Fides News - French (Standard)http://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.ASIE/PHILIPPINES - Le mouvement "Silsilah" : l'Avent, une saison de réconciliation et de paix entre chrétiens et musulmanshttp://www.fides.org/fr/news/73136-ASIE_PHILIPPINES_Le_mouvement_Silsilah_l_Avent_une_saison_de_reconciliation_et_de_paix_entre_chretiens_et_musulmanshttp://www.fides.org/fr/news/73136-ASIE_PHILIPPINES_Le_mouvement_Silsilah_l_Avent_une_saison_de_reconciliation_et_de_paix_entre_chretiens_et_musulmansZamboanga city - Le temps de préparation de Noël, que l'Église catholique appelle " l'Avent ", " puisse-t-il être un temps de paix et de réconciliation aux Philippines et dans le monde entier " : tel est le message diffusé par le mouvement " Silsilah " pour le dialogue islamo-chrétien, actif dans le sud des Philippines, alors que la " Semaine de la paix de Mindanao ", promue par le gouvernement philippin, s'est achevée aujourd'hui, 5 décembre, dans la région. <br />Le mouvement "Silsilah", fondé par le père Sebastiano D'Ambra, missionnaire du PIME, dans une région où vit une communauté musulmane de 6 millions de personnes, presque entièrement concentrée dans la "région autonome de Bangsamoro", déclare, dans le cadre des célébrations de la Semaine : "Aujourd'hui, le monde souffre des nombreuses calamités et des conflits aux Philippines et dans d'autres nations. L'Avent signifie "préparation" à la venue de Jésus que nous célébrons à Noël. Noël est une fête de la paix pour toutes les personnes de bonne volonté. Il y a des conflits dans de nombreuses régions du monde à cause de ceux qui cherchent la guerre pour leurs propres intérêts et leur propre visibilité, sans écouter les cris de ceux qui souffrent". " La prière d'harmonie de Silsilah ", poursuit le message envoyé à Fides, " récite : Seigneur nous te supplions pour la paix. L'Avent et Noël nous rappellent le message de paix et de réconciliation qui s'adresse à toute l'humanité. Mais nous ne pouvons pas partager la paix si nous n'avons pas la paix en nous-mêmes. Cela nous invite à réfléchir : comment l'arrivée de Noël cette année touchera-t-elle nos cœurs et nous aidera-t-elle à avancer avec harmonie, solidarité et paix?".<br />La voie indiquée par le Mouvement est "d'écouter davantage avec le cœur". En écoutant les problèmes du monde, nous pouvons agir avec un esprit de solidarité. L'époque des pandémies a suscité de nombreuses craintes qui subsistent encore. Le moment est venu d'avancer courageusement, ensemble, sur le chemin de la paix".<br />La provocation touche d'abord les baptisés : "L'Avent est pour les chrétiens un temps de pénitence et de préparation à l'accueil de Jésus, l'Emmanuel, le Dieu-avec-nous. Les chrétiens sont-ils prêts à donner un message de paix dans tous les aspects de la société, sans attendre que les autres bougent en premier ?" demande-t-on.<br />Des événements douloureux comme le siège des groupes djihadistes à Zamboanga ou celui de Marawi en 2017, où l'armée a combattu et chassé les groupes terroristes islamiques, restent gravés dans la mémoire des citoyens de Mindanao. Les cicatrices de ces événements demeurent. La confiance et la suspicion entre musulmans et chrétiens sont des conséquences encore présentes aujourd'hui : "Il y a ceux qui sont découragés et qui pensent que de nouvelles violences viendront à bout de ces violences. Mais la venue de Jésus dans le monde nous rappelle que le chemin de la paix est l'amour. Sa venue est pour les chrétiens un grand signe d'amour, tel que décrit dans l'Évangile'.<br />"Dans cet esprit, écrit Silsilah, nous invitons les chrétiens et les fidèles des autres religions à vivre ce temps spécial en étant solidaires et en encourageant tout geste ou signe de paix provenant de différents groupes ou communautés, se sentant partie prenante de la même fraternité humaine".<br />Ce message intervient alors que la 25e semaine de la paix à Mindanao s'est achevée aujourd'hui, le 5 décembre, avec son lot d'événements, de séminaires, de réunions, de célébrations, de marches et de spectacles dans différentes villes. Pour les organisateurs, la Semaine est "un rappel à tous les Philippins, quel que soit leur statut dans la vie, leur religion ou leur culture, de s'engager en faveur de la paix, de l'unité et de l'harmonie durables". <br />À Manille, la sous-secrétaire du bureau des affaires de Mindanao, Amihilda Sangcopan, a exprimé la nécessité de "renforcer les initiatives de construction de la paix sous la bannière de l'unité". La paix à Mindanao ne dépendra pas seulement de l'action de notre gouvernement mais aussi fortement de l'engagement de la population de Mindanao", a-t-elle déclaré. Les efforts déployés par le gouvernement et l'armée philippins pour assurer la paix et la sécurité ont récemment abouti à la défaite - définitive - du groupe terroriste notoire "Abyu Sayyaf", actif depuis 30 ans dans le sud des Philippines : plus de 150 membres du groupe extrémiste se sont rendus aux autorités philippines sur l'île de Jolo le 8 novembre, remettant armes et munitions, ce qui laisse penser aux observateurs que le groupe djihadiste pourrait avoir définitivement disparu. <br />Mon, 05 Dec 2022 13:51:09 +0100AFRIQUE/RD CONGO- Des milliers de personnes participent à la marche des évêques pour la paix dans l'est du payshttp://www.fides.org/fr/news/73135-AFRIQUE_RD_CONGO_Des_milliers_de_personnes_participent_a_la_marche_des_eveques_pour_la_paix_dans_l_est_du_payshttp://www.fides.org/fr/news/73135-AFRIQUE_RD_CONGO_Des_milliers_de_personnes_participent_a_la_marche_des_eveques_pour_la_paix_dans_l_est_du_paysKinshasa - " Notre marche n'a aucune signification politique, elle vise à montrer au monde que nous sommes un seul peuple, uni pour la cause nationale, uni pour la souveraineté de notre pays et pour la dignité de notre peuple ", a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, dans son message adressé aux participants de la marche qui s'est déroulée hier, dimanche 4 décembre, dans les diocèses de la République démocratique du Congo. La marche a été promue par les évêques catholiques congolais pour protester contre la violence dans l'est du pays .<br />Chapelet à la main, hymnes religieux, crucifix et banderoles, les manifestants de tous âges ont participé à une quinzaine de marches dans la capitale Kinshasa et ont arpenté les rues de nombreuses autres villes. Cependant, la marche prévue à Goma, capitale du Nord-Kivu, a été annulée pour éviter toute "infiltration possible". <br />"Non à la balkanisation de la RDC", "Non à l'hypocrisie de la communauté internationale..." Les mêmes slogans ont été scandés dans les nombreuses processions qui ont quitté les paroisses congolaises après la messe.<br />Au cours de la manifestation, dont l'objectif était notamment de dénoncer la violence du mouvement terroriste du 23 mars qui occupe plusieurs localités du Nord-Kivu, les manifestants ont reproché le silence de la communauté internationale qui, selon eux, frise la complicité avec les forces d'occupation qui violent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC.<br />Selon ces manifestants, les États "prédateurs de ressources naturelles" de la RDC sont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Belgique. Ils ont également dénoncé le comportement de l'ONU, de l'UE et de la CAE qui, selon eux, ne jouent pas franc jeu.<br />La communauté internationale fait preuve d'une attitude hypocrite et complaisante qui frise la complicité", peut-on lire dans un communiqué publié par les participants à la manifestation de Kinshasa, dans lequel ils exigent une série de mesures de la part des autorités congolaises.<br />Tout d'abord, une restructuration en profondeur des services de sécurité. Deuxièmement, les autorités congolaises ont été invitées à intensifier le processus de retrait de la mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC du territoire congolais et le retrait de la RDC de l'EAC et de l'Organisation internationale de la Francophonie. <br />Mon, 05 Dec 2022 12:29:03 +0100AFRIQUE/ETHIOPIE - Désengagement des forces de Tigrinya : silence des armes pour un retour pacifique à la vie quotidiennehttp://www.fides.org/fr/news/73134-AFRIQUE_ETHIOPIE_Desengagement_des_forces_de_Tigrinya_silence_des_armes_pour_un_retour_pacifique_a_la_vie_quotidiennehttp://www.fides.org/fr/news/73134-AFRIQUE_ETHIOPIE_Desengagement_des_forces_de_Tigrinya_silence_des_armes_pour_un_retour_pacifique_a_la_vie_quotidienneAddis Abeba - La percée diplomatique qui a conduit à la signature de l'accord de paix, le 2 novembre en Afrique du Sud, et de l'accord de désarmement du Front populaire de libération du Tigré , signé le 12 novembre au Kenya, est en train de produire des résultats significatifs dans de nombreuses zones de conflit. Neblet, Maikinetal, Cherecher, Beri Teklay, Hugumburda, Zalambessa et Abergele sont quelques-unes des localités où les forces du Tigré se sont retirées pour faire appel aux forces de l'armée fédérale . <br />Un peu plus d'un mois après la fin des hostilités dans la région du Tigré, des mesures fondamentales en faveur de la paix sont prises : selon les déclarations du général Tadesse Werede, commandant en chef des forces de défense du Tigré, 65 % de ses forces se sont désengagées de nombreuses zones de conflit. Le général a déclaré que la récente réunion sur le désarmement, qui s'est tenue le 1er décembre à Shire, dans le nord-ouest du Tigré, fait avancer le processus de paix et qu'il était important que les hauts responsables militaires des deux parties se rencontrent en Éthiopie . "Nous avons agi d'une manière qui maintient l'engagement envers l'accord que nous avons signé. Les observateurs et autres mécanismes de contrôle mentionnés dans l'accord n'ont pas encore été inclus", a-t-il ajouté. M. Tedesse a également déclaré que certaines troupes restaient sur la ligne de front, sans préciser les lieux, et qu'elles ne seraient désengagées que lorsque les conditions seraient sûres pour la population civile. Le général a exhorté les troupes de l'armée fédérale à œuvrer pour le retrait des troupes érythréennes et amhara, affirmant qu'aucune d'entre elles n'a quitté la zone de guerre.<br />Selon le bureau du Premier ministre Abiy Ahmed, les autorités du gouvernement fédéral fournissent déjà progressivement une aide humanitaire, une assistance médicale et le rapatriement des personnes déplacées. Une autre étape importante a été l'allocation par l'Union européenne de 33 millions de dollars pour réparer quelque 8 500 écoles endommagées pendant la guerre. L'ambassadeur de l'UE en Éthiopie, Roland Kobia, a déclaré que l'argent permettrait à deux millions d'enfants de retourner à l'école et de relancer un programme d'alimentation scolaire.<br />Cependant, des incertitudes subsistent dans les zones où les troupes érythréennes et amhara sont présentes : "le processus de paix n'a pas encore garanti un accès complet et sans restriction à l'aide médicale dont la population du Tigré a besoin". C'est ce qu'a déclaré Mike Ryan, de l'OMS, à propos du fait que les travailleurs humanitaires n'ont pas pu atteindre les zones contrôlées par les milices dans l'ouest du Tigré, ainsi que d'autres zones contrôlées par les forces érythréennes. <br /> <br />Mon, 05 Dec 2022 12:21:08 +0100AMÉRIQUE/COLOMBIE - Violations des droits environnementaux et sociaux en Amérique latine et dans les Caraïbes : accompagnement par l'Eglisehttp://www.fides.org/fr/news/73133-AMERIQUE_COLOMBIE_Violations_des_droits_environnementaux_et_sociaux_en_Amerique_latine_et_dans_les_Caraibes_accompagnement_par_l_Eglisehttp://www.fides.org/fr/news/73133-AMERIQUE_COLOMBIE_Violations_des_droits_environnementaux_et_sociaux_en_Amerique_latine_et_dans_les_Caraibes_accompagnement_par_l_EgliseBogotá - Faire connaître les expériences pastorales qui accompagnent les situations de violation socio-environnementale au niveau local, national et régional-international, ainsi que relancer l'appel pour que l'Église continue à accompagner ceux qui vivent ces réalités sous diverses formes : juridique, promotion sociale, accompagnement pastoral, plaidoyer, " le cri des pauvres " et " le cri de la Terre Mère ". <br />C'est l'objectif principal qui a incité le Conseil épiscopal d'Amérique latine et des Caraïbes , par le biais de sa plateforme "Commission pour l'écologie intégrale", liée au Centre pour les programmes et réseaux d'action pastorale , à ouvrir un espace de dialogue et de réflexion sur des cas emblématiques de violations des droits environnementaux et sociaux dans les différentes régions d'Amérique latine et des Caraïbes. Cet espace a été baptisé "Voix prophétique dans les conflits socio-environnementaux". L'invitation est pour aujourd'hui, lundi 5 décembre, à 18h00 en Colombie, en se connectant aux réseaux sociaux du CELAM, à travers lesquels on peut se connecter et interagir, par le biais de questions et de commentaires.<br />Comme l'explique Romina Gallegos Brito, de l'équipe du CEPRAP, dans la note reçue par l'Agence Fides, dans cet espace seront présentés des cas dans lesquels " des situations de violation et de pressions socio-environnementales ont été vécues ", en même temps il y aura aussi une discussion sur comment l'Église a pu s'impliquer et accompagner de près ces situations. L'intention est donc d'écouter le partage de ceux qui vivent ces situations, en partant de la réalité, des enseignements et des défis, afin de pouvoir construire à partir de là un dialogue "sur ce que signifie le prophétisme de l'Église au milieu des conflits socio-environnementaux et de la diversité des visages qui peuvent se matérialiser". Il a précisé que "cet espace ne cherche pas à décrire ou à expliquer les résultats des rapports ou des projets, il s'agit plutôt d'un forum pour partager des réflexions sur ce que cela a signifié pour chacun d'entre eux d'être une Église prophétique sur notre continent".<br />Romina Gallegos souligne que "tous ont en commun qu'il y a des cris qui n'ont pas été entendus par ceux qui devraient faire des changements structurels pour améliorer la situation", c'est pourquoi "l'Église les écoute et les accompagne, en les aidant dans cette médiation", alors que les menaces et les signes de mort, ainsi que les formes d'exclusion de toutes sortes, ont augmenté. L'augmentation constante, ces dernières années, des attaques contre les défenseurs de la terre, de l'environnement et des droits des peuples autochtones se concentre dans le monde entier, notamment en Amérique latine, où la Colombie occupe la première place, suivie du Mexique et du Brésil. <br /> <br />Mon, 05 Dec 2022 12:16:40 +0100ASIE/IRAQ - Marcher ensemble dans la foi des Apôtres. Entretien avec Mar Awa III, Patriarche de l'Église assyrienne de l'Orienthttp://www.fides.org/fr/news/73132-ASIE_IRAQ_Marcher_ensemble_dans_la_foi_des_Apotres_Entretien_avec_Mar_Awa_III_Patriarche_de_l_Eglise_assyrienne_de_l_Orienthttp://www.fides.org/fr/news/73132-ASIE_IRAQ_Marcher_ensemble_dans_la_foi_des_Apotres_Entretien_avec_Mar_Awa_III_Patriarche_de_l_Eglise_assyrienne_de_l_Orientpar Gianni Valente<br /><br />Erbil – Un programme ecclésial synodal est fructueux s'il "aide chacun à marcher dans la foi des Apôtres gardée par la Tradition". C'est pourquoi les appels à la dynamique synodale "ne peuvent être utilisés pour ouvrir des fossés entre les membres de l'Église sur des questions de foi ou de morale". C'est ainsi que Mar Awa III, Patriarche de l'Eglise de l'Eglise assyrienne de l'Orient, offre des coordonnées suggestives et utiles d'une perspective orientale pour regarder aussi le processus synodal initié dans l'Eglise catholique. <br />Samedi 19 novembre, Mar Awa III a rendu une visite fraternelle au Pape François, qui l'a reçu au Palais Apostolique. À l'occasion de son premier voyage à Rome en tant que Patriarche, Mar Awa III a également donné une conférence à l'Université Pontificale Saint-Thomas d'Aquin sur la " théologie de la synodalité dans l'Église d'Orient ", dans le cadre du symposium œcuménique international " À l'écoute de l'Orient " promu par l'Angelicum et la Fondation Pro Oriente pour entendre des rapports, des débats et des témoignages sur la synodalité dans la vie et la mission des Églises orientales orthodoxes et anciennes. <br />Dans un long entretien avec l'Agence Fides, le Patriarche assyrien critique les campagnes de "diabolisation" de l'Église orthodoxe russe et de son patriarche Kirill. Mar Awa offre également des réponses sans surprise et éclairantes sur la condition des chrétiens au Moyen-Orient, sur la recherche d'une date commune pour la célébration de Pâques, sur le chemin vers la pleine communion entre l'Église assyrienne d'Orient et l'Église de Rome. Le Primat de l'Église assyrienne évoque également le "secret" de la grande progression missionnaire de l'ancienne Église d'Orient, qui, dans les premiers siècles chrétiens, avait porté l'annonce de l'Évangile jusqu'en Chine, en Mongolie et dans la péninsule arabique.<br />Le 122e Patriarche de l'Église assyrienne de l'Orient, élu le 8 septembre 2021 , vient des États-Unis et a effectué une partie de sa formation dans des académies catholiques. Né il y a 47 ans à Chicago, et donc fils de la diaspora assyrienne aux États-Unis, David Royel a été ordonné diacre à l'âge de 17 ans, puis a obtenu des diplômes en théologie sacrée à l'université Loyola de Chicago et à l'université de Sainte-Marie-du-Lac. Il a ensuite obtenu une licence en théologie sacrée et un doctorat à l'Institut pontifical oriental de Rome. Il a été ordonné évêque par le patriarche Mar Dinkha IV en 2008, prenant le nom d'Awa et devenant le premier évêque de l'Église assyrienne né aux États-Unis. Avant son élection patriarcale, Mar Awa était évêque du diocèse assyrien de Californie et secrétaire du Saint-Synode.<br /><br />Dans le processus synodal initié dans l'Église catholique, certains suggèrent encore de se tourner vers les Églises de l'Orient pour " apprendre " la synodalité. Dans l'expérience des Églises d'Orient, quel est le critère qui guide et peut rendre ecclésialement fécond l'exercice de la synodalité ?<br />MAR AWA III: La dynamique synodale de l'Église consiste à marcher ensemble dans la foi de la Tradition Apostolique. La modalité synodale sert à sauvegarder et à confirmer l'unité de la foi dans ce cheminement, en le facilitant pour tous et en libérant chacun des charges inutiles et des pratiques ecclésiales qui l'entravent. Par conséquent, le critère pour évaluer la validité et la fécondité d'un processus synodal est de savoir si, dans le temps présent et dans la condition historique actuelle, il aide chacun à marcher dans la foi des Apôtres gardée par la Tradition. L'exercice de la synodalité, s'il est bien la voie de tous les baptisés et de tous les évêques comme successeurs des Apôtres, ne peut jamais être utilisé pour s'écarter de la Tradition apostolique, de la foi qui nous a été transmise par les Apôtres et qui unit l'Église catholique et les anciennes Églises d'Orient. Nous partageons le même Depositum fidei reçu des Apôtres.<br /><br /> <br />Dans de nombreux cas, le parcours synodal est présenté comme un processus dialectique entre différentes positions recherchant un consensus pour maintenir ou changer la position de l'Église sur un ordre du jour de questions ecclésialement et doctrinalement sensibles. Avec des dynamiques qui ressemblent à des dynamiques politiques et "parlementaires".<br />MAR AWA III: Quelqu'un m'en a parlé. On peut peut-être courir ce risque en passant d'une gestion centralisée où tout est entre les mains d'une seule personne à un mode synodal de conduite de la dynamique ecclésiale. Pourtant, le modèle synodal pratiqué dans les Églises d'Orient n'est pas intéressant parce qu'il est plus proche des systèmes modernes de gestion du pouvoir, mais parce qu'il est plus propice à la manifestation d'un consensus autour du Depositum fidei, et à sa garde commune. Une authentique dynamique synodale naît précisément du fait que les évêques et tous les baptisés marchent ensemble dans la même foi, et convergent pour chercher ensemble les formes et les pratiques les plus appropriées pour témoigner de la même foi dans le temps présent. J'imagine que la plupart des évêques catholiques partagent également le désir et la volonté de maintenir la doctrine traditionnelle, même sur des questions telles que le mariage.<br />Si les dynamiques synodales expriment la marche de toute l'Église dans le berceau de la foi des Apôtres, elle ne peut être utilisée pour ouvrir des brèches entre les membres de l'Église sur des questions de foi ou de morale. Au contraire, l'exercice de la synodalité sert aussi à maintenir l'unité dans la même marche des différentes sensibilités, y compris celles de ceux qui souhaiteraient une plus grande adaptation à la mentalité du monde d'aujourd'hui.<br /><br /><br />De nombreux chrétiens quittent le Moyen-Orient. En revanche, le Patriarcat assyrien est retourné en Mésopotamie il y a quelques années, après huit décennies d'"exil", d'abord à Chypre, puis aux États-Unis. Vous résidez maintenant à Erbil, au Kurdistan irakien. De votre point de vue, en Irak, qu'est-ce qui est vraiment nécessaire pour sauvegarder la présence des chrétiens au Moyen-Orient ?<br />MAR AWA III: Un engagement est nécessaire au niveau des autorités politiques et militaires pour garantir la sécurité et éviter qu'un autre "État islamique" ne revienne un jour, peut-être dans quelques années, pour semer la peur et l'angoisse parmi les chrétiens. Des opportunités d'emploi doivent également être créées pour assurer un minimum de sécurité économique. La situation apparaît aujourd'hui difficile pour tous, et plus encore pour les groupes sociaux les plus faibles et minoritaires. Et la corruption généralisée dans le pays ne fait qu'empirer les choses. Mais il y a des endroits où l'on peut voir de bons signes d'espoir, comme au Kurdistan irakien.<br /><br /><br />Le Patriarche latin émérite de Jérusalem, Michel Sabbah, avait dit que l'avenir des chrétiens au Moyen-Orient n'est pas une question de nombre, mais de foi.<br />MAR AWA III:S'il n'existe pas de lien d'affection et de gratitude avec la terre où l'on est né et où l'on a reçu le don de la foi, il est plus facile pour beaucoup de personnes de partir pour des raisons légitimes. Tout ne s'explique pas par les discriminations et les mauvais traitements subis. Les chrétiens ne peuvent rester que si le lien d'affection avec une terre et une histoire riche en foi, comme en témoignent nos anciens monastères, est ravivé en eux. Et sur ce point aussi, les autorités civiles peuvent faire quelque chose. J'ai suggéré à Masrour Barzani, le Premier ministre de la région autonome du Kurdistan, d'encourager le tourisme religieux et les pèlerinages dans les anciens monastères et les lieux chers à la mémoire de nos Églises. De cette façon, nos émigrés et leurs descendants nés dans la diaspora pourront revenir visiter leurs anciens villages d'origine, avec leurs églises, et raviver leurs liens avec les terres de leurs pères.<br /><br />Le dialogue du Pape François avec les représentants autorisés de l'Islam, axé sur la redécouverte de la fraternité universelle et inspiré par le Document d'Abu Dhabi, quelle réflexion a-t-il sur la condition des chrétiens au Moyen-Orient ?<br />MAR AWA III:Certains peuvent peut-être penser que le dialogue sur la fraternité exprime une perspective idéaliste qui a peu de chance de générer des conséquences concrètes. J'en ai également parlé lors de ma rencontre avec le Pape François. Je crois que ces rencontres et dialogues sont néanmoins utiles, même lorsqu'ils restent au niveau des souhaits et des déclarations d'intention. Il est toutefois réconfortant de voir que le Pape et les autres chefs d'Églises ont à cœur le sort des chrétiens du Moyen-Orient, et c'est aussi pour cela qu'ils tissent des relations fraternelles et des dialogues avec les dirigeants musulmans. Même les autres musulmans, lorsqu'ils voient leurs dirigeants dialoguer avec de hauts représentants des Églises, peuvent se débarrasser des préjugés et des sentiments hostiles à l'égard des chrétiens. Cela ne résout pas tous les problèmes par magie, mais cela aide beaucoup.