ASIE/INDE - Un évêque et quatre prêtres originaires d'Odisha, terre de martyrs

jeudi, 29 janvier 2026 martyrs   prêtres  

Archdiocese of Cuttack-Bhubaneswar

Bhubaneswar (Agence Fides) - La communauté catholique de l'État indien d'Odisha, dans l'est de l'Inde, accueille un nouvel évêque auxiliaire et quatre prêtres, dans un extraordinaire épanouissement de vocations provenant d'une région fortement marquée par la violence à l'égard des chrétiens. En effet, l'État d'Odisha a été le théâtre de massacres qui, dans le district de Kandhamal, ont frappé des fidèles de différentes confessions chrétiennes. En 2023, à la demande des évêques indiens, le Saint-Siège a donné le « Nihil Obstat » dans le processus de béatification de Kanteshwar Digal et de ses compagnons, les 35 martyrs de Kandhamal, tués in odium fidei dans l'État d'Odisha en 2008. Aujourd'hui, cette terre est le théâtre d'un puissant témoignage de foi : environ 3 000 fidèles, plus de 140 prêtres et religieuses ont pris part hier, 28 janvier, à la messe solennelle dans la paroisse Saint-Joseph à Godapur, dans le district de Kandhamal, sur le territoire de l'archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar, pour l'ordination sacerdotale de quatre nouveaux prêtres. Il s'agit du père Sugrib Baliarsingh, du père George Badseth et de deux autres prêtres franciscains conventuels, frère Saraj Nayak et frère Madan Baliarsingh OFM Conv. La messe d'ordination a été présidée par le nouvel évêque auxiliaire de Cuttack-Bhubaneswar, Mgr Rabindra Ranasingh, lui-même originaire de Kandhamal. « Nous sommes choisis par Dieu pour partager la triple mission du Christ : sanctifier, c'est-à-dire la mission sacerdotale ; enseigner, la mission prophétique ; gouverner, qui est la mission royale-pastorale », a-t-il déclaré. S'adressant aux nouveaux prêtres, l'évêque a poursuivi : « Vous êtes la présence et l'action du Christ, qui vous a choisis pour servir son peuple, même au prix de votre vie ». Enfants, les quatre prêtres ont vécu dans leur chair les agressions contre leurs familles et leurs communautés lors des violences qui ont secoué Kandhamal en 2007 et 2008. Certains d'entre eux ont perdu leurs parents, leurs proches et leurs maisons, tandis que d'autres ont été contraints de fuir dans la forêt, survivant dans la peur, la faim, le déplacement et l'incertitude. Le père Sugrib Baliarsingh a témoigné : « J'ai vu la haine détruire des vies, mais j'ai aussi fait l'expérience du pardon et du courage. C'est ce qui m'a conduit à la prêtrise ».
Comme l'a fait remarquer le père Pradosh Chandra Nayak, Vicaire général de l'archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar, « la persécution a tenté de réduire le christianisme au silence, mais elle a au contraire donné naissance à de nouveaux pasteurs qui témoignent et prêchent aujourd'hui le pardon et la paix ».
Les fidèles locaux ont également retrouvé joie et espérance lors de la récente ordination épiscopale, le 17 janvier dernier, de Mgr Rabindra Kumar Ranasingh, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar. Sa nomination a une profonde signification symbolique pour une communauté qui a subi une vague de violence au cours de laquelle des centaines de chrétiens ont été tués, plus de 60 000 ont été déplacés et des milliers de maisons et des centaines d'églises ont été incendiées, profanées ou détruites. La paroisse de Bamunigam, dont le père Kumar Ranasingh était alors le prêtre, a été l'une des premières à être attaquée.
« Quinze ans plus tard, sur le plan humain, de nombreuses blessures restent ouvertes : la justice se fait toujours attendre, les moyens de subsistance ne sont pas encore entièrement rétablis et le tissu social a besoin d'une réconciliation complète », observe le père Ajay Singh, prêtre local et avocat, qui suit les procédures judiciaires encore en cours. Pour les chrétiens de Kandhamal, l'ordination épiscopale de Mgr Rabindra Kumar Ranasingh est « la preuve que la foi a triomphé, que l'espérance est vivante et que la charité du Christ fleurit dans le désert et la souffrance ».
(PA) (Agence Fides 29/1/2026)


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