Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.ASIE/LIBAN - Un prêtre maronite a été tuéhttps://www.fides.org/fr/news/78378-ASIE_LIBAN_Un_pretre_maronite_a_ete_tuehttps://www.fides.org/fr/news/78378-ASIE_LIBAN_Un_pretre_maronite_a_ete_tueBeyrouth - Le père Samir Mikhael Daou, prêtre maronite originaire d’Ain Jrain, dans le district de Jbeil, a été retrouvé assassiné à son domicile le 29 octobre dernier.<br /><br />Selon les autorités libanaises et les informations relayées par les médias locaux, le prêtre avait disparu dans l’après-midi du 28 octobre. Le dernier signal de son téléphone portable a été détecté dans la ville de Jbeil vers 13 heures, après quoi l’appareil s’est éteint.<br /><br />Son corps, sans vie et présentant des traces évidentes de sang, a été retrouvé au deuxième étage d’une maison lui appartenant à Ain Jrain.<br /><br />Le prêtre aurait été poignardé et dépouillé de ses effets personnels, notamment son portefeuille, son téléphone portable et sa voiture.<br /><br />Les Forces de sécurité intérieure libanaises ont immédiatement ouvert une enquête, analysant les images des caméras de surveillance et reconstituant les déplacements du véhicule volé.<br /><br />Les soupçons se sont très vite portés sur un saisonnier de nationalité syrienne, identifié par les médias locaux comme étant Arkan al-Naddaf, âgé de vingt-deux ans, que le père Samir avait engagé pour l’aider à la récolte des olives. Le suspect a été arrêté par les autorités libanaises et, selon les informations relayées par la presse, il aurait avoué le crime lors de son interrogatoire.<br /><br />Le père Samir exerçait son ministère dans les paroisses de Hsoun et de Ferhet et était connu pour avoir consacré sa vie au service de Dieu et de la communauté, avec humilité et amour. En 2023, le père Daou avait évoqué les conditions difficiles dans lesquelles vivaient les communautés chrétiennes des paroisses de montagne où il avait exercé son ministère, marquées par l’effondrement économique, l’émigration et les nombreuses difficultés de la vie quotidienne.<br /><br />Originaire d’Ain Jrain et âgé d’environ 62 ans, le père Daou était marié et père d’un fils et de trois filles.<br /><br />Le patriarche maronite Bechara al-Rai a condamné ce qu’il a qualifié de « crime atroce », invitant les autorités de sécurité et judiciaires à faire toute la lumière sur cette affaire et à traduire les responsables en justice.<br /><br />« Nous invitons les autorités de sécurité et judiciaires compétentes à mener l’enquête avec tout le sérieux et la fermeté nécessaires, à élucider pleinement les circonstances de ce crime, à établir la vérité, à identifier les responsables et à les traduire en justice, dans le but de préserver la dignité humaine, de défendre la justice et de mettre fin à toute atteinte au caractère sacré de la vie humaine. »<br /><br />Michel Aoun, éparque maronite de Jbeil, a également exprimé dans un communiqué ses sincères condoléances suite au décès du père Daou. Mgr Aoun a par ailleurs remercié les forces de l'ordre pour leur engagement et a exhorté la population à adopter une attitude responsable et modérée, tout en évitant la diffusion d'informations non vérifiées. <br /><br />Wed, 04 Nov 2026 13:40:35 +0100AMÉRIQUE/ARGENTINE - À l’approche de la rencontre avec le Pape Léon XIV, l’appel de l’Évêque de La Rioja en faveur du travail et de la participationhttps://www.fides.org/fr/news/78377-AMERIQUE_ARGENTINE_A_l_approche_de_la_rencontre_avec_le_Pape_Leon_XIV_l_appel_de_l_Eveque_de_La_Rioja_en_faveur_du_travail_et_de_la_participationhttps://www.fides.org/fr/news/78377-AMERIQUE_ARGENTINE_A_l_approche_de_la_rencontre_avec_le_Pape_Leon_XIV_l_appel_de_l_Eveque_de_La_Rioja_en_faveur_du_travail_et_de_la_participationLa Rioja – Un message capable de renforcer l’unité, de promouvoir le dialogue et d’alimenter la confiance dans la possibilité de construire ensemble l’avenir. C’est ce qu’attend Mgr Dante Braida, Évêque de La Rioja et président de la Commission épiscopale pour la pastorale sociale , de la prochaine visite du Pape Léon XIV en Argentine, en particulier de la rencontre avec les représentants du monde du travail, prévue le lundi 9 novembre à l’Université catholique d’Argentine .<br /><br />« Nous espérons recevoir un message clair, qui nous aide à renforcer l’unité, le dialogue et la confiance dans la possibilité de trouver des points de convergence et de construire ensemble l’avenir », a déclaré l’Évêque dans un communiqué diffusé par le diocèse de La Rioja.<br /><br />Environ un millier de personnes participeront à cette rencontre, parmi lesquelles des travailleurs, des dirigeants syndicaux, des chefs d’entreprise de petites, moyennes et grandes entreprises, des représentants des mouvements sociaux et des personnalités du monde universitaire.<br /><br />Comme l’indique la note parvenue à l’Agence Fides, c’est à l’Évêque Braida qu’il reviendra d’ouvrir la rencontre et de présenter au Souverain Pontife le programme de la journée, qui prévoit également cinq témoignages issus de différents secteurs du monde du travail. « C’est moi qui présenterai cette rencontre au Pape, avant tout pour le remercier, car dans son encyclique Magnifica Humanitas, il aborde spécifiquement le thème du travail et les transformations qu’il subit en raison des nouvelles technologies », a expliqué l’Évêque. Dans son intervention, Mgr Braida entend également attirer l’attention sur l’inquiétude croissante suscitée par le chômage dans le pays et sur la nécessité d’un engagement commun pour construire « un monde meilleur, dans lequel il y ait plus d’emplois pour tous, surtout pour les nouvelles générations ».<br /><br />Le programme de l’Évêque débutera le dimanche 8 novembre au Palais San Martín, où il participera à la cérémonie officielle d’accueil aux côtés de la Commission exécutive de la Conférence épiscopale argentine , présidée par l’Archevêque de Mendoza, Marcelo Colombo, des membres de la Commission permanente et des autorités nationales, provinciales et législatives. Le lendemain, il accompagnera le Pape à la rencontre avec les personnes en situation de handicap, prévue à Claypole. Dans l’après-midi, il prendra part à la célébration des vêpres dans la cathédrale métropolitaine, aux côtés des groupes et des équipes engagés dans le cheminement synodal. Mgr Braida a par ailleurs confirmé que trois représentants du diocèse de La Rioja feront partie de la délégation participant à cette rencontre consacrée à la dimension synodale de l’Église. Après l’hommage rendu au Pape François dans la cathédrale, les Évêques partageront un dîner avec Léon XIV. L’Évêque a qualifié ce rendez-vous de « moment de contact le plus direct de tout l’épiscopat avec le Souverain Pontife ».<br /><br />Cette visite revêt également une signification personnelle pour l’Évêque, liée à un souvenir de sa jeunesse. Il avait en effet 19 ans lorsqu’en 1987, il eut l’occasion d’assister à Córdoba à la visite de saint Jean-Paul II en Argentine. « Nous, les jeunes de l’église des Capucins, avions été chargés de former la haie d’honneur le long de l’avenue Vélez Sarsfield. À 19 ans, j’ai eu la chance, au moins, de le voir passer et de participer à une célébration eucharistique », se souvient-il. Une expérience qui, aujourd’hui, à la lumière de son ministère épiscopal, revêt une signification encore plus profonde : « Pour moi, c’est particulièrement significatif. Nous, les évêques, sommes les collaborateurs directs du Pape ; cette visite est une grande grâce, qui vient confirmer et encourager le chemin que nous parcourons quotidiennement. »<br /><br />Parmi les aspects qui ont le plus marqué Braida figure également la référence de Léon XIV au bienheureux Enrique Angelelli , cité parmi les « martyrs de la fraternité et de la justice », aux côtés de Saint Maximilien Kolbe et de Mgr Óscar Romero. « La présence d’Angelelli dans cette référence constitue une reconnaissance très importante pour une personnalité qui s’est efforcée de promouvoir une Église participative et missionnaire », a souligné l’Évêque. S’il a l’occasion de saluer personnellement le Souverain Pontife, Mgr Braida souhaite le remercier précisément pour cette attention particulière : « Je souhaite le faire en tant qu’évêque de La Rioja et au nom de tout le peuple de La Rioja ».<br /><br />En conclusion, l’Évêque a tenu à souligner que la portée de la visite pontificale ne se limitera pas aux célébrations et aux rencontres prévues pendant le séjour du Pape, mais qu’elle devra se traduire par un parcours appelé à se poursuivre dans le temps. « La visite comprend une phase de préparation, l'événement proprement dit, puis l'accueil des messages, leur approfondissement et le dialogue avec les différents secteurs de la société, y compris avec ceux qui ont des positions et des idées différentes », a-t-il déclaré.<br /><br />Braida a ensuite rappelé l'importance de la participation et de la coresponsabilité dans la construction de l'avenir du pays, soulignant que les transformations nécessaires à la société exigent l'implication de tous : « Dans notre société, il existe différentes réalités qui doivent être renouvelées ou transformées. Cela nécessite une participation large et convaincue des citoyens, non seulement des autorités, mais aussi de l'ensemble de la population. »<br /><br />Une invitation, donc, à faire de la visite de Léon XIV non seulement un événement ecclésial, mais aussi une occasion de relancer le dialogue entre l’Église et la société, de relever les défis du monde du travail et de promouvoir des parcours communs de justice sociale et d’espoir, en accordant une attention particulière aux jeunes générations.<br /> Wed, 04 Nov 2026 13:38:09 +0100ASIE/BANGLADESH - Grève des ouvriers du textile : Mgr Gomes déclare : « Ils réclament un salaire juste, pour vivre dans la dignité »https://www.fides.org/fr/news/78376-ASIE_BANGLADESH_Greve_des_ouvriers_du_textile_Mgr_Gomes_declare_Ils_reclament_un_salaire_juste_pour_vivre_dans_la_dignitehttps://www.fides.org/fr/news/78376-ASIE_BANGLADESH_Greve_des_ouvriers_du_textile_Mgr_Gomes_declare_Ils_reclament_un_salaire_juste_pour_vivre_dans_la_dignitepar Paolo Affatato<br /><br />Dhaka – « Le salaire ne suffit pas à couvrir les dépenses essentielles des familles : de nombreux travailleurs du secteur du textile et de l’habillement vivent dans des conditions très difficiles, bien qu’ils aient un emploi. Certains ne parviennent même pas à envoyer leurs enfants à l’école ». C’est ce que rapporte à l’Agence Fides Mgr Subroto Boniface Gomes, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Dhaka, en commentant les manifestations qui secouent depuis plusieurs jours le secteur textile au Bangladesh. Des milliers d’ouvriers réclament une augmentation du salaire minimum mensuel, jugé désormais insuffisant pour faire face au coût de la vie. Cette mobilisation remet au centre de l’attention les conditions de vie de millions de travailleurs qui font vivre l’un des secteurs les plus importants de l’économie du pays.<br /><br />Les manifestations, qui ont débuté le 1er novembre, se sont étendues aux principales zones industrielles situées autour de la capitale, Dacca, notamment à Gazipur, Savar, Ashulia et Mirpur. Des milliers de travailleurs se sont mis en grève et ont bloqué les routes et les axes de circulation, provoquant des interruptions de la production. À plusieurs reprises, des affrontements ont eu lieu avec les forces de l'ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour disperser les manifestants. On a dénombré des blessés, des arrestations ainsi que des dégâts causés à des véhicules et à des usines. Selon les organisations professionnelles, en une seule journée, près de 700 usines ont suspendu leurs activités ou déclaré une journée de fermeture.<br />Les travailleurs réclament que le salaire minimum mensuel passe de 12 500 takas actuellement à 30 000 takas, soit plus du double. Le montant actuel avait été fixé en novembre 2023 et était entré en vigueur le 1er décembre de la même année. Cette demande de révision s’explique par la hausse des prix des denrées alimentaires, des loyers, des transports et des services de santé. L’inflation annuelle au Bangladesh a atteint 8,34 % en septembre 2026, selon les données de l’Office national des statistiques.<br />Le gouvernement a annoncé la création d’une commission de six membres chargée de revoir la structure salariale du secteur textile. Cette initiative n’a toutefois pas, jusqu’à présent, mis fin aux manifestations dans ce secteur crucial pour l’ensemble du pays : l’industrie de l’habillement emploie environ quatre millions de personnes, en majorité des femmes, et génère plus de 80 % des recettes d’exportation du Bangladesh, qui est le deuxième exportateur mondial de vêtements après la Chine.<br /><br />« Il existe un phénomène d’exploitation des travailleurs. Le salaire minimum actuel est l’un des plus bas du secteur à l’échelle internationale, alors que le textile représente un secteur crucial pour l’économie nationale », observe Mgr Gomes. L’Évêque souligne l’écart entre le salaire légal et le coût réel de la vie : selon l’ONG « Global Living Wage Coalition », le salaire décent estimé pour une famille à Dacca s’élève à environ 30 000 takas par mois, un chiffre calculé en tenant compte des dépenses nécessaires à une famille pour vivre dignement, et non d’un simple seuil de subsistance. « Les travailleurs affirment que leur salaire ne suffit pas à couvrir les dépenses familiales de base : loyer, alimentation, santé et éducation. Dans ces conditions, même envoyer ses enfants à l’école devient difficile », explique Mgr Subroto à Fides.<br />Mgr Gomes rappelle les manifestations et les demandes de réforme qui ont suivi l’effondrement du Rana Plaza, l’immeuble qui abritait plusieurs usines textiles, survenu le 24 avril 2013 à Savar et qui a coûté la vie à plus d’un millier de personnes. Après cette tragédie, des contrôles et des normes plus rigoureux ont été mis en place pour la sécurité des bâtiments et des lieux de travail : « En dix ans, des progrès ont été réalisés en matière de sécurité, mais la question salariale reste structurelle », observe-t-il.<br /><br />L'Évêque établit également un lien entre la situation des travailleurs bangladais et les dynamiques internationales de la « fast fashion », ce modèle commercial fondé sur la production accélérée de collections à bas prix et sur un renouvellement constant des produits : « Les pressions exercées par les marchés occidentaux et les grandes marques pour obtenir des prix toujours plus bas se répercutent sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Le risque d’exploitation est particulièrement élevé aux échelons les plus bas de la production, notamment en raison du système de sous-traitance ».<br />La question ne concerne donc pas uniquement les relations entre les travailleurs, les entreprises et le gouvernement du Bangladesh : « Les manifestations, souligne-t-il, ne sont pas seulement une affaire interne au pays : elles sont le résultat d’un système mondial dans lequel les grandes marques de mode bénéficient de coûts de production très bas, tandis que ceux qui fabriquent concrètement les produits ont du mal à vivre de leur salaire ».<br />L’Évêque rappelle donc également la responsabilité des consommateurs et de l’opinion publique internationale : « Les travailleurs demandent au gouvernement d’intervenir, mais un sursaut de conscience et de responsabilité de la part de l’opinion publique internationale est également nécessaire. Il faut que les marques paient des prix plus équitables à leurs fournisseurs, afin que ceux-ci puissent garantir des salaires décents aux travailleurs ».<br />La mobilisation de ces derniers jours met en lumière une contradiction : un secteur qui assure au Bangladesh un rôle de premier plan dans le commerce mondial de l’habillement continue de reposer sur le travail de millions de personnes qui ne parviennent pas à subvenir aux besoins essentiels de leurs familles. Dans ce contexte, même s’il n’y a pas beaucoup de travailleurs chrétiens dans le secteur textile, l’Église locale fait entendre sa voix pour défendre la dignité de chaque personne : « La dignité du travail et le droit à une rémunération adéquate ne sont pas seulement des questions économiques, mais concernent la justice sociale et la possibilité de construire une société plus humaine », conclut l’Évêque.<br /><br /><br /><br />Wed, 04 Nov 2026 10:22:05 +0100AFRIQUE/ÉTHIOPIE - C'est désormais la guerre entre l'Éthiopie et l'Érythrée, même si elle n'a pas été déclaréehttps://www.fides.org/fr/news/78374-AFRIQUE_ETHIOPIE_C_est_desormais_la_guerre_entre_l_Ethiopie_et_l_Erythree_meme_si_elle_n_a_pas_ete_declareehttps://www.fides.org/fr/news/78374-AFRIQUE_ETHIOPIE_C_est_desormais_la_guerre_entre_l_Ethiopie_et_l_Erythree_meme_si_elle_n_a_pas_ete_declareeAddis-Abeba – Le conflit interne éthiopien s’est désormais transformé en une guerre non déclarée entre l’Éthiopie et l’Érythrée.