<br /><br /><br />Entre l'Église de Rome et l'Église assyrienne de l'Orient, il n'y a jamais eu de rupture directe sur les questions dogmatiques et théologiques. Des résultats importants ont été obtenus dans le dialogue théologique entre les deux Églises. Le Pape François, dans le discours qu'il vous a adressé, a espéré que l'Église assyrienne devienne la première parmi les anciennes Églises d'Orient avec laquelle l'Église de Rome pourrait retrouver la pleine communion sacramentelle.<br />MAR AWA III: Il n'y avait pas d'anathème entre l'ancienne Église Assyrienne d'Orient et l'Église de Rome. La séparation a commencé au Concile d'Ephèse en 431, mais le Depositum fidei que nous célébrons avant Ephèse est partagé, et nous sommes appelés à le garder ensemble. En 2025, nous célébrons le 1700ème anniversaire du Concile de Nicée. Nous avons commencé à parler de la possibilité d'organiser une réunion pour célébrer ce concile tous ensemble : l'Église de Rome, les Églises orthodoxes, les anciennes Églises d'Orient... Nicée nous unit. Nicée appartient à tout le monde. Dans toutes nos différentes liturgies, nous récitons le Credo de Nicée, même si nous ne sommes pas en pleine communion.<br /><br /><br />Où en est le dialogue œcuménique entre l'Église assyrienne et l'Église de Rome après la déclaration christologique commune fondamentale signée par Jean-Paul II et le Patriarche Mar Dinkha IV ?<br />MAR AWA III: En 2017, nous avons signé un texte dans lequel catholiques et assyriens reconnaissent mutuellement la validité des sacrements célébrés et administrés dans l'Église catholique et l'Église assyrienne de l'Orient. On peut donc dire que la deuxième étape du voyage a été franchie avec succès. Nous sommes maintenant entrés dans la troisième phase de notre dialogue, qui porte sur la Constitution de l'Église. Et bien sûr, la question de la primauté de l'évêque de Rome et la question de la communion et de la primauté au niveau local et universel sont également impliquées dans cette phase.<br /><br /><br />Qu'implique le consentement sur la validité des sacrements ?<br />MAR AWA III: Nous n'avons pas encore atteint la possibilité pleine et inconditionnelle de recevoir les sacrements administrés par les prêtres et les évêques de l'autre Église. Mais depuis 2001 déjà, grâce à un accord entré en vigueur à l'époque du pape Jean-Paul II et de Mar Dinkha IV, une "hospitalité sacramentelle" spéciale peut être pratiquée entre les deux Églises, pour des raisons pastorales de nécessité. Cela reste. À cela s'ajoute la reconnaissance du fait que l'Église catholique et l'Église assyrienne s'accordent sur la doctrine et la théologie sacramentelle. Cependant, atteindre la pleine communion est un parcours de longue haleine et serait un parcours à partager avec toutes les autres églises non catholiques, un parcours guidé par une prière intense et l'Esprit Saint lui-même.<br /><br />Le Cardinal Louis Raphaël Sako, en tant que Patriarche de l'Église chaldéenne - qui partage le même héritage liturgique et théologique avec l'Église assyrienne - a proposé d'entamer un chemin de réunification entre les deux Églises, toutes deux "héritières" de l'ancienne Église orientale...<br />MAR AWA III: Avec les Chaldéens, qui sont certainement nos frères, nous sommes toujours prêts à parler d'unité et de réunification en une seule Église orientale. Mais nous rejetons totalement l'Uniatisme, qui est à l'origine du schisme de 1552. La proposition du Patriarche Sako, je crois, est la suivante : les deux patriarches, le chaldéen et l'assyrien, démissionnent de leurs postes, et les évêques assyriens et chaldéens élisent ensemble un autre patriarche de l'Église d'Orient, mais ce patriarche doit alors être en communion hiérarchique avec le Pape. Et cette procédure ne me semble pas viable. Le moyen est de remonter aux racines de l'Église orientale, de remonter avant 1552, pour voir quelle était l'ecclésiologie partagée au moment de la séparation.<br /><br />Avant de venir à Rome et de rencontrer le Pape François, vous avez rencontré Kirill, le Patriarche de Moscou.<br />MAR AWA III: Oui, je m'étais rendu en Russie la semaine précédente, pour rencontrer notre communauté là-bas, et j'ai également rencontré le Patriarche Kirill à Moscou. Nous avons longuement parlé de la condition actuelle des chrétiens au Moyen-Orient. Il m'a également dit de transmettre ses sincères salutations au Pape François, ce que j'ai fait quelques jours plus tard.<br /><br /><br />Le Patriarche Kirill est attaqué comme complice et presque co-responsable de la guerre en Ukraine. Comment le trouver ? Et que pensez-vous des mesures prises contre lui et l'Eglise orthodoxe russe ?<br />MAR AWA III: Le Patriarche Kirill m'a paru très sincère. Et en tout état de cause, toute diabolisation de l'Église russe ou de Kirill lui-même n'est pas correcte. Il est le chef d'une Église, il ne dirige pas la politique du pays. Et on comprend qu'il est dans une position très difficile. Cela doit également être pris en compte. La décision de l'Union européenne de prendre des sanctions ad personam à son encontre est également inappropriée, elle crée un grave précédent et contredit tous les appels à distinguer les sphères ecclésiales et politiques, l'Église et le gouvernement séculier. Si cette voie est empruntée, il pourrait en être de même pour d'autres dirigeants et représentants de l'Église qui font l'objet d'évaluations négatives de la part de certains appareils politiques.<br /><br />La guerre en Ukraine est également une grande tragédie chrétienne. Tu en as parlé à Kirill ?<br />MAR AWA III: J'ai exprimé le souhait qu'un cessez-le-feu soit rapidement atteint et qu'une solution soit trouvée pour mettre fin aux souffrances de la population. Ukrainiens et Russes partagent le même baptême, ils puisent à la même source spirituelle. Je n'ai pas non plus trouvé justifiée la pression exercée pour marginaliser les orthodoxes russes dans les réunions œcuméniques, comme cela a été tenté lors de l'Assemblée du Conseil œcuménique des Églises qui s'est tenue entre août et septembre à Karlsruhe, en Allemagne. Il faut toujours laisser les portes ouvertes au dialogue. Alors que si l'on suit un certain raisonnement, on devrait par cohérence éliminer tous les aumôniers militaires, qui bénissent les soldats envoyés à la guerre, d'un côté ou de l'autre.<br /><br /><br />La théologie et la spiritualité de l'Église assyrienne mettent fortement l'accent sur la nature humaine du Christ. Cette perspective spirituelle ne pourrait-elle pas être mise en valeur pour la proclamation chrétienne dans les temps que nous vivons ?<br />MAR AWA III: Dans les manuels de théologie classique, il est écrit que l'Église assyrienne insiste fortement sur l'humanité du Christ. Mais il faut d'abord préciser que nous confessons l'unité de la divinité et de l'humanité en la seule personne du Christ. Comme le montre l’Écriture et comme l'affirment également divers Pères de l'Église commune, nous reconnaissons que nous arrivons à contempler le mystère de la divinité du Christ à travers les actes concrets de son humanité. Cela fait partie de l'expérience quotidienne des chrétiens quand ils prient, quand ils vont à la messe et reçoivent l'Eucharistie.<br /><br /><br />En proclamant l'Évangile avec cette insistance, l'ancienne Église assyrienne d'Orient a vécu l'une des plus impressionnantes aventures de progression missionnaire de l'histoire. Que peut suggérer cette expérience des premiers siècles du christianisme aux missionnaires d'aujourd'hui ?<br />MAR AWA III: En 1904, à Turfan, dans l'actuelle province chinoise du Xinjiang, ils ont trouvé un livre de prières dans lequel les formules étaient en syriaque et les rubriques en langue locale. On trouve encore des vestiges d'églises et de monastères appartenant à cette chrétienté dans l'actuelle Mongolie et dans toute la péninsule arabique. Les missionnaires de l'ancienne Église d'Orient constituaient une "armée" spirituelle. Il s'agissait pour la plupart de moines et de religieuses, et ils se sont rendus dans des contextes façonnés par d'autres pensées, des cultures anciennes et des mentalités religieuses. Ils ont courtisé le cœur des gens avec douceur, et non par une dynamique conquérante. Et puis ils ont aidé les populations locales à trouver les signes graphiques pour mettre leurs langues et leurs discours sous forme écrite. Et chaque urgence, chaque problème concret de la vie est devenu une occasion de faire le bien, en devenant amis et frères avec tout le monde. <br />Mon, 05 Dec 2022 11:57:11 +0100VATICAN - Nomination du Secrétaire adjoint du Dicastère pour l'Évangélisation et Président des Œuvres Pontificales Missionnaireshttp://www.fides.org/fr/news/73131-VATICAN_Nomination_du_Secretaire_adjoint_du_Dicastere_pour_l_Evangelisation_et_President_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttp://www.fides.org/fr/news/73131-VATICAN_Nomination_du_Secretaire_adjoint_du_Dicastere_pour_l_Evangelisation_et_President_des_OEuvres_Pontificales_MissionnairesCité du Vatican - Le Saint-Père François a nommé Secrétaire adjoint du Dicastère pour l'Évangélisation avec la charge de Président des Œuvres Pontificales Missionnaires le Révérend Emilio Nappa, jusqu'à présent Fonctionnaire du Secrétariat pour l'Économie, lui conférant le titre d'Archevêque et lui attribuant le siège titulaire de Satriano.<br />Il est né le 9 août 1972 à Naples. Il a été ordonné prêtre pour le diocèse d'Aversa le 28 juin 1997. Il a reçu son doctorat en théologie de l'Université Pontificale Grégorienne en 2004. Il a occupé diverses fonctions dans le diocèse, notamment celles de recteur de l'église San Rocco, de directeur et de professeur permanent de théologie fondamentale à l'Institut supérieur interdiocésain de sciences religieuses" Les Saints Apôtres Pierre et Paul Casertana Area " à Capoue et de chanoine de la cathédrale. En outre, il a été collaborateur local de la nonciature apostolique en Italie et fonctionnaire de la section des affaires générales de la Secrétairerie d'État. Depuis septembre 2022, il est fonctionnaire du Secrétariat à l'économie. <br />Sat, 03 Dec 2022 21:29:40 +0100AFRIQUE/R.D. CONGO - Deuil national pour le massacre dans un village de l'est du pays; marche de paix dimanche à l'appel des évêqueshttp://www.fides.org/fr/news/73129-AFRIQUE_R_D_CONGO_Deuil_national_pour_le_massacre_dans_un_village_de_l_est_du_pays_marche_de_paix_dimanche_a_l_appel_des_evequeshttp://www.fides.org/fr/news/73129-AFRIQUE_R_D_CONGO_Deuil_national_pour_le_massacre_dans_un_village_de_l_est_du_pays_marche_de_paix_dimanche_a_l_appel_des_evequesKinshasa - Trois jours de deuil national à partir d'aujourd'hui, 3 décembre, ont été décrétés par Félix Tshisekedi, Président de la République démocratique du Congo, pour commémorer les victimes du massacre du village de Kishishe, dans le territoire de Rutshuru, à 70 km de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l'est du pays.<br />Le gouvernement de Kinshasa accuse les rebelles du M23 d'avoir " lâchement tué " au moins 50 civils à Kishishe le 29 novembre.<br />Le M23 a nié avoir perpétré le massacre, dont le bilan est difficile à établir de source indépendante car l'accès à la zone est impossible du fait qu'elle est sous contrôle des rebelles.<br />Le deuil national coïncide avec la procession convoquée demain, dimanche 4 décembre, par les évêques de la RDC dans tous les diocèses congolais pour attirer l'attention de tous sur la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays en général et dans l'est en particulier, et pour mettre fin à "la balkanisation de la RDC". C'est-à-dire ce processus de démembrement latent du pays opéré par des groupes armés soutenus de l'extérieur.<br />L'appel à la manifestation de dimanche prochain a été lancé à l'issue de l'Assemblée plénière extraordinaire de la Conférence épiscopale nationale congolaise qui s'est tenue du 7 au 9 novembre à Kinshasa . "Ne balkanisons pas la RDC, levons-nous tous pour sauvegarder l'intégrité territoriale de notre pays", ont déclaré les évêques.<br />Le 1er décembre au Sud-Kivu, à Bukavu, un rassemblement pour la paix a déjà eu lieu, dirigé par l'archevêque Mgr François Xavier Maroy. Le même jour, les fidèles des paroisses de la région de Kabare ont défilé pacifiquement pour réclamer la paix et soutenir les FARDC .