Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.AMÉRIQUE/HAÏTI - Confirmation du directeur des Œuvres Pontificales Missionnaireshttps://www.fides.org/fr/news/77765-AMERIQUE_HAITI_Confirmation_du_directeur_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttps://www.fides.org/fr/news/77765-AMERIQUE_HAITI_Confirmation_du_directeur_des_OEuvres_Pontificales_MissionnairesCité du Vatican - Le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation , a confirmé le 25 mai 2026 dans ses fonctions de directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires en Haïti, le père Junior Phares Larosilière, du clergé diocésain de Port-au-Prince, pour la période quinquennale 2025-2030 .<br /> <br /><br />Fri, 05 Jun 2026 18:35:56 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - L'hôpital missionnaire Sainte-Thérèse lance une campagne de sensibilisation contre Ebolahttps://www.fides.org/fr/news/77763-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_L_hopital_missionnaire_Sainte_Therese_lance_une_campagne_de_sensibilisation_contre_Ebolahttps://www.fides.org/fr/news/77763-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_L_hopital_missionnaire_Sainte_Therese_lance_une_campagne_de_sensibilisation_contre_EbolaNzara - L'hôpital missionnaire Sainte-Thérèse de Nzara a lancé une vaste campagne de sensibilisation à l'intention du diocèse catholique de Tombura-Yambio afin de renforcer les mesures de précaution contre les épidémies d'Ebola qui sévissent actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda, soulignant l'importance de la prévention et de la vigilance, bien que le Soudan du Sud ne compte pour l'instant aucun cas confirmé.<br /><br />La session de sensibilisation, qui s'est tenue hier 4 juin à la Curie diocésaine, a fait ressortir une inquiétude croissante pour la santé publique régionale, suite aux cas confirmés dans les pays voisins. Le Soudan du Sud, qui a connu sa première épidémie d'Ebola en 1976 dans le comté de Nzara, reste particulièrement vigilant compte tenu de la proximité du pays avec les régions touchées et de l'importance historique de la maladie sur son territoire.<br /><br />L'Évêque du diocèse de Tombura-Yambio, Mgr Barani Eduardo Hiiboro Kussala, a exprimé sa gratitude envers l'Hôpital missionnaire et l'Organisation catholique pour le développement et la paix pour avoir promu cette initiative, reconnaissant l'importance d'une éducation sanitaire proactive. Il a rappelé à tous les participants à quel point la vigilance est fondamentale. L'Évêque a également souligné la nécessité de mesures de protection, reconnaissant la réalité et la dangerosité d'Ebola, qu'il a qualifié de « maladie extrêmement dangereuse qui nécessite une attention particulière dans les activités quotidiennes ». Le Prélat a exhorté les autorités gouvernementales, les partenaires internationaux, les communautés et les scientifiques à intensifier la recherche et les campagnes de sensibilisation sur le virus, soulignant le danger potentiel pour la vie quotidienne et les systèmes de santé des communautés. Il a encouragé les communautés, les organisations de la société civile et les organisations non gouvernementales à signaler rapidement les cas suspects aux autorités sanitaires. Il a également appelé à la mise en place de sessions de sensibilisation fréquentes dans toutes les langues locales, dans le but d’atteindre tous les membres de la communauté, quel que soit leur niveau d’éducation ou leur maîtrise de la langue.<br /><br />L'hôpital missionnaire Sainte-Thérèse, un établissement de santé catholique desservant la région de Nzara, joue un rôle essentiel au sein du système de santé diocésain et sert également de point de référence pour les professionnels de santé de tout le diocèse qui recherchent des conseils sur les protocoles de prévention et de lutte contre Ebola. Selon les autorités sanitaires locales, les efforts conjoints du diocèse, de l'hôpital, du CODEP, des autorités gouvernementales et des organisations communautaires constituent la réponse coordonnée nécessaire pour empêcher l'entrée d'Ebola au Soudan du Sud et pour protéger la santé et le bien-être des communautés vulnérables de l'État d'Équatoria occidental.<br /><br />Le personnel du diocèse de Tombura-Yambio et du CODEP, des représentants de l'organisation Eve, des prêtres, ainsi que des directeurs et responsables de la Curie ont participé à cette session de sensibilisation. La diversité des participants, issus tant d'organisations ecclésiastiques que de la société civile, témoigne d'une approche collaborative en matière de sécurité sanitaire.<br /><br /> <br />Fri, 05 Jun 2026 18:34:38 +0200ASIE/MYANMAR - Cinq Évêques contraints de quitter la cathédrale : « Les gens, épuisés et traumatisés par la violence, prient les larmes aux yeux », déclare l'Évêque de Pekhonhttps://www.fides.org/fr/news/77762-ASIE_MYANMAR_Cinq_Eveques_contraints_de_quitter_la_cathedrale_Les_gens_epuises_et_traumatises_par_la_violence_prient_les_larmes_aux_yeux_declare_l_Eveque_de_Pekhonhttps://www.fides.org/fr/news/77762-ASIE_MYANMAR_Cinq_Eveques_contraints_de_quitter_la_cathedrale_Les_gens_epuises_et_traumatises_par_la_violence_prient_les_larmes_aux_yeux_declare_l_Eveque_de_PekhonCité du Vatican - En raison de la guerre civile qui sévit depuis 2021, cinq Évêques du Myanmar, sur les 17 diocèses que compte le pays, ont été contraints d'abandonner leur siège épiscopal et leurs cathédrales respectives et vivent désormais dans des paroisses situées dans des zones plus sûres, épargnées par les affrontements entre les rebelles et l'armée. « Il s’agit des Évêques des diocèses de Pekhon, Loikaw, Banmaw, Mindat et Lashio », rapporte à l’Agence Fides Mgr Felice Ba Htoo, Évêque de Pekhon, ville de l’État Shan, au centre du Myanmar, en évoquant les souffrances des pasteurs du Myanmar qui, depuis cinq ans, voient leur nation bouleversée par la guerre civile, avec de lourdes conséquences pour la population. « Nous aussi, en tant qu’évêques, avons été touchés, tout comme nos paroisses, dont beaucoup ont été fermées, soit parce qu’elles ont été touchées ou endommagées, soit parce qu’elles se sont retrouvées sans fidèles », raconte-t-il. Les Évêques du Myanmar, actuellement au Vatican pour la visite ad limina Apostolorum, rencontrent aujourd’hui le Pape Léon et évoquent avec le Souverain Pontife leurs souffrances et celles du peuple birman, en priant avec lui pour la paix et la réconciliation.<br />Mgr Felice Ba Htoo déclare à Fides : « Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. Nous vivons le présent en plaçant notre confiance en Dieu. Notre mission aujourd’hui est d’être proches des gens, des personnes déplacées à l’intérieur du pays dispersées sur le territoire : certaines dans la jungle, d’autres dans des camps de réfugiés, d’autres encore dans des villages moins touchés par la violence. Nous essayons de les rencontrer, de les consoler, de leur offrir une parole d’espoir. Avec les catholiques, nous célébrons les sacrements. Nous les encourageons, en les invitant à vivre dans un esprit d’amour mutuel, de collaboration et d’entraide, afin de pouvoir surmonter cette période d’incertitude et de difficultés. Les gens sont fatigués et traumatisés par ce conflit qui dure depuis cinq ans. Dans ce contexte historique marqué par les épreuves et les souffrances, nous vivons notre pèlerinage d’espérance ».<br />Les prêtres, les religieux et les catéchistes sont proches des gens, prêchant la paix et la réconciliation, pour que la haine ne l’emporte pas, rapporte-t-il. « Nous avons confiance en Dieu et prions pour qu’un temps de lumière s’ouvre sur notre avenir. »<br />L'Évêque décrit ainsi la situation locale : « Le diocèse a accueilli au moins 40 000 réfugiés supplémentaires, des personnes de différentes confessions religieuses qui cherchent des zones épargnées par la violence, comme la partie occidentale du territoire diocésain ». La recherche d'eau guide également le flux des réfugiés : « Les déplacés cherchent à s’installer dans des endroits où il y a de l’eau, car dans notre région, l’eau se fait rare. Pour leur survie, ces dernières années, les habitants des villages autochtones se sont montrés très hospitaliers et ont partagé les fruits de la terre et les terres à cultiver. Mais aujourd’hui, après cinq ans, cela devient très difficile : les autochtones doivent subvenir aux besoins de leur propre famille et n’ont plus de ressources à partager avec les déplacés. La situation humanitaire s’est aggravée ». « Aujourd’hui, poursuit-il, des milliers de personnes déplacées vivent également dans plus de 30 camps de réfugiés présents sur notre territoire. D’autres vivent dans des campements improvisés, là où ils trouvent un endroit leur permettant de survivre ».<br />Au sujet de la vie de l’Église catholique, marquée par cette précarité, l’Évêque souligne : « La vie de l’Église a été touchée par le conflit. Les combats quotidiens m’ont contraint à quitter le centre pastoral de Pekhon et à m’installer dans un village, dans la paroisse de la Bienheureuse Vierge Marie. Nous avons dû fermer environ sept paroisses sur seize. Sur les quelque 60 000 catholiques du diocèse, beaucoup ont quitté le territoire des paroisses et se sont installés dans les zones rurales, près de leurs proches ».<br />De plus, « certaines églises et certains couvents ont été détruits. C'est précisément au cœur du diocèse, à Pekhon, que se trouvait la plus grande communauté catholique et que l'on trouvait les meilleurs bâtiments et infrastructures, mais dans toutes ces zones, les gens n'ont pas pu rester et elles se sont progressivement dépeuplées », observe-t-il.<br />« Les prêtres diocésains, poursuit-il, vivent dans les camps aux côtés des réfugiés. Ils vivent là avec les gens. Ils encouragent les personnes car celles-ci, pour ainsi dire, se confient aux prêtres, leur font confiance et se sentent aussi un peu protégées.<br />Prêtres, religieux, religieuses et catéchistes se dévouent pour montrer leur proximité avec les fidèles et subvenir à leurs besoins ; ils s’efforcent de faire en sorte qu’ils puissent assister à la messe au moins le dimanche, organisent des cours pour les enfants, et cherchent toujours à encourager, consoler et accompagner les familles déplacées ».<br />« Pour nous, prêtres et religieuses, il est essentiel d’accompagner les personnes traumatisées. C’est là notre principale préoccupation : leur montrer que le Seigneur les aime toujours. Dans une situation aussi difficile, Dieu nous réserve tout de même quelque chose de bon : il nous donne la possibilité d’être vraiment proches de ces personnes vulnérables et affligées », déclare Mgr Felice Ba Htoo.<br />« La situation que nous vivons – confie-t-il avec amertume – est vraiment critique. La violence nous tourmente depuis cinq ans. Les gens sont épuisés, mais ils prient les larmes aux yeux, avec des paroles émouvantes, intenses et profondes. Les fidèles récitent le Rosaire, se rendent à l’église ou dans des chapelles improvisées, font l’Adoration eucharistique : il y a toujours beaucoup de monde. Ce n’est pas une mince affaire. Cela signifie que les gens ont foi en Dieu et ne perdent pas l’espoir d’un avenir meilleur ».<br />Pekhon, dans le sud de l’État Shan, fait partie du front sud-est de la guerre civile, où l’on enregistre une violence sporadique mais persistante. Le territoire est une zone stratégiquement importante pour les voies de communication et voit s’affronter les forces de la junte militaire et les Forces de défense populaire locales. Dans une situation complexe et fragmentée, on trouve également des milices ethniques pro-gouvernementales, comme l’Organisation nationale Pa-O.<br />La région reste disputée et très instable, avec des affrontements entre l’armée, qui contrôle certaines bases et les principales artères routières, et les groupes de la résistance, retranchés dans les zones rurales et sur les collines environnantes.<br /> <br /><br />Fri, 05 Jun 2026 18:31:02 +0200Si le « problème » n’est plus l’athéisme. L’urgence missionnaire de l’Espagne qui attend Léon XIVhttps://www.fides.org/fr/news/77761-Si_le_probleme_n_est_plus_l_atheisme_L_urgence_missionnaire_de_l_Espagne_qui_attend_Leon_XIVhttps://www.fides.org/fr/news/77761-Si_le_probleme_n_est_plus_l_atheisme_L_urgence_missionnaire_de_l_Espagne_qui_attend_Leon_XIVpar Marie-Lucile Kubacki <br /><br />Madrid- Du 6 au 12 juin 2026, c’est en Espagne que Léon XIV a choisi de se rendre pour son quatrième voyage apostolique hors d’Italie. À cette occasion, il se rendra à Madrid, Barcelone où il célébrera notamment une messe à la basilique de la Sagrada Família, dans le cadre des commémorations du centenaire de la mort de son célèbre architecte, Antoni Gaudí .) et aux Canaries, archipel frappé par la crise migratoire.