<br />Les combats se concentrent dans le Tigré, où de violents affrontements directs ont éclaté le long du front Egela-Tsorona entre les forces éthiopiennes et érythréennes. Les affrontements ont débuté le 30 octobre, lorsque des drones et l’artillerie éthiopiens ont bombardé les positions érythréennes près du village de Qolo-Berdo, et se sont poursuivis tout au long de la journée du 31 octobre.<br />Dans la matinée du dimanche 1er novembre, des unités d’infanterie des deux armées se sont affrontées lors de combats terrestres à courte distance. Dans le même temps, les forces du Tigré affirment avoir infligé de lourdes pertes aux troupes gouvernementales éthiopiennes lors des affrontements entre Ahferom et Bizet.<br />Addis-Abeba accuse l'armée d'Asmara d'être intervenue sur le territoire éthiopien pour soutenir les forces tigréennes du Front populaire de libération du Tigré . Il s’agit d’un renversement des alliances : lors de la guerre de 2020, qui opposait l’armée éthiopienne au TPLF, les militaires érythréens combattaient aux côtés des forces éthiopiennes contre les forces tigréennes, qui sont aujourd’hui au contraire alliées à Asmara .<br />L'intervention de l'armée érythréenne remonterait au 7 octobre, lorsque ses troupes ont franchi la frontière à Zelambesa, se dirigeant vers l'axe Adigrat-Idaga Hamus. Le gouvernement éthiopien accuse l'Égypte, le Soudan et d'autres puissances, sans toutefois les nommer, d'être à l'origine de l'intervention érythréenne.<br />Le Caire entretient un différend de longue date avec Addis-Abeba au sujet du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne . Le Soudan, quant à lui, accuse l’Éthiopie d’héberger sur son territoire des bases pour les drones utilisés par les miliciens des Forces de soutien rapide , qui mènent des attaques contre le Soudan . Khartoum a déposé une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, dans laquelle il affirme que, depuis février, 187 drones d'attaque auraient été lancés depuis le territoire éthiopien contre des infrastructures civiles et des centrales électriques soudanaises.<br />Le TPLF a rejoint l’Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie , qui vise à renverser le gouvernement fédéral et à mettre en place une administration de transition . Cette alliance regroupe des formations issues de différentes régions du pays : du Tigré, au nord, aux milices Fano des Amharas, en passant par l’Armée de libération oromo et d’autres groupes armés.<br />Le conflit civil ne se limite donc pas au Tigré. À Wuchale et Ambassel, dans l’État régional d’Amhara, de violents combats ont opposé les militaires de l’ENDF à leurs anciens alliés des milices Fano.<br />La guerre civile revêt également une dimension d’affrontement entre régions. Depuis le 18 octobre, des combats prolongés opposent les forces des États régionaux de Somalie et d’Oromia, concentrés dans la ville de Moyale, à la frontière avec le Kenya. Ce dernier pays a accueilli plus de 50 000 Éthiopiens fuyant les combats.<br />Dans le même temps, le gouvernement russe s'est proposé de servir de médiateur entre l'Érythrée et l'Éthiopie, bien qu'il ait récemment renforcé l'armée de l'air d'Addis-Abeba en lui livrant 12 chasseurs-bombardiers Su-35. Moscou s’est également déclarée disposée à fournir quatre batteries antiaériennes et antimissiles S-400. Il s’agit de systèmes sophistiqués, conçus avant tout pour affronter des armées régulières et moins adaptés à un conflit de type irrégulier. <br />Tue, 03 Nov 2026 17:18:10 +0100AMÉRIQUE/HAÏTI - À Pourcine Pic-Macaya, un potager scolaire voit le jour : éducation environnementale et expérience sur le terrainhttps://www.fides.org/fr/news/78373-AMERIQUE_HAITI_A_Pourcine_Pic_Macaya_un_potager_scolaire_voit_le_jour_education_environnementale_et_experience_sur_le_terrainhttps://www.fides.org/fr/news/78373-AMERIQUE_HAITI_A_Pourcine_Pic_Macaya_un_potager_scolaire_voit_le_jour_education_environnementale_et_experience_sur_le_terrainPourcine Pic-Macaya – Allier la formation théorique à l’expérience concrète sur le terrain, en impliquant les enfants dans la protection de l’environnement et la valorisation des ressources du territoire. Tel est l’objectif du nouveau « potager scolaire » lancé pour l’année scolaire 2026-2027 à l’école paroissiale Notre-Dame du Perpétuel Secours à Pourcine Pic-Macaya, où œuvre le missionnaire camillien, le père Massimo Miraglio.<br /><br />« Nous avons lancé une nouvelle activité avec les élèves de CM2 et de 6e de l’école paroissiale », raconte le père Miraglio à l’Agence Fides. « Il s’agit d’un potager scolaire qui viendra compléter, par une partie pratique, le cours théorique d’éducation à l’environnement. »<br /><br />Après les premiers cours d’introduction, les élèves sont passés à l’action. Accompagnés d’un jeune agronome qui les suivra tout au long de l’année scolaire, ils ont exploré différents endroits afin d’identifier celui qui se prêterait le mieux à la création d’un semis et d’une pépinière. Leur choix s’est porté sur une zone plate, proche de l’eau et à l’abri des vents, des conditions jugées favorables pour lancer le projet.<br /><br />« Nous n’avons pas perdu de temps », raconte le missionnaire. « Avec le peu d’outils à leur disposition, les jeunes ont déblayé l’espace choisi ». Les filles se sont particulièrement distinguées dans ce travail, s’attelant avec énergie à l’utilisation de la machette pour défricher le terrain. L’activité s’est terminée dans une ambiance d’enthousiasme et de bonne humeur. Pour certains jeunes, le retour à la maison s’est même accompagné de quelques patates douces, récoltées au cours de la journée.<br /><br />« Au final, l’objectif a été atteint : la zone où naîtra le potager scolaire, avec le semis et la pépinière, a été déblayée », souligne le père Miraglio.<br /><br />Le projet se poursuivra désormais par des activités de formation théorique et par quelques travaux préliminaires sur le terrain, en attendant la plantation des premières cultures. Un parcours qui, selon les intentions de l’école et de la mission, vise à offrir aux jeunes non seulement des connaissances en matière d’environnement et d’agriculture, mais aussi une expérience concrète de la responsabilité, de la collaboration et de la préservation du territoire.<br /><br />« Nous allons poursuivre la formation théorique et certains travaux préliminaires sur le terrain, en attendant de pouvoir, dès que possible, nous lancer avec élan », conclut le missionnaire.<br /><br /> <br />Tue, 03 Nov 2026 17:11:30 +0100ASIE/PHILIPPINES - Dans la région autonome musulmane, les élections ravivent l'espérance de paix et de prospéritéhttps://www.fides.org/fr/news/78372-ASIE_PHILIPPINES_Dans_la_region_autonome_musulmane_les_elections_ravivent_l_esperance_de_paix_et_de_prosperitehttps://www.fides.org/fr/news/78372-ASIE_PHILIPPINES_Dans_la_region_autonome_musulmane_les_elections_ravivent_l_esperance_de_paix_et_de_prosperitepar Paolo Affatato <br /><br />Zamboanga – « Continuons à croire au vivre-ensemble, à vivre la spiritualité du dialogue, à tisser des liens d’amitié et de fraternité : ne perdons pas l’espérance de la paix et de la prospérité pour Mindanao ». Telle est la réflexion transmise à l’Agence Fides par le père Sebastiano D’Ambra , missionnaire engagé depuis longtemps à Mindanao, vaste île du sud des Philippines, alors que la Région autonome musulmane , créée en 2019 à Mindanao, traverse une phase importante de son histoire. Les premières élections législatives du 14 septembre et la formation du nouveau gouvernement régional marquent une étape significative, tandis que certaines données économiques indiquent une reprise, même si de profondes fragilités politiques et sociales persistent.<br /><br />Le 30 octobre 2026, le Parlement régional de la Région autonome du Bangsamoro dans le Mindanao musulman a élu Abdulraof Macacua au poste de Premier ministre. M. Macacua, membre du « Bangsamoro Federalist Party » , qui avait déjà dirigé la région à titre intérimaire, a obtenu 51 voix, contre 27 pour l’ancien Premier ministre Murad Ebrahim, représentant du « United Bangsamoro Justice Party » , lié à la formation politique historique du Front de libération islamique moro . Son élection a été rendue possible par un accord de coalition, après que les élections législatives de la mi-septembre ont abouti à une assemblée sans majorité absolue.<br />Ce scrutin a marqué un tournant historique : pour la première fois, les citoyens de la région ont élu leur Parlement par le biais d’un scrutin démocratique, mettant ainsi fin à la phase d’administration provisoire mise en place par le gouvernement central de Manille. Le taux de participation a dépassé 84 %, signe d’une forte mobilisation de la population. Le nouveau Parlement, composé de 80 membres, doit relever le défi de diriger une coalition hétérogène, au sein de laquelle cohabitent d’anciens membres des mouvements séparatistes, des représentants de partis et des personnalités liées aux clans locaux. Parmi ses priorités figurent les réformes fiscales, la gestion des recettes et des ressources du territoire, ainsi que les politiques de développement social.<br />Le résultat électoral, salué comme une étape importante du processus de paix, n’efface pas pour autant les tensions, les rivalités politiques et les divisions au sein des groupes militants locaux, tels que le Front national de libération moro et le Front islamique de libération moro. Au cours du scrutin, des incidents violents liés à des rivalités entre clans ont éclaté, faisant cinq morts et plus de vingt blessés, principalement dans la région de Cotabato City, tandis que les observateurs ont signalé des intimidations, des achats de voix et des irrégularités dans certains districts.<br /><br />Il reste ensuite à gérer les relations avec le gouvernement central du président Ferdinand Marcos Jr. Macacua est un représentant d’un parti proche de la formation politique du président Marcos : selon les analystes, l’avenir de la région dépendra également de la capacité de Manille à respecter les marges d’autonomie de la BARMM et à garantir les ressources nécessaires à la mise en œuvre des accords de paix, en particulier ceux relatifs aux programmes socio-économiques.<br />« Le projet de région autonome avance notamment parce que le gouvernement central le soutient, afin d’éviter la reprise du conflit, mais la situation n’est pas encore stable », souligne le père D’Ambra, fondateur et animateur du mouvement pour le dialogue islamo-chrétien « Silsilah », rappelant que la BARMM, créée en 2019, est un projet complexe, qui implique différentes communautés et groupes ethniques, tels que les peuples Maguindanao et Maranao. « Il avait été lancé avant tout pour éviter la guerre, accompagné de nombreuses promesses de financement. Mais on n’est pas encore parvenu à garantir une paix durable, ni le développement et la prospérité pour tous ».<br />La fin des affrontements armés, en effet, n’efface pas les blessures du passé. Persiste, en particulier, le traumatisme du siège de Marawi, la ville dévastée en 2017 lors du conflit entre les forces gouvernementales et les groupes armés affiliés à l’État islamique. « Au sein de la BARMM, de nombreuses questions restent en suspens – note le père D’Ambra –, comme le risque que certains dirigeants, musulmans ou non, utilisent l’identité religieuse pour servir leurs intérêts personnels et leur soif de pouvoir. Et les relations entre la région et Manille – ajoute-t-il – restent souvent marquées par des échanges de faveurs et des calculs politiques. »<br />Le missionnaire reconnaît toutefois certains changements positifs sur le plan de la sécurité : « Il n’y a plus les conflits d’autrefois. » La réduction de la capacité opérationnelle des groupes extrémistes, tels qu’Abu Sayyaf, a contribué à modifier positivement le contexte de la vie sociale, sans pour autant éliminer toutes les causes d’instabilité. C’est pourquoi, souligne-t-il, « la communauté ecclésiale continue de soutenir le dialogue et la réconciliation, en s’efforçant de créer des occasions de rencontre entre les différentes composantes de la société ».<br /><br />Parallèlement à la transition politique, les indicateurs économiques sont porteurs d’espérance dans la région de Mindanao, qui reste la plus défavorisée des Philippines. Le produit intérieur brut régional est en hausse et a enregistré une augmentation de 5 %, soutenue par l’agriculture, les ressources naturelles et les investissements. Selon les données de l’Autorité philippine des statistiques, la pauvreté des ménages de la région autonome est passée de 26 % en 2023 à 12,8 % en 2025, mais 31 % des ménages de Mindanao vivent encore en situation d’insécurité alimentaire . La croissance économique ne se traduit toutefois pas par des opportunités d’emploi et de développement pour tous : le chômage a grimpé à 3,9 % et la population continue de dépendre de l’agriculture de subsistance et de la pêche, tandis que dans les zones intérieures persistent des systèmes clientélistes liés aux clans, qui entravent la création d’activités entrepreneuriales.<br />Le fossé en matière d’éducation et de services essentiels est particulièrement grave. Les provinces à majorité musulmane continuent de subir les effets de décennies de conflit, qui ont endommagé les écoles, les établissements de santé et les infrastructures. Dans la BARMM, le taux d’alphabétisation de base chez les résidents âgés de plus de cinq ans est de 81 % et de profondes inégalités persistent en matière d’accès à l’éducation, à la santé et aux opportunités de développement.<br /><br />Dans ce contexte, selon le père D’Ambra, la priorité reste « d’établir des relations de confiance au sein de la société et entre les communautés religieuses, qui constituent le fondement et le moteur du développement », soulignant : « Malgré toutes les difficultés, nous continuons à soutenir le dialogue et la réconciliation sociale et religieuse. Nous continuons à y croire ». La communauté chrétienne, dans une région à majorité musulmane marquée par une longue histoire de conflits, « est appelée à contribuer à la coexistence par sa présence, son écoute et sa rencontre avec les différentes communautés ; elle est appelée à apporter des paroles et des gestes de paix, dans l’esprit de l’Évangile », affirme-t-il.<br />La naissance des nouvelles institutions démocratiques et les signes de reprise économique – conclut le missionnaire du PIME – « peuvent représenter une occasion de consolider la paix, à condition que l’autonomie politique se traduise par la justice, des services et des perspectives concrètes pour la population. Le défi de la région autonome du Bangsamoro, qui entame une nouvelle étape de son histoire, n’est pas seulement de surmonter la période de guerre, mais de construire une société dans laquelle les différentes identités puissent cohabiter et participer au bien commun ».<br /> <br />Tue, 03 Nov 2026 10:41:44 +0100Deux Evêques chinois à Rome : la meilleure façon de célébrer les premières ordinations épiscopales chinoises, il y a 100 anshttps://www.fides.org/fr/news/78371-Deux_Eveques_chinois_a_Rome_la_meilleure_facon_de_celebrer_les_premieres_ordinations_episcopales_chinoises_il_y_a_100_anshttps://www.fides.org/fr/news/78371-Deux_Eveques_chinois_a_Rome_la_meilleure_facon_de_celebrer_les_premieres_ordinations_episcopales_chinoises_il_y_a_100_ansdu père Paul HAN Qingping SVD<br /><br />Pékin – Voir des Évêques chinois participer « normalement » aux activités du Saint-Siège est la meilleure façon de commémorer le centenaire des premières ordinations épiscopales chinoises, qui ont eu lieu à Rome, dans la basilique vaticane, le 28 octobre 2026.<br />C’est ce qu’écrit le prêtre verbite Paul Han Qingping sur son blog très suivi.<br /><br />Nous publions ci-dessous une traduction de la contribution du père Han.<br /><br /> §§§<br /><br />Comme on le sait, le 28 octobre marquait le centenaire de la consécration épiscopale des six Évêques chinois, qui eut lieu à Rome en 1926, aux mains du Pape Pie XI lui-même.<br /><br />Cent ans plus tard, commémorer de diverses manières cet événement d’une portée historique pour l’Église en Chine n’est nullement un sujet sans intérêt pour le présent. Au contraire, à la lumière de l’accord provisoire entre le Saint-Siège et la Chine sur la nomination des Évêques, cet événement vieux de cent ans revêt aujourd’hui une forte actualité.<br /><br />Il y a 341 ans, l’Évêque dominicain Luo Wenzao , après avoir subi un retard imposé artificiellement pendant pas moins de onze ans, fut enfin consacré évêque en 1685, devenant ainsi le premier Évêque de nationalité chinoise.<br /><br />La consécration des six Évêques chinois, il y a cent ans, n’a elle aussi pu avoir lieu qu’après la promulgation de la Lettre apostolique Maximum illud de Benoît XV et après l’arrivée en Chine, en 1922, du premier délégué apostolique, l’Archevêque Celso Costantini, ainsi qu’à la suite de la convocation, en 1924, du Primum Concilium Sinense à Shanghai.