AFRIQUE/ R.D. CONGO - « Les sanctions américaines contre l'armée rwandaise confirment sa présence dans l'est de la RDC »

jeudi, 5 mars 2026

Kinshasa (Agence Fides) – « Il s'agit d'une sanction importante qui confirme la présence du Rwanda dans l'est de la République démocratique du Congo », commentent à l'Agence Fides des sources locales du Sud-Kivu après les sanctions imposées le 2 mars par le département du Trésor américain à l'armée rwandaise ; les sanctions ont été prononcées sous l'accusation de soutenir la rébellion M23 dans l'est de la RDC. L'inscription de l'armée rwandaise sur la liste des sanctions américaines entraîne le gel de ses avoirs aux États-Unis et l'interdiction de toute transaction avec des personnes ou des entreprises américaines. Toutefois, une exception temporaire est prévue pour les contrats ou les opérations déjà en cours, jusqu'au 1er avril 2026.
Des sanctions ont ensuite été imposées à quatre hauts responsables des forces armées rwandaises. Il s'agit du général Mubarakh Muganga, chef d'état-major des forces armées rwandaises ; du général Vincent Nyakarundi, chef d'état-major de l'armée ; du général Ruki Karusisi, commandant de la 5e division d'infanterie et ancien chef des forces spéciales rwandaises, déjà sanctionné par l'Union européenne depuis mars 2025 ; et enfin le général Stanislas Gashugi, qui a remplacé Karusisi à la tête des forces spéciales le 15 mars 2025.
Nos sources se demandent toutefois « ce qui empêche d'imposer de lourdes sanctions à celui qui est à l'origine de ces trente années de guerre, y compris la dernière (même avec d'autres collaborateurs), le président Paul Kagame ». « Qu'est-ce qui le rend « sacré », au point que le monde entier craigne de mettre en péril son amitié ? La réponse est essentiellement la suivante : l'intérêt économique. Mais la politique n'a pas d'amis et quand vous ne lui êtes plus utile, elle vous abandonne », concluent nos sources.
Les sanctions imposées par l'administration Trump signalent au Rwanda que ses ingérences dans les provinces orientales du Congo ne seront plus tolérées après que les États-Unis ont parrainé les accords de paix de Washington du 27 juin 2025 (voir Fides 27/6/2025) et de Doha du 19 juillet 2025 (voir Fides 21/7/2025), et surtout conclu un accord préliminaire avec Kinshasa pour exploiter les ressources présentes dans les zones contrôlées par les rebelles soutenus par Kigali (voir Fides 24/2/2026).
Kagame a suivi une formation militaire aux États-Unis, où il a suivi des cours à Fort Leavenworth, au Kansas. Le président rwandais dispose également d'importants contacts à Washington, à tel point qu'à la fin du mois de février, ayant appris l'imposition imminente de sanctions contre ses forces armées, il aurait demandé, selon une enquête du Wall Street Journal, à un important sénateur républicain d'intercéder auprès du président Trump pour les bloquer sans succès. (LM) (Agence Fides 5/3/2026)


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