<br /><br />D’un point de vue ecclésial et missionnaire, la situation espagnole est assez intéressante. Pays historiquement marqué par le christianisme, l’Espagne est rattrapée par la sécularisation même si l’Église conserve une certaine visibilité. <br /><br />Une enquête publiée par le CIS , estime que 15,2% des personnes interrogées se définissent comme catholiques pratiquants, et, que parmi l’ensemble de l’échantillon, 11,4% déclarent aller à la messe « tous les dimanches et jours de fête » tandis que 4,7% y assistent « plusieurs fois par semaine. » <br />C’est pénétrée de ce constat que la Conférence épiscopale espagnole, mène depuis plusieurs années une profonde réflexion afin de repenser la mission à partir de la réalité du pays. <br /><br />Quelques semaines avant la venue du Pape, elle a publié un long document particulièrement intéressant intitulé « Mettez-vous en route » , proposant des lignes pastorales pour les quatre années à venir. <br /><br />Alors que le Pape Léon XIV, dans un récent discours livré devant les participants à l’assemblée générale des Oeuvres Pontificales missionnaires, a rappelé aux « fidèles des Églises plus anciennes » combien il était important de s'inscrire « dans l’esprit missionnaire de l’Église tout entière », on peut trouver là un constat à la fois lucide et dynamique. « En Espagne, l'époque révolue, ancrée pendant des siècles, où l'on disait : « je suis catholique parce que je suis né en Espagne », est bien derrière nous », affirme le texte.<br />« Les difficultés que nous rencontrons dans l'évangélisation, ainsi que le vieillissement et la diminution numérique des membres de la communauté chrétienne, des époux, des consacrés, des pasteurs et des laïcs engagés dans la mission de l'Église, provoquent un certain découragement dans l'Église, aggravé par la surcharge de travaux et de défis évangélisateurs, particulièrement chez les ministres ordonnés, peut-on lire encore. Les consacrés vivent en Espagne une extraordinaire reconfiguration de leurs provinces et de leurs présences apostoliques. La réorganisation permanente des paroisses en « unités pastorales » — quelle qu'en soit la dénomination — ainsi que ce qui vient d'être exposé, nous font vivre avec la sensation d'être centrés sur l'« administration d'une pénurie quantitative » qui entrave l'avancée dans la « conversion pastorale » que la nouveauté du changement d'époque exige. »<br /><br />La tentation de la « double vie » et les attentes à prendre en compte<br /><br />La CEE proposent de réfléchir à partir de l’épisode du Cénacle, où les disciples sont d’abord enfermés dans la peur. « Certains pensent qu'il vaut mieux se réfugier dans le « cénacle » jusqu'à ce que la tempête se dissipe », écrit la CEE, en mettant en garde contre la tentation de penser la mission de manière clivée, en scindant sa vie entre ce qui se joue à l'intérieur du “temple”, en contexte ecclésial, et ce qui se joue à l’extérieur, le reste du temps. « Les difficultés, d'une profonde racine culturelle, poussent à une sorte de double vie, dans laquelle on peut arborer des étendards évangéliques tout en adoptant des formes de vie, des instruments et des moyens mondains, poursuit le texte. On finit par réduire la vie évangélique aux temples, mais en dehors d'eux — là où se vivent les relations de travail, les relations avec les autres, avec les voisins, les relations en tant que parents d'élèves à l'école, en tant que professionnels dans tel ou tel domaine — il faudrait accepter les règles du jeu du monde, dominées par l'argent et le pouvoir, qui engendrent l'indifférence et la passivité au moment d'évangéliser dans les replis de la mentalité dominante. Cette sorte de double vie est l'« aliénation sociale » à laquelle se réfère François dans l'encyclique Dilexit nos . » C’est de ce climat, analyse la CEE, que jaillissent «les réductions idéologiques de la foi ou la nostalgie des temps passés », « imputant à la réforme conciliaire et à son accueil tous les maux de l'Église.»<br /><br />Parmi les symptômes de la mondanité contemporaine, la CEE identifie la culture de l'« empowerment », dans les sphères anthropologiques, économiques et politiques, qui engendre « une mentalité contraire à la compréhension chrétienne de la personne.» Autre symptôme, le consumérisme. « Le système culturel, économique et politique contemporain est structuré à la manière d'un supermarché : le plaisir, compris comme la satisfaction d'un désir, et le pouvoir et l'argent comme instruments pour l'atteindre », peut-on lire. Dans un contexte marqué par l’essor d’un individualisme qui fragilise la perception traditionnelle des liens familiaux et communautaires, la CEE pointe relève une inquiétude croissante face à l’inconnu. La « réduction anthropologique de la personne à simple individu » engendre une forme d’insatisfaction profonde, en appauvrissant « la raison, l’affectivité et la volonté ». Cette insatisfaction est souvent compensée par la quête de « pouvoir » ou par des « succédanés addictifs », sans jamais combler le malaise persistant. Pourtant, cette tension révèle une aspiration plus profonde : redécouvrir que « la vie est don, et non pouvoir ». Ainsi, derrière l’exaltation de l’individu se manifeste la « nostalgie de la personne », derrière la recherche de pouvoir celle de « l’amour », et derrière les promesses d’un « projet de vie accomplie » proposées par une société de consommation, celle de « la sainteté ». Pour la CEE, ce sont ces attentes que l’Église doit écouter pour être missionnaire.<br /><br />Le triomphe du « bricolage » religieux<br /><br />Un autre constat fondamental est qu’au sein de la société espagnole sécularisée, « le défi de l'Église n'est pas tant l'athéisme que la faim de Dieu qui se manifeste de très diverses manières.» En effet, selon une enquête publiée la Fundación SM, “Jóvenes españoles 2026” , reprise dans plusieurs médias catholiques espagnols, si la proportion de jeunes qui se disent catholiques est passée de 31,6% à 45% entre 2020 et 2025, la teneur de cette foi est souvent syncrétique, puisqu’entre les catholiques pratiquants 60,7% déclarent croire au karma, 48,5% à la réincarnation et 44,1% aux arts magiques, composant une spiritualité à la carte où se mêlent des éléments de tradition catholique et des fragments de « spiritualités néo‑ésotériques. » Même s’il faut toujours se garder d'idolâtrer les chiffres, ceux-ci manifestent la complexité de la situation qui ne peut être simplement pensée à l’aune de la dialectique effondrement / renouveau. Comment, répondre à cette faim de Dieu sachant qu’elle s’assortit dans de nombreux cas d’une démarche plus individualiste et distanciée au regard des institutions? La mission à l’égard ceux ce que les sociologues des religions appellent parfois “spiritual but non religious” ou “nones” est en effet un des grands défis de l’époque.<br />Des éléments que l’on retrouve aussi en France, où le pape doit se rendre du 25 au 18 septembre prochain. Dans les deux pays, le même constat que la sécularisation et la baisse des courbes de la pratique invitent à se recentrer plus que jamais sur la cohérence et la vitalité du témoignage.<br /><br />En Espagne, l’Église invite à opérer ce changement de paradigme en utilisant la clé de discernement offerte par le Pape François lors de son discours à la Curie romaine de 2023 : « Soixante ans après le Concile, avait-il déclaré, nous continuons à débattre de la division entre "progressistes" et "conservateurs" ; mais ce n'est pas là la vraie différence : la différence véritable et principale est entre les "amoureux" et les "habitués". Voilà la différence. Et seuls ceux qui aiment peuvent marcher ».<br /><br /> Mais comment passer de la logique de l’habitude à celle de l’amour? De nombreuses initiatives et essais apostoliques ont été mis en oeuvre ces dernières années « dans le domaine de la première annonce, du catéchuménat d'adultes, du renouveau de l'initiation chrétienne, des nouveaux itinéraires de préparation au mariage, de la piété populaire, de l'adoration eucharistique et de l'aide aux personnes les plus pauvres » relève la CEE, qui pointe aussi l’apport des immigrés catholiques en terme de revitalisation et rajeunissement des communautés parmi les éléments de renouveau. En somme, il ne s’agit pas tant d’inventer de nouvelles recettes que de retrouver, à chaque époque et en chaque lieu, le puits d’eau vive de l’Évangile et les gestes de toujours des Béatitudes. <br />Fri, 05 Jun 2026 18:24:26 +0200ASIE/MYANMAR - Karuna, depuis 25 ans « une main salvatrice » au service des pauvres et des personnes déplacées par le conflithttps://www.fides.org/fr/news/77757-ASIE_MYANMAR_Karuna_depuis_25_ans_une_main_salvatrice_au_service_des_pauvres_et_des_personnes_deplacees_par_le_conflithttps://www.fides.org/fr/news/77757-ASIE_MYANMAR_Karuna_depuis_25_ans_une_main_salvatrice_au_service_des_pauvres_et_des_personnes_deplacees_par_le_conflitYangon - Karuna Mission Social Solidarity , connue au niveau international sous le nom de Caritas Myanmar, a célébré son jubilé d'argent, couronnant ainsi 25 ans d'activité, et réaffirmant sa mission d'amour et de proximité envers toute personne pauvre et souffrante.<br />Cette organisation catholique, rattachée à la Conférence épiscopale du Myanmar, qui vient en aide chaque année à plus d’un million de personnes grâce à son réseau étendu, opère aujourd’hui dans un contexte dramatique marqué par le conflit civil déclenché après le coup d’État militaire de 2021, auquel s’est ajoutée la dévastation causée par deux très puissants séismes qui ont frappé le territoire birman en mars 2025.<br />Les célébrations du jubilé, qui se sont tenues ces derniers jours à Yangon, ont réuni des chefs religieux, des représentants de Caritas, des membres du clergé, des religieux, des donateurs, des bénévoles et des partenaires internationaux, et ont été marquées par un mot : gratitude. Tous ont exprimé leur gratitude pour la mission de Karuna, qui a renouvelé son engagement au service des communautés vulnérables dans tout le Myanmar.<br />Parmi les invités présents à la célébration jubilaire, Alistair Dutton, secrétaire général de Caritas Internationalis, a tenu à rappeler : « Ce que nous faisons est très important, mais la manière dont nous le faisons l’est encore plus. Nous sommes l’expression de l’amour du Christ et nous en sommes les témoins », encourageant Caritas Myanmar à continuer d’apporter « l’amour et la Bonne Nouvelle de l’Évangile » aux personnes dans tout le pays.<br />Le cardinal Charles Maung Bo, Archevêque de Yangon, célébrant une messe à Yangon, a exprimé sa gratitude pour les vingt-cinq ans d’existence de Caritas Myanmar, les décrivant comme « l’amour rendu visible », et a rappelé le précieux engagement de Karuna en temps de paix et, surtout, en temps de crise, comme celle marquée par les conflits, les déplacements de population, la pauvreté et les difficultés sociales.<br />Le Cardinal a tenu à remercier « les innombrables agents, bénévoles, prêtres et religieux qui ont poursuivi leur mission en silence malgré les pressions et les difficultés, car l’amour nous pousse à aller de l’avant », a-t-il déclaré.<br />Évoquant les défis actuels auxquels le Myanmar est confronté – le pays est en proie à une « polycrise » –, le Cardinal Bo a souligné que Caritas reste une « bouée de sauvetage » au milieu du conflit, des difficultés économiques et de la souffrance généralisée. « Malgré les difficultés, nous continuons à aimer », a-t-il déclaré, en invoquant « un regain d'espoir et la paix pour le Myanmar ».<br />Monseigneur Andrea Ferrante, chargé d’affaires du Saint-Siège au Myanmar, a transmis les salutations et les prières du Pape Léon XIV à l’occasion du Jubilé. « Ce 25e anniversaire est une étape importante à travers laquelle nous rendons grâce au Seigneur pour le chemin parcouru et renouvelons notre engagement », a-t-il déclaré, saluant la réponse de Caritas Myanmar aux urgences humanitaires, notamment le cyclone Nargis en 2008 et le tremblement de terre de 2025, et encourageant la poursuite des efforts d’aide malgré les crises.<br />Au cours des 25 dernières années, Karuna a soutenu des communautés dans tout le pays par le biais d'une aide humanitaire, d'initiatives éducatives, d'interventions d'urgence et de programmes de développement social. L'organisation dispose de 16 bureaux diocésains. Pour faire face aux crises provoquées par le conflit et le séisme de 2025, elle intervient dans plus de 5 200 villages et camps de réfugiés. Les principaux bénéficiaires des programmes de Karuna sont les groupes de population les plus vulnérables et les plus touchés par les hostilités : les personnes déplacées à l'intérieur du pays ; les communautés rurales et isolées ; les familles qui ont perdu leurs terres et leurs moyens de subsistance à cause du conflit ou des catastrophes naturelles ; les femmes et les enfants, c'est-à-dire les personnes les plus exposées au risque d'exploitation et de malnutrition dans des contextes de forte instabilité. Il existe également un programme spécifique de soins et d'inclusion destiné aux personnes atteintes du VIH/SIDA, une pathologie dont l'incidence au Myanmar est l'une des plus élevées d'Asie du Sud-Est.