<br /><br />C’est précisément dans l’esprit du principe d’« inculturation et d’enracinement local de l’Église » que cet événement a pu voir le jour.<br /><br />Aujourd’hui, en commémorant à la fois la consécration de l’Évêque Luo Wenzao et celle des six Évêques chinois ordonnés en 1926, nous célébrons au fond le même événement : « Enfin, les Chinois peuvent devenir Évêques de l’Église en Chine ».<br /><br />L'accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine sur la nomination des Évêques chinois, signé en 2018, vise quant à lui à résoudre la question de « la manière dont doivent être identifiés et choisis les candidats à l'épiscopat en Chine ».<br /><br />Les points clés de ces deux événements, dans le contexte de l’évolution historique, ont pris une portée et des implications différentes. Cependant, le thème central reste toujours celui des « Évêques chinois ». Il y a des éléments de continuité, mais aussi des différences !<br /><br />Quant aux modalités pour commémorer cet anniversaire, elles sont multiples : organiser des colloques et des séminaires de différents niveaux et de différentes envergures ; rédiger des articles de contenu et de longueur variés ; réaliser des vidéos avec des images et des photomontages ; célébrer l’Eucharistie sur les lieux de naissance et de ministère des sept Évêques susmentionnés ; organiser des commémorations sur leurs tombes, etc.<br /><br />Ce sont toutes des formes de commémoration appropriées, raisonnables et pleinement justifiées.<br />Mais, à mon avis, il n’y a pas de meilleure façon de commémorer cet anniversaire que de voir les Évêques chinois participer « normalement » aux activités du Saint-Siège !<br /><br />Dans mon article consacré à l’élection du Cardinal Luis Antonio Tagle au poste de doyen du Collège cardinalice, j’ai repris une capture d’écran d’un article de l’Agence Fides intitulé « D’un « événement extraordinaire » à une présence ordinaire : les Évêques chinois participent aux activités du Saint-Siège ». À cette occasion, j’ai également évoqué la participation de deux Évêques chinois qui, à l’invitation du Pape Léon XIV, se sont rendus à Rome pour prendre part aux initiatives commémoratives du dixième anniversaire de la publication de l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, avec des rencontres consacrées à la réflexion sur la manière de promouvoir plus efficacement la pastorale et l’évangélisation des couples et des familles vivant des situations difficiles et d’urgence.<br /><br />Il s’agissait là d’une nouvelle occasion, après celles de 2018, 2023 et 2024, où deux Évêques chinois ont participé à une rencontre aux côtés des présidents des conférences épiscopales du monde entier, des responsables des dicastères du Saint-Siège et des représentants des fidèles laïcs.<br /><br />Les précédents cités correspondent aux première et deuxième sessions de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques .<br /><br />À ces occasions, bien que pour des durées variables, les Évêques chinois ont pu discuter, dialoguer et partager leurs expériences en même lieu avec leurs confrères venus du monde entier et, à certains moments, ils ont eu l’occasion de se rapprocher du Pape.<br /><br />Par ailleurs, le 21 mai 2024, Joseph Shen Bin, Évêque du diocèse de Shanghai, s’est rendu à Rome pour participer aux célébrations et aux initiatives organisées à l’occasion du centenaire du Primum Concilium Sinense de Shanghai.<br /><br />Aujourd’hui, à l’occasion du colloque international intitulé « Le visage de l’Église universelle en Chine : le centenaire de la consécration des six premiers Évêques chinois », qui se tiendra le jeudi 5 novembre à l’Université Pontificale Urbanienne de Rome, l’Agence Fides a annoncé la participation de Joseph Li Shan, Évêque de Pékin, et d’Ignace Ding Zuyao, Évêque de Haimen, consacré il y a moins d’un mois. Nous pouvons considérer cette participation comme un témoignage supplémentaire de la « normalisation » progressive de la présence des Évêques chinois aux activités du Saint-Siège.<br /><br />C'est précisément à la lumière des questions historiques et actuelles qui, au cours des trois derniers siècles, ont marqué la vie de l'Église en Chine — « Les Chinois peuvent-ils devenir Évêques de l'Église en Chine ? » et « Comment les candidats à l'épiscopat en Chine doivent-ils être choisis ? » — qu’il revêt une importance particulière de constater comment, depuis la signature de l’Accord provisoire entre le Saint-Siège et la Chine sur la nomination des Évêques et ses trois renouvellements successifs, la participation des Évêques chinois aux activités du Saint-Siège s’est progressivement transformée, passant d’un « événement extraordinaire » à une présence de plus en plus « ordinaire ».<br /><br />À mon avis, cela représente non seulement la meilleure façon de commémorer la consécration épiscopale à Rome des six Évêques chinois il y a cent ans, mais aussi le geste d’ouverture le plus significatif vers l’avenir.<br /><br />Par la prière, la bénédiction, un engagement persévérant et une attente confiante, nous espérons pouvoir assister à de nouveaux développements et à de nouvelles transformations vers une « normalisation » toujours plus grande de la vie de l’Église en Chine.<br /><br />(Agence Fides 03/11/2026)Tue, 03 Nov 2026 10:06:30 +0100L'Afrique, un carrefour de plus en plus important du trafic mondial de droguehttps://www.fides.org/fr/news/78370-L_Afrique_un_carrefour_de_plus_en_plus_important_du_trafic_mondial_de_droguehttps://www.fides.org/fr/news/78370-L_Afrique_un_carrefour_de_plus_en_plus_important_du_trafic_mondial_de_droguepar Cosimo Graziani<br /><br />Freetown - Les problèmes de sécurité qui affligent l’Afrique sont liés à des dynamiques de la criminalité mondiale que même les analystes géopolitiques perçoivent à peine. L’un d’entre eux est le lien entre le continent africain et les flux de drogue en provenance d’Amérique du Sud. Des problèmes tels que la porosité des frontières, la présence de groupes criminels, l’absence d’organismes administratifs chargés de lutter contre le trafic de drogue et, surtout, la pauvreté font de l’Afrique, depuis une quinzaine d’années, un « marché » inexploré et lucratif pour les cartels internationaux de la drogue.<br /><br />Ces dernières années, les liens entre les groupes criminels locaux africains et les cartels se sont renforcés : les cartels sud-américains exploitent ces connexions locales – qui, dans certains cas, sont établies directement avec des membres des gouvernements et des administrations – pour acheminer la drogue, principalement de la cocaïne, vers les ports africains, qui servent d’étape intermédiaire sur la route vers l’Europe.<br /><br />Les relations sur place ne servent pas seulement à assurer une base pour le « produit », elles permettent également de comprendre comment contourner les contrôles, afin que la drogue arrive dans les ports sans rencontrer d’obstacles. Pour ce faire, les cartels latino-américains ont recours à des groupes criminels locaux, en procédant à de véritables « recrutements » de courte durée. C’est lors de l’arrivée de la drogue en Afrique que cette collaboration est la plus évidente : pour la cocaïne, par exemple, ces dernières années, les cargaisons partaient des ports brésiliens pour rejoindre les ports d’Afrique de l’Ouest. Avec l’intensification des contrôles et des saisies, qui sont passées d’une à trente tonnes au cours des huit dernières années, la cocaïne arrive en Afrique en partant des ports brésiliens moins importants, ou encore de la Guyane et du Suriname, à bord de petits navires ou à l’aide de drones sous-marins. Les cargaisons sont ensuite larguées au large des côtes africaines, où les groupes criminels locaux les récupèrent, toujours à bord de petites embarcations, pour les acheminer ensuite vers la terre ferme.<br /><br />En ce qui concerne la contrebande de méthamphétamines également, l’Afrique devient de plus en plus une plaque tournante importante. Depuis plus de dix ans, des laboratoires de synthèse de ces stupéfiants sont régulièrement découverts. Ces laboratoires ont été découverts en Afrique du Sud, au Kenya, au Mozambique et au Nigeria, et sont créés sur place car les groupes criminels garantissent aux cartels latino-américains la logistique nécessaire pour atteindre les marchés européens, ainsi que la protection et les infrastructures requises pour les mettre en place. Les cartels envoient sur place des membres chargés de gérer ces laboratoires, qui s’occupent non seulement de la production, mais aussi de l’approvisionnement en produits chimiques et de la « formation » des membres des groupes locaux, donnant ainsi un véritable élan à la production locale.<br /><br />Il n’est pas surprenant que les laboratoires de méthamphétamine démantelés ces dernières années, au cours desquelles de nombreux narcotrafiquants mexicains ont été arrêtés, aient été découverts tant en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique de l’Est. La production africaine approvisionne désormais plusieurs régions à l’échelle mondiale, y compris les marchés d’Asie du Sud-Est.<br />Parmi les groupes criminels internationaux les plus actifs sur le continent figurent les cartels mexicains de Sinaloa et de Jalisco, le Primero Comando da Capital, un groupe criminel brésilien spécialisé dans le transport de drogue, et les Colombiens du Clan del Golfo, eux aussi actifs dans le transport vers l’Afrique. Mais le marché de la drogue ne fonctionne que s’il existe autant de groupes criminels qui distribuent la drogue sur les marchés occidentaux. Parmi ceux-ci, il convient de mentionner la ‘Ndrangheta, la Mocro Mafia active aux Pays-Bas et en Belgique, ainsi que les groupes criminels des Balkans. Tous ont établi des contacts en Afrique pour faciliter l’acheminement des stupéfiants.<br /><br />Comme déjà mentionné, l’action des groupes criminels internationaux s’infiltre de manière insidieuse dans des tissus sociaux et politiques déjà très fragiles en soi, allant jusqu’à toucher les plus hautes sphères de la politique africaine. C’est ainsi qu’on a découvert que, depuis près de deux décennies, le cartel de Sinaloa entretient des contacts bien établis avec les plus hautes sphères de l’armée de Guinée-Bissau, ou que le trafiquant néerlandais Jos Leijdekkers, condamné à vingt-quatre ans de prison aux Pays-Bas pour trafic international, se trouve en Sierra Leone.<br /><br />L’importance croissante de l’Afrique en tant que plaque tournante du trafic de drogue va de pair avec l’augmentation de la consommation locale. Un phénomène qui s’est amplifié au fil des ans selon des caractéristiques bien précises. En Afrique, ce sont la pauvreté, les traumatismes liés aux conflits passés et l’absence de perspectives d’avenir qui poussent la population, en particulier les jeunes, à consommer de la drogue. Les substances en circulation ne sont toutefois pas celles qui arrivent en Europe, car elles sont plus dangereuses et d’origine incertaine. Les principales sont le « kush », répandu en Sierra Leone et au Libéria – deux pays qui ont proclamé l’état d’urgence sanitaire en raison de sa propagation – et le « pufa », répandu au Maroc. Le « kush » est un mélange de substances dont la composition n’est pas claire et varie selon le laboratoire qui le produit, même si des ingrédients tels que le fentanyl et le cannabis synthétique y sont toujours présents. Le pufa, quant à lui, est une drogue synthétique obtenue à partir de déchets de cocaïne et de méthamphétamines. Le kush s’est répandu au Libéria notamment en lien avec les conflits civils qui ont secoué le pays au fil des ans, tandis que le pufa s’est répandu au Maroc à une période où la population était particulièrement touchée par les effets de la pandémie.<br />Mon, 02 Nov 2026 10:11:27 +0100Martin Luther King III et Arndrea Waters King : «Jésus ne nous a pas demandé d’éprouver de la sympathie pour nos ennemis, mais de les aimer»https://www.fides.org/fr/news/78369-Martin_Luther_King_III_et_Arndrea_Waters_King_Jesus_ne_nous_a_pas_demande_d_eprouver_de_la_sympathie_pour_nos_ennemis_mais_de_les_aimerhttps://www.fides.org/fr/news/78369-Martin_Luther_King_III_et_Arndrea_Waters_King_Jesus_ne_nous_a_pas_demande_d_eprouver_de_la_sympathie_pour_nos_ennemis_mais_de_les_aimerpar Marie-Lucile Kubacki <br /><br />Salt Lake City - En marge du Forum interreligieux du G20, qui se déroule à Salt Lake City du 15 au 17 octobre 2026, l’Agence Fides a pu s’entretenir avec Martin Luther King III, fils du célèbre pasteur et figure du mouvement des droits civiques, et son épouse, Arndrea Waters King, militante pour la justice sociale et présidente du Drum Major Institute. Dans cet entretien, ils évoquent le rôle des responsables religieux face aux divisions, l’amour des ennemis et l’héritage spirituel de la non-violence.<br />Lors du Forum interreligieux du G20, vous avez déclaré que les responsables religieux avaient un rôle primordial à jouer. Pourquoi, et comment peuvent-ils remplir ce rôle?<br /><br />Martin Luther King III : Je pense que les responsables religieux ont toujours su prendre le pouls de la société. Les gens attendent d’eux de l’intégrité, de l’unité, un message auquel chacun puisse adhérer. Je crois donc qu’ils ont une vocation particulière. Cela leur confère une place tout à fait singulière. Leurs paroles peuvent ainsi nous rassembler ou, au contraire, créer des divisions. Dans certains cas, elles ont accentué les divisions. Mais lorsque ce rôle est pleinement assumé, il permet de faire naître quelque chose d’extraordinaire : ce que j’appellerais la « communauté bien-aimée ».<br />L’engagement de votre père en faveur de la non-violence était profondément enraciné dans sa foi chrétienne. Comment est-il possible d’aimer son ennemi?<br />Martin Luther King III : Mon parcours est particulier : mon père a été tué lorsque j’avais dix ans, et ma grand-mère lorsque j’en avais seize. Pourtant, j’ai dû apprendre à ne pas haïr. J’ai dû apprendre à aimer, parce que j’avais autour de moi des exemples d’amour et de pardon. Je ne peux dire à personne qu’il doit faire de même. Je peux seulement raconter mon histoire et dire : « Cela m’a aidé. Peut-être pourriez-vous aussi envisager cette voie dans votre propre vie. » Car elle est plus libératrice que l’inverse, qui serait de rester prisonnier de l’amertume toute sa vie.<br /><br />Arndrea Waters King: Je donnerai deux pistes concrètes. Premièrement, le Dr King parlait de distinguer l’acte mauvais de la personne qui le commet. Certains actes vous révoltent. Il faut trouver le moyen de dissocier l’acte de son auteur. C’est la première chose ; ensuite, vous vous opposez à cet acte. Deuxièmement, il disait souvent être heureux que Jésus ne nous ait pas demandé d’éprouver de la sympathie pour nos ennemis. Il a dit : « Aimez vos ennemis. » Nous avons évoqué le fait que, lorsque nous parlons d’amour, nous parlons de sa forme la plus élevée, qui n’a rien de sentimental. Il s’agit d’une reconnaissance. C’est de cet amour-là que nous parlons.<br />Il ajoutait : « Je suis tellement heureux qu’on ne nous ait pas demandé d’éprouver de la sympathie pour nos ennemis, parce qu’il y a des personnes pour lesquelles je n’en éprouverai tout simplement pas. » Entendre Martin Luther King Jr dire cela me réconforte un peu. Il poursuivait : « Je ne vais pas éprouver de sympathie pour la personne qui a fait exploser une bombe chez moi. Je ne vais pas éprouver de sympathie pour celle qui a fait exploser une bombe dans une église et tué quatre enfants innocents. » Nous n’éprouverons pas de sympathie pour tout le monde, mais ce n’est pas ce qui nous est demandé. Nous sommes appelés à aimer. Là encore, il faut comprendre que cet amour n’est pas sentimental : c’est une reconnaissance. Et nous revenons à cette distinction entre l’acte mauvais et la personne qui le commet.<br /><br />Vous avez poursuivi le combat de vos parents contre le racisme et la violence. À la lumière de votre expérience, comment la foi chrétienne peut-elle guider leur action auprès des personnes qui subissent l’oppression?<br /><br />Martin Luther King III : La première chose est de reconnaître la vérité, de reconnaître qu’il existe un problème. Bien souvent, nous laissons les choses suivre leur cours : « Nous ne voulons pas parler des questions raciales. Nous ne voulons pas parler de ces injustices. » On dit qu’un peuple qui ne se souvient pas de son histoire est condamné à répéter les erreurs du passé. Les communautés ecclésiales doivent dire: «Non, nous allons avoir ces discussions, aussi difficiles soient-elles.» Car, pour s’attaquer à un problème, il faut d’abord reconnaître son existence. Une fois cette étape franchie, on peut élaborer une stratégie pour y répondre.<br /><br />Arndrea Waters King : Je voudrais rappeler que l’une des grandes sources d’inspiration de Martin Luther King Jr était Howard Thurman, une très belle figure de la mystique chrétienne. Lorsqu’il voyageait, Martin Luther King Jr emportait toujours sa Bible de voyage et un autre livre : Jesus and the Disinherited, de Howard Thurman. Cet ouvrage porte sur Jésus, le christianisme et les opprimés, et sur le fait que Jésus se tient toujours du côté des opprimés. Il traite de justice sociale et de l’appel adressé aux croyants : pourquoi et comment s’engager.