Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.ASIE/SRI LANKA - Attentats de Pâques : « Le verdict va dans le sens de la vérité et de la justice »https://www.fides.org/fr/news/78206-ASIE_SRI_LANKA_Attentats_de_Paques_Le_verdict_va_dans_le_sens_de_la_verite_et_de_la_justicehttps://www.fides.org/fr/news/78206-ASIE_SRI_LANKA_Attentats_de_Paques_Le_verdict_va_dans_le_sens_de_la_verite_et_de_la_justiceColombo - « C’est une blessure qui se referme peu à peu. Le processus de guérison est en cours. Avec ce verdict, nous pouvons dire que l’on va dans le sens de la vérité et de la justice, puisque les auteurs matériels du massacre et certains co-organisateurs ont été identifiés. Il reste encore à élucider une deuxième partie, afin de comprendre quelles personnes ont favorisé le massacre pour en tirer des avantages politiques, pour accéder au pouvoir » : tel est le commentaire transmis à l’Agence Fides par le père Jude Chrysantha Fernando, prêtre de Colombo et directeur du Bureau des communications et des médias de l’Archidiocèse de Colombo, après le verdict rendu hier par la Haute Cour du Sri Lanka, qui a condamné 15 accusés dans le procès concernant les massacres du 21 avril 2019 . À l’époque, des kamikazes avaient frappé trois églises et trois hôtels de luxe, tuant 279 personnes, dont 45 étrangers.<br /><br />Les 15 accusés ont été condamnés à des peines comprises entre 200 et 260 ans de prison. Le tribunal a également ordonné la confiscation de leurs biens et autres propriétés. Il s’agit des auteurs matériels du massacre : « Ce sont des personnes de confession musulmane qui ont utilisé leur foi comme idéologie pour tuer », note le père Fernando. Parmi les autres accusés, 9 ont été acquittés « faute de preuves suffisantes », relève le prêtre, présent hier dans la salle d’audience lors de la lecture du verdict.<br /><br />« Cependant, pour parvenir à la vérité et à la justice totales, poursuit-il, c’est un premier pas, mais le chemin est encore long ». Parmi les condamnés figure le chef des services de renseignement de l’État, une figure clé qui « devrait révéler les commanditaires et les liens avec le monde politique, mais qui, jusqu’à présent, ne l’a pas fait, afin de permettre d’établir les responsabilités de ceux qui ont permis ou favorisé les attentats pour s’emparer du pouvoir », a expliqué le père Fernando. Les autorités mènent une enquête distincte sur les liens présumés entre des éléments de l'appareil d'État et les auteurs des attentats.<br /><br />Le père Chrysantha Fernando évoque les familles des victimes : « Certaines d'entre elles se trouvaient devant le tribunal et ont, d'une certaine manière, obtenu justice, car elles ont appris que ceux qui ont tué leurs enfants ou leurs proches seront punis. Il faut préciser que les familles ont déjà reçu des indemnités de la part de l’État ainsi qu’une aide de l’Église catholique. Certaines d’entre elles, qui ont perdu leur épouse ou leur époux, se sont reconstruit une vie en se remariant. C’est le signe que la vie continue. Ne perdons jamais l’espoir qui nous vient de Dieu », affirme-t-il.<br /><br />Dans certaines églises et communautés de Colombo, des moments de commémoration ont été organisés pour rendre hommage et se souvenir, dans une atmosphère de profonde émotion, des victimes des attentats de Pâques.<br />Parmi eux, 167 fidèles catholiques tués dans les églises Saint-Antoine à Colombo et Saint-Sébastien à Negombo, alors qu’ils assistaient à la messe de Pâques, ont été inscrits au Catalogue des « Témoins de la foi » du XXIe siècle, rédigé par le Dicastère pour les Causes des Saints et présenté au cours de l’Année jubilaire 2025 par la Commission pour les nouveaux martyrs et témoins de la foi.<br /> <br />Wed, 23 Sep 2026 14:16:37 +0200ASIE/BAHREÏN - Saint François 800 : musique et fraternité à la cathédrale d’Awali pour célébrer le « Poverello » d’Assisehttps://www.fides.org/fr/news/78203-ASIE_BAHREIN_Saint_Francois_800_musique_et_fraternite_a_la_cathedrale_d_Awali_pour_celebrer_le_Poverello_d_Assisehttps://www.fides.org/fr/news/78203-ASIE_BAHREIN_Saint_Francois_800_musique_et_fraternite_a_la_cathedrale_d_Awali_pour_celebrer_le_Poverello_d_Assise<p ><</p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/neHAi-Z8yRc?si=-kJfAY7gvyO2KhTP" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe><br /><br />Awali – La musique comme langage de la foi, la mémoire de Saint François comme occasion de rencontre, le dialogue comme voie pour construire la paix. C'est autour de ces thèmes que s'est articulé « Saint François 800 – Un voyage musical de foi », l'événement organisé ces derniers jours dans la cathédrale Notre-Dame d'Arabie à Awali, au Royaume de Bahreïn, à l'occasion du huitième centenaire de la mort du « Poverello » d'Assise.<br /><br />« Ce fut un très bel événement, un moment mémorable dans l’histoire du Vicariat d’Arabie du Nord », a déclaré à l’Agence Fides le père Marcus Fernandes, OFM Cap., concepteur et organisateur du programme. Une soirée au cours de laquelle la musique, la narration et la participation communautaire ont retracé la vie et le cheminement spirituel de Saint François, avec la participation de 21 musiciens, plus de 42 chanteurs adultes et 17 enfants.<br /><br />C’est l’Évêque Aldo Berardi, O.SS.T., Vicaire Apostolique d’Arabie du Nord, qui a accueilli les invités. Il a rappelé le profond amour de saint François pour Dieu et son désir d’offrir tout ce qu’il avait à la louange et au service du Seigneur. L’Évêque a également évoqué la signification du « Transito » de Saint François, ce moment où le saint confie sa vie au Seigneur.<br /><br />La soirée a revêtu une forte dimension internationale et interculturelle, avec la présence de représentants des milieux diplomatiques et culturels de Bahreïn, parmi lesquels une délégation du King Hamad Global Centre for Peaceful Coexistence, l’ambassadeur de la République de Corée, l’ambassadeur d’Italie, l’ambassadeur des États-Unis, ainsi que les ambassadeurs de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, des Philippines et du Sri Lanka au Royaume de Bahreïn. Sans oublier les représentants de l’Église anglicane et de l’Église orthodoxe indienne.<br /><br />Dans son allocution, Mgr Berardi a exprimé sa gratitude à Sa Majesté le roi de Bahreïn pour son aimable hospitalité, et a demandé à M. Shaikh Abdulla bin Ahmed Al Khalifa, Président du King Hamad Global Centre for Coexistence and Tolerance, de lui transmettre ses remerciements, ses prières et ses meilleurs vœux.<br /><br />« La paix est précieuse et fragile ; elle est préservée par la miséricorde, le dialogue pacifique et l’attention mutuelle », a déclaré le vicaire apostolique, s’adressant aux invités présents. Des paroles qui ont servi de passerelle à la réflexion suivante du Dr Shaikh Abdulla, consacrée précisément à la valeur du dialogue à travers la figure de Saint François. Au cœur de son intervention, la rencontre historique qui s’est déroulée en Égypte entre François d’Assise et le sultan al-Malik al-Kamil, dans un contexte marqué par la guerre et la division. Deux hommes issus de traditions religieuses différentes qui, selon la réflexion proposée, ont su se rencontrer dans le respect et l’ouverture. « Le dialogue exige du courage », a souligné le Dr Shaikh Abdulla, mettant en avant la nécessité d’ouverture, de compréhension et de disponibilité au dialogue, même face aux différences. Un rappel particulièrement significatif dans le contexte de Bahreïn, pays dont le président du King Hamad Global Centre a rappelé l’engagement en faveur de la coexistence et de la tolérance.<br /><br />Le père Michael Fernandes, OFM Cap., gardien de la Custodie des Capucins d’Arabie, s’est également attardé sur la signification de la figure de Saint François. Le religieux a rappelé la capacité du Saint à reconnaître la présence de Dieu dans la Création et en chaque personne, soulignant que son choix de simplicité et son souci de la Création continuent de parler bien au-delà des frontières de la famille franciscaine.<br /><br />À la fin de la soirée, le père Marcus Fernandes a remercié toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de cette initiative, y compris celles qui ont travaillé en coulisses et l'ensemble de la communauté. « Aujourd'hui, nous avons accompli quelque chose de magnifique », a-t-il déclaré, rappelant les nombreuses heures de préparation, les répétitions et le travail collectif qui ont permis de mener à bien cet événement.<br /><br />« Saint François 800 » a ainsi dépassé le simple cadre d’une commémoration d’anniversaire. À travers la musique et la narration, la communauté du Vicariat d’Arabie du Nord a redécouvert une figure capable, aujourd’hui encore, de s’adresser à des cultures et à des générations différentes : un homme qui a placé au centre de sa vie la relation avec Dieu, la fraternité, le respect de la création et la rencontre avec l’autre. Au cœur de Bahreïn, la mémoire de saint François est ainsi devenue l’occasion de réaffirmer la valeur du dialogue et de la fraternité comme moyens concrets de préserver la paix.<br /><br /> <br />Wed, 23 Sep 2026 14:11:39 +0200BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/V - Peoria : le Cardinal Tagle dans la ville du futur bienheureux ; celui-ci nous montre la voie de la conversion missionnairehttps://www.fides.org/fr/news/78205-BEATIFICATION_DE_FULTON_SHEEN_V_Peoria_le_Cardinal_Tagle_dans_la_ville_du_futur_bienheureux_celui_ci_nous_montre_la_voie_de_la_conversion_missionnairehttps://www.fides.org/fr/news/78205-BEATIFICATION_DE_FULTON_SHEEN_V_Peoria_le_Cardinal_Tagle_dans_la_ville_du_futur_bienheureux_celui_ci_nous_montre_la_voie_de_la_conversion_missionnairepar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Peoria – Dans le silence de la cathédrale Sainte-Marie-de-l’Immaculée-Conception, cette église de style néogothique qui domine les rues de Peoria, le Cardinal Luis Antonio Tagle a célébré la messe, mardi 22 septembre au matin, près de la tombe du vénérable Archevêque Fulton J. Sheen.<br /><br />C’est précisément dans cette cathédrale que Sheen fut ordonné prêtre en 1919, et que sa dépouille repose depuis 2019. À deux jours de sa béatification, prévue à Saint-Louis, ce lieu est devenu à la fois un sanctuaire de la mémoire et un rappel à la mission.<br /><br />Le Cardinal Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation , est arrivé aux États-Unis en tant que représentant du Pape et, à ce titre, il présidera la messe de béatification le 24 septembre.<br /><br />Devant les fidèles de Peoria, le Cardinal a établi un lien entre la célébration à venir et non seulement l’hommage dû à l’un des fils de la ville, mais aussi une responsabilité concrète pour l’Église locale.<br />« Louons et remercions le Seigneur qui nous a rassemblés et nous a façonnés en une seule communauté, une famille de foi », a-t-il déclaré au début de son homélie. Il a décrit la cathédrale comme « embellie encore davantage par la présence du futur bienheureux Fulton Sheen », tout en rappelant qu’une telle grâce implique un engagement.<br /><br />« C’est une grâce pour nous tous ici présents, mais aussi une grande responsabilité », a déclaré le Cardinal Tagle. « Désormais, lorsque les gens apprendront que vous venez de Peoria, ils diront : “Oh, êtes-vous aussi tournés vers la mission que l’Évêque Fulton Sheen ? Êtes-vous aussi profondément enracinés dans la Parole de Dieu que le bienheureux Fulton Sheen ?” ».<br /><br />Le ton du Cardinal était chaleureux et parfois enjoué, mais son appel était clair : dans son sens profond, la béatification n’est pas une reconnaissance locale, mais un appel à la conversion et à l’évangélisation. « Puisque toute grâce nous vient du Seigneur, il y a une responsabilité correspondante », a-t-il insisté.<br /><br />En méditant sur l’Évangile dans lequel on dit à Jésus que sa mère et ses frères sont dehors à sa recherche, le Cardinal Tagle a posé aux personnes présentes la question centrale de son homélie : qu’est-ce que la famille du Christ ? Jésus, a-t-il dit, ne rejette pas la famille naturelle ou biologique. « Il ne la méprise pas, il ne nie pas la famille biologique », a expliqué le Cardinal. « Mais il élargit la conception de la famille. « Qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs ? Ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique. Ceux-là sont ma mère, mes frères et mes sœurs », a-t-il affirmé, citant l'Évangile.<br /><br />Cette « famille élargie » ne repose ni sur la filiation, ni sur le lieu de naissance, ni sur le prestige local, mais sur l’écoute et la mise en pratique de la Parole de Dieu. Le Cardinal Tagle a demandé en plaisantant aux fidèles : « Alors, après la béatification, ne dites pas aux habitants de Chicago : “Chicago a donné naissance à un bienheureux ?” “Oh non, nous sommes de Peoria. Nous appartenons à la famille préférée du Seigneur. Oh, pauvre Chicago » ». Avant d’ajouter : « Personne ne nie le fait que notre vénérable serviteur de Dieu, le bienheureux, était originaire d’ici, qu’il s’est incarné ici en tant que prêtre. Mais alors, même si nous affirmons cette filiation naturelle, aux yeux du Seigneur, il y a autre chose qu’Il recherche ».<br /><br />Le Cardinal a ensuite tourné son attention vers Marie, la Mère de Jésus. Loin de la minimiser, les paroles de Jésus révèlent la profondeur de sa vocation, a-t-il affirmé. Marie n’est pas seulement la mère biologique de Jésus : elle est mère parce qu’elle est avant tout une disciple, parce qu’elle a écouté la Parole de Dieu et s’est mise à son service. « Sa mère était véritablement une disciple, une mère-disciple », a déclaré le Cardinal Tagle. « C’est parce qu’elle est disciple qu’elle est mère. Et elle est véritablement mère parce qu’elle a vécu son discipulat de manière authentique et pleine. »<br /><br />En la personne de Fulton Sheen, célébré dans le monde entier comme un pionnier de la communication catholique, cet appel a pris une force missionnaire particulière. Le Cardinal a évoqué Sheen non seulement pour ses racines à Peoria ou pour sa maîtrise des médias, mais pour une vie sacerdotale fondée sur la Parole de Dieu et orientée vers la mission.<br /><br />Les prières d'intercession à la fin de la messe ont invoqué le soutien pour les missionnaires envoyés « annoncer l'Évangile jusqu'aux confins de la terre » et pour tous ceux qui enseignent ou prêchent par « tous les moyens de communication », afin que le salut puisse être annoncé « avec intégrité et courage ».<br /><br />Le Cardinal Tagle a conclu en revenant sur la vocation de Peoria. « Peoria entre alors à part entière dans la grande famille de Dieu », a-t-il déclaré. « Et Jésus s’en réjouira ». La ville, a-t-il ajouté, devrait être reconnue non seulement comme le lieu de naissance de Fulton Sheen, mais aussi comme une communauté dont les membres écoutent la Parole de Dieu et agissent en conséquence.<br /><br />En début de soirée, dans cette même cathédrale, la neuvaine s’est poursuivie par une « Heure Sainte » avec adoration eucharistique consacrée à la mission. C’est le père franciscain conventuel Dinh Anh Nhue Nguyen, Secrétaire Général de l’Union Pontificale Missionnaire ,<br /><br />« Fulton Sheen – a souligné le père Anh Nhue en introduisant ce moment de prière et de réflexion missionnaire – n’était pas seulement un grand prédicateur, un communicateur ou un homme des médias. C’était un homme animé par la flamme missionnaire : un animateur et formateur missionnaire, un promoteur et défenseur passionné des missions ». Et sa passion missionnaire « ne s’est pas arrêtée avec sa vie terrestre. Son héritage missionnaire continue de porter ses fruits encore aujourd’hui. Sa voix continue d’évangéliser.