<br /> Thu, 04 Jun 2026 10:38:00 +0200Assemblée OPM, Archevêque Sangalli : la « conversion missionnaire » n’est pas une abstractionhttps://www.fides.org/fr/news/77759-Assemblee_OPM_Archeveque_Sangalli_la_conversion_missionnaire_n_est_pas_une_abstractionhttps://www.fides.org/fr/news/77759-Assemblee_OPM_Archeveque_Sangalli_la_conversion_missionnaire_n_est_pas_une_abstraction<p ><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/DxvUa3J5frc?si=gyh4PDBGAFGbweUY" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p><br /><br />Rome – La « conversion missionnaire permanente », évoquée notamment par le Pape Léon XIV comme une urgence de notre temps, ne se limite pas à de simples déclarations d’intention et à des abstractions. Elle reconnaît, jusque dans ses conséquences les plus concrètes, que dans de nombreux pays, les processus de sécularisation entraînent également une diminution des dons : un fait qui pousse également les Œuvres Pontificales Missionnaires à gérer avec soin et une attention accrue « l’administration des biens temporels » utilisés dans l’œuvre apostolique. <br />Au cours des derniers jours de l’Assemblée annuelle, qui s’est tenue à Rome du mercredi 27 mai au mercredi 3 juin, la vitalité opérationnelle du réseau des Œuvres Pontificales Missionnaires s’est manifestée dans toute sa réalité, à travers les dialogues entre les directeurs nationaux et les responsables des secrétariats internationaux, ainsi que dans les réflexions inspirées par l’intervention de Mgr Samuele Sangalli, Secrétaire Adjoint du Dicastère pour l’Évangélisation et responsable de son administration.<br /><br />Dans l’après-midi du mardi 2 juin, Mgr Sangalli a commencé à proposer des pistes de réflexion dans l’homélie de la liturgie eucharistique qu’il a présidée dans la chapelle du Collège international San Lorenzo da Brindisi, la résidence des Frères Mineurs Capucins qui a accueilli l’Assemblée des OPM. <br />S'inspirant du passage de l'Évangile selon Marc lu pendant la liturgie , l'Archevêque a souligné que Jésus lui-même, quelques jours avant sa Passion, avait été « mis à l'épreuve concernant l'administration de ce que nous appelons les « biens temporels ». Et « Sa réponse nous offre un principe directeur : nous ne pourrons rendre à César, avec honnêteté et transparence, ce qui est à César que dans la mesure où nous saurons d’abord rendre à Dieu ce qui est à Dieu ».<br /><br />Le Pape Léon XIV, lors de l’audience accordée aux participants à l’Assemblée des Œuvres Pontificales Missionnaires le lundi 1er juin , a invité chacun à s’engager dans « une conversion missionnaire permanente et à chercher ensemble les moyens d’être une Église missionnaire pour la guérison de notre monde, si lourd de tensions, de conflits et de guerres ». Un horizon – a répété l’Évêque de Rome – dans lequel « l’œuvre des Œuvres Pontificales Missionnaires reste essentielle ».<br /> <br />Le Cardinal Luis Antonio Tagle, Pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation, a lui aussi, lors de la messe célébrée dans la basilique Saint-Pierre avant l’audience papale, encouragé tous les membres du « réseau » des OPM à se reconnaître comme « un don et une ressource les uns pour les autres ». En nous encourageant mutuellement – a souligné l’Archevêque Sangalli – « y compris en ce qui concerne la gestion hautement délicate des biens temporels ».<br /> <br />Dans une allocution adressée aux directeurs nationaux des OPM, le Secrétaire Adjoint du Dicastère pour les Missions a souligné que « les processus de sécularisation dans le monde occidental, associés au fait que l'appartenance à une communauté de foi ne repose plus sur la tradition mais sur un libre choix personnel, conduisent de plus en plus, entre autres, non seulement à une baisse drastique du nombre de fidèles pratiquants, mais aussi à une diminution substantielle des dons » liée à ce changement de « paradigme ».<br /> <br />D'une part – a souligné l'Archevêque Sangalli –, il faut soutenir avec détermination une gestion des ressources « plus prudente et attentive ». D’autre part – a-t-il ajouté –, « même d’un point de vue matériel, l’état des choses nous pousse à mener à bien ce processus d’autosuffisance des jeunes Églises qui a été lancé canoniquement avec leur reconnaissance en tant qu’Églises locales, dotées d’une hiérarchie autochtone ». Une conjoncture favorable pour redécouvrir la véritable source de cette « coopération missionnaire » qui est à l’origine de la fondation des quatre Œuvres Pontificales Missionnaires.<br /><br />« L’échange et le soutien mutuels dans la prière, l’activité apostolique et le partage des ressources », a expliqué le Secrétaire Adjoint du Dicastère pour l’Évangélisation, « doivent nous conduire, d’une part, à une transparence et une intégrité profondes dans la reddition des comptes relatifs à la gestion des biens temporels ; d’autre part, à entreprendre de plus en plus de projets pilotes visant à guider les jeunes Églises, progressivement et chacune selon ses capacités, vers des modèles d’autosuffisance grâce à l’utilisation partagée des ressources ».<br />À cet égard, Mgr Sangalli a également évoqué la mise en place de « cours de formation pour les responsables financiers diocésains dans chaque pays relevant de ce Dicastère, en synergie avec les Conférences épiscopales locales et les instituts religieux missionnaires, qui se sont rendus disponibles pour ce travail de formation ». <br />Wed, 03 Jun 2026 16:54:37 +0200AFRIQUE/CÔTE D'IVOIRE - « La dissolution de la Commission électorale est une bonne chose, mais il faut veiller à ce que son remplaçant soit réellement indépendant »https://www.fides.org/fr/news/77758-AFRIQUE_COTE_D_IVOIRE_La_dissolution_de_la_Commission_electorale_est_une_bonne_chose_mais_il_faut_veiller_a_ce_que_son_remplacant_soit_reellement_independanthttps://www.fides.org/fr/news/77758-AFRIQUE_COTE_D_IVOIRE_La_dissolution_de_la_Commission_electorale_est_une_bonne_chose_mais_il_faut_veiller_a_ce_que_son_remplacant_soit_reellement_independantAbidjan - « Une réponse aux préoccupations exprimées par divers acteurs de la vie sociopolitique nationale ». C'est ainsi que les Évêques de Côte d'Ivoire ont qualifié la décision du gouvernement ivoirien de dissoudre la Commission électorale indépendante .<br />La suppression de la CEI avait été décidée par le Conseil des ministres le 6 mai. La position des Évêques sur cette mesure a été rendue publique dans la déclaration publiée à l’issue de la 129e Assemblée plénière de la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire , qui s’est tenue du 25 au 31 mai.<br />« À un moment où le pays, qui aspire à la paix, à une réconciliation authentique et à un développement humain intégral, peine encore, après tant d’années, à retrouver sa pleine sérénité et à unir tous ses citoyens, les Évêques de Côte d’Ivoire prennent acte de la décision du gouvernement de dissoudre la Commission électorale indépendante , afin de mettre en place un nouveau mécanisme de gestion des élections en Côte d’Ivoire », indique le communiqué de la CECCI signé par son président, Mgr Marcellin Yao Kouadio, Évêque de Daloa.<br />« Les Évêques – poursuit la déclaration – saluent cette initiative, que les autorités présentent comme une réponse aux préoccupations exprimées par divers acteurs de la vie sociopolitique nationale » et « encouragent le gouvernement à poursuivre ce processus de réforme dans un esprit d’écoute, de dialogue et de consultation avec toutes les forces vives de la nation ».<br />Les Évêques « expriment en même temps l’espérance que le futur système ne soit plus politisé et contribue concrètement à rassurer les acteurs politiques, à consolider la confiance des citoyens dans les institutions de la République et à garantir des élections transparentes, équitables, inclusives et pacifiques ». Le message se termine en réaffirmant l’engagement de « l’Église à offrir son soutien partout où son expertise est sollicitée ». « Ensemble, l’État et l’Église peuvent construire, pour le bien de la Côte d’Ivoire, une terre d’espérance, de justice, de paix, de fraternité et de cohésion sociale, à condition qu’en chemin, aucun des deux ne perde de vue l’objectif, qui est le plein bonheur de tout le peuple ».<br />La CEI avait été créée le 9 octobre 2001 avec pour mission d’organiser et de superviser les élections et les référendums en Côte d’Ivoire. Elle jouissait de la personnalité juridique et d’une autonomie de gestion. Au cours de ses 25 années d’existence, l’organisme avait fait l’objet de critiques persistantes de la part de l’opposition concernant son manque de neutralité et d’indépendance, ainsi que des controverses répétées lors des élections.<br />À la suite de l'annonce de sa dissolution, plusieurs partis politiques ont défini leurs conditions pour la mise en place d'un nouveau mécanisme de gestion électorale, tandis que des critiques se sont élevées quant au fait que la décision avait été prise sans consulter toutes les parties. <br />Wed, 03 Jun 2026 16:46:27 +0200ASIE/PAKISTAN - Dossier spécial « Année des enfants » à Islamabad : plus d'opportunités pour l'éducationhttps://www.fides.org/fr/news/77756-ASIE_PAKISTAN_Dossier_special_Annee_des_enfants_a_Islamabad_plus_d_opportunites_pour_l_educationhttps://www.fides.org/fr/news/77756-ASIE_PAKISTAN_Dossier_special_Annee_des_enfants_a_Islamabad_plus_d_opportunites_pour_l_educationIslamabad - Dans le cadre de l'« Année des enfants », la communauté catholique d'Islamabad-Rawalpindi est appelée à améliorer la qualité de l'enseignement et à élargir autant que possible la participation des enfants, des adolescents et des jeunes aux parcours éducatifs, en offrant des opportunités aux plus défavorisés ; elle s'engagera également à garantir la viabilité financière de la gestion des écoles du diocèse d'Islamabad-Rawalpindi : telle est l’approche du Conseil diocésain pour l’éducation qui, dans le diocèse, gère 45 écoles situées dans la capitale fédérale, dans le Haut-Punjab et dans le Khyber Pakhtunkhwa, trois districts différents compris dans le territoire diocésain. Comme indiqué à l’Agence Fides, le nombre total d’élèves inscrits dans ces écoles s’élève à environ 25 000, dont environ 10 000 catholiques et 15 000 non-catholiques, en grande majorité musulmans.<br />Dans le diocèse d'Islamabad-Rawalpindi, qui célèbre en 2026 l'« Année des enfants », la question de l'alphabétisation et des possibilités d'accès à l'enseignement supérieur pour les jeunes, en particulier pour les catholiques, est aujourd'hui une priorité. L'Archevêque Joseph Arshad, qui a présenté avec le Conseil un plan d'action quinquennal, explique à Fides : « L'éducation, dans notre vie de communauté diocésaine, n'est pas simplement une quête culturelle, mais une mission transformatrice qui intègre la foi, les valeurs et le développement intellectuel ».<br />Dans ce cadre, « la rigueur académique, ancrée dans des valeurs éthiques et spirituelles, doit rester la pierre angulaire de toute institution », a écrit le Conseil diocésain pour l’éducation, qui a identifié plusieurs axes de travail. Le premier est la formation d’enseignants compétents, avec un investissement nécessaire dans le développement des compétences des enseignants et des éducateurs, sur les plans culturel, pédagogique et didactique. « Des enseignants motivés et bien formés sont essentiels pour parvenir à une éducation de qualité dans toutes les écoles », affirme-t-on.<br />Deuxièmement, l’intégration de la technologie a été identifiée comme un outil permettant d’améliorer l’enseignement, de simplifier l’administration et de préparer les élèves à un monde numérique en rapide évolution. Le Plan souligne qu’il ne faut pas négliger le soutien aux élèves et « une approche holistique du développement de l’enfant, qui réponde à ses besoins éducatifs, émotionnels, sociaux et spirituels ». Un thème très important, souligne-t-on, consiste à rechercher des fonds pour octroyer des bourses aux élèves chrétiens issus de familles pauvres ou marginalisées, pour leurs études primaires, secondaires et même universitaires.<br />Le Conseil souligne en outre qu’il est essentiel « d’impliquer les parents, les paroisses et les communautés locales dans le processus éducatif des enfants : l’éducation s’épanouit lorsque la responsabilité partagée et la collaboration active lient les écoles aux communautés ».<br />Dans la région d'Islamabad, la situation des enfants présente un fort contraste entre les zones urbaines les plus développées et les banlieues marginalisées, où les enfants sont confrontés à de graves vulnérabilités. Bien que la capitale affiche des indicateurs généralement meilleurs que ceux des provinces rurales du Pakistan, environ 90 000 enfants sont exclus du système scolaire.