<br /><br />Quel regard portez-vous sur le recours croissant à des arguments religieux dans les discours nationalistes ?<br /><br />Martin Luther King III : D’une certaine manière, cela relève d’une logique de ségrégation. Certes, il arrive que l’on se mette à part pour s’élever, mais la ségrégation et le nationalisme ne représentent pas, à mes yeux, le niveau le plus élevé auquel nous puissions parvenir. Ils engendrent davantage de divisions et, encore une fois, de ségrégation, plutôt que ce que mon père aurait appelé la « communauté bien-aimée ». On y trouve aussi des relents de racisme. Nous devons nous éloigner du racisme, et non aller vers le racisme et la ségrégation.<br /><br />Arndrea Waters King :Lorsqu’on examine véritablement la pensée de Martin Luther King Jr et du révérend C. T. Vivian, un pasteur chrétien pour lequel j’ai travaillé, on y trouve cette idée fondamentale : nous rassembler, faire front ensemble, travailler ensemble. Le mouvement des droits civiques était multiculturel et multireligieux, même si, bien entendu, beaucoup de ses responsables religieux étaient des pasteurs chrétiens. Nous parlions tout à l’heure de la notion d’amour. Lorsqu’on regarde l’exemple de Jésus-Christ et qu’on comprend véritablement ces messages, j’ai beaucoup de mal à retrouver cette voix du Christ, cette voix de l’amour et de l’unité, dans les idéologies nationalistes qui utilisent des arguments religieux et excluent les autres. Nous évoquions tout à l’heure les différents degrés d’amour dont parlait Martin Luther King, à commencer par le plus élémentaire, celui qu’il nous invitait tous à rejeter : l’amour utilitaire, qui consiste à n’aimer une chose que tant qu’elle nous est utile. Vient ensuite l’amitié. Il disait que ce n’était pas la forme la plus élevée de l’amour, parce que l’on aime ses amis parce qu’ils nous aiment. L’amour humanitaire est un bel amour, mais ce n’est pas le plus élevé, car, disait-il, on risque d’aimer tout en général et rien en particulier. L’amour romantique, aussi merveilleux soit-il, n’est pas non plus le plus élevé. Il parlait également, bien sûr, de l’amour d’une mère. Mais la forme la plus élevée de l’amour est l’agapè. Cet amour repose sur les liens qui nous unissent tous en tant qu’êtres humains. C’est ainsi que nous pouvons construire la communauté bien-aimée. Il s’agit de dépasser la dimension sentimentale pour élever l’amour à ce degré supérieur, celui de la reconnaissance : reconnaître que nous sommes tous enfants de Dieu, retrouver notre propre reflet partout où nous allons et comprendre que nous sommes tous liés, puisque nous avons tous été créés par le Créateur.<br />Concrètement, comment les responsables religieux peuvent-ils mettre cela en pratique lorsque les divisions commencent à gagner leurs Églises ou leurs communautés locales?<br /><br />Arndrea Waters King: L’année dernière, nous avons eu le privilège d’assister à la cérémonie du prix Nobel de la paix. L’une des choses qui nous ont tous deux marqués a été la découverte d’un musée consacré à l’ensemble des lauréats du prix Nobel. Nous avons appris que, parmi toutes les expositions consacrées aux lauréats, celle sur Martin Luther King Jr était la plus visitée. Je ne le dis pas par fierté. J’y vois plutôt, une fois encore, le signe d’une quête, d’une soif de ce message : un message d’unité, qui nous appelle tous à nous rassembler. Je pense donc qu’il appartient à toutes les personnes de bonne volonté de continuer à revenir à ce message.<br />Comme nous le disions aussi tout à l’heure, le dernier livre de Martin Luther King Jr s’intitulait Where Do We Go from Here: Chaos or Community? — « Où allons-nous : vers le chaos ou vers la communauté ? » Je ne connais personne au monde qui n’ait eu le sentiment d’être touché par le chaos ces dernières années. Il est maintenant temps pour nous tous de construire une communauté. Mais cela nous rappelle aussi que chacun a un rôle singulier, essentiel et irremplaçable à jouer dans la construction de cette communauté bien-aimée. Il est temps que chacun trouve ce rôle et prenne part à sa construction. Sun, 01 Nov 2026 19:52:16 +0100Du « puits » au « rêve de Dieu » : des images pour raconter la mission lors du Congrès international de l'Union Pontificale Missionnairehttps://www.fides.org/fr/news/78367-Du_puits_au_reve_de_Dieu_des_images_pour_raconter_la_mission_lors_du_Congres_international_de_l_Union_Pontificale_Missionnairehttps://www.fides.org/fr/news/78367-Du_puits_au_reve_de_Dieu_des_images_pour_raconter_la_mission_lors_du_Congres_international_de_l_Union_Pontificale_Missionnairepar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Rome - La mission comme un puits d’où faire jaillir l’eau, et non comme un récipient à remplir. C’est l’une des images les plus évocatrices proposées lors des interventions au Colloque international de l’Union Pontificale Missionnaire e, organisé par l’Université Pontificale Urbanienne et le Collège Pontifical Urbain du 29 au 31 octobre. Parallèlement, une longue série d’images évocatrices a ponctué les interventions du colloque, toutes visant à faire percevoir, par des allusions, le dynamisme propre à l’œuvre apostolique et ses traits incomparables. Les racines et les ailes, les graines, le feu et la goutte qui creuse la roche suggèrent un parcours : de la source de l’annonce à la rencontre avec les autres, de la passion qui se transmet à la patience nécessaire pour la préserver au fil du temps.<br /><br />Au cours de la conférence, des images concrètes, aux accents de paraboles, ont été évoquées pour décrire une mission qui prend forme dans la rencontre avec les personnes et dans les situations de la vie : une mission incarnée, qui ne se réduit pas à des slogans.<br /><br />Le puits : libérer la source<br /><br />« La formation missionnaire est comme un puits », affirme la missionnaire combonienne sœur Maria Rosa Venturelli. Cette image renverse l’idée selon laquelle la formation serait une accumulation : « Il ne faut pas remplir le puits de trop de choses, car cela obstrue la sortie de l’eau ». C’est un travail maïeutique : il s’agit de faire émerger ce qui habite au plus profond de la personne, cette expérience de Dieu qui peut devenir une eau à partager, pour désaltérer nos frères et sœurs, « voire des peuples entiers ». Un travail qui passe aussi par les fragilités, appelées à venir à la lumière « pour en prendre soin et en guérir les blessures ».<br /><br />Le puits peut ainsi devenir « synonyme de rencontre et de relation entre les personnes et les peuples », observe Venturelli, en évoquant les scènes bibliques de Moïse à Madian et de Jésus en Samarie. Dans la vie consacrée aussi, il faut « puiser à la source de vie qu’est le Seigneur Jésus ressuscité et aider à creuser des puits pour désaltérer l’humanité ».<br /><br />Devant le puits, puiser de l’eau et la partager font partie d’un même mouvement. Mais même ceux qui ont creusé des puits pour les autres peuvent perdre le contact avec leur propre source. Racontant sa rencontre avec des missionnaires âgées qui ont le sentiment de ne plus rien faire, Venturelli pose la question suivante : « Avons-nous creusé le puits pour nos frères et sœurs, et ai-je bouché le puits de ma vie consacrée avec les cendres du temps ? ». Cette interrogation renvoie à une vocation qui ne peut se réduire aux œuvres accomplies : lorsque les forces déclinent, il reste la possibilité d’offrir aux autres une présence et un témoignage nourris par la vie intérieure.<br /><br />Les racines et les ailes : partir sans perdre ses repères<br /><br />Le missionnaire xavérien Paolo Tovo choisit une double image pour décrire le sacerdoce missionnaire : les « racines bibliques et magistérielles » et les « ailes pastorales et spirituelles ». Les premières indiquent le fondement de la vocation ; les secondes, son épanouissement dans la vie. Dans cette perspective, l’action pastorale et l’expérience spirituelle sont les deux ailes d’un même mouvement, tandis que la rencontre missionnaire devient elle-même un lieu où la foi grandit.<br /><br />En s’ouvrant à l’autre, affirme Tovo, le prêtre rencontre et contemple le Christ « qui le précède toujours ». Sa manière d’être au sein de la communauté change également. Tovo propose de passer de la figure du « prêtre-pivot » à celle du « prêtre-passeur » : non pas le pivot autour duquel tout doit tourner, mais celui qui accompagne, aide à franchir une étape et à poursuivre le chemin. Une image qui trouve un écho dans la contribution d’Armando Nugnes, recteur du Collège Pontifical Urbain : le prêtre est un disciple-pasteur qui sait se tenir « devant, au milieu ou derrière le troupeau », mais « ni en dehors, ni au-dessus ».<br /><br />Des graines aux gerbes : reconnaître une présence qui précède<br /><br />Si le puits invite à chercher en profondeur, les graines nous invitent à porter un regard différent sur la vie des autres. Tovo reprend une réflexion du Cardinal Jean-Marc Aveline sur les « graines de la Parole » : il ne s’agit pas tant de valeurs abstraites que des « traces de la présence active du Saint-Esprit en chaque être humain ». Ce sont des traces à reconnaître dans les existences et les histoires concrètes, lorsque les personnes affrontent les interrogations et les étapes de la vie en puisant dans les ressources spirituelles dont elles disposent. Cette image exclut l’idée que le missionnaire arrive dans une terre où Dieu serait absent. Celui qui se tient devant lui n’est pas un destinataire passif, mais un « interlocuteur ». Tovo décrit la mission comme le cheminement de l’Église qui, « en sortant de la sacristie », va à la rencontre de l’humanité « en portant le Christ, mais en le découvrant en même temps déjà présent dans l’Esprit ». L’annonce et la découverte vont de pair.<br /><br />L’image des graines trouve un prolongement, sur le plan de l’échange entre les Églises, dans l’« Église des gerbes » proposée par l’Archevêque Fortunatus Nwachukwu, Secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation : les gerbes évoquent les fruits de la semence missionnaire, mûris dans les Églises locales du monde entier. Ces communautés ne sont plus seulement les destinataires de l’annonce ; elles sont à leur tour appelées à partager les dons reçus, dans un échange où chaque Église a quelque chose à offrir et à accueillir.<br /><br />Le feu : une passion qui se propage<br /><br />Une autre image revient sans cesse dans la mémoire des acteurs de l’œuvre missionnaire : le feu. Dans son article consacré à la complicité entre Paolo Manna et Giuseppe Allamano, Ashenafi Yonas Abebe rappelle que le premier biographe de Manna, le père Giuseppe Tragella, l’avait qualifié d’« âme de feu ». Cette même image exprime ce qui unissait les deux hommes : une vision commune et ce « feu pour la mission » qui a animé leurs vies et leurs œuvres.<br /><br />Il ne s’agit toutefois pas de célébrer la fougue de personnalités exceptionnelles, comme s’il s’agissait de super-héros. Ce feu naît de la foi qui se fait amour et peut se propager à travers de petits gestes et des engagements quotidiens. Sœur Monika Juszka le suggère dans la conclusion de sa relecture de la naissance de l’Union : « si chacun de nous réveille l’esprit missionnaire ne serait-ce que chez une seule personne, s’il l’incite à l’action », l’élan pourra continuer à se propager. La passion missionnaire se nourrit aussi de cette transmission personnelle, d’une vie à l’autre, comme une flamme que le souffle ravive et propage.<br /><br />La goutte et le souffle : persévérer et s'ouvrir<br /><br />La fougue de l’annonce ne rend pas la patience moins nécessaire, celle-ci étant apparue dans les interventions comme l’une des qualités les plus précieuses du missionnaire. « La goutte creuse la roche non pas par la force, mais en tombant sans cesse », déclare Sœur Monika Juszka. Cela signifie « sensibiliser, animer, réveiller, rappeler, former sans cesse ». Et savoir attendre, en reconnaissant que les délais de Dieu ne coïncident pas avec ceux des hommes.<br />L’intensité d’un moment peut être le fruit d’un engagement mené sur le long terme, et les missionnaires ne voient pas toujours, au cours de leur vie, les fruits de leur présence. Le père Vito del Prete, de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères , insiste lui aussi sur ce qu’exige une véritable action de formation : « la patience, le long terme et une action systématique ». La patience s’accompagne d’un horizon ouvert : celui de celui qui sait que l’engagement humain ne suffit pas à lui-même, mais qu’il a besoin de la grâce de Dieu. Del Prete l’exprime à travers la métaphore de la respiration : « Une Église locale repliée sur elle-même, préoccupée uniquement de sa propre vie, attriste, elle est stérile. Elle doit respirer au rythme du souffle infini de Dieu ». La mission est alors comme un poumon qui apporte de l’oxygène à la communauté et la maintient en vie, et non un fardeau à porter à la force des bras. À l’instar de l’eau du puits, c’est un don qui ne peut être retenu.<br /><br />Le rêve de Dieu : toute l'Église pour le monde entier<br /><br />Aux images de la mission s’ajoute celle du rêve de Dieu pour le monde, évoquée par sœur Mary Barron – Présidente désignée des Œuvres Pontificales Missionnaires – dans son allocution d’ouverture du colloque.<br />Sœur Barron voit dans le parcours des Œuvres Pontificales Missionnaires, et en particulier de l’Union missionnaire, un renouveau progressif de la vision de Paolo Manna et du Concile Vatican II : « toute l’Église pour le monde entier ». Un horizon qui exige la contribution de chacun : « Aujourd’hui plus que jamais, le monde a besoin de disciples missionnaires du Christ capables de semer la paix et l’amour de manière très simple et concrète », affirme-t-elle. Le rêve de Dieu s’entremêle ainsi avec le témoignage quotidien des chrétiens, avec ces gestes par lesquels chacun peut contribuer à changer le monde. Pour la nouvelle présidente des Œuvres Pontificale Missionnaires, être missionnaires ensemble signifie s’aider mutuellement à réveiller cet esprit les uns chez les autres, en apprenant les uns des autres et en mettant en commun ses propres dons. Sat, 31 Oct 2026 10:29:12 +0100OCÉANIE/AUSTRALIE - Le centenaire de la Journée Mondiale des Missions célébré avec l'exposition photographique « HOPE »https://www.fides.org/fr/news/78368-OCEANIE_AUSTRALIE_Le_centenaire_de_la_Journee_Mondiale_des_Missions_celebre_avec_l_exposition_photographique_HOPEhttps://www.fides.org/fr/news/78368-OCEANIE_AUSTRALIE_Le_centenaire_de_la_Journee_Mondiale_des_Missions_celebre_avec_l_exposition_photographique_HOPESydney – Cent ans d’engagement missionnaire, de solidarité et de partage de la foi sont au cœur de « Hope », l’exposition photographique organisée par Catholic Mission, la Direction nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires en Australie, pour célébrer le centenaire de la Journée Mondiale des Missions, instituée par le Pape Pie XI en 1926. L’exposition, inaugurée le 23 octobre à l’Australian Catholic University de North Sydney, rassemble des photographies prises au cours de la dernière décennie en Afrique, en Asie et dans d’autres parties du monde, ainsi que des affiches historiques de la Journée Mondiale des Missions.<br />Le projet est né de la question « À quoi ressemble l’espérance ? » et propose un parcours à travers des visages, des rencontres et des expériences de foi et de solidarité qui témoignent de la vie des communautés locales. L’exposition sera ouverte jusqu’au 9 novembre 2026 et peut également être « visitée » en ligne.<br />« Chaque photographie est née d’une rencontre, d’un moment où deux personnes ont noué un lien et où la distance entre leurs mondes s’est effacée », a expliqué Simone Medri, directeur de la communication et du numérique chez Catholic Mission et membre du groupe de coordination de la Commission internationale de communication, de collecte de fonds confessionnelle et de transformation numérique des OPM, en racontant l’expérience acquise au cours de plus de dix ans de voyages et de rencontres avec des communautés de différents continents. « Ces images », a-t-il ajouté, « ne sont pas seulement des témoignages photographiques, mais elles renferment les histoires de personnes, de familles et de communautés qui font face à des défis quotidiens et continuent à construire leur avenir ».<br />En présentant l’exposition, Medri a invité les visiteurs à ne pas se limiter aux images, mais à regarder dans les yeux les personnes représentées, en se laissant interpeller par leurs histoires. « La plénitude de la vie n’est pas quelque chose que nous apportons simplement aux autres. C’est quelque chose que nous recherchons et que nous vivons ensemble », a-t-il souligné, mettant en avant la valeur de l’écoute, de l’apprentissage mutuel et de la proximité.