<br />Ses écrits et ses enregistrements continuent de former. Son témoignage continue de réveiller les cœurs missionnaires ».<br /><br />C'est ainsi que le franciscain vietnamien, Secrétaire Général de l'Union Pontificale Missionnaire, a guidé les fidèles dans la prière à la cathédrale, alors que Peoria entamait elle aussi les quarante-huit dernières heures avant que l'Église ne proclame son concitoyen Fulton J. Sheen « bienheureux ». <br/><strong>Link correlati</strong> :<a href="https://www.fides.org/it/attachments/view/file/_final_draft_Nguyen_Prayer_Holy_Hour_Sheen.pdf">Prière/Réflexion -Père Dinh Anh Nhue Nguyen OFMConv</a>Wed, 23 Sep 2026 13:49:48 +0200AFRIQUE/ÉTHIOPIE - La nouvelle alliance rebelle relance la partie autour de la mer Rougehttps://www.fides.org/fr/news/78204-AFRIQUE_ETHIOPIE_La_nouvelle_alliance_rebelle_relance_la_partie_autour_de_la_mer_Rougehttps://www.fides.org/fr/news/78204-AFRIQUE_ETHIOPIE_La_nouvelle_alliance_rebelle_relance_la_partie_autour_de_la_mer_RougeAddis-Abeba – La coalition rebelle annoncée il y a quelques jours est passée à l’offensive et l’une de ses principales composantes, le Front populaire de libération du Tigré , s’est emparée de l’aéroport de Mekelle.<br /><br />Le 20 septembre, sept groupes armés éthiopiens – parmi lesquels des ennemis historiques qui se sont affrontés dans des camps opposés pendant la guerre civile de 2020-2022 – ont annoncé la formation d’une alliance visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. L’Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie rassemble une coalition hétérogène de formations issues de différentes régions du pays : du Tigré, au nord, aux milices Fano des Amharas, en passant par l’Armée de libération oromo et d’autres groupes armés. Certaines de ces formations se sont affrontées par le passé, mais elles ont pour l’instant mis de côté leurs divergences pour s’unir contre le gouvernement central.<br /><br />L’objectif déclaré de l’alliance est de renverser le gouvernement fédéral et d’instaurer une administration de transition. Les groupes qui en font partie considèrent en effet la gestion d’Abiy Ahmed comme une menace directe pour la survie de leurs communautés respectives.<br /><br />Le gouvernement d’Addis-Abeba a déclaré que les membres de l’alliance collaboraient depuis longtemps avec le soutien financier de l’Érythrée. Le conflit en Éthiopie pourrait donc reprendre de plus belle et impliquer une partie significative de la Fédération, avec des répercussions possibles sur l’ensemble de l’équilibre régional.<br /><br />L’Éthiopie constitue en effet un important arrière-pays stratégique à partir duquel il est possible d’influencer les équilibres des pays riverains de la mer Rouge. En premier lieu, l’Érythrée, déjà impliquée dans le conflit du Tigré. Ensuite, le Soudan, où, selon diverses accusations, des ravitaillements proviendraient de bases éthiopiennes à destination des miliciens des Forces de soutien rapide et où des attaques par drones auraient également pu être lancées contre des cibles de l’armée soudanaise .<br /><br />Enfin, Djibouti et le Somaliland, région du nord de la Somalie qui a déclaré unilatéralement son indépendance en 1991 et qui, à l’heure actuelle, n’est reconnue que par Israël. L’État hébreu semble déjà disposer d’une installation militaire au Somaliland et, selon une enquête du quotidien Haaretz, il hébergerait à Tel-Aviv un groupe d’opposition érythréen.<br /><br />L’évolution de la crise éthiopienne n’est pas sans lien avec les événements sur la rive asiatique de la mer Rouge, qui ont inévitablement des répercussions également sur la rive africaine de cette artère maritime stratégique. Alors que les Houthis yéménites contrôlent désormais l’accès au détroit de Bab el-Mandeb, les grandes et moyennes puissances s’activent pour consolider et étendre leur présence sur la rive africaine.<br /><br />La Chine agrandit sa base militaire à Djibouti, la seule installation militaire à l’étranger que Pékin reconnaît officiellement, suscitant l’inquiétude de la France, des États-Unis, du Japon et de l’Italie, qui disposent eux aussi de bases dans ce petit pays africain stratégique.<br /><br />Des inquiétudes qui pourraient avoir poussé Washington à rechercher de nouveaux points d’appui dans la région. Parmi ceux-ci pourrait figurer l’Érythrée, qui vient justement de voir lever les sanctions américaines précédemment imposées à son armée et à d’autres entités. La décision de l’administration Trump a été interprétée comme une tentative de renforcer les relations avec Asmara.<br /><br />Ces sanctions avaient été imposées par l’administration de Joe Biden en 2021 au parti au pouvoir, aux forces armées érythréennes et à certains hauts fonctionnaires du pays, en raison de leur rôle dans la guerre en Éthiopie voisine, où les forces érythréennes avaient soutenu les troupes éthiopiennes engagées dans la lutte contre les autorités locales dans la région septentrionale du Tigré.<br /><br />Washington est également active au Puntland, région autonome de Somalie en conflit ouvert avec le gouvernement installé à Mogadiscio .<br /><br />L'évolution de la situation en Éthiopie pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà des frontières du pays, touchant les États africains riverains de la mer Rouge et, plus généralement, les équilibres stratégiques de l'une des principales artères maritimes du monde. <br />Wed, 23 Sep 2026 13:36:42 +0200La graine féconde des expériences missionnaires de « Wecare » / I - Le cœur des jeunes et la confrontation avec la réalitéhttps://www.fides.org/fr/news/78202-La_graine_feconde_des_experiences_missionnaires_de_Wecare_I_Le_coeur_des_jeunes_et_la_confrontation_avec_la_realitehttps://www.fides.org/fr/news/78202-La_graine_feconde_des_experiences_missionnaires_de_Wecare_I_Le_coeur_des_jeunes_et_la_confrontation_avec_la_realitepar Laura Gómez Ruiz<br /><br />Rome – Quitter pendant quelques semaines son foyer et sa « zone de confort », s’aventurer dans un autre pays et partager son temps et son travail avec des personnes dont la vie est très différente. Pour certains jeunes, les vacances peuvent se transformer en une expérience de rencontres et de proximité avec des réalités lointaines, où tout peut devenir l’occasion de s’interroger sur soi-même, sur les autres et sur les désirs de son cœur.<br />C’est souvent ce qui se passe dans les expériences missionnaires proposées par « Wecare », une association italienne dont les origines remontent à vingt ans et qui, chaque année, implique de nombreux jeunes dans des projets en Italie et dans d’autres pays.<br /><br />Un début péruvien<br /><br />L'histoire a commencé en 2005, lorsque Fernando Lozada Baldoceda, à l'origine des expériences de volontariat à l'étranger et aujourd'hui directeur de Wecare, a organisé un premier voyage au Pérou avec trois étudiants. « C'était la première tentative d'un voyage de volontariat », se souvient-il. En 2006, l’expérience a commencé à se structurer en tant que groupe et, au cours des années suivantes, elle s’est développée jusqu’à impliquer des dizaines de jeunes. En 2011, une structure juridique a été créée pour soutenir le projet et, après plusieurs étapes et l’extension des activités en Italie également, Wecare a vu le jour en 2023 sous la forme qu’elle a aujourd’hui.<br /><br />Les découvertes de Camilla et Benedetta<br /><br />Pour Fernando, plus que l’évolution d’une organisation, ces vingt années racontent l’histoire de jeunes qui ont découvert qu’ils avaient un trésor à partager et qui ont choisi de se lancer dans l’aventure.<br /><br />« Il y a bien plus de joie à donner qu’à recevoir », raconte Camilla, originaire de Rome, qui, après avoir participé à une expérience en Argentine en 2025, a décidé de repartir cette année, cette fois-ci au Brésil. « J’ai choisi de participer une deuxième fois parce que cette expérience n’aide pas seulement les autres, elle m’aide aussi », explique-t-elle. Le contact avec les autres permet – selon Camilla – de « toucher des cordes en soi que l’on ne touche pas dans la vie quotidienne » et de se découvrir sous un autre jour.<br /><br />Au Brésil, l'une des rencontres qui l'a le plus marquée a été celle avec la communauté de Milan dos Coelhos. « Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’amour qui régnait au sein de cette communauté », se souvient-elle. Elle a notamment été touchée par la façon dont les gens prenaient soin d’Evinho, un aîné de la communauté. Cela lui a fait découvrir que, bien qu’ils n’aient que très peu, il ne leur manquait pas ce qui, à ses yeux, est la valeur la plus importante : « l’amour du prochain, la proximité et l’entraide désintéressée ».<br /><br />À son retour, cette expérience avait également changé sa façon de voir sa propre vie. « Je suis revenue avec une plus grande prise de conscience et davantage d’envie d’aider les autres », raconte-t-elle. Cette expérience, ajoute-t-elle, « a remis mes priorités en perspective » et lui a permis de mieux comprendre ce pour quoi il vaut la peine de se battre. Elle se sent également « plus reconnaissante pour ce que j’ai et pour ce qui m’entoure ».<br />Benedetta a elle aussi choisi de repartir. Après le Pérou en 2022 et le Cameroun en 2025, elle est retournée cette année au Brésil. La phrase « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » a accompagné ses expériences. « Je me sens chanceuse, je reçois beaucoup chaque jour et je voulais comprendre ce que signifie vraiment donner », explique-t-elle.<br /><br />Au cours de ces semaines d’expérience, raconte-t-il, « on se dépouille de toute matérialité et on vit pour donner de l’énergie, de l’amour et des sourires » à une communauté qui a reçu bien moins. Mais l’expérience de la gratuité se répercute également sur le groupe de bénévoles, et leur donne le sentiment d’être devenus une seule et même famille avec les personnes qu’ils sont venus rencontrer et servir.<br />L’un des moments dont il se souvient le plus n’est pas lié à une activité concrète, mais à une scène qui a soudainement réduit la distance qu’il ressentait à son arrivée.<br /><br />Alors qu'elle traversait un quartier de Recife, elle a aperçu des habitations sur pilotis, à peine suspendues au-dessus d'une rivière jonchée de déchets. « J'ai ressenti un immense fossé », se souvient-elle. Puis elle a vu deux petites filles aux pieds nus et un petit garçon qui cherchait la main de sa sœur. Ce geste lui a rappelé sa propre enfance, lorsqu'elle cherchait à attirer l'attention de son frère aîné. À ce moment-là, elle s'est reconnue dans ce petit garçon. « Cela m’a fait comprendre que j’aurais pu être cet enfant », raconte-t-elle. « C’est ça, Wecare : réduire cette distance que nous ressentons », explique-t-elle.<br /><br />À la suite de ces expériences, Benedetta a également appris à porter un regard différent sur la vulnérabilité. « Ces personnes et ces enfants expriment leur vulnérabilité avec le sourire », raconte-t-elle. Cela l’a aidée à partager ses propres faiblesses, ses joies et ses peurs « sans honte », en tissant un lien de confiance tant avec la communauté qu’avec les autres bénévoles.<br /><br />Rien n'est acquis d'avance ni « automatique »<br /><br />Pour Fernando Lozada Baldoceda, c’est précisément là que réside l’une des opportunités offertes par ces expériences. En sortant de chez eux et de leur zone de confort habituelle, les jeunes se retrouvent dans un contexte différent, aux côtés d’autres jeunes et en contact direct avec des réalités de pauvreté et de difficultés. À cela s’ajoute un parcours de réflexion inspiré de l’Évangile. « Les jeunes participent à des projets qui ont un impact réel et significatif », observe-t-il. Il ne s’agit pas simplement de mener une petite activité pour avoir le sentiment d’avoir apporté sa contribution, mais de pouvoir intervenir directement dans des projets concrets et de « toucher du doigt l’aide » qui est offerte et reçue.<br /><br />La bonne graine et les clichés<br /><br />Wecare définit ce parcours comme une expérience de « pré-évangélisation » : il ne s’agit pas de catéchèse, mais de soulever des questions déstabilisantes sur sa propre identité, sur l’amour, l’amitié, la souffrance, le bonheur, la mission et la vocation.<br />Lozada Baldoceda insiste sur le fait que rien de tout cela ne se fait automatiquement. Chaque jeune reste libre de vivre cette expérience, de décider dans quelle mesure il se laisse interpeller par elle et ce qu’il fera ensuite de ce qu’il a découvert. Le voyage, selon ses propres termes, est un « cadre propice » pour faire un travail d’introspection. Mais « rien n’est automatique, tout dépend de la liberté de chacun, de sa volonté de bien utiliser son temps, d’être généreux et de mener une introspection en profondeur ».<br /><br />De plus, cette expérience ne prétend pas produire une transformation immédiate. Deux semaines ne suffisent pas pour changer du jour au lendemain une façon de penser et de vivre qui s’est ancrée au fil des années. Ce que Fernando perçoit, c’est quelque chose de plus intime et de plus subtil : « une meilleure prise de conscience de qui est chaque jeune, une plus grande gratitude et une nouvelle possibilité de porter un regard miséricordieux sur sa propre vie et d’en reconnaître la valeur ».<br /><br />C’est comme une graine, explique-t-il. « On sème quelque chose » qui portera ensuite ses fruits « au rythme de chaque jeune et selon la manière dont il prendra soin de cette graine ». Ce qui en reste ne doit pas nécessairement se traduire immédiatement par une nouvelle activité ou une décision concrète. « L’espérance, c’est que reste dans le cœur la conscience de la valeur inestimable de sa propre vie et des belles choses que l’on peut en faire », affirme-t-il.<br />Après tant d’années passées à accompagner ces expériences, son regard sur les jeunes est lui aussi loin des préjugés et des clichés sur la « génération incapable de s’engager ». Fernando ne croit pas que le désir d’être heureux, de faire le bien ou de vivre avec radicalité se soit éteint chez les nouvelles générations. « Si l’on critique les jeunes, ce n’est pas parce que leur cœur ne désire pas la radicalité, faire de bonnes choses, faire de belles choses », soutient-il.<br /><br />« Si les adultes font tout à leur place, explique-t-il, ils risquent de ne plus avoir confiance en la capacité des jeunes à faire face aux difficultés, à assumer des responsabilités et à grandir par eux-mêmes. » Le rôle des adultes devrait au contraire être de les accompagner et de créer les conditions leur permettant de choisir librement une vie au service des autres.<br /><br />Camilla est revenue du Brésil avec de nouvelles priorités et Benedetta a découvert qu’une scène en apparence simple pouvait faire disparaître la distance entre deux mondes. Leurs expériences montrent, à travers deux histoires différentes, ce que Fernando a vu se répéter au fil des ans : lorsque les jeunes se voient offrir un véritable espace pour s’engager, rencontrer les autres et affronter les difficultés, il en ressort également une capacité à se donner que l’on ne voit pas toujours dans la vie quotidienne. L’expérience, alors, ne s’achève pas nécessairement avec la fin du voyage. Elle peut laisser place à une question, à de la gratitude, à un regard nouveau ou simplement à une graine qui a encore besoin de temps pour germer.