catholiques chinois nommés dans le cadre de l’accord provisoire en vigueur entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, un ouvrage de grande envergure met justement en lumière l’histoire et les événements des diocèses catholiques en Chine, retraçant six cents ans d’histoire du catholicisme en Chine, de la dynastie Yuan jusqu’au milieu du XXe siècle.<br /><br />Cette nouvelle publication s’intitule « Recherches sur l’histoire du catholicisme en Chine ». Il s’agit d’un ouvrage systématique, fruit de plusieurs années de recherche sur l’histoire du catholicisme en Chine menées par le professeur Liu Zhiqing et la professeure associée Shang Haili, de l’Université normale d’Anyang. Cet ouvrage, publié par la maison d’édition « Culture religieuse en Chine » , rassemble l’histoire des institutions, l’histoire régionale et les biographies des figures marquantes du parcours du catholicisme en Chine, sur la base d’une analyse approfondie de documents chinois et étrangers, d’annales locales, d’archives et de sources ecclésiastiques originales.<br /><br />Dans la préface, le professeur Liu Zhiqing évoque avec une émotion particulière sa rencontre et son amitié avec Luca Tommaso Zhang Huaixin, Évêque de Weihui , grand homme de foi et de sagesse, qui remontent à 1990, ainsi que les encouragements et le soutien que l’Évêque Zhang lui a apportés tout au long de plus de vingt ans de recherches sur l’histoire du catholicisme en Chine.<br /><br />Ce nouvel ouvrage rassemble 28 essais, répartis en trois sections : Première partie, Deuxième partie et Annexe.<br />Cet ouvrage retrace de manière systématique l’histoire de la diffusion du catholicisme en Chine au cours des 600 dernières années, en se concentrant notamment sur des thèmes centraux tels que l’évolution des diocèses, le développement des diocèses confiés au clergé chinois et le processus d’inculturation, alliant ainsi rigueur académique et attention portée aux enjeux actuels.<br /><br />La première partie propose un aperçu général de l'histoire du catholicisme en Chine, en analysant la formation de la hiérarchie ecclésiastique, le développement des diocèses et des vicariats apostoliques, les controverses sur le « patronage » exercé par les puissances étrangères et la restauration de la hiérarchie catholique en 1946. Une attention particulière est accordée à la création des diocèses confiés au clergé chinois, à la nomination des évêques chinois et au processus progressif d’inculturation du catholicisme.<br /><br />La deuxième partie comprend 21 études consacrées aux principales circonscriptions ecclésiastiques chinoises, de Macao aux différentes provinces du pays.<br /><br />L’annexe contient un tableau général des diocèses catholiques en Chine, une liste des congrégations religieuses étrangères engagées dans les missions et une chronologie de l’évolution des diocèses.<br />Par ailleurs, les auteurs ont dirigé trois projets financés par le Fonds national chinois pour les sciences sociales. Cet ouvrage constitue donc une source de référence d’une grande importance pour les études en sciences des religions, en histoire et en histoire des échanges culturels entre la Chine et l’Occident.<br /> <br />Tue, 25 Aug 2026 14:03:57 +0200ASIE/INDONÉSIE - À Flores, l'Évêque de Ruteng : « La résilience ne repose pas sur le béton, mais sur le capital social et la présence »https://www.fides.org/fr/news/78083-ASIE_INDONESIE_A_Flores_l_Eveque_de_Ruteng_La_resilience_ne_repose_pas_sur_le_beton_mais_sur_le_capital_social_et_la_presencehttps://www.fides.org/fr/news/78083-ASIE_INDONESIE_A_Flores_l_Eveque_de_Ruteng_La_resilience_ne_repose_pas_sur_le_beton_mais_sur_le_capital_social_et_la_presenceRuteng - « Un tremblement de terre peut détruire énormément de choses en quelques secondes. Des maisons, des lieux de culte, des écoles… Même notre sentiment de sécurité devient soudainement fragile. Et pourtant, au milieu des ravages causés par le tremblement de terre qui a frappé Flores le 15 août, j’ai assisté à l’émergence d’une solidarité étonnante : les gens ont commencé à s’entraider avec générosité et sans compter leurs efforts. Beaucoup de personnes ont commencé à envoyer de la nourriture, à distribuer des médicaments et à offrir leur temps en tant que bénévoles. Les agences gouvernementales, les professionnels de santé, les organisations humanitaires et les communautés catholiques locales se sont mobilisées à travers leurs réseaux respectifs. Au milieu des infrastructures physiques endommagées, un autre type d’infrastructure était déjà à l’œuvre : un « réseau de bienveillance » : telle est la réflexion que partage avec l’Agence Fides Siprianus Hormat, Évêque de Ruteng, sur l’île indonésienne de Flores. Le diocèse de Ruteng figure parmi les plus touchés par le séisme et a subi de graves dégâts. Sur l’ensemble du territoire de l’île, les centres opérationnels de Caritas sont à l’œuvre et coordonnent l’aide humanitaire dans les quatre diocèses de l’île : l’Archidiocèse d’Ende et les diocèses de Maumere, Ruteng et Labuan Bajo.