Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.Les chrétiens en Algérie, « un grain d'encens » à « l'école du désert ». La lettre de L'Évêque de Laghouat après la visite du Papehttps://www.fides.org/fr/news/77708-Les_chretiens_en_Algerie_un_grain_d_encens_a_l_ecole_du_desert_La_lettre_de_L_Eveque_de_Laghouat_apres_la_visite_du_Papehttps://www.fides.org/fr/news/77708-Les_chretiens_en_Algerie_un_grain_d_encens_a_l_ecole_du_desert_La_lettre_de_L_Eveque_de_Laghouat_apres_la_visite_du_PapeLaghouat - Il y a un mois, le Pape Léon XIV foulait le sol algérien pour une visite historique. Il rencontrait un peuple traversé par un profond sens religieux et célébrait une messe dans la basilique Saint Augustin à Annaba, après avoir visité, manifestement ému, le site archéologique de l’antique Hippone, berceau de l’auteur des Confessions et de la Cité de Dieu. Dans son homélie, il adressait alors une puissante exhortation à la communité chrétienne locale : « Sur cette terre, chers chrétiens d’Algérie, restez un signe humble et fidèle de l’amour du Christ. Témoignez de l’Évangile par des gestes simples, des relations authentiques et un dialogue vécu au jour le jour : Vous donnerez ainsi saveur et lumière là où vous vivez. Votre présence dans le pays fait penser à l’encens : un grain incandescent qui diffuse son parfum parce qu’il rend gloire au Seigneur, et apporte joie et réconfort à beaucoup de frères et sœurs.» Cet encens « petit élément précieux », symbole d’une présence discrète mais persistante, le Pape encourageait à en répandre « la suave odeur » par la louange, la bénédiction et la supplication.<br /><br />L’appel n’est pas resté lettre morte. Dans le diocèse de Laghouat-Ghardaïa, l’Évêque, Mgr Diego Sarrió Cucarella, père blanc espagnol, qui fut président de l'Institut Pontifical d'Études Arabes et d'Islamologie à Rome de 2017 à 2024, vient de publier sa première lettre pastorale en réflécissant à l’invitation du Pape Léon XIV et en évoquant le désert algérien comme un lieu où résonne également le témoignage de ceux qui ont été baptisés au nom du Christ.<br /><br />« En ce qui concerne le thème du désert, il naît tout d’abord de l’expérience concrète de notre Église locale. Dans le sud de l’Algérie, le désert n’est pas seulement une réalité géographique : c’est une école spirituelle et humaine », confie l’Évêque à Fides ; et encore : « Le désert nous rappelle notre fragilité, le besoin des autres et le besoin de Dieu. Il nous enseigne la sobriété, l’essentiel, la patience et une fraternité concrète. » L’autre élément décisif, est la visite du Pape. « J’ai voulu publier cette lettre précisément maintenant parce que la visite du Saint-Père a représenté pour nous une grâce et une lumière », confie l’Évêque à Fides, en ajoutant que les paroles du Pontife ont aidé la communauté à relire « plus profondément notre vocation de petite Église présente au milieu d’un peuple à majorité musulmane ». « Je pense aussi que la visite a revêtu une importance particulière pour l’ensemble de la société algérienne. Beaucoup ont perçu, dans les gestes et les paroles du Saint-Père, un respect sincère pour l’histoire, l’identité religieuse et la dignité du peuple algérien. Ses appels à la paix, à la fraternité et au dialogue ont trouvé une résonance réelle, surtout dans un pays marqué par une mémoire encore vive des conflits des années passées » poursuit-il. « Nous espérons en outre que le climat de confiance et de respect réciproque, renforcé par cette visite, pourra favoriser, avec le temps, une évolution positive de certains aspects administratifs et juridiques concernant la vie de l’Église catholique dans le pays, toujours dans un esprit de dialogue et de bien commun », ajoute-t-il avant de souligner : « Je crois que l’un des fruits les plus précieux a été d’avoir donné de la visibilité à ce « dialogue de la vie » qui se vit ici chaque jour de manière simple et discrète : des relations d’amitié, une hospitalité réciproque, une proximité humaine et un respect mutuel entre chrétiens et musulmans. »<br /><br />Si « la visite n’a pas changé notre mission, mais elle l’a confirmée et illuminée », comme le confie encore l’Évêque à Fides, l’un des fruits les plus précieux a été d’avoir donné de la visibilité à ce « dialogue de la vie » qui, en Algérie, se vit quotidiennement « de manière simple et discrète : des relations d’amitié, une hospitalité réciproque, une proximité humaine et un respect mutuel entre chrétiens et musulmans ». L’image du « grain d’encens », en particulier, exprime de manière simple et profonde ce que cette présence ecclésiale est appelée à vivre : « une présence discrète, fraternelle, priante, qui ne cherche pas la mise en avant mais la fidélité évangélique », relève l’Évêque.<br />La lettre s’ouvre précisément sur ce symbole. Reprenant l’image du grain d’encens, il exprime que l’Église n’est pas définie selon des catégories de puissance, d’influence ou de succès, mais selon la logique évangélique de l’offrande, de la discrétion et de la fécondité cachée. Pour cette raison, la lettre revêt d’abord un ton contemplatif. L’Évêque ne propose pas un programme de recettes faciles à appliquer, mais plutôt une méditation spirituelle sur la forme que le témoignage chrétien est appelé à prendre sur cette terre, à travers trois dimensions : une présence humble au milieu du peuple algérien, une vie qui se donne silencieusement et une orientation constante vers Dieu, de qui seul peut naître une véritable fraternité.<br />Le désert, écrit l’Évêque, n’est pas « seulement une réalité géographique, mais une véritable école spirituelle ». La longue citation papale rapportée dans la lettre éclaire ce point avec force : « On ne survit pas seul dans le désert. Les rigueurs de la nature remettent à leur juste mesure toute prétention d’autosuffisance, et rappellent à chacun que nous avons besoin les uns des autres et que nous avons besoin de Dieu. » La réflexion de l’évêque assume cette phrase comme une véritable herméneutique du présent. Dans le désert tombent les illusions d’autosuffisance, et c’est précisément pour cela que l’Église peut redécouvrir son visage le plus authentique : une communauté relationnelle et interdependante, sous le regard de Dieu, car le désert est le lieu où Dieu parle au cœur de son peuple. Il est lieu de l’épreuve et en même temps de la purification, où le Christ lui‑même se retire avant la mission. « Ainsi, le désert ne nous appauvrit pas : il nous recentre. Il ne nous enferme pas : il nous ouvre à l’essentiel », poursuit Mgr Diego Sarrió Cucarella. Le désert revêt des aspects très concrets. L’Évêque introduit en effet le drame des migrants qui traversent le Sahara, rappelant que celui‑ci, comme la Méditerranée, ne doit jamais se transformer en un lieu où l’espérance s’éteint ou où la vie humaine est oubliée. <br />Dans ce contexte, Charles de Foucauld, est une figure majeure de cette « école du désert ». De lui, l’Évêque souligne surtout le style : « Ce qui frappe dans son parcours, ce n’est pas d’abord ce qu’il a fait, mais la manière dont il a choisi de vivre. Il n’est pas venu avec des projets visibles ou des ambitions humaines. Il a simplement choisi d’habiter ce pays, de partager la vie de ceux qui l’entouraient et de se tenir devant Dieu dans une fidélité humble et quotidienne. » À l’appui, il cite la méditation du frère universel sur le texte sur Luc 8,16 : « Toute notre existence, tout notre être doit crier l’Évangile sur les toits ; toute notre personne doit respirer Jésus. » Ainsi, il ne s’agit pas de s’épuiser dans un activisme missionnaire, mais d’abord de se laisser habiter par le Christ. « Être comme un grain d’encens, c’est accepter de ne pas être au centre », analyse l’Évêque. <br /><br />Vient ensuite la dimension de l’offrande : « l’encens ne diffuse son parfum qu’en se consumant », et cela devient une métaphore de « la fidélité dans les choses simples et répétitives », de la « patience dans les relations », de la « persévérance dans les difficultés », du « don de soi sans reconnaissance.» Plus qu’une théologie générale de la minorité, Mgr Curatella, propose un théologie de la relation et de la simplicité, de l'authenticité d’une vie chrétienne, qui donne vie à une forme concrète de vie ecclésiale : petite mais non refermée sur elle‑même, fragile mais non apeurée, contemplative mais non désincarnée, fraternelle sans ambition de conquête. Une Église qui accepte sa petitesse non comme un échec, mais comme l’espace où Dieu peut agir plus librement. C’est en cela que Comme un grain d’encens revêt une grande portée, car elle montre que, dans une époque souvent obsédé par la visibilité et les chiffres, la fécondité chrétienne peut avoir le visage simple d’une présence qui prie, sert, accompagne et, à travers des gestes simples de toujours, embaume l’air d’un délicat parfum d’Évangile. Wed, 20 May 2026 11:51:18 +0200ASIE/MYANMAR - Radio Veritas Asia, une voix d'espérance parmi les réfugiés de la guerre civilehttps://www.fides.org/fr/news/77707-ASIE_MYANMAR_Radio_Veritas_Asia_une_voix_d_esperance_parmi_les_refugies_de_la_guerre_civilehttps://www.fides.org/fr/news/77707-ASIE_MYANMAR_Radio_Veritas_Asia_une_voix_d_esperance_parmi_les_refugies_de_la_guerre_civileBanmaw - Dans les zones reculées, parmi les réfugiés qui ont quitté les villes et les villages à cause du conflit, au sein des communautés marquées par les blessures de la guerre civile et la précarité, une voix continue d’insuffler l’espoir et de soutenir la foi : c’est celle de Radio Veritas Asia qui, au Myanmar, diffuse en plusieurs langues locales et constitue un point de référence pour les fidèles des différents diocèses et ethnies. Les communautés catholiques du Myanmar, reconnaissant son importance pour la mission consistant à diffuser l’Évangile sur les ondes et à travers le monde numérique, ont célébré la « Journée de Radio Veritas », célébrée au niveau local le dimanche 17 mai.<br />Dans l'extrême nord du Myanmar, dans l'État de Kachin, plus de 500 catholiques se sont rassemblés dans un camp de déplacés internes, situé dans le diocèse de Banmaw, pour célébrer la Journée de RVA en langue kachin. Raymond Sumlut Gam, Évêque de Banmaw, a souligné la mission principale de Radio Veritas Asia : « prêcher l'Évangile ». Citant le passage de l’Évangile selon Saint Matthieu : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour ; et ce que vous entendez à l’oreille, prêchez-le sur les toits », l’Évêque a expliqué que « c’est précisément le travail que RVA accomplit », invitant les fidèles à participer à cette mission. Et il a déjà affirmé : « RVA est un moyen de communication qui diffuse la vérité. Participons, donnons et prions pour ceux qui y travaillent », rappelant l’histoire de RVA Kachin, qui a elle aussi débuté en 1982 et qui reste aujourd’hui encore « une source d’encouragement spirituel pour de nombreux fidèles dans l’épreuve ».<br />Dans ce même État de Kachin, 250 fidèles, catéchistes et auditeurs fidèles de Radio Veritas en langue rawang ont souhaité se réunir pour célébrer le huitième anniversaire de cette émission qui diffuse la Bonne Nouvelle dans la langue locale. Dans l’église Saint-Joseph, dans le diocèse de Myitkyina, le curé, le père Mark Kyi Moe, a exprimé sa grande joie et sa fierté quant au fait que le service RVA Rawang soit un outil précieux pour diffuser l’Évangile parmi les tribus Rawang, en diffusant des contenus tels que des actualités religieuses, des cours de culture générale et des moments de prière.