FMA
Barasat (Agence Fides) – « Une profonde inquiétude » face aux intimidations subies par les Filles de Marie Auxiliatrice (FMA), les sœurs salésiennes, à Barasat, localité située dans l’État indien du Bengale occidental : c’est ce qu’exprime dans un message adressé à l’Agence Fides la Conférence épiscopale de l’Inde (CCBI, qui regroupe les Évêques indiens de rite latin), demandant aux autorités civiles de garantir la sécurité des religieuses, de faire respecter l’État de droit et de protéger les droits constitutionnels de toutes les communautés religieuses. Le père Stephen Alathara, porte-parole de la CCBI, invite « à rejeter la violence et à résoudre les éventuels différends exclusivement par les moyens prévus par la loi et les processus démocratiques ».
Selon les déclarations des religieuses, le 12 juillet, un groupe d’environ 60 personnes a fait irruption dans la propriété de la congrégation, intimant aux religieuses de démolir immédiatement une chapelle commémorative et un cimetière, actuellement en construction, en les menaçant de recourir à la violence. Les FMA précisent que le cimetière, destiné à l'inhumation des sœurs de la congrégation, avait obtenu toutes les autorisations requises auprès des autorités compétentes avant le début des travaux, sous la précédente administration régionale. Or, suite au changement de gouvernement au niveau de l'État, récemment pris en main par le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste qui gouverne également au niveau fédéral sous la direction du Premier ministre Narendra Modi, le projet est désormais contesté.
Dans un communiqué publié après les faits et transmis à l'agence Fides, l'organisation All India Catholic Union (AICU), qui regroupe des laïcs catholiques indiens, a condamné cette agression, dénonçant que « les religieuses auraient été intimidées et insultées ». Certains membres du groupe, rapporte l’AICU, ont déclaré aux religieuses : « Votre gouvernement n’existe plus, c’est désormais notre gouvernement ». Cette référence, explique l’association catholique, fait allusion aux récentes élections qui ont vu le BJP accéder au pouvoir au Bengale-Occidental. Mais ces propos « constituent une tentative de substituer l’intimidation aux procédures légales », affirme-t-on.
L’AICU inscrit cet épisode dans un contexte plus large de harcèlement et de violences à l’encontre des institutions chrétiennes dans l’État du Bengale-Occidental et appelle au respect des droits constitutionnels des minorités religieuses, y compris « le droit de professer sa foi et de gérer ses institutions et ses biens ». C’est pourquoi l’organisation demande au gouvernement de l’État d’assurer la protection des sœurs salésiennes et de leurs œuvres, de préserver la chapelle et le cimetière, déjà légalement autorisés, et de poursuivre les auteurs des menaces.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte d'inquiétude croissante de l'Église catholique indienne face aux actes de violence et d'intimidation dont sont victimes les fidèles dans divers États du pays, ce qui a conduit à l'ouverture d'un dialogue avec les autorités civiles. Ces derniers jours, une délégation de cinq Évêques, conduite par le Cardinal Anthony Poola, président de la Conférence épiscopale de l’Inde (CBCI, qui regroupe les Évêques catholiques indiens de rite latin, syriaque-malabare et syriaque-malankare), a rencontré à New Delhi le ministre fédéral de l’Intérieur, Amit Shah, pour lui faire part de ses inquiétudes et de ses préoccupations concernant les actes d’intimidation et de violence à l’encontre des fidèles et des institutions ecclésiastiques, souvent accompagnés, selon les évêques, d’accusations de conversions forcées.
Comme l’a rapporté le porte-parole de la CBCI, le père Robinson Rodrigues, le ministre Shah a assuré qu’il interviendrait personnellement dans les cas où les autorités policières n’enregistreraient pas les plaintes déposées par les chrétiens. Le ministre a en outre invité les victimes à signaler directement à son ministère les cas où les forces de l’ordre refuseraient d’ouvrir une enquête, s’engageant à garantir que justice soit faite.
Au cours de l’entretien, la question des modifications apportées à la législation sur le financement étranger (FCRA) a également été abordée (voir Fides 19/6/2026 et 25/6/2026). À ce sujet, le ministre a assuré que les nouvelles dispositions ne seraient pas utilisées contre les communautés chrétiennes et n’auraient pas d’effet rétroactif sur les institutions ecclésiastiques créées grâce à des fonds provenant de l’étranger.
Les chrétiens représentent environ 2,3 % de la population indienne, qui compte plus de 1,4 milliard d’habitants.
(PA) (Agence Fides 14/7/2026)