<br />Les manifestants ont marché de leurs paroisses respectives jusqu'au bureau de l'administrateur de Kabare où un mémorandum a été lu demandant l'établissement de la paix et la fin de l'agression de la RDC par le Rwanda sous le couvert du M23.<br />Plusieurs milices opèrent dans l'est de la RDC depuis des décennies. Parmi eux, le M23, qui a pris le contrôle de plusieurs localités dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo dans la province du Nord-Kivu. Le mouvement rebelle M23, vaincu en 2013, a repris les armes à la fin de l'année dernière. Kinshasa accuse le Rwanda de le soutenir, de l'armer et même de combattre à ses côtés, ce que Kigali dément .<br />Pour tenter d'apaiser les tensions dans l'est de la RDC, plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées, notamment par la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est . Ces derniers ont décidé de déployer une force régionale, comprenant des soldats kenyans , et ont lancé une nouvelle session de pourparlers de paix à Nairobi, mais sans la participation du M23. <br />Sat, 03 Dec 2022 21:26:01 +0100VATICAN - Le secret de François Xavier, "le feu qui allume d'autres feuxhttp://www.fides.org/fr/news/73128-VATICAN_Le_secret_de_Francois_Xavier_le_feu_qui_allume_d_autres_feuxhttp://www.fides.org/fr/news/73128-VATICAN_Le_secret_de_Francois_Xavier_le_feu_qui_allume_d_autres_feuxpar Gianni Valente<br />"Le plus grand de tous les missionnaires de l'ère moderne": C'est ainsi que la monumentale Histoire de l'Église éditée par le grand historien Hubert Jedin qualifie François Xavier, le saint jésuite dont on célèbre aujourd'hui la mémoire liturgique. Il ajoute que cette reconnaissance n'est pas tant due au nombre incroyable de personnes qu'il a baptisées ou aux miracles qui lui sont attribués, mais à sa "force d'attraction". C'est aussi pourquoi l'histoire extraordinaire de François Xavier - que le Pape Pie XI a proclamé en 1927 saint patron des missions, avec sainte Thérèse de Lisieux - continue de parler à notre présent. Surtout à ceux qui, aujourd'hui encore, sont impliqués d'une manière ou d'une autre dans la mission que le Christ a confiée aux siens.<br /><br /><br />"Un feu allume d'autres feux"<br />La force d'attraction exercée par le saint jésuite émanait du dynamisme simple et gratuit qui a toujours marqué la communion de foi dans le Christ : Xavier, le patron de tous les missionnaires, attirait les gens au Christ parce qu'il était à son tour attiré au Christ. Un feu allume d'autres feux", dit l'expression chère aux fils de la Compagnie de Jésus. En lui, la libération d'une énergie missionnaire inimaginable a pris sa source dans la rencontre qu'il a eue avec Ignace de Loyola à Paris, alors qu'il était un étudiant universitaire partageant une chambre avec l'autre saint jésuite, Pierre Favre. Ignace a captivé ce jeune homme ambitieux au tempérament sanguin en lui répétant une phrase de l'Évangile : "À quoi sert à un homme de conquérir le monde entier, s'il se perd ensuite lui-même ?" "Quelle grâce Notre Seigneur m'a faite d'avoir connu Maître Ignace", écrira plus tard François Xavier. Il fait également partie des sept premiers "compagnons de Jésus" qui, le 15 août 1534, dans la crypte de la petite église Sainte-Marie de Montmartre, font le vœu de servir Jésus-Christ dans la chasteté et la pauvreté, de partir en pèlerinage en Terre Sainte ou - si cela n'est pas possible - de se rendre à Rome, se mettant ainsi à la disposition totale du Pape.<br /><br /><br />Sa mission de dix ans dans les Indes orientales a tout rencontré : le mal de mer sur les navires et le catéchisme chez les chasseurs de perles indiens. Les maladies tropicales, la faim et la soif. Il fait naufrage et s'échappe dans les forêts. Rencontres avec des marchands et des esclavagistes sans scrupules. Navigations vers Java, Bornéo, les Moluques, puis jusqu'à Formose, à travers les terres des coupeurs de têtes et jusqu'aux îles du Japon. Mais tout émane du miracle intime de l'attraction de la grâce, attesté aussi par la promesse dans la crypte de Montmartre. Tout au long de sa vie, ce sera la "compagnie" qui l'animera, le consolera et le soutiendra. Sans ce feu toujours brûlant, même les histoires incroyables de François Xavier pourraient ressembler à celles d'un aventurier spirituel insatisfait. Au contraire, tout ce qui lui arrive trouve son origine dans un acte d'obéissance. L'ancien étudiant de Paris se retrouve projeté là où il n'aurait jamais imaginé, et cela arrive apparemment par hasard, uniquement en suivant docilement ce qu'Ignace lui demande, après qu'un autre "compagnon de Jésus" destiné aux Indes orientales ait dû abandonner. Il ne reverra jamais ses amis. Lorsqu'il part, il sait déjà que "dans cette vie, nous ne nous "verrons" plus que par lettre", comme il l'écrit dans sa première lettre. Pourtant, leur souvenir heureux et réconfortant restera à jamais dans sa mémoire. Il ne fait que se souvenir d'eux. Il écrit et reçoit d'eux des lettres qui mettent une éternité à arriver à destination. Et quand il pense à eux, sa gratitude se traduit par des larmes. À sa mort, à l'âge de 46 ans, le 2 décembre 1552, il suspendit à son cou un petit récipient contenant une relique de l'apôtre Thomas, la formule de sa profession et les signatures autographes de ses amis découpées dans leurs lettres. Ce sont les trésors qu'il a toujours voulu garder près de son cœur. <br /><br /><br />La mission a le monde pour horizon<br />Son tempérament était extraverti, plein d'optimisme, et en même temps capable de pleurer de solitude et d'amertume. Mais il dit lui-même qu'il n'a pas eu de larmes mais seulement des larmes de joie et de gratitude. En janvier 1552, à moins d'un an de la fin de son aventure terrestre, il écrit : "Je crois vraiment pouvoir dire que de toute ma vie je n'ai jamais reçu autant de joie et d'allégresse". Il écrit cela après avoir vu pendant des années les misères humaines et le miracle de l'action de la grâce dans les contrées lointaines où l'a poussé l'audace des premiers jésuites, immédiatement envoyés aux quatre coins du monde alors qu'ils avaient moins de dix ans. "Oui, ils ont choisi la vie, avec tous ses compromis. [...] Ils ont choisi d'aller dans le monde pour enseigner l'Évangile, d'affronter la vie quotidienne, avec tout ce qu'elle comporte de tragique, de corrompu, de mensonger", écrit le journaliste et historien Jean Lacouture dans son best-seller consacré aux Jésuites.<br /><br />Catéchisme et Sacrements <br />Dans ces mondes lointains, façonnés par d'autres cultures, marqués par tout le bien et tout le mal qui peuvent sortir du cœur des êtres humains à tout moment et dans n'importe quel pays, François Xavier s'aventure avec sagacité et réalisme, apprenant les langues, adaptant les manières et même les vêtements aux différentes situations. Il utilise tout et s'adapte à tout, afin que le salut du Christ soit confessé partout. Et si aujourd'hui certains théorisent que la mission se fait avec des stratégies sociales, François Xavier reconnaît que la grâce se transmet par les gestes mêmes du Christ, qui sont les sacrements : "Si grande est la multitude des convertis, écrit le saint jésuite, que souvent mes bras me font mal tant ils ont été baptisés et je n'ai plus la voix et la force de répéter le Credo et les commandements dans leur langue. Il enseigne le catéchisme et les prières les plus simples aux enfants et aux adultes. Il ouvre des discours et des confrontations avec des seigneurs, des nobles et des moines bouddhistes. Et dans ses lettres, les coups d'épingle ne manquent pas à l'encontre des abstractions oiseuses de ceux qui font de la stratégie ou de la spéculation érudite dans les académies théologiques de l'Occident. Il écrit : "On cherche des hommes qui savent donner des raisons de vivre, parce qu'en ces lieux on apprécie moins le savoir et beaucoup plus la vie". Et il invite ses compagnons à converser avec les êtres humains en chair et en os, et tous les pécheurs, "en les faisant s'ouvrir à vous". Ce sont les livres vivants avec lesquels vous devez étudier, aussi bien pour la prière que pour votre consolation".<br /><br />Le crépuscule du missionnaire<br />À l'âge de 46 ans, François Xavier est arraché à la mort par une pneumonie alors qu'il se trouve dans une hutte feuillue sur l'île de Sancian, au large de la Chine . Il n'a avec lui que la compagnie d'un crucifix et d'un Chinois récemment devenu chrétien, qui aurait dû l'accompagner dans sa nouvelle aventure pour lui servir d'interprète. L'image du "coucher de soleil du jésuite" en attendant d'entrer en Chine, également racontée dans la pièce "Le Divin Impatient" de José Maria Péman, a été également proposée plusieurs reprises par le pape François. "Le grand missionnaire François Xavier", rappelle entre autres l'évêque de Rome dans le livre-interview "Sans Lui nous ne pouvons rien faire" sur le fait d'être missionnaire dans le monde d'aujourd'hui, "C'est ainsi que c'est fini, en regardant la Chine, où il voulait aller et n'a pas pu entrer. Il meurt comme ça, sans rien, seul devant le Seigneur. Il y meurt, il est enterré, et c'est comme quand on enterre une graine". C'est le sort - a ajouté le Pape - qui est arrivé à tous les missionnaires enterrés sur les terres de leur mission : "En mourant dans ces lieux, ils ont été plantés dans cette terre comme des graines. Les vrais missionnaires, et les vrais missionnaires de toute sorte, a ajouté le successeur de Pierre, ne sont pas seulement des "envoyés". Ils ne sont pas des intermédiaires. Ils partent en mission à la suite de Jésus, avec Jésus, ensemble avec Jésus. Ils marchent avec lui. Et quand ils sont de grands missionnaires, on comprend que c'est Lui qui les amène". <br />Sat, 03 Dec 2022 17:01:28 +0100ASIE/INDE - Ostension extraordinaire de la dépouille de Saint François Xavier : un message de foi, de simplicité et d'espérancehttp://www.fides.org/fr/news/73130-ASIE_INDE_Ostension_extraordinaire_de_la_depouille_de_Saint_Francois_Xavier_un_message_de_foi_de_simplicite_et_d_esperancehttp://www.fides.org/fr/news/73130-ASIE_INDE_Ostension_extraordinaire_de_la_depouille_de_Saint_Francois_Xavier_un_message_de_foi_de_simplicite_et_d_esperanceGoa - Dans la mémoire collective des fidèles indiens est encore gravée la figure du saint homme qui parcourt les villages avec une petite cloche et, en attirant l'attention des enfants et des adultes, enseigne les prières les plus simples, le Notre Père, l'Ave Maria, le Confiteor ou les rudiments de la foi comme le signe de la croix et les dix commandements. François Xavier , dont la fête est célébrée aujourd'hui, 3 décembre, se voit attribuer des définitions grandiloquentes telles que "géant de l'évangélisation", "le plus grand missionnaire des temps modernes", ainsi que les titres officiels que lui a conférés l'Église : patron de l'Orient, de l'œuvre de la propagation de la foi et, avec sainte Thérèse de Lisieux, des missions.<br />L'Église en Inde, avec l'exposition extraordinaire de sa dépouille mortelle - qui est en cours à Goa et durera jusqu'au 5 janvier 2023 - entend rappeler à tous précisément l'aspect de simplicité et d'essentialité de la foi, car "Dieu se révèle aux petits et aux humbles". François Xavier a été envoyé pour évangéliser en Orient, mais il avait aussi la mission officielle de "légat du pape" pour les colonies portugaises des Indes orientales. Son service en tant que "nonce apostolique", il l'a vécu au sens étymologique du terme, comme un véritable disciple et missionnaire : en donnant la Bonne Nouvelle aux souffrants, aux esclaves, aux malades, il s'est également occupé des "pàravi", les pêcheurs de perles qui, harcelés par les musulmans, étaient devenus chrétiens, mais sans avoir reçu une éducation adéquate, car leur langue n'était pas bien connue. Avec difficulté, il a traduit les prières et les vérités de la foi les plus importantes, parcourant les villages et baptisant, enseignant les prières, fondant des églises et des écoles. Avec émotion, il a rencontré des personnes qui connaissaient déjà Jésus-Christ : le Seigneur l'avait "précédé en Galilée".