<br />Au niveau national, au Pakistan, les experts parlent d’« urgence éducative » : le taux d’analphabétisme et d’abandon scolaire précoce est élevé, un phénomène qui touche particulièrement les couches les plus pauvres et, parmi elles, les communautés chrétiennes, où, comme le signale l’Église locale, « 80 % des enfants chrétiens sont analphabètes ». Le fléau du travail des enfants dans le secteur domestique ou dans l’économie informelle est également très répandu.<br /> <br />Wed, 03 Jun 2026 13:31:28 +0200AFRIQUE/NIGERIA - Triple jubilé pour les Missionnaires de la Société des Missions africaines et les Sœurs de Notre-Dame des Apôtreshttps://www.fides.org/fr/news/77755-AFRIQUE_NIGERIA_Triple_jubile_pour_les_Missionnaires_de_la_Societe_des_Missions_africaines_et_les_Soeurs_de_Notre_Dame_des_Apotreshttps://www.fides.org/fr/news/77755-AFRIQUE_NIGERIA_Triple_jubile_pour_les_Missionnaires_de_la_Societe_des_Missions_africaines_et_les_Soeurs_de_Notre_Dame_des_ApotresLagos - À un moment où se mêlaient histoire, mission et renouveau, les responsables de la Société des Missions Africaines et des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres se sont réunis au Centre Domus Fidei des Sœurs du Cœur Eucharistique de Jésus à Lagos pour célébrer un extraordinaire triple jubilé : les 170 ans de la SMA, fondée par le Vénérable Melchior de Marion Brésillac ; les 150 ans des NDA ; et les 200 ans de la naissance du père Augustin Planque, premier Supérieur général de la SMA et fondateur des NDA.<br /><br />Le père Pierre-Paul Dossekpli, prêtre togolais de la SMA, a rendu compte de cet événement, soulignant le thème « deux voix, un seul charisme », incarné respectivement par le Supérieur Général de la SMA, le père François du Penhoat, et par la Mère générale des NDA, sœur Mary T. Barron, à l’issue du Concile plénier .<br /><br />Ce fut une journée imprégnée de prière : « Nous nous sentons encore mieux lorsque nous sommes en harmonie », a déclaré le père du Penhoat en ouverture de la rencontre, en évoquant la longue et complexe histoire commune aux deux congrégations. Le Supérieur Général de la SMA a affirmé avec conviction que cette rencontre ne naissait pas d’une nécessité, mais d’un désir : « Je crois fermement que cette rencontre marque également le début d’un nouveau chapitre. Ce n’est pas la nécessité qui l’impose, mais notre désir et notre volonté. Être missionnaires, c’est ce qui constitue notre identité commune : les cimetières communautaires de Lagos, d’Ibadan, d’Agoué et d’autres lieux de la côte en sont la manifestation physique : des vies données ensemble pour que le Royaume de Dieu puisse grandir ».<br /><br />Sœur Mary T. Barron a souhaité la bienvenue à l'assemblée en soulignant la signification de ce triple jubilé : « Ces anniversaires ne sont pas de simples étapes ; ce sont des invitations. Ils nous rappellent que la mission est toujours un don reçu, une responsabilité partagée et un avenir qui nous est confié ». La Mère Générale a été très claire quant à la signification de la collaboration dans le contexte de la mission : « Ce n’est pas simplement quelque chose de beau à faire, ou d’agréable… cela fait partie de notre vocation missionnaire aujourd’hui… pour l’authenticité de notre mission, de notre témoignage, de notre évangélisation ».<br /><br />Entre autres, sœur Anne Falola, membre du Conseil général de la NDA, a proposé une réflexion qui a résonné tout au long de la journée : « Être ensemble n’est pas seulement au service de la mission, mais c’est en soi une mission ».<br /><br />La journée s'est terminée par la célébration de l'Eucharistie en l'occasion de la fête de saint Justine, martyr qui a donné sa vie pour la vérité de l'Évangile, patron providentiel d'une rencontre de missionnaires qui renouvelaient leur engagement commun à l'annoncer.<br /> <br />Wed, 03 Jun 2026 13:26:22 +0200ASIE/PHILIPPINES - Protéger les droits des travailleurs face aux défis de l'intelligence artificielle : appel lancé par les syndicats et les organisations catholiqueshttps://www.fides.org/fr/news/77753-ASIE_PHILIPPINES_Proteger_les_droits_des_travailleurs_face_aux_defis_de_l_intelligence_artificielle_appel_lance_par_les_syndicats_et_les_organisations_catholiqueshttps://www.fides.org/fr/news/77753-ASIE_PHILIPPINES_Proteger_les_droits_des_travailleurs_face_aux_defis_de_l_intelligence_artificielle_appel_lance_par_les_syndicats_et_les_organisations_catholiquesManille - Défendre la dignité et les droits des travailleurs et les protéger face aux crises économiques et à l'avènement de technologies, telles que l'intelligence artificielle, susceptibles de remplacer l'homme : tel est l'appel lancé par un forum d'organisations philippines, parmi lesquelles la « Church People-Workers Solidarity » , d’inspiration catholique, et d’autres syndicats tels que le Kilusang Mayo Uno et la National Federation of Labor Unions.<br />Compte tenu de la situation grave du marché du travail dans le pays, les syndicats philippins ont l'intention d'organiser des grèves et des mobilisations en fonction de l'évolution des prix du carburant et des décisions du gouvernement, avec des barrages routiers, des manifestations syndicales, des défilés et des grèves nationales.<br />Constatant la flambée de l'inflation et la forte augmentation du coût de la vie, les organisations ont demandé au Congrès une augmentation salariale substantielle à l'échelle nationale. Les travailleurs, souligne le forum, sont contraints d’effectuer des horaires épuisants, souvent supérieurs à 12 heures par jour, pour pouvoir subvenir aux besoins de leur famille. Le salaire minimum actuel n’est pas décent et doit être transformé par la loi en un véritable « salaire de subsistance » .<br />On réaffirme en outre la nécessité de mettre fin aux contrats à court terme, c'est-à-dire au système généralisé de contrats à durée déterminée, qui prive les travailleurs de la stabilité de l'emploi et ne prévoit pas de protection sociale adéquate. Et nous condamnons la pratique du « red-tagging », c'est-à-dire le fait de qualifier les dirigeants syndicaux et les défenseurs des droits de l'homme de « rebelles communistes » ou de « terroristes », dans le but de délégitimer leurs revendications et leur action syndicale.<br />Une question spécifique qui suscite aujourd'hui des inquiétudes est celle de la protection face à l'automatisation et à l'application déréglementée de l'intelligence artificielle. Dans une note publiée après la diffusion de l'encyclique du Pape Léon XIV, « Magnifica Humanitas », la CWS et d'autres groupes syndicaux – tout en exprimant leur pleine adhésion au document papal – réclament des mesures de protection rigoureuses contre ce qu'ils appellent le « paradigme technocratique ». Mgr Gerardo Alminaza, président de la CWS, a souligné que « l’économie doit être au service du travailleur et non l’inverse ». Le risque, observent les organisations, est que les entreprises utilisent l’intelligence artificielle comme prétexte pour procéder à des licenciements massifs, mettre en place une surveillance invasive, accroître la précarité du travail, supprimer le droit d’association syndicale et éroder les droits des travailleurs.<br />« Le travail n’est pas simplement une activité économique ; c’est une participation à l’œuvre créatrice de Dieu », a rappelé l’Évêque. Et si la technologie est utilisée pour remplacer les travailleurs dans le but d’obtenir davantage de profits, « une nouvelle calamité sociale émerge, qui prive les personnes non seulement de leurs moyens de subsistance, mais aussi de leur dignité, de leur raison d’être et de la possibilité de participer à la vie sociale », a-t-il affirmé.<br />Le marché du travail aux Philippines se trouve actuellement dans une phase de transition complexe. Selon les données officielles, on compte environ 51,65 millions de travailleurs philippins actifs. Le taux de chômage s’établit à 5 %, soit environ 2,58 millions de personnes, tandis que le taux de sous-emploi reste particulièrement élevé, à 12,3 %. Cela signifie que plus de 6 millions de Philippins, bien qu’ayant un emploi, doivent chercher un deuxième travail ou effectuer des heures supplémentaires pour pouvoir subvenir aux besoins quotidiens de leur famille.<br />Dans une phase délicate de la vie sociale nationale, la Church People-Workers Solidarity , organisme œcuménique composé d’Évêques, de membres du clergé, de religieux et de travailleurs, poursuit sa mission de promotion de la dignité du travail, de défense du droit à un salaire équitable et de soutien aux travailleurs contre des pratiques telles que la précarisation et les inégalités économiques, dans une perspective de justice sociale.<br />L'engagement civique et éducatif n'est pas en reste, grâce à des programmes qui sensibilisent les communautés paroissiales et le monde scolaire par le biais de campagnes d'information, d'activités de recherche, de séminaires et d'initiatives destinées aux étudiants.<br /> Tue, 02 Jun 2026 12:35:23 +0200AFRIQUE/GHANA - « Non aux représailles contre les Sud-Africains vivant dans d’autres pays africains en réponse aux violences xénophobes », déclare Mgr Matthew Kwasi Gyamfihttps://www.fides.org/fr/news/77754-AFRIQUE_GHANA_Non_aux_represailles_contre_les_Sud_Africains_vivant_dans_d_autres_pays_africains_en_reponse_aux_violences_xenophobes_declare_Mgr_Matthew_Kwasi_Gyamfihttps://www.fides.org/fr/news/77754-AFRIQUE_GHANA_Non_aux_represailles_contre_les_Sud_Africains_vivant_dans_d_autres_pays_africains_en_reponse_aux_violences_xenophobes_declare_Mgr_Matthew_Kwasi_GyamfiAccra - « Les Ghanéens continueront à vivre en Afrique du Sud et les Sud-Africains continueront à vivre au Ghana. Les Ghanéens ont des activités commerciales là-bas et les Sud-Africains en ont également ici. Vivons dans l’unité et l’amour ». Tel est l’appel lancé par Mgr Matthew Kwasi Gyamfi, Évêque de Sunyani et président de la Conférence épiscopale du Ghana, dans une déclaration faite aux médias locaux au sujet des tensions xénophobes en Afrique du Sud qui ont touché, entre autres, les immigrés ghanéens.<br />Plusieurs ressortissants de certains pays africains ont été rapatriés en toute hâte pour échapper aux violences xénophobes. En réponse aux actes d’intolérance contre les étrangers en Afrique du Sud, des sentiments d’hostilité envers les Sud-Africains se répandent dans les pays d’origine des personnes expulsées.<br />Mgr Gyamfi rappelle qu’il faut au contraire considérer ces actes comme l’œuvre d’une minorité et non de tous les Sud-Africains. « Je crois que les Ghanéens qui ont été rapatriés, ainsi que tous les autres citoyens africains, devraient considérer ces actes comme un malentendu de la part de certaines personnes en Afrique du Sud et ne devraient pas réagir en rapatriant à leur tour des Sud-Africains ». Le président de la Conférence épiscopale du Ghana prévient que « une fois ce processus enclenché, il produira un effet domino dans toute l’Afrique ». « Que tout le monde garde son calme », invite Mgr Gyamfi.<br />Le président de la Conférence épiscopale du Ghana évoque également le précédent des expulsions réciproques entre le Nigeria et le Ghana. « Le Ghana a commis autrefois l’erreur de demander aux Nigérians de rentrer chez eux, et par la suite, les Nigérians ont eux aussi rapatrié les Ghanéens », rappelle-t-il. « Je ne pense pas que les deux pays répéteront jamais ces erreurs, car ils en ont désormais tiré les leçons », conclut Mgr Gyamfi. L’Évêque de Sunyani fait référence à deux épisodes distincts. Le premier remonte à 1969, lorsque le Ghana a émis un décret imposant aux étrangers sans papiers de quitter le pays dans un délai de 14 jours. Les personnes les plus concernées étaient des citoyens nigérians. Le deuxième épisode date de 1983, lorsque ce fut au tour du Nigeria d’expulser au moins 2 millions d’étrangers sans papiers, dont environ un million étaient ghanéens. <br />En Afrique du Sud, la violence xénophobe, dirigée contre les migrants tant asiatiques, originaires du Pakistan, du Bangladesh et d’autres pays, qu’africains provenant de pays voisins comme le Zimbabwe, le Mozambique, et de pays plus lointains comme le Nigeria, le Ghana et la Somalie, se manifeste périodiquement. Elle est alimentée par un taux de chômage élevé et par les inégalités économiques. Les migrants sont accusés de voler des emplois, de commettre des crimes ou de surcharger les services sociaux. Les violences comprennent des actes de justice sommaire, des pillages de magasins et des agressions dans des régions telles que le Gauteng et le KwaZulu-Natal.<br />Les récents incidents survenus en 2026 ont donné lieu à des manifestations visant à imposer l'expulsion des migrants sans papiers, qui ont dégénéré en violences faisant des morts et des blessés, et entraîné le rapatriement de plusieurs étrangers. Bien que tous les Sud-Africains ne partagent pas cette position, le problème reste récurrent. Tant la Conférence des Évêques catholiques d'Afrique australe que le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar ont fermement condamné les violences xénophobes. <br />Tue, 02 Jun 2026 12:31:06 +0200AFRIQUE/R.D. CONGO - Renonciation et succession de l'Évêque de Nkayihttps://www.fides.org/fr/news/77751-AFRIQUE_R_D_CONGO_Renonciation_et_succession_de_l_Eveque_de_Nkayihttps://www.fides.org/fr/news/77751-AFRIQUE_R_D_CONGO_Renonciation_et_succession_de_l_Eveque_de_NkayiCité du Vatican - Le Saint-Père a accepté la renonciation au gouvernement pastoral du diocèse de Nkayi présentée par Mgr Daniel Mizonzo.