AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - L'appel des Évêques après les récents massacres : « Évitons la culture de la vengeance meurtrière, car ce n'est pas cela la justice »

mercredi, 4 mars 2026

Juba (Agence Fides) – « Une nouvelle descente dans les abîmes de la dépravation humaine, où le caractère sacré de la vie, don sacré de Dieu, est bafoué avec une impunité alarmante ». C'est ainsi que les Évêques du Soudan et du Soudan du Sud qualifient le massacre de civils et de militaires qui a eu lieu dans le comté d'Abiemnhom, dans la zone administrative de Ruweng, au Soudan du Sud, le dimanche 1er mars (voir Fides 3/3/2026) et dans le comté d'Ayod, dans l'État de Jonglei, où 25 personnes ont été sauvagement tuées le 22 février.
« Le sang de nos frères et sœurs, mères et pères, fils et filles, versé non pas sur un champ de bataille mais au sein de leurs communautés, crie vers le Ciel. Nous sommes profondément troublés non seulement par l'ampleur de la souffrance, mais aussi par le mépris flagrant de la dignité humaine que ces actes représentent », affirme le message envoyé à l'Agence Fides et signé par les membres de la Conférence épiscopale du Soudan et du Soudan du Sud (Sudan and South Sudan Catholic Bishops' Conference - SSSBC).
Après avoir exprimé leur solidarité envers la population touchée par la violence, les Évêques lancent un appel pour renoncer à la « culture de la vengeance mortelle ». « Avec une honnêteté pastorale, nous devons affronter une vérité douloureuse : la culture de la vengeance meurtrière s'est profondément enracinée dans certaines parties de notre société », soulignent-ils. « Les cycles de représailles, alimentés par la colère, la culpabilité collective et les torts historiques, continuent de détruire des familles, d'affaiblir des communautés et de priver nos enfants de leur avenir. La vengeance n'est pas la justice ».
Dans son message, la SSSCBC lance « un appel urgent aux autorités » pour qu'elles mènent une enquête « approfondie et indépendante » afin d'identifier et de traduire en justice les responsables des massacres d'Ayod et d'Abiemnhom. En effet, « l'impunité alimente la répétition des crimes ». « La justice, en revanche, rétablit la confiance de la population ».
Les Évêques concluent en s'adressant aux victimes et à leurs familles : « L'Église est votre famille. Nous pleurons avec vous. Nous prions avec vous. Nous vous portons dans nos cœurs. Nous prions pour le repos paisible des âmes des défunts. Que les anges les guident vers le Paradis ».(LM) (Agence Fides 4/3/2026)


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