AFRIQUE/R.D. CONGO - Malgré les sanctions américaines, l'offensive rwandaise se poursuit dans le Sud-Kivu

mardi, 24 mars 2026

Kinshasa (Agence Fides) – On craint de nouvelles attaques contre Uvira de la part des combattants du M23 et de leurs alliés militaires rwandais. C'est ce qu'indique une note envoyée à l'Agence Fides par l'ONG locale ACMEJ (Association contre le Mal et pour l'encadrement de la Jeunesse) de Katogota, dans le Sud-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo.
Uvira est depuis longtemps disputée entre les guérilleros du M23/AFC (Alliance du fleuve Congo), soutenus par des troupes rwandaises, et l'armée régulière congolaise (Forces armées de la République démocratique du Congo, FARDC), appuyée par les milices locales Wazalendo. Suite aux pressions américaines, le M23 semble avoir abandonné la ville (voir Fides 6/2/2026). Les guérilleros sont toutefois restés dans les environs, comme le rapporte la note de l’ACMEJ, selon laquelle, dans la nuit du 17 mars à Uvira, en particulier sur les collines de Kalundu, des coups de feu ont été entendus, semant la panique parmi la population.
Au cours de la semaine dernière, des mouvements de troupes rwandaises et du M22/AFC ont également été signalés dans la plaine de Ruzizi. Des affrontements ont eu lieu entre les soldats des FARDC et leurs alliés Wazalendo, d'une part, et les troupes du M23/AFC et les troupes rwandaises, d'autre part.
Selon plusieurs sources fiables, ces affrontements ont commencé le matin du 17 mars, vers 6 heures, à Runingu, Biriba, Kabunambo et dans les zones environnantes, avec le tir de grenades depuis des positions occupées par les soldats du M23 et leurs alliés militaires rwandais. « Les engins auraient détruit une église catholique à Runingu ; d’autres seraient tombés dans la cour d’une école du village », indique le communiqué. Il y a eu des victimes parmi les civils et la population a été contrainte de fuir vers le Burundi ou vers Uvira.
L'ACMEJ rapporte les témoignages d'habitants de plusieurs villages congolais situés à la frontière avec la commune de Bugarama, au Rwanda, selon lesquels des camions militaires rwandais ont été aperçus dans la région, transportant des troupes à destination de diverses zones de la plaine de Ruzizi et de ses hauts plateaux. Les soldats rwandais ont pour objectif de reprendre Uvira, ville d'importance stratégique, à la frontière avec le Burundi et la Tanzanie. De nouveaux affrontements ont en effet été signalés depuis le 20 mars dans certaines localités de la plaine de Ruzizi entre les FARDC et les forces rwandaises ainsi que leurs alliés du M23.
Pendant ce temps, la population d'Uvira est livrée à elle-même. En l'absence de forces de police, ses habitants « sont victimes d'assassinats ciblés, de meurtres, de tortures et d'autres mauvais traitements inhumains et dégradants perpétrés par des hommes armés non identifiés ».
Les récentes sanctions imposées par Washington à des représentants du régime rwandais (voir Fides 5/3/2026) n’ont donc pas dissuadé Kigali de poursuivre son action militaire dans le Sud-Kivu et le Nord-Kivu. « Les habitants du Sud-Kivu avaient espéré que la réaction diplomatique du président des États-Unis d’Amérique contre les hauts responsables militaires rwandais ramènerait rapidement la paix et la sécurité, mais, malheureusement, aucun changement n’a été observé sur le terrain », conclut la note. (LM) (Agence Fides 24/3/2026)


Partager: