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Yangon (Agence Fides) - Les épreuves et la précarité n'éteignent pas l'espérance au sein de la communauté catholique birmane. Alors que le pays traverse une période marquée par les conflits, les déplacements de population, la pauvreté et l'incertitude, de nouvelles vocations au sacerdoce et à la vie consacrée continuent de naître au sein de l'Église catholique. Dans les diocèses et les communautés religieuses, le mois d’août a été marqué par une succession de célébrations qui ont le goût d’une promesse : trois nouveaux prêtres, quatre nouveaux diacres, deux jeunes femmes consacrées à la vie religieuse et un nouvel Évêque coadjuteur. « Ce sont des signes concrets d’une Église qui, même dans la précarité et la souffrance, regarde vers l’avenir en plaçant sa confiance dans le Seigneur, et continue d’annoncer et de témoigner de l’espérance », souligne à l’Agence Fides Bernardino Ne Ne, nouvel Évêque coadjuteur de Taungoo, ancien directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires au Myanmar.
Le 14 août, au noviciat salésien de Nazareth à Pyin Oo Lwin, dans l’Archidiocèse de Mandalay, deux diacres ont été ordonnés prêtres. Le père John Phyo Thura Aung SDB et le père Freymoe Win SDB ont reçu l'ordination sacerdotale des mains du Cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Yangon, lors d'une journée marquée par la joie, la gratitude et l'espérance pour l'avenir de l'Église au Myanmar. Dans son homélie, le Cardinal Bo a rappelé aux deux nouveaux prêtres que le sacerdoce est un appel reçu de Dieu, en citant le passage de l’Évangile où le Christ dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis. » Le Cardinal a donné aux jeunes prêtres une mission qui, dans un pays marqué par les divisions et les blessures, revêt une signification particulière : être « des ponts, pas des murs », surtout auprès des jeunes.
Le lendemain, le 15 août, l'Église de Yangon, Archidiocèse métropolitain, a accueilli un autre prêtre : le père Stephen Aung Zay Zey Ya Moe, OSM, ordonné dans l'église Saint-François-Xavier à Thanlyin par l'Évêque auxiliaire Raymond Wai Lin Htun. Son parcours l'a conduit au Myanmar, en Inde et à Rome : entrée chez les Serviteurs de Marie en 2012, formation en Inde, études de théologie et de mariologie à Rome, profession perpétuelle et enfin ordination sacerdotale. « Le prêtre n’appartient pas à lui-même, mais à l’Église universelle. Il est appelé à être un signe d’unité et d’espérance », a souligné l’Évêque, rappelant la mission qui consiste à « aller à la rencontre des personnes, consoler ceux qui souffrent, encourager les découragés et promouvoir la paix et l’unité ».
L'espérance prend également forme dans le diocèse de Hakha, à l'extrême nord-ouest du pays, où, le 4 août, en la fête de saint Jean-Marie Vianney, patron des prêtres diocésains, quatre candidats ont été ordonnés diacres dans la cathédrale Saint-Joseph : deux diocésains et deux Missionnaires de la Petite Voie de sainte Thérèse, une famille religieuse qui s'inspire de sainte Thérèse de Lisieux. Au cours de la célébration, en présence de plus de 500 fidèles, Mgr Lucius Hre Kung a rappelé que la sainteté ne se mesure pas à l’excellence académique, mais à l’amour de Dieu, à l’humilité et au zèle pour le salut des âmes : « Nous ne brillons peut-être pas dans nos études – a-t-il déclaré –, mais ce dont nous avons besoin, c’est de posséder les vertus de saint Jean-Marie Vianney : l’amour des fidèles et le zèle pour leur salut. » Pour les nouveaux diacres, cela signifie entrer dans une communauté composée de personnes qui attendent un réconfort spirituel, de l'aide et une proximité concrète. Pour les missionnaires de la Petite Voie de sainte Thérèse, en outre, cette ordination marque une nouvelle étape d'une présence missionnaire qui ne cesse de se développer dans le diocèse : c'est en effet la deuxième fois que des membres de la communauté sont ordonnés diacres à Hakha.
La vitalité de l'Église birmane transparaît également dans la vie consacrée féminine : l'apport pastoral et caritatif des congrégations religieuses féminines s'avère aujourd'hui décisif dans toutes les communautés diocésaines. Le 11 août, dans l’église des Saints Pierre et Paul de Nanthagone, à Insein, dans l’Archidiocèse de Yangon, deux jeunes femmes ont prononcé leurs premiers vœux en tant que Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul : Sœur Maria Lydwine Hkawn Bu, du diocèse de Myitkyina, et Sœur Maria Ephrem Eugenie, du diocèse de Loikaw. Devant la communauté, elles ont prononcé leurs vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, choisissant de suivre le Christ à travers la vie consacrée et le service. Mgr Raymond Wai Lin Htun leur a rappelé que la vie religieuse est « un témoignage visible du Royaume de Dieu » et que, à une époque où même les relations familiales et sociales peuvent être marquées par des divisions et des difficultés, « la vie communautaire est appelée à devenir un lieu d’amour, de pardon et de partage ». Leur mission s’inscrit dans le charisme de Saint Vincent de Paul et se consacre donc au service des pauvres, des malades, des personnes fragiles et des personnes âgées. Dans un Myanmar marqué aujourd’hui par des difficultés économiques et sociales, la consécration de ces deux jeunes femmes exprime leur volonté concrète d’être aux côtés des personnes les plus vulnérables.
Il y a également eu une autre célébration très importante pour l’Église locale : le 6 août, fête de la Transfiguration du Seigneur, dans la cathédrale du Sacré-Cœur de Taungoo, ville située au centre du pays, le père Bernardino Ne Ne a été consacré Évêque coadjuteur du diocèse de Taungoo. La cérémonie a été présidée par le Cardinal Charles Bo, en présence de l’Archevêque Basilio Athai et de l’Évêque Celso Ba Shwe, qui ont co-consacré le nouvel Évêque.
L'épisode évangélique de la Transfiguration a fourni la clé pour comprendre ce moment que traverse l'Église au Myanmar : le Cardinal Bo a rappelé que la lumière de la Transfiguration avait été donnée aux disciples avant la Passion, afin de les préparer à affronter la souffrance. Aujourd'hui, a-t-il observé, « le peuple du Myanmar traverse une véritable vallée de larmes », entre pauvreté, déplacements de population, conflit et incertitude. Mais « la lumière du Christ continue de briller dans les ténèbres », a-t-il ajouté. Il a été demandé au nouvel Évêque de rendre cette lumière visible par sa proximité avec les personnes, dans sa mission de consoler les blessés, de réconcilier les communautés divisées, d’encourager ceux qui vivent dans la peur, et d’être aux côtés des pauvres et des migrants. « L’Évêque témoigne et apporte la lumière du Christ, non la sienne », a rappelé le Cardinal Bo. Andrea Ferrante, représentant pontifical au Myanmar, a lui aussi invité le nouveau pasteur « à rendre visible l’amour de Dieu et à apporter sa paix avec courage, joie et humilité ».
La devise épiscopale choisie par Mgr Bernardino, « Magnificat anima mea », s’inscrit dans cette même perspective : « Je suis venu dans ce diocèse pour marcher avec le peuple de Dieu sur les traces du Christ », a-t-il déclaré, demandant des prières, des encouragements, de la patience et de la compréhension, et invitant les fidèles à « marcher ensemble dans la foi, l’espérance et la charité ».
(PA) (Agence Fides 26/8/2026)