<br /><br />Il est remplacé par Mgr François Halyday Mbouangui, jusqu’à présent Évêque coadjuteur du même diocèse.<br />Mon, 01 Jun 2026 20:20:00 +0200Le Pape s'adresse aux Œuvres Pontificales Missionnaires : marchons ensemble dans une « conversion missionnaire permanente »https://www.fides.org/fr/news/77749-Le_Pape_s_adresse_aux_OEuvres_Pontificales_Missionnaires_marchons_ensemble_dans_une_conversion_missionnaire_permanentehttps://www.fides.org/fr/news/77749-Le_Pape_s_adresse_aux_OEuvres_Pontificales_Missionnaires_marchons_ensemble_dans_une_conversion_missionnaire_permanentepar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Cité du Vatican - L’urgence d’embrasser une « conversion missionnaire » permanente a été au cœur du discours que le Pape Léon XIV a adressé en anglais aux participants à l’Assemblée générale des Œuvres Pontificales Missionnaires, qu’il a reçus en audience aujourd’hui, lundi 1er juin, dans la salle Clémentine du Palais Apostolique. Dans la salle se trouvaient plus d’une centaine de directeurs et directrices nationaux du réseau des Œuvres Pontificales Missionnaires venus des cinq continents, ainsi que le Cardinal Luis Antonio Tagle, d’autres hauts responsables du Dicastère missionnaire et les membres des Secrétariats internationaux des Œuvres Pontificales Missionnaires qui ont leur siège au Palais de Propaganda Fide.<br /> <br /> Les « jalons missionnaires » de 2026<br /><br />« L'année en cours – a rappelé le Pape – est une année véritablement riche en “étapes missionnaires” », à commencer par le centenaire de l'instauration de la Journée Mondiale des Missions par le Pape Pie XI, « à la demande de l'Œuvre Pontificale pour la Propagation de la Foi ». Depuis cent ans, l’avant-dernier dimanche d’octobre, en tant que Journée Mondiale des Missions, est consacré « à la prière, à la réflexion et à la contribution à la mission d’évangélisation de l’Église, en particulier dans les régions où la proclamation de l’Évangile ne fait que commencer et où l’Église est encore jeune ».<br /> <br />L'Évêque de Rome a souligné la dimension concrète de cet engagement : « Ce jour-là », a déclaré le Pape Léon, « chaque communauté catholique est invitée à prier et à offrir des sacrifices spirituels et matériels pour l'engagement missionnaire dans les régions de première évangélisation et pour soutenir les jeunes Églises ». Une implication universelle qui exprime la communion de l’Église : « Je suis heureux », a confié le Souverain Pontife, « d’exprimer ma gratitude à vous tous et à tous ceux qui travaillent avec vous dans le monde, pour tous vos efforts, grands et petits, visant à promouvoir la Journée missionnaire mondiale dans chaque circonscription ecclésiastique au sein de la communion universelle de l’Église ».<br />Léon XIV a également tenu à rappeler un aspect souvent négligé mais essentiel : « Si je peux me permettre d’ajouter », a-t-il dit, « l’un des objectifs spécifiques de la Journée missionnaire mondiale est de rappeler aux fidèles des Églises les plus anciennes, des Églises pour ainsi dire consolidées, combien il est important qu’elles aussi s’unissent à l’esprit missionnaire de l’Église tout entière ».<br /><br />Le Pape a également tenu à insister tout particulièrement sur le rôle concret de chacune des Œuvres Pontificales Missionnaires, qui s’exerce notamment grâce aux offrandes recueillies dans le monde entier lors des messes dominicales de la Journée Mondiale des Missions : un travail qui, par l’intermédiaire de l’Œuvre Pontificale pour la Propagation de la Foi , soutient l’œuvre apostolique dans plus de 1 130 circonscriptions ecclésiastiques situées dans les territoires relevant du Dicastère pour l’Évangélisation, Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières. Section – a ajouté le Souverain Pontife – qui soutient également la gestion de cinq collèges à Rome pour la formation permanente des prêtres et des personnes consacrées, « qui viennent dans la Ville éternelle pour étudier et devenir des ressources précieuses pour leurs Églises locales, vers lesquelles ils retournent une fois leurs études achevées. Ces initiatives missionnaires, et bien d’autres encore, sont rendues possibles grâce à la générosité des fidèles lors de la Journée Mondiale des Missions ».<br /><br />La prochaine béatification du vénérable Fulton Sheen<br /><br />Il a également été fait mention de la prochaine liturgie de béatification de l’Archevêque Fulton J. Sheen, qui sera présidée par le Cardinal Tagle le 24 septembre, à Saint-Louis, dans le Missouri. Le Vénérable fut « l’un des plus célèbres » directeurs nationaux des Œuvres Pontificales Missionnaires aux États-Unis d’Amérique. « L’Archevêque Sheen », a rappelé Mgr Prevost, apportant également son témoignage personnel, « a été un phare de foi, d’espérance et d’amour qui, pendant des décennies, a brillé à travers la radio et la télévision. J’ai moi-même été témoin de son évangélisation pendant mon enfance. Ses émissions ont touché des millions de personnes avec l’espérance de l’Évangile, et ses initiatives et ses efforts ont apporté une aide spirituelle et matérielle considérable aux Églises dans les zones de première évangélisation ».<br /><br />Le « travail essentiel » des Œuvres Pontificales Missionnaires<br /><br />Le Souverain Pontife a ensuite rappelé qu’en 2026 serait aussi célébré le 110e anniversaire de l’Union Pontificale Missionnaire, fondée par le bienheureux Paolo Manna et définie par saint Paul VI « l’âme » des autres Œuvres missionnaires, encourageant à promouvoir parmi tous les baptisés « une spiritualité missionnaire toujours plus fervente et un engagement toujours plus profond dans la mission universelle d’évangélisation de l’Église en cette nouvelle ère missionnaire ».<br /> <br />Dans un monde marqué par les conflits, le Pape a réaffirmé que les quatre Œuvres Pontificales Missionnaires confiées au Dicastère pour l’Évangélisation « rendent un service précieux à la mission de l’Église qui consiste à proclamer le Christ, Prince de la Paix et révélation incarnée de l’Amour divin pour l’humanité ». <br />« L’Œuvre Pontificale Missionnaire de la Sainte Enfance », a poursuivi le Souverain Pontife, en évoquant le travail de chacune des Œuvres, « accomplit une mission particulièrement précieuse en apportant la lumière de la foi et la consolation de la charité chrétienne aux enfants du monde entier, en particulier dans les régions touchées par la haine et la violence ». Quant à l’Œuvre Pontificale Missionnaire de Saint Pierre Apôtre, « elle promeut et soutient la formation du clergé et des religieux consacrés autochtones dans les territoires de première évangélisation. En de nombreux endroits, sans l’aide de l’Œuvre, les séminaristes et les novices n’auraient pas les moyens nécessaires à leur formation humaine, spirituelle et pastorale », a expliqué le Pape.<br /><br />Le « renouveau missionnaire » attendu à notre époque<br /><br />Le thème de la Journée Mondiale des Missions 2026 – « Un en Christ, unis dans la mission » – a rappelé Léon XIV dans la conclusion de son discours – invite tous les membres de l’Église à vivre « une communion plus profonde en Christ » et une « unité plus pleine dans sa mission divine d’amour », dans la perspective d’un « renouveau missionnaire » souhaité pour l’Église dans les années à venir . <br />Le Concile Vatican II – a rappelé le Successeur de Pierre, citant le décret conciliaire « Ad Gentes » sur la mission – a réaffirmé que « l’Église, au cours de son pèlerinage sur terre, est par nature missionnaire, car c’est de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit qu’elle tire son origine, selon le plan de Dieu le Père ».<br />C’est pourquoi le temps présent est lui aussi marqué par l’urgence « d’entreprendre une conversion missionnaire continue et de chercher ensemble les moyens d’être une Église missionnaire pour guérir notre monde, si plein de tensions, de conflits et de guerres ». Une tâche – a souligné le Souverain Pontife – dans laquelle « le travail des Œuvres Pontificales Missionnaires reste essentiel ». Un chemin missionnaire à poursuivre « avec joie et un zèle renouvelé ». Par amour du Christ, et non pour satisfaire les égoïsmes et les besoins de se mettre en avant qui étouffent. En demandant sans cesse « que dans tout ce que nous faisons pour l’œuvre d’évangélisation, nous puissions toujours mettre Jésus-Christ au centre, en embrassant le beau principe évangélique exprimé par Jean-Baptiste : « Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue ». Mon, 01 Jun 2026 20:11:30 +0200Cardinal Tagle : La mission n'est pas une stratégie, c'est participer à la « mission de Dieu »https://www.fides.org/fr/news/77750-Cardinal_Tagle_La_mission_n_est_pas_une_strategie_c_est_participer_a_la_mission_de_Dieuhttps://www.fides.org/fr/news/77750-Cardinal_Tagle_La_mission_n_est_pas_une_strategie_c_est_participer_a_la_mission_de_DieuCité du Vatican - « La mission n’est pas seulement une stratégie, ce n’est pas seulement un plan stratégique, mais c’est véritablement une participation à la mission de Dieu ».<br /> <br />Dans son homélie prononcée dans la basilique Saint-Pierre, lors de la liturgie eucharistique célébrée aujourd’hui, 1er juin, dans la chapelle du Chœur, avec les participants à l’assemblée générale des Œuvres Pontificales Missionnaires, le Cardinal Luis Antonio Tagle a tenu à rappeler la source profonde du dynamisme missionnaire qui anime l’Église.<br /><br />Commentant le passage évangélique lu lors de la liturgie du jour, tiré de l'Évangile selon Saint Marc , dans lequel Jésus raconte la parabole des vignerons meurtriers , le Cardinal Pro-Préfet du Dicastère pour l'Évangélisation - Section pour la Première Évangélisation et les nouvelles Églises particulières - a développé une réflexion sur la responsabilité des croyants en tant qu’administrateurs et non propriétaires du don de Dieu. « Dans l’Évangile, a expliqué le Cardinal, Jésus s’adresse aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens. Son public principal était donc constitué des Juifs — les dirigeants religieux, culturels et sociaux de l’époque. À travers une parabole, il montre que Dieu prend soin de son peuple. La vigne est une image du peuple d’Israël et montre à quel point Dieu prend réellement soin de son peuple », tandis que les membres du peuple « se souviennent parfois des vérités de Dieu, d’autres fois ils l’oublient. Parfois ils louent Dieu, d’autres fois ils choisissent d’autres dieux. C’est le peuple appelé à être le peuple de Dieu. Mais Dieu est fidèle », a-t-il poursuivi.<br /><br />Mais malgré l’inconstance du peuple face à la fidélité de Dieu, il existe une dynamique de mémoire et d’oubli qui offre une clé pastorale concrète. Le Cardinal a fait remarquer : « Nous avons une longue liste de problèmes à résoudre, mais nous n’avons pas de liste, ni de mémoire, des bénédictions que Dieu nous a accordées ». Cette opposition entre la « liste des problèmes » et la « mémoire des bénédictions » suggère que les crises de foi ne naissent pas seulement des difficultés réelles, qui ne doivent être ni sous-estimées ni niées, mais de la perte de la mémoire de l’action de Dieu. « Oui, il y aura toujours des difficultés, mais ouvrons les yeux sur l’action merveilleuse de Dieu dans notre vie, malgré nous », a insisté le Cardinal.<br /><br />« Dans la parabole des vignerons, a poursuivi le Cardinal, il y a aussi un message qui doit nous inciter à faire un examen de conscience. Car les vignerons ont commencé à oublier qu’ils étaient des intendants ; ils ne voulaient pas partager la récolte. Ils voulaient la garder pour eux. Et cela les a amenés à repousser ceux qui avaient été envoyés par le maître pour percevoir sa part. Et quand même le fils du maître fut envoyé, ils dirent : « Si nous éliminons le fils, il n’y aura plus d’héritier. Nous deviendrons nous-mêmes les héritiers » », a-t-il rappelé, établissant un lien avec l’actualité. « Telle est la situation jusqu’à nos jours », a affirmé le Cardinal. « Regardons tous les conflits, les guerres qui ont lieu partout dans le monde et, malheureusement, même au sein de l’Église. » Puis il a lancé cette mise en garde : « Si nous oublions notre identité d’intendants à qui le Seigneur a confié le soin de sa vigne, nous pouvons rendre un mauvais service à Dieu et même ruiner la vigne. »<br /><br />« C'est là, a insisté le Cardinal, une attitude essentielle pour la mission, qui « est véritablement une participation à la mission de Dieu — le Père qui prend soin de son peuple ».