<br /><br/><strong>Link correlati</strong> :<a href="https://www.wecareprojects.com/">Lien vers la page Wecare :</a>Wed, 23 Sep 2026 13:26:38 +0200AFRIQUE/GHANA - Le Ghana est en train de devenir une plaque tournante du trafic de cocaïne : les Évêques tirent la sonnette d'alarmehttps://www.fides.org/fr/news/78207-AFRIQUE_GHANA_Le_Ghana_est_en_train_de_devenir_une_plaque_tournante_du_trafic_de_cocaine_les_Eveques_tirent_la_sonnette_d_alarmehttps://www.fides.org/fr/news/78207-AFRIQUE_GHANA_Le_Ghana_est_en_train_de_devenir_une_plaque_tournante_du_trafic_de_cocaine_les_Eveques_tirent_la_sonnette_d_alarmeAccra – « La saisie en France d’une importante cargaison de cocaïne en provenance du Ghana ne doit pas être considérée comme un fait isolé, mais comme s’inscrivant dans un problème plus large », affirment les Évêques du Ghana à la suite de la saisie, effectuée le 10 septembre par les autorités douanières françaises, de 3,9 tonnes de cocaïne, d’une valeur estimée à 225 millions d’euros . La drogue était dissimulée dans un conteneur rempli de déchets plastiques, arrivé au port nord de Dunkerque en provenance du Ghana.<br /><br />« Cette saisie s'inscrit dans le cadre d'un problème plus vaste. La situation géographique du Ghana et sa participation au commerce international rendent la vigilance particulièrement importante dans les ports, les aéroports et aux frontières », indique le communiqué signé par Matthew Kwasi Gyamfi, Évêque de Sunyani et président de la Conférence épiscopale catholique du Ghana .<br /><br />Le Ghana n'est pas seulement un pays de transit utilisé par les trafiquants de drogue, mais il est également devenu un pays consommateur de stupéfiants. « Nous sommes tout aussi préoccupés par la dimension interne de cette menace : la toxicomanie chez les jeunes, l’effet corrosif de l’argent de la drogue sur nos institutions et la tentation qu’il représente pour les personnes occupant des postes de confiance, tant dans le monde des affaires et des services de sécurité que, nous le disons avec douleur, au sein même de l’Église », affirment les Évêques.<br /><br />Après avoir lancé un appel aux institutions pour qu’elles intensifient la lutte contre le trafic de stupéfiants et aident les personnes dépendantes à sortir de leur « calvaire », la GCBC souligne que « cette bataille ne peut être laissée à la seule charge du gouvernement ».<br /><br />« Nous invitons les paroisses, les écoles et les organisations catholiques de jeunesse à intensifier l’éducation à la prévention de la toxicomanie, le suivi et l’accompagnement pastoral, et nous exhortons les prêtres, les consacrés, les catéchistes et les responsables laïcs à aborder cette question avec courage dans leurs prédications et leurs catéchèses », poursuit le communiqué.<br /><br />S'adressant directement aux jeunes, les Évêques lancent enfin un appel : « Ne vous laissez pas tromper par les gains éphémères promis par le trafic de drogue. Choisissez la vie. Bâtissez votre avenir sur le travail honnête, la foi, l'éducation, la vertu et le service. Votre dignité n'a pas de prix et l'Église est prête à vous accompagner. » <br />Wed, 23 Sep 2026 13:18:43 +0200AFRIQUE/MOZAMBIQUE - L'Archevêque de Nampula s'adresse aux nouveaux diplômés de l'Université catholique : « La science sans conscience n'est que la ruine de l'âme »https://www.fides.org/fr/news/78199-AFRIQUE_MOZAMBIQUE_L_Archeveque_de_Nampula_s_adresse_aux_nouveaux_diplomes_de_l_Universite_catholique_La_science_sans_conscience_n_est_que_la_ruine_de_l_amehttps://www.fides.org/fr/news/78199-AFRIQUE_MOZAMBIQUE_L_Archeveque_de_Nampula_s_adresse_aux_nouveaux_diplomes_de_l_Universite_catholique_La_science_sans_conscience_n_est_que_la_ruine_de_l_ameNampula – « Voir des jeunes formés et pleins d’espoir confrontés à l’incertitude de l’avenir, alors même que le pays aurait le plus besoin de leurs compétences, de leur énergie et de leur talent, est l’une des réalités les plus douloureuses qui affligent notre chère terre ».<br /><br />C’est en ces termes que l’Archevêque de Nampula, Mgr Inácio Saure, IMC, a attiré l’attention sur le problème du chômage des jeunes lors de l’homélie qu’il a prononcée à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes des étudiants de l’Université catholique du Mozambique . Le Prélat, président de la Conférence épiscopale du Mozambique , a mis en garde les nouveaux diplômés contre le risque de venir grossir les rangs, déjà importants, des citoyens qualifiés qui, malgré leurs années d’études et les sacrifices consentis, ne parviennent pas à trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences.<br /><br />Le chômage chez les personnes diplômées, a souligné Mgr Inácio, constitue l’un des problèmes qui marquent la réalité sociale et économique du Mozambique. « Certains de nos jeunes diplômés, malheureusement, viendront grossir les rangs de ceux qui, malgré leurs années d’études et les sacrifices consentis, se retrouvent sans emploi et sans possibilité de mettre leurs compétences au service de la société ». L’Archevêque a ensuite exhorté les jeunes à mettre à profit les connaissances acquises au cours de leurs études avec conscience et responsabilité, même face aux difficultés qu’ils pourraient rencontrer dans le monde du travail. La formation, a-t-il rappelé, ne doit pas être considérée uniquement comme un moyen d’obtenir un emploi, mais comme une responsabilité envers la société et le bien commun.<br /><br />Au cours de son intervention, Mgr Inácio a également évoqué l’assassinat de Mgr Osório Citora Afonso, Évêque de Quelimane, administrateur Apostolique de l’archidiocèse de Beira et Secrétaire Général de la Conférence épiscopale du Mozambique. Évoquant ce tragique événement , l’Archevêque a dénoncé le manque persistant de clarté quant aux circonstances de la mort du Prélat, survenue à Quelimane, et a réaffirmé la nécessité que la vérité soit enfin faite. La Conférence épiscopale du Mozambique, a-t-il rappelé, est en deuil depuis juin dernier et, à ce jour, aucune réponse définitive n’a encore été apportée quant aux responsabilités et aux motivations de ce crime .<br /><br />« Oser dire la vérité au Mozambique, sans se cacher le visage, représente un risque énorme, celui de risquer sa propre vie », a déclaré l’Archevêque de Nampula. Dans son discours, Mgr Inácio a donc lancé un appel aux autorités compétentes afin qu’elles fassent toute la lumière sur ce qui s’est passé et fournissent des informations sur les responsables et les motivations de l’assassinat de celui qu’il a qualifié d’humble homme de Dieu et de serviteur du peuple.<br /><br />« En ce jour de remise des diplômes à l’UCM, éclairés par la Parole de Dieu que nous venons d’entendre, je pense qu’il ne serait pas déplacé d’élever la voix et de demander avec force aux autorités compétentes de ce pays d’abandonner cette tendance honteuse et de dire la vérité aux Mozambicains, à l’Église et au monde entier sur l’affaire de Mgr Osório », a-t-il déclaré.<br /><br />En conclusion, l’Archevêque a lancé un appel particulier aux diplômés, notamment à ceux en droit, en les invitant à mettre leur formation et leurs compétences au service de la société, avec responsabilité et intégrité. « La science sans conscience n’est que la ruine de l’âme. On peut en dire autant de l’autorité sans dignité, qui constitue un véritable malheur pour le peuple », a déclaré Mgr Inácio.<br />Aux étudiants qui viennent de terminer leur parcours universitaire, il a ensuite souhaité qu’ils atteignent « le sommet de la conscience », afin que, où qu’ils se trouvent — même dans la situation difficile du chômage, mais surtout lorsqu’ils auront l’occasion de travailler —, ils puissent honorer par leur engagement l’Université catholique du Mozambique, reconnue pour sa qualité et sa capacité d’innovation.<br /><br /> <br />Wed, 23 Sep 2026 13:32:25 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - « Comment peut-on organiser des élections sans recensement de la population ni Constitution définitive ? », s'interroge l'auxiliaire de Jubahttps://www.fides.org/fr/news/78200-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Comment_peut_on_organiser_des_elections_sans_recensement_de_la_population_ni_Constitution_definitive_s_interroge_l_auxiliaire_de_Jubahttps://www.fides.org/fr/news/78200-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Comment_peut_on_organiser_des_elections_sans_recensement_de_la_population_ni_Constitution_definitive_s_interroge_l_auxiliaire_de_JubaJuba – « Comment est-il possible d’organiser des élections s’il n’y a pas de recensement de la population ni de Constitution définitive ? », s’est interrogé Mgr Santo Loku Pio Doggale, Évêque auxiliaire de Juba, capitale du Soudan du Sud, lors d’un événement ecclésial la semaine dernière.<br />« Ils veulent maintenant organiser des élections, mais il n’y a pas de recensement – à moins qu’ils ne l’aient effectué en secret, car il n’est pas possible d’organiser des élections sans connaître la taille de la population », a déclaré Mgr Doggale. « Ils veulent organiser des élections alors que le pays n’a pas de Constitution définitive. Comment peut-on organiser des élections sans recensement ni Constitution ? Ces deux éléments constituent les fondements des élections », a-t-il souligné.<br />« C’est grâce au recensement que l’on détermine la répartition géographique et la distribution de la population. Vous faites perdre du temps à la population du Soudan du Sud depuis 2005, mais Dieu est grand et il exaucera notre patience », a ajouté l’Évêque auxiliaire de Juba.<br />Le 1er septembre 2026, l’Assemblée législative nationale de transition du Soudan du Sud a approuvé, lors d’une séance à huis clos , le projet de loi n° 13 de 2026 portant amendements à la Constitution de transition du Soudan du Sud de 2011. La procédure a été menée à bien en une seule journée et le texte a été adopté à l’unanimité.<br />Deux jours plus tard, le président Salva Kiir Mayardit a signé l'amendement n° 13 à la Constitution transitoire, supprimant l'obligation légale d'un recensement de la population et d'une Constitution définitive avant les élections.<br />Cette mesure modifie les dispositions de la Constitution transitoire afin de dissocier la tenue des élections générales de deux conditions prévues par l’Accord revitalisé de 2018 pour le règlement du conflit au Soudan du Sud : la réalisation d’un recensement national de la population et des logements et l’adoption d’une Constitution permanente .<br />Les élections peuvent désormais se dérouler conformément à la Constitution transitoire ainsi modifiée. Le recensement et le processus d’élaboration de la Constitution permanente sont reportés à après les élections, afin qu’un futur gouvernement élu s’en charge. Le gouvernement a présenté cette initiative comme une mesure visant à lever les obstacles juridiques, permettant ainsi la tenue des élections prévues le 22 décembre 2026 . <br />Tue, 22 Sep 2026 13:14:18 +0200BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/IV - La valeur du prochain : Fulton Sheen contre la ségrégationhttps://www.fides.org/fr/news/78197-BEATIFICATION_DE_FULTON_SHEEN_IV_La_valeur_du_prochain_Fulton_Sheen_contre_la_segregationhttps://www.fides.org/fr/news/78197-BEATIFICATION_DE_FULTON_SHEEN_IV_La_valeur_du_prochain_Fulton_Sheen_contre_la_segregationpar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Rochester - « Tout autour de nous, il y a des gens qui ne cessent jamais de haïr quelqu’un ou quelque chose, en criant : “À bas le capitalisme ! À bas les syndicats ! À bas la religion ! À bas le gouvernement ! À bas les patrons de l’économie ! À bas la propriété privée ! À bas telle classe ! À bas telle autre classe !” Mais moi, je dis : “À bas la haine de classe ! Finissons-en avec toute forme de haine ! Cessons de regarder les choses de haut et commençons à lever les yeux, toujours plus haut, vers Dieu ! »<br />Fulton J. Sheen a prononcé ces paroles célèbres à Los Angeles, pendant la Seconde Guerre mondiale, dans un appel à la paix entre juifs, protestants et catholiques, afin de contrer la tendance à l’hostilité collective. Elles offrent également l’occasion de se pencher sur un aspect moins connu du témoignage public de cet évêque américain : son opposition constante à la discrimination raciale, exprimée bien avant l’adoption des lois sur les droits civiques dans les années 1960.<br /><br />Une maternité destinée aux mères noires<br /><br />En 1938, ce prêtre catholique, auteur d’émissions de télévision, reçut un héritage de la duchesse Brady, une bienfaitrice qu’il avait rencontrée à Lourdes. Thomas C. Reeves écrit dans *America’s Bishop: The Life and Times of Fulton J. Sheen* que Sheen a consacré une partie importante de cette somme au diocèse de Mobile, en Alabama, afin d’aider les Sœurs de la Miséricorde à fournir des soins obstétricaux aux femmes noires. À Mobile, où régnait la ségrégation, les mères noires se voyaient refuser l’accès aux hôpitaux réservés aux patients blancs. Le programme financé par ces fonds fut par la suite rattaché à l’hôpital Martin de Porres. L’initiative prit de l’ampleur au fil du temps. En 1950, un hôpital plus grand ouvrit ses portes, à la suite d’une vaste campagne de collecte de fonds à laquelle Sheen continua de participer. Reeves rapporte également que l’intérêt de Sheen pour ce projet était lié à Fanny Washington, sa cuisinière et gouvernante afro-américaine.<br /><br />Au cours des années suivantes, Sheen fit don des droits d’auteur de ses livres et des honoraires perçus pour ses interventions publiques à des initiatives et institutions catholiques de l’Alabama. Parmi celles-ci figuraient son soutien à la Mission du Cœur Immaculé de Marie à Hillview, en Alabama, ainsi que des contributions à des chapelles et à des projets missionnaires itinérants en Caroline du Nord et au Texas.<br />En 1942, après avoir reçu une invitation d’une femme noire, il se rendit dans une petite ville de Caroline du Nord et prononça un sermon missionnaire sur les marches de l’école publique. Un an plus tard, il traversa l’Alabama avec un prêtre à bord d’une caravane, s’adressant « aux coins des rues et dans les champs de maïs à quiconque voulait bien l’écouter », écrit Reeves.<br />Ces épisodes se sont déroulés à une époque où les catholiques noirs vivaient souvent en marge de la vie ecclésiale et civile américaine. Ils ont démontré la détermination de Sheen à mettre son influence, les fonds qu’il avait collectés et sa renommée au service de communautés qui n’avaient que très peu accès à de telles ressources.<br /><br />De Mobile à Rochester<br /><br />L’aide concrète que Sheen apporta aux communautés catholiques de couleur s’inscrivait dans une conviction morale et théologique plus large. Les droits de l’homme, comme il l’affirma dans *A Declaration of Dependence* , ne provenaient pas du gouvernement et ne pouvaient être subordonnés aux préférences d’une majorité. Leur fondement résidait dans la dignité de la personne humaine devant Dieu. À cet égard, les autorités publiques pouvaient reconnaître et protéger ces droits, mais elles ne pouvaient, selon tout critère élémentaire de justice, accorder moins de valeur à un groupe de personnes qu’à un autre.<br />Ancrée dans la tradition chrétienne, cette vision a conduit Sheen à considérer les préjugés raciaux comme un refus de reconnaître l’autre, avant tout, comme un enfant de Dieu.