<br />Plus au sud, dans le diocèse de Pathein, c'est la communauté de l'ethnie karen qui a célébré la Journée de la RVA, le 17 mai, grâce à un service de la RVA dans sa propre langue : lors d'une célébration eucharistique, Mgr Henry Eikhlein, Évêque de Pathein, a fait remarquer que « la Journée de la RVA est l'occasion d'apprécier le service de témoignage de l'Évangile ». « Le témoignage – a-t-il poursuivi – découle de la foi dans le Christ ressuscité, comme l’ont enseigné saint Paul, saint Pierre et d’autres saints, qui en ont courageusement témoigné à travers le monde ». Ces apôtres – a-t-il poursuivi – sont un exemple pour les fidèles birmans qui luttent dans la difficulté et dans un contexte de précarité et de souffrance où « les paroles d’espérance diffusées par RVA aident à soutenir et à faire grandir notre foi jour après jour ». <br />« Il est important – a-t-il conclu – que le peuple karen continue à témoigner de sa foi à travers sa langue maternelle », rappelant que le service RVA Karen a été créé en 1982 et qu’il constitue depuis lors un solide point de référence pour la communauté locale, grâce au travail des prêtres et des religieuses qui se consacrent chaque jour à cette forme d’apostolat, en diffusant les messages du Pape et des émissions sur l’histoire de l’Église en langue karen.<br />Les émissions généralistes de Radio Veritas Asia, dont le siège se trouve à Manille, ont débuté en 1969 à l'initiative de la Fédération des conférences épiscopales d'Asie . Le service linguistique dédié au Myanmar a été lancé en 1978, en birman, puis ont suivi des émissions dans d'autres langues nationales, destinées aux fidèles des minorités ethniques.<br /> Wed, 20 May 2026 11:22:21 +0200« Comme l’argile entre les mains du potier ». Début des travaux sur la « Positio » dans le cadre de la cause de canonisation du père Émilien Tardifhttps://www.fides.org/fr/news/77705-Comme_l_argile_entre_les_mains_du_potier_Debut_des_travaux_sur_la_Positio_dans_le_cadre_de_la_cause_de_canonisation_du_pere_Emilien_Tardifhttps://www.fides.org/fr/news/77705-Comme_l_argile_entre_les_mains_du_potier_Debut_des_travaux_sur_la_Positio_dans_le_cadre_de_la_cause_de_canonisation_du_pere_Emilien_Tardifpar Javier Trapero<br /><br />Madrid - Le père Emiliano Tardif , prêtre canadien de la Congrégation des Missionnaires du Sacré-Cœur et prédicateur renommé du Renouveau charismatique catholique, a commencé son activité missionnaire en République dominicaine peu après son ordination sacerdotale au Canada. Après quelques années d’intense travail pastoral, il tomba gravement malade de la tuberculose pulmonaire, une maladie qui le contraignit à rentrer dans son pays d’origine, où il fut hospitalisé avec un pronostic peu favorable. Les médecins estimaient qu'il lui faudrait au moins un an d'hospitalisation pour guérir. Son histoire est racontée dans le film « Día 8. El soplo del Espíritu », sorti dans les salles de cinéma en Espagne le 8 mai.<br /><br />Le père Emiliano était convaincu que sa mission devait se vivre aux côtés des plus pauvres et de ceux qui avaient le plus besoin de l’amour miséricordieux de Jésus. Le postulateur de la cause de béatification, le père Joaquín Herrera, MSC, souligne certains éléments déterminants dans la formation de son esprit missionnaire. Le premier fut son expérience familiale : ses parents étaient profondément religieux et son père se distinguait par une générosité particulière. Le père Emiliano lui-même affirmait que son père possédait « le don de la pauvreté ». Le deuxième facteur fut le charisme des Missionnaires du Sacré-Cœur, engagés à annoncer au monde le message de Jésus, qui aime chaque personne d’un amour tendre, compatissant, miséricordieux, fort et constant.<br /><br />Pendant son séjour à l'hôpital, un événement qui marqua profondément sa vie se produisit. Un groupe du Renouveau charismatique catholique proposa de prier pour sa guérison. Bien que ses expériences antérieures avec ce mouvement dans les paroisses où il avait exercé son ministère n’aient pas été particulièrement positives, le père Emiliano accepta. Il racontait que, pendant que le groupe priait, il ressentit une intense chaleur dans la poitrine et commença à se sentir mieux. Quelques jours plus tard, les médecins constatèrent avec surprise la disparition complète de la tuberculose.<br /><br />« Sa guérison, raconte le père Joaquín, l’a transformé en un homme de prière. En vérité, je pense que Dieu m’appelle moi aussi à devenir un homme de prière plus profonde. Quand on travaille avec le miel, il en reste toujours un peu sur soi. J’espère qu’il en restera aussi sur moi. Je crois que ce travail m’appelle à prier, à l’intérioriser. C’est comme quand on t’invite à prêcher une retraite : tu le fais en pensant à la manière d’apporter l’Évangile à ceux à qui tu vas parler, mais ensuite tu te rends compte que c’est aussi pour toi. Dans la mesure où tu travailles pour te donner, le Seigneur te dit que c’est aussi pour toi ».<br /><br />À son retour en République dominicaine, Emiliano Tardif partagea son temps entre le ministère paroissial et la prédication, mais peu après, il demanda à ses supérieurs de pouvoir consacrer son activité à l’appel qu’il ressentait de la part du Seigneur : annoncer le Christ vivant. Le père Joaquín l’explique ainsi : « Il a uni la spiritualité du Cœur, propre aux Missionnaires du Sacré-Cœur, à l’ardeur missionnaire de la Nouvelle Évangélisation. Il a fait de la dévotion au Sacré-Cœur le centre de sa vie spirituelle et a annoncé l’Évangile de l’amour miséricordieux, en présentant Jésus vivant, désireux de faire savoir aux pauvres de ce monde que Dieu les aime, en particulier aux malades. Il était toujours disponible, avec une confiance placée en Dieu, qui est amour ».<br /><br />Le père Joaquín raconte une anecdote très particulière qui lui est arrivée. Au cours d’une conversation, le père Tardif lui disait qu’ils étaient comme des ânes, qui portent de lourdes charges pour servir les autres. Il n’aurait jamais imaginé que ces mots resteraient gravés dans sa mémoire au point que, des années plus tard, ils donneraient leur titre à son livre « Soy el burro de Jesús ».<br /><br />Le père Herrera a connu le père Tardif avant sa guérison, mais surtout après, alors qu’il s’était déjà orienté vers l’annonce de Jésus vivant et la mise en valeur du don de guérison. Dans son récit, la transformation intérieure ressort avec force : « J’ai vu un autre Émilien. Un Emiliano qui continuait d’être pleinement Missionnaire du Sacré-Cœur, mais désormais totalement ouvert à l’Esprit Saint, qui l’a conduit sur des chemins qu’il n’aurait jamais imaginés lui-même. En tant que personne, il est resté le même : disponible, travailleur, même s’il est plus attentif à sa santé, très humble et joyeux. Après la guérison, je l’ai vu plus ouvert, avec une plus grande capacité à reconnaître l’amour de Dieu. Avec une conviction plus profonde dans les paroles de Jésus : « Celui qui croit en moi accomplira lui aussi les œuvres que j’accomplis, et il en fera de plus grandes » , concrétisées dans le ministère de guérison. On remarquait en lui un changement dans la vitalité de l’esprit, avec plus de force, totalement donné à sa nouvelle mission ».<br /><br />Il se présentait avec simplicité, sans accorder d’importance à ses études ou à ses titres. Il parlait de l’expérience d’un Jésus vivant qui agit aujourd’hui, d’un Jésus qui aime. Il avait le sentiment d’avoir été choisi précisément pour cela. Il se comportait de la même manière, qu’il s’adressât à une personne humble en République dominicaine ou qu’il rencontrât la reine Fabiola en Belgique. Il ne faisait aucune distinction entre les gens. Souvent, des personnalités de premier plan participaient également à ses rencontres. En effet, à sa mort, le président de la République dominicaine a décrété un jour de deuil national.<br />Il ne s’agissait pas seulement d’une manifestation du peuple, des gens simples qu’il avait aidés et pour lesquels il était devenu missionnaire, mais aussi d’une reconnaissance à un niveau social plus élevé pour son œuvre.<br /><br />C'est dans cette perspective que s'inscrit également le travail actuellement en cours sur la Positio. « J'aborde la rédaction de la Positio comme l'un des « pièges » de Dieu », explique le père Joaquín Herrera sur le ton de la plaisanterie. « Je viens de terminer une mission importante à Rome pour la Congrégation ; j’aurais dû retourner en tant que missionnaire en Amérique centrale, où j’ai passé des décennies, mais j’ai décidé de rentrer en Espagne et, alors que je dispose justement de plus de temps à consacrer à des activités plus « intellectuelles », commence la phase de rédaction de la Positio de la cause d’Emiliano Tardif. Un travail que j’avais déjà effectué avec les Bienheureux Martyrs du Quiché au Guatemala. Je m’y attaquerai avec enthousiasme, je sais que cela me demandera beaucoup d’efforts, mais Dieu pourvoira. J’espère avoir la santé nécessaire pour le mener à bien. Je pourrai peut-être remettre la Positio achevée d’ici un an et demi ».<br />Et il poursuit : « Simplement avec cette mission et en attendant les 12 volumes de documentation de la phase diocésaine, je ressens déjà le besoin de prier. Je ne sais pas ce que ce processus me réserve ; le Saint-Esprit m’éclairera. Le texte de la petite image de mon ordination disait : « Regardez, comme l’argile dans les mains du potier, ainsi êtes-vous dans mes mains » . Il conclut : « C’est l’une des choses que j’ai redécouvertes chez Emiliano, ou du moins dont j’ai pris davantage conscience : lui aussi a su se détacher de beaucoup de choses pour accomplir ce que Dieu lui avait confié, annoncer un Jésus vivant et guérir des personnes en grande difficulté ». <br />Wed, 20 May 2026 11:17:16 +0200AFRIQUE/NIGERIA - Inquiétude pour les enseignants et les élèves enlevés dans l'État d'Oyohttps://www.fides.org/fr/news/77706-AFRIQUE_NIGERIA_Inquietude_pour_les_enseignants_et_les_eleves_enleves_dans_l_Etat_d_Oyohttps://www.fides.org/fr/news/77706-AFRIQUE_NIGERIA_Inquietude_pour_les_enseignants_et_les_eleves_enleves_dans_l_Etat_d_OyoAbuja – « Priez pour la libération des personnes enlevées dans les écoles d’Ogbomoso », a demandé aux fidèles Mgr Emmanuel Adetoyese Badejo, Évêque d’Oyo, dans l’État du même nom situé au sud-ouest du Nigeria, à la frontière avec le Bénin<br />« À la lumière du récent enlèvement d’enseignants et d’élèves dans les écoles d’Ogbomoso, je demande instamment de prier pour la libération des otages lors de chaque messe ainsi que lors de chaque séance de prière d’intercession, y compris la neuvaine au Saint-Esprit », a invité Mgr Badejo. « Je demande également de prier avec ferveur pour notre gouvernement, afin que Dieu accorde à nos dirigeants la sagesse, la perspicacité et le courage nécessaires pour agir avec rapidité et détermination afin de protéger notre peuple », conclut l’Évêque.<br />Le 15 mai, un commando d’hommes armés à moto a attaqué plusieurs écoles dans la zone d’Ahoro-Esinele, dans le district d’Oriire, près d’Ogbomoso. Parmi les établissements scolaires pris pour cible figurent la Baptist Nursery and Primary School de Yawota, la Community Grammar School d’Esiele et la LA Primary School d’Ogbomoso.<br />Selon la police nigériane, deux personnes ont été tuées lors de l'attaque et au moins 45 élèves, un directeur et sept enseignants ont été enlevés. Dimanche 17 mai, des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant le directeur et une enseignante implorant les gouvernements fédéral et de l'État d'intervenir pour obtenir leur libération. Selon le gouverneur de l'État d'Oyo, un professeur de mathématiques a été tué alors qu'il était encore aux mains de ses ravisseurs. Le gouverneur a également confirmé que les forces de l'ordre avaient arrêté six personnes dans les communautés visées pour complicité présumée avec les ravisseurs, ainsi que trois autres « personnes d'intérêt ».<br />Selon le gouverneur, la pression croissante exercée sur les groupes djihadistes du nord-est a poussé ces derniers à se déplacer vers d’autres régions, notamment le sud-ouest. La pression exercée par les groupes djihadistes d’origine nigériane s’intensifie également au Bénin voisin, à tel point que des unités de l’armée nigériane ont été envoyées dans ce pays pour aider les forces de sécurité locales à contenir la menace.<br />Le 19 mai, les enseignants ont organisé des manifestations à Ogbomoso, bloquant les activités scolaires et réclamant des mesures urgentes pour garantir une plus grande sécurité dans les écoles. <br /><br />Wed, 20 May 2026 11:13:36 +0200ASIE/SRI LANKA - Alerte à la dengue : dans les paroisses, le clergé, le personnel, les bénévoles et les fidèles se réunissent au sein de comités de préventionhttps://www.fides.org/fr/news/77704-ASIE_SRI_LANKA_Alerte_a_la_dengue_dans_les_paroisses_le_clerge_le_personnel_les_benevoles_et_les_fideles_se_reunissent_au_sein_de_comites_de_preventionhttps://www.fides.org/fr/news/77704-ASIE_SRI_LANKA_Alerte_a_la_dengue_dans_les_paroisses_le_clerge_le_personnel_les_benevoles_et_les_fideles_se_reunissent_au_sein_de_comites_de_preventionColombo - Près de 28 000 cas de dengue et 15 décès ont été enregistrés depuis le début de l'année 2026 à ce jour au Sri Lanka ; l'épidémie est aggravée par l'arrivée imminente des pluies de mousson, qui favorisent la reproduction des moustiques vecteurs du virus. Le total pour l'ensemble de l'année 2025 s'élevait à environ 51 000 cas. Selon les autorités sanitaires locales, des cas ont été enregistrés dans les 25 districts, le plus grand nombre de contaminations étant signalé à Colombo, Gampaha, Matara, Galle, Ratnapura et Kalutara, ainsi que dans la zone du Conseil municipal de Colombo, tous situés dans la province de l'Ouest. C'est l'Unité nationale de lutte contre la dengue du Sri Lanka qui a tiré la sonnette d'alarme, signalant que la prolifération des moustiques augmente rapidement dans les écoles, sur les lieux de travail, dans les lieux de culte et dans les institutions publiques, principalement en raison d'une mauvaise gestion des déchets.<br /> <br />Au Sri Lanka, principalement dans les zones côtières et occidentales, les catholiques constituent une minorité ; pourtant, l’Église s’est toujours mobilisée efficacement lors des crises sanitaires et reste active dans les initiatives au niveau communautaire, en se concentrant sur l’élimination des foyers de propagation de la maladie dans les espaces communautaires et religieux. Le Cardinal Malcolm Ranjith, Archevêque de Colombo, est particulièrement sensible à ces questions et s'engage activement dans la gestion de ces problèmes de santé publique. Au fil des ans, lors des épidémies de dengue, il a toujours appelé à la prière, au jeûne et à des actions concrètes telles que des campagnes de nettoyage. Lors de l'épidémie de 2017, qui a connu des pics importants avec plus de 186 000 cas suspects et des centaines de morts, le Cardinal Ranjith avait proclamé une semaine de prière et de jeûne, une neuvaine à saint Sébastien, protecteur contre la peste et les épidémies, des messes spéciales et des processions, ainsi que l'invocation de la Bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints.<br /> <br /><br />Parmi les mesures pratiques de prévention recommandées pour les lieux de culte, le NDCU a notamment suggéré des opérations de nettoyage hebdomadaires. Par exemple, le dimanche matin pour les églises ou à des jours appropriés pour les autres confessions, en impliquant le clergé, le personnel, les bénévoles et les fidèles. Parmi les autres propositions figurent également la création, dans les paroisses, de « comités de prévention de la dengue », à l'instar d'autres groupes communautaires, et l'implication de groupes de jeunes en reliant cette initiative aux thèmes de la protection et de la sauvegarde de la création.<br /><br /> Wed, 20 May 2026 11:03:14 +0200Père Costa : L'Église en Mongolie est aussi un « laboratoire » de synodalité et d'inculturationhttps://www.fides.org/fr/news/77703-Pere_Costa_L_Eglise_en_Mongolie_est_aussi_un_laboratoire_de_synodalite_et_d_inculturationhttps://www.fides.org/fr/news/77703-Pere_Costa_L_Eglise_en_Mongolie_est_aussi_un_laboratoire_de_synodalite_et_d_inculturationOulan-Bator - Au cœur d’une Église petite en nombre mais étonnamment créative, la semaine pastorale de la Préfecture Apostolique d’Oulan-Bator a offert cette année un laboratoire très concret de synodalité et de l’inculturation, marqué par la venue depuis Rome du père Giacomo Costa, consulteur du Secrétariat général du Synode des Évêques. Parmi ses moments forts, l’inauguration le 5 mai du Studium, nouveau centre de recherche sur la langue et la culture mongoles, dit quelque chose de la manière dont l’Église catholique en Mongolie cherche, depuis des années, à s’enraciner en profondeur dans le tissu culturel du pays. Porté par la Préfecture Apostolique, ce projet est, comme le confie le Cardinal Giorgio Marengo à Fides, « un hub pour la recherche culturelle, un lieu physique, mais surtout une équipe de personnes ». Situé dans la cathédrale, le Studium comportera un espace dédié à une bibliothèque actuellement en cours de construction, mais aussi un bureau et une salle de rencontres, « où les personnes, notamment celles de notre équipe pourront rencontrer des acteurs du monde de la culture, des professeurs d’université ». Sous ces pièces, se trouve également une vaste salle de conférences équipée où a eu lieu l’inauguration. Mais, insiste le Cardinal, le cœur du Studium n’est pas d’abord l’infrastructure : « Nous travaillons sur deux fronts : le premier est d’offrir une conférence mensuelle, destinée surtout aux missionnaires, sur des thèmes liés à l’identité culturelle mongole, afin de proposer un parcours de formation permanente, qui nous permette de mieux comprendre la culture, l’identité mongole d’un point de vue culturel, historique, politique, religieux, linguistique. » L’autre front est celui de la langue : « Nous souhaitons fournir des traductions toujours plus adéquates, vérifier et réviser les matériaux que nous avons déjà pour essayer de les améliorer autant que possible, et ainsi offrir un soutien linguistique dans la traduction de textes qui peuvent être utiles pour l’Église », ajoute le cardinal. À travers ce double service – formation et travail linguistique –, le Studium s’inscrit au cœur d’un long processus d’inculturation, au sens le plus concret, mais aussi au sens culturel, symbolique et spirituel. C’est dans ce contexte, au croisement de l’inculturation et de la synodalité, qu’intervient la présence du père Giacomo Costa. Jésuite, théologien et fin connaisseur du processus synodal voulu par l’Église universelle, il accompagne en Mongolie un chemin théologico‑pastoral qui prend au sérieux la réalité d’une Église toute jeune, composée de fidèles issus d’une culture façonnée par d’autres traditions religieuses. <br /><br />Père Costa, vous accompagnez un parcours théologico-pastoral synodal en Mongolie. Comment percevez-vous cette réalité ecclésiale ? Qu’est-ce qui vous frappe le plus ?<br /><br />En arrivant en Mongolie, on a vraiment l’impression d’entrer dans une autre grammaire ecclésiale. Là-bas, le christianisme n’est pas seulement une minorité : il ne constitue pas une mémoire culturelle partagée, il n’appartient pas au paysage symbolique ordinaire de la société. On m’a raconté l’histoire d’un enfant qui, entrant pour la première fois dans une chapelle, a été effrayé par le crucifix et s’est mis à pleurer. C’est un épisode très simple, mais il révèle quelque chose de profond : là-bas, la croix n’est pas encore devenue une image apprivoisée par l’habitude. Elle retrouve toute son étrangeté et toute sa force. D’une certaine manière, elle nous oblige aussi à la regarder à nouveau.<br />Cela produit une conséquence très concrète pour l’Église. En Mongolie, on ne peut pas partir de présupposés implicites. Il n’existe pas de lexique chrétien déjà disponible, pas de familiarité spontanée avec l’Évangile, ni même cet ensemble de structures culturelles qui, en Europe, continuent au moins en partie à soutenir l’expérience ecclésiale, même lorsque la pratique religieuse s’affaiblit. C’est pourquoi la question missionnaire retrouve une radicalité originelle : que signifie annoncer le Christ à des personnes qui n’ont aucune image préalable du christianisme ? Par où commence-t-on réellement ?<br />De plus, de nombreuses régions du pays restent encore totalement inconnues du point de vue ecclésial. On perçoit clairement que l’évangélisation ne coïncide pas d’abord avec l’extension d’une présence institutionnelle, mais avec la possibilité de générer des relations fiables, humaines, gratuites. En Mongolie, l’Évangile se manifeste à nouveau surtout comme une forme de vie avant même d’être un discours religieux. Et c’est peut-être l’un de ses aspects les plus évangéliques et les plus fascinants.<br /><br />Quelle est la spécificité du parcours synodal dans une Église aussi jeune et petite que celle de Mongolie, avec un peu plus de 1 400 baptisés ?<br /><br />La phase de mise en œuvre du Synode dans laquelle nous nous trouvons insiste beaucoup sur le fait que chaque Église est appelée à incarner le chemin synodal dans sa propre histoire concrète. En Mongolie, cela prend une signification particulièrement forte, puisqu’il s’agit d’une Église née pratiquement de zéro après 1992. Paradoxalement, une Église aussi jeune risque d’être rapidement alourdie par des modèles importés. Lorsqu’une communauté naît, il est presque spontané de reproduire des structures, des langages et des catégories pastorales provenant des Églises d’origine des missionnaires. Le problème ne concerne pas seulement l’organisation pratique : il touche la manière même d’imaginer l’Église. Le risque est que l’institution précède l’expérience ecclésiale, que la construction des structures vienne avant l’écoute réelle de la vie des personnes et de la manière concrète dont l’Évangile peut s’enraciner dans cette culture.<br />La synodalité introduit au contraire une logique différente. Elle oblige à ralentir, à écouter, à discerner ensemble. Elle pose sans cesse la question : qu’est-ce qui est réellement nécessaire pour qu’ici puisse naître une communauté chrétienne ? Quelles formes aident vraiment l’Évangile à devenir une vie partagée ? En ce sens, la synodalité protège la jeune Église mongole de la tentation de devenir une copie réduite de modèles ecclésiaux étrangers.<br />Il y a aussi un autre élément très fort. L’Église mongole est composée de missionnaires provenant de près de trente pays différents. Ici, « l’unité dans la diversité » ne peut pas rester une formule spirituelle ou diplomatique. Elle devient un exercice quotidien très concret, qui concerne la manière de prendre des décisions, de vivre l’autorité, de construire des relations entre missionnaires et laïcs mongols, entre différentes congrégations religieuses, entre cultures ecclésiales parfois très éloignées les unes des autres. La synodalité offre précisément un espace où cette pluralité peut se transformer en communion sans être réduite à l’uniformité.<br /><br />La semaine pastorale avait pour thème « L’Église catholique en Mongolie : don et mission ». En quoi ce binôme exprime-t-il la vocation synodale d’une Église locale ?<br /><br />Plus qu’un binôme, je parlerais presque d’une circularité. En Mongolie, il apparaît avec une grande clarté que la mission naît seulement de l’expérience d’avoir reçu quelque chose qui ne nous appartient pas. L’Évangile n’est pas d’abord un projet à réaliser ni une identité à défendre. C’est un don qui précède l’Église elle-même. Comme le disait le pape François dans Evangelii Gaudium, « les chrétiens ont le devoir de l’annoncer […] comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable ». Le Pape Léon a également souligné que l’Église évangélise « par attraction ».<br />Dans des contextes aussi petits et fragiles, une autre question apparaît immédiatement. Une Église missionnaire risque facilement d’être identifiée à ses œuvres, à sa capacité organisationnelle, aux ressources économiques qu’elle mobilise. Tout cela a évidemment une valeur réelle, surtout dans un pays marqué par de nombreuses vulnérabilités sociales. Toutefois, le cœur de la mission se joue ailleurs. Si la relation évangélique ne reste pas au centre, l’Église finit inévitablement par être perçue comme l’une des nombreuses agences humanitaires présentes sur le territoire.<br />En Mongolie, on comprend alors avec plus de radicalité que l’annonce chrétienne passe par la qualité des relations : le temps donné, l’écoute, la capacité de partager la vie sans occuper immédiatement l’espace de l’autre. Là-bas, l’Église ne peut naître que dans cette logique de gratuité et d’exposition. Et c’est peut-être précisément là que se touche l’un des noyaux les plus profonds de la synodalité : une Église qui se comprend comme un réseau de relations vivantes, animées et renouvelées par la présence du Seigneur.<br /><br />Le Pape François, lors de son voyage en Mongolie, avait salué les missionnaires qui se sont « inculturés » pour « prêcher l’Évangile à la manière mongole ». Comment ce processus d’inculturation s’articule-t-il avec la synodalité ?<br /><br />Si l’on prend au sérieux la perspective du document final du Synode, le lien entre inculturation et synodalité apparaît presque inévitable. La synodalité ne consiste pas en une technique participative ni en une redistribution fonctionnelle des rôles ecclésiaux. Elle concerne la manière dont le peuple de Dieu écoute ensemble ce que l’Esprit dit dans une histoire et une culture déterminées.<br />En Mongolie, cela apparaît avec une évidence particulière, car le christianisme y est encore à ses débuts. La question ne concerne pas simplement la traduction de contenus dans la langue locale, mais quelque chose de beaucoup plus profond : comment l’Évangile peut habiter l’imaginaire, les relations, le rapport au temps, à la nature, à la famille, à l’hospitalité propres à la culture mongole.<br />Un tel processus ne peut être décidé d’en haut ni élaboré uniquement par les missionnaires. Il requiert des espaces réels de discernement partagé. La conversation dans l’Esprit prend ici une valeur très concrète, car elle permet aux nouveaux baptisés mongols d’exprimer ce qu’ils perçoivent comme authentiquement compatible avec l’Évangile et ce qui leur semble encore étranger ou imposé de l’extérieur. L’inculturation authentique naît toujours d’une réciprocité : l’Évangile transforme une culture, et en même temps l’Église est transformée par la rencontre avec ce peuple. La synodalité protège et encourage précisément cette dynamique réciproque.<br /><br />Quelle est la valeur ajoutée de la méthodologie synodale pour une Église qui vit déjà avec des structures simples ?<br /><br />En réalité, les structures que j’ai rencontrées sont fragiles, peut-être simples, mais pas nécessairement flexibles. Même en Mongolie, on risque rapidement de construire des organisations pastorales calquées sur les habitudes des missionnaires.<br />La méthodologie synodale invite à la qualité des relations. Elle permet surtout de découvrir combien l’écoute authentique — de la Parole de Dieu comme des autres — est rare, même dans l’Église. Beaucoup de dynamiques observées en Mongolie existent ailleurs : la tendance à réagir immédiatement sans vraiment écouter, la difficulté à se laisser interroger, la peine à discerner ensemble à la lumière de la Parole plutôt qu’à partir de ses propres convictions.<br />Ces derniers jours ont néanmoins marqué un vrai progrès. Par exemple, des laïcs mongols ont partagé leur manière de comprendre l’accueil : ils accordent une grande importance au premier contact, à la qualité de la présence, à la délicatesse avec laquelle on entre dans la vie de l’autre. Cela ouvre des questions très concrètes : nos paroisses, nos œuvres, nos écoles reflètent-elles vraiment cette sensibilité ? Comment accueillir gratuitement quelqu’un qui vient pour des raisons économiques sans intérêt pour la foi ? Comment vivre dans la gratuité des relations asymétriques entre celui qui donne et celui qui reçoit ? La synodalité permet précisément d’habiter ces questions sans les fermer trop vite.<br />Un fruit important est déjà visible : la naissance d’un petit groupe de facilitateurs capables d’accompagner la conversation dans l’Esprit et les dynamiques communautaires. Dans une Église qui ressent fortement le besoin de croître spirituellement, c’est très précieux.<br /><br />L'expérience mongole peut-elle apporter quelque chose à l'Église universelle, tant dans la compréhension de la synodalité que dans la relation entre évangélisation et inculturation ?<br /><br />Oui, sans aucun doute. La Mongolie oblige l’Église à revenir à des questions fondamentales que l’habitude tend à recouvrir ailleurs. Dans les pays de vieille tradition chrétienne, il subsiste encore un cadre culturel implicite. En Mongolie, en revanche, on distingue plus clairement l’essentiel du secondaire.<br />Elle rappelle que la synodalité ne naît pas d’un besoin organisationnel, mais de la nécessité de construire une véritable communion dans une Église fragile, dispersée, multiculturelle et minoritaire. Elle montre aussi que la synodalité ne consiste pas à multiplier les consultations, mais à apprendre des relations non dominatrices, non cléricales, non autoréférentielles.<br />Enfin, la Mongolie enseigne que le christianisme ne coïncide jamais parfaitement avec une culture ou une forme historique : l’Évangile dépasse toujours les structures qui l’accueillent.<br /><br />Le Pape Léon XIV, dès son premier discours, a souligné l’importance de la synodalité pour l’Église. Quelle serait la spécificité de l’approche du Saint-Père par rapport à la synodalité définie comme « mission, participation, communion » lors du synode précédent ?<br /> <br />Chaque pape apporte son style et sa sensibilité. Mais l’essentiel du chemin synodal ne dépend pas de la personnalité du Pontife : il s’inscrit dans la réception du Concile Vatican II. Il n’y a donc pas de rupture entre François et Léon XIV, mais une continuité, avec des accents différents.<br />Aujourd’hui, dans un monde marqué par les divisions et les conflits identitaires, la synodalité prend une portée prophétique : elle témoigne de la possibilité d’une coexistence réconciliée. Les catégories de « communion, participation, mission » restent centrales, la mission apparaissant comme l’horizon qui unifie tout.<br />Enfin, une conviction s’est renforcée : les documents ne suffisent pas à transformer l’Église. Le véritable fruit du Synode dépendra de la capacité concrète des communautés à se convertir dans leurs relations, dans l’exercice de l’autorité et dans leurs pratiques. Le Synode n’invite pas l’Église à devenir autre, mais à exprimer plus profondément, dans la vie quotidienne, ce mode de communion et de marche ensemble qui trouve sa source dans le Christ et l’Évangile. Tue, 19 May 2026 14:43:26 +0200ASIE/INDE - La crise des otages au Manipur : les responsables religieux chrétiens jouent le rôle de médiateurs pour obtenir leur libération et rétablir la paixhttps://www.fides.org/fr/news/77702-ASIE_INDE_La_crise_des_otages_au_Manipur_les_responsables_religieux_chretiens_jouent_le_role_de_mediateurs_pour_obtenir_leur_liberation_et_retablir_la_paixhttps://www.fides.org/fr/news/77702-ASIE_INDE_La_crise_des_otages_au_Manipur_les_responsables_religieux_chretiens_jouent_le_role_de_mediateurs_pour_obtenir_leur_liberation_et_retablir_la_paixImphal - Une délégation de responsables religieux chrétiens du Manipur et d’autres États du nord-est de l’Inde s’efforce de jouer un rôle de médiation dans le conflit ethnique qui sévit au Manipur. Ce conflit, qui a éclaté entre les groupes Kuki et Meitei, a désormais également impliqué la troisième ethnie présente au Manipur, les Naga. Les responsables religieux se rendront notamment dans les districts de Kangpokpi et de Senapati afin de tenter de désamorcer la crise des otages en cours, déclenchée par l’assassinat de trois pasteurs baptistes dans le district de Kangpokpi le 13 mai dernier . Le même jour, 20 hommes – six appartenant à la communauté Naga et 14 à la communauté Kuki – ont été enlevés par leurs groupes armés respectifs en représailles aux troubles qui ont suivi l’attentat et, depuis lors, on est sans nouvelles des otages. Le United Naga Council a déclaré que parmi les six otages se trouvent deux pasteurs. Dans cette situation chaotique, deux frères salésiens avaient également été enlevés, puis libérés . L'initiative de médiation implique des représentants du Conseil des Églises baptistes du Nord-Est de l'Inde et de la Convention baptiste du Manipur . La délégation a d'abord rencontré le Premier ministre du Manipur, Yumnam Khemchand Singh, pour discuter des tensions existant entre les communautés tribales. Les chefs religieux se sont portés volontaires pour servir de médiateurs entre les communautés, recevant l'appréciation et le soutien des autorités politiques qui comptent sur les chefs religieux – a déclaré le Premier ministre – pour « relancer le dialogue et rétablir la paix ».<br />Un groupe de représentants chrétiens va maintenant rencontrer les dirigeants kuki ; un deuxième groupe s'entretiendra avec les chefs naga, afin de tenter de trouver un terrain d'entente, en partant de la crise actuelle des otages. Dans un climat de grande tension, le United Naga Council a imposé un blocus tandis que les Kuki ont lancé une « grève générale ». En raison du blocus, des centaines de camions sont restés bloqués sur la NH-02 , interrompant les transports vers les zones à majorité Kuki et vers Imphal, ville à majorité Meitei, ce qui suscite des inquiétudes quant à la pénurie de produits de première nécessité.<br />Alors que les Kuki ont suspendu toutes leurs activités, tant publiques que privées, le Conseil Kuki-Zo , qui a suspendu ses activités, a écrit au Premier ministre indien Narendra Modi pour demander l'intervention du gouvernement central, craignant « un conflit interethnique à grande échelle » entre les Naga et les Kuki. <br />Entre-temps, lors des funérailles des trois pasteurs baptistes tués le 13 mai dans une embuscade, Haominlun Sitlhou, le fils du pasteur Vumthang Sitlhou, l’un des trois victimes, a tenu à pardonner publiquement aux assassins de son père. Des milliers de fidèles ont assisté aux funérailles des trois pasteurs, réunis sur le campus de la Thadou Baptist Association India à Motbung.<br />Le pasteur Vumthang Sitlhou était un homme connu dans la région pour son engagement actif en faveur de la paix et de la réconciliation, ainsi que pour ses efforts visant à coordonner et à maintenir l’unité des communautés chrétiennes de la région. Rappelant la mission de son père, son fils Haominlun Sitlhou a lancé un appel aux principales organisations impliquées dans le conflit sur le terrain, demandant la libération des otages et la volonté de prendre des mesures concrètes en faveur de la paix au Manipur.<br /> Tue, 19 May 2026 14:28:59 +0200AFRIQUE/OUGANDA - Ebola : report de la Journée des martyrs de l'Ougandahttps://www.fides.org/fr/news/77701-AFRIQUE_OUGANDA_Ebola_report_de_la_Journee_des_martyrs_de_l_Ougandahttps://www.fides.org/fr/news/77701-AFRIQUE_OUGANDA_Ebola_report_de_la_Journee_des_martyrs_de_l_OugandaKampala – La Journée des martyrs de l’Ouganda a été reportée à une date ultérieure en raison de l’épidémie d’Ebola qui touche l’est de la République démocratique du Congo et qui s’est également propagée à l’Ouganda voisin. C’est ce qu’a annoncé hier, 18 mai, dans un communiqué, le président ougandais, Yoweri Museveni. « Après consultation avec le groupe de travail national chargé de la réponse à l’épidémie et avec les chefs religieux, nous avons décidé de reporter la Journée des Martyrs du 3 juin à une date ultérieure, qui sera communiquée ultérieurement », indique le communiqué. <br />Cette décision a été prise – explique le président Museveni – car l’Ouganda accueille chaque année des milliers de pèlerins en provenance de l’est du Congo, actuellement touché par une épidémie d’Ebola. Afin de préserver la vie de tous, il est essentiel que cet événement important soit reporté ».<br />La décision du président a été saluée par les Évêques catholiques ougandais qui, dans une note parvenue à l'Agence Fides, fournissent « aux fidèles catholiques des indications pastorales afin que cet important anniversaire soit célébré dans un esprit de prière ».<br />« La commémoration des martyrs d’Ouganda reste un témoignage profond de foi, de courage, de fidélité au Christ et d’engagement inébranlable envers les valeurs chrétiennes », réaffirment les Évêques, pour qui « bien que la rencontre nationale à Namugongo ait été reportée, les diocèses et les paroisses sont encouragés à célébrer cette journée en suivant les indications de l’évêque diocésain et des autorités gouvernementales compétentes ».<br />La Conférence épiscopale ougandaise invite en outre tous les membres de l’Église « à s’unir dans la prière pour notre nation, pour les professionnels de santé et pour tous ceux qui ont été touchés par les circonstances ayant rendu ce report nécessaire ».<br />Les Évêques exhortent « à suivre les directives fournies par le gouvernement et le ministère de la Santé » et demandent « aux médias d’assurer une couverture adéquate de l’épidémie d’Ebola ».<br />« En tant que pasteurs du peuple de Dieu, nous invitons tous les fidèles à rester calmes, dans la prière, unis et pleins d’espoir. Le témoignage des martyrs ougandais continue d’inspirer l’Église et la nation, nous rappelant que la vraie foi se vit au quotidien à travers l’amour, le sacrifice, la vérité et la fidélité à Dieu », concluent-ils.<br />L’Église d’Ouganda, qui appartient à la Communion anglicane, soutient également le report des célébrations de la Journée des martyrs d’Ouganda.<br />Dans une déclaration publiée le 18 mai, le secrétaire provincial de l'Église d'Ouganda, le révérend chanoine William Ongeng, a confirmé que cette décision avait été prise à l'issue de consultations entre le gouvernement, les autorités chargées de la gestion de l'épidémie et les chefs religieux. La Journée des martyrs de l'Ouganda commémore 45 convertis au christianisme, âgés de 14 à 50 ans, qui ont été tués entre 1885 et 1887 en raison de leur foi, au cours des premières années du christianisme en Ouganda. Parmi eux, 22 sont des catholiques qui ont été béatifiés en 1920 et canonisés en 1964. La Journée des martyrs de l'Ouganda attire chaque année au sanctuaire de Namugongo des millions de pèlerins venus d'Ouganda et des pays voisins.<br />L'épidémie d'Ebola a débuté dans la province d'Ituri, en République démocratique du Congo, et est causée par le virus Ebola Bundibugyo .<br />À la mi-mai, une douzaine de cas ont été confirmés par des analyses de laboratoire, tandis que les cas suspects se comptent par centaines et qu’environ 80 à 100 décès seraient attribuables à l’infection. Des cas suspects ont également été signalés à Kampala, en Ouganda, et dans la capitale congolaise, Kinshasa. <br />Tue, 19 May 2026 12:22:46 +0200En Slovaquie, on commémore Veronika Racková, la religieuse médecin assassinée il y a dix ans au Soudan du Sudhttps://www.fides.org/fr/news/77700-En_Slovaquie_on_commemore_Veronika_Rackova_la_religieuse_medecin_assassinee_il_y_a_dix_ans_au_Soudan_du_Sudhttps://www.fides.org/fr/news/77700-En_Slovaquie_on_commemore_Veronika_Rackova_la_religieuse_medecin_assassinee_il_y_a_dix_ans_au_Soudan_du_Sudpar Bohumil Petrík<br /><br />Bánov - « Je ne peux pas abandonner le peuple soudanais car je l’aime » : c’est ainsi que se décrivait sœur Veronika Racková, médecin et missionnaire, avant d’être touchée, le 16 mai 2016, par des balles tirées par des militaires sud-soudanais à un poste de contrôle .<br />Dix ans après sa mort, survenue le 20 mai 2016 dans un hôpital de Nairobi, le souvenir de son témoignage reste vivant, surtout dans son pays d’origine. Et nombreux sont ceux qui expriment le souhait que le processus de canonisation de la religieuse slovaque commence bientôt.<br /> <br />Mgr Nicola Girasoli, Nonce Apostolique en Slovaquie, a présidé la liturgie eucharistique célébrée dimanche 17 mai à Bánov, village natal de sœur Veronika Racková, à l’occasion du dixième anniversaire de son assassinat.<br />Dans l’homélie prononcée pendant la messe, dans l’église Saint-Michel-Archange, l’Archevêque Girasoli a rappelé que le témoignage de sœur Veronika fait d’elle un exemple de dévouement missionnaire. Le Nonce a souhaité que tous, à commencer par ses consœurs et ceux qui l’ont connue en Slovaquie et en Sud-Soudan, puissent apporter leur contribution « afin que le processus de béatification puisse être engagé, car son témoignage de vie chrétienne est magnifique, et la célébration d’aujourd’hui nous aide à faire de nouveaux progrès dans cette direction ».<br /><br />Veronika Racková est née en 1958 à Bánov, une petite ville qui faisait alors partie de la Tchécoslovaquie. Elle était médecin et appartenait à la congrégation missionnaire des Servantes du Saint-Esprit. En tant que missionnaire et médecin, elle a d’abord exercé au Ghana, puis au Soudan, dans la partie du pays qui, précisément pendant les années de sa mission, allait proclamer son indépendance, donnant ainsi naissance au Soudan du Sud.<br /> <br />La religieuse slovaque était responsable du centre de santé qu’elle dirigeait, le St Bakhita’s Medical Centre de Yei.<br />Selon les informations rapportées à l’époque par l’Agence Fides, vers minuit le 16 mai, Sœur Veronika avait reçu un appel d’urgence pour une femme qui avait un accouchement difficile. La religieuse avait accompagné la patiente en ambulance au Harvester’s Health Center, un établissement mieux équipé pour prendre en charge les parturientes et les nouveau-nés. Sur le chemin du retour, elle avait été prise pour cible par des tirs provenant de plusieurs hommes armés, des soldats de l’Armée populaire de libération du Soudan .<br /> <br />Immédiatement secourue, sœur Veronika avait été transportée dans un hôpital de Nairobi, où elle avait rendu son dernier souffle après plusieurs jours d’agonie.<br /> <br />Dans sa dernière interview, sœur Veronika avait raconté qu'avant la naissance de l'État du Soudan du Sud, des prières œcuméniques avaient été récitées pour le bon déroulement du référendum sur l'indépendance dans le pays : « Cela n'a pas concerné uniquement l'Église au Soudan et en Afrique, mais aussi dans le monde entier. Mes consœurs du village d’Ivanka pri Dunaji en Slovaquie ont traduit la prière pour le référendum en slovaque, et on a donc prié aussi en slovaque. »<br />Lorsque la situation sécuritaire dans le pays est devenue plus dangereuse, on a demandé à la communauté des sœurs si elles souhaitaient rentrer dans leur pays d’origine.<br />« Nous avons fait un discernement, chacune pour soi, puis en communauté », expliquait Veronika dans l’interview, « et nous avons choisi de rester, car nous sentions que nous étions au bon endroit et au bon moment, et que Dieu était avec nous. Ces gens avaient besoin de nous, non pas tant pour notre travail, mais pour pouvoir prier et être ensemble ».<br /><br />Forte de son expérience missionnaire, sœur Veronika donnait ce conseil : « En ce qui concerne les pays du Tiers-Monde, ne prenez rien pour acquis. Prenez soin de la vie et de la famille. Soyons solidaires avec les personnes dans le besoin. »<br />Lors de la commémoration qui s'est tenue au Soudan du Sud cinq ans après sa mort, l'Évêque de Yei de l'époque, Erkolano Lodu Tombe, avait déclaré que l'Église « ne peut pas permettre que l'injustice continue de détruire le monde ; ainsi, l'affaire de sœur Veronika, qui est en cours, traîne depuis trop longtemps, mais les procédures judiciaires sont ce qu'elles sont et nous devons les suivre jusqu'à ce que justice soit faite devant le tribunal ».<br />En 2019, le président slovaque Andrej Kiska avait décerné à Sœur Veronika, à titre posthume, la Croix de Pribina de première classe pour ses « contributions extraordinaires au développement social de la République slovaque à travers les services de santé préventifs et l’activité missionnaire ».<br />Lors de la cérémonie de dimanche dernier, le curé de Bánov, Peter Čieško, a rappelé que les habitants de la ville natale de sœur Veronika sont à juste titre fiers de leur concitoyenne, et que le regard porté sur la figure de sœur Veronika donne un élan considérable pour que les gens ne vivent pas seulement pour eux-mêmes, mais soient prêts à offrir leur aide aux autres.. <br />Tue, 19 May 2026 12:05:36 +0200EUROPE/ESPAGNE - « Le Seigneur continue d’appeler » : Journée du missionnaire diocésain de Madridhttps://www.fides.org/fr/news/77698-EUROPE_ESPAGNE_Le_Seigneur_continue_d_appeler_Journee_du_missionnaire_diocesain_de_Madridhttps://www.fides.org/fr/news/77698-EUROPE_ESPAGNE_Le_Seigneur_continue_d_appeler_Journee_du_missionnaire_diocesain_de_MadridMadrid – « Merci de tout cœur » : telle est la devise choisie pour la célébration de la Journée du missionnaire diocésain dans l’Archidiocèse de Madrid, qui s’est déroulée dimanche 17 mai, jour de la solennité de l’Ascension du Seigneur.<br /> <br />Le moment central de la journée a été la liturgie eucharistique célébrée dans la cathédrale de l’Almudena par le vicaire pastoral du diocèse, le père José Luis Segovia Bernabé.