<br /><br />Le bilan des morts, sur l'ensemble du territoire de Flores, s'élève officiellement à 100 victimes, dont 48 femmes et enfants. On dénombre plus de 1 600 blessés, dont beaucoup souffrent de traumatismes graves causés par l'effondrement des bâtiments, tandis que le nombre de personnes déplacées, contraintes de quitter leur domicile, a dépassé les 180 000 ; celles-ci ont été hébergées dans des camps de tentes improvisés, des stades et sur les places publiques. Les secousses ont endommagé environ 74 000 habitations, dont 23 000 se sont complètement effondrées ou sont inhabitables. À cela s’ajoute la destruction des infrastructures : plus de 319 écoles et 124 centres de santé sont hors d’usage. La série de répliques, qui a enregistré plus de 2 000 secousses, alimente la peur au sein de la population, tandis que les agences humanitaires signalent une pénurie de produits de première nécessité . Un problème qui reste préoccupant concerne les communautés isolées en montagne, les équipes de secours et de la protection civile étant fortement ralenties par les glissements de terrain et les coupures de routes. Plusieurs communautés autochtones des zones montagneuses des districts de Manggarai, Manggarai-Est et Sikka n’ont toujours pas reçu d’aide de manière régulière et restent privées d’électricité, de services de base et d’aide humanitaire.<br /><br />L'Évêque poursuit : « Nous pensons généralement à la résilience en termes de bâtiments antisismiques, de routes, d'électricité et d'hôpitaux. Pourtant, les communautés possèdent également une infrastructure qui n'est pas faite de béton : la confiance, les habitudes d'entraide et la capacité à mettre en adéquation les besoins et les ressources. Cette force est appelée « capital social ». Sa signification est simple : des hommes et des femmes veillent à ce que leurs voisins aient de quoi manger ; des personnes prêtent leurs véhicules et des bénévoles se rendent dans des endroits difficiles d’accès. Des études menées par le passé révèlent que la différence de rapidité de reprise entre les communautés touchées par des catastrophes ne réside pas tant dans l’ampleur des dégâts ou dans la quantité d’aide reçue, mais dépend de la solidité des réseaux sociaux existant avant la catastrophe. La résilience, en d’autres termes, se construit à l’avance. La charité n’est pas seulement un beau nom, c’est aussi un verbe : relever, soutenir, guérir, écouter, créer des liens et accompagner. »<br /><br />L'Évêque rappelle que « les bonnes intentions ne suffisent pas à elles seules : la bienveillance passe aussi par l'organisation. L'aide doit parvenir à ceux qui en ont besoin, les besoins doivent être clairement identifiés et les ressources doivent être affectées à ceux qui sont dans le besoin ». Dans ce contexte, Siprianus Hormat s’est mobilisé et a sillonné sans relâche le territoire du diocèse, visitant des camps de tentes, des communautés périphériques et des hôpitaux : « Cette expérience – note-t-il – a redéfini ma conception du ministère épiscopal. Un évêque, en tant que responsable d’une communauté, doit prendre des décisions et faire le lien entre les besoins et les ressources. Ce n’est pas un héros solitaire, et il y a une chose qu’il ne peut déléguer : la présence. Je suis allé à la rencontre des personnes touchées par le séisme. Il y a des moments où la présence ne peut être remplacée par un coup de fil ; des moments où les personnes qui souffrent n’ont pas besoin d’un discours, mais simplement de la disponibilité d’un pasteur à être présent », souligne-t-il.