<br /> <br />Le Cardinal a ensuite encouragé toutes les personnes présentes à la messe – parmi lesquelles figuraient plus d’une centaine de directeurs et directrices nationaux des OPM venus à Rome des cinq continents – à louer Dieu les uns pour les autres : « Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais chacun d’entre nous est un don précieux de Dieu. Nous pouvons avoir nos limites, chacun d’entre nous, mais nous sommes des dons précieux de Dieu. Et nous voulons remercier et louer Dieu les uns pour les autres. À tous ceux qui, de manière formelle ou informelle, sont liés à nous : je vous en prie, n’oubliez pas que nous faisons partie – aussi indignes que nous soyons – de la bénédiction de Dieu pour l’Église. Prenons soin les uns des autres. Prenons soin de la mission ».<br /><br />Un véritable envoi en mission qui a eu lieu quelques instants avant l’audience des participants à l’Assemblée générale des OPM avec le Pape Léon XIV, et un rappel salutaire du fait que la source de l’élan missionnaire ne réside ni dans des stratégies ou des plans d’action, susceptibles d’être remis en question à la moindre difficulté, ni dans le génie personnel de l’un ou de l’autre, mais la reconnaissance d’un don inestimable et gratuit, celui de Dieu, dont il faut prendre soin. Un écho de la Première Lettre de Saint Paul apôtre aux Corinthiens : « J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. » Mon, 01 Jun 2026 19:52:20 +0200L'Assemblée des Œuvres Pontificales Missionnaires en pèlerinage sur les traces du bienheureux Paolo Mannahttps://www.fides.org/fr/news/77748-L_Assemblee_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaires_en_pelerinage_sur_les_traces_du_bienheureux_Paolo_Mannahttps://www.fides.org/fr/news/77748-L_Assemblee_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaires_en_pelerinage_sur_les_traces_du_bienheureux_Paolo_MannaDucenta - « Toute l’Église, toutes les Églises pour le monde entier ». La devise du bienheureux Paolo Manna, qui rappelle la vocation missionnaire comme caractéristique universelle de toute communauté ecclésiale vivante, a résonné une fois de plus dans la chapelle hexagonale de Ducenta, dans le diocèse d’Aversa, où reposent depuis 2005 les restes mortels du bienheureux. C’est le nouvel Archevêque de Bénévent, Michele Autuoro, qui l’a reprise dans l’homélie prononcée lors de la liturgie eucharistique célébrée dans la chapelle de Ducenta ce matin, dimanche 31 mai, solennité de la Très Sainte Trinité.<br /> <br />Devant lui se trouvaient les participants à l'Assemblée générale 2026 des Œuvres Pontificales Missionnaires , qui se tient actuellement à Rome, à commencer par la centaine de directeurs et directrices nationaux du réseau mondial des OPM, venus des cinq continents.<br /><br />Au cours de cette semaine intense de réunions de travail, qui s'est déroulée au Collège international San Lorenzo da Brindisi, le déplacement dominical en Campanie a été vécu par les directeurs et directrices nationaux venus du monde entier comme un pèlerinage vers l'un des lieux chers à la mémoire commune des OPM.<br /> <br />À Ducenta, en 1921, Manna avait ouvert le « Séminaire du Sacré-Cœur » afin de soutenir les jeunes vocations missionnaires dans le sud de l’Italie.<br /> <br />L'ardeur missionnaire de Manna<br /><br />Paolo Manna , béatifié en 2001 sous le Pontificat de Jean-Paul II, continue, grâce à sa passion missionnaire inébranlable, d'inspirer au réseau des OPM des idées précieuses et des orientations tout à fait d'actualité pour vivre leur vocation apostolique à notre époque.<br /> <br />Manna est considéré comme le fondateur de l'Union Pontificale Missionnaire, l'une des quatre Œuvres Pontificales Missionnaires, reconnue par le Pape Benoît XV en 1916 sous le nom d'« Union missionnaire du clergé ». Selon Manna, tous les prêtres – et pas seulement les missionnaires « ad gentes » – devaient être aidés à faire sienne la sollicitude missionnaire de l’Église, dont l’horizon est le monde. <br />À l’époque où il était supérieur de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères, Manna avait effectué un voyage de 14 mois à travers le monde pour découvrir de vive voix les expériences missionnaires partout dans le monde. À la suite de cette expérience, en 1929, il avait rédigé un manuscrit dactylographié resté inédit jusqu’après le Concile Vatican II. Dans son écrit, entre autres choses, Manna soutenait avec fermeté l’urgence de modifier les parcours de formation des séminaristes afin de confier la direction des Églises locales à des prêtres et des Évêques indigènes.<br /><br />L’Assemblée annuelle des OPM offre également l’occasion d’échanger sur les demandes de financement pour des projets et des initiatives liés à l’œuvre missionnaire et aux besoins des communautés locales. Mais grâce aussi à Paolo Manna, les OPM portent en leur sein de solides antidotes au risque de réduire leur mission à une simple distribution de ressources matérielles.<br />« Les Missions, de par leur caractère typiquement occidental », écrivait déjà Manna, dans le langage de l’époque, dans les passages critiques de ses « Observations », « se présentent aux infidèles comme des organisations d’étrangers. Les païens, ceux qui comprennent, ceux qui comptent, ne voient pas Jésus-Christ en première ligne dans la propagation de la foi. Ils voient l’école, l’hôpital, ils voient d’autres grandes et belles œuvres, ils voient surtout des étrangers riches et puissants, et, chez les convertis, des hommes soumis à ces étrangers pour les bienfaits qu’ils en ont tirés ou qu’ils espèrent en tirer ».<br />« Aujourd’hui », écrivait encore Manna, « il est inquiétant de voir à quel point l’idée de l’indispensabilité de l’argent a pénétré l’esprit des missionnaires d’aujourd’hui ».<br /><br />La source de la mission et le mystère de la Trinité<br /><br />« Paolo Manna – a rappelé l’Archevêque Autuoro en conclusion de son homélie – portait dans son cœur le désir que l’Évangile soit annoncé à tous et que tous les membres de l’Église, tous les baptisés, ressentent cette ardeur à ce que l’Évangile parvienne à tous, et que tous, en Christ et dans l’amour trinitaire, soient saints ».<br /> <br />Mgr Michele Autuoro, Archevêque originaire de Procida, que le Pape Léon XIV a appelé le 13 mai dernier à diriger l'archidiocèse de Bénévent, est président de la Commission épiscopale pour l'évangélisation des peuples et la coopération entre les Églises. De 2013 à 2018, en tant que directeur de Missio Italia, il a également participé aux assemblées des Œuvres Pontificales Missionnaires.<br /> <br />Dans son homélie, l’Archevêque Autuoro a souligné que le dynamisme missionnaire qui anime l’Église ne trouve pas sa source dans des projets ou des stratégies de propagande, mais dans le mystère de la communion trinitaire, célébré précisément lors de la solennité liturgique d’aujourd’hui. « Et alors », a ajouté l’Archevêque, « il est beau de penser qu’en ce jour, vous célébrez vous aussi l’Assemblée des Œuvres Pontificales ». « Comme nous l’a rappelé le Pape Léon dans son message pour la prochaine centième Journée Mondiale des Missions », a ajouté Mgr Autuoro, « non seulement la mission naît de l’unité, mais elle est efficace lorsque nous sommes tous unis. Et les Œuvres Pontificales, même dans le monde, sont précisément l’expression de cette unité ». À une époque déchirée par les discordes, la violence, la mort et la guerre – a souligné l’Archevêque – « l’Église est d’autant plus appelée, notamment grâce à l’engagement des Œuvres Pontificales Missionnaires, à cette mission de construire des relations entre tous les peuples de la terre. Des relations de fraternité, des relations de communion, des relations dans lesquelles la terre, les nations, les peuples sont pacifiés. Car le premier don du Christ ressuscité à l’Église et à l’humanité est précisément le don de la paix ». Sun, 31 May 2026 17:07:37 +0200Au cœur de la persécution, une histoire de grâce. Les prêtres martyrs Bula et Drbola seront béatifiés le 6 juinhttps://www.fides.org/fr/news/77747-Au_coeur_de_la_persecution_une_histoire_de_grace_Les_pretres_martyrs_Bula_et_Drbola_seront_beatifies_le_6_juinhttps://www.fides.org/fr/news/77747-Au_coeur_de_la_persecution_une_histoire_de_grace_Les_pretres_martyrs_Bula_et_Drbola_seront_beatifies_le_6_juinpar Chiara Dommarco<br /><br />Brno – « Les régimes, les idéologies et les peurs passent, mais la vérité, l’amour et la fidélité ont une force qui survit à l’histoire elle-même ». C’est ainsi que, s’adressant à l’Agence Fides, le père Karel Orlita résume l’essence même de la vie de Jan Bula et Václav Drbola, les deux prêtres tchèques qui seront béatifiés le 6 juin à Brno. Au cours de la célébration eucharistique, présidée par le Cardinal Michael Czerny, le calice ayant appartenu à Bula sera utilisé.<br /> <br />Postulateur de la phase diocésaine et administrateur de la phase romaine, le père Karel a suivi de près le déroulement de la cause de béatification et de canonisation des deux martyrs : les tout premiers dans le diocèse de Brno et dans l’histoire contemporaine de la République tchèque à être béatifiés ou canonisés.<br /><br />« Nous vivons à une époque marquée par les guerres, les polarisations, les crises culturelles, la peur et la désorientation morale. Dans ce contexte, leur témoignage nous rappelle que l’homme ne peut vivre sans vérité ni espoir. Ils montrent que même lorsque tout semble dominé par la violence et le mensonge, il est possible de rester humainement libre », commente le père Karel.<br /><br />Václav Drbola est né en 1912 à Starovičky, en Moravie du Sud, dans une famille de conditions modestes. Après avoir obtenu son diplôme en 1933, il entra la même année au séminaire diocésain de Brno. Ordonné prêtre en 1938, il se consacra tout particulièrement aux enfants et aux jeunes, organisant des cours de catéchisme, des représentations théâtrales et des manifestations sportives. Membre du Parti populaire tchécoslovaque, il participa activement à la vie publique de Bučovice, où il exerça la majeure partie de son ministère pastoral, s'attirant la sympathie de tous par la douceur qui le caractérisait.<br /><br />Jan Bula est né en 1920 à Lukov, un village morave situé à la frontière allemande, lui aussi issu d’une famille très modeste. Tout comme Drbola, il entra au séminaire diocésain de Brno en 1939, immédiatement après avoir obtenu son baccalauréat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut affecté par les Allemands à une usine de céramique, où son talent artistique fut mis à profit pour décorer des ustensiles. En 1944, de retour à Brno, ville dévastée par les bombardements, il peignit sur du carton quelques scènes de la Passion et se consacra à l'étude et à la rédaction de textes sur l'iconographie russe. À la fin de la guerre, il fut ordonné prêtre et envoyé à Rokytnice, où il gagna l’estime de tous les paroissiens par sa générosité. Son bref ministère se déroula entre les sorties à la campagne, les spectacles de théâtre pour enfants et jeunes, les travaux de rénovation de l’église paroissiale, son engagement dans la vie locale en tant que membre du Parti populaire et les peintures qu’il réalisait pendant son temps libre.<br /><br />À la suite du coup d'État communiste de 1948, une nouvelle période d'épreuves s'ouvrit pour l'Église catholique, qui venait de subir les persécutions nazies. Après la nationalisation des biens ecclésiastiques, la fermeture d’écoles et de séminaires et de nombreuses arrestations de religieux et de laïcs, la campagne systématique contre l’Église s’accéléra : en juin 1949, le gouvernement mit en œuvre un plan visant à encadrer les catholiques au sein d’une nouvelle organisation autoproclamée « Action catholique », créée ad hoc. La presse catholique ayant été interdite et les Évêques assignés à résidence, le gouvernement s’efforça de convaincre le clergé et le peuple qu’il s’agissait là de la nouvelle association catholique à laquelle ils devaient adhérer.<br /> <br />Répondant à la demande adressée à tous les prêtres par l’Archevêque de Prague, Josef Beran, Bula et Drbola lurent tous deux la circulaire – qu’il avait publiée – lors de la messe dominicale du 19 juin : on y demandait aux fidèles de rester vigilants et fidèles à l’Église de Rome. À cette occasion, Bula précisa également que la signature portant son nom, qui figurait parmi les adhérents à l’« Action catholique » gouvernementale, était fausse : « Soyez fidèles. Ne trahissez pas la confiance de votre Église, dans laquelle vous êtes nés. Priez pour que le Saint-Esprit éclaire la raison et accorde la vraie connaissance en ces moments difficiles ».