<br /><br />Cette célébration annuelle, organisée par la Délégation des Missions et les Œuvres Pontificales Missionnaires , est l’occasion de rendre grâce pour la vie et le témoignage des missionnaires liés à l’Église diocésaine, ainsi que le moment d’envoyer ceux qui partiront au cours de la prochaine année pastorale pour la mission « ad gentes », tout en renouvelant la bénédiction pour ceux qui se trouvent déjà sur les territoires de mission.<br /><br />La Délégation épiscopale des Missions a rappelé que l’Église de Madrid compte actuellement 533 missionnaires dans 84 pays : 138 religieuses, 4 moniales cloîtrées, 94 religieux, 223 laïcs – dont 71 familles en mission – et 74 prêtres diocésains répartis sur les cinq continents. Tous constituent, selon la Délégation, le visage concret d’une Église « en sortie », appelée à poursuivre l’évangélisation au-delà des frontières diocésaines.<br /><br />Le délégué épiscopal pour les missions et directeur diocésain des Œuvres Pontificales Missionnaires de Madrid, Manuel Cuervo Godoy, a souligné à Fides que la vocation missionnaire « ne naît pas comme un événement isolé, mais comme un processus qui mûrit dans la vie quotidienne de la foi », à travers le service pastoral, la catéchèse, l’engagement social et le discernement personnel au sein de la communauté ecclésiale.<br /><br />Dans cette optique, il souligne le rôle fondamental des paroisses, des communautés et des groupes d’animation missionnaire dans l’accompagnement des vocations, ainsi que l’importance de la formation, du discernement et de l’envoi en communion avec l’Église universelle, appelée à vivre dans un « état permanent de mission ». « Le Seigneur continue d’appeler, l’Église est missionnaire, une Église en sortie », a-t-il rappelé. Soulignant en outre l’importance de la communion, « lorsque les missionnaires viennent nous rendre visite, ils nous demandent avant tout de prier pour leur œuvre ».<br /><br />La Délégation épiscopale pour les Missions souligne également que la pastorale missionnaire à Madrid s’appuie sur un vaste réseau ecclésial qui permet non seulement d’accompagner les missionnaires déjà envoyés, mais aussi de promouvoir de nouvelles vocations, en particulier parmi les laïcs et les jeunes. À cet égard, elle rappelle que la vie missionnaire « se construit dans l’expérience quotidienne de la foi et du service, et pas seulement à travers des décisions ponctuelles ».<br /><br />Au cours de la journée, Fides a également recueilli le témoignage de María Ángeles, missionnaire laïque de Madrid liée à l’association OCASA Laicato Missionario, dont la vocation s’est mûrie progressivement. « Ma vocation missionnaire remonte à mon enfance », raconte María Ángeles, se souvenant que le contact avec des religieuses missionnaires durant son enfance avait éveillé en elle le désir de partager la vie des peuples auprès desquels elles avaient été envoyées. « Ma vie, sans grands événements, a été marquée par la gratitude envers Dieu pour les dons reçus, surtout la générosité et le service aux autres », affirme-t-elle.<br /><br />Tout au long de sa vie, Maria s'est fortement engagée sur le plan social et pastoral au sein de sa communauté locale, en collaborant avec des centres d'accueil pour les personnes séropositives, des foyers pour sans-abri, des projets de la Caritas et dans le cadre de la catéchèse paroissiale. « J'ai toujours été très attachée aux paroisses situées près de chez moi », souligne-t-elle.<br /><br />« L’appel à la mission a été un processus qui m’a toujours accompagnée », affirme-t-elle, soulignant que sa vocation n’est pas le fruit d’une expérience ponctuelle, mais d’un discernement progressif. Au cours de ce cheminement, elle a participé à diverses expériences missionnaires en Équateur, en République dominicaine, au Burkina Faso et au Mali, qui ont renforcé sa foi et sa disponibilité.<br /><br />La missionnaire explique en outre que le temps a été un élément clé dans sa vocation : « Dieu a son propre temps, qui n’est pas le mien », observe-t-elle, faisant référence à un processus où la patience et le discernement ont été fondamentaux pour mûrir la réponse à l’appel.<br /><br />Actuellement, María Ángeles se prépare à une nouvelle étape d’envoi en tant que missionnaire laïque en République dominicaine, dans la commune de Sabaneta, au sein du diocèse de San Juan de la Maguana, où elle collaborera à la vie pastorale et à l’animation communautaire.<br /><br />La devise de cette année, « Merci de tout cœur », exprime la gratitude envers ceux qui ont donné leur vie à la mission et invite toute la communauté diocésaine à renouveler son engagement évangélisateur. « Ce n’est qu’à travers le don généreux de sa vie que l’on est missionnaire », rappellent les responsables de la Délégation épiscopale des Missions.<br /><br />Le cardinal José Cobo, dans son message aux missionnaires, dans une lettre rédigée pour l’occasion, a tenu à exprimer sa gratitude : « Merci de rendre l’Église présente sur les cinq continents et dans 84 pays. Une présence vivante de l’amour du Père pour toute l’humanité, signe que nous sommes une Église en sortie, appelée à être cette présence aimante, à incarner et à rendre visible aux autres l’offrande que le Christ fait à toute l’humanité. Merci aux missionnaires malades de notre diocèse, à ceux qui ne parviennent pas à rejoindre les terres de mission mais qui les soutiennent néanmoins par l’offrande de leur maladie, offrande et prière qui protège et accompagne les missionnaires. Merci, prêtres, religieuses, religieux, consacrés, laïcs consacrés, familles, missionnaires malades : « merci de tout cœur ».<br /><br />Par ailleurs, l’archidiocèse de Madrid se prépare à accueillir la prochaine visite du pape Léon XIV, les 6, 7 et 8 juin, en signe d’unité et de renouveau dans la foi, réaffirmant ainsi sa vocation missionnaire et sa volonté de cheminer dans la perspective d’une Église « en sortie ». Tue, 19 May 2026 11:41:20 +0200ASIE/PAKISTAN - Face à la crise de l'éducation, « nous nous engageons en faveur de l'éducation et de la formation professionnelle des jeunes », déclare Mgr Arshadhttps://www.fides.org/fr/news/77697-ASIE_PAKISTAN_Face_a_la_crise_de_l_education_nous_nous_engageons_en_faveur_de_l_education_et_de_la_formation_professionnelle_des_jeunes_declare_Mgr_Arshadhttps://www.fides.org/fr/news/77697-ASIE_PAKISTAN_Face_a_la_crise_de_l_education_nous_nous_engageons_en_faveur_de_l_education_et_de_la_formation_professionnelle_des_jeunes_declare_Mgr_ArshadIslamabad - « Au cours de mon ministère pastoral, d’abord à Faisalabad puis à Islamabad, j’ai compris qu’au Pakistan, nous devons nous concentrer sur les jeunes, car ils représentent 60 % de la population pakistanaise. Au sein de la communauté chrétienne également, les jeunes constituent une part importante, environ 60 %. Mais environ 80 % d’entre eux sont analphabètes, ce qui constitue une véritable urgence éducative » : c’est ce qu’affirme, dans un entretien avec l’Agence Fides, Mgr Joseph Arshad, à la tête du diocèse d’Islamabad-Rawalpindi, à l’issue de la visite ad limina des Évêques du Pakistan.<br /> « En tant que pasteur du diocèse d’Islamabad-Rawalpindi, raconte-t-il à Fides, j’ai visité toutes les paroisses et rencontré les jeunes. En nouant des liens avec eux, ils ont commencé à exprimer leurs besoins, notamment en matière d’éducation et d’orientation professionnelle, mais aussi de cours bibliques et d’initiatives sportives ».<br />Conscients de ce besoin, « nous avons lancé des initiatives dans le domaine de l'éducation. Les jeunes ont besoin d'éducation et d'emploi : deux éléments fondamentaux pour notre communauté qui souffre de la pauvreté et de la marginalisation », explique l'Archevêque. <br />« Nous avons donc commencé à nous engager pour que les membres de nos communautés puissent accéder à un enseignement supérieur adéquat et postuler à des emplois dans les administrations gouvernementales et la fonction publique. C'est pourquoi nous avons mis en place des cours du Central Superior Services dans le diocèse. Il s'agit de cours de préparation permettant, après avoir réussi un examen d'État, d'accéder à des emplois dans les administrations publiques et les services gouvernementaux. À Islamabad, poursuit-il, nous les avons lancés il y a environ cinq ans, avec de bons résultats ».<br />« De plus, explique l’Archevêque, il fallait penser aux jeunes qui ont besoin d’une éducation mais qui viennent de régions reculées. En effet, le diocèse d’Islamabad-Rawalpindi, qui compte 250 000 fidèles catholiques, est l’un des plus vastes du Pakistan : il s’étend jusqu’en Afghanistan, dans les régions du Cachemire et jusqu’au centre du Pendjab, des zones très différentes les unes des autres. Nous avons donc ouvert un internat à Rawalpindi pour les étudiants universitaires, qui accueille des étudiants de toutes les régions du diocèse, leur donnant ainsi la possibilité de vivre en ville et de fréquenter l’université ».<br />« Il est également important que ces jeunes qui n’ont pas accès à l’enseignement supérieur acquièrent des compétences professionnelles ; c’est pourquoi, d’autre part, nous essayons d’être présents et d’apporter notre contribution dans le domaine de la formation professionnelle », rapporte-t-il.<br />Les catholiques, bien qu’ils vivent dans des conditions défavorisées, « ont une foi forte et vivante », note-t-il. « Nous devons toutefois insister sur la formation des prêtres, des religieux et des laïcs et, en particulier, promouvoir la participation des laïcs à la vie de l’Église. » « Dans le plan pastoral diocésain – élaboré avec la contribution de tous, souligne-t-il – nous avons pour objectif d’être une communauté active et fidèle, capable de diffuser la Bonne Nouvelle. »<br />« La communauté chrétienne au Pakistan – note l’Archevêque – est petite et composée de personnes sans voix, qui occupent une position de faiblesse dans la société. C’est une communauté faible, pauvre et marginalisée. La dynamique que l’on observe dans la société est la suivante : les riches sont puissants et les pauvres sont impuissants. C’est pourquoi les pauvres continuent d’être victimes de discrimination. Cette mentalité est également à l’origine de phénomènes tels que les accusations de blasphème, souvent fausses, ou encore l’enlèvement et la conversion forcée à l’islam de jeunes filles chrétiennes ou issues d’autres communautés non musulmanes. À la base, il y a une mentalité selon laquelle les personnes ne sont pas toutes égales ; nous nous opposons à cette mentalité, en nous référant à la Constitution et au principe de la protection de la dignité de chaque personne ».<br />« Malgré les défis et les difficultés – conclut-il –, je suis très confiant quant à l’avenir de l’Église au Pakistan, car les gens sont forts dans la foi, ils ne vacillent pas ». À l’issue de la visite ad limina, dit-il, « cela a été très encourageant pour nous de rencontrer le Pape et de nous sentir partie intégrante de l’Église universelle. Nous sommes une petite communauté jeune qui a besoin de soutien. Et nous espérons qu’après la visite historique de Jean-Paul II, le Pape Léon pourra venir au Pakistan pour renforcer notre foi et notre espérance ».