<br /><br />« Après plusieurs visites, j’ai reçu des messages de personnes qui m’exprimaient leur gratitude pour ma présence. Je n’avais rien fait d’extraordinaire. J’avais simplement été là, pour offrir un mot de réconfort et de consolation, pour dire et montrer que Dieu ne nous abandonne pas. Nous vivons à une époque où la présence peut facilement être remplacée par un message d’empathie. Pourtant, la souffrance humaine ne peut être pleinement comprise à travers un écran. La présence ne consiste pas principalement à être vu par ceux qui souffrent, mais à être disposé à voir ceux qui souffrent. »<br /><br />Tout, en fin de compte, se ramène à la foi : « Nous nous en remettons au Seigneur. Le mystère de la souffrance – note-t-il – est tout simplement trop profond pour être réduit à des explications simplistes. Je n’ai pas de réponse à la question de savoir pourquoi une personne survit alors qu’une autre n’est pas sortie des décombres. La question que je me pose est : « À quoi sert cette vie qui m’a été donnée ? ». Être là, c’est une responsabilité. Et cette responsabilité concerne tout le monde : chacun d’entre nous a quelque chose à offrir – nos compétences, notre temps, notre autorité, ou simplement deux mains prêtes à travailler et à s’unir pour prier. Tout cela prend un sens social lorsqu’il devient un moyen de soutenir la vie de son prochain ».<br /><br />« Comme nous l’enseigne la doctrine sociale de l’Église, la solidarité n’est pas un vague sentiment de compassion, mais un engagement ferme et persévérant en faveur du bien commun, car nous sommes tous responsables les uns des autres », rappelle-t-il. Et il ajoute : « Lorsque j’ai été ordonné Évêque, j’ai choisi pour devise Omnia in Caritate : tout faire dans la charité. J’ai retrouvé cet esprit même au-delà des frontières de l’Église : chez les bénévoles, les professionnels de santé, les fonctionnaires et les membres des forces armées ».<br /><br />Se tournant vers l'avenir, l'Évêque conclut : « Une fois la situation d'urgence passée, la période de reconstruction sera bien plus longue que le temps pendant lequel une catastrophe reste au centre de l'attention médiatique. Il faut reconstruire les maisons, affronter et surmonter les traumatismes, rétablir les moyens de subsistance. C’est là que le capital social va devoir faire face à son prochain défi : le réseau de solidarité ne peut pas reposer uniquement sur la spontanéité, mais doit être guidé par une bonne gouvernance. Flores a besoin de maisons plus solides, d’écoles plus sûres et d’une meilleure gestion des catastrophes. Et de personnes qui ne supportent pas de voir les autres souffrir seules. »<br /> <br />Tue, 25 Aug 2026 13:59:44 +0200AFRIQUE/SOUDAN - La guerre au Soudan s'étend aux pays voisins : tensions avec le Tchad et l'Éthiopiehttps://www.fides.org/fr/news/78085-AFRIQUE_SOUDAN_La_guerre_au_Soudan_s_etend_aux_pays_voisins_tensions_avec_le_Tchad_et_l_Ethiopiehttps://www.fides.org/fr/news/78085-AFRIQUE_SOUDAN_La_guerre_au_Soudan_s_etend_aux_pays_voisins_tensions_avec_le_Tchad_et_l_EthiopieKhartoum – La guerre au Soudan implique de plus en plus les pays voisins. Les Forces armées soudanaises , dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, ont intensifié leurs opérations visant à couper les lignes d’approvisionnement des Forces de soutien rapide , dirigées par Mohammed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », qui traversent certains pays limitrophes.<br /><br />L’incident le plus grave remonte au 21 août, lorsque les SAF, à l’aide d’avions et de drones, ont poursuivi et bombardé un convoi de véhicules des RSF qui s’était enfoncé d’environ 100 kilomètres à l’intérieur du territoire tchadien.<br /><br />Les frappes aériennes de l’armée de l’air soudanaise ont visé un convoi des RSF au sud du triangle frontalier entre le Soudan, la Libye et le Tchad. Selon l’armée soudanaise, le convoi était composé d’environ 200 véhicules de combat provenant des camps de Kufra, en Libye. Khartoum affirme qu’il existe une chaîne d’approvisionnement partant des Émirats arabes unis, passant par Benghazi et Tobrouk, et traversant la frontière entre la Libye et le Tchad pour atteindre le Darfour, à l’ouest du Soudan.<br /><br />En réponse, le gouvernement de N’Djamena a placé ses troupes en état d’alerte maximale et a mis en garde les parties belligérantes soudanaises contre toute extension du conflit au-delà de la frontière.<br /><br />N’Djamena a par ailleurs réaffirmé qu’elle se réservait le droit de défendre son intégrité territoriale. Outre la route qui, en passant par la Libye, traverse le Tchad et rejoint l’ouest du Soudan, les autorités soudanaises affirment qu’il en existerait une autre qui passerait directement par le territoire tchadien. Selon Khartoum, des avions des Émirats arabes unis feraient escale dans au moins deux aéroports tchadiens, Amdjarass et N'Djamena, pour livrer des ravitaillements destinés aux RSF, qui seraient ensuite acheminés par voie terrestre vers les zones contrôlées par les miliciens.