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Rimini (Agence Fides) – « L’Église ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par attraction ». Le Pape Léon XIV a rappelé cette expression de Benoît XVI, reprise sans cesse par le Pape François, pour réaffirmer que la mission apostolique confiée par le Christ à son Église repose entièrement sur l’attrait du Christ lui-même, sur sa capacité à attirer, aujourd’hui encore et tout au long de l’histoire, la liberté et les cœurs des hommes et des femmes de toutes les époques.
Il l’a fait dans le discours prononcé aujourd’hui à la Foire de Rimini, à l’occasion de sa participation à la 47e édition du Meeting pour l’amitié entre les peuples, la manifestation traditionnelle de fin août animée dans cette ville de Romagne par les adhérents au mouvement Communion et Libération. Don Luigi Giussani, le prêtre lombard fondateur de ce mouvement, avait déjà publié en 1999 un ouvrage intitulé précisément « L’attrait de Jésus ».
Il “realismo della misericordia” nel tempo del riarmo
Le Souverain Pontife a fait référence au titre de l’édition 2026, tiré du dernier vers de la Divine Comédie de Dante : « L’amour qui meut le soleil et les autres étoiles ». Cet amour, a rappelé Léon XIV, « n’a perdu ni de sa vigueur, ni de son intensité », même s’il agit souvent dans le silence, loin du vacarme provoqué par les violences et les conflits qui déchirent le monde.
Le Meeting, a rappelé le Pape, n’a pas été organisé pour devenir « une sorte d’enclave » : il s’agit au contraire d’« un carrefour pour l’Église et pour la société, une rencontre qui en suscite d’autres et inspire de nouvelles voies.».
Dans un monde marqué par les conflits, les divisions et les peurs, Léon XIV a mis en lumière la portée prophétique inscrite il y a près d’un demi-siècle dans son nom : *Rencontre pour l’amitié entre les peuples*. Reprenant les propos de Saint Jean-Paul II, il a rappelé la valeur de mots tels que « Rencontre », « Rencontre d’amitié » et « Amitié entre les peuples », qui prennent un sens particulier dans les moments dramatiques de l’histoire.
La paix, a-t-il affirmé, « est préservée et diffusée par des personnes qui aiment se rencontrer et n’ont pas peur de se confronter ». Le pape a ensuite désigné l’« amitié sociale », proposée par le Pape François dans l’encyclique *Fratelli tutti*, comme le « visage public, dynamique et concret de la fraternité ».
En choisissant des mots qui font clairement référence aux guerres qui ravagent notre époque, l’Évêque de Rome a rappelé que « on ne combat pas le mal par le mal ». « Au faux réalisme, qui réarme les esprits, les paroles et les nations », a-t-il ajouté, « la culture catholique doit aujourd’hui opposer le réalisme de la miséricorde », selon lequel même les adversaires « sont des frères et sœurs qu’il faut regarder dans les yeux et rencontrer dans la vérité », a-t-il affirmé. « Le péché existe certes, mais l’amour rédempteur du Christ est plus fort encore : il nous engage à purifier nos pensées, nos intérêts, nos habitudes, nos fréquentations, nos projets, nos investissements – tous les aspects de notre vie – de tout ce que la culture du pouvoir a souillé».
Dans son discours, le Souverain Pontife a donc exhorté à libérer « la vie en société de la méfiance, la culture de l’arrogance, l’éducation de l’idéologie, le travail de l’idolâtrie du profit, la technologie et la finance des commerces de la mort » et à « désarmer » le développement technologique lorsqu’il devient envahissant et destructeur.
Un trésor dans des vases d'argile
Dans son discours, le Souverain Pontife a cité à plusieurs reprises don Giussani, rappelant la passion avec laquelle, pour ce prêtre ambrosien, la vie s’animait à l’idée de la rencontre des jeunes avec le Christ. « Que le Mouvement, les groupes, les communautés », a exhorté le Successeur de Pierre en s’adressant tout particulièrement aux nombreux jeunes présents dans l’assistance et parmi les bénévoles qui animent le Meeting, « soient un tremplin d'où vous plongez dans la réalité tout entière ». Le Souverain Pontife leur a également rappelé que « dans l’amour, il n’y a jamais de contrainte ni d'endoctrinement, jamais de séduction, de tromperie ou de recrutement. L’amour ne réside que dans la liberté, dans le dialogue vivant et dans le don généreux de soi».
Dans ce contexte, le Pape a présenté la mission comme un témoignage et une attraction, en réaffirmant que « la vérité ne se rencontre que dans la liberté ». Léon XIV a repris la formule déjà chère à ses prédécesseurs : « L’Église ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par attraction ». Une dynamique qui n’ignore pas, mais qui embrasse également la fragilité des témoins du Christ : « Nous devons admettre », a déclaré le Souverain Pontife, « que nous portons ce trésor “dans des vases d’argile” ». Mais « c’est le Seigneur qui nous relève toujours, en tant qu’individus et en tant que communauté ».
La visite du Souverain Pontife à l’exposition consacrée à Saint Augustin, présentée dans les pavillons du Parc des Expositions qui accueillent le Meeting, a constitué un prologue significatif au discours prononcé devant la foule. Dans son discours, le Pape a réaffirmé que la grâce – comme le suggérait déjà le grand évêque d’Hippone – anime la liberté sans la manipuler. La proposition chrétienne, selon les mots du Pape, ne construit pas une enceinte identitaire, mais engendre la rencontre et l’espérance au cœur de l’histoire.
Dans la conclusion de son discours, le Souverain Pontife a appelé à préserver l’unité de la « communauté » au sein de laquelle le Christ vient à la rencontre de ses disciples et les attire à lui.
Léon XIV a ainsi établi un lien entre unité, synodalité et mission. « Nous avons redécouvert la dimension synodale et missionnaire de notre être Église, qui nous invite avant tout à apprendre à nous écouter les uns les autres », a-t-il déclaré, en invitant à écouter la Parole de Dieu, les autres membres de l’Église et tous ceux qui cherchent la vérité sans pour autant appartenir à la communauté ecclésiale. « La synodalité n’est pas le nom d’un processus, mais la nature d’un peuple qui, dans l’amitié et la rencontre avec l’autre, sent qu’il n’appartient qu’à Dieu seul ». (GV) (Agence Fides 22/8/2026)