<br /><br />Lorsque Sheen devint Évêque de Rochester, en 1966, il arriva dans une ville marquée par les conséquences des inégalités raciales dans le Nord. Les émeutes de juillet 1964 avaient mis en lumière la colère suscitée par les pratiques policières, les conditions de logement, l’emploi et l’exclusion des avantages économiques d’une ville industrielle. Les organisations catholiques de Rochester avaient déjà commencé à réagir : le Conseil catholique interracial avait été créé en 1960 et des initiatives diocésaines apportaient une aide aux enfants noirs et aux familles portoricaines. Au cours de son épiscopat, Sheen apporta un soutien visible à bon nombre de ces causes. La presse catholique de Rochester rapporta qu’entre 1967 et 1968, c’était lui-même qui avait fondé une organisation dont est issue par la suite la Bishop Sheen Ecumenical Housing Foundation, une agence de logement social toujours active dans la région, visant à remédier à la pénurie de logements décents pour les résidents à faibles revenus.<br />La discrimination en matière de logement n’était pas un problème propre au Sud. Dans les villes du Nord, elle pouvait persister par le biais d’un accès inégal aux locations, à la vente de logements, aux prêts immobiliers et au crédit, ainsi que par des pratiques informelles qui limitaient les lieux où les familles pouvaient s’installer.<br /><br />À Rochester, Sheen s’est également engagé dans le débat public sur l’emploi et l’exclusion raciale chez Eastman Kodak, le plus grand employeur privé de la ville. Un article publié dans le magazine *America* le cite parmi ceux qui faisaient pression sur Kodak pour que l’entreprise améliore l’accès à la formation et à l’emploi pour les travailleurs noirs .<br /><br />Une vision missionnaire de l'humanité<br /><br />La dimension internationale de l’œuvre de Sheen a renforcé cette perspective. De 1950 à 1966, il a occupé le poste de directeur national de l’Œuvre pour la Propagation de la Foi aux États-Unis. Ce rôle l’a amené à parler aux catholiques américains d’une Église qui transcendait les cultures, les langues et les nations.<br /><br />Au cours des voyages qu’il entreprit en 1960, il se rendit en Argentine et au Brésil, s’attardant notamment à Buenos Aires et à Rio de Janeiro. À Rio, il remarqua la proximité surprenante entre l’extrême richesse et l’extrême pauvreté : le contraste entre les prestigieux quartiers côtiers de la ville et la misère qui régnait à quelques pas de là remettait en question toute identification simpliste de la réussite économique et sociale avec les vertus morales. Il se rendit ensuite au Kenya, où il visita des stations missionnaires et des communautés en proie à la maladie, à l’isolement et à une profonde insécurité. Il célébra la messe dans une église missionnaire dont le sol était en terre battue mêlée de fumier, et se souvint par la suite avoir rencontré une femme, mère de dix enfants, qui avait été abandonnée par son mari. Son voyage le conduisit également à Johannesburg, où il fut témoin direct de l’apartheid. Les comptes rendus de cette visite décrivent sa détermination, malgré la résistance des autorités, à aller rencontrer un catéchiste noir dans une zone soumise à la ségrégation.<br />À l’occasion d’un congrès missionnaire à Saint-Louis en 1953, Sheen établit explicitement un lien entre la portée universelle de la mission catholique et le refus de toute hiérarchisation fondée sur la race. Selon un compte rendu rétrospectif de cette rencontre publié par le *National Catholic Register*, il déclara aux missionnaires : « Ne prêtez pas attention à la race ou à la couleur de la peau, car il n’existe pas de personnes inférieures au monde lorsqu’elles sont enfants de la grâce par les sacrements. » Dans ce même discours, Sheen a évoqué la foi des musulmans en un Dieu unique et leur vénération de Jésus et de Marie. Il a également parlé de la Chine comme d’un pays qui restait ouvert à un renouveau de la foi, bien qu’il traversât une période difficile.<br /><br />La valeur du « prochain » <br /><br />Fulton Sheen ne rentre pas tout à fait dans les catégories politiques contemporaines. Il n’était ni un militant des droits civiques ni un théoricien du racisme structurel, selon la terminologie adoptée par la suite par le mouvement. Son engagement s’est concrétisé par des homélies, des initiatives philanthropiques, des voyages pastoraux et des appels à la conscience. Pourtant, ces formes d’action ont eu des répercussions significatives dans leur contexte historique : soutien à l’aide à la maternité là où la ségrégation limitait l’accès des femmes noires aux soins médicaux ; aide aux communautés missionnaires négligées par les institutions publiques ; et engagement en faveur du logement et de l’emploi à Rochester.<br />La carrière de Jerome Gary Cooper illustre bien l’approche de Sheen. Ayant grandi à Mobile, en Alabama — une ville marquée par la ségrégation —, Cooper est arrivé à l’université de Notre Dame en 1954 grâce à une bourse d’études et a obtenu son diplôme en finance quatre ans plus tard. Il s’est ensuite enrôlé dans le Corps des Marines des États-Unis, devenant — pendant la guerre du Vietnam — le premier officier afro-américain des Marines à commander une compagnie d’infanterie au combat. Il a ensuite atteint le grade de général de division et a été nommé ambassadeur des États-Unis en Jamaïque, où il a exercé ses fonctions de 1994 à 1997. Le magazine *America* et la base de données biographique *BlackPast* rapportent qu’une recommandation de Fulton Sheen a aidé Cooper à obtenir sa bourse d’études pour Notre Dame.<br />Pour Sheen, cette référence, c'était le prochain. Non pas le prochain que l'on choisit parce qu'il pense comme nous ou nous ressemble, selon la logique des algorithmes qui créent de fausses communautés, mais la personne qui se trouve devant nous, souvent de manière gênante, souvent au bord de la route. Sheen croyait que c'est en cette personne que les chrétiens rencontrent l'image de Dieu et l'épreuve de leur propre foi. . Tue, 22 Sep 2026 01:13:02 +0200100 ANS DEPUIS L'ORDINATION DES 6 PREMIERS ÉVÊQUES CHINOIS/1 - Odorico Cheng Hede et le diocèse de Puchihttps://www.fides.org/fr/news/78195-100_ANS_DEPUIS_L_ORDINATION_DES_6_PREMIERS_EVEQUES_CHINOIS_1_Odorico_Cheng_Hede_et_le_diocese_de_Puchihttps://www.fides.org/fr/news/78195-100_ANS_DEPUIS_L_ORDINATION_DES_6_PREMIERS_EVEQUES_CHINOIS_1_Odorico_Cheng_Hede_et_le_diocese_de_PuchiCent ans après l’ordination des six premiers Évêques chinois consacrés à l’époque moderne , l’Agence Fides consacre une série de fiches documentaires à ces successeurs des apôtres et à leurs diocèses, qui ont été au cœur de cet événement décisif dans le cheminement de l’Église catholique en Chine.<br /><br />§§§<br /><br />par le Professeur Liu Zhiqing<br /><br />Puchi - La Préfecture Apostolique de Puchi fut la première circonscription ecclésiastique de l'Église catholique en Chine confiée à la direction d'un ecclésiastique chinois. Elle fut érigée le 12 décembre 1923. Son premier Évêque, Odorico Cheng Hede , fut l’un des six Évêques chinois ordonnés par le Pape Pie XI dans la basilique vaticane le 28 octobre 1926. Avant sa consécration épiscopale, il avait été nommé Préfet Apostolique le 21 mars 1924, puis Évêque élu par Pie XI le 24 juin 1926.<br /><br />1.Histoire du diocèse<br /><br />En 1922, dès son arrivée en Chine en tant que premier Délégué Apostolique, l’Archevêque Celso Costantini commença à se consacrer intensément à la création de circonscriptions ecclésiastiques destinées à être confiées au clergé autochtone chinois. Il écrira plus tard dans son ouvrage intitulé « Avec les missionnaires en Chine, 1922-1933 : mémoires de faits et d’idées » : « J’ai suggéré à Rome que le moment était désormais venu de créer un ou deux diocèses autochtones ; ainsi, au Concile national , certains Évêques chinois auraient pu y participer en tant que représentants officiels. »<br /><br />À son arrivée en Chine, Costantini s’installa à Hankou et, pour des raisons géographiques, entretint des relations fréquentes avec le Vicariat Apostolique de Hankou. De plus, leur origine italienne commune lui permit de nouer des liens particulièrement cordiaux avec Gratianus Gennaro , franciscain italien et vicaire apostolique de Hankou. Costantini apprit ainsi que « le Vicariat Apostolique avait l’intention de confier aux franciscains américains dix districts situés au sud du fleuve Yangtsé ». Il envisagea alors de « consacrer quatre de ces districts à la création d’un diocèse qui serait confié à un Chinois, avec Puchi comme centre, où l’activité de l’Église avait déjà jeté quelques bases ».<br />Costantini concentra alors ses efforts pour tenter de convaincre le Vicaire Apostolique de Hankou d’adhérer à cette perspective. Il se souvint par la suite : « J’ai essayé de convaincre Gennaro d’approuver l’initiative visant à ériger un diocèse autochtone. Il fut surpris et, après avoir soulevé certaines difficultés, conclut : “Les prêtres chinois n’ont pas de statut juridique en Chine et ne jouissent pas du respect des autorités chinoises. Mais si Rome le souhaite, nous ne pouvons qu’obéir” » .<br /><br />Le 12 décembre 1923, la Préfecture Apostolique de Puchi fut érigée, en la séparant du Vicariat Apostolique du Hubei oriental . Ce dernier était administré par les Franciscains italiens et comprenait, en 1923, cinq préfectures : Wuchang, Hanyang, Huangzhou , De'an et Anlu. Le territoire était organisé en cinq décanats : Wuchang, Hanyang, Anlu, De'an et Huangzhou. Au total, 97 prêtres y exerçaient leur ministère, dont 74 étrangers et 23 Chinois ; les prêtres chinois représentaient donc 23,71 % du clergé, un pourcentage relativement faible qui plaçait ce vicariat à la 39e place parmi les 57 vicariats et préfectures apostoliques alors existants en Chine.<br /><br />Trois nouveaux territoires missionnaires ont été créés à partir du Vicariat Apostolique de l'Hubei oriental. Le Vicariat Apostolique de Hankou comptait 54 paroisses dotées de prêtres résidents et 43 914 catholiques baptisés.<br /><br />En décembre 1923, parallèlement à la Préfecture Apostolique de Puchi, furent également créées la préfecture apostolique de Wuchang, confiée aux Franciscains américains, et la Préfecture Apostolique de Hanyang, confiée à la Société des Missions étrangères de Saint-Colomban .<br /><br />Les Préfectures Apostoliques de Puchi et de Wuchang ont toutes deux été créées à partir du décanat de Wuchang du Vicariat Apostolique du Hubei oriental, tandis que le décanat de Hanyang a constitué le territoire de la Préfecture Apostolique de Hanyang.<br /><br />D'après les statistiques disponibles, en 1923, le décanat de Wuchang du Vicariat Apostolique du Hubei oriental comprenait dix districts. La future Préfecture Apostolique de Puchi devait comprendre les quatre districts de Puchi, Jiayu , Chongyang et Tongcheng . Cette année-là, il n’y avait qu’une seule paroisse, à Chongyang, avec un prêtre chinois et 729 fidèles.<br /><br />La future Préfecture Apostolique de Wuchang comprenait quant à elle Wuchang, Xianning , Echeng , Daye , Tongshan et Xingguo , avec six paroisses et 2 793 fidèles. Le doyenné de Hanyang comptait quant à lui 7 689 fidèles.<br /><br />ILe 12 décembre 1923 fut donc instituée la Préfecture Apostolique de Puchi, considérée dans l’histoire de l’Église en Chine comme la première circonscription ecclésiastique confiée à un membre du clergé autochtone chinois. Cette année-là, elle comptait 866 baptisés, avec sept prêtres chinois et un prêtre italien engagés dans le service pastoral.<br /><br />Les ressources matérielles de la nouvelle Préfecture Apostolique étaient alors pratiquement inexistantes, et l'activité missionnaire s'avérait extrêmement difficile. Pour soutenir ce nouveau territoire, le Vicariat Apostolique de l'Hubei oriental alloua 100 000 taels d'argent aux activités d'évangélisation.<br />Le 10 mai 1951, la Préfecture Apostolique de Puchi fut élevée au rang de diocèse, englobant les quatre districts de Jiayu, Puchi, Chongyang et Tongcheng.<br /><br />Selon les statistiques rapportées par Zhao Qingyuan dans son ouvrage « Chronologie de la subdivision des diocèses catholiques en Chine et de la succession de leurs responsables », le diocèse comptait 19 églises et chapelles, 10 prêtres chinois et 5 046 catholiques baptisés.<br /><br />2.Les Évêques du diocèse<br /><br />Le premier Évêque de la Préfecture Apostolique de Puchi fut Odorico Cheng Hede , franciscain de l'Ordre des Frères Mineurs .<br />Odorico Cheng Hede était né le 22 juillet 1873 à Laohekou, dans la province du Hubei. Il fréquenta d'abord l'école de Chayuangou et, à l'âge de dix ans, fut envoyé en Italie avec un autre séminariste franciscain pour y suivre sa formation.<br />Le 7 août 1894, il entra dans l'Ordre des Frères Mineurs à La Verna, en Italie, et fut ordonné prêtre le 5 juillet 1900. En janvier 1903, il revint en Chine pour se consacrer à l’œuvre missionnaire. À partir de 1907, il occupa le poste de vice-recteur du petit séminaire de Chayuangou, fonction qu’il exerça pendant 14 ans au total.<br /><br />Odorico était particulièrement versé dans la musique sacrée et aimait lire des ouvrages historiques. Il traduisit en chinois la Règle de l’Ordre franciscain et rédigea une grammaire italienne destinée aux étudiants chinois. Il fut également l’auteur de la Biographie commune des bienheureux martyrs Liu Fangji et Dong Wenxue , publiée par l’imprimerie de l’église de Xujiahui, à Shanghai.<br /><br />Le 21 mars 1924, il fut nommé Préfet Apostolique de la Préfecture Apostolique de Puchi, devenant ainsi le premier Préfet Apostolique chinois. Bien que Cheng Hede ait exercé cette fonction en tant que prêtre et n’ait pas encore été Évêque, sa nomination a néanmoins constitué un événement d’une grande importance pour l’Église en Chine, 250 ans après l’ordination épiscopale du dominicain Grégoire Luo Wenzao, survenue en 1674.<br /><br />En 1924, Cheng Hede participa, aux côtés d’un autre préfet chinois, au Primum Concilium Sinense, le concile de l’Église catholique en Chine, convoqué à Shanghai.<br />Le 24 juin 1926, il fut nommé Évêque titulaire de Catenna. Le 28 octobre 1926, dans la basilique Saint-Pierre à Rome, il fut ordonné Évêque par le Pape Pie XI, devenant ainsi l’un des six premiers Évêques chinois ordonnés à l’époque moderne.<br />Il mourut le 14 novembre 1928, à l’âge de 55 ans.<br />Après sa mort, Joseph Zhang Jingxiu fut nommé, le 16 avril 1929, préfet apostolique de Puchi. Il mourut le 20 avril 1941.<br />Le 23 février 1949, l’autre franciscain Joseph Li Daonan O.F.M. fut nommé Préfet Apostolique de Puchi. Le 10 mai 1951, la Préfecture Apostolique ayant été élevée au rang de diocèse, Li Daonan devint Évêque du diocèse de Puchi. Il mourut en 1971.<br /><br />3. Développement du diocèse<br /><br />Au moment de sa création, le diocèse de Puchi disposait de bases très fragiles et d’un territoire assez restreint, ne comprenant que quatre districts. À l’origine, seule la paroisse de Chongyang, appartenant au doyenné de Wuchang, était active sur ce territoire.<br />Après 27 ans de développement, le nombre de catholiques baptisés était passé à 5 351, tandis que le diocèse comptait 10 prêtres chinois et 10 religieuses chinoises. Dans l’ensemble, toutefois, le développement des activités pastorales du diocèse resta relativement modeste et peu satisfaisant.<br /><br />Tue, 22 Sep 2026 01:03:32 +0200EUROPE/POLOGNE - La mission explore de nouvelles voies : tel est le message qui s’est dégagé de la réunion d’automne des Œuvres Pontificales Missionnaireshttps://www.fides.org/fr/news/78194-EUROPE_POLOGNE_La_mission_explore_de_nouvelles_voies_tel_est_le_message_qui_s_est_degage_de_la_reunion_d_automne_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttps://www.fides.org/fr/news/78194-EUROPE_POLOGNE_La_mission_explore_de_nouvelles_voies_tel_est_le_message_qui_s_est_degage_de_la_reunion_d_automne_des_OEuvres_Pontificales_MissionnairesVarsovie – La mission ne peut pas rester ancrée uniquement dans des formes liées à une époque désormais révolue. Elle a besoin de nouvelles énergies pour mobiliser l’ensemble de la communauté ecclésiale. C’est l’un des messages qui est ressorti de la rencontre d’automne des Œuvres Pontificales Missionnaires et des communautés missionnaires, qui s’est tenue à Varsovie la semaine dernière.