<br /><br />Le conflit soudanais implique désormais également l’Éthiopie, un autre pays accusé par Khartoum de soutenir les RSF ou, à tout le moins, d’autoriser l’utilisation de son territoire pour le ravitaillement en armes. Le 23 août, un drone qui aurait été lancé depuis l’Éthiopie a été abattu par les Forces armées soudanaises dans l’État du Nil Bleu, près de Dindiro.<br /><br />D'après les images de l'épave, il semblerait que le drone ait été équipé d'une munition miniaturisée à guidage laser de fabrication turque et que l'appareil lui-même ait également été fabriqué en Turquie. Déjà le 23 mai, les Forces armées soudanaises avaient signalé avoir abattu un drone de fabrication turque près d’Ed Damazin, affirmant qu’il provenait d’Éthiopie, accusée d’abriter une base d’où ces engins seraient lancés .<br /><br />Les drones turcs sont d’ailleurs largement utilisés par les SAF elles-mêmes. Le drone tombé dans le Nil Bleu aurait en effet été touché par les forces soudanaises à l’aide d’un engin similaire, lui aussi de fabrication turque.<br /><br />Afin de limiter l’extension du conflit, les États-Unis ont demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’étendre à l’ensemble du Soudan l’embargo sur les armes actuellement en vigueur dans la région du Darfour. « Ce Conseil devrait adopter des mesures visant à limiter l’alimentation du conflit, d’autant plus que le soutien extérieur risque également d’entraîner les acteurs régionaux et les pays voisins encore plus profondément dans le conflit au Soudan », a déclaré l’envoyé américain Massad Boulos lors de la réunion du groupe de l’ONU chargé de suivre la guerre au Soudan.<br /><br />M. Boulos a également demandé que l’embargo sur les armes s’étende aux drones et que le nombre d’experts au sein du groupe chargé de surveiller l’application des sanctions soit augmenté. <br />Tue, 25 Aug 2026 13:46:17 +0200Cardinal Vesco : en Algérie aussi, Saint Augustin est un « frère universel »https://www.fides.org/fr/news/78081-Cardinal_Vesco_en_Algerie_aussi_Saint_Augustin_est_un_frere_universelhttps://www.fides.org/fr/news/78081-Cardinal_Vesco_en_Algerie_aussi_Saint_Augustin_est_un_frere_universelRimini – Lors du Meeting de Rimini, grand rendez-vous culturel et ecclésial qui se tient chaque année dans cette ville de la Riviera romagnole, une rencontre consacrée à Saint Augustin a réuni la chercheuse Catherine Conybeare, le prieur général des Augustins, le père Joseph L. Farrell, et le Cardinal Jean-Paul Vesco, Archevêque métropolitain d’Alger. Intitulée « Sur les traces d’Augustin : vérité, inquiétude et désir », cette rencontre s’est déroulée le 21 août.<br /><br />À quelques mois du voyage apostolique de Léon XIV en Algérie, cette réflexion revêtait une importance particulière. Le Pape, qui se définit comme « fils de saint Augustin », s’était rendu à Annaba, l’ancienne Hippone, où Augustin fut Évêque et où il mourut en 430. Dans la basilique Saint-Augustin, il avait célébré la messe, soulignant la valeur de ce pèlerinage aux racines de sa propre famille spirituelle et au service de la paix et de la réconciliation, en centrant sa réflexion sur le témoignage des petites communautés chrétiennes.<br /><br />« Je peux dire que je suis son petit-fils »<br /><br />Le Cardinal Vesco a tout d’abord évoqué son lien spirituel avec l’Évêque d’Hippone. Dominicain, il a rappelé que Saint Dominique était chanoine selon la règle de Saint Augustin, qui devint par la suite la règle de l’Ordre des Prêcheurs. « Si le Saint-Père s'est qualifié de “fils d'Augustin”, je peux dire que j'en suis le petit-fils », a-t-il observé avec un sourire. Sans se présenter comme un spécialiste d'Augustin, l'Archevêque d'Alger a expliqué à quel point la figure du saint l'avait touché après son arrivée en Algérie, il y a près de vingt-cinq ans. Se promener parmi les ruines d’Hippone, a-t-il confié, rend Augustin plus familier et efface les siècles qui nous séparent de lui. De cette proximité naît la conviction qu’Augustin est véritablement « un homme de notre temps ».