ASIE/CHINE - Célébration de l’ordination épiscopale d’Andrea Ding Yang, nouvel Archevêque de Chongqing

mardi, 8 septembre 2026 evêques     missionnaires   inculturation    

par Marta Zhao

Chongqing (Agence Fides) – Ce matin, mardi 8 septembre, jour de la fête liturgique du Saint Nom de Marie, la messe d’ordination épiscopale du prêtre Andrea Ding Yang, nouvel Archevêque de l’Archidiocèse de Chongqing, dans la province chinoise du Sichuan, a été célébrée dans la cathédrale de Chongqing, dédiée à Saint Joseph.

Le Pape Léon XIV – selon l’information diffusée aujourd’hui par la Salle de presse du Saint-Siège – avait nommé Andrea Ding Yang Archevêque de Chongqing le 18 juillet 2026, « après avoir approuvé sa candidature dans le cadre de l’Accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine » concernant les nominations des Évêques chinois.



Avec la nomination épiscopale de Léon XIV et la consécration épiscopale d’aujourd’hui, on compte désormais 18 nouveaux Évêques catholiques chinois ordonnés en pleine communion avec l’Évêque de Rome, dans le cadre de l’accord provisoire sur les nouvelles nominations épiscopales signé sous le Pontificat du Pape François par le Saint-Siège et la République populaire de Chine le 22 septembre 2018, renouvelé tous les deux ans en 2020 et en 2022, puis prolongé pour une période de quatre ans en octobre 2024.

 Le processus qui a conduit à la nomination et à la consécration épiscopale de Paul Liu Honggang s’est lui aussi déroulé intégralement et dès ses premières étapes sous le Pontificat du Pape Prevost.

Joseph Li Shan, Archevêque du diocèse de Pékin, a présidé la cérémonie en tant que consécrateur. En tant que co-consécrateurs : He Zeqing, l'Évêque du diocèse de Wanzhou ; Luo Xuegang, l'Évêque du diocèse d’Yibin, dans la province du Sichuan ; Cui Qingqi, l'Évêque du diocèse de Wuhan, dans la province du Hubei ; Xiao Zejiang, l'Évêque du diocèse du Guizhou ; et Matthieu Shen Xuebin, l'Évêque coadjuteur du diocèse de Pékin ont concélébré. Trois cent cinquante prêtres, religieuses, séminaristes et fidèles laïcs ont pris part à la cérémonie.

André Ding Yang est né le 16 septembre 1981 dans le district de Hechuan, à Chongqing. De 2000 à 2006, il a fréquenté le séminaire de Pékin. Après une année de stage pastoral à la paroisse Saint-Joseph de Yuzhong (Chongqing), il a été ordonné prêtre le 24 mai 2007. Il a ensuite occupé le poste de vicaire dans la paroisse susmentionnée. De 2009 à 2011, il a séjourné à Macao, où il a approfondi ses études de théologie à l'Université Saint-Joseph. De 2012 à 2014, il a été formateur au Séminaire théologique national de Pékin. En mars 2014, il s’est installé à Rome, où il a suivi des cours à l’Université de la Sainte-Croix, avant de rentrer en Chine l’année suivante. Il a ensuite exercé son ministère en tant que curé à Tongliang, Tongnan, Tongguanyi et Jiulongpo, dans l’Archidiocèse de Chongqing.

Aujourd’hui, Chongqing compte environ 120 000 fidèles, une trentaine de prêtres, 30 églises et 20 lieux de prière. Par ailleurs, les sœurs de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie sont présentes dans l’archidiocèse, où elles gèrent une maison de retraite appelée « Ren Ai - Charité ».

L'histoire de l'Archidiocèse de Chongqing est étroitement liée à certains des événements les plus marquants de l'histoire du catholicisme chinois : la mission évangélisatrice, l'inculturation, les relations entre l'Église et les puissances étrangères, l'essor du clergé chinois et les grands bouleversements sociaux.

Les origines de la mission évangélisatrice à l'époque moderne dans la province du Sichuan (dont Chongqiong faisait partie) remontent au XVIIe siècle. En 1696, le Vicariat Apostolique du Sichuan fut créé. Le 2 avril 1856, le Saint-Siège divisa le Vicariat Apostolique du Sichuan et institua le Vicariat Apostolique du sud-est du Sichuan, qui est le prédécesseur de l’actuel archidiocèse de Chongqing. En 1860, celui-ci prit le nom de Vicariat Apostolique du Sichuan oriental. À cette époque, l’activité missionnaire était principalement menée par les missionnaires de la Société des Missions étrangères de Paris (MEP). Ville d’une grande importance sur le cours supérieur du fleuve Yangtsé, elle constituait déjà à l’époque un centre politique et commercial de premier plan. C’est pour cette raison qu’elle devint progressivement l’un des principaux bastions de l’activité missionnaire catholique.

En 1924, le Vicariat Apostolique du Sichuan oriental prit officiellement le nom de Vicariat Apostolique de Chongqing. En 1929, une partie du territoire nord-est fut séparée pour constituer le Vicariat Apostolique de Wanzhou. Le 11 avril 1946, le Pape Pie XII institua en Chine la hiérarchie ecclésiastique ordinaire, et le Vicariat Apostolique de Chongqing fut élevé au rang d’archidiocèse. Il est également le siège métropolitain de la province ecclésiastique du Sichuan.
Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l’Archidiocèse de Chongqing a connu une longue période de difficultés dans sa vie ecclésiale.

Le lien entre l’histoire de Chongqing et des figures missionnaires telles que le père Vincent Lebbe, qui prit le nom chinois de Lei Mingyuan, missionnaire belge de la Congrégation de la Mission, revêt une importance particulière. De plus, l’importance de Chongqing tient également au « sanctuaire » parmi les plus chers aux catholiques chinois, où sont conservées les dépouilles mortelles du père Lebbe. « J’irai en Chine et je mourrai en martyr », disait Vincent à l’âge de 11 ans. Et il tint sa promesse un demi-siècle plus tard, lorsqu’il mourut à Chongqing en 1940.

Le père Vincent affirmait avec force que l’Église en Chine devait être dirigée par les Chinois eux-mêmes, et qu’il fallait former des prêtres, des Évêques et des responsables de l’Église d’origine chinoise. Aujourd’hui encore, le père Lei est considéré comme l’une des figures les plus importantes du catholicisme moderne. Sa spiritualité, son identification totale au peuple chinois, sa défense de la justice et sa créativité dans la promotion de nouvelles formes d’apostolat constituent les aspects les plus marquants de son héritage. Le cardinal belge Léon-Joseph Suenens, l’une des figures de proue du Concile Vatican II, l’a qualifié de « précurseur de ce qui allait devenir les principales orientations du Concile ».
(Agence Fides 08/09/2026) 


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