<br />Plus de 80 participants se sont réunis pour réfléchir à l’avenir de l’animation missionnaire en Pologne et préparer le centenaire de la Journée Mondiale des Missions qui sera célébré le 18 octobre 2026. C’est Mgr Jan Piotrowski, président de la Commission pour les missions de la Conférence épiscopale polonaise, qui a ouvert les débats. « La mission n’est pas un élément supplémentaire dans la vie de l’Église, mais elle fait partie de son essence même », a rappelé Mgr Piotrowski, invitant à renouveler la conscience missionnaire et à rechercher de nouvelles façons d’annoncer l’Évangile. « Nous ne pouvons pas simplement rester attachés aux formes du passé », a-t-il souligné, en désignant dans la capacité à aller de l’avant l’un des défis de l’Église d’aujourd’hui.<br /><br />Non pas des bénéficiaires, mais des collaborateurs<br /><br />L’un des points soulignés lors de la rencontre concerne la manière de considérer les Églises des territoires de mission. Elles ne sont pas de simples bénéficiaires d’aides, mais des collaborateurs dans l’annonce de l’Évangile. La responsabilité missionnaire, a-t-on rappelé, ne se limite en effet pas au soutien matériel. Elle englobe la prière, la formation, l’animation et la collaboration. C’est pourquoi la coopération entre les diocèses, les congrégations religieuses, les Œuvres Pontificales Missionnaires , les organisations missionnaires et les laïcs devient décisive. Un réseau de relations qui, selon les mots de Mgr Piotrowski, devrait faire des missions non pas un fardeau pour l’Église, mais une « étoile » capable d’indiquer le chemin de la foi, de l’évangélisation, de la solidarité et de l’ouverture aux autres.<br /><br />L’importance de la rencontre<br /><br />À une époque dominée par les communications à distance, la réunion de Varsovie a remis au centre un mot simple : la rencontre.<br />Le père Maciej Będziński, directeur national des OPM polonaises, a fait remarquer que les e-mails, les vidéoconférences et l’intelligence artificielle permettent aujourd’hui de mener de nombreuses activités sans se rencontrer physiquement. Mais la véritable coopération, a-t-il souligné, nécessite des relations et une présence.<br /><br />Helena Kmieć, une sainteté vécue au quotidien<br /><br />Parmi les moments les plus marquants de la rencontre, la réflexion sur le témoignage d’Helena Kmieć, une jeune laïque polonaise dont la cause de béatification est en cours. Née en 1991 à Libiąż, dans le sud de la Pologne, Helena a été assassinée en 2017 à Cochabamba, en Bolivie, alors qu’elle travaillait dans un foyer pour enfants. Son expérience missionnaire l’avait déjà conduite en Hongrie, en Roumanie et en Zambie, en plus de la Bolivie. Son parcours a été présenté comme un témoignage particulièrement significatif pour les jeunes. Étudiante, travailleuse, bénévole et laïque engagée dans la vie de l’Église, Helena a vécu son expérience de foi au cœur de la vie quotidienne.<br /><br /><br />Former à la mission, des séminaires aux enfants<br /><br />Cette rencontre a également été l’occasion de présenter les activités des OPM pour l’année à venir. L’Œuvre Pontificale de Saint Pierre l’Apôtre poursuivra, pour la quatorzième année consécutive, l’initiative « Adopt a Missionary Seminarian », destinée au soutien spirituel et matériel des vocations dans les territoires de mission. Au cours de la nouvelle année, le Grand Séminaire de l’archidiocèse de Bamenda, au Cameroun, ainsi que les séminaires de Moramanga, à Madagascar, et de Chabua, en Inde, seront associés à cette initiative. L’Union Pontificale Missionnaire a quant à elle présenté la « Missionary Academy », un parcours de trois semestres consacré à la spiritualité missionnaire.<br />En matière de formation, l’Œuvre Pontificale de la Propagation de la Foi a mis l’accent sur l’animation missionnaire et sur les initiatives liées au centenaire de la Journée missionnaire mondiale. Pour les plus jeunes, l’Œuvre Pontificale de l’Enfance Missionnaire a préparé le parcours « Universe of Holiness », consacré à la découverte des saints et des bienheureux et à la croissance dans la foi. L’initiative « Missionary Carol Singers 2026/2027 » se poursuivra également ; cette année, elle sera consacrée au soutien des enfants de Terre Sainte.<br />En vue du centenaire de la Journée Mondiale des Missions, la rencontre qui s’est tenue à Varsovie offre à l’Église polonaise une perspective précise : renouveler l’esprit missionnaire et renforcer la collaboration avec les Églises locales, en recherchant de nouvelles formes de participation et d’annonce. Une mission qui, pour être véritablement telle, est appelée à impliquer toute la communauté ecclésiale.<br /> <br /><br />Tue, 22 Sep 2026 00:54:59 +0200La graine de l'Évangile et la mission. À Nemi, l'Archevêque Sangalli clôt le cours de formation destiné aux Évêques, placé sous le signe de saint Charles de Foucauldhttps://www.fides.org/fr/news/78193-La_graine_de_l_Evangile_et_la_mission_A_Nemi_l_Archeveque_Sangalli_clot_le_cours_de_formation_destine_aux_Eveques_place_sous_le_signe_de_saint_Charles_de_Foucauldhttps://www.fides.org/fr/news/78193-La_graine_de_l_Evangile_et_la_mission_A_Nemi_l_Archeveque_Sangalli_clot_le_cours_de_formation_destine_aux_Eveques_place_sous_le_signe_de_saint_Charles_de_FoucauldNemi – La formation permanente des Évêques comme temps de communion, de renouveau spirituel et de conversion personnelle et pastorale. Telle est la perspective présentée par l’Archevêque Samuele Sangalli dans l’homélie qu’il a prononcée le 19 septembre, en mémoire de saint Gennaro, Évêque et martyr, à l’issue du cours de formation permanente organisé par le Dicastère pour l’Évangélisation, , qui avait débuté le dimanche 13 décembre au Centre « ad Gentes » de Nemi, dans la région des Castelli Romani.<br />Ce cours a constitué une nouvelle initiative « expérimentale » parmi les activités promues par le Dicastère missionnaire. Vingt-et-un évêques, tous originaires de pays africains anglophones et ayant reçu la consécration épiscopale entre 1999 et 2022, ont pris part aux séances de travail.<br />.<br />S’adressant aux participants, le Secrétaire Adjoint du Dicastère missionnaire a tout d’abord rappelé les paroles de l’apôtre Paul dans la première Lettre aux Corinthiens : « De même que nous avons porté l’image de l’homme terrestre, nous porterons aussi l’image de l’homme céleste » . Des paroles qui, a-t-il expliqué, concernent certes « la mystérieuse transformation qui aura lieu au moment de notre mort », mais qui manifestent également une réalité déjà à l’œuvre dans la vie des baptisés.<br />« Nous savons que, dès l’instant de notre baptême, par la puissance du Saint-Esprit, cette œuvre de conformation de notre humanité à celle du Christ est déjà à l’œuvre en nous : une transformation qui exige l’adhésion de tout notre être ; une conversion qui englobe toute notre vie de chrétiens et de ministres de l’Évangile », a affirmé Mgr Sangalli.<br /><br />C'est également dans cette perspective que s'inscrivent les journées de rencontre réservées aux Évêques : des occasions de fraternité, d'approfondissement et de régénération intérieure que le Dicastère a promues et qui, a fait remarquer l'Archevêque, ont été accueillies « avec un grand enthousiasme par les épiscopats auxquels elles ont été proposées ». On espère que ces initiatives, qui permettent de rendre visible la dimension « catholique/universelle de la communion épiscopale », se consolideront et deviendront un rendez-vous régulier au Siège de Pierre, comme c’est déjà le cas pour le cours de formation destiné aux Évêques nouvellement nommés.<br /><br />Ce parcours de formation, a poursuivi Mgr Sangalli, aide les pasteurs « à laisser mûrir en nous et dans notre ministère épiscopal la graine » de la Parole de Dieu. À cet égard, le Secrétaire Adjoint du Dicastère missionnaire a cité la constitution conciliaire Dei Verbum : « Dieu, qui a parlé dans le passé, continue de dialoguer sans interruption avec l’Épouse de son Fils bien-aimé ; et le Saint-Esprit, par qui la voix vivante de l’Évangile résonne dans l’Église et, à travers elle, dans le monde, initie les croyants à la vérité tout entière et fait habiter en eux abondamment la parole du Christ ».<br /><br />L’image de la graine, évoquée par la parabole évangélique proclamée lors de la liturgie du jour, a constitué le cœur de la méditation. Mgr Sangalli a proposé aux Évêques un long passage de saint Charles de Foucauld, présenté comme « le mystique explorateur de la vie quotidienne du Christ ». Dans ce texte, le saint français contemple l’action inlassable de Dieu qui sème l’Évangile dans les cœurs, même lorsqu’ils semblent distraits, réticents, ingrats ou hostiles.<br /><br />« Comme tu es bon, mon Dieu, toi qui non seulement daignes nous donner la parole de vie et les exemples qui nous montrent le chemin, mais qui prends même soin de nous montrer les obstacles qui pourraient nous empêcher d’en tirer profit ! Comme tu es bon, toi qui te donnes tant de peine pour nous, qui vas et viens, qui parles toute la journée, qui sèmes sans relâche la graine de l’Évangile et, hélas, qui la sèmes si souvent dans des âmes distraites, mal disposées, ingrates, parfois hostiles. »<br /><br />D’où cette invitation à ne pas sélectionner les destinataires du message, mais à partager la logique même de Jésus, qui sème sans compter. « Prêchons l’Évangile à toute créature comme l’a fait Jésus, qu’elle soit bien disposée ou mal disposée ; semons la graine de nos prières, de notre bon exemple, de nos bonnes œuvres et, si Dieu le veut, de nos paroles, dans chaque âme humaine ; Dieu le fera germer en son temps, si elle est réceptive ; c’est son œuvre et la leur ; la nôtre est de semer, comme Il le fait, pour chaque être humain, le saint Évangile, en parlant ou en se taisant, comme Dieu nous le demande ».<br /><br />Cette même page de de Foucauld rappelle également la responsabilité de celui qui reçoit la graine de la Parole. « Et lorsque le divin Semeur laisse tomber sa graine sur nous, accueillons-la et soyons pour elle une terre fertile : ne soyons pas « légers », en laissant le diable nous enlever la graine ; ne soyons pas « inconstants », en recevant la Parole et en faisant de grands projets de perfection, pour ensuite les abandonner à la première difficulté qui se présente dans leur mise en pratique ne soyons pas « attachés aux choses terrestres », en négligeant de réaliser nos projets de perfection ».<br /><br />Chaque circonstance de l'existence, a rappelé l'Archevêque en citant à nouveau le Saint, peut devenir une graine confiée à la liberté de l'homme : « Cette graine divine tombe sur nous à chaque heure ; à chaque minute, à chaque seconde, Il la sème dans chaque âme humaine. Chaque bonne inspiration, chaque bon désir, chaque bonne pensée, ce bon exemple que nous avons reçu, ce bon livre que nous avons lu, cette bonne parole que nous avons entendue, cette belle âme que nous avons entrevue, cette épreuve, cette maladie, cet événement, cette consolation, cette souffrance – bref, tout ce qui nous arrive dans la vie, tout ce qui se succède d’un instant à l’autre, est une bonne graine semée par le tendre Semeur pour porter du fruit dans notre terre et produire en nous des fruits de vie éternelle : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » ».<br /><br />À la fin de l’homélie, Mgr Sangalli a confié le cheminement des Évêques à la confiance de Marie et de saint Janvier. « Que le Seigneur nous aide donc à faire fructifier, selon sa volonté, la graine qu’il a semée en nous ces derniers jours. » Et il a conclu par les paroles du Psaume 55 : « Je sais ceci : Dieu est pour moi. En Dieu, dont je loue la parole, en Dieu j’ai confiance, je n’aurai pas peur ».<br /><br />La formation destinée aux Évêques qui s'est déroulée à Nemi a été organisée avec le soutien de la Fondation pontificale « Aide à l'Église en détresse ». Dans l'après-midi du vendredi 18 septembre, Mme Regina Lynch, présidente exécutive de « Aide à l'Église en détresse » en charge des régions d'Afrique de l'Est, a participé à la séance de travail et a présenté aux participants à la formation les activités de la Fondation.<br /> Mon, 21 Sep 2026 14:57:50 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - Journée internationale de la paix. L'Évêque de Tombura-Yambio : « Nos blessures font partie de notre histoire ; la paix est l'héritage que nous devons laisser à nos enfants »https://www.fides.org/fr/news/78192-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Journee_internationale_de_la_paix_L_Eveque_de_Tombura_Yambio_Nos_blessures_font_partie_de_notre_histoire_la_paix_est_l_heritage_que_nous_devons_laisser_a_nos_enfantshttps://www.fides.org/fr/news/78192-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Journee_internationale_de_la_paix_L_Eveque_de_Tombura_Yambio_Nos_blessures_font_partie_de_notre_histoire_la_paix_est_l_heritage_que_nous_devons_laisser_a_nos_enfantsTombura-Yambio – « Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour ». Tel est le cœur du message adressé à la population du Soudan et du Soudan du Sud par Mgr Barani Eduardo Hiiboro Kussala, Évêque de Tombura-Yambio, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée aujourd’hui, 21 septembre.<br /><br />« La paix est plus que la simple absence de guerre. Elle exige la justice, la dignité, la sécurité, la réconciliation et le courage de rétablir la confiance », écrit l’Évêque, président de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale catholique du Soudan et du Soudan du Sud , dans une note adressée à l’Agence Fides. « Nos peuples portent des blessures depuis trop longtemps. Mais nos blessures font partie de notre histoire ; la paix est l’héritage que nous devons laisser à nos enfants. »<br /><br />Ce message naît de l’expérience de populations marquées par « les conflits, les déplacements, la douleur et la peur », mais qui, souligne l’Évêque, « continuent d’espérer ». D’où l’invitation à adresser une prière particulière aux victimes de la violence, aux familles déplacées, aux réfugiés, aux enfants qui grandissent dans la peur et à tous ceux qui portent encore les blessures du conflit.<br /><br />Dans une période particulièrement délicate pour le Soudan et le Soudan du Sud, Mgr Hiiboro s'adresse donc à toutes les composantes de la société : dirigeants politiques, citoyens, autorités religieuses et traditionnelles, femmes et jeunes. « Que nos différences ne deviennent jamais un motif de violence », exhorte-t-il. « Que le dialogue remplace la confrontation et que les pouvoirs publics soient au service du bien commun ». Il insiste tout particulièrement sur les processus électoraux auxquels les deux pays se préparent. « Que la dignité et les droits de chaque citoyen soient respectés », affirme l’évêque, demandant que la participation politique soit « pacifique et exempte de peur, d’intimidations et de violence ». Et il ajoute : « La divergence politique ne doit jamais transformer le voisin en ennemi ».<br /><br />Il demande en particulier aux jeunes de ne pas hériter de la haine : « N’héritez pas de la haine d’hier. Construisez des ponts entre les communautés et au-delà des différences. Choisissez l’éducation, la foi, le service et la réconciliation plutôt que la violence ». Cet appel s’étend enfin aux familles, aux Églises, aux mosquées, aux chefs traditionnels et aux médias, appelés à devenir des « artisans de paix ». « Nos paroles et nos actes peuvent aggraver les blessures ou contribuer à les guérir », souligne l’Évêque.