<br /><br />Le premier trait dans lequel le Cardinal Vesco s'est reconnu est celui du jeune Augustin des Confessions : « Un jeune homme brillant en quête de réussite sociale, en quête de succès et rien d'autre », mais « qui voit tous ses rêves s'évanouir, se vider de leur sens, devenir inutiles car, au fond, sa soif était tout autre » et « sa quête était une soif de vérité ». En effet, lorsqu’il s’est senti appelé à autre chose, Jean-Paul Vesco était un brillant avocat. « Le jeune avocat que j’ai été – a confié Vesco –, lui aussi en quête d’idéaux et de réussite, a lui aussi connu la vanité de sa quête de réussite professionnelle et sociale, et se reconnaît facilement dans le jeune Augustin qu’aucune réussite humaine ne pouvait plus satisfaire. »<br /><br />Augustin découvre enfin que cette vérité est une personne, le Christ, rencontré dans une relation personnelle. Vesco a rappelé le célèbre passage des Confessions : « Je t’ai aimé tard, beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimé tard », la confession de celui qui cherchait Dieu en dehors de lui-même, alors que Dieu était déjà au plus profond de son être. L’ancien avocat Jean-Paul Vesco a déclaré se reconnaître dans ce parcours. Aujourd’hui encore, a-t-il affirmé, les jeunes sont en quête de sens, de vérité et de vocation, surtout dans un monde marqué par de profondes transformations. C’est pourquoi Augustin, bien qu’il vienne d’une époque lointaine, continue de parler aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui.<br /><br />Théologien et pasteur<br /><br />Le deuxième aspect mis en avant par le Cardinal est celui d’Augustin, pasteur. Grand théologien, mais aussi évêque pleinement immergé dans la vie concrète de son Église, Augustin a su concilier deux dimensions difficiles à réconcilier : la réflexion théologique, qui exige étude et recul, et l’action pastorale, qui l’expose quotidiennement aux questions, aux blessures et aux besoins des personnes. La pensée d’Augustin, a rappelé Mgr Vesco, s’est également forgée dans la controverse avec les grandes hérésies de son temps. Cependant, ses réflexions sur la grâce, le pardon et le libre arbitre n’ont jamais été des exercices abstraits : elles sont nées de la réponse à des situations humaines et ecclésiales concrètes.<br /><br />En ce sens, le Cardinal a suggéré qu’Augustin puisse être considéré comme l’un des pères de la théologie pastorale. Ses nombreuses missions, ses voyages et ses interventions dictées par les « ecclesasticae necessitates » montrent un évêque constamment appelé à sortir de sa tranquillité. Citant les études qui attestent des fréquentes absences d’Augustin de son petit diocèse d’Hippone, Mgr Vesco a ironisé : « Cela me console un peu : je suis trop souvent un “évêque d’aéroport” ».<br /><br />La mémoire d'Augustin en Algérie<br /><br />Le Cardinal s’est enfin attardé sur le vieil Augustin, malade, en fin de vie, alors qu’Hippone était sur le point de tomber aux mains des Vandales. En se promenant parmi les ruines de la « basilique de la paix », où le Saint aurait célébré l’Eucharistie et enseigné, Vesco a invité à imaginer le vieil Évêque face à la disparition de son monde et de toute une civilisation. « Qu’a-t-il bien pu penser à ce moment-là, face à ce qui semblait être l’anéantissement de toute sa vie ? », s’est interrogé Mgr Vesco. « Quinze siècles plus tard, a-t-il poursuivi, comme il est beau de constater que sa pensée continue de nourrir la théologie, ainsi que des générations et des générations d’hommes et de femmes ! Il n’aurait jamais pu imaginer qu’un pape viendrait même lui rendre hommage précisément dans cette basilique ! ». Cette pérennité, a fait remarquer l’Archevêque d’Alger, témoigne de l’universalité d’Augustin : un homme pleinement enraciné dans sa terre, sa culture et son époque, mais capable de transcender les frontières des époques et des appartenances.<br /><br />Cette universalité est particulièrement évidente en Algérie. Mgr Vesco a évoqué le premier Colloque international sur Saint Augustin, qui s'est tenu en 2001 à Annaba sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika. Pour de nombreux Algériens, Augustin, bien qu'il soit chrétien, reste une figure de fierté nationale et un patrimoine culturel du pays. L’élection de Léon XIV, qui s’était présenté comme le « fils de Saint Augustin », avait également suscité en Algérie un écho immédiat de proximité et de familiarité. « Lorsque le Pape Léon, peu après son élection, s’est déclaré « fils de Saint Augustin », l’écho en Algérie a été immédiat », a rappelé le Cardinal. La rumeur s’est aussitôt répandue selon laquelle le nouveau pape avait des origines familiales en Algérie, peut-être même des proches à Annaba ! Cette appropriation familiale, au-delà de l’appartenance religieuse, en dit long. Le Pape Léon a été attendu et accueilli en Algérie comme un frère, comme l’un des leurs. »<br /><br />« Nous ne sommes pas les propriétaires d'Augustin »<br /><br />Reconnaître l’universalité d’Augustin