<br /> <br /> Mon, 18 May 2026 17:32:14 +0200AFRIQUE/ZIMBABWE - Les Évêques réaffirment leur opposition à la proposition d'amendement de la Constitutionhttps://www.fides.org/fr/news/77696-AFRIQUE_ZIMBABWE_Les_Eveques_reaffirment_leur_opposition_a_la_proposition_d_amendement_de_la_Constitutionhttps://www.fides.org/fr/news/77696-AFRIQUE_ZIMBABWE_Les_Eveques_reaffirment_leur_opposition_a_la_proposition_d_amendement_de_la_ConstitutionHarare – Les Évêques du Zimbabwe se disent « profondément préoccupés » par le fait que la révision proposée de la Constitution « porte atteinte aux principes constitutionnels fondamentaux, affaiblit l'indépendance institutionnelle, réduit la participation démocratique directe et sape les garanties constitutionnelles contre la concentration et l'abus de pouvoir ».<br />En conséquence, ils exhortent « respectueusement le Parlement à rejeter les dispositions du projet de loi qui sont incompatibles avec la démocratie constitutionnelle, la souveraineté du peuple et la stabilité et l’intégrité à long terme de l’ordre constitutionnel du Zimbabwe ».<br />La prise de position des membres de la Conférence épiscopale catholique du Zimbabwe a été exprimée dans une déclaration détaillée signée par le président et le vice-président, respectivement Mgr Raymond Mupandasekwa, Évêque de Masvingo et administrateur de Chinhoyi, et Mgr Rudolf Nyandoro, Évêque de Gweru. Dès le mois de mars, la ZCBC avait déjà exprimé son opposition à la proposition de réforme constitutionnelle présentée par la majorité gouvernementale .<br />La note datée du 12 mai réaffirme que « l’Église catholique au Zimbabwe participe au processus constitutionnel non pas en tant qu’acteur politique, mais en tant que voix morale et civique engagée dans la défense de la dignité humaine, du constitutionnalisme, de la participation démocratique, de la justice, de la responsabilité et du bien commun. Les questions constitutionnelles ne sont pas de simples questions juridiques et techniques ; elles façonnent les fondements moraux et institutionnels sur lesquels repose la vie nationale ».<br />D'autres confessions chrétiennes, telles que le Zimbabwe Council of Churches , l’Evangelical Fellowship of Zimbabwe, qui font partie, avec la ZCBC, du Zimbabwe Heads of Christian Denominations , se sont opposées à la révision constitutionnelle ou ont appelé à la prudence en invoquant des objections similaires à celles présentées par les évêques catholiques <br />Le Zimbabwe Indigenous Interdenominational Council of Churches , qui représente les confessions apostoliques, pentecôtistes, évangéliques et indigènes , est quant à lui d’un tout autre avis et a fermement soutenu le projet de loi. Le ZIICC a présenté des pétitions affirmant que la réforme de la Constitution favorise la stabilité gouvernementale, la continuité des politiques du gouvernement et le développement national, et qu'elle s'aligne sur des principes bibliques tels que les cycles de sept ans.<br />L'amendement proposé prévoit notamment de remplacer l'élection directe du président par le suffrage universel par une élection par une séance conjointe du Parlement ; de prolonger la durée du mandat du président, du Parlement et des collectivités locales de 5 à 7 ans ; de permettre au président de nommer 10 sénateurs supplémentaires. <br /><br />Mon, 18 May 2026 17:28:45 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - Évêque de Tombura Yambio : « Que les dirigeants, les Églises, les jeunes, les femmes, les intellectuels, la société civile et les familles deviennent des ponts vers la guérison et la paix »https://www.fides.org/fr/news/77695-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Eveque_de_Tombura_Yambio_Que_les_dirigeants_les_Eglises_les_jeunes_les_femmes_les_intellectuels_la_societe_civile_et_les_familles_deviennent_des_ponts_vers_la_guerison_et_la_paixhttps://www.fides.org/fr/news/77695-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Eveque_de_Tombura_Yambio_Que_les_dirigeants_les_Eglises_les_jeunes_les_femmes_les_intellectuels_la_societe_civile_et_les_familles_deviennent_des_ponts_vers_la_guerison_et_la_paixTombura Yambio – « L'Équatoria occidental n'était pas seulement connu comme le grenier du Soudan du Sud, mais aussi comme un havre de coexistence pacifique, le cœur vert du Soudan du Sud, le jardin de l'hospitalité, la patrie du dialogue, la terre du travail acharné, le sanctuaire de la dignité humaine ». C'est ce qu'écrit l'Évêque du comté de Tombura Yambio, Eduardo Hiiboro Kussala, s'adressant aux autorités, aux chefs religieux et à l'ensemble de la population. Le mois de mai revêt en effet une importance particulière dans tout le Soudan du Sud en raison de la fête nationale, au cours de laquelle se tiennent des événements commémoratifs et des rassemblements communautaires pour honorer l'histoire de l'indépendance.<br /><br />« Cependant, au fil des ans, de douloureux défis se sont immiscés dans notre société », poursuit Mgr Hiiboro. « La violence, l’instabilité politique, les difficultés économiques, l’insécurité, les déplacements de population, la méfiance et les divisions ont déchiré notre tissu social. Plusieurs régions de notre cher État, des attaques de l’Armée de résistance du Seigneur aux conflits de Mundri, Maridi, Yambio, Ezo et Tombura , ont connu la douleur, la peur, les déplacements et la souffrance. Pourtant, après toutes ces années douloureuses, une vérité est devenue très claire : la violence n’a pas guéri nos communautés. La haine n’a pas rétabli la confiance. La vengeance n’a pas apporté la paix. »<br /><br />« La véritable paix naît du dialogue. C’est pourquoi je m’adresse aujourd’hui à tout notre peuple : faisons revivre la culture du dialogue respectueux, de la réconciliation et de l’unité. Que les dirigeants s’adressent avec sincérité aux communautés. Que les responsables, les Églises, les jeunes, les femmes, les intellectuels, la société civile et les familles deviennent des ponts vers la guérison et la paix. Surtout, préservons le caractère sacré de la vie humaine. La vie est un don de Dieu. »<br /><br />En réfléchissant également à l’utilisation abusive des médias, Mgr Hiiboro souligne à quel point une utilisation impulsive peut être néfaste. « Aujourd’hui, un message irréfléchi peut détruire des relations construites au fil des générations », fait remarquer l’Évêque. « Une insulte écrite derrière l’écran d’un téléphone peut semer la haine dans de nombreux cœurs. Les mots sont puissants. Ils peuvent guérir ou détruire, unir ou diviser. Une société devient ce que ses membres sèment continuellement à travers leurs paroles, leurs attitudes et leurs actions. Développons donc un langage qui unifie, empreint de respect, de sagesse, de guérison, d’encouragement et de responsabilité. Que nos paroles protègent les relations au lieu de les détruire. J'invite tout notre peuple à revenir à la prière et à s'accrocher fermement au Christ, le Prince de la Paix. La prière change les attitudes, guérit les souvenirs, atténue l'amertume et renouvelle les communautés.<br /><br />L'Évêque de Tombura Yambio, qui s'est toujours engagé en faveur du dialogue et de la défense des droits de l'homme, conclut son appel en invitant chacun à l'unité et non à la division. « Aux dirigeants politiques : le leadership est un service, pas une source de division. Aux jeunes : utilisez votre énergie et votre intelligence pour construire l’avenir à travers l’éducation, l’agriculture, l’innovation, l’entrepreneuriat et la consolidation de la paix. Aux femmes : continuez d’être les gardiennes de la vie, de la guérison et de la réconciliation. Aux chefs traditionnels : redécouvrez la sagesse du dialogue, de la patience et du leadership moral. Aux chefs religieux : continuez à défendre la vérité, la justice, la paix et l’unité sans crainte, sans appréhension ni tribalisme. Et à tout notre peuple : travaillons ensemble pour ramener la paix et le développement en Équatoria occidental, afin que notre État puisse apporter une contribution significative à l’unité et à l’avenir du Soudan du Sud.<br /> <br /> <br />Mon, 18 May 2026 16:05:41 +0200Le Cardinal Tagle au Burundi : une homélie sur la communion et une prière à l'occasion du 75e anniversaire du séminaire Saint-Pierre-Claverhttps://www.fides.org/fr/news/77699-Le_Cardinal_Tagle_au_Burundi_une_homelie_sur_la_communion_et_une_priere_a_l_occasion_du_75e_anniversaire_du_seminaire_Saint_Pierre_Claverhttps://www.fides.org/fr/news/77699-Le_Cardinal_Tagle_au_Burundi_une_homelie_sur_la_communion_et_une_priere_a_l_occasion_du_75e_anniversaire_du_seminaire_Saint_Pierre_ClaverBujumbura - Le Cardinal Luis Antonio Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l'Évangélisation, section chargée de la première évangélisation et des nouvelles Églises particulières, s'est rendu au Burundi samedi 16 mai 2026. Le pourpre philippin a été accueilli avec ferveur à l'aéroport de Bujumbura par une foule de fidèles, de prêtres et de religieux venus lui témoigner leur reconnaissance. L'Archidiocèse de Bujumbura indique sur son site officiel avoir particulièrement mobilisé les paroisses proches de l'aéroport — Buterere, Gatumba et Muramvya — ainsi que celles situées près de la Nonciature Apostolique, afin de réserver un accueil chaleureux à l'envoyé du Saint-Père.<br /><br />Cette visite exceptionnelle avait pour objectif principal de célébrer les 75 ans du Grand Séminaire Saint-Pierre-Claver de Burasira, qui forme depuis 1950 les candidats au sacerdoce ordonné.<br /> <br />Dans une homélie profonde et pastorale, le Cardinal Tagle a médité sur le mystère du Cénacle et ses implications pour la formation sacerdotale, en développant trois piliers spirituels : la communion ecclésiale, la diversité communautaire et la prière.<br /><br />Le message de paix du Pape Léon XIV<br /><br />Dès le début de son homélie, prononcée en français, le Cardinal Tagle s'est fait le porte-parole du message de l'Évêque de Rome : « Le Seigneur ressuscité continue de venir à notre rencontre pour nous adresser cette salutation : « Que la paix soit avec vous. » Sa Sainteté le Pape Léon XIV a fait sien ce salut dès les premiers instants de son Pontificat et m’a chargé de vous le transmettre, accompagné de l’assurance de son affection paternelle. »<br /><br />Il a ensuite justifié cette célébration jubilaire en citant le livre de Tobie : « S'il est bon de garder secret ce qui concerne les rois, il faut révéler les merveilles de Dieu et les célébrer comme elles le méritent. » Il a rendu hommage aux pionniers de l’évangélisation du Burundi et salué les projets de formation en cours, en particulier le grand séminaire propédeutique de Cibitoke et le grand séminaire Mgr Michael Aidan Courtney, en construction à Minago, dans le diocèse de Ruyigi.<br /> <br />Le choix de Minago pour ce projet n'est pas le fruit du hasard : c'est précisément à cet endroit que Mgr Michael Aidan Courtney, alors Nonce Apostolique au Burundi, avait été assassiné le 29 décembre 2003. Un monument commémoratif a été inauguré et béni à Minago par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Vatican, le 14 août 2025, lors de sa visite au Burundi.<br /><br />S'adressant directement aux séminaristes présents, le Cardinal Tagle a rapporté les paroles prononcées par le Pape Léon XIV lors du jubilé des séminaristes dans la basilique Saint-Pierre, le 24 juin 2025 : « Chers séminaristes, la sagesse de la Sainte Église, assistée par le Saint-Esprit, cherche sans cesse, au fil du temps, les moyens les plus adaptés à la formation des ministres ordonnés, selon les besoins de chaque lieu. Dans cet engagement, quelle est votre tâche ? C’est de ne jamais vous contenter de moins, de ne pas vous satisfaire de peu, de ne pas être seulement des récepteurs passifs, mais de vous passionner pour la vie sacerdotale, en vivant le présent et en regardant vers l’avenir avec un cœur prophétique. »<br /><br />Cette exhortation a donné le ton d'une méditation centrée sur le Cénacle, présenté comme modèle du séminaire, lieu d'attente active du Saint-Esprit depuis 75 ans à Burasira.