<br /><br />En conclusion, Hiiboro confie à Dieu les populations du Soudan et du Soudan du Sud, ainsi que tous ceux qui œuvrent à l'édification de la paix : « Que Dieu réconforte ceux qui souffrent, guérisse les blessés, protège les plus vulnérables, éclaire nos dirigeants et fortifie tous ceux qui œuvrent pour la justice, la réconciliation et la paix. »<br />« Que le Soudan trouve la paix. Que le Soudan du Sud trouve la paix. Que l'Afrique trouve la paix », conclut-il. « Commençons par là où commence la paix : la paix commence par moi. La paix commence par toi. La paix commence par nous. Que le Seigneur fasse de nous des instruments de Sa paix. »<br /><br /> <br />Mon, 21 Sep 2026 14:53:18 +0200AFRIQUE/SOMALIE - La crise humanitaire, conséquence de l'instabilité politique et institutionnellehttps://www.fides.org/fr/news/78191-AFRIQUE_SOMALIE_La_crise_humanitaire_consequence_de_l_instabilite_politique_et_institutionnellehttps://www.fides.org/fr/news/78191-AFRIQUE_SOMALIE_La_crise_humanitaire_consequence_de_l_instabilite_politique_et_institutionnelleMogadiscio – « je suis avec une grande inquiétude la crise humanitaire qui sévit actuellement dans certaines régions de Somalie, où des épisodes de violence et des phénomènes climatiques extrêmes aggravent les conditions de vie déjà précaires de la population, en particulier celles des femmes et des enfants. Je souhaite que la communauté internationale s’engage généreusement, afin que nos frères et sœurs ne manquent pas de l’aide nécessaire ». L’appel lancé par le Pape Léon XIV après l’Angélus, le dimanche 20 septembre, attire l’attention internationale sur la situation complexe de la Somalie, prise en étau entre l’instabilité politique et institutionnelle et les conséquences des phénomènes climatiques, tels qu’El Niño.<br />Sur le plan politique, le gouvernement fédéral de Mogadiscio doit faire face aux accusations d’au moins trois États membres de la fédération – le Puntland, le Jubaland et l’État du Sud-Ouest – qui lui reprochent d’avoir adopté des amendements constitutionnels sans le consentement des États membres.<br />Le président fédéral Hassan Sheikh Mohamud affirme que, grâce aux amendements constitutionnels adoptés le 30 mars 2024, il reste le chef de l’État légitime jusqu’au 15 mai 2027. L’opposition conteste la validité de ces amendements, affirmant que le mandat constitutionnel de Mohamud a expiré le 15 mai 2026, conformément à la Constitution provisoire de la Somalie.<br />En novembre 2024, le Jubaland a suspendu sa coopération avec le gouvernement central et a, à son tour, modifié sa constitution afin de lever la limite de deux mandats imposée à son président, Ahmed Mohamed Islam Madobe, qui a été élu pour un troisième mandat. Un tribunal de Mogadiscio a immédiatement émis un mandat d'arrêt à l'encontre de Madobe, l'accusant de haute trahison, de violation de l'ordre constitutionnel, de divulgation d'informations confidentielles à des acteurs étrangers et d'atteinte à l'unité nationale. De son côté, le tribunal de Kismayo, capitale du Jubaland, a mis à prix la tête du président fédéral Mohamud, l’accusant de trahison, de porter atteinte à l’unité nationale et d’être de mèche avec les djihadistes d’Al-Shabaab. Les soldats somaliens ont tenté de s’emparer du Jubaland, mais ils ont été repoussés et ont subi de lourdes pertes.<br />De son côté, le président de l’État du Sud-Ouest, Abdiaziz Laftagareen, a suspendu ses relations avec Mogadiscio en mars 2026, à la suite d’une tentative de renversement, selon lui, de la part de l’armée fédérale. Au cours des derniers mois, plusieurs affrontements ont eu lieu entre les troupes fédérales et les miliciens fidèles à Laftagareen.<br />L’instabilité politique et institutionnelle vient s’ajouter à la guerre contre les djihadistes d’Al-Shabaab, qui contrôlent encore de vastes portions du territoire, notamment les zones rurales. En 2022, le président fédéral Mohamud avait déclaré une guerre totale contre Al-Shabaab, en ciblant leurs bastions dans le Middle Shabelle, le Hiraan et le Galmadug. Mais malgré le soutien des contingents internationaux et de groupes de miliciens locaux , les résultats obtenus ont jusqu’à présent été décevants. Cela a créé un motif supplémentaire de friction entre le gouvernement central et les États fédérés, qui soupçonnent les forces fédérales de préférer maintenir une sorte de conflit contrôlé dans le centre-sud de la Somalie plutôt que d’éradiquer la menace d’Al-Shabaab. Une économie de guerre s’est en effet mise en place, favorisant la perpétuation de l’instabilité, au détriment des populations civiles.<br />Aux échecs de l’armée fédérale face à Al-Shabaab s’opposent en revanche les offensives menées par les forces de l’État autonome du Puntland contre l’État islamique dans les montagnes de Cal Miskaad, avec le soutien des États-Unis. Le Puntland s’inscrit désormais dans la stratégie américaine visant à trouver de nouvelles bases d’appui dans la Corne de l’Afrique, d’autant plus que les Houthis ont pris le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge.<br />Dans ce contexte de profonde insécurité et d’instabilité politique, la Somalie devra faire face aux conséquences climatiques causées par le « Super El Niño ». L’Agence somalienne de gestion des catastrophes a averti la population de se préparer aux conséquences du « Super El Niño », notamment de fortes précipitations, des inondations et des crues fluviales. <br />Mon, 21 Sep 2026 14:47:20 +0200ASIE/KAZAKHSTAN - La nouvelle Constitution confirme l'interdiction de la peine capitale : « La dignité humaine est inviolable »https://www.fides.org/fr/news/78190-ASIE_KAZAKHSTAN_La_nouvelle_Constitution_confirme_l_interdiction_de_la_peine_capitale_La_dignite_humaine_est_inviolablehttps://www.fides.org/fr/news/78190-ASIE_KAZAKHSTAN_La_nouvelle_Constitution_confirme_l_interdiction_de_la_peine_capitale_La_dignite_humaine_est_inviolableAstana - Le Kazakhstan est un pays où personne n’est condamné à mort et où la dignité inaliénable de chaque être humain est protégée. C’est ce qui est inscrit dans la nouvelle Constitution du Kazakhstan, approuvée par référendum le 15 mars 2026 et entrée en vigueur le 1er juillet 2026. La transition vers le nouveau texte constitutionnel a consolidé la décision prise au cours des années précédentes, confirmant définitivement l'interdiction absolue de la peine de mort. Le père Gabriel Jocher, prêtre autrichien de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie et directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires au Kazakhstan, commente à l’Agence Fides : « Le Kazakhstan a confirmé une fois de plus, de manière explicite, l’interdiction de la peine de mort. D’un point de vue chrétien, c’est un motif de joie. La dignité humaine ne disparaît pas, même lorsqu’une personne a commis un crime grave. En même temps, le respect de la vie humaine ne signifie pas négliger les actes illicites : la justice, la responsabilité et la protection de la société restent fondamentales. »<br />Le prêtre poursuit : « L’article 1er de la Charte définit l’être humain, sa vie, ses droits et ses libertés comme des valeurs suprêmes de l’État. Et l’article 17 établit que le droit à la vie est un droit inaliénable et inviolable de toute personne. Il ajoute ensuite clairement : la peine de mort est interdite ». « Cette interdiction – rappelle le missionnaire – n’est pas une nouveauté ; elle était déjà prévue dans la Constitution précédente. En la réaffirmant, le Kazakhstan a réitéré son engagement constitutionnel en faveur de la protection de la vie et de la dignité humaine. Nous pouvons être reconnaissants de cette décision et envers ceux qui l’ont soutenue au niveau de l’État ».<br /><br />Le Kazakhstan avait déjà aboli la peine de mort en juin 2022, lorsque la peine capitale avait été supprimée de la Constitution. Le processus d'abolition a duré près de vingt ans et s'est déroulé en plusieurs étapes fondamentales : le moratoire de 2003 ; la ratification du deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques en 2021 ; l'adoption d'une loi parlementaire, en décembre 2021, qui excluait la peine de mort de tous les articles du code pénal, supprimant également les exceptions prévues pour les crimes commis en temps de guerre. Enfin, un référendum constitutionnel, en juin 2022, avait modifié l'article 15 de la Constitution en y introduisant la mention : « La peine de mort est interdite ».<br /><br />La rédaction de la nouvelle Constitution de 2026 au Kazakhstan a concerné une grande partie de l'ancien cadre normatif. La nouvelle Constitution, approuvée à 87,15 % des voix, a pour objectif déclaré de tracer les grandes lignes du « Nouveau Kazakhstan », en garantissant les droits civils fondamentaux.<br />En remaniant la section consacrée aux droits de l’homme et à l’organisation de l’État, la Commission constitutionnelle a conservé certains éléments, tels que le principe de l’illégalité totale de la peine capitale, qui a été intégré directement au cœur des droits fondamentaux de la personne. L’interdiction de la peine capitale n’a fait l’objet d’aucun recul, pas même pour les infractions liées au terrorisme ou aux crimes militaires.<br /><br />L’abolition de la peine de mort n’est qu’un des éléments de la mise à jour de la Constitution voulue par le président Kassym-Jomart Tokayev. Le nouveau texte a favorisé des réformes cruciales, telles que celle du Parlement, qui est devenu un organe monocaméral à la suite de l’abolition totale du Sénat. Par ailleurs, la fonction de vice-président de la République, qui avait été supprimée en 1996, a été rétablie, et un nouvel organe de nomination présidentielle, le « Conseil du Peuple », a été institué ; celui-ci a le pouvoir de proposer des lois et d’organiser de futurs référendums.<br />Enfin, le texte comprend des chapitres inédits consacrés à la protection de la vie privée et des données numériques des citoyens, ainsi qu’une redéfinition de la liberté religieuse.<br /> <br /><br />Mon, 21 Sep 2026 14:43:47 +0200AFRIQUE/MALAWI - L’Archevêque Nwachukwu participe au jubilé marquant les 125 ans de l’annonce de l’Évangile. Et deux nouveaux prêtres pour une Église appelée à repartir en missionhttps://www.fides.org/fr/news/78189-AFRIQUE_MALAWI_L_Archeveque_Nwachukwu_participe_au_jubile_marquant_les_125_ans_de_l_annonce_de_l_Evangile_Et_deux_nouveaux_pretres_pour_une_Eglise_appelee_a_repartir_en_missionhttps://www.fides.org/fr/news/78189-AFRIQUE_MALAWI_L_Archeveque_Nwachukwu_participe_au_jubile_marquant_les_125_ans_de_l_annonce_de_l_Evangile_Et_deux_nouveaux_pretres_pour_une_Eglise_appelee_a_repartir_en_missionNzama – La mémoire des premiers missionnaires, le don de deux nouveaux prêtres et l’appel à reconnaître en chaque baptisé un envoyé du Christ : tels ont été les fils conducteurs de la célébration nationale marquant les 125 ans de la présence permanente de l’Église catholique au Malawi.<br />La liturgie eucharistique solennelle a été célébrée samedi 19 septembre dans la paroisse Sainte-Marie de Nzama, dans le diocèse de Dedza, lieu lié aux origines de la présence catholique dans le pays. Mgr Fortunatus Nwachukwu, Archevêque, Secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation et délégué spécial du Saint-Siège, a présidé la liturgie au cours de laquelle deux candidats ont été ordonnés prêtres. Dans son allocution d’ouverture, l’Archevêque nigérian a transmis aux fidèles du Malawi la bénédiction du Pape Léon XIV et les salutations du Dicastère missionnaire.<br />Ce jubilé fait référence à 1901, année où a débuté l’œuvre missionnaire qui a semé la graine à partir de laquelle allait s’épanouir l’Église catholique locale.<br /><br />Au cours de la célébration, on a notamment rendu hommage à l’œuvre des Missionnaires d’Afrique, connus sous le nom de Pères Blancs, des missionnaires montfortains et d’autres évangélisateurs qui étaient venus annoncer l’Évangile dans une terre alors lointaine et inconnue.<br />Cet anniversaire n’a toutefois pas été vécu comme une simple commémoration historique.<br />Dans son homélie, l’Archevêque Nwachukwu a mis en évidence le lien entre le sacrifice des premiers missionnaires et la responsabilité missionnaire confiée aujourd’hui aux communautés catholiques du Malawi. Évoquant ceux qui ont quitté leurs familles et leurs pays d’origine, affrontant la maladie, l’isolement et l’incertitude de ne pas pouvoir rentrer chez eux, l’Archevêque a fait remarquer : « La plupart d’entre eux sont partis sans savoir s’ils pourraient un jour rentrer chez eux. Leur départ était comme une mort. Et beaucoup d’entre eux sont morts. » Il a ensuite cité le Psaume 126,6 : « Il part en pleurant, portant la semence à semer ; mais il revient dans la joie, portant ses gerbes. »<br />Ces paroles, a-t-il expliqué, constituent la clé spirituelle du Jubilé. « Aujourd’hui, nous célébrons les fruits de leur sacrifice. Nous sommes aujourd’hui les gerbes de ce qu’ils ont semé » : les catholiques du Malawi sont les fruits de cette graine évangélique semée dans la douleur, la pauvreté et le don gratuit de soi. La reconnaissance envers les pionniers de la mission ne peut donc se réduire à une simple commémoration : elle s’exprime dans la fidélité à l’Évangile et dans l’engagement à préserver et à diffuser la « vie nouvelle » qui nous a été transmise.<br />Dans ce contexte, l’ordination des deux nouveaux prêtres a également revêtu une valeur emblématique particulièrement évocatrice. Elle apparaît comme un signe de la fécondité de la mission et de la maturation de l’Église locale. « L’ordination de ces deux frères, qui n’aurait pas été possible sans eux, est un hommage approprié à la mémoire de leurs efforts et de leur sacrifice », a déclaré Mgr Nwachukwu, établissant un lien direct entre l’œuvre des premiers missionnaires et l’émergence de nouvelles vocations au sein du peuple malawien.<br />S’adressant aux deux ordinands, l’Archevêque a rappelé que le presbytérat est un ministère de service. Le Christ reste le seul Grand Prêtre, tandis que tout le peuple de Dieu, par le baptême, participe à la dignité sacerdotale. Une tâche spécifique est confiée aux prêtres : annoncer l’Évangile, guider le peuple de Dieu et présider la célébration des sacrements, en particulier de l’Eucharistie. Il ne s’agit pas d’une position privilégiée, mais d’un service rendu à la communauté ecclésiale. Dans son homélie, le Secrétaire du Dicastère missionnaire a donc insisté sur le lien indissociable entre le sacerdoce et la mission : « Rappelez-vous que, comme tout autre chrétien, vous êtes avant tout des missionnaires », a déclaré l’Archevêque aux deux candidats. Il faisait référence à l’envoi du Fils par le Père et à la mission confiée par le Ressuscité à ses disciples : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » . À la lumière de ce qu’enseigne l’Écriture Sainte, le prêtre n’est pas seulement celui qui accompagne une communauté déjà existante, mais il est un envoyé pour rendre présent le Christ, annoncer sa Parole et conduire les hommes et les femmes à la foi et à la communion de l’Église.<br />En évoquant le ministère de la Parole, l’Archevêque Nwachukwu a demandé aux nouveaux prêtres de ne pas oublier leurs parents, leurs catéchistes et leurs enseignants qui leur ont transmis le don de la foi. Il les a exhortés à lire et à méditer assidûment les Écritures, afin de « croire ce que vous avez lu, enseigner ce que vous avez appris dans la foi et vivre ce que vous avez enseigné ».