signifie, pour le Cardinal Vesco, ne pas « l’enfermer » dans son appartenance à la pensée chrétienne, tout en reconnaissant que sa réflexion théologique est indissociable de la foi en Christ. Plusieurs auteurs musulmans algériens ont étudié et écrit sur l’Évêque d’Hippone ; cette réception sous un angle différent constitue, selon l’archevêque, un exercice salutaire. « Nous ne sommes pas les propriétaires d’Augustin et de sa pensée », a-t-il affirmé. L’universalité du saint ne naît donc pas d’une pensée abstraite ou « chimiquement pure », affranchie de la réalité concrète de l’histoire. Au contraire, elle naît d’une existence pleinement incarnée, vécue sur une terre et à une époque marquées par de profonds bouleversements politiques, culturels et religieux.<br /><br />« Aujourd’hui plus qu’hier – a conclu Vesco –, nous avons besoin de pouvoir nous reconnaître comme frères malgré nos différences de foi et de religion ». Augustin « est reconnu comme un croyant digne de confiance, même par ceux qui ne peuvent partager sa foi. C’est pourquoi Augustin est pleinement un homme de notre temps ». C’est là que réside, pour Vesco, l’actualité d’Augustin. Dans un monde marqué par les différences religieuses et culturelles, le saint d’Hippone invite les croyants à rester enracinés dans leur foi sans la transformer en possession ni en repli sur soi. La tâche consiste à être des croyants authentiques, « nourris par une tradition religieuse qui nous construit, mais reconnus comme des hommes et des femmes dignes de confiance, même par ceux qui ne partagent pas notre foi ». « Citoyens de la cité des hommes et, en même temps, citoyens de la cité de Dieu ». <br />Mon, 24 Aug 2026 13:18:53 +0200AFRIQUE/KENYA - Un faux prêtre démasquéhttps://www.fides.org/fr/news/78082-AFRIQUE_KENYA_Un_faux_pretre_demasquehttps://www.fides.org/fr/news/78082-AFRIQUE_KENYA_Un_faux_pretre_demasqueNairobi – Le diocèse de Lodwar, dans la vallée du Rift, à l’ouest du lac Turkana, a mis en garde les fidèles contre la présence d’un faux prêtre qui, au regard du droit canonique, a célébré illicitement des messes et administré des sacrements.<br />Se présentant sous le nom de père Jones Bogonko Onchonga, M.C., cet homme est en réalité un laïc vivant à Kisii, marié et père de deux enfants. Le communiqué du diocèse est accompagné de deux photos du faux prêtre, sur l’une desquelles il apparaît en soutane.<br />Le communiqué du 16 août, signé par John Mbinda et le père Joseph Ebenyo, respectivement Évêque et chancelier du diocèse de Lodwar, précise qu’Onchonga « a feint d’administrer les sacrements , a célébré des offices non autorisés , a usurpé une charge ecclésiastique et a falsifié des documents ecclésiastiques ».<br />Après avoir été interrogé par la police, Onchonga a avoué s’être fait passer pour un prêtre pendant près de deux ans. Il est arrivé à Lodwar en 2025 muni de documents l'identifiant comme prêtre des Missionnaires de la Charité . Selon la police, Onchonga n'a jamais fréquenté de séminaire catholique et n'a jamais reçu de formation en philosophie ou en théologie. Il a appris par lui-même la liturgie et le déroulement des offices religieux à l'aide de livres. Il a en effet été trouvé en possession de 17 ouvrages de doctrine ecclésiastique qu’il utilisait pour étudier divers sujets, notamment l’histoire de l’Église, les procédures de célébration du culte et l’administration des sacrements. Il est désormais accusé d’usurpation d’identité, en vertu de l’article 382 du Code pénal, et s’il est reconnu coupable, il risque une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement. <br />Mon, 24 Aug 2026 12:57:41 +0200AFRIQUE/ZAMBIE - Tensions post - électorales : les Hautes Cours sont fermées tandis que l'opposition prépare son recourshttps://www.fides.org/fr/news/78080-AFRIQUE_ZAMBIE_Tensions_post_electorales_les_Hautes_Cours_sont_fermees_tandis_que_l_opposition_prepare_son_recourshttps://www.fides.org/fr/news/78080-AFRIQUE_ZAMBIE_Tensions_post_electorales_les_Hautes_Cours_sont_fermees_tandis_que_l_opposition_prepare_son_recoursLusaka – Les tensions post-électorales persistent en Zambie, où aujourd’hui, 24 août, les tribunaux supérieurs, notamment ceux de Lusaka, Ndola et d’autres villes, ont été fermés, empêchant ainsi le chef de l’opposition Brian Mundubile de déposer un recours contre la victoire du président Hakainde Hichilema aux élections qui se sont tenues le 13 août . Selon les résultats officiels publiés par la Commission électorale indépendante, Hichilema a remporté l’élection avec 2 965 326 voix, soit 60,49 % des 4 902 050 suffrages valides exprimés. Son principal adversaire, Brian Mundubile, a obtenu environ 1 856 217 voix, soit 37,87 % du total .