<br />L’exposition s’inscrit dans le cadre du centenaire de la Journée Mondiale des Missions, dont le thème choisi par le Pape Léon XIV pour cette année est « Unis dans le Christ, unis dans la mission ». L’initiative rappelle ainsi le lien entre les Églises locales et la responsabilité partagée de l’annonce de l’Évangile et du soutien aux communautés dans les territoires de mission.<br />À l’occasion du centenaire de la Journée Mondiale des Missions, « Hope » renouvelle l’invitation à redécouvrir le sens de la mission comme rencontre, partage et fraternité entre les peuples. À travers les histoires et les visages capturés dans les photographies, l’exposition témoigne de la manière dont l’espéance naît de la proximité avec les personnes et de la collaboration entre les Églises, appelant chacun à assumer une responsabilité commune dans l’annonce de l’Évangile et le soutien aux communautés dans les territoires de mission.<br /><br />EXPOSITION EN LIGNE<br />www.catholicmission.org.au/exhibition<br />VIDÉO DE L'EXPOSITION https://www.youtube.com/watch?v=t0E-4ThCGbY&t=1s<br /><br /> Sat, 31 Oct 2026 10:19:23 +0100VATICAN - « L’amour du Christ nous envoie (cf. 2 Co 5, 14) » : le thème de la prochaine Journée Mondiale des Missions 2027https://www.fides.org/fr/news/78366-VATICAN_L_amour_du_Christ_nous_envoie_cf_2_Co_5_14_le_theme_de_la_prochaine_Journee_Mondiale_des_Missions_2027https://www.fides.org/fr/news/78366-VATICAN_L_amour_du_Christ_nous_envoie_cf_2_Co_5_14_le_theme_de_la_prochaine_Journee_Mondiale_des_Missions_2027Cité du Vatican - « L’amour du Christ nous envoie » : tel est le thème choisi par le Pape Léon XIV pour la 101e Journée mondiale des missions, qui sera célébrée le dimanche 24 octobre 2027 et qui renvoie au cœur même de la mission chrétienne : l’amour du Christ, accueilli et vécu, devient l’élan qui pousse à annoncer l’Évangile et à se faire le prochain de chaque frère et sœur.<br />Comme l’a rappelé le Saint-Père dans son message pour la Journée Mondiale des Missions 2026, « si l’unité est la condition de la mission, l’amour en est la substance » ; en effet, la mission de l’Église naît de l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ, se nourrit de la rencontre avec Lui et se traduit par un témoignage concret de fraternité, de proximité et de service.<br />L’amour du Christ ne nous laisse pas indifférents : il nous pousse à sortir de nous-mêmes, à aller à la rencontre des autres et à tendre la main surtout à ceux qui sont seuls, pauvres ou blessés.<br />En préparation de la Journée Mondiale des Missions 2027, le Message du Saint-Père sera diffusé au cours des premiers mois de l’année ; il guidera la réflexion, l’animation et la formation missionnaire des communautés chrétiennes.<br />Dans ce cheminement, les quatre Œuvres Pontificales Missionnaires — Propagation de la Foi, Enfance Missionnaire, Saint-Pierre-Apôtre et Union Missionnaire — remplissent un rôle essentiel en nourrissant la conscience et la responsabilité missionnaires des baptisés, des plus petits aux adultes, et en promouvant un réseau universel de prière, de formation et de charité en soutien à l’évangélisation et aux jeunes Églises.<br />Elles contribuent, chacune selon sa spécificité et toutes ensemble, à promouvoir l’esprit missionnaire au sein du Peuple de Dieu et à soutenir les nouvelles Églises particulières .<br /> Sat, 31 Oct 2026 13:32:28 +0100ASIE/PAKISTAN - Le cricket rassemble les jeunes : sport, fraternité et missionhttps://www.fides.org/fr/news/78365-ASIE_PAKISTAN_Le_cricket_rassemble_les_jeunes_sport_fraternite_et_missionhttps://www.fides.org/fr/news/78365-ASIE_PAKISTAN_Le_cricket_rassemble_les_jeunes_sport_fraternite_et_missionIslamabad - Le cricket, sport national du Pakistan, comme outil de fraternité, de rencontre et de formation des jeunes : tel est le sens du septième tournoi organisé dans le diocèse d’Islamabad-Rawalpindi au cours des deux derniers mois, qui s’est achevé le 29 octobre. Cette initiative a réuni des équipes issues de différentes paroisses et communautés, offrant ainsi aux jeunes catholiques l’occasion de faire connaissance, de mettre en valeur leurs talents et de renforcer les liens de communion au sein de l’Église locale.<br /><br />Lors de la finale, à l’issue d’un match très disputé, disputé sur neuf overs, l’équipe de Saint Jean-Paul II a remporté le tournoi, tandis que l’équipe de Notre-Dame de Fatima a décroché la deuxième place. La cérémonie de clôture a été présidée par l’Archevêque d’Islamabad-Rawalpindi, Mgr Joseph Arshad, qui a encouragé les participants en soulignant « la valeur des initiatives capables de mobiliser les jeunes à travers le sport, l’amitié et le partage de valeurs ».<br /><br />L’objectif du tournoi n’était pas uniquement compétitif : le terrain de cricket est devenu un lieu de rencontre entre des jeunes de différentes communautés, appelés à collaborer, à se respecter et à affronter ensemble tant la victoire que la défaite. paroisse Notre-Dame-de-Fatima « La discipline, la patience, la loyauté et le respect de l’adversaire font partie intégrante de cette expérience, montrant ainsi comment le sport peut contribuer à l’épanouissement humain et à la formation des jeunes au sein de la communauté ecclésiale », a souligné l’Archevêque.<br />Mgr Arshad a également évoqué le projet de créer une véritable « académie de cricket », où les jeunes catholiques pourraient bénéficier d’une formation adéquate et développer leurs compétences. L’Archevêque a par ailleurs rappelé l’expérience qu’il a acquise au Bangladesh, où il avait organisé des tournois destinés aux jeunes, soulignant que « l’Église est appelée à un engagement constant en faveur des nouvelles générations, afin de laisser un héritage durable de foi et d’espérance ».<br /><br />Ce tournoi s’inscrit dans un contexte plus large, où les communautés chrétiennes du Pakistan voient dans le sport une possibilité concrète d’éducation, de rassemblement et de dialogue. Le réseau des établissements d’enseignement catholiques, présent dans différentes régions du pays, offre en effet des occasions de rencontre quotidiennes, y compris entre élèves de religions différentes. Dans une société marquée par des clivages sociaux et par la situation souvent précaire des minorités religieuses, les activités sportives deviennent des lieux où tisser des liens, surmonter les préjugés et faire l’expérience du vivre-ensemble.<br /><br />Outre les tournois organisés dans les diocèses, d’autres initiatives utilisent le cricket et d’autres disciplines sportives pour favoriser la coopération entre les communautés et la formation des jeunes. L’expérience œcuménique de la « Harmony Cricket League », mise en place dans la région d’Islamabad-Rawalpindi avec la participation d’organismes chrétiens, montre comment la passion pour le sport peut favoriser la coexistence pacifique et l’harmonie entre les confessions. Dans d’autres régions du pays également, les compétitions de football organisées par les structures ecclésiales visent à développer les capacités de leadership, le sens des responsabilités et l’esprit d’équipe ; elles constituent « un puissant outil de dialogue et de coexistence interreligieuse », note auprès de Fides Rabeel Aslam, responsable de la communication sociale dans le diocèse d’Islamabad-Rawalpindi.<br /><br />Pour l’Église au Pakistan, le sport devient également un outil d’évangélisation : « Ce n’est pas seulement une activité à proposer aux jeunes, mais c’est une manière concrète de témoigner de l’Évangile à travers l’accueil, le service, le respect et la fraternité. Sur le terrain, les jeunes apprennent à reconnaître la valeur de l’autre et à se sentir partie intégrante d’une communauté plus large que la leur. Ce sont des attitudes qui les accompagnent ensuite dans leur vie quotidienne et dans leurs relations avec des personnes d’autres confessions », explique Rabeel Aslam.<br /><br />La clôture du septième tournoi d’Islamabad-Rawalpindi a donc laissé un message qui va au-delà du résultat sportif : les coupes, les médailles et les certificats remis aux deux équipes finalistes ont récompensé l’engagement des participants, mais « la véritable victoire a été la possibilité de renforcer les amitiés, de promouvoir le respect mutuel et d’encourager les jeunes à mettre leurs talents au service de leur prochain, à expérimenter des valeurs telles que la loyauté, le dévouement, le sacrifice pour un coéquipier, le respect, l’honnêteté et la solidarité envers l’adversaire » . Dans cette alliance entre sport, éducation et témoignage chrétien, la communauté catholique locale trouve un moyen d’accompagner les nouvelles générations et de tisser des liens de fraternité.<br /><br /> Sat, 31 Oct 2026 10:08:33 +0100Une période propice à la mission : l'Union Pontificale Missionnaire se tourne vers l'avenir, 110 ans après sa fondationhttps://www.fides.org/fr/news/78363-Une_periode_propice_a_la_mission_l_Union_Pontificale_Missionnaire_se_tourne_vers_l_avenir_110_ans_apres_sa_fondationhttps://www.fides.org/fr/news/78363-Une_periode_propice_a_la_mission_l_Union_Pontificale_Missionnaire_se_tourne_vers_l_avenir_110_ans_apres_sa_fondationRome – « La vitalité de l’engagement missionnaire de l’Église dépend dans une large mesure de la formation des cœurs et des esprits ». C’est ce que souligne Sœur Mary T. Barron, présidente désignée des Œuvres Pontificales Missionnaires, dans son message adressé aux participants au colloque international organisé à l’occasion du 110e anniversaire de l’Union Pontificale Missionnaire . Cette rencontre, qui se déroule du 29 au 31 octobre à l’Auditorium « Saint Jean-Paul II » de l’Université Pontificale Urbanienne et au Collège pontifical urbain, est consacrée au thème « La mission universelle de l’Église et le service de l’Union missionnaire, de sa fondation au Pontificat de Léon XIV ». La formation et l’actualité des intuitions du bienheureux Paolo Manna sont au cœur du message de Sœur Barron et des interventions de Sœur Monika Juszka et du père Vito del Prete.<br /><br />Dans son allocution, Sœur Barron invite à ne pas se limiter à la commémoration du passé. « Cet anniversaire n’est pas seulement l’occasion de rendre grâce pour une histoire extraordinaire au service de la mission de l’Église, mais aussi une invitation à regarder vers l’avenir avec un espoir, un courage et un zèle missionnaire renouvelés. » La vocation spécifique de l’Union, rappelle-t-elle, consiste à susciter et à former l’esprit missionnaire des prêtres, des personnes consacrées et des fidèles laïcs, en favorisant l’unité des activités d’évangélisation. La devise « Toute l’Église pour le monde entier » conserve ainsi toute sa force : chaque baptisé est appelé à participer à la mission selon sa vocation et sa condition de vie. « Alors que je m’apprête à assumer la fonction de présidente des Œuvres Pontificales Missionnaires, je tiens à exprimer ma gratitude pour la contribution inestimable de l’Union Pontificale Missionnaire », affirme Sœur Barron, rappelant que Saint Paul VI l’avait définie comme « l’âme » des Œuvres. Avant de conclure : « La vitalité de l’engagement missionnaire de l’Église dépend dans une large mesure de la formation des cœurs et des esprits, afin qu’ils soient ouverts à la mission universelle du Christ et engagés à construire une culture du disciple missionnaire. »<br /><br />Sœur Monika Juszka et les « souffrances apostoliques » du bienheureux Paolo Manna<br /><br />Après la lecture du message, Sœur Monika Juszka, religieuse de la congrégation des Religieuses de Marie Immaculée , a retracé les origines des OPM à travers quatre « étapes clés » de l’expérience de Paolo Manna : sa personne et sa personnalité, la souffrance, la mission en Birmanie et la situation ecclésiale qu’il a rencontrée à son retour en Italie. Contraint par la maladie de quitter définitivement la Birmanie en 1907, Manna a traversé une période marquée par un sentiment d’échec et d’incompréhension. C’est précisément de cette expérience qu’est né un nouvel engagement : réveiller chez les prêtres la conscience de leur responsabilité missionnaire et, à travers eux, mobiliser les communautés chrétiennes. Comme l’a rappelé Sœur Juszka, en citant le fondateur, le projet de l’Union est né « du désir de résoudre radicalement le problème de la coopération des catholiques à l’apostolat de l’Église ».<br /><br />La religieuse a ensuite retracé les étapes qui ont conduit à l’approbation de l’Union missionnaire du clergé, annoncée le 31 octobre 1916, en précisant les rôles respectifs de Paolo Manna et de Guido Maria Conforti, Évêque de Parme et fondateur des Missionnaires savériens. L’initiateur et fondateur de l’Union fut Manna ; Conforti soutint le projet et le présenta au Pape et à la Congrégation de Propaganda Fide. C’est Conforti lui-même qui réaffirma cette distinction lorsque, dans la communication d’approbation, l’initiative lui fut attribuée plutôt qu’à Manna. Dans une lettre adressée à ce dernier le 4 novembre 1916, il précisait : « Je regrette seulement que, dans le vénéré rescrit, cette initiative me soit attribuée, alors que j’ai déclaré ouvertement n’être qu’un mandataire. Quoi qu’il en soit, il sera facile de dissiper ce malentendu. » Par le terme « mandataire », Conforti désignait donc son rôle de porte-parole et de défenseur du projet auprès du Saint-Siège, et non celui de fondateur. De plus, l’Union n’avait pas été créée pour ajouter une nouvelle œuvre missionnaire à celles qui existaient déjà, mais pour raviver l’esprit missionnaire du clergé, afin que les prêtres la fassent connaître et la soutiennent au sein de leurs propres communautés.<br /><br />De cette histoire, Sœur Juszka tire quelques défis pour le présent : une formation personnelle nourrie par la prière et la connaissance de l’enseignement missionnaire de l’Église ; l’implication des malades et des personnes âgées dans la coopération spirituelle ; la capacité à vivre la mission dans les circonstances concrètes de sa propre existence, tout en restant ouvert au monde entier. « Nous réalisons cette vocation en étant témoins du Christ là où nous sommes, dans ce que nous faisons, mais surtout à travers ce que nous sommes et la manière dont nous sommes », affirme la religieuse. Une tâche qui exige de « sensibiliser, animer, réveiller, rappeler, former sans cesse », afin que l’appel à l’évangélisation soit reconnu et vécu par tous.<br /><br />Père Vito Del Prete : retour sur les débuts du christianisme<br /><br />Le lien entre l’héritage de Manna et le cheminement des Églises locales a été au cœur de l’intervention du père Vito del Prete, de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères , ancien secrétaire international de l' UPM et directeur de l’Agence Fides. Le missionnaire a mis en garde contre le risque de réduire la coopération à la collecte de ressources financières, « comme si le progrès de l’Évangile pouvait se mesurer à l’importance plus ou moins grande du solde d’un compte bancaire ». Il a réaffirmé la nécessité de passer « de l’aide à la communion entre les Églises pour l’annonce de l’Évangile ». Les Églises particulières ne sont pas seulement les destinataires d’un soutien, a-t-il insisté, mais des acteurs responsables de la mission universelle, appelés à partager leurs dons, leurs personnes et leurs expériences.<br />À la lumière du Concile Vatican II, le père del Prete a rappelé la contribution de l’Union à la prise de conscience de cette réalité. « Il ne s’agit pas d’attribuer un nouveau rôle à l' UPM, mais d’en faire un point de référence pour l’activité missionnaire de l’Église et des Églises », a-t-il affirmé. La formation des pasteurs et des personnes consacrées revêt un rôle essentiel, afin que l’annonce de l’Évangile ne reste pas confinée à des initiatives isolées, mais oriente toute la vie ecclésiale. « Si les Églises locales, le clergé et les religieux ne se montrent pas à la hauteur de cette nouvelle prise de conscience de la nature de la mission moderne, l’Évangile ne fera pas grand-chose. Nous avons donc le devoir de redéfinir notre identité missionnaire face aux vastes domaines de la mission de notre temps et aux changements des modèles ecclésiologiques, au sein desquels s’inscrit le rôle de l’Union missionnaire. C’est à l’Union missionnaire qu’est confiée la tâche d’animer et de former les pasteurs et les religieux au leadership missionnaire, sans lequel, dans les circonstances actuelles, le laïcat lui-même ne réalise pas pleinement sa propre dimension missionnaire, et ainsi l’objectif du renouveau de l’Église n’est pas non plus atteint. En effet, la missio ad gentes est le paradigme de toute l’action de l’Église. »<br /><br />À l’heure actuelle, a conclu le père del Prete, « l'UPM, pour retrouver son identité et sa vitalité, a besoin de s’enraciner sur le territoire ». Il faut des parcours de formation continus, des outils adaptés et une collaboration plus étroite avec les autres forces missionnaires. « Cela demande de la patience, du temps et une action systématique », a-t-il observé, appelant également à « un nouvel élan, presque comme une nouvelle fondation ». L’objectif est de faire des prêtres, des consacrés et des séminaristes des missionnaires au sens le plus profond du terme, « en leur insufflant une passion authentique, et non pas académique ou littéraire, pour le Royaume de Dieu et l’humanité ». Avant de conclure : « Elle doit, en synergie avec les autres forces ecclésiales, assumer cette tâche de renouveau. Pour cela, elle a besoin d’un groupe, d’un noyau dur qui fasse revivre l’enthousiasme des débuts du christianisme. »<br /> <br />Fri, 30 Oct 2026 15:06:52 +0100La mémoire des martyrs de Thane : un colloque à Tolentinohttps://www.fides.org/fr/news/78362-La_memoire_des_martyrs_de_Thane_un_colloque_a_Tolentinohttps://www.fides.org/fr/news/78362-La_memoire_des_martyrs_de_Thane_un_colloque_a_TolentinoTolentino – Le souvenir d’un sacrifice qui continue de résonner aujourd’hui. Samedi 31 octobre, la ville de Tolentino, dans les Marches, s’apprête à vivre un moment de réflexion spirituelle et historique avec le colloque intitulé « Les martyrs de Thane : l’actualité de leur témoignage ». Organisé par le Comité pour les célébrations à la mémoire du bienheureux Thomas de Tolentino, sous le patronage de la mairie, cet événement se tiendra dans la matinée au Politeama « Franco Moschini » et a pour but de redécouvrir les racines d’un témoignage chrétien qui remonte au XIVe siècle et qui conserve intacte sa force évangélique.