<br />Son exhortation était pleine de ferveur : « La Parole de Dieu ne vous appartient pas : c’est la Parole de Dieu et elle ne doit pas être remplacée par vos propres paroles ou par votre imagination ». Le prêtre, a souligné l’Archevêque, est au service d’une Parole reçue et préservée par l’Église ; il n’en est pas le propriétaire et ne peut la réduire à l’expression de ses propres idées.<br />La mission presbytérale exige en outre la communion ecclésiale. L’Archevêque a rappelé que le titre de pasteur n’est pas une distinction honorifique et ne peut être vécu de manière autonome. Il implique la communion avec l’Évêque, Successeur des Apôtres, et, à travers lui, avec le Successeur de Pierre.<br />Commentant les paroles adressées par Jésus à Pierre – « Quand tu étais jeune, tu te ceignais toi-même et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu tendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne veux pas » –, Nwachukwu a affirmé : « Être pasteur, c’est abandonner totalement sa propre volonté, ses caprices et ses petites manies, en se laissant guider au sein de l’Église ».<br />Dans la conclusion de son homélie, l’Archevêque a proposé la figure biblique de Melchisédech comme modèle de vie sacerdotale. « Roi de justice » et « Roi de paix », Melchisédech rappelle, selon Nwachukwu, la nécessité de faire de la justice et de la paix des critères concrets du ministère. Les prêtres doivent être des hommes qui guérissent les fractures au lieu de les alimenter. « Vous aussi, en tant que prêtres, vous êtes appelés à être des bâtisseurs de ponts », a-t-il déclaré, rappelant la signification traditionnelle du terme latin Pontifex. Cette vocation à la réconciliation exige également le rejet des appartenances exclusives et des oppositions qui nuisent à la vie en communauté, tant sociale qu’ecclésiale. Melchisédech, a fait remarquer l’Archevêque, est présenté dans la Bible sans généalogie et sans description ethnique ou physique : c’est pourquoi il est une figure universelle. Il a donc adressé aux nouveaux prêtres une exhortation explicite à ne pas se laisser emprisonner par « le tribalisme, le racisme, le nationalisme, le chauvinisme, le nationalisme agressif », ajoutant : « Ne laissez jamais des mentalités et des comportements contraires à l’esprit de Melchisédech s’insinuer en vous ».<br />Cent vingt cinq ans après le début de la mission catholique au Malawi, la célébration de Nzama a donc redonné à l’Église locale la joie d’annoncer l’Évangile aujourd’hui et pour l’avenir. La mémoire des premiers évangélisateurs ne renvoie pas seulement à une page fondatrice, mais devient une invitation à annoncer l’Évangile avec le même élan de gratuité, à faire mûrir de nouvelles vocations et à édifier des communautés réconciliées. Les deux ordinations sacerdotales sont ainsi apparues comme le signe d’une Église qui, enracinée dans la foi reçue, est appelée non seulement à préserver un héritage, mais aussi à poursuivre l’œuvre apostolique avec un élan renouvelé. .Sun, 20 Sep 2026 11:12:20 +0200EUROPE/ITALIE - L’Évêque lazariste Markos Gebremedhin : « Considérer le ministère épiscopal avec un regard renouvelé »https://www.fides.org/fr/news/78188-EUROPE_ITALIE_L_Eveque_lazariste_Markos_Gebremedhin_Considerer_le_ministere_episcopal_avec_un_regard_renouvelehttps://www.fides.org/fr/news/78188-EUROPE_ITALIE_L_Eveque_lazariste_Markos_Gebremedhin_Considerer_le_ministere_episcopal_avec_un_regard_renouvelepar Antonella Prenna<br /><br />Nemi - « Comment puis-je exercer mon ministère épiscopal non pas simplement en tant qu’administrateur ou responsable, mais en tant que serviteur de la communion qui guide, écoute, accompagne, coordonne et renforce l’Église missionnaire qui m’a été confiée ? » C’est l’une des réflexions partagées avec l’Agence Fides par le Vicaire Apostolique de Jimma-Bonga, en Éthiopie, Mgr Markos Gebremedhin CM. L’Évêque lazariste a pris part, aux côtés de 20 autres Évêques d’Afrique anglophone, au cours de formation « Serviteurs de la communion dans l’Église » organisé par le Dicastère pour l’Évangélisation, Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières , qui s’est achevé hier, le 19 septembre 2026, au Centre Ad Gentes de Nemi.<br /> <br />« Ce fut un moment riche en grâce et en sens. Après plus de dix ans de service épiscopal, un Évêque apporte avec lui une solide expérience pastorale, mais il a aussi besoin de temps pour s’arrêter, écouter, discerner et permettre au Saint-Esprit de renouveler sa vision missionnaire », souligne-t-il. Cette expérience à Nemi ne peut être considérée simplement comme un cours, mais comme un renouveau spirituel et un renforcement du ministère épiscopal. Cette formation m’a offert l’occasion de faire une pause dans les responsabilités quotidiennes de gouvernement et d’administration pastorale et de revenir au cœur de ma vocation d’évêque. Le fait d’être aux côtés d’autres Évêques ayant exercé leur ministère depuis plus de dix ans crée une fraternité unique. Nous pouvons partager nos expériences, nos défis, nos échecs, nos espoirs et nos découvertes sans nous sentir seuls dans notre ministère. La nouveauté ne réside pas nécessairement dans l’apprentissage d’informations théologiques totalement nouvelles. Il s’agit plutôt de porter un regard renouvelé sur notre ministère épiscopal. L’expérience, les réflexions et les défis des années passées sont relus à la lumière de l’Évangile, du Saint-Esprit et de la mission de l’Église. »<br /><br />Parmi les thèmes abordés au cours de ces journées, l’évangélisation missionnaire, la gouvernance pastorale, la viabilité financière, les conflits et la réconciliation, la communication, la synodalité, la protection, les jeunes, les femmes et la collaboration avec les prêtres, les religieux et les laïcs ont particulièrement marqué le Vicaire de Jimma-Bonga.<br /><br />« Ce que je trouve particulièrement utile pour moi et pour l’avenir de mon vicariat, ce sont des suggestions concrètes telles que le renouveau spirituel avant le renouveau pastoral.<br />La première personne qui a besoin d’évangélisation et de conversion, c’est le pasteur lui-même. Un Évêque renouvelé peut contribuer à renouveler le clergé, les religieux et les laïcs. Ou encore des questions telles que : passer de l’administration au leadership missionnaire m’encourage à me demander non seulement « Comment est-ce que j’administre le Vicariat ? », mais aussi : « Comment est-ce que je guide Jimma-Bonga vers une Église plus missionnaire ? ». Mgr Markos souligne que « l’écoute des autres Évêques renforce la conviction que l’Évêque ne mène pas la mission seul. Les prêtres, les religieux, les catéchistes, les jeunes et les fidèles laïcs doivent participer au discernement et à la réalisation de la mission. Cette expérience peut m’aider à développer une culture plus solide de formation continue, de fraternité, d’accompagnement et de renouveau spirituel parmi les 42 membres du clergé du vicariat ». Le Vicaire Apostolique s’est également attardé sur les jeunes. « L’Église doit considérer les jeunes non pas simplement comme les destinataires de programmes pastoraux, mais comme des acteurs missionnaires et des bâtisseurs de communion, d’espérance et de paix. »<br /><br />« Bon nombre des thèmes abordés ont touché, directement ou indirectement, le cœur même de mon ministère et de ma responsabilité en tant qu’Évêque et Pasteur du Vicariat Apostolique de Jimma-Bonga. Pour moi, cela a été bien plus qu’une simple expérience de formation académique ou pastorale. Ce fut un moment pour m’arrêter, écouter, réfléchir et, surtout, pour permettre au Seigneur de me renouveler dans ma vocation et ma mission d’évêque. Le partage d’expériences entre confrères évêques m’a également rappelé que, bien que chacun d’entre nous provienne d’une réalité pastorale différente, nous partageons la même vocation à servir le Christ et son peuple avec humilité, courage et espérance. »<br /><br />« Ces journées de réflexion m'aident à retourner à Jimma-Bonga avec cette question : que nous demande l'Évangile dans notre contexte social, culturel, économique et religieux particulier ? Cela peut renforcer l'annonce de l'Évangile, la catéchèse, la vie sacramentelle et l'engagement missionnaire. Si je me demande ce qu’il y a de nouveau pour l’avenir, d’après ce que j’ai compris, la nouveauté ne consiste pas simplement à acquérir de nouvelles connaissances, mais à recevoir une vision spirituelle et missionnaire renouvelée pour exercer mon ministère épiscopal. Dans le cadre de mes responsabilités de Vicaire Apostolique de Jimma-Bonga, les fruits pourraient être très concrets : un plan pastoral renouvelé, des structures synodales plus solides, une meilleure formation du clergé et des laïcs, une plus grande implication des jeunes, une expansion missionnaire, une gestion financière responsable et une collaboration plus étroite avec l’Église locale et les autres partenaires ecclésiaux. »<br /><br />« En définitive, l’avantage le plus important est que je retourne à Jimma-Bonga non seulement pour mettre en pratique les idées mûries à Nemi, mais aussi avec une énergie renouvelée, une fraternité plus profonde avec mes frères Évêques, une plus grande ouverture à l’Esprit Saint et une conscience plus claire de ma responsabilité en tant que pasteur et guide de l’Église missionnaire. Je retourne dans mon Vicariat avec un esprit renouvelé sur le plan spirituel et missionnaire. Je me sens encouragé à renforcer la communion entre nos prêtres, nos religieux, nos séminaristes et nos fidèles laïcs, à écouter avec davantage d’attention les jeunes et les familles, et à promouvoir une Église plus participative, synodale et missionnaire. Je reviens également avec un désir renouvelé de servir les pauvres et les personnes vulnérables, et de rechercher des moyens durables pour soutenir la mission évangélisatrice de notre Vicariat. »<br /><br />En conclusion, Mgr Markos a réitéré sa gratitude envers le Saint-Siège et, en particulier, envers le Dicastère pour l’Évangélisation, pour lui avoir offert cette opportunité. « Ce fut pour moi une période vraiment féconde. Que le Saint-Esprit continue à nous guider, à renouveler nos cœurs de pasteurs et à nous donner la sagesse et le courage de conduire notre peuple vers le Christ. »<br /><br /><br />Sun, 20 Sep 2026 11:20:34 +0200Les « BRICS » : entre les problèmes de « gouvernance mondiale » et le rôle croissant des pays africainshttps://www.fides.org/fr/news/78187-Les_BRICS_entre_les_problemes_de_gouvernance_mondiale_et_le_role_croissant_des_pays_africainshttps://www.fides.org/fr/news/78187-Les_BRICS_entre_les_problemes_de_gouvernance_mondiale_et_le_role_croissant_des_pays_africainspar Cosimo Graziani<br /> <br />New Delhi - Le dix-huitième sommet des pays du BRICS s’est tenu du samedi 13 au dimanche 14 septembre à New Delhi. Cette année, c’est à l’Inde qu’est revenue la tâche d’accueillir le sommet ; elle a présidé les travaux du groupe, qui rassemble des pays représentant désormais 40 % du PIB mondial et la moitié de la population mondiale. Le sommet a réaffirmé les revendications politiques caractéristiques de cette organisation, composée actuellement de onze nations – le Brésil, la Russie, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Indonésie – ainsi que d’autres pays partenaires : la reconnaissance d’un poids politique accru pour les pays du Sud et une réforme des organismes internationaux.<br />La réunion de cette année portait sur « le renforcement de la résilience, de l’innovation, de la coopération et de la durabilité », et c’est dans ce sens que s’est orientée la déclaration finale, adoptée samedi.<br />Dans ce document, les pays appellent non seulement à une approche multilatérale et diplomatique plus générale pour résoudre les questions internationales, mais abordent également en détail des problèmes spécifiques. La guerre en Iran en fait partie : comme le rapporte Reuters, la déclaration exprime « une profonde préoccupation face à l’escalade continue des tensions » et appelle à la modération afin « d’éviter toute action susceptible d’aggraver encore davantage la situation ». Toujours au sujet du Moyen-Orient, le document fait référence au conflit en Palestine, exprimant une « opposition ferme » à l’expulsion de la population de ses terres et à tout changement démographique et géographique des territoires palestiniens.<br />Le recours aux sanctions en tant qu’instrument politico-économique a été qualifié de contraire aux normes du droit international, de préjudiciable au commerce entre les pays et aux économies en développement, et de contraire à la Charte des Nations unies. Il s’agit là d’une référence à la manière dont les États-Unis y ont eu recours ces derniers mois contre l’Iran, mais aussi à leur imposition dans le cadre du conflit entre l’Ukraine et la Russie. Ce conflit n’a toutefois été que brièvement évoqué dans la déclaration. Comme l’a souligné Al-Jazeera, l’appel s’est limité à un règlement de la guerre fondé sur « le dialogue, le rapprochement et la diplomatie ».<br />Bien que l’organisation affiche une unité d’intentions , certaines questions restent en suspens et remettent en cause la cohésion du groupe. La plus évidente d’entre elles est la présence de pays ayant des intérêts internationaux divergents et des alliances différentes. Il suffit de regarder les membres du groupe originaires du Moyen-Orient : l’Iran, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont des positions divergentes sur le conflit dans le golfe Persique.<br />Modi lui-même, lors d’un entretien bilatéral avec le président russe Vladimir Poutine, a déclaré à son interlocuteur qu’il fallait trouver une solution au conflit en Ukraine. Ces détails, qui ne figurent pas dans les déclarations officielles, permettent de s’interroger sur la capacité des BRICS à devenir à l’avenir une véritable plateforme au service des intérêts de ses membres.<br />Pour l’instant toutefois, les BRICS restent une alternative valable pour certains pays, notamment africains. L’Afrique compte trois membres du BRICS et deux pays partenaires : le Nigeria et l’Ouganda. Chacun de ces pays considère l’organisation comme une occasion de promouvoir ses priorités politiques. L’Éthiopie en est l’exemple le plus frappant. Selon l’Agence de presse éthiopienne, le Premier ministre Abyi a déclaré que la déclaration finale soutenait l’adhésion de ce pays du Cordon de l’Afrique à l’Organisation mondiale du commerce . Abyi a également déclaré que son pays était prêt à accueillir un bureau décentralisé de la Nouvelle Banque de développement , l’organisme fondé par l’organisation en 2014 qui se veut une alternative à la Banque mondiale, bien qu’il n’ait pas réussi à atteindre son objectif ces dernières années.<br />Le président sud-africain Ramaphosa s'est penché cette année sur la question de la réglementation de l'intelligence artificielle. Il a notamment souligné la nécessité pour le groupe de se doter d'un organisme international capable de contrôler l'IA de manière indépendante et scientifique, rapporte le journal africain Scrolla. Ramaphosa a mis en avant les avantages et les dangers liés à l'utilisation de cette technologie : la lutte contre les inégalités et la pauvreté, le développement de la médecine, de l’éducation, des sciences et de l’agriculture sont les domaines cités par le président sud-africain dans lesquels cette technologie peut avoir des répercussions positives, tandis qu’il convient de rester vigilant face à la possibilité que l’IA puisse un jour être utilisée pour mettre au point des armes bactériologiques ou pour mener des cyberattaques.