AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - « Que les opérations militaires cessent dans l'État de Jonglei », demandent les responsables des confessions chrétiennes

vendredi, 13 mars 2026

Juba (Agence Fides) – « Qu'on mette fin à l'opération militaire dans l'État de Jonglei », demandent les responsables des confessions chrétiennes membres du Conseil des Églises du Soudan du Sud (SSCC).
Dans une déclaration, le Cardinal Ameyu Martin Mulla, archevêque de Juba, a demandé, au nom de tous les membres du SSCC, l’arrêt de « l’opération militaire en cours à Jonglei, en particulier les ordres récents du commandement militaire des SSPDF de mener ce qu’ils appellent la deuxième phase de l’opération à Akobo ». « Cela ne fera qu’accroître les souffrances de la population, les déplacements de nos populations, l’incendie des villes et le nombre de morts ».
La ville d'Akobo est au cœur des combats entre l'armée sud-soudanaise, les Forces de défense populaires du Soudan du Sud (SSPDF) dirigées par le président Salva Kiir, et la faction menée par Riek Machar, l'Armée populaire de libération du Soudan - Opposition (SSPDF-IO)
Les SSPDF sont entrées dans la ville cette semaine et l'ont trouvée déserte, la population l'ayant abandonnée à la suite d'un ultimatum de 72 heures lancé le 6 mars. Des milliers de civils ont fui au-delà du fleuve Pibor vers l’Éthiopie. Akobo est située entre deux fleuves, le Pibor et le Geni, ce dernier formant un vaste marécage dans lequel il est pratiquement impossible de se déplacer avec des véhicules blindés et des camions. La bataille porte désormais sur le contrôle des gués sur les deux fleuves.
« En tant que pasteurs, nous sommes profondément préoccupés par l’escalade de la violence, en particulier dans l’État de Jonglei et dans d’autres régions de notre pays, où de violents affrontements opposent les forces gouvernementales et les groupes d’opposition, ce qui risque de déboucher sur un retour à une guerre civile à grande échelle », déclare le Cardinal. Mulla fait référence à la guerre civile qui a éclaté en 2013 entre les factions du président Kiir et de l’ancien vice-président Machar. Malgré un premier accord de paix signé en 2018, les tensions politiques et militaires ont persisté et se sont même intensifiées après l’arrestation de Machar il y a un an (voir Fides 27/3/2025).
Les responsables des confessions chrétiennes lancent un nouvel appel pressant au dialogue afin d'éviter de nouvelles souffrances à une population épuisée par des années de guerre. « Ces actions militaires ne seraient pas nécessaires si seulement nos dirigeants choisissaient le dialogue comme moyen de résoudre les divergences politiques et sociales dans notre pays », déclare le Cardinal Mulla au nom du SSCC. « Notre pays a versé son sang pendant des décennies et nos citoyens ont fait de grands sacrifices, affrontant de dures difficultés économiques pour joindre les deux bouts et gagner leur pain quotidien. »
« Afin de mener le pays vers la stabilité », le SSCC propose « de libérer tous les opposants politiques, y compris le premier vice-président suspendu, M. Rick Machar, afin de favoriser un dialogue sincère et inclusif, ouvrant ainsi la voie à la guérison spirituelle, au pardon, à la réconciliation et à la paix ». (LM) (Agence Fides 13/3/2026)


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