<br /><br />Les réseaux sociaux proches de l’opposition affirment que les différents sièges de la Haute Cour ont été fermés en vertu d’une directive gouvernementale qui aurait ordonné la fermeture de « toutes les Hautes Cours jusqu’à nouvel ordre », dans le but précis d’empêcher Mundubile de former son recours. À ce jour, toutefois, ces affirmations n’ont pas été pleinement corroborées par des déclarations officielles de la magistrature.<br /><br />Certains médias locaux rapportent que l’entrée de la Haute Cour de Lusaka a été bouclée avec du ruban jaune, comme s’il s’agissait d’une scène de crime, et qu’il en aurait été de même à la Haute Cour de Ndola.<br /><br />En vertu de l’article 103 de la Constitution zambienne, un recours contre les résultats de l’élection présidentielle doit généralement être déposé dans les sept jours suivant la proclamation des résultats, délai qui expire vers le 24 ou le 25 août. La Cour constitutionnelle dispose donc d’un délai limité, généralement de 14 jours, pour statuer.<br /><br />Mundubile a publiquement rejeté les résultats, dénonçant des irrégularités dans le dépouillement, la transmission et la proclamation des résultats, et a annoncé qu’il ferait appel. Son équipe a mandaté des avocats et préparé les documents nécessaires. Mundubile et sa candidate à la vice-présidence, Makebi Zulu, se sont eux-mêmes mis en exil au siège d’une agence des Nations unies à Lusaka, craignant d’être arrêtés pour avoir pris part à un prétendu complot insurrectionnel .<br /><br />Dans le même temps, le Conseil des Églises de Zambie et les Églises indépendantes de Zambie ont demandé que la mort de l’ancien ministre des Transports et député du parti Lunte, Mutotwe Kafwaya, fasse l’objet d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les circonstances de ce décès .<br /><br />Kafwaya, ancien ministre du gouvernement du Front patriotique puis proche de personnalités de l'opposition, a été mortellement blessé le 14 août lors d'un raid conjoint des forces de sécurité dans une maison de Kabulonga, à Lusaka, liée à Mundubile.<br /><br />Pendant plusieurs jours, le sort de Kafwaya est resté incertain, jusqu’à ce que, dans la soirée du 19 août, la police annonce son décès. Des versions contradictoires ont circulé au sujet de cette affaire. La police affirme que l’homme politique a été tué au cours d’une fusillade entre les forces de l’ordre et un groupe armé qui s’était retranché à l’intérieur de la maison. Mundubile et ses partisans ont rejeté les allégations concernant la présence d'une milice armée prête à se soulever, affirmant que Kafwaya avait été abattu dans une chambre à coucher, en présence de témoins, et réclamant une enquête indépendante. Mon, 24 Aug 2026 12:42:05 +0200ASIE/PHILIPPINES - Après la fusillade à l'université de Zamboanga, les communautés ecclésiales appellent à prendre en compte le malaise des jeuneshttps://www.fides.org/fr/news/78075-ASIE_PHILIPPINES_Apres_la_fusillade_a_l_universite_de_Zamboanga_les_communautes_ecclesiales_appellent_a_prendre_en_compte_le_malaise_des_jeuneshttps://www.fides.org/fr/news/78075-ASIE_PHILIPPINES_Apres_la_fusillade_a_l_universite_de_Zamboanga_les_communautes_ecclesiales_appellent_a_prendre_en_compte_le_malaise_des_jeunesManille – « Le pays ne peut pas se permettre de laisser un nouvel épisode de violence scolaire passer inaperçu sans s’attaquer aux défis auxquels ses jeunes sont confrontés » : c’est ce qu’a déclaré l’Archevêque de Manille, le Cardinal José Advincula, en exhortant les familles, les écoles, les Églises et les communautés à « écouter les jeunes qui pourraient lutter en silence contre la solitude, l’anxiété, le harcèlement, la pression scolaire ou les problèmes familiaux ».<br />Les propos du Cardinal font référence à la fusillade survenue le 18 août à l’Ateneo de Zamboanga University, un établissement d’enseignement géré par les jésuites dans la ville de Zamboanga, sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines. Vers 7 h 50 du matin, dans le bâtiment du collège du campus de Tumaga, un élève a ouvert le feu sur d’autres élèves, tuant un camarade de classe âgé de 15 ans, Patrick Dylan Wee. L’auteur de la fusillade, un élève identifié comme étant Mohammad Mael Jalani, s’est ensuite suicidé. On dénombre donc deux victimes, dont l’auteur de l’attaque ; d’autres personnes ont été blessées ou ont eu besoin d’assistance après s’être enfuies du bâtiment dans la panique.