<br />En ce qui concerne les deux pays partenaires, la délégation nigériane était conduite par le vice-président Kashim Shettima, tandis que celle de l’Ouganda était dirigée par la vice-présidente Jessica Alupo. Au cours des travaux du sommet, M. Shettima s’est d’abord attardé sur une évolution de la gouvernance internationale – notamment en référence à une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies – puis sur le rôle que l’organisation peut jouer pour les pays africains.<br />Pour le Nigeria, les BRICS constituent une plateforme permettant de renforcer le commerce, les investissements et la gouvernance mondiale. Les déclarations de la délégation ougandaise vont dans le même sens : selon ses membres, la NDB peut jouer un rôle important, notamment dans le cadre des relations commerciales avec les plus grands pays du groupe, tels que la Chine et l’Inde.<br /><br />Reste à voir si ces objectifs seront poursuivis par l'organisation et si les pays africains partenaires décideront d'y adhérer. Dans ce cas, avec cinq membres africains, on peut facilement imaginer qu'un « pilier africain » puisse voir le jour au sein des BRICS, capable d'influencer l'orientation de l'organisation. <br />Sat, 19 Sep 2026 11:47:42 +0200EUROPE/ITALIE - « Tous pour un » : lancement du nouveau parcours de formation de Missio Ragazzi pour 2026-2027https://www.fides.org/fr/news/78186-EUROPE_ITALIE_Tous_pour_un_lancement_du_nouveau_parcours_de_formation_de_Missio_Ragazzi_pour_2026_2027https://www.fides.org/fr/news/78186-EUROPE_ITALIE_Tous_pour_un_lancement_du_nouveau_parcours_de_formation_de_Missio_Ragazzi_pour_2026_2027Rome – « Tous pour un ». Tel est le titre du parcours de formation 2026-2027 de Missio Ragazzi, le Secrétariat de l’Œuvre Pontificale de l’Enfance Missionnaire en Italie. Le titre choisi se veut une « transposition » adaptée aux enfants et aux jeunes du thème de la Journée Mondiale des Missions 2026 : « Un en Christ, unis dans la mission ».<br />Le parcours de formation annuel de Missio Ragazzi pour 2026-2027 ne fait qu’un avec « Il Ponte d’Oro », la revue que la Fondation Missio publie à l’intention des plus jeunes, considérée depuis toujours comme un outil précieux pour les jeunes missionnaires.<br />L’équipe nationale et la rédaction ont conçu ensemble ce parcours de formation qui a trouvé sa place dans le numéro de septembre du magazine, articulé en cinq étapes, une par temps liturgique, afin que les éducateurs puissent organiser le parcours dès le début de l’année pastorale. Chaque fiche contient : un passage de l’Évangile et son commentaire, une proposition d’engagement personnel, des réflexions et des témoignages missionnaires, des jeux du monde entier, des activités dynamiques et des pistes pour une éducation à la citoyenneté mondiale. Les prochains numéros du mensuel « Il Ponte d’Oro » fourniront, au fur et à mesure, des approfondissements et des outils pour une formation des jeunes davantage orientée vers la mission.<br />« Le parcours de formation 2026-2027 est conçu et rédigé sur mesure pour les jeunes et se veut un complément aux parcours d’initiation chrétienne destinés aux enfants de 6 à 14 ans, y compris ceux déjà structurés », souligne le secrétariat international de Missio Ragazzi. Toutefois, pour les éducateurs, des pages explicatives sont prévues qui, outre les notes méthodologiques, proposent des idées supplémentaires d’activités pour animer les rencontres avec les plus jeunes ».<br />Enfin, en plus de ce parcours annuel, Missio Ragazzi met chaque année à la disposition des éducateurs, catéchistes, animateurs de l’Action catholique des jeunes, chefs scouts, des propositions conçues pour toutes les périodes liturgiques de l’année. On y trouve des fiches pour vivre au mieux le mois missionnaire d’octobre et la Journée Mondiale des Missions; un dessin animé et des idées d’activités pour la Toussaint ; le calendrier de l’Avent ; la neuvaine de Noël ; la prière pour la Semaine Sainte ; une initiative pour l’Octave de Pâques ; « Un Je vous salue Marie pour… » au mois de mai.<br />Le style qui anime toutes ces propositions est celui de la transversalité : une petite aide pour une pastorale toujours plus missionnaire.<br /> <br /><br /><br/><strong>Link correlati</strong> :<a href="LINK: https://www.missioitalia.it/category/conoscere/ragazzi/">SITE WEB DE MISSIO ITALIA</a>Sat, 19 Sep 2026 11:29:09 +0200LE PAPE EN FRANCE/VI - Léon XIV à Paris : une topographie de la missionhttps://www.fides.org/fr/news/78182-LE_PAPE_EN_FRANCE_VI_Leon_XIV_a_Paris_une_topographie_de_la_missionhttps://www.fides.org/fr/news/78182-LE_PAPE_EN_FRANCE_VI_Leon_XIV_a_Paris_une_topographie_de_la_missionpar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Les 25 et 26 septembre prochains, Léon XIV se rendra à Paris et à Saint-Denis, premières étapes françaises d’un voyage qui le conduira également à Lourdes et à Metz. Au fil de ces deux journées, son itinéraire fera affleurer plusieurs strates de l’histoire catholique de la capitale. Des traditions attachées à Denis, son premier Évêque, aux nouveaux visages des communautés chrétiennes, des lieux d’étude aux maisons d’accueil, une même question traverse les siècles : comment annoncer l’Évangile dans un monde qui change ? Une topographie de la mission, inscrite dans les pierres autant que dans les vies.<br /><br />Sur les traces légendaires de saint Denis<br /><br />Lors de sa rencontre avec le peuple de Paris le vendredi après-midi, le pape remontera en papamobile les 2,5 km qui séparent l'église Notre-Dame-des-Champs de la place Saint-Michel. Une véritable plongée à la source de l'évangélisation parisienne. Car l’histoire publiée par la paroisse rattache le nom de Notre-Dame-des-Champs à un sanctuaire disparu, situé dans le quartier de l’actuelle rue Pierre-Nicole. La tradition y place les prédications de saint Denis aux habitants de Lutèce et conserve le souvenir d’un autre nom : Notre-Dame-des-Vignes. Difficile, dans l’actuel chaos urbain, d’imaginer ces terres encore ouvertes, ces vignes aux portes des habitations. La légende y fait commencer une aventure qui devait durablement marquer Paris.<br /><br />Si la figure de Denis a été largement enluminée dans sa «Legenda Aurea»,légende dorée, elle n’appartient pourtant pas au seul domaine des récits merveilleux : à la fin du VIe siècle, Grégoire de Tours le présente comme l’un des Évêques envoyés évangéliser la Gaule et rapporte son martyre sous les persécutions romaines. Écrit plusieurs siècles après les faits, ce témoignage doit être distingué des données archéologiques, qui éclairent l’ancienneté du site funéraire et du sanctuaire de Saint-Denis sans établir à elles seules tous les épisodes de sa vie. <br /><br />Au cœur de cette mémoire demeure la figure d’un Évêque missionnaire. Une mission ad gentes, aux premiers temps du christianisme parisien. L’ancien prieuré Notre-Dame-des-Champs, devenu carmel, fut démoli à la Révolution ; l’église actuelle, construite à partir de 1867 sur le boulevard du Montparnasse, en reprit le nom. Le décor avait changé. Il ne s’agissait plus de porter l’Évangile aux habitants de la Lutèce antique, mais de lui donner une demeure dans le Paris en pleine transformation du XIXe siècle.<br /><br />Une autre histoire de la mission s’écrit non loin de là, rue de Vaugirard : celle de l’Institut catholique de Paris, fondé en 1875 dans l’ancien couvent des Carmes, à la faveur de la loi Laboulaye sur la liberté de l’enseignement supérieur.<br /><br /><br /> Dans sa présentation du sceau historique, l’établissement rappelle que Saint Denis y figure auprès de la Vierge et de sainte Catherine d’Alexandrie. Le premier Évêque de Paris trouve ainsi sa place dans un lieu consacré à l’étude : une autre manière, pour cet itinéraire, de poser la question de la transmission de la foi.<br /><br />Léon XIV s’y rendra le lendemain matin pour rencontrer les membres de l’Assemblée synodale provinciale, des catéchumènes et des néophytes. La transmission du savoir y croisera ainsi les commencements de la foi. Le vendredi, la déambulation publique s’achèvera place Saint-Michel, au pied de la fontaine érigée entre 1858 et 1860 dans le Paris d’Haussmann. Napoléon Ier aurait pu en occuper la niche centrale ; c’est finalement l’archange Michel terrassant le démon qui y prit place, image de la lutte du Bien contre le Mal. Des souvenirs de la première évangélisation aux débats sur la place des catholiques dans la société moderne, le quartier offre ainsi un raccourci d’histoire et au bout du chemin, un ange.<br /><br />Notre-Dame : la ressuscitée<br /><br />C’est à Notre-Dame que Léon XIV célébrera les vêpres avec les Évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées et les séminaristes de France. <br /><br />S’il est un lieu où se nouent la mémoire nationale et celle de l’Église, c’est bien cette cathédrale. Le roman de Victor Hugo lui a donné des admirateurs dans le monde entier, et ses portes accueillent aussi bien les fidèles que les visiteurs en quête de beauté, de silence ou d’un peu de fraîcheur. On y entre pour prier, allumer une veilleuse, lever les yeux. Parfois simplement pour demeurer là. <br />Sous ses voûtes se prolonge une histoire dont les origines précèdent largement le chantier gothique lancé au XIIe siècle : l’ancienne église Saint-Étienne et le baptistère Saint-Jean-le-Rond appartenaient à un ensemble religieux antérieur à la cathédrale actuelle. La chronologie et la disposition de ces premiers édifices restent toutefois discutées par les chercheurs. Les pierres n’ont pas encore livré tous leurs secrets. L’édifice gothique lui-même conserve des traces de cette histoire plus ancienne, notamment dans les sculptures du XIIe siècle remployées au portail Sainte-Anne. Puis sont venus les agrandissements, les chapelles, les façades du transept, les décors et les reliquaires ; le culte de saint Marcel, ancien Évêque de Paris, a lui aussi enrichi la mémoire de la cathédrale. <br /><br /><br />Non loin de là, Saint Louis fit bâtir la Sainte-Chapelle pour les reliques de la Passion, dont la Couronne d’épines : celle-ci, avec une portion du Bois de la Croix et un Clou de la Passion, est aujourd’hui conservée à Notre-Dame. <br /><br />C’est dans cette cathédrale que Léon XIV viendra prier, après les dévastations révolutionnaires, les restaurations et l’incendie de 2019. Une cathédrale deux fois ressuscitée et dont la force ne tient pas seulement à ce qu’elle a traversé, mais à ce qui continue de s’y vivre. <br /><br /><br />Lors des vêpres du 12 septembre 2008, Benoît XVI y rappelait la conversion de Paul Claudel et saluait ce « théâtre de conversions moins connues, mais non moins réelles », cette « chaire où des prédicateurs de l’Évangile, comme les Pères Lacordaire, Monsabré et Samson, ont su transmettre la flamme de leur passion aux auditoires les plus variés ». <br /><br />Au-delà du monument, Notre-Dame un lieu où des vies se retournent. Et, pour le catholicisme français éprouvé par les crises, l’image d’une histoire qui n’a pas dit son dernier mot.<br />.<br />Bakhita : la mission dans la cité<br /><br /><br />Le samedi matin, Léon XIV se rendra à la Maison Bakhita, dans le XVIIIe arrondissement, un lieu d’accompagnement et d’intégration des personnes exilées. La mission prendra ici un autre visage. Celui de l’hospitalité, de la rencontre et de la patience quotidienne.<br /> La maison porte le nom de Joséphine Bakhita, Soudanaise réduite en esclavage, torturée et vendue, puis devenue religieuse en Italie, avant d’être canonisée par Jean-Paul II le 1er octobre 2000. Elle entend répondre à l’appel lancé par François en 2017 : « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » les personnes exilées . Quatre verbes qui donnent une forme concrète à l’accueil évangélique de l’étranger. <br /><br />En France, le roman que Véronique Olmi lui a consacré en 2017 a contribué à faire connaître Bakhita bien au-delà des milieux catholiques. Dix ans auparavant, Benoît XVI avait fait de son destin l’une des figures de son encyclique Spe salvi, consacrée à l’espérance chrétienne. Dans la rencontre avec Dieu, écrivait-il, Bakhita avait découvert « non seulement la petite espérance de trouver des maîtres moins cruels, mais la grande espérance : je suis définitivement aimée et quel que soit ce qui m’arrive, je suis attendue par cet Amour » . Et il poursuivait : « Par la connaissance de cette espérance, elle était “rachetée”, elle ne se sentait plus une esclave, mais une fille de Dieu libre ». <br /><br /><br />Benoît XVI soulignait aussi la portée missionnaire de cette expérience : « la libération qu’elle avait obtenue à travers la rencontre avec le Dieu de Jésus Christ, elle se sentait le devoir de l’étendre » . Cette espérance reçue pour être partagée donne son sens à l’étape parisienne du pape Léon XIV. Face aux divisions que suscite l’accueil des migrants y compris au sein des communautés chrétiennes, la Maison Bakhita propose de commencer par une rencontre. <br /><br />Saint-Denis : des racines et des ailes<br /><br />Au cours du weekend plus de 80 000 jeunes de 17 à 35 ans sont attendus au Stade de France pour une veillée de prière avec Léon XIV. À Saint-Denis, le parcours retrouvera le nom qui l’avait ouvert. La boucle est symbolique, non géographique : celle d’une mémoire missionnaire. <br /><br />Selon la légende, Denis, décapité à Montmartre, aurait ramassé sa tête et marché vers le nord jusqu’au lieu de sa sépulture, dans l’actuelle Saint-Denis. Autour de ce tombeau s’est développée la basilique, devenue nécropole des rois de France. Ici encore, les pierres auraient tant à raconter. <br /><br />Charlemagne assista à la consécration de l’église carolingienne par l’abbé Fulrad, le 24 février 775. Au XIIIe siècle, Saint Louis vint y prendre les insignes du pèlerin avant son départ en croisade. En septembre 1429, Jeanne d’Arc y déposa son armure après l’échec de l’assaut contre Paris, alors aux mains des Anglo-Bourguignons. Des gestes de confiance, mais aussi des heures d’épreuve : la mémoire chrétienne ne se compose pas seulement de victoires.<br /><br /><br />Cette histoire semblera peut-être lointaine à certains des jeunes rassemblés au stade. Tous n’en auront pas reçu les mêmes récits. D’autres traditions familiales, d’autres langues, d’autres itinéraires spirituels nourriront leur manière de prier. Mais recevoir un héritage n’exige pas de lui ressembler en tout. C’est aussi lui donner de nouveaux visages. <br /><br /><br />Le diocèse de Saint-Denis en offre une illustration concrète : il propose à la vente des casquettes et des tissus en wax pour contribuer au financement de la visite pontificale. Ce choix donne à la préparation du voyage une expression festive et colorée. Il peut aussi se lire comme le signe d’une Église populaire, où la foi se transmet sans effacer la diversité des appartenances.<br /><br /><br />Du souvenir de la Lutèce antique aux tribunes du Stade de France, des pierres restaurées de Notre-Dame à l’accueil de la Maison Bakhita, ces étapes dessinent moins un retour aux origines qu’une manière de les prolonger. La mission s’y laisse saisir dans un double mouvement : recevoir une histoire et répondre à des rencontres nouvelles, sous l’impulsion des surprises de l’Esprit Saint, comme aimait à le rappeler le Pape François. <br /><br />L’itinéraire de Léon XIV pourra se lire à cette lumière : l’avenir des chrétiens de France ne se prépare ni dans le repli nostalgique ni dans l’oubli. Il demande des racines, plongées dans la longue histoire des martyrs, des rois et des pauvres. Il demande aussi des ailes, pour rejoindre des vies et des mondes nouveaux. Entre cette fidélité et cette audace, la mission poursuit son chemin.<br /><br />Fri, 18 Sep 2026 14:19:41 +0200