<br /><br />Le sacrifice de Thane et son écho en Occident<br /><br />Les racines de cette rencontre remontent à l’événement tragique et glorieux qui s’est déroulé en Inde. C’était le 9 avril 1321 que les frères mineurs Thomas de Tolentino, Démétrios de Tbilissi et Jacques de Padoue furent tués dans la ville de Thane, un centre stratégique de la région de Mumbai conquis à peine trois ans auparavant par les musulmans. Deux jours plus tard, le 11 avril, le même sort frappa leur compagnon Pierre de Sienne.<br /><br />La nouvelle de leur martyre se répandit rapidement, suscitant une vague d’émotion et d’étonnement non seulement parmi les frères mineurs et les dominicains de la région, mais aussi au-delà des frontières de l’Orient, jusqu’en Occident. L’écho de la persécution parvint même jusqu’à Avignon, alors siège de la Curie papale. Ce drame fut présenté en consistoire devant le Pape Jean XXII qui, selon le récit du frère chroniqueur Elemosina, accueillit ce récit en versant « des larmes d’émotion ».<br /><br />Mission et martyre des premiers franciscains en Asie<br /><br />L'événement organisé à Tolentino vise à replacer ce martyre dans le contexte plus large de la présence missionnaire franciscaine en Asie. Dès le XIIIe siècle, quelques années après la mort de saint François d'Assise, les frères mineurs avaient entrepris de courageux voyages vers les terres d'Orient.<br />Parmi les figures marquantes de cette épopée missionnaire et diplomatique, Giovanni da Pian del Carpine se distingue particulièrement : il fut envoyé en 1245 par le pape Innocent IV en tant que légat auprès des Mongols. Son voyage historique jusqu’à la cour du Grand Khan à Karakorum donna naissance à l’une des premières et des plus fiables descriptions de l’Empire mongol, inaugurant ainsi un pont informationnel et diplomatique fondamental entre l’Europe et l’Asie. C’est dans cette lignée d’audace apostolique que s’inscrit l’histoire de Thomas de Tolentino et de ses compagnons, dont le sacrifice, loin d’être une fin en soi, s’est transformé en « graine » féconde d’une présence franciscaine durable en Inde et dans de nombreux autres pays asiatiques.<br /><br />Un colloque de haut niveau et le message de Mumbai<br /><br />Afin d’approfondir le lien entre foi, histoire et actualité, le colloque de Tolentino accueillera des intervenants de très haut niveau académique et ecclésiastique. Après les allocutions institutionnelles, le frère Alessio Mecella prendra la parole. Il sera suivi par M. Paolo Aranha, historien et éminent spécialiste des missions catholiques en Asie au début de l’époque moderne, qui présentera le contexte géopolitique et religieux de l’époque.<br /><br />L’intervention de Mme Valentin Vartui Karakhanian, postulatrice des causes de béatification et de canonisation ainsi que chercheuse aux Archives historiques de « Propaganda Fide » et aux Archives historiques de la Secrétairerie d’État du Vatican, sera également remarquable. Les experts guideront les participants dans une réflexion centrée sur le témoignage de foi des martyrs, capable de générer une mémoire féconde et vivante pour l’Église d’aujourd’hui.<br />Le comité d’organisation a déjà reçu un message chaleureux de remerciement et d’encouragement de la part du cardinal Oswald Gracias, archevêque émérite de Bombay. « Merci de m’avoir envoyé des informations sur le programme visant à honorer les martyrs de Thane », a écrit le cardinal dans une note. « J’apprécie profondément votre engagement. Je parlerai à la communauté locale de l’histoire glorieuse de ceux qui ont donné leur vie pour la diffusion de la foi à Thane. »<br />Un témoignage qui scelle le jumelage idéal entre les Marches et l’Inde, sous le signe d’un sang versé par amour de l’Évangile qui continue d’unir les croyants au-delà du temps et de l’espace. <br />Fri, 30 Oct 2026 14:57:48 +0100ASIE/INDE - Dans le nord-est de l'Inde, la mission passe par l'école : un engagement pour offrir un avenir aux jeuneshttps://www.fides.org/fr/news/78361-ASIE_INDE_Dans_le_nord_est_de_l_Inde_la_mission_passe_par_l_ecole_un_engagement_pour_offrir_un_avenir_aux_jeuneshttps://www.fides.org/fr/news/78361-ASIE_INDE_Dans_le_nord_est_de_l_Inde_la_mission_passe_par_l_ecole_un_engagement_pour_offrir_un_avenir_aux_jeunespar Paolo Affatato<br /><br />Miao – Être missionnaire, c’est annoncer l’Évangile, aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas encore rencontré le Christ, soutenir les communautés chrétiennes des régions reculées dans leur cheminement. Mais cela signifie aussi accompagner les jeunes dans leur croissance, offrir des opportunités éducatives, favoriser la rencontre entre différentes cultures en témoignant de l’amour de Dieu. Dans l’État indien de l’Arunachal Pradesh, au nord-est de l’Inde, niché à la frontière avec la Chine et le Myanmar, le diocèse de Miao a vécu le Mois missionnaire d’octobre en mêlant animation pastorale, prière dans les familles, initiatives de solidarité et activités éducatives destinées aux nouvelles générations.<br />À l’occasion du centenaire de la Journée Mondiale des Missions, les célébrations ont mobilisé les paroisses et les centres missionnaires dans un parcours qui a uni la dimension locale de la mission à la solidarité avec l’Église universelle. « En tant que chrétiens, nous sommes des disciples missionnaires, qui suivons Jésus et aidons les autres à devenir des disciples. C’est là le besoin le plus urgent de l’Église dans notre contexte », a déclaré l’Évêque de Miao, le salésien George Pallipparambil.<br />À Miao, sur un territoire où vivent environ 100 000 catholiques sur 500 000 habitants, l’évangélisation se heurte à la diversité des communautés autochtones, des langues et des traditions, mais aussi aux difficultés sociales et à la nécessité d’offrir aux jeunes les moyens de construire leur avenir : « Prions pour ceux qui n’ont pas été évangélisés, pour ceux qui n’ont pas reçu une catéchèse suffisante, et essayons d’atteindre ceux qui n’ont pas encore entendu parler de Jésus », a déclaré l’Évêque.<br /><br />Le mois missionnaire d'octobre<br /><br />Comme le rapporte à l’Agence Fides le père Felix Anthony, Secrétaire du Bureau des communications sociales du diocèse de Miao, le Mois missionnaire d’octobre est devenu l’occasion de traduire ces paroles en gestes concrets. À l’église Sainte-Marie-Auxiliatrice de Borduria, les fidèles se sont réunis pour soutenir les missions en contribuant au Fonds universel de solidarité géré par les Œuvres Pontificales Missionnaires : « C’était beau de voir notre communauté ecclésiale se rassembler et chacun apporter sa petite contribution. Chaque don compte », a fait remarquer le curé, le père C. J. Mathew, soulignant l’importance de la participation de tous.<br />Dans l’église Sainte-Marie de Loaksim, le programme d’animation missionnaire a souhaité approfondir la responsabilité de la communauté dans l’annonce de l’Évangile. À Khonsa, dans la paroisse du Christ-Roi, les familles se sont réunies pour réciter le rosaire et prier pour les missionnaires engagés dans le service pastoral et l’évangélisation. La mission d’Ozako a vécu un moment de prière et de témoignage public, avec une procession dans les rues avant la célébration eucharistique. Les différentes communautés ecclésiales de base, dans diverses zones du diocèse, ont préparé des plats à partager lors d’une fête communautaire dans le but de collecter des offrandes pour les missions dans le monde. « Il est important de rappeler que les missionnaires ne sont pas seulement les prêtres et les religieuses. Chaque baptisé est un missionnaire », a souligné Soplum Toh, catéchiste itinérant du diocèse de Miamo, rappelant ainsi la portée d’un engagement qui concerne l’ensemble de la communauté chrétienne.<br /><br />L'œuvre éducative<br /><br />Outre la prière et la solidarité, l'éducation constitue l'un des domaines fondamentaux sur lesquels se construit l'avenir des communautés de l'Arunachal Pradesh. Il s'agit d'une mission cruciale dans une région montagneuse, caractérisée par une grande diversité ethnique et culturelle et par des zones rurales où l'accès aux services et aux possibilités de formation est difficile.<br />Selon les données disponibles, dans le district de Changlang, où se trouve Miao, le taux d'alphabétisation est d'environ 60 % chez les enfants et les adolescents. Les difficultés concernent la possibilité de fréquenter l’école et l’acquisition des compétences fondamentales ; on constate que 70 % des enfants et des adolescents du district de Changlang sont défavorisés et accusent un retard important par rapport aux compétences acquises, en moyenne, par leurs pairs scolarisés dans d’autres États de l’Inde.<br />À cela s’ajoutent une pénurie d’enseignants et des obstacles financiers susceptibles d’empêcher les jeunes de poursuivre leurs études. Les associations de la société civile soulignent les difficultés rencontrées par les élèves, contraints de quitter le district pour fréquenter un établissement d’enseignement supérieur, ce qui entraîne des coûts pouvant devenir insupportables pour les familles.<br />« Dans ce contexte, garantir une éducation de qualité signifie offrir aux jeunes la possibilité d’élargir leurs horizons, de développer leurs capacités et de participer activement à la vie sociale, afin de construire leur avenir », souligne le père Felix Anthony. « C’est un défi qui implique les institutions publiques et les communautés locales, et auquel l’Église cherche également à contribuer par sa présence éducative », explique-t-il.<br /><br />« Radiance 2026 », manifestation culturelle interscolaire organisée ces derniers jours à Namsai par la « Newman Educational Society », organisme éducatif du diocèse de Miao dédié au cardinal John Henry Newman, illustre bien cet engagement. Cette initiative a rassemblé 530 élèves et 70 accompagnateurs issus de 20 écoles, autour du thème « Célébrer nos racines, s’ouvrir à de nouveaux horizons », proposant des ateliers de chant, de danses traditionnelles, de peinture, de théâtre, d’art oratoire et des représentations culturelles au cours desquels les jeunes ont eu l’occasion de mettre en valeur leurs talents et de découvrir les traditions des communautés d’autres districts. Dans une région caractérisée par la présence de communautés autochtones ayant leurs propres langues et traditions, « la rencontre entre élèves devient également une occasion de surmonter les distances, d’apprendre à connaître l’autre et de développer le respect mutuel », souligne le secrétaire.<br />Dans son discours de clôture, Mgr Pallipparambil a rappelé que l’éducation « ne se résume pas aux résultats scolaires et aux examens, mais qu’elle favorise la sensibilité artistique, le respect de la diversité, la liberté d’expression et la créativité ». « Que ce que vous avez appris ces derniers jours vous aide à regarder au-delà des montagnes et à viser les étoiles », a-t-il déclaré aux jeunes.<br /><br />Le message lancé par l’Évêque résume l’un des défis les plus importants pour les nouvelles générations : pouvoir voir au-delà des limites imposées par l’isolement géographique du nord-est de l’Inde et par les difficultés économiques qu’elles rencontrent, sans perdre le lien avec leur histoire et avec la communauté à laquelle elles appartiennent, en suivant un chemin de croissance humaine, culturelle et spirituelle.<br />« À travers la Newman Educational Society, le diocèse de Miao promeut une formation qui va au-delà de l’apprentissage scolaire et vise à développer chez les jeunes la confiance en soi, le sens des responsabilités, la créativité et la capacité à collaborer avec des personnes issues de contextes différents. L’éducation est un espace de promotion de la dignité humaine et des valeurs de l’Évangile, où l’on valorise les identités culturelles et où l’on accompagne vers l’ouverture au prochain et au monde », affirme le père Félix.<br /><br />« Les initiatives de l'Octobre missionnaire et l'expérience de « Radiance 2026 » – note – illustrent deux dimensions complémentaires de la présence de l'Église de Miao : l'annonce de l'Évangile et la formation intégrale de la personne ».<br />« L'école prépare les nouvelles générations à relever les défis de la société, dans une région où les difficultés d'apprentissage, la disponibilité du personnel scolaire et le coût des études peuvent limiter les opportunités des jeunes, contribuant ainsi à créer de meilleures conditions pour leur avenir. » « Dans cette perspective, la mission se concrétise par la proximité quotidienne avec les personnes, par l’accompagnement et la visite des familles, par la formation chrétienne et par la promotion de la dignité de chaque enfant et de chaque jeune de notre territoire », conclut le père Anthony.<br />Fort de cette prise de conscience et animé par cet esprit, l’Évêque a tenu à rappeler, au cours du mois où a été célébré le centenaire de la Journée Mondiale des Missions, le message fondamental pour tout croyant : « La mission n’est pas une tâche déléguée à quelques-uns, mais une responsabilité partagée. Chaque baptisé est appelé à contribuer à l’annonce du Christ par la prière, le témoignage et le service ».<br /><br />Les graines de la foi<br /><br />Le nord-est de l'Inde est une macrorégion caractérisée par une diversité ethnique, linguistique et culturelle complexe, habitée par plus de 200 groupes tribaux qui la distinguent nettement du reste du pays par ses traditions, ses coutumes et ses systèmes sociaux. La région souffre d'un retard chronique en matière de développement des infrastructures, avec une économie encore fortement liée à l'agriculture de subsistance. Son isolement géographique marqué a historiquement alimenté des sentiments d’aliénation politique et des tensions sociales, se traduisant par des conflits interethniques prolongés et des mouvements insurrectionnels qui ont ralenti sa pleine intégration au sein de la nation indienne. Le conflit ethnique qui sévit actuellement dans l’État du Manipur en est un témoignage récent. La région du nord-est de l’Inde comprend les États indiens de l’Arunachal Pradesh, de l’Assam, du Manipur, du Meghalaya, du Mizoram, du Nagaland, du Tripura et du Sikkim .<br /><br />Le premier contact avec le christianisme dans l’Arunachal Pradesh, où se trouve le diocèse de Miao, eut lieu en 1854 avec la présence de quelques missionnaires français en route vers le Tibet. Une étape fondamentale eut lieu en 1922 avec l’arrivée des Salésiens dans l’État voisin de l’Assam, au nord-est de l’Inde : leurs institutions religieuses et éducatives ont progressivement ouvert la région à la foi catholique. Le travail de l’Archevêque salésien Thomas Menamparampil a été déterminant : alors qu’il était recteur du Don Bosco de Shillong, il a noué des contacts avec de nombreux anciens des tribus locales qui, au cours des cent dernières années, ont embrassé le christianisme.<br />Avec la fondation de la première mission catholique, composée d’une école, d’un foyer pour étudiants et d’une église à Borduria en juin 1992, le premier prêtre résident fit son apparition en Arunachal Pradesh.<br />Les Salésiens ont poursuivi leur mission en Arunachal Pradesh, secondés par différentes congrégations religieuses telles que les Missionnaires de la Charité . Les stations missionnaires situées dans des zones reculées, habitées par des communautés autochtones non évangélisées, ont continué à se développer après que le pape Benoît XVI eut érigé le diocèse de Miao, en 2005, et l’eut confié en 2006 à Mgr George Pallipparambil SDB, qui préside également la Commission régionale pour l’évangélisation du Nord-Est.