ASIE/INDE - La crise des otages au Manipur : les responsables religieux chrétiens jouent le rôle de médiateurs pour obtenir leur libération et rétablir la paix

mardi, 19 mai 2026

Ai Grok

Imphal (Agence Fides) - Une délégation de responsables religieux chrétiens du Manipur et d’autres États du nord-est de l’Inde s’efforce de jouer un rôle de médiation dans le conflit ethnique qui sévit au Manipur. Ce conflit, qui a éclaté entre les groupes Kuki et Meitei, a désormais également impliqué la troisième ethnie présente au Manipur, les Naga. Les responsables religieux se rendront notamment dans les districts de Kangpokpi et de Senapati afin de tenter de désamorcer la crise des otages en cours, déclenchée par l’assassinat de trois pasteurs baptistes dans le district de Kangpokpi le 13 mai dernier (voir Fides 13/5/2026). Le même jour, 20 hommes – six appartenant à la communauté Naga et 14 à la communauté Kuki (ces deux populations sont de confession chrétienne) – ont été enlevés par leurs groupes armés respectifs en représailles aux troubles qui ont suivi l’attentat et, depuis lors, on est sans nouvelles des otages. Le United Naga Council (UNC) a déclaré que parmi les six otages se trouvent deux pasteurs. Dans cette situation chaotique, deux frères salésiens avaient également été enlevés, puis libérés (voir Fides 15/5/2026). L'initiative de médiation implique des représentants du Conseil des Églises baptistes du Nord-Est de l'Inde et de la Convention baptiste du Manipur (MBC). La délégation a d'abord rencontré le Premier ministre du Manipur, Yumnam Khemchand Singh, pour discuter des tensions existant entre les communautés tribales. Les chefs religieux se sont portés volontaires pour servir de médiateurs entre les communautés, recevant l'appréciation et le soutien des autorités politiques qui comptent sur les chefs religieux – a déclaré le Premier ministre – pour « relancer le dialogue et rétablir la paix ».
Un groupe de représentants chrétiens va maintenant rencontrer les dirigeants kuki ; un deuxième groupe s'entretiendra avec les chefs naga, afin de tenter de trouver un terrain d'entente, en partant de la crise actuelle des otages. Dans un climat de grande tension, le United Naga Council (UNC) a imposé un blocus tandis que les Kuki ont lancé une « grève générale ». En raison du blocus, des centaines de camions sont restés bloqués sur la NH-02 (la plus importante artère de la région), interrompant les transports vers les zones à majorité Kuki et vers Imphal, ville à majorité Meitei, ce qui suscite des inquiétudes quant à la pénurie de produits de première nécessité.
Alors que les Kuki ont suspendu toutes leurs activités, tant publiques que privées, le Conseil Kuki-Zo (KZC), qui a suspendu ses activités, a écrit au Premier ministre indien Narendra Modi pour demander l'intervention du gouvernement central, craignant « un conflit interethnique à grande échelle » entre les Naga et les Kuki.
Entre-temps, lors des funérailles des trois pasteurs baptistes tués le 13 mai dans une embuscade, Haominlun Sitlhou, le fils du pasteur Vumthang Sitlhou, l’un des trois victimes, a tenu à pardonner publiquement aux assassins de son père. Des milliers de fidèles ont assisté aux funérailles des trois pasteurs, réunis sur le campus de la Thadou Baptist Association India à Motbung.
Le pasteur Vumthang Sitlhou était un homme connu dans la région pour son engagement actif en faveur de la paix et de la réconciliation, ainsi que pour ses efforts visant à coordonner et à maintenir l’unité des communautés chrétiennes (issues de différentes ethnies et groupes tribaux) de la région. Rappelant la mission de son père, son fils Haominlun Sitlhou a lancé un appel aux principales organisations impliquées dans le conflit sur le terrain, demandant la libération des otages et la volonté de prendre des mesures concrètes en faveur de la paix au Manipur.
(PA) (Agence Fides 19/5/2026)


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