<br />C'est ce saint que vénèrent et aiment aujourd'hui les pèlerins indiens qui affluent à la basilique de Bom Jesus à Goa, où est conservée sa dépouille mortelle. Le Cardinal Felipe Neri Ferrao, archevêque de Goa et Daman, a annoncé solennellement l'exposition du corps du cofondateur de la Compagnie de Jésus, le saint apôtre de l'Orient qui, né en 1506 à Javier, en Espagne, a évangélisé l'Inde, la péninsule de Malacca, l'Indonésie et le Japon et est mort le 3 décembre 1552 sur l'île chinoise de Sancian, à l'âge de 46 ans. <br />Le corps de François Xavier a été exposé pour la première fois à la vénération publique dans l'église Saint-Paul de Goa du 16 au 18 mars 1554, peu après son arrivée dans la ville de l'Inde occidentale. Il fut ensuite transféré dans l'actuelle basilique, construite en 1594, et placé dans une tombe en argent et en verre en 1637. Depuis lors, le coffret d'argent est ouvert tous les dix ans pour l'événement tant attendu de six semaines d'exposition publique. La dernière a eu lieu en 2014.<br />Avec l'exposition d'aujourd'hui, l'Église indienne, au lendemain de la pandémie, veut attirer l'attention sur les anciennes pratiques de dévotion populaire telles que le pèlerinage, la prière et la vénération des saints. Pendant plus d'un mois, le corps de Xavier est placé sur un podium pour que les pèlerins s'en approchent, invoquent des grâces, demandent une protection spéciale. "Le sens de l'événement dévotionnel est de ramener chaque âme à une rencontre personnelle avec le Christ, de réfléchir au parcours de foi de François Xavier et d'imiter son zèle pour l'annonce de l'Évangile", a écrit le Cardinal Ferrao, rappelant que quelque quatre millions de personnes ont visité les reliques lors de la dernière ostension. En outre, l'ostension de cette année, prévue avec deux ans d'avance sur le calendrier habituel, sert également à préparer celle déjà prévue pour 2024, ce qui donnera aux fidèles le temps d'entreprendre " leur propre et profond voyage spirituel intérieur: le pèlerinage est le point culminant d'un voyage spirituel, un voyage de renouveau et d'espoir que chaque personne, chaque famille, chaque paroisse est appelée à entreprendre ", explique le père Barry Cardoza, directeur du centre diocésain de communication de Goa. Ce pèlerinage, note-t-il, n'est pas seulement un acte individuel, mais il est pleinement synodal, dans la mesure où l'on veut "marcher aux côtés des pauvres et des marginaux, avec des personnes de toutes les confessions et cultures, et en harmonie avec la création".<br />Le pèlerinage pour visiter les restes du saint est, en fait, également un événement interreligieux : comme les années précédentes, les pèlerins catholiques, hindous et musulmans marchent ensemble pendant huit jours depuis le Maharashtra et le Karnataka pour atteindre Goa et avoir "une rencontre spirituelle avec le saint". C'est une expérience qui, disent-ils, implique profondément les hommes et les femmes qui ont été guéris de maux physiques et spirituels grâce à l'intercession du jésuite espagnol, ou qui placent une prière ou une demande spéciale entre ses mains. <br />Aujourd'hui, dans le vieux Goa, au milieu de la mobilisation générale, même des autorités civiles, les habitants de différentes cultures, traditions, castes ou religions, connaissent, vénèrent et aiment la figure qu'ils appellent amicalement "Goencho Saib", c'est-à-dire "protecteur de Goa". C'est à lui, qui a dépensé toutes ses énergies pour apporter le message d'amour du Ressuscité, que les Indiens baptisés s'inspirent pour témoigner du salut accordé par le Christ Jésus, qui remplit et transforme la vie de chaque personne.<br /> <br /><br /><br />Sat, 03 Dec 2022 16:54:14 +0100AMÉRIQUE - Plus de 7 millions de personnes forcées de fuir leur pays en Amérique latine : un effort conjoint de Red Clamor et du HCR est nécessairehttp://www.fides.org/fr/news/73127-AMERIQUE_Plus_de_7_millions_de_personnes_forcees_de_fuir_leur_pays_en_Amerique_latine_un_effort_conjoint_de_Red_Clamor_et_du_HCR_est_necessairehttp://www.fides.org/fr/news/73127-AMERIQUE_Plus_de_7_millions_de_personnes_forcees_de_fuir_leur_pays_en_Amerique_latine_un_effort_conjoint_de_Red_Clamor_et_du_HCR_est_necessaireBogotà - Plus de 7 millions de personnes sont déplacées de force et cherchent asile en Amérique latine et dans les Caraïbes. Des pays comme le Salvador, le Guatemala et le Venezuela ont enregistré une forte augmentation due, entre autres, à l'influence du crime organisé, des groupes hors-la-loi et aux effets économiques des systèmes politiques. C'est sur la toile de fond de ces estimations fournies par l'Agence des Nations unies pour les réfugiés que se déroule la rencontre latino-américaine des maisons de migrants, qui se termine aujourd'hui, 3 décembre. Les travaux, accueillis au siège du Conseil épiscopal latino-américain , ont débuté le 28 novembre sur le thème biblique "J'étais un étranger et vous m'avez accueilli". <br />Organisée par "Red Clamor" et le HCR, comme le rapporte Adn Celam, la réunion rassemble les responsables de 23 maisons de migrants de 13 pays du continent, qui, entre autres objectifs, entendent développer un protocole global d'assistance aux migrants et réfugiés dans les maisons de passage gérées par l'Église d'Amérique latine et des Caraïbes, et partager les bonnes pratiques en matière d'assistance humanitaire aux migrants et réfugiés. Red Clamor est "un réseau de réseaux" qui, lié au CELAM, coordonne et soutient le travail pastoral des organisations de l'Église catholique en Amérique latine et dans les Caraïbes qui accueillent, protègent, promeuvent et intègrent les migrants, les personnes déplacées, les réfugiés et les victimes de la traite.<br />L'intention de ces journées de rencontres était de travailler à la création de diverses articulations qui renforcent les actions de Red Clamor, avec le soutien technique du HCR, pour offrir un meilleur service en répondant aux besoins des migrants dans différentes régions d'Amérique latine. Les principes humanitaires guidant l'assistance aux personnes en situation de mobilité, de refuge ou de migration ont été réaffirmés : il s'agit d'une constante dans la réalité de ce temps pour le continent latino-américain. Aucun effort ne doit être épargné pour offrir un accompagnement adéquat aux personnes qui, pour une raison ou une autre, ont décidé ou ont été contraintes de quitter leur lieu d'origine pour reconstruire leur projet de vie, l'améliorer ou le transformer complètement.<br />Parmi les questions abordées figurent l'urgence de se préparer à fournir des soins efficaces, la priorité accordée à l'âge des personnes recevant ces soins et les besoins des différents groupes de population. La nécessité de mettre en œuvre et d'améliorer les systèmes d'enregistrement et l'identification précoce des besoins de la population migrante a également été soulignée, ainsi que les mécanismes qui peuvent aider à prévenir des problèmes tels que l'exploitation sexuelle, les abus sexuels et la violence sexiste. Autant de situations dramatiques qui font partie de la douleur des personnes qui ont recours aux services des foyers pour migrants.<br />Pour atteindre ces objectifs, les centres d'accueil temporaire pour les migrants doivent disposer d'une infrastructure de base, répondant aux normes minimales d'assistance, car la bonne volonté seule ne suffit pas. Le personnel doit également être formé à écouter les besoins des migrants, à leur fournir des conseils utiles pour leur avenir et à coopérer à cette fin. Tout cela nécessite des ressources économiques suffisantes, provenant à la fois de fonds privés et d'aides gouvernementales, afin que les foyers de migrants disposent d'espaces sûrs et adéquats pour les personnes accueillies.<br /> <br />Sat, 03 Dec 2022 16:48:49 +0100AFRIQUE/ETHIOPIE - Dans le Tigré, le désarmement est prêt, mais il est subordonné au retrait des forces érythréennes et amhara de la régionhttp://www.fides.org/fr/news/73126-AFRIQUE_ETHIOPIE_Dans_le_Tigre_le_desarmement_est_pret_mais_il_est_subordonne_au_retrait_des_forces_erythreennes_et_amhara_de_la_regionhttp://www.fides.org/fr/news/73126-AFRIQUE_ETHIOPIE_Dans_le_Tigre_le_desarmement_est_pret_mais_il_est_subordonne_au_retrait_des_forces_erythreennes_et_amhara_de_la_regionAddis Abeba - Alors que les efforts se poursuivent en Ethiopie pour tenter de normaliser la situation dans le Tigré après la signature des accords de paix le 3 novembre dernier, les difficultés ne manquent pas pour un véritable désarmement des parties en conflit.<br />Le " facteur le plus problématique dans le processus de mise en œuvre de l'accord de paix " est la présence des forces érythréennes dans le Tigré. C'est ce qu'ont fait savoir les autorités du Tigré à la délégation de l'Union africaine. <br />Malgré l'engagement humanitaire et politique, une menace probable pour la paix, selon les témoins tigrinya, est la poursuite des attaques des troupes érythréennes contre la population civile.<br />Selon le centre de coordination des urgences du gouvernement du Tigré, entre le 17 et le 23 novembre 2022, les forces érythréennes ont tué 111 personnes.<br />Le 24 novembre, lors d'une visite dans la ville de Macalle, dans le Tigré, le haut représentant de l'Union africaine dans la Corne de l'Afrique et négociateur en chef de la paix entre le gouvernement éthiopien et les autorités du Tigré, Olusegun Obasanjo, a rencontré des hauts fonctionnaires de l'État régional et des représentants des institutions religieuses pour discuter des progrès de la mise en œuvre de l'accord de paix, avec Phumuzile Mlalmbo, l'un des trois médiateurs africains lors des pourparlers de paix en Afrique du Sud.<br />"Aucun pays ne devrait accepter la présence d'un pays étranger sur son territoire", a déclaré Olusegun Obasanjo à propos de la présence de troupes étrangères en Éthiopie.<br />Les forces tigréennes, selon le porte-parole Tadesse Wereda, ont déclaré que leurs combattants avaient été informés du protocole de désarmement mais que la remise des armes lourdes était liée au retrait des forces érythréennes et amharas dans la région du Tigré.<br />Selon l'analyste William Davison, qui cite des sources internes au Tigré, les troupes fédérales éthiopiennes et la police éthiopienne ont été redéployées dans la ville d'Adigrat, après que les forces du Tigré s'en soient retirées. La région est l'une des plus durement touchées par les forces érythréennes et est le siège de l'éparchie où vit l'éparque Tesfaselassie Medhin.<br />Une étape importante a eu lieu mercredi 30 novembre à Shire, dans le nord-ouest du Tigré : le comité technique conjoint de planification, qui est censé définir le plan détaillé de désarmement des combattants du Tigré, a pris ses fonctions lors d'une réunion entre la direction militaire de l'armée fédérale et les forces tigréennes. Le comité, établi le 12 novembre dernier à Nairobi, devrait finaliser ses tâches dans les prochains jours avec un plan détaillé pour aborder le désarmement et d'autres questions connexes. La planification a été retardée en raison de facteurs techniques. <br />La distribution de nourriture par le Programme alimentaire mondial, ainsi que de carburant et d'aide médicale, par voie terrestre et aérienne, se poursuit également. Des restrictions d'accès sont toujours signalées dans les régions du centre et du nord du Tigré, où l'on estime que 170 000 personnes ont besoin d'une aide humanitaire. La situation est également très critique dans les régions Amhara et Afar, où respectivement 7 millions et 1,2 million de personnes ont besoin d'une aide alimentaire.<br /> Sat, 03 Dec 2022 16:42:15 +0100ASIE/PAKISTAN - Le gouvernement et les tribunaux répriment le blasphème via les médias sociauxhttp://www.fides.org/fr/news/73125-ASIE_PAKISTAN_Le_gouvernement_et_les_tribunaux_repriment_le_blaspheme_via_les_medias_sociauxhttp://www.fides.org/fr/news/73125-ASIE_PAKISTAN_Le_gouvernement_et_les_tribunaux_repriment_le_blaspheme_via_les_medias_sociauxPeshawar - Un tribunal antiterroriste de Peshawar a condamné à mort Sana Ullah, un citoyen pakistanais résidant dans la province septentrionale de Khyber Pakhtunkhwa, pour avoir commis un blasphème sur les médias sociaux. Le tribunal lui a infligé une peine de 21 ans de prison et une amende de 1,6 million de roupies par la même occasion. Si l'amende et la peine de prison seront immédiatement exécutoires, la peine de mort devra être confirmée par la Haute Cour de Peshawar.