ASIE/INDE - Les chrétiens indiens « entre riche diversité et réelle division » : l'engagement pour la paix pendant la Semaine de prière pour l'unité

mercredi, 21 janvier 2026

Diocese of Srikakulam

Srikakulam (Agence Fides) – Réaffirmant l'engagement de l'Église en faveur de l'unité, de la paix et de la compréhension mutuelle entre les confessions chrétiennes, la communauté catholique du diocèse de Srikakulam, dans l'État indien de l'Andhra Pradesh, dans l'est de l'Inde, vit la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens (18-25 janvier) avec une grande intensité spirituelle, en impliquant les fidèles de toutes les confessions chrétiennes de la région dans des moments liturgiques, de réflexion et de rencontre.
Lors d'une rencontre œcuménique qui s'est tenue hier, 20 janvier, avec la participation de plus de 200 fidèles, l'évêque de Srikakulam, Mgr Vijaya Kumar Rayarala, PIME, a tenu à souligner l'importance croissante de l'engagement œcuménique dans le contexte ecclésial et social actuel. Les participants ont réfléchi à l'appel à « construire des ponts d'harmonie et de coopération entre les chrétiens, en particulier au milieu des défis auxquels les communautés de foi sont confrontées aujourd'hui en Inde », a-t-il déclaré.
Une attention particulière a été accordée à « Nostra Aetate », le document du Concile Vatican II qui promeut le dialogue, le respect et la coexistence pacifique. Ce document a été présenté comme particulièrement pertinent pour répondre aux problèmes actuels qui voient souvent les fidèles chrétiens indiens divisés par des malentendus et un manque d'unité, même lorsqu'il s'agit de répondre à des questions fondamentales qui les unissent, telles que leurs relations avec les institutions étatiques ou la violence subie dans la société.
Le missionnaire Verbita, le père John Singarayar SVD, anthropologue et sociologue, souligne : « La Semaine de prière pour l'unité des chrétiens semble particulièrement urgente aujourd'hui, dans un pays de plus de 1,3 milliard d'habitants, où les chrétiens constituent une minorité dynamique qui évolue entre une riche diversité et une réelle division ».
Le prêtre poursuit : « Le thème de cette année, tiré d'Éphésiens 4,4, parle directement au cœur : « Un seul corps et un seul Esprit, comme une seule est l'espérance à laquelle vous avez été appelés, celle de votre vocation ». Les paroles de saint Paul nous rappellent que l'unité ne se construit pas à travers des stratégies ou des négociations : c'est un don, enraciné dans l'Esprit qui insuffle la vie à l'Église. Mais c'est aussi un appel qui exige quelque chose de nous : la disponibilité à pardonner et le courage de marcher ensemble lorsque les différences deviennent aiguës ».
« Pour les chrétiens indiens, souligne le missionnaire Verbita, ce message revêt une importance particulière. Nos communautés accomplissent un service commun en nourrissant les affamés, en éduquant les enfants, en soignant les malades et en parlant au nom des marginalisés dans les villages et les villes. Pourtant, les barrières de l'histoire, de la liturgie et de la culture nous séparent souvent. Des chrétiens syriens du Kerala, dont les racines remontent au Ier siècle, aux pentecôtistes qui prospèrent grâce à un culte fervent, en passant par les catholiques centrés sur la profondeur sacramentelle, nos expressions varient considérablement. Ces différences sont réelles, mais elles sont précieuses ».
« La Semaine de prière ne nous demande pas d'abandonner ce qui rend chaque tradition unique. Elle nous demande de dépasser les vieilles blessures et les soupçons, de nous soutenir mutuellement comme une famille », explique-t-il.
Et, dans la prière qui est élevée en hindi, tamoul, malayalam et d'autres langues du sous-continent, il apparaît clairement que « l'appel à l'unité touche les croyants ordinaires dans leur langue maternelle. Ces moments renforcent la confiance et nous rappellent que notre baptême commun est plus profond que toute division ».
Le père John Singarayar observe : « L'unité des chrétiens offre un témoignage silencieux mais puissant. Au milieu des tensions croissantes – des informations faisant état d'attaques contre des églises dans divers États, des conflits qui mettent à l'épreuve le principe constitutionnel d'égalité en Inde – les croyants qui prient ensemble affirment que la foi s'épanouit dans le dialogue et la fraternité. Et lorsque les pasteurs de différentes confessions partagent la chaire, ils sont un modèle de réconciliation pour les jeunes qui se demandent si l'Évangile a encore un sens dans un pays et un monde fragmentés ».
Les chrétiens en Inde constituent une minorité d'environ 28 millions de fidèles sur 1,3 milliard d'habitants (2,3 % de la population), dont les racines remontent à l'arrivée de l'apôtre Thomas en 52 après J.-C. Aujourd'hui, plusieurs confessions chrétiennes coexistent en Inde (catholiques, protestants, orthodoxes), elles-mêmes subdivisées en différentes dénominations et rites. Les catholiques indiens sont répartis en trois communautés de rites : latin, syro-malabar, syro-malankara.
(PA) (Agence Fides 21/1/2026)


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