<br /><br /><br />Fri, 30 Oct 2026 14:52:40 +0100La spiritualité missionnaire de l'Évêquehttps://www.fides.org/fr/news/78364-La_spiritualite_missionnaire_de_l_Evequehttps://www.fides.org/fr/news/78364-La_spiritualite_missionnaire_de_l_Evequede l'Archevêque Samuele Sangalli*<br /><br />Rome - L'Agence Fides publie l'intervention prononcée par l'Archevêque Samuele Sangalli vendredi 30 octobre à l'Auditorium « Saint Jean-Paul II » de l'Université Pontificale Urbanienne, lors des travaux du colloque international organisé à l'occasion du 110e anniversaire de la fondation de l'Union Pontificale Missionnaire . Titre du colloque : « La mission universelle de l’Église et le service de l’Union missionnaire, de sa fondation au Pontificat de Léon XIV »<br /><br /> §§§<br /><br />Le Concile Vatican II nous a rappelé la nature missionnaire de l’Église qui est, par l’action du Saint-Esprit, « sacrement universel de salut », comme l’exprime clairement le numéro 5 du décret Ad gentes :<br />« La mission de l’Église s’accomplit donc par l’opération au moyen de laquelle, obéissant à l’ordre du Christ et mue par la grâce de l’Esprit Saint et la charité, elle devient effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, pour les amener par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce, à la foi, à la liberté, à la paix du Christ, de telle sorte qu’elle leur soit ouverte comme la voie libre et sûre pour participer pleinement au mystère du Christ».<br /><br />Cette participation au mystère du Christ est radicalement un mystère de joie, cette joie profonde qui a toujours animé et soutenu les pas des missionnaires et que, dans la bulle de ma nomination épiscopale, le Pape François, citant le bienheureux Giovanni Mazzucconi, missionnaire originaire de ma région et martyrisé au milieu du XIXe siècle en Océanie, décrivait ainsi :<br />« En marchant, nous marchons avec joie à la rencontre du Seigneur, en devenant des annonciateurs intrépides de l’Évangile par la parole et par les œuvres, à la recherche de cette patrie où il n’y aura plus ni séparations ni départs, où les douleurs et les dangers passés ne serviront qu’à accroître la consolation et la gloire, dans l’abandon confiant à Dieu qui nous a sauvés alors et qui sera avec nous à chaque voyage ; et tant qu’il sera avec nous, tout ce qui pourra nous arriver sera toujours une grâce, une bénédiction pour laquelle nous n’aurons qu’à le remercier » .<br /><br />Cette foi en une destinée de communion et de joie anime toute l’Église dans sa mission, comme nous l’a répété le Pape François dans Evangelii gaudium :<br />« La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus. Mais, quel est cet amour qui ne ressent pas la nécessité de parler de l’être aimé, de le montrer, de le faire connaître ? Si nous ne ressentons pas l’intense désir de le communiquer, il est nécessaire de prendre le temps de lui demander dans la prière qu’il vienne nous séduire. Nous avons besoin d’implorer chaque jour, de demander sa grâce pour qu’il ouvre notre cœur froid et qu’il secoue notre vie tiède et superficielle. Placés devant lui, le cœur ouvert, nous laissant contempler par lui, nous reconnaissons ce regard d’amour que découvrit Nathanaël, le jour où Jésus se fit présent et lui dit : « Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu » . Qu’il est doux d’être devant un crucifix, ou à genouxdevant le Saint-Sacrement, et être simplement sous son regard ! Quel bien cela nous fait qu’il vienne toucher notre existence et nous pousse à communiquer sa vie nouvelle ! Par conséquent, ce qui arrive, en définitive, c’est que « ce que nousavons vu et entendu, nous l’annonçons » . La meilleure motivation pour se déciderà communiquer l’Évangile est de le contempler avec amour, de s’attarder en ses pages et de le lire avec le cœur. Si nous l’abordons de cette manière,sa beauté nous surprend, et nous séduit chaque fois. Donc, il est urgent de retrouver un esprit contemplatif, qui nous permette de redécouvrir chaque jour que nous sommes les dépositaires d’un bien qui humanise, qui aide à mener une vie nouvelle. Il n’y a rien de mieux à transmettre aux autres. » .<br /><br />Si donc toute vocation chrétienne est, par nature, une vocation ouverte à la mission, il existe un nœud théorique entre cette vocation universelle à la mission et la « vocation » particulière du missionnaire à vie. Paradoxalement, l’Évêque en est l’exemple le plus éloquent, en vertu de la succession apostolique dans laquelle il s’inscrit : le récent cheminement ecclésial de valorisation de la synodalité nous a, une fois encore, rappelé cette articulation du peuple en marche et l’importance que, au sein de celui-ci, les pasteurs jouent pour stimuler, sur le plan missionnaire, la maturation baptismale et eucharistique de chaque croyant.<br />En effet, si chaque baptisé est titulaire des tria munera du Christ, l’Évêque l’est d’une manière singulière et c’est à lui qu’il revient, en premier lieu, de manifester à toute l’humanité ce qu’est le Christ et comment il l’est au service de l’humanité elle-même. Nous pourrions ainsi dire que, parmi les tria munera habituels qui constituent l’horizon de la vie chrétienne, la forma ad gentes, c’est-à-dire la dimension missionnaire, met surtout en valeur le munus profeticum. Celui-ci incite chacun à atteindre cette profondeur spirituelle évoquée dans le texte du Pape François que nous avons mentionné.<br />À ce propos, s’inspirant de Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, le père François-Marie Léthel, carmélite déchaussé, soulignait, lors d’une retraite spirituelle proposée il y a quelques années aux nouveaux Évêques, la nécessité de cultiver cinq attitudes intérieures au cours de son cheminement spirituel.<br />Tout d’abord, se laisser fasciner, à travers la lecture quotidienne des pages immortelles des Évangiles, par l’attrait universel de l’Amour de Jésus. Cela, comme l’indique la Petite Voie de la sainte de Lisieux, suscite cette confiance inconditionnelle en l’amour qui est le chemin du salut et de la sainteté. C’est dans ces conditions que mûrit cette offrande à l’Amour Miséricordieux, vécue et partagée par la sainte, qui signifie aimer et se donner tout entier, cherchant ainsi à habiter au cœur de l’Église, en favorisant, par l’amour, sa sainteté et sa véritable réforme. Tout cela, enraciné dans le sacrement de l’amour de Dieu, l’Eucharistie, où « Dieu s’est fait si petit pour moi, au point que je puisse me jeter dans ses bras et m’élever vers Lui avec confiance et amour » .<br />Dans Gaudete et exsultate, le Pape François nous exhortait, en ces termes, à ne pas avoir peur de franchir ces étapes, en nous laissant guider par le Seigneur :<br />« Reconnaissons notre fragilité mais laissons Jésus la saisir de ses mains et nous envoyer en mission. Nous sommes fragiles mais porteurs d’un trésor qui nous grandit et qui peut rendre meilleurs et plus heureux ceux qui le reçoivent. L’audace et le courage apostoliques sont des caractéristiques de la mission. Nous avons besoin de l’impulsion de l’Esprit pour ne pas être paralysés par la peur et par le calcul, pour ne pas nous habituer à ne marcher que dans des périmètres sûrs. Dieu est toujours une nouveauté, qui nous pousse à partir sans relâche et à nous déplacer pour aller au-delà de ce qui est connu, vers les périphéries et les frontières. Il nous conduit là où l’humanité est la plus blessée et là où les êtres humains, sous l’apparence de la superficialité et du conformisme, continuent à chercher la réponse à la question du sens de la vie. Dieu n’a pas peur ! » .<br /><br />Aux Évêques, dont la vie est marquée par des contacts et des relations avec les personnes les plus diverses , le Pape François lui-même, dans le discours qu’il a prononcé en 2015 devant les nouveaux Évêques, les invitait à cultiver la dimension missionnaire de Celui qui enseigne à regarder toujours plus loin :<br />« En tant que pasteurs missionnaires du salut gratuit de Dieu, cherchez aussi ceux qui ne connaissent pas Jésus ou qui l’ont toujours rejeté. Allez à leur rencontre, arrêtez-vous devant eux et regardez, sans crainte ni appréhension, sur quels arbres ils se sont hissés . N’ayez pas peur de les inviter à descendre tout de suite, car le Seigneur veut entrer, aujourd’hui même, dans leur maison. Faites-leur comprendre que le salut passe encore sous l’arbre de leur vie, et hâtez-vous de vous diriger vers leur demeure, parfois remplie de choses vidées de tout sens. Il n’est pas vrai que nous puissions faire abstraction de ces frères éloignés. Il ne nous est pas permis de faire abstraction de l’inquiétude quant à leur sort. De plus, prendre soin de leur bien authentique et définitif pourrait ouvrir une brèche dans l’enceinte fortifiée avec laquelle ils protègent jalousement leur autarcie. En voyant en nous le Seigneur qui les interpelle, peut-être auront-ils le courage de répondre à l’invitation divine. Si cela devait arriver, nos communautés seraient enrichies par ce qu’ils ont à partager et notre cœur de pasteurs se réjouirait de pouvoir répéter encore : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison ! » .<br /><br />Dans cette optique, nous pouvons donc également comprendre l’insistance avec laquelle, dès les débuts de son pontificat, le Pape Léon XIV encourage l’action missionnaire de l’Église à proclamer une paix désarmante et désarmée, fruit de cette attitude de bienveillance, issue avant tout du processus constant de conversion de nos cœurs.<br />C’est pourquoi, pour conclure cette intervention en tant qu’évêque, je ressens comme particulièrement vraies les paroles par lesquelles le cardinal Martini, à la fin de son petit ouvrage décrivant le profil qu’un évêque devrait avoir aujourd’hui, affirmait, après lui avoir recommandé les vertus d’intégrité, de loyauté et, ensuite, de miséricorde :<br />« Le troisième trait caractéristique de l’évêque à l’ère postmoderne sera la patience, vertu très ancienne et pourtant toujours nécessaire. Le cardinal Giuseppe Siri, de Gênes, avait coutume de dire : “Les vertus de l’Évêque sont au nombre de cinq : premièrement, la patience ; deuxièmement, la patience ; troisièmement, la patience ; quatrièmement, la patience ; cinquièmement, la patience envers ceux qui nous invitent à faire preuve de patience” » .<br /><br />En effet, la mission de l’Église ne suit pas le rythme des hommes, mais celui de Dieu, de qui nous devons apprendre chaque jour à porter un regard d’amour infini sur l’humanité, en écoutant le cri de Jésus sur la croix : « J’ai soif ! », qui traverse les siècles pour atteindre chaque personne qui vit sur la Terre. .<br /><br />* Secrétaire adjoint du Dicastère pour l'Évangélisation - Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières<br />Fri, 30 Oct 2026 14:18:38 +0100LE PAPE EN AMÉRIQUE LATINE/I - Le Cardinal Barreto : la continuité entre le Pape François et Léon XIV est « un don du Saint-Esprit »https://www.fides.org/fr/news/78360-LE_PAPE_EN_AMERIQUE_LATINE_I_Le_Cardinal_Barreto_la_continuite_entre_le_Pape_Francois_et_Leon_XIV_est_un_don_du_Saint_Esprithttps://www.fides.org/fr/news/78360-LE_PAPE_EN_AMERIQUE_LATINE_I_Le_Cardinal_Barreto_la_continuite_entre_le_Pape_Francois_et_Leon_XIV_est_un_don_du_Saint_Espritpar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Huancayo - Archevêque émérite de Huancayo et impliqué dès le début dans le cheminement synodal amazonien, le Cardinal jésuite Pedro Barreto Jimeno a suivi de près, aux côtés du Pape François, la naissance du Réseau ecclésial panamazonien et de la Conférence ecclésiale de l’Amazonie .<br />À moins de deux semaines de la visite de Léon XIV au Pérou, le Cardinal péruvien décrit un pays marqué par la violence et la méfiance envers les institutions politiques. Il évoque également ce que l’Église et la société péruviennes peuvent attendre de la visite de l’Évêque de Rome.<br /><br />Vous attendez la visite du Pape. Avez-vous dans votre cœur des espoirs et des attentes particulières pour l’Église et pour le pays ?<br /><br />PEDRO BARRETO JEMENO: La Visite Apostolique de Léon XIV a suscité un immense enthousiasme au sein de la population péruvienne, car il s’agit d’une personnalité connue et appréciée. Il a passé ses premières années en tant que prêtre augustinien dans le nord du Pérou, dans le diocèse de Chulucanas et dans l’Archidiocèse de Trujillo. Après douze ans passés comme Prieur Général des Augustins, le Pape François l’a nommé Évêque de Chiclayo, de 2015 à 2022, puis Préfet du Dicastère pour les Évêques, fonction qu’il a exercée jusqu’à son élection papale.<br />Le Pérou, dans le contexte de l’Amérique latine et de l’Amazonie, s’inscrit dans la lignée du Concile Vatican II, et nous nous reconnaissons, avec Léon XIV, dans la voie d’une Église synodale qui écoute, discerne et annonce aujourd’hui l’Évangile de Jésus-Christ. Pour toutes ces raisons, sa présence au Pérou, en tant que pasteur de l’Église catholique, revêt une signification toute particulière : il revient chez lui. Il revient dans le pays qui l’a accueilli et qui ne fait plus qu’un avec lui. Nous avons été émus lorsque, le jour de son élection, depuis la loge de la basilique Saint-Pierre, il s’est adressé en espagnol à son « bien-aimé diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, a partagé sa foi et a tant donné pour continuer à être une Église fidèle à Jésus-Christ ». C’est pourquoi je réaffirme que sa visite au Pérou sera « une avalanche d’amour, d’espérance et de renouveau ».<br /><br />Selon vous, en quoi votre expérience pastorale passée peut-elle influencer votre manière d'aller à la rencontre du peuple péruvien au cours de ce voyage ?<br /><br />BARRETO JEMENO: Le Pape Léon entretient un lien profond avec le Pérou, ses peuples et ses communautés. Il connaît la côte, les Andes et l'Amazonie. Il va toutefois découvrir un pays de plus en plus « fatigué et épuisé », où les gens marchent « comme des brebis sans berger », comme il est écrit dans l'Évangile selon Matthieu.<br /><br />D'où vient toute cette fatigue ?<br /><br />BARRETO JEMENO: De nombreux Péruviens et Péruviennes vivent dans l'insécurité, se sentent impuissants et abandonnés face à des institutions qui ne parviennent pas à répondre efficacement à la violence, à l'insécurité, à la montée du crime organisé et à l'impunité. Le nombre de cas d'extorsion au Pérou est passé de 1 640 en 2021 à 14 206 en 2025. Et rien qu'entre janvier et juillet 2026, le parquet a enregistré 13 892 plaintes. L’aggravation des conflits, la polarisation sociale, politique et religieuse, la montée de la violence, du crime organisé, de la corruption et des inégalités, la situation des jeunes et les défis auxquels nous sommes confrontés au sein même de notre Église affaiblissent notre vie en société démocratique et la confiance dans les institutions. Nous sommes un pays sans espoir, sans perspectives capables de nous mobiliser.<br /><br />Que pourra dire le Pape face à un scénario aussi sombre ?<br /><br />BARRETO JEMENO: La présence et le message de Léon XIV encourageront le peuple péruvien et les institutions à créer un espace de dialogue « désarmé et désarmant », qui respecte la dignité de chaque personne humaine et recherche le bien commun. En ce sens, nous recevrons un message exigeant, capable de rendre possibles la communion, la participation et l'action en faveur de la justice et de la paix, en accordant la priorité aux plus pauvres et aux exclus de la société.<br /><br />Vous avez collaboré avec le Pape François dans le cadre du cheminement synodal sur l'Amazonie. Selon vous, qu'est-ce qui est essentiel aujourd'hui pour poursuivre ce cheminement ?<br /> <br />BARRETO JEMENO: Les deux instances ecclésiales, la REPAM et la CEAMA, sont l’expression authentique de l’option pour les pauvres que l’Église assume par fidélité à l’Évangile. Jésus lui-même indique comme signe de la présence du Royaume de Dieu parmi nous le fait que « l’Évangile est annoncé aux pauvres ». La présence de missionnaires de l’Église catholique en Amazonie remonte au XVIe siècle, elle a débuté en 1540 et se poursuit jusqu’à nos jours. L’Église assume la responsabilité d’accompagner les peuples autochtones dans l’annonce de l’Évangile et de promouvoir leur développement humain intégral. Afin d’assurer une plus grande efficacité apostolique, François a institué dès le 13 septembre 2014 la REPAM, dont la mission est d’accompagner les peuples amazoniens à partir de leurs cultures et de leurs territoires, grâce à un réseau coordonnant les actions pastorales dans la région. La CEAMA, créée le 29 juin 2020, est un organisme ecclésial qui vise à définir les priorités parmi les objectifs et les stratégies pastorales des nouveaux chemins d’évangélisation de l’Église en Amazonie.<br /><br />D'où venait la préoccupation du Pape François pour l'Amazonie ?