<br /><br />Cette attaque a semé la peur et provoqué une vive consternation au sein de la communauté scolaire. Les jours suivants, les élèves ont fait part de leurs difficultés à retourner à l'école après ces événements, tandis que les autorités ont ouvert une enquête sur la manière dont les armes avaient été introduites sur le campus et sur les causes possibles de l'attaque. La fusillade de Zamboanga s'inscrit dans un contexte d'inquiétude croissante concernant la sécurité dans les écoles philippines. Il s'agit du deuxième incident de ce type ayant fait des victimes dans le pays en moins de deux mois, après l'attaque du 22 juin au lycée national San Jose de Tacloban City, où trois élèves ont été tués et d'autres blessés.<br /><br />« Nous ne devons pas laisser cette tragédie passer inaperçue sans écouter attentivement ce qu’elle nous dit sur les difficultés de nos jeunes », a déclaré le Cardinal Advincula, en appelant à la création d’espaces sûrs où les jeunes puissent s’exprimer sans craindre d’être jugés, demander de l’aide sans honte et se sentir valorisés. « La réponse – a-t-il déclaré – doit aller au-delà des mesures de sécurité » et inclure des systèmes d’aide et d’accompagnement plus solides. « Nous devons les écouter, non seulement lorsqu’ils s’expriment haut et fort, mais surtout lorsqu’ils souffrent en silence », a-t-il affirmé.<br /><br />La réponse pastorale se concentre donc non seulement sur l'urgence immédiate, mais aussi sur les sentiments de solitude, d'angoisse et de pression qui peuvent marquer la vie des adolescents. « Cette tragédie doit renforcer notre responsabilité commune de faire des écoles des lieux sûrs d’apprentissage, de socialisation, de bien-être, de vigilance et de paix », a écrit l’Association catholique de l’éducation des Philippines , qui représente les écoles, les collèges et les universités catholiques des Philippines. La CEAP a appelé à faire preuve de « sensibilité, de compassion et de modération », car « derrière chaque reportage, chaque photo ou chaque publication sur les réseaux sociaux, il y a des élèves, des familles, des enseignants et une communauté en profond deuil et sous le choc ».<br /><br />Le père Guillrey Anthony Andal, SJ, président de l'université Ateneo de Zamboanga, a exprimé sa « profonde tristesse » au nom de toute la communauté. Il a assuré sa pleine coopération avec les autorités chargées de l'enquête et a souligné que la priorité était le bien-être des étudiants, du personnel et des familles. Le président a appelé à la patience, en évitant toute spéculation susceptible de causer davantage de souffrance. L’université a fait du 19 août une journée de deuil et de prière sur tous ses campus, en proposant un accompagnement pastoral et psychologique.<br />Dans un communiqué officiel, l’Archidiocèse de Zamboanga a demandé une enquête approfondie, affirmant que « les familles des victimes méritent la vérité et la justice ». « Prions pour que les autorités soient guidées par la sagesse, l'équité, le courage et un engagement sincère en faveur de la justice », peut-on lire dans le texte. « En ce moment de douleur, choisissons la prière plutôt que la peur, la compassion plutôt que la condamnation, la vérité plutôt que la spéculation et la justice plutôt que la vengeance », affirme le communiqué.<br /><br />Au cours des semaines qui ont précédé la fusillade, le ministère de l'Éducation avait déjà demandé aux écoles de tout le pays de se préparer à des exercices nationaux portant sur la gestion d'éventuelles attaques ou incidents, en réponse aux préoccupations croissantes concernant la sécurité dans les établissements scolaires. Les établissements scolaires ont été invités à élaborer, réviser ou mettre à jour leurs plans d’urgence locaux et à communiquer ceux qui avaient été approuvés aux autorités locales, à la Police nationale des Philippines et aux associations de parents d’élèves.<br />Au cours des deux derniers mois, environ 50 incidents scolaires impliquant des jeunes dans des actes de violence ont été recensés, parmi lesquels des menaces à la bombe, des fusillades et des agressions à l'arme blanche. Face à ce contexte, les responsables des communautés ecclésiales soulignent la nécessité de mettre en place un réseau d'écoute autour des adolescents : la famille, l'école et la communauté sont appelées à détecter rapidement la solitude, l'anxiété, le harcèlement et d'autres formes de souffrance.<br /> <br />Mon, 24 Aug 2026 09:09:32 +0200