<br /><br />Cum Petro et sub Petro : la communion ecclésiale<br /><br />Le premier pilier développé par le Cardinal Tagle concerne la vie de communion. En méditant sur les Actes des Apôtres, il a rappelé comment les Onze sont restés unis après l’Ascension : « Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, se retrouvent comme seuls face à leur destin.<br />Le Maître qui les avait réunis n’est plus visible physiquement, mais ils sont restés unis entre eux, avant d’être dispersés aux quatre coins du monde pour l’annonce de l’Évangile. »<br /><br />Le Cardinal a insisté sur la primauté de Pierre, citant la promesse du Christ : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. » Il a ensuite développé les implications ecclésiologiques : « Chaque séminaire est un cénacle où l’on apprend à vivre l’expérience de la communion ecclésiale, présidée par le successeur de l’apôtre Pierre. La communion précède, féconde et nourrit la mission. »<br /><br />Reprenant la formule latine « Cum Petro et sub Petro » , le Cardinal a souligné que cette communion suppose « la reconnaissance de la dépendance à l'égard d'une force fondamentale où les disciples puisent leur force et leur inspiration ». Il a également rappelé, en citant l’encyclique Lumen fidei du Pape François, que « le magistère du Pape et des Évêques en communion avec lui n’est pas une chose extérieure ou une limite à la liberté, mais il garantit le contact avec la source originelle de la foi ».<br /><br />Une Église de la diversité<br /><br />Le deuxième pilier évoqué concerne le caractère mixte de la communauté du Cénacle. Le Cardinal Tagle a médité sur la présence de Marie aux côtés des Apôtres : « L’Église n’est pas constituée uniquement d’Apôtres, mais elle comprend aussi des femmes, parmi lesquelles Marie, la mère de Jésus. » Il a décrit Marie comme « une disciple modèle, celle qui a toujours cherché à adhérer à la volonté de Dieu en tout », en restant fidèle à sa réponse à l’ange : « Me voici, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »<br /><br />Citant Saint Paul, il a ensuite rappelé : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit qui en est la source. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur qui les anime. » Cette ecclésiologie de la complémentarité conduit à une réflexion importante : « La formation des candidats au sacerdoce n’implique pas seulement certains secteurs de l’Église, comme les Évêques et certains prêtres. Chacun des membres de l’Église et chaque catégorie de disciples est concerné par ce qui se passe dans le cénacle de nos séminaires. »<br /><br />Le Cardinal a exhorté les communautés burundaises à soutenir financièrement leurs séminaires, en rappelant la parole du Christ : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »<br /><br />La prière, arme du ministère<br /><br />Le troisième et dernier pilier abordé dans l’homélie du Cardinal Tagle est celui de la prière en tant qu’« activité principale de la communauté du Cénacle ». Le Cardinal Tagle a médité sur l’Évangile selon saint Jean, où Jésus prie : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. » Il a commenté : « La gloire de Jésus n’est donc pas celle du monde, mais celle de la révélation totale et pleine de l’amour de Dieu pour lui et ses frères en humanité. C’est la gloire du scandale de la Croix. »<br /><br />Soulignant que « la prière a été l'arme du ministère de Jésus jusqu'au bout, jusqu'au sommet du Golgotha », il a rappelé que même après la Résurrection, « Jésus est plus que jamais notre intercesseur par excellence auprès du Père ».<br /><br /><br />Saint Pierre Claver, modèle d'abandon à Dieu<br /><br /><br />En conclusion, le Cardinal Tagle a rendu hommage au saint patron du séminaire, saint Pierre Claver, jésuite espagnol né le 26 juin 1580 à Verdú, en Catalogne, et mort le 8 septembre 1654 à Carthagène des Indes, dans l'actuelle Colombie, qui « s'est défini, le 3 avril 1622, comme esclave des Africains pour toujours ». Après avoir terminé ses études de théologie à Bogotá, « il est envoyé à Carthagène, où il est ordonné prêtre en 1616. Il y passe le reste de sa vie au service des esclaves, qui débarquent dans ce port en provenance d’Afrique. Carthagène est l’un des deux ports espagnols désignés pour accueillir les esclaves. Leur nombre est estimé à 10 000 par an à l'époque de Pierre Claver, et ils sont généralement en très mauvais état après ce long voyage. Pierre Claver les attend sur le quai avec des vivres qu'il a mendiés. Accompagné d'anciens esclaves qui lui servent d'interprètes, le jésuite espagnol monte à bord des navires et salue ceux qui se trouvent sur le pont, avant de descendre dans la cale pour soigner les malades. « Il nettoie les blessures, applique des onguents, pose des bandages et leur parle de Dieu », peut-on lire sur le site des jésuites. Pendant 44 ans, Pierre Claver a accueilli les esclaves à leur descente du navire, les a nourris, soignés, habillés, consolés et catéchisés. Il ne manquait pas de visiter les léproseries et de soigner les pestiférés ; c’est d’ailleurs de la peste qu’il est mort lorsque celle-ci s’est abattue sur Carthagène. Le Cardinal a souligné que ce saint « a lui-même subi le rejet et l’incompréhension, non seulement de la part de la société coloniale, mais aussi au sein de son propre ordre religieux », et « nous a laissé un bel exemple de la manière dont on peut vivre les épreuves de la vie ».<br /><br />Un parcours de la passion à la gloire<br /><br />Avant de conclure par une exhortation universelle : « Saint Pierre nous enseigne, dans la deuxième lecture de cette liturgie, que nous devons apprendre à partager les souffrances du Christ pour pouvoir connaître la joie et l’allégresse lorsque sa gloire se révèle. On ne peut atteindre le merveilleux jardin de la résurrection sans passer obligatoirement par celui, étroit et éprouvant, de Gethsémani, qui débouche sur celui, douloureux, du Calvaire. Frères et sœurs, la composition même de la communauté mixte du Cénacle nous enseigne que, hommes et femmes, apôtres ou simples disciples, parents de sang de Jésus, nous sommes tous engagés dans ce cheminement de la passion à la gloire, de la croix à la résurrection, dans un esprit de prière et d’abandon à Dieu. Mais, en particulier, les pasteurs sont tenus d’être des modèles de foi, de charité et de prière au milieu de leurs frères. » Un appel spirituel et ecclésiologique puissant. <br /><br />Mon, 18 May 2026 14:07:24 +0200ASIE/VIETNAM - L’Archevêque Joseph Vu Van Thien : « L’Église au Vietnam, reconnaissante envers les missionnaires et les martyrs, chante son Magnificat »https://www.fides.org/fr/news/77694-ASIE_VIETNAM_L_Archeveque_Joseph_Vu_Van_Thien_L_Eglise_au_Vietnam_reconnaissante_envers_les_missionnaires_et_les_martyrs_chante_son_Magnificathttps://www.fides.org/fr/news/77694-ASIE_VIETNAM_L_Archeveque_Joseph_Vu_Van_Thien_L_Eglise_au_Vietnam_reconnaissante_envers_les_missionnaires_et_les_martyrs_chante_son_Magnificatpar Paolo Affatato<br /><br />Cité du Vatican – Avec 30 000 nouveaux baptisés par an, la communauté catholique au Vietnam témoigne de la vitalité de sa foi « dans le contexte d’une société marquée par de nombreuses complexités et difficultés » : c’est ce qu’affirme, dans un entretien accordé à l’Agence Fides, l’Archevêque de Hanoï, Mgr Joseph Vu Van Thien, vice-président de la Conférence épiscopale du Vietnam, à l’issue de sa visite ad limina apostolorum.<br />L’Archevêque explique que – inspirée par les premiers missionnaires et fortifiée par l’exemple des martyrs – la communauté catholique compte 7,5 millions de fidèles, 7 400 prêtres, 27 000 religieux et religieuses, 2 500 séminaristes en formation et 70 000 jeunes catéchistes.<br /><br />- Mgr Joseph Vu Van Thien, comment décririez-vous la vie de l'Église au Vietnam ?<br /><br />On pourrait dire beaucoup de choses sur les merveilles que le Seigneur a accomplies pour l’Église au Vietnam, en s’inspirant de l’esprit du Magnificat. Je voudrais souligner la vitalité de l’Église, son dynamisme, dans le contexte d’une société marquée par de nombreuses complexités et difficultés. On peut dire que la vie même des fidèles chrétiens est en soi un Magnificat. La vie des chrétiens vietnamiens recèle de nombreuses merveilles.<br />Grâce à cette vitalité, nous avons de nombreuses vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. De nombreux jeunes décident de se consacrer au sacerdoce, à la vie religieuse ou s’engagent dans la pastorale paroissiale.<br />Pour comprendre la raison de cet essor, nous devrions dire qu’il s’agit avant tout d’une œuvre et de la volonté de Dieu ; ensuite, le « secret humain » réside dans la famille, fondement de la foi vécue en famille.<br />Il faut dire que dans les communautés vietnamiennes, le catéchisme commence très tôt : il débute au sein même de la famille, puis, à l’âge de sept ans, les enfants suivent un catéchisme en vue de la première communion et de la confirmation. Le parcours d’initiation chrétienne est généralement très bien organisé, ce qui permet de consolider et d’approfondir la foi chez les enfants et les jeunes.<br />Je voudrais dire, en particulier, que l’un des moyens habituels qui rapproche les jeunes de l’idée du sacerdoce est le service liturgique à l’autel. Les jeunes commencent, par exemple, leur ministère en tant qu’acolytes. Grâce à cette pratique, ils cultivent une foi solide, mais aussi la familiarité et l’habitude de s’approcher de l’autel ; de plus, ils sont encouragés par leur famille : tout commence là.<br /><br />- Pourriez-vous nous donner quelques informations sur la communauté catholique vietnamienne ?<br /><br />L'Église au Vietnam reste encore un « petit troupeau » avec 7,5 millions de fidèles sur 102 millions de Vietnamiens, soit 7,3 % de la population. Elle est organisée en 27 diocèses. Avec environ 75 à 80 % des fidèles pratiquant activement leur foi, l'Église au Vietnam continue de porter des fruits abondants.<br />Selon les données de 2025, nous comptons 7 453 prêtres, diocésains et religieux confondus ; 27 000 religieux et religieuses ; et 2 500 séminaristes en formation, résidant dans onze grands séminaires. Au sein des conseils pastoraux et des associations catholiques, 70 000 jeunes catéchistes exercent leur ministère dans nos paroisses.<br />Je tiens à souligner que notre nation traverse une période historique où la révolution informatique, le progrès scientifique et la croissance économique sont à la fois un don et une tentation, et peuvent éloigner beaucoup de personnes de Dieu. Face à ces difficultés et à ces défis, tant au sein de l’Église que dans la société, en tant que pasteurs, nous nous efforçons de former chaque baptisé à devenir un authentique disciple et un disciple-missionnaire.<br />Chaque année, nous accueillons environ 30 000 nouveaux baptisés ; en 2025, ils étaient environ 33 000. C’est un grand don. Les communautés paroissiales et religieuses entreprennent de nombreuses initiatives et activités pour témoigner et annoncer l’Évangile. Et de nombreux prêtres vietnamiens issus des diocèses et des ordres religieux sont missionnaires dans différents pays.<br /><br />- Quelle est l'opinion que l'on a de