<br /><br />BARRETO JEMENO: Tout d’abord, François choisit un lieu : l’Amazonie, où vivent des peuples autochtones caractérisés par une grande diversité de cultures et de langues, qui ont historiquement subi persécutions et mort. De plus, le bassin du fleuve Amazone , en tant qu’écosystème vivant, est « l’un des poumons de la planète que nous devons préserver », comme l’indique l’encyclique « Laudato Si’ ». Ensuite, le pape François entame un processus d’écoute, de discernement et d’action pastorale coordonnée, fruit de la spiritualité synodale. C’est ainsi que s’engage le chemin du renouveau de l’Église. À cette fin, il a convoqué un Synode spécial pour l’Amazonie à Rome, en octobre 2019, qui s’est conclu par le Document final. Le Pape Bergoglio nous a également offert l’Exhortation apostolique « Querida Amazonia », du 12 février 2020. Grâce à cette expérience synodale, l’Église en Amazonie apporte sa contribution au processus synodal de l’Église universelle. Tel est le principal héritage du Pape François, que Léon XIV poursuit et approfondit.<br /><br />Quelle impression vous a-t-elle été laissée par la manière dont Léon XIV aborde le processus de renouveau de l'Église en Amazonie ?<br /><br />BARRETO JEMENO: Cette question m’amène à souligner un don du Saint-Esprit à l’Église : la nouveauté et la continuité dans la succession de deux Évêques de Rome. J’ai eu l’occasion de les connaître personnellement tous les deux. Ce sont deux papes différents par leur personnalité et leur caractère, mais fermes et résolus sur l’essentiel : la suite du Christ, le renouveau de la vie et de la mission de l’Église. Ils se connaissaient et ont travaillé en étroite collaboration au cours des deux dernières années qui ont précédé le décès du Pape François et l’élection du Pape Léon XIV. François est né en Argentine ; Léon XIV est né aux États-Unis d’Amérique et a été naturalisé péruvien. L’un est latino-américain, l’autre panaméricain. Tous deux sont déterminés à annoncer à l’humanité la bonne nouvelle de Jésus crucifié et ressuscité. Ils ne sont pas en concurrence. Ils se complètent. L’un sème la Parole de Dieu, l’autre continue de la semer, et Dieu la fait porter ses fruits dans l’Église. C’est là l’expression la plus authentique de l’unité dans la diversité. Rappelons que la Constitution dogmatique du Concile Vatican II Lumen Gentium sur l’Église, au paragraphe 8, enseigne qu’elle est à la fois charisme et institution, tout comme «le Christ est vrai Dieu et vrai homme». Il n’y a pas deux Églises. Il n’y en a qu’une seule : spirituelle, animée par le Saint-Esprit, et en même temps visible, institutionnelle, avec le Pape, les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, les laïcs qui, en vertu du baptême, forment le Peuple de Dieu.<br /><br />Le programme du voyage prévoit une rencontre du Pape avec des missionnaires et des représentants des peuples amazoniens à Pucallpa. Que pourra-t-il dire concernant la place des peuples autochtones dans la mission de l'Église ?<br /> <br />BARRETO JEMENO: Le Pape Léon a souhaité fouler à nouveau le sol amazonien, cette fois-ci dans la ville de Pucallpa, le dimanche 15 novembre prochain. C'est un geste éloquent, signe de la volonté de poursuivre ce que le Pape François avait entrepris. L’Église en Amazonie y voit la continuité de son engagement à accompagner les peuples autochtones dans la défense de la vie et la préservation du territoire, menacé par la déforestation et l’exploitation minière illégale, en constante augmentation. Elle sera à l’écoute des angoisses et des espoirs des peuples autochtones, en particulier de leur douleur face à la violence qui touche les petites filles, les enfants, les adolescents et les jeunes. Je pense à ce qui s’est passé à Condorcanqui, dans le nord-est du Pérou, où des fillettes autochtones awajún et wampis ont subi des violences sexuelles de la part de leurs enseignants, précisément ceux qui avaient la responsabilité de les éduquer et de les protéger.<br /><br />Quels souvenirs gardez-vous de la visite du pape François en Amazonie péruvienne ?<br /><br />BARRETO JEMENO: Le Pape François qui, lors de sa visite à Puerto Maldonado en janvier 2018, a déclaré que l'Amazonie est une terre sainte devant laquelle nous devons nous déchausser, comme Moïse. C'est là que le Pape François a qualifié les peuples autochtones de gardiens héroïques du biome amazonien. Le Pape Léon XIV réaffirmera l'engagement de l'Église à continuer d'accompagner les peuples autochtones dans la défense de la vie et de leur dignité en tant que personnes, ainsi que dans la protection de l'Amazonie.<br /><br />Le Pape Léon XIV a accompli une partie importante de sa mission au Pérou en tant que religieux augustinien. Selon vous, quelle empreinte cette expérience, combinée à ses origines dans l'Illinois, a-t-elle laissée sur sa vision et l'exercice de son ministère pétrinien ?<br /><br />BARRETO JEMENO: La visite apostolique du Pape Léon au Pérou viendra réaffirmer son expérience missionnaire, vécue au Pérou pendant vingt ans. Il y a laissé une empreinte indélébile par sa proximité et par la force d’âme avec laquelle il a contribué à édifier une Église qui écoute, discerne et agit. Nous espérons que sa présence parmi nous donnera un nouvel élan à l’évangélisation de nos peuples : une évangélisation qui englobe une pastorale sociale proche de ceux qui souffrent, qui écoute les voix des peuples de la côte, des Andes et de l’Amazonie, et qui favorise la solidarité et l’organisation communautaire pour le bien commun. Sa visite nous aidera à briser les silences, à vaincre l’indifférence et à revenir à l’essentiel, car « c’est dans la rencontre avec Jésus-Christ que naît et renaît la joie », comme on peut le lire dans le premier paragraphe de Evangelii gaudium. Telle est notre foi, qui renforce l’espérance et nous pousse à vivre la charité entre frères et sœurs. Elle rappellera à ceux qui assument des responsabilités politiques, économiques et sociales que toute autorité trouve son sens dans le service du bien commun. Elle nous encouragera à ne pas nous résigner face à la pauvreté, aux inégalités, à la corruption, à la violence et à l’exclusion. Ainsi, nous construirons ensemble une paix « désarmée et désarmante ». Fri, 30 Oct 2026 13:58:44 +0100AFRIQUE/ALGÉRIE - Alger assure la sécurité de ses investissements au Nigerhttps://www.fides.org/fr/news/78358-AFRIQUE_ALGERIE_Alger_assure_la_securite_de_ses_investissements_au_Nigerhttps://www.fides.org/fr/news/78358-AFRIQUE_ALGERIE_Alger_assure_la_securite_de_ses_investissements_au_NigerAlger – Sécuriser ses frontières méridionales, défendre les investissements pétroliers algériens dans le pays et, surtout, protéger le futur gazoduc destiné à acheminer vers l’Algérie le gaz extrait au Nigeria, en passant par le Niger. Tels sont les objectifs de la mission militaire algérienne au Niger. L’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire au Niger a été approuvé par les deux chambres du Parlement algérien le 25 octobre.<br /><br />Cette approbation parlementaire avait été précédée, le 21 octobre, par la signature d’un protocole de coopération militaire entre les deux pays, dont les détails n’ont pas été rendus publics.<br /><br />Ce nouveau contingent militaire, dont l’effectif n’a pas été révélé, vient s’ajouter au petit groupe d’avions de chasse déployés par l’armée de l’air algérienne à Niamey fin août, immédiatement après la tentative manquée de putsch militaire du 29 août .<br /><br />Le projet de gazoduc transsaharien, d’une valeur de 13 milliards de dollars, qui devrait relier le Nigeria, le Niger et l’Algérie, est encore en cours de réalisation. Plus de 2 400 kilomètres de conduites ont déjà été achevés entre le Nigeria et l’Algérie, tandis que le tronçon restant, long de 1 600 kilomètres, devrait traverser le Niger. L’instabilité du pays met en péril l’ensemble du projet. L’implication militaire algérienne représente donc un choix stratégique et pragmatique.<br /><br />L’Algérie, qui exporte déjà son gaz vers l’Europe via deux gazoducs, dont l’un dessert l’Italie et l’autre l’Espagne, vise à devenir une plaque tournante centrale pour l’approvisionnement en gaz des pays européens. D’où la décision de modifier radicalement la politique traditionnelle de non-intervention militaire à l’étranger, dont la dernière exception remonte à la guerre israélo-arabe de 1973, lorsque, à la demande de l’Égypte, Alger avait en effet envoyé une unité blindée et trois escadrons aériens chargés de contribuer à la défense du Caire. Le choix actuel de s’engager militairement au Niger répond donc également à la nécessité de garantir la réalisation du gazoduc.<br /><br />Par ailleurs, la compagnie pétrolière algérienne Sonatrach est présente au Niger dans le cadre des activités de développement du gisement pétrolier de Kafra, situé au nord du pays, à environ 85 kilomètres de la frontière avec l’Algérie.<br /><br />Le gouvernement algérien a également modifié son attitude à l’égard de la junte militaire nigérienne, arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum . Dans un premier temps, Alger avait condamné le coup d’État, en se référant à la Charte de l’Union africaine et au principe de non-reconnaissance des gouvernements mis en place à la suite de coups d’État. Cependant, la nécessité de stabiliser ses frontières méridionales et de protéger ses intérêts économiques importants dans le pays a conduit le gouvernement algérien à revoir sa politique. <br />Fri, 30 Oct 2026 14:28:26 +0100VATICAN - « Église de Rome, Église missionnaire » : le Cardinal Reina inaugure l'année universitaire de l'Urbanianahttps://www.fides.org/fr/news/78359-VATICAN_Eglise_de_Rome_Eglise_missionnaire_le_Cardinal_Reina_inaugure_l_annee_universitaire_de_l_Urbanianahttps://www.fides.org/fr/news/78359-VATICAN_Eglise_de_Rome_Eglise_missionnaire_le_Cardinal_Reina_inaugure_l_annee_universitaire_de_l_UrbanianaRome - « L’Évangile parvient à Rome pour que, depuis Rome, il puisse continuer à se répandre ». Le Cardinal Baldassare Reina, Vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome, a réaffirmé la vocation missionnaire de l’Église de Rome dans le discours d’ouverture qui, jeudi 29 octobre, a marqué le début de l’année universitaire 2026-2027 dans l’Aula Magna de l’Université Pontificale Urbanienne.<br />Dans son discours d’ouverture, intitulé « Église de Rome, Église missionnaire », le Cardinal Reina a proposé un parcours allant du Nouveau Testament jusqu’au Pape Léon XIV. Déjà dans les Actes des Apôtres, a-t-il expliqué, Rome est le point d’arrivée narratif du cheminement de la Parole, qui repart de là : le livre se termine avec Paul qui, dans la capitale de l’empire, annonce le Royaume « en toute franchise et sans entrave » . Le visage missionnaire de Rome remonte en effet à ses origines : dès l’an 200 environ, comme le rappelait Benoît XVI lors de l’audience générale du 4 février 2009, un prêtre romain, Gaius, pouvait inviter à voir « les trophées de ceux qui ont fondé cette Église », les tombes de Pierre au Vatican et de Paul sur la via Ostiense, où se dressent encore aujourd’hui les deux basiliques. Se référant au décret conciliaire Ad Gentes, le Vicaire a rappelé que chaque Église particulière est également envoyée auprès des non-croyants qui vivent sur son territoire. Appliqué à Rome, cela empêche de réduire la mission à la multiplication des présences religieuses, car l’Évangile doit rencontrer la vie réelle de la ville.<br />En retraçant le magistère des Pontifes adressé à leur diocèse, le cardinal a ensuite souligné certaines étapes. Jean-Paul II a convoqué le Synode pastoral diocésain et, en 1992, il a décrit Rome comme un « foyer de rayonnement missionnaire ». Benoît XVI, en 2005, a souhaité donner une forme permanente à la mission urbaine en conférant une dimension missionnaire aux paroisses et aux autres réalités ecclésiales, et en 2009, il a demandé de reconnaître les laïcs comme « véritablement coresponsables de l’être et de l’agir de l’Église ». En 2019, le Pape François a invité le diocèse à prêter l’oreille aux déséquilibres de la ville, aux pauvres et aux personnes en situation de fragilité, mettant en garde contre une Église sourde au cri du peuple. Une large place a été accordée à la Constitution apostolique *In Ecclesiarum communione*, par laquelle le pape François a réorganisé le Vicariat de Rome en 2023. En juin 2026, Léon XIV, par le Motu proprio Confirma fratres tuos, en a renouvelé les normes relatives au gouvernement du Vicariat, en conservant le préambule qui confie à l’Église de Rome une « mission d’exemplarité ». Le Cardinal a précisé que cette exemplarité exclut tout triomphalisme et doit être comprise comme un devoir de témoignage. Le document rend hommage aux missionnaires partis au fil des siècles de l’Église de Pierre et Paul, invite l’ensemble du diocèse à s’ouvrir à la missio ad gentes et désigne comme engagement urgent l’annonce de l’Évangile et le témoignage de la charité envers chaque habitant et dans chaque milieu. Lors de l’Assemblée diocésaine de septembre 2025, le Pape Léon a demandé à Rome de devenir un laboratoire de synodalité.<br />Parmi les sept traits caractéristiques de l’exemplarité missionnaire de Rome avec lesquels il a conclu, le Cardinal a souligné l’enracinement dans la ville réelle, faite de personnes, de familles, de cultures et de pauvreté, ainsi que la dimension universelle : « la mission dans la ville ne remplace pas la missio ad gentes ». Il a ensuite exprimé le souhait que l’Urbaniana apporte sa contribution par le biais de la recherche, afin que Rome soit également le moteur à partir duquel l’engagement missionnaire se déploie « pour atteindre les confins du monde », avec la même ferveur que l’Apôtre : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! ». Reprenant la parole, Mgr Sangalli a invité l’Université à développer les perspectives proposées par le cardinal, depuis la communion redécouverte avec Paul VI jusqu’à la synodalité promue par François et Léon.<br /><br />Mgr Sangalli : À l’Urbaniana, la catholicité de l’Église devient une expérience<br /><br />C’est Mgr Samuele Sangalli, Archevêque et Secrétaire Adjoint du Dicastère pour l’Évangélisation, qui a ouvert la matinée. Il a pris la parole au nom du Cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du Dicastère, grand chancelier de l’université et, depuis quelques semaines, doyen du Collège cardinalice. Mgr Sangalli a rappelé que depuis près de quatre siècles, l’Université Pontificale Urbanienne forme des hommes et des femmes capables de porter l’Évangile dans les différentes cultures et de servir les Églises partout dans le monde. À l’Urbaniana, a-t-il fait remarquer, la catholicité de l’Église devient une expérience quotidienne : dans une même salle de cours peuvent se retrouver un prêtre européen, une religieuse asiatique, un étudiant latino-américain, un professeur africain, un séminariste d’Océanie, un chercheur du Moyen-Orient. Soulignant la beauté de cette expérience, il a affirmé qu’une telle richesse implique une responsabilité tout aussi grande, car personne ne possède à lui seul toute la richesse de l’Église.<br />L’Archevêque a désigné comme guide pour la nouvelle année saint John Henry Newman, qui fut élève du Collège et que le Pape Léon XIV, le 1er novembre 2025, a proclamé docteur de l’Église et patron de l’Urbaniana. Citant les paroles adressées par le pape aux étudiants de la Sapienza , il a fait remarquer : « Une véritable université n’étouffe pas les questions ; elle enseigne plutôt à y faire face avec intelligence, rigueur et liberté. Elle n’offre pas seulement des réponses, parfois toutes faites ; elle forme plutôt des personnes capables de continuer à chercher. » S’adressant aux étudiants, il a ensuite ajouté : « Un jour, vous retournerez dans vos congrégations, vos diocèses, vos pays : ce que vous avez reçu ici devra se traduire par des responsabilités, un véritable service, un témoignage authentique. »<br /><br />L’Association des étudiants et la collaboration avec les paroisses<br /><br />Au nom des étudiants, Abrahan Moreno Murillo, président de l’Association Omnes Gentes, a confirmé au Cardinal vicaire leur disponibilité à collaborer aux activités pastorales des paroisses romaines, en signe de communion entre toutes les Églises.<br /><br />Le Recteur Buonomo : augmentation des inscriptions à l’université<br /><br />En conclusion, le Délégué Pontifical et Recteur, le professeur Vincenzo Buonomo, a rappelé que l’année dernière s’était achevée avec 1 136 étudiants et 42 enseignants permanents, et que cette année, certaines facultés enregistraient une augmentation des inscriptions, notamment en première année. Il a annoncé que les nouveaux statuts seraient présentés à l’assemblée plénière du dicastère et, rappelant les paroles de Léon XIV à l’UNESCO le 25 septembre, il a assuré que l’université, qui fait partie du diocèse du Pape, est prête à apporter sa contribution à la pastorale diocésaine. Il a ensuite déclaré ouverte la nouvelle année universitaire.<br /> Thu, 29 Oct 2026 14:43:02 +0100