<br />Selon le verdict, rendu le 1er décembre, tous les témoins de l'accusation sont d'accord, alors que la carte Sim du téléphone portable à son nom contenait plusieurs contenus blasphématoires, partagés par l'homme dans un groupe sur le chat "What'sApp". La plainte contre l'homme a été déposée le 4 août 2021 et l'arrestation du défendeur a eu lieu le jour suivant, en vertu des articles 295-a , 295-C et 298-a du Code pénal, et de l'article 20 de la loi sur la prévention des crimes électroniques , ainsi qu'en violation de l'article 7, paragraphe 1, de la loi antiterroriste.<br />Selon les informations recueillies par Fides auprès des organisations de la société civile et des communautés, le Pakistan assiste à une répression du délit de blasphème sur les médias sociaux, en appliquant servilement la législation pénale sévère existante. Les organisations islamiques utilisent toutes les instances juridiques pour contrôler ce qu'elles considèrent comme "une menace croissante de diffusion de contenus blasphématoires sur les médias sociaux". Le service de lutte contre la cybercriminalité de l'Agence fédérale d'investigation a été mis à contribution pour surveiller et poursuivre ceux qui diffusent des contenus blasphématoires sur le Web. Le secrétaire général de la commission juridique sur le blasphème, Sheraz Ahmed Farooqui, a confirmé que la FIA s'efforce de repérer et de faire cesser la publication de contenus blasphématoires sur les médias sociaux et que 62 personnes ont été placées en garde à vue pour de telles infractions. <br />Un consortium d'organisations religieuses, sociales et juridiques s'occupe de ces affaires et demande que la plus grande sévérité soit appliquée à ceux qui commettent des blasphèmes sur les médias sociaux. Le groupe religieux islamique Tehreek-e-Labbaik Pakistan , qui s'oppose à toute modification des lois sur le blasphème et a acquis une forte popularité au cours des 15 dernières années, partage cette approche.<br />Dans ce cadre, le ministère des affaires religieuses et de l'harmonie interreligieuse a également réactivé un groupe spécial d'évaluation sur le web chargé de surveiller les incidents de blasphème détectés sur les médias sociaux et de les signaler ensuite à la police.<br />Selon les détracteurs de la loi dite "sur le blasphème" , de nombreuses personnes, notamment des membres de minorités religieuses, sont injustement dénoncées et la loi est utilisée à mauvais escient comme un outil de vengeance dans des litiges privés. Il est à noter qu'un nombre des personnes accusées peuvent commettre un prétendu "acte de blasphème" sans le vouloir ou qu'elles ont des problèmes de santé mentale, et qu'elles sont ciblées de manière disproportionnée, sans être pleinement conscientes de leurs actes. <br />Parmi les affaires entachées d'un manque de preuves crédibles et d'autres irrégularités - comme l'a relevé l'organisation "Christian Solidarity International" - figurent celles, actuellement en instance devant les tribunaux, concernant au moins 10 citoyens pakistanais accusés de blasphème, tant chrétiens que musulmans . Le cas d'Imran Rehman, un chrétien de 32 ans et père de deux filles, qui a été arrêté en septembre 2022 et est maintenant en prison à Lahore, accusé d'avoir publié des documents blasphématoires sur un groupe de discussion "What'sApp", est récent.<br />Selon le "Center for Research and Security Studies", basé à Islamabad, 1 415 personnes ont été accusées de blasphème au Pakistan entre 1947 et 2021. Sur ce nombre, 81 d'entre eux ont été tués de manière extrajudiciaire. <br /> <br />Fri, 02 Dec 2022 13:51:51 +0100AMÉRIQUE/COSTA RICA - Il est temps de réfléchir à la vie, en tant que don et droit, que certains méprisent dans la sociétéhttp://www.fides.org/fr/news/73124-AMERIQUE_COSTA_RICA_Il_est_temps_de_reflechir_a_la_vie_en_tant_que_don_et_droit_que_certains_meprisent_dans_la_societehttp://www.fides.org/fr/news/73124-AMERIQUE_COSTA_RICA_Il_est_temps_de_reflechir_a_la_vie_en_tant_que_don_et_droit_que_certains_meprisent_dans_la_societeSan José - "Il est important et nécessaire de réfléchir au don de la vie que nous avons librement et merveilleusement reçu de Dieu. Alors que certains membres de la société méprisent ce don et ce droit sacré, nous vivons un temps de grâce qui nous permet d'apprécier le cadeau le plus important qui nous ait jamais été donné : la vie". L'invitation émane de la Conférence épiscopale du Costa Rica, dans son message pour l'Avent, "un temps de préparation à la solennité de Noël, qui rend présente à l'humanité la première venue du Fils de Dieu". <br />Le message rappelle que l'annonce de l'Archange Gabriel à la Vierge Marie "nous remplit d'espérance, la naissance annoncée est celle de notre Sauveur. Il vient nous racheter, nous donner la vie, et la vie en abondance". Que l'invocation de ce temps liturgique, "Viens, Seigneur Jésus", devienne le cri des croyants et des hommes de bonne volonté de notre pays, "pour en finir avec les courants et les idéologies qui veulent nous priver du don de la vie". Conscients de la douleur, du péché, des tensions, des limites et des difficultés de cette vie, de l'insécurité et même de la mort, "l'Avent est une invitation à attendre Jésus, qui a toujours un message transcendant pour nous : que le Royaume de Dieu est possible pour tous".<br />Les évêques rappellent que l'Église du Costa Rica fait l'expérience de la Grande Mission nationale et, dans cette perspective, ils soulignent que " l'Avent est un moment de réflexion sur le parcours et le destin que nous sommes en train de forger dans notre société de plus en plus matérialiste, qui ne recherche souvent que des résultats économiques et dénature les vraies valeurs qui exaltent la dignité de la personne humaine ".<br />Dans la partie finale du message, citant les paroles du Pape François au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège le 11 janvier 2016, lorsqu'il a parlé de la "culture du rejet", de la faim et de la détresse de millions de migrants, ils soulignent que "l'Avent est la rencontre de Dieu avec l'homme, il doit donc nous conduire à une culture de l'accueil de la vie, de la conception à la mort naturelle". Ils nous invitent donc à vivre ce temps "en cherchant la nouveauté dans nos vies, pour accueillir Celui qui nous offre la vie véritable et éternelle".<br />L'accent mis par la Conférence épiscopale, dans son message pour l'Avent et Noël, sur la valeur de la vie, reflète le débat qui se développe depuis un certain temps au Costa Rica sur divers aspects liés à cette question. Dans leur message de vœux au nouveau président de la République, Rodrigo Chaves Robles, élu le 3 avril 2022, les évêques ont énuméré les principales préoccupations de l'Église catholique : la pauvreté et le chômage , le manque de logements et d'infrastructures, l'agressivité politique qui menace la vie et la famille, en contraste avec la culture de la vie qui a toujours caractérisé la nation, un système de santé déficient, le peu d'attention accordée aux personnes âgées... .<br />En rencontrant le nouveau président de la République et quelques ministres du gouvernement le 19 mai, les évêques ont réaffirmé l'engagement de l'Église envers la personne humaine et le respect de sa dignité, ainsi que leur entière volonté de coopérer. En ce qui concerne les questions de l'avortement, de l'euthanasie et de la vieillesse considérée comme une "maladie", ils ont confirmé leur position en faveur de la vie, de la conception à la mort naturelle, et donc leur opposition aux lois qui ne respectent pas la vie. La promotion de l'idéologie du genre et la progression d'une véritable "colonisation idéologique" ont également suscité des inquiétudes .<br />Le 17 novembre 2022, à l'Université catholique du Costa Rica, s'est tenue une réunion sur "la nécropolitique et son impact sur la société actuelle", organisée par Médecins pour la vie, la Conférence épiscopale et l'Université catholique, avec des intervenants de haut niveau. Mgr Bartolomé Buigues Oller, évêque d'Alajuela et président de la Commission nationale de bioéthique de la Conférence épiscopale, a souligné dans son discours que "la vie est la plus belle chose que nous ayons. Une société qui prend soin de la vie est une société qui grandit et devient adulte, le contraire est une société sans direction. L'action politique doit la protéger, tout comme elle doit s'occuper des systèmes de santé et d'éducation, et de la protection de la famille, car c'est là qu'elle est prise en charge". <br />Fri, 02 Dec 2022 11:55:27 +0100AFRIQUE/GHANA - Le Ghana, jusqu'ici épargné par les attaques djihadistes, s'interroge sur la menace du terrorisme dans la régionhttp://www.fides.org/fr/news/73123-AFRIQUE_GHANA_Le_Ghana_jusqu_ici_epargne_par_les_attaques_djihadistes_s_interroge_sur_la_menace_du_terrorisme_dans_la_regionhttp://www.fides.org/fr/news/73123-AFRIQUE_GHANA_Le_Ghana_jusqu_ici_epargne_par_les_attaques_djihadistes_s_interroge_sur_la_menace_du_terrorisme_dans_la_regionAccra - " Le dialogue a le potentiel d'être un stimulant permanent pour une plus grande compréhension de la vérité ", a déclaré le père Lazarus Anondee, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Ghana , à l'occasion du Forum national sur les questions liées aux conflits en suspens , qui s'est tenu à Accra. Le forum, organisé par le GCBC en collaboration avec le Catholic Relief Services , a réuni les principales parties prenantes du pays intéressées par la recherche de moyens de protéger le pays de l'extrémisme violent et du terrorisme.<br />Des membres des forces armées ghanéennes, du service pénitentiaire, du service de l'immigration, du Conseil chrétien du Ghana, des partis politiques et des chefs traditionnels, entre autres, ont assisté à l'événement.<br />Anondee a déclaré que la région du Sahel central en Afrique de l'Ouest connaît actuellement une augmentation de la violence et de l'extrémisme, en raison de l'affaiblissement des institutions nationales et de la diminution des ressources naturelles.<br />Cela entraîne à son tour, a souligné le père Anondee, la migration de millions de personnes en quête de sécurité, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la région.<br />Le Secrétaire général de la Conférence épiscopale a donc exhorté les participants à travailler avec les communautés locales et la société civile, y compris les chefs religieux, pour rétablir la confiance dans les institutions étatiques locales et nationales et raviver la participation civique.<br />Prenant la parole, le colonel Dr Tim Ba-Taa-Banah, directeur du centre national de fusion antiterroriste du ministère de la sécurité nationale, a déclaré que, bien que le Ghana n'ait pas encore enregistré d'attaques terroristes directes, il n'est pas à l'abri de telles attaques. Il a donc exhorté les Ghanéens à rester vigilants et à signaler tout acte suspect aux agences de sécurité.<br />Il convient de noter qu'une réunion de l'Initiative d'Accra s'est tenue dans la capitale du Ghana au cours de la deuxième quinzaine de novembre. L'Initiative lancée en 2017 vise à coordonner les efforts régionaux pour faire face à la menace croissante de la violence djihadiste, qui touche le Mali, le Burkina Faso et le Niger et pourrait s'étendre à des États côtiers comme Toga et le Bénin qui ont déjà enregistré quelques attaques terroristes.<br />Les présidents du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso, ainsi que les dirigeants du Niger et du Mali, ont rencontré à Accra des représentants de l'Union européenne, de la Grande-Bretagne et de la France.<br />Ces derniers mois, l'Initiative a pris une importance accrue en raison de la multiplication des attaques au Bénin et au Togo, mais aussi en raison d'un intérêt croissant de la part des partenaires occidentaux qui tentent de redéfinir leur stratégie dans la région.