<br /><br />Ils se retrouvèrent ainsi dans le collimateur de la StB , qui fit appel à un agent infiltré, le « capitaine Malý », pour arrêter les deux prêtres. En février 1951, Ladislav Malý, camarade de classe de Bula, lui rendit visite et lui parla d’un plan visant à libérer l’Archevêque Beran de sa captivité, ajoutant que celui-ci aurait exprimé le désir de se confesser à un prêtre catholique resté fidèle à Rome. Bula se déclara disposé à recevoir la confession de l’Archevêque et le capitaine revint plusieurs fois voir le prêtre, mais celui-ci ne répondait pas à ses questions concernant la rencontre avec l’évêque. Bula fut arrêté en avril de cette année-là. Le scénario se répéta avec Drbola : Malý lui raconta la même histoire concernant l’Archevêque et le prêtre promit de le confesser, mais le moment de la confession n’arrivait jamais. Drbola fut arrêté en juin 1951. Accusés d’avoir inspiré l’attentat de Babice du 2 juillet 1951 – au cours duquel le Capitaine et d’autres avaient tué trois fonctionnaires du parti communiste –, Drbola et Bula, incarcérés au moment des faits, furent tous deux contraints, sous la torture, de s’auto-accuser et de répéter à plusieurs reprises un scénario qu’ils devaient ensuite réciter devant le juge, selon lequel Drbola aurait été l’un des principaux instigateurs du triple meurtre et Bula le chef d’un groupe subversif qui aurait soutenu le Capitaine.<br /> <br />Drbola fut exécuté le 3 août 1951 et Bula le 20 mai 1952, tous deux à la prison de Jihlava, en Moravie occidentale : leur réputation d’innocence était largement répandue parmi la population dès le moment de leur arrestation.<br />Deux jours après la fin du procès qui voyait parmi les accusés Drbola et 13 autres catholiques , Radio Vatican en fit état en commentant : « Nous ne connaissons pas la véritable raison de la condamnation à mort des prêtres et des laïcs. Nous ne la connaîtrons pas non plus à travers les informations officielles. S’ils ont été condamnés pour avoir défendu les droits naturels et inaliénables de la personne humaine, alors ce sont de véritables martyrs ».<br /><br />« Pendant que je travaillais sur la *Positio* – raconte le père Karel –, j’ai souvent eu l’impression que le véritable protagoniste de leur histoire n’était pas tant la persécution que la force de la grâce de Dieu qui les a soutenus jusqu’au bout. »<br /><br />De plus, dans une société de plus en plus marquée par la fragilité émotionnelle et psychologique, surtout chez les plus jeunes, « l’exemple de vie et les circonstances de la mort des deux martyrs peuvent favoriser l’épanouissement d’une conscience chrétienne saine et libre, non asservie à de fausses idéologies , influentes et manipulatrices, hier comme aujourd’hui », a observé, dans un entretien avec Fides, Mme Maria Cristina Bresciani, postulatrice de la phase romaine de la cause de béatification.<br /><br />Les lettres que Bula a écrites depuis la prison à sa famille, retenues par la police et remises à leurs destinataires seulement bien plus tard, témoignent de la sérénité d’esprit avec laquelle le jeune homme a vécu ces mois de captivité : « Le Seigneur Dieu m’a donné une vie brève, mais je crois qu’elle n’a pas été vaine. Je suis heureux aujourd’hui de L’avoir servi et d’être resté Son serviteur jusqu’à la fin. Je pars en paix avec Lui. J’ai hâte de me reposer et de retrouver tous ceux qui m’ont précédé dans l’éternité. J’avais tant de projets, mais tous étaient subordonnés à la volonté de Dieu ».<br /><br />« La figure de Václav Drbola aussi – commente le père Karel – nous touche profondément. Les témoignages qui nous parviennent nous révèlent un prêtre très proche des gens, humble, paternel, simple. Et c’est peut-être justement cette normalité qui rend son témoignage encore plus grand. Ce n’étaient pas des hommes en quête d’héroïsme : c’étaient des prêtres qui voulaient simplement rester fidèles au Christ et à l’Église. »<br /><br />Deux figures d’actualité pour l’ensemble de la société, souligne le père Karel : « Pour les croyants, ils sont un exemple de fidélité au Christ et à l’Église, même dans les moments d’épreuve. Ils nous enseignent que la foi n’est pas seulement une tradition culturelle ou un sentiment privé, mais une réalité pour laquelle il vaut la peine de vivre et, si nécessaire, de souffrir. Mais leur message s’adresse aussi aux non-croyants, car leur sacrifice touche à des valeurs universelles : le courage moral, la défense de la conscience, le refus du mensonge imposé par le pouvoir. Même ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne peuvent reconnaître en eux des hommes qui ne bradent pas leur dignité ».<br />Sat, 30 May 2026 15:31:13 +0200ASIE/PHILIPPINES - Au cœur de la nuit, prière du Rosaire pour la paix, en communion avec le Papehttps://www.fides.org/fr/news/77746-ASIE_PHILIPPINES_Au_coeur_de_la_nuit_priere_du_Rosaire_pour_la_paix_en_communion_avec_le_Papehttps://www.fides.org/fr/news/77746-ASIE_PHILIPPINES_Au_coeur_de_la_nuit_priere_du_Rosaire_pour_la_paix_en_communion_avec_le_PapeAntipolo - Au cœur de la nuit, vêtus de blanc, les fidèles philippins se rassembleront au sanctuaire international de Notre-Dame de la Paix et du Bon Voyage à Antipolo City, dans la province de Rizal, pour prier le Rosaire en même temps que le Pape. Cet ancien sanctuaire philippin a été sélectionné, avec d’autres sanctuaires mariaux à travers le monde, pour se connecter en direct et participer activement au marathon mondial de prière pour la paix, guidé par le Pape Léon XIV qui, le samedi 30 mai à 19 heures, à la fin du mois marial, récitera le Rosaire à la Grotte de Notre-Dame de Lourdes dans les Jardins du Vatican.<br />En raison du décalage horaire avec Rome , lorsque le Pape Léon XIV commencera la prière, il sera 1 h du matin aux Philippines. Dès les heures précédentes, l’assemblée des fidèles philippins se réunira physiquement à l’intérieur du sanctuaire d’Antipolo : tous porteront des vêtements blancs et apporteront leur chapelet, tandis que les chaînes de radio et de télévision catholiques assureront une couverture et une retransmission en direct sur leurs chaînes et sur les réseaux sociaux.<br />Au cours de cet événement, les différentes dizaines du Rosaire seront récitées à tour de rôle par les divers sanctuaires du monde entier qui se sont joints à l'initiative, en alternant les langues. Tout en méditant les mystères du Rosaire, chaque dizaine de « Je vous salue Marie » sera consacrée à des intentions particulières : pour les victimes des conflits armés, pour le personnel soignant dans les zones de guerre, pour la conversion des cœurs des dirigeants. À la fin de la prière, les fidèles philippins concluront la liturgie par une procession suggestive aux chandelles allumées sur le parvis du sanctuaire, renouvelant ainsi leur dévotion mariale et leur engagement pour la paix.<br />En vue de cet événement, l’Évêque d’Antipolo, Ruperto Santos, a rencontré le Pape Léon lors de l’audience générale du 27 mai, offrant au Souverain Pontife une image de Notre-Dame de la Paix et du Bon Voyage, l’ancienne icône mariale vénérée par les fidèles philippins.<br />Dans un communiqué publié à cette occasion, le diocèse d’Antipolo a encouragé les fidèles à s’unir spirituellement au Pape « d’une seule voix d’espérance », afin de « confier le monde à la Bienheureuse Vierge Marie, en portant les cris des souffrants et le désir de paix devant Dieu ». « C’est une invitation à rester unis comme une seule famille de foi et à nous rappeler que la vraie paix commence lorsque les cœurs s’unissent dans la prière », conclut le communiqué.<br />Aux Philippines, l’initiative a suscité un large écho dans tout le pays. De très nombreuses paroisses, dans divers diocèses, s’uniront spirituellement en organisant ce qu’on appelle le « Rosaire vivant » : les fidèles se disposent physiquement en forme de grande couronne et chacun allume une bougie et récite un Je vous salue Marie, afin que toute la communauté puisse vivre un moment fort de communion avec Dieu et de partage spirituel entre croyants.<br /> <br />Fri, 29 May 2026 15:42:59 +0200EUROPE/ESPAGNE - Le délégué de Caritas à Tenerife : « Nous ne pouvons pas nous habituer à la souffrance » face à la réalité migratoire de la route atlantiquehttps://www.fides.org/fr/news/77741-EUROPE_ESPAGNE_Le_delegue_de_Caritas_a_Tenerife_Nous_ne_pouvons_pas_nous_habituer_a_la_souffrance_face_a_la_realite_migratoire_de_la_route_atlantiquehttps://www.fides.org/fr/news/77741-EUROPE_ESPAGNE_Le_delegue_de_Caritas_a_Tenerife_Nous_ne_pouvons_pas_nous_habituer_a_la_souffrance_face_a_la_realite_migratoire_de_la_route_atlantiqueSanta Cruz de Tenerife – La prochaine visite du Saint-Père aux Canaries, les 11 et 12 juin prochains, met en lumière la réalité migratoire dans l’Atlantique, l’une des routes les plus dangereuses et les plus meurtrières au monde, le long de laquelle des milliers de personnes parviennent aux îles après des traversées marquées par la souffrance et l’espérance d’un avenir meilleur. Selon les données les plus récentes, environ 24 000 personnes sont arrivées sur les côtes des Canaries en 2024, tandis que depuis 2020, plus de 19 000 personnes auraient perdu la vie sur cette route.<br /><br />L’Agence Fides a interviewé Juan Pedro Rivero González, délégué épiscopal de Caritas diocésaine de Tenerife, professeur de théologie et d’histoire de l’Église et curé dans le diocèse de Nivariste. Selon lui, la réalité migratoire « interpelle profondément notre conscience collective » et nous oblige à ne pas nous habituer à la souffrance ni à réduire le drame humain à des chiffres ou à des débats politiques. À travers Caritas et les communautés paroissiales, souligne-t-il, l’Église cherche à apporter une réponse fondée sur la proximité, l’accueil et la défense de la dignité humaine, dans une région qui a elle-même connu, au cours de son histoire, l’expérience de l’émigration.<br /><br />- La réalité migratoire est particulièrement visible dans les îles, et la route de l'Atlantique est l'une des plus meurtrières au monde, avec plus de 19 000 morts depuis 2020. Quels défis humains et spirituels cette situation pose-t-elle ?<br />- La réalité migratoire que nous vivons aux Canaries représente l’un des grands défis humains et moraux de notre époque. Derrière chaque chiffre se cache un visage, une histoire, une famille et, dans de nombreux cas, une immense souffrance marquée par la pauvreté, la violence, le manque d’opportunités ou le désespoir. La route atlantique est devenue une frontière de douleur et de mort qui interpelle profondément notre conscience collective.<br />D’un point de vue humain, le principal défi est de ne pas s’habituer à la souffrance. Il existe un risque de normaliser la tragédie, de transformer les arrivées et les naufrages en simples informations éphémères. Mais aucune personne, en tant que personne, ne peut être considérée comme illégale ni réduite à un problème statistique. Nous parlons d’êtres humains qui possèdent une dignité et qui cherchent un avenir. Et d’un point de vue spirituel, cette réalité nous interpelle profondément en tant que croyants. L’Évangile nous rappelle constamment que le Christ lui-même est présent dans l’étranger, le pauvre et le vulnérable.<br /><br />- Pourriez-vous nous présenter, dans les grandes lignes, le contexte historique et la situation actuelle de la migration à Ténérife ?<br />- Les Canaries ont toujours été une terre d'émigration et, depuis des décennies, une terre d'accueil également. Notre mémoire collective est marquée par des générations de Canariens qui ont dû émigrer à la recherche d'opportunités en Amérique ou ailleurs. Cette expérience historique devrait nous aider aujourd'hui à aborder la migration avec plus de sensibilité et d'humanité.<br /><br />- Quelles sont les réalités humaines que l'on rencontre le plus souvent dans le domaine de l'accueil ?<br />- Actuellement, des personnes issues de contextes très divers arrivent sur nos îles. Parmi elles, on trouve des familles d’Amérique latine, notamment du Venezuela, de Cuba ou de Colombie ; des jeunes d’Afrique subsaharienne ; des personnes originaires du Sahel ; des familles marocaines ; des mineurs non accompagnés ; ainsi que des migrants fuyant des conflits armés ou des situations d’extrême vulnérabilité. Dans de nombreux cas, ils arrivent après des traversées particulièrement dramatiques, qui ont des conséquences physiques et psychologiques importantes.<br /><br />- Comment l’Église locale vit-elle et aborde-t-elle l’accueil, et quel type d’accompagnement propose-t-elle, y compris sur le plan spirituel ?<br />- L’Église locale s’efforce d’apporter une réponse fondée sur la proximité et un accompagnement global. Dans de nombreux cas, nous rencontrons des personnes de tradition musulmane ou d’autres confessions, ce qui exige une attitude de profond respect et de dialogue. L’Église ne se demande pas en premier lieu quelle est la religion de celui qui souffre, mais quels sont ses besoins et sa dignité.<br />À travers les paroisses, les communautés religieuses, Caritas diocésaine et de nombreux bénévoles, un travail discret mais très précieux est accompli. Ces réalités ecclésiales qui s’occupent de cette situation auront l’occasion de rencontrer le pape Léon XIV sur la Plaza del Cristo de La Laguna.<br /><br />- Personnellement, qu’est-ce que le contact avec les migrants vous a appris dans votre ministère ?<br />- Certains de mes confrères ont un contact plus direct avec les migrants originaires d’Afrique. Cependant, nous avons tous des liens avec les migrants d’Amérique latine, qui ont redynamisé nos communautés chrétiennes. Le contact avec les migrants m’a surtout appris la valeur de l’espérance et de la dignité humaine, même au milieu de la souffrance. Beaucoup de ces personnes arrivent après avoir vécu des expériences extrêmement difficiles et, malgré cela, elles conservent une grande capacité de lutte, de gratitude et de confiance en l’avenir.<br /><br />- Que peut apprendre la communauté chrétienne des migrants ?<br />- La communauté chrétienne a beaucoup à apprendre d’eux : la résilience, la capacité de sacrifice, la valeur de la famille et, dans de nombreux cas, une foi simple et profonde. Les pauvres et les migrants ne sont pas seulement des bénéficiaires d’aide ; ils évangélisent également par leur témoignage.<br />La réalité migratoire ne peut être abordée uniquement en termes d’urgence ou de contrôle des frontières. Le Pape François a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes qui poussent des millions de personnes à quitter leur terre : la pauvreté, la violence, l’exploitation des ressources, les guerres ou le manque d’opportunités. En ce sens, il a également évoqué le « droit de ne pas émigrer », c’est-à-dire le droit de chaque personne à pouvoir vivre dans la dignité, la sécurité et l’espoir dans son propre pays, sans être contrainte de partir. Aider véritablement ne signifie pas seulement accueillir, mais aussi contribuer à créer les conditions pour que personne n’ait à risquer sa vie en mer pour chercher un avenir meilleur. Dans cette optique, la Fondation « El Buen Samaritano » de la paroisse d’Añaza, à Santa Cruz de Tenerife, a lancé la construction au Sénégal d’un hôtel afin d’offrir du travail sur place aux jeunes qui ne voient pas d’avenir. Je considère ce projet comme emblématique de la thématique « aider à ne pas émigrer ».<br /><br />- Outre votre fonction de délégué épiscopal de Caritas, vous êtes également enseignant et curé, ce qui vous confère une vision globale de la réalité sociale. Selon vous, quelle contribution l’Église peut-elle apporter au débat social et politique sur la migration ?<br />- L'Église peut apporter un regard profondément humain et éthique. Il n'appartient pas à l'Église de fournir des solutions techniques ou politiques concrètes, mais de rappeler sans cesse le caractère central de la dignité humaine et la nécessité de construire une société fondée sur la fraternité et non sur le rejet.<br /> <br />- Quel rôle devraient jouer les institutions publiques et la société civile ? La collaboration est-elle suffisante ?<br />- Parfois, le débat public se polarise excessivement et l’on court le risque d’instrumentaliser le phénomène migratoire à des fins idéologiques ou électorales. L’Église est appelée à rappeler que derrière chaque politique se cachent des personnes bien réelles. Aucune institution ne peut faire face seule à une réalité aussi complexe. C’est pourquoi la collaboration entre les administrations, les organisations sociales, les institutions religieuses et les citoyens est indispensable.<br />Aux Canaries, il existe de nombreuses expériences positives de coopération, même si, bien sûr, il y a toujours des aspects à améliorer. L’important est de ne jamais perdre de vue la dimension humaine.<br /><br />- À l'approche de la prochaine visite du Saint-Père dans les îles, quelle est l'ambiance qui règne au sein de l'Église locale et dans la société en général ?<br />- La visite du Saint-Père est accueillie avec beaucoup d’enthousiasme et d’espoir, tant au sein de l’Église locale que dans de larges pans de la société canarienne. Au-delà de l’événement institutionnel ou médiatique, beaucoup de gens perçoivent cette visite comme un geste de proximité et de reconnaissance de la réalité que nous vivons dans les îles<br /><br />- Comment se déroule cette période de préparation spirituelle et pastorale avant l'arrivée du Pape ?<br />- Dans de nombreuses paroisses et communautés, on organise des moments de prière, de réflexion et de sensibilisation, notamment en lien avec la réalité migratoire et l’appel à la fraternité universelle que le Pape ne cesse de rappeler. Je crois que cette attente contribue à renforcer la communion ecclésiale et à renouveler l’engagement évangélisateur. Le Pape a une grande capacité à susciter des questions, à éveiller les consciences et à rapprocher de l’Église de nombreuses personnes qui en étaient peut-être plus éloignées.<br />Personnellement, je pense que le meilleur moment de la visite du Saint-Père sera celui qui suivra, lorsque nous aurons l’occasion de lire sereinement ses discours et de nous laisser interpeller sur la manière dont la force de l’Évangile renouvelle notre mission ecclésiale.<br /><br />- Le Saint-Père va rencontrer des migrants : quelle est la signification de ce geste ?<br />- Le Pape remet au centre ceux qui vivent souvent en marge de la société et de la vie. Il ne s'agit pas seulement d'un geste protocolaire ; c'est une façon de dire au monde que les migrants ne sont pas invisibles et que leur souffrance ne peut nous laisser indifférents.<br />De plus, cette rencontre est profondément liée au cœur de l’Évangile. Jésus s’est toujours approché de ceux qui étaient rejetés ou marginalisés par la société. Le Pape, suivant cette logique évangélique, redonne un visage humain à une réalité qui n’est souvent analysée qu’à travers des catégories politiques ou économiques.<br />Pour les migrants eux-mêmes, ce geste représente également une reconnaissance de leur dignité et de leur valeur en tant que personnes.<br /><br />- D'un point de vue plus pastoral, quels sont aujourd'hui les principaux défis de l'évangélisation et comment la dimension missionnaire de l'Église se vit-elle au quotidien dans les îles ?<br />- Dans une société marquée par la sécularisation, l’individualisme et, souvent, l’indifférence religieuse, il ne suffit plus aujourd’hui de se contenter d’entretenir les structures ; il faut créer de véritables rencontres avec les personnes et leur offrir des espaces où elles puissent faire l’expérience de la proximité, du sens et de l’espérance.<br />La dimension missionnaire de l’Église aux Canaries se vit souvent dans le quotidien et dans les choses simples : des paroisses ouvertes, l’accompagnement des familles, l’attention portée aux personnes vulnérables, des projets éducatifs, l’action caritative et la présence dans les différents milieux sociaux.<br /><br />- Pourriez-vous nous citer une initiative qui incarne un signe d'espérance dans l'œuvre d'évangélisation que vous menez ?<br />- Il existe de nombreuses initiatives porteuses d’espoir qui ne font peut-être pas toujours la une des médias, mais qui transforment silencieusement des vies : des projets avec les jeunes, l’accompagnement des familles, l’attention portée aux migrants, des communautés qui prient et servent ensemble, le bénévolat social ou des expériences d’évangélisation dans des contextes éloignés de l’Église.<br />Je crois que l’un des signes les plus encourageants est de découvrir combien de personnes – prêtres, religieux et laïcs – continuent à donner leur vie avec joie et générosité au service des autres. C’est là que continue de battre avec force le cœur missionnaire de l’Église.<br />Tant qu’il existera une communauté capable d’accueillir, d’écouter et de tendre la main à ceux qui souffrent, l’espérance continuera d’exister ; et les Canaries, par leur histoire et leur âme, sont appelées à être une terre de rencontre, d’humanité et d’espoir partagé.<br /> Fri, 29 May 2026 12:58:32 +0200AFRIQUE/KENYA - Refus d'un centre américain destiné à traiter les cas d'Ebola provenant d'autres payshttps://www.fides.org/fr/news/77745-AFRIQUE_KENYA_Refus_d_un_centre_americain_destine_a_traiter_les_cas_d_Ebola_provenant_d_autres_payshttps://www.fides.org/fr/news/77745-AFRIQUE_KENYA_Refus_d_un_centre_americain_destine_a_traiter_les_cas_d_Ebola_provenant_d_autres_paysNairobi – Non à un centre américain de traitement des cas d’Ebola au Kenya. C’est ce que demande l’association des avocats kényans, la Law Society of Kenya .<br />« Nous voulons que le gouvernement kenyan adopte des mesures rigoureuses pour empêcher les cas d’Ebola d’entrer au Kenya. Cela inclut le rejet de la demande du gouvernement américain visant à établir un centre de traitement pour Ebola au Kenya, où les patients atteints d’Ebola provenant d’autres pays seraient transportés par avion », a déclaré le président de la LSK, qui compte 20 000 membres.<br />Le gouvernement américain a en effet annoncé qu’il étudiait la possibilité de mettre en place au Kenya une structure de quarantaine/traitement spécialement destinée aux Américains exposés au virus Ebola , plutôt que de les rapatrier aux États-Unis. Cette proposition suscite un vif débat public au Kenya, notamment en raison des inquiétudes quant aux risques pour la population locale et des interrogations sur la capacité du système de santé kenyan à faire face à une éventuelle urgence pandémique. Les autorités kenyanes ont confirmé l'ouverture de discussions mais ont souligné que la décision finale donnerait la priorité à la sécurité nationale.<br />Le président de la LSK n’a pas nié que les personnes touchées par le virus devaient recevoir des soins appropriés, mais il a souligné que ceux-ci devaient être dispensés dans les lieux où l’infection est en cours. « Étant donné que tous les patients atteints d’Ebola méritent d’avoir accès aux meilleurs soins médicaux et que nous leur devons notre solidarité humaine tout en protégeant la population saine, les protocoles sanitaires exigent que les structures de soins et d’isolement soient mises en place à proximité de l’épicentre de l’infection », a-t-il déclaré.<br />À ce jour, aucun cas d’Ebola n’a été signalé au Kenya. Le virus a touché certaines régions de l’est de la République démocratique du Congo et, avec une dizaine de cas, l’Ouganda également. Ce dernier pays a fermé sa frontière avec la RDC et a suspendu le pèlerinage prévu pour la Journée des Martyrs de l’Ouganda, qui devait avoir lieu le 3 juin au sanctuaire national de Namugongo . Parmi les pèlerins attendus, plusieurs venaient du Kenya. Au moins 500 fidèles kényans qui s’étaient mis en route vers Namugongo ont été arrêtés à la frontière. <br />Thu, 28 May 2026 13:44:21 +0200AFRIQUE/NIGERIA - « Que le souvenir de la bienveillance de Dieu envers Abraham soit une source d’inspiration pour notre vie en communauté »https://www.fides.org/fr/news/77744-AFRIQUE_NIGERIA_Que_le_souvenir_de_la_bienveillance_de_Dieu_envers_Abraham_soit_une_source_d_inspiration_pour_notre_vie_en_communautehttps://www.fides.org/fr/news/77744-AFRIQUE_NIGERIA_Que_le_souvenir_de_la_bienveillance_de_Dieu_envers_Abraham_soit_une_source_d_inspiration_pour_notre_vie_en_communauteAbuja – « Que la bienveillance dont Dieu a fait preuve envers Abraham inspire nos communautés à vivre ensemble en ces moments difficiles ». Tel est le sens du message adressé par la Conférence Épiscopale catholique du Nigeria aux musulmans nigérians à l’occasion de la célébration de l’Aïd al-Adha, la fête islamique qui commémore la soumission du Patriarche Abraham à la volonté de Dieu.<br />« La bienveillance de Dieu, commémorée lors de cette célébration, invite les musulmans, les chrétiens et, en fait, tous les Nigérians à réfléchir à la grâce accordée à Abraham lorsque son fils fut épargné et lui fut rendu », soulignent les Évêques nigérians. « En raison de cette même bienveillance, nous sommes tous appelés à rendre grâce à Dieu, qui nous a protégés malgré les sombres nuages de l’incertitude et les circonstances difficiles que traverse actuellement notre nation », poursuit le message.<br />La CBCN invite « les Nigérians à imiter ce geste, qui constitue un excellent exemple pour le développement de nos communautés ». <br />S'adressant aux responsables des communautés islamiques, les évêques catholiques affirment qu'« ensemble, en tant que dirigeants, nous pouvons lancer un appel à multiplier les gestes de bienveillance au service du bien commun ». Il s'agit d'« une invitation à abandonner les politiques et les programmes égoïstes » afin de « nous orienter vers un service désintéressé envers notre peuple, aujourd'hui opprimé par les conséquences d'années de politiques inefficaces ». <br />Le diocèse d’Oyo, dans le sud-ouest du Nigeria, a publié un message, signé par Mgr Emmanuel Adetoyese Badejo et le père Joseph Ogundipe, responsable du dialogue interreligieux dans le diocèse, dans lequel il est souhaité que cette fête soit l’occasion d’approfondir le dialogue entre chrétiens et musulmans. Évoquant le fléau des enlèvements, le message lance un appel pour que chrétiens et musulmans puissent ensemble « combattre toutes les formes de mal qui menacent nos identités et nos efforts collectifs en tant que croyants en un seul Dieu ». <br />Thu, 28 May 2026 13:41:13 +0200