<br />La détérioration de la sécurité au Sahel "menace d'engloutir toute la région ouest-africaine", a averti le président ghanéen Nana Akufo-Addo à l'ouverture de la réunion. <br />Fri, 02 Dec 2022 11:44:00 +0100AMÉRIQUE/HAÏTI - Des missionnaires au cœur bouleversé par la catastrophe humanitaire dans le payshttp://www.fides.org/fr/news/73122-AMERIQUE_HAITI_Des_missionnaires_au_coeur_bouleverse_par_la_catastrophe_humanitaire_dans_le_payshttp://www.fides.org/fr/news/73122-AMERIQUE_HAITI_Des_missionnaires_au_coeur_bouleverse_par_la_catastrophe_humanitaire_dans_le_paysPort Au Prince - " Chaque année, il se passe quelque chose de grave ; cette année, et l'année n'est pas encore terminée, il n'y a pas eu de tremblements de terre ni de cyclones mais une violence sans précédent a frappé le pays, générant insécurité, peur, famine, faim et désespoir et, pour que rien ne manque, l'urgence du choléra est revenue, tuant principalement des enfants. " C'est le père Antonio Menegon, missionnaire camillien, qui s'exprime, "le cœur en émoi", sur la catastrophe humanitaire qui a frappé Haïti. Bien qu'aucun média n'en parle, il s'agit d'une catastrophe humanitaire", souligne-t-il. Les gangs armés qui gouvernent le pays sont de plus en plus agressifs et dirigent désormais tout. Les prix des produits de base, tels que les denrées alimentaires, le carburant et les médicaments, ont plus que triplé ; des jeunes violents ont détruit, pillé et brûlé des dépôts de carburant ainsi que des supermarchés, des églises, des dépôts de nourriture de Caritas et d'autres organisations humanitaires internationales. Les hôpitaux, les uns après les autres, ferment par manque de diesel, d'électricité, de nourriture et de médicaments."<br />"Notre hôpital, le Foyer Saint Camille à Port au Prince, raconte le père Menegon, est encore actif mais nous ne savons pas combien de temps il pourra résister. Des jeunes armés sont entrés plusieurs fois et, jusqu'à présent, n'ont rien emporté, mais la peur est grande. Dans cette situation, il est difficile de travailler et de fournir des soins aux malades."<br />Les missionnaires et le personnel ne sont pas autorisés à quitter le centre hospitalier pour s'approvisionner ou pour rentrer chez eux, car ils pourraient être tués. "En plus des 100 enfants handicapés du Foyer Bethléem et des malades du Foyer Saint Camille, nous ne savons plus où loger les femmes enceintes qui doivent accoucher et les bébés qui naissent. Les besoins de chacun doivent être satisfaits, y compris ceux du personnel médical et infirmier. Plus de 300 personnes vivent à l'hôpital et il faut garantir à chacun des repas, des soins et des médicaments. Malgré tout, depuis le début de l'année, nous avons construit 40 maisons et cinq écoles dans la partie sud de l'île détruite par le tremblement de terre d'août 2021."<br /> <br />Fri, 02 Dec 2022 11:11:37 +0100EUROPE/RUSSIE - Nourrir les affamés. Les germes de la miséricorde franciscaine dans l'hiver russe glacialhttp://www.fides.org/fr/news/73121-EUROPE_RUSSIE_Nourrir_les_affames_Les_germes_de_la_misericorde_franciscaine_dans_l_hiver_russe_glacialhttp://www.fides.org/fr/news/73121-EUROPE_RUSSIE_Nourrir_les_affames_Les_germes_de_la_misericorde_franciscaine_dans_l_hiver_russe_glacialMoscou - " Apportez un kilo ". En russe, "Prinesi kilogramm". C'est le nom, cette année encore, de la collecte de nourriture promue à Moscou par les Franciscains conventuels pour aider les habitants de la capitale, et tous ceux qui luttent chaque jour pour trouver de la nourriture.<br />L'approvisionnement en nourriture pour les personnes dans le besoin devient un engagement périodique fréquent pour les Franciscains conventuels de Moscou, et revient au moins deux fois par an, avant Noël et avant Pâques. Cette année encore, la campagne de pré-Noël a débuté le 28 novembre, le lendemain du premier dimanche de l'Avent.<br />L'initiative "Prinesi kilogramm" existe depuis neuf ans, deux fois par an, et se poursuit jusqu'à Noël. Les personnes qui participent à la collecte sont invitées à apporter au moins 1 kg de denrées alimentaires à longue durée de vie au couvent des frères mineurs conventuels de Moscou. Une partie de la nourriture collectée reste dans la capitale, tandis que le reste est envoyé à Kaluga, une ville située à environ 200 km au sud de Moscou, où se trouve un autre couvent franciscain.<br />La campagne n'est pas née d'intentions humanitaires abstraites et indéfinies. "Nous avons vu un nombre croissant de personnes en difficulté constante pour trouver la nourriture nécessaire, aussi bien parmi ceux qui fréquentent notre couvent qu'en dehors de la communauté", explique à l'Agence Fides le frère Piotr Karnialiuk OFM Conv, frère gardien du couvent Saint-François à Moscou et secrétaire de la Custodie générale russe. "Ainsi, ajoute-t-il, nous avons commencé à organiser des collectes de denrées alimentaires à longue durée de vie deux fois par an, à proximité de Pâques et de Noël, et à diffuser la nouvelle de bouche à oreille par le biais des outils sociaux", poursuit Friar Piotr. Des personnes de la capitale et des villes voisines viennent au couvent. Ils apportent en cadeau des paquets de riz, de pâtes de blé et de conserves. À la fin de la période de collecte, les produits stockés sont distribués aux personnes qui se présentent à la porte des couvents de Moscou ou de Kaluga et demandent quelque chose à manger. "Ainsi, en aidant ceux qui ont besoin des produits de première nécessité, nous faisons également l'expérience du miracle de la gratuité et faisons des pas sur le chemin de la charité", commente le père tutélaire.<br />L'histoire récente de l'Ordre en Russie et au Kazakhstan a commencé après la chute de l'URSS, lorsqu'en 1993 les Frères mineurs conventuels ont été appelés sur ces terres par Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, alors administrateur apostolique de la Russie européenne. Au départ, les frères dépendaient de certaines des provinces polonaises de l'ordre, et en 2001, la Custodie générale russe de Saint-François d'Assise est née, qui depuis 2019 comprend également le Kazakhstan. Elle comprend actuellement six couvents , où vivent seize frères, originaires de Lituanie, de Slovénie, de Pologne, de Biélorussie et d'Italie. A ceux-ci s'ajoutent trois jeunes hommes en formation, l'un d'origine russe et l'autre d'origine kazakhe. Outre les diverses initiatives caritatives, les Franciscains mènent également des activités dans le domaine culturel, grâce à la Maison d'édition franciscaine , fondée en 1994, qui a traduit en russe de nombreux documents pontificaux et textes théologiques. En juin dernier, le sixième Chapitre général a réélu Fr Dariusz Harasimowicz OFM Conv, missionnaire en Russie depuis plus de vingt-six ans, comme Custode général. Agence Fides 2/12/2022)<br />Fri, 02 Dec 2022 10:33:31 +0100ASIE/LIBAN - Le Conseil des Eglises du Moyen-Orient aux jeunes chrétiens : restez fidèles à votre terrehttp://www.fides.org/fr/news/73120-ASIE_LIBAN_Le_Conseil_des_Eglises_du_Moyen_Orient_aux_jeunes_chretiens_restez_fideles_a_votre_terrehttp://www.fides.org/fr/news/73120-ASIE_LIBAN_Le_Conseil_des_Eglises_du_Moyen_Orient_aux_jeunes_chretiens_restez_fideles_a_votre_terreBkennaya - Un appel explicite et résolu adressé avant tout aux jeunes chrétiens du Moyen-Orient, pour qu'ils restent fidèles à leur terre" et se gardent de "tomber dans le piège des tentations de l'émigration, qui leur fait perdre leur identité" et enlève à toute la zone du Moyen-Orient une des composantes essentielles et originales du tissu social. C'est l'appel fort qu'a lancé le Comité exécutif du Conseil des Eglises du Moyen-Orient , qui s'est réuni les 28 et 29 novembre à Bkennaya , au monastère de Notre-Dame du Puits.<br />Cette année, les travaux du comité exécutif ont porté précisément sur l'exode actuel des jeunes chrétiens du Moyen-Orient, un phénomène qui, dans plusieurs pays, affecte fortement le profil des communautés chrétiennes locales et l'âge moyen des membres baptisés. Un groupe de jeunes d'Egypte, d'Irak, de Jordanie, de Palestine et de Syrie, ainsi que du Liban, ont participé aux journées de réflexion commune, en plus des membres du comité exécutif désignés pour représenter 21 Eglises et communautés ecclésiales du Moyen-Orient et des responsables du secrétariat général et des différents départements. Des garçons et des filles ont participé à la réunion en tant que représentants de diverses communautés et mouvements de jeunesse. Une session des travaux a été entièrement consacrée à la discussion des attentes, préoccupations et propositions exprimées par les jeunes à partir de leur expérience quotidienne. <br />Le communiqué résumant les travaux, publié mercredi 30 novembre et reçu par l'Agence Fides, contient également une liste de 7 dispositions, recommandations et appels indiqués par le MECC comme points de référence et d'inspiration possibles pour le chemin futur des communautés chrétiennes du Moyen-Orient à l'heure actuelle, marqué par les incertitudes, la pauvreté et les souffrances répandues par les guerres et les conflits sectaires dans toutes les parties du monde. En particulier, la possibilité est évoquée de consacrer prochainement une conférence spéciale au fléau des enlèvements et des disparitions forcées, coïncidant avec le dixième anniversaire de l'enlèvement des deux évêques d'Alep Boulos Yazigi et Mar Gregorios Yohanna Ibrahim . <br />Les participants à la réunion du MECC ont également souligné la nécessité "d'avancer dans le dialogue pour tenter d'unifier la date de la célébration de Pâques, une nécessité pressante pour les différentes paroisses et Églises du Moyen-Orient", en soulignant qu'une telle démarche ne saurait en aucun cas occulter la richesse que représente la diversité des rites et des différentes traditions ecclésiales.<br />Le Conseil des Églises du Moyen-Orient, fondé en 1974 à Nicosie et actuellement basé à Beyrouth, vise à faciliter la convergence des communautés chrétiennes du Moyen-Orient sur des questions d'intérêt commun et à aider à surmonter les différences confessionnelles. Le MECC est composé d'Églises et de communautés ecclésiales appartenant à quatre "familles" différentes : catholique, orthodoxe, orthodoxe orientale et évangélique. L'actuel secrétaire général est l'économiste et sociologue Michel Abs, qui appartient à l'Église grecque orthodoxe d'Antioche, dont le patriarche, Yohann X, réside à Damas. <br />Thu, 01 Dec 2022 13:48:16 +0100AMERIQUE/CUBA - Depuis 25 ans, Noël est redevenu un jour férié à Cuba, qui se prépare à commémorer la visite historique de Jean-Paul IIhttp://www.fides.org/fr/news/73118-AMERIQUE_CUBA_Depuis_25_ans_Noel_est_redevenu_un_jour_ferie_a_Cuba_qui_se_prepare_a_commemorer_la_visite_historique_de_Jean_Paul_IIhttp://www.fides.org/fr/news/73118-AMERIQUE_CUBA_Depuis_25_ans_Noel_est_redevenu_un_jour_ferie_a_Cuba_qui_se_prepare_a_commemorer_la_visite_historique_de_Jean_Paul_IILa Havane - Le 25ème anniversaire de la reconnaissance de Noël comme fête publique à Cuba et le 25ème anniversaire de la visite sur l'île du Saint-Père Jean-Paul II, sont les événements mentionnés par les évêques cubains dans leur message de préparation à Noël, publié hier, 30 novembre. <br />Coïncidant avec l'annonce du programme officiel de la visite de Jean-Paul II à Cuba, du 21 au 26 janvier 1998, Fidel Castro a annoncé le 13 décembre le rétablissement des vacances de Noël pour 1997. C'est le souverain pontife lui-même, lors de la visite de Castro au Vatican à l'automne 1996, qui l'avait demandée comme un geste de bonne volonté, faisant écho au souhait de l'Église locale. Le dernier Noël célébré comme un jour férié sur l'île des Caraïbes remonte à 1968, lorsque le régime a décidé de déplacer officiellement la fête à une autre date afin de ne pas interrompre la récolte de la canne à sucre. <br />"Noël est toujours un événement nouveau", ont écrit les évêques dans leur message de préparation à Noël 2022, "parce que notre situation personnelle, ecclésiale et sociale change et, par conséquent, dans cette nouvelle perspective, nous accueillons l'Enfant Jésus, qui vient partager nos vies, marcher avec nous et nous apprendre à vivre en frères". Cette fois, cela fera 25 ans que les autorités cubaines ont décrété que Noël était un jour férié, ce qui permet aux gens de partager cette fête en famille et de participer aux célébrations dans leurs communautés respectives".<br />Les évêques rappellent donc qu'immédiatement après Noël, en janvier, il y aura 25 ans que la visite de Saint Jean-Paul II, "un événement qui a marqué l'histoire et a été une bénédiction pour notre peuple". Pour commémorer cette "visite inoubliable", à partir du 24 janvier, des célébrations seront organisées dans tous les diocèses, "afin de rendre ainsi présents les enseignements transmis par le Saint-Père lors des quatre célébrations eucharistiques et des autres rencontres qu'il a présidées". <br />Que Cuba s'ouvre au monde avec toutes ses magnifiques possibilités et que le monde s'ouvre à Cuba", a déclaré Jean-Paul II dès son arrivée à Cuba le 21 janvier 1978. Pour la plupart des Cubains, c'était le premier contact avec cet homme, venu de loin, dont ils connaissaient à peine le nom. Dans son premier discours, il a précisé les intentions de son voyage pastoral : "Je viens comme un pèlerin de l'amour, de la vérité et de l'espérance, avec le désir de donner un nouvel élan à l'œuvre d'évangélisation que, au milieu des difficultés, cette Église locale accomplit avec vitalité et dynamisme apostolique sur son chemin vers le troisième millénaire".<br />"Là où il y a la peur, la méfiance, la routine, le mensonge et la haine, que le Christ apporte le courage, l'espoir, l'enthousiasme, la vérité et le pardon", écrivent les évêques cubains en vue du prochain Noël. L'Église grandit dans la mesure où chacun d'entre nous est capable d'assumer avec un véritable enthousiasme et engagement la mission que Jésus nous a confiée". Un salut particulier est adressé aux familles qui souffrent de l'émigration, et une invitation à tous : "Soyons plus attentifs, apprenons à regarder et à écouter, à reconnaître les signes que Dieu met chaque jour devant nous, par lesquels il nous guide, nous encourage ou nous avertit des dangers, mais surtout à découvrir comment Dieu se manifeste dans la réalité, en tissant notre histoire avec une proximité et un respect surprenants, en nous aidant à mettre le meilleur de nous-mêmes au service de tous".<br />Le message note ensuite la nécessité de "réveiller la joie et l'espérance, au milieu de tant d'obscurité et de découragement", et souligne que la fête de Noël "si elle nous remplit de joie, pour la présence du nouveau-né, elle nous engage aussi dans la vie de nos frères et sœurs, dans l'histoire de l'Église et de notre pays". Enfin, les évêques nous invitent à accueillir à Noël la lumière de la présence de Jésus, et aussi à accepter l'invitation qu'il nous fait "d'être une lumière pour nos frères et sœurs, qui ont besoin de signes d'espérance qui les fortifient pour continuer sur le chemin de la vie". Jésus nous enseigne que personne ne peut se passer d'une communauté, une communauté qui nous soutient et dans laquelle nous nous aidons mutuellement à regarder vers l'avenir. "Les rêves se construisent ensemble. Nous rêvons à nouveau de construire une patrie de frères, où chacun peut vivre dans la dignité, où l'on s'écoute et où l'on dialogue pour discerner l'avenir, où l'on lutte pour le bien de tous, en particulier de ceux qui ont été marginalisés pour diverses raisons".<br /> <br />Thu, 01 Dec 2022 11:19:37 +0100AFRIQUE/AFRIQUE CENTRALE - "Nous sommes perplexes face au prétendu bombardement de la base des mercenaires russes", disent les sources de Fideshttp://www.fides.org/fr/news/73119-AFRIQUE_AFRIQUE_CENTRALE_Nous_sommes_perplexes_face_au_pretendu_bombardement_de_la_base_des_mercenaires_russes_disent_les_sources_de_Fideshttp://www.fides.org/fr/news/73119-AFRIQUE_AFRIQUE_CENTRALE_Nous_sommes_perplexes_face_au_pretendu_bombardement_de_la_base_des_mercenaires_russes_disent_les_sources_de_FidesBangui - " Franchement, c'est quelque chose qui nous laisse perplexes ", déclarent à l'Agence Fides des sources de l'Eglise locale de la République centrafricaine, commentant l'attaque aérienne rapportée par le gouvernement de Bangui, qui aurait eu lieu dans la nuit du 27 au 28 novembre contre la base des Forces de Défense et de Sécurité de Bossangoa, dans le nord-ouest du pays.<br />"Le fait se serait produit au milieu de la nuit, et de surcroît sans lune, ce qui suppose l'utilisation de technologies relativement sophistiquées en possession d'une puissance extérieure à l'Afrique centrale", expliquent les sources de Fides. "On pense clairement à la France, qui a longtemps été désapprouvée ici. Mais pour l'instant, il n'y a pas d'éléments pour l'évoquer". Outre les militaires centrafricains, la base de Bossangoa abrite des hommes de la société militaire privée russe Wagner, qui soutient et assiste les forces armées locales depuis un certain temps. En même temps que la base, l'attaque a visé une filature de coton, causant des dégâts matériels considérables sans faire de victimes. L'appareil, selon les autorités de Bangui, a également survolé la ville de Bozoum et s'est dirigé vers le nord du pays, avant de franchir les frontières.<br />La filature de coton n'est certainement pas une cible stratégique, même dans un pays pauvre comme l'Afrique centrale", poursuivent nos sources. Quant à la présence russe, ils ajoutent : "Oui, les mercenaires Wagner sont présents en Afrique centrale et ils vont et viennent dans différentes régions du pays. Il existe également une rumeur, que nous ne sommes pas en mesure de confirmer pour le moment, selon laquelle les hommes de Wagner recrutent des personnes dans les prisons du pays. Pas pour les envoyer se battre en Ukraine mais pour les employer ici en Afrique centrale".<br />Les déclarations faites à la presse internationale par les porte-paroles centrafricains laissent perplexe. En effet, ils insistent sur le fait que l'avion ou les avions qui ont attaqué la base l'ont fait dans un silence total. C'est une autre façon de dire que, selon eux, ils ne peuvent pas être des chasseurs à réaction ou des hélicoptères.<br />Par ailleurs, les autorités centrafricaines ont accusé un de leurs voisins d'être coupable ou du moins complice de l'attaque aérienne ; sans les nommer, Bangui a pointé du doigt principalement les autorités camerounaises et tchadiennes. La ville de Bossangoa est située non loin de la frontière avec le Tchad au nord, avec lequel les relations sont particulièrement tendues. Bangui accuse N'Djamena de permettre aux groupes armés d'utiliser son territoire comme base de repli et d'accorder l'asile à leur principal chef, l'ancien président François Bozizé. <br />Sous mandat des Nations unies, la Mission de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine est également présente dans le pays pour tenter de stabiliser la situation sécuritaire et de restaurer l'autorité de l'État. Le gouvernement du président Faustin Archange Touadéra est en effet confronté à l'insurrection de groupes armés qui continuent de mener des actions de guérilla sporadiques contre les soldats et leurs alliés. <br />Thu, 01 Dec 2022 11:55:53 +0100ASIE/BANGLADESH - La connaissance et la prévention sont essentielles pour sauver les filles de la traite des êtres humainshttp://www.fides.org/fr/news/73117-ASIE_BANGLADESH_La_connaissance_et_la_prevention_sont_essentielles_pour_sauver_les_filles_de_la_traite_des_etres_humainshttp://www.fides.org/fr/news/73117-ASIE_BANGLADESH_La_connaissance_et_la_prevention_sont_essentielles_pour_sauver_les_filles_de_la_traite_des_etres_humainsGazipur - Jaeda Akhter, une Bangladaise de 30 ans, épouse et mère d'un enfant, qui vit avec sa famille dans la préfecture de Dhaka, a été victime d'une bande internationale de trafiquants d'êtres humains et amenée en Inde fin 2020 avec la perspective d'émigrer au Royaume-Uni ou au Canada. Son mari et ses parents l'ont laissée partir avec le rêve de soulager leur pauvreté. Ce choix s'est avéré être un cauchemar. Réduite en esclavage et forcée à se prostituer en Inde, après une série d'expériences douloureuses, dont l'emprisonnement, elle est parvenue à rentrer chez elle dans un état de prostration physique et mentale. Son histoire est celle de centaines de filles issues de familles démunies au Bangladesh. " Les filles du Bangladesh deviennent des victimes faciles des trafiquants d'êtres humains ", explique à l'Agence Fides Sœur Joséphine Rozario, religieuse des Sœurs salésiennes de Marie Immaculée, coordinatrice au Bangladesh du " Talitha Kum Network ", le réseau international qui lutte contre le trafic d'êtres humains. Dans son engagement, la religieuse a sauvé directement au moins dix filles et indirectement beaucoup d'autres. <br />Les sœurs catholiques, les bénévoles et les enseignants de "Talitha Kum" mènent un travail de sensibilisation et d'éducation dans les écoles, les paroisses et les communautés afin de faire prendre conscience aux jeunes filles de l'existence de phénomènes sociaux tels que le mariage précoce, le mariage forcé et la traite des êtres humains au Bangladesh et de lutter ainsi contre ces phénomènes. Ces derniers jours, dans la paroisse de Toomila à Gazipur, près de Dhaka, des sœurs et des enseignants ont tenu un séminaire pour parler de la violence contre les femmes et de la traite des êtres humains, organisé par le réseau Talitha Kum Bangladesh.<br />Le Bangladesh est l'un des pays d'Asie les plus exposés à ce phénomène, en raison de la pauvreté et de la méconnaissance de ces dynamiques criminelles. En sensibilisant les filles et les familles, nous effectuons un important travail de prévention", explique la religieuse. Depuis 2020, Talitha Kum Network Bangladesh a organisé 16 séminaires contre le mariage précoce et la traite des êtres humains.<br />Sumi Gomes, une enseignante, a déclaré avoir parlé à ses élèves adolescents "pour qu'ils puissent se sauver de la traite des êtres humains et des mariages précoces et forcés". L'objectif est d'impliquer les adolescentes et les jeunes femmes pour qu'elles puissent ensuite elles aussi jouer un rôle actif dans la société contre la traite des êtres humains.<br />Il y a quelques mois, à Noluakuri, dans le diocèse de Mymensingh, une jeune fille de 14 ans m'a raconté que ses parents avaient arrangé son mariage, mais que, par la force de sa volonté, elle l'avait annulé après avoir assisté à l'un de nos séminaires", raconte Sr Josephine Rozario. Et elle ajoute : "Nous soutenons également les victimes et leurs familles en leur apportant une aide financière, afin de leur permettre de se réinsérer et de recommencer leur vie. Le père Giovanni Gargano, missionnaire xavérien et prêtre à Noluakuri, note : "Ces séminaires sont très populaires dans notre région car, dans les zones reculées, les filles sont vulnérables et de nombreux parents démunis ou sans instruction ont tendance à les confier, avec le mirage d'une vie meilleure, à des intermédiaires qui se révèlent ensuite être des membres de réseaux criminels".<br />Le Bangladesh est un pays d'origine et de transit pour la traite des personnes, notamment pour des phénomènes tels que le travail forcé et la prostitution forcée. Selon le rapport mondial sur la traite des personnes de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, les citoyens du Bangladesh, de l'Inde et du Pakistan font l'objet d'un trafic vers au moins 40 pays d'Asie du Sud. Quarante pour cent des victimes bangladaises sont des femmes qui finissent en esclavage dans des pays comme l'Inde, la Malaisie, Singapour ou les pays du Golfe, tandis que 15 % sont des enfants. Selon les données du gouvernement du Bangladesh, plus de 50 000 femmes bangladaises ont été victimes de la traite des êtres humains au cours des dix dernières années. <br />Le ministre des Affaires étrangères du Bangladesh, AK Abdul Momen, a déclaré que le gouvernement avait pris des mesures strictes contre les réseaux de trafiquants actifs au Bangladesh. En même temps, a-t-il dit, les campagnes de sensibilisation sont cruciales pour que les gens ne fassent pas l'erreur de tomber dans les réseaux de trafiquants, qui sont encore actifs notamment dans les districts du centre-sud de Shariatpur, Madaripur et Faridpur. Et si le travail de renseignement des forces de police se poursuit, "la sensibilisation de la population est la chose la plus importante", a-t-il noté. A cet égard, le travail de Talitha Kum Bangladesh est très utile et apprécié par les autorités civiles également. <br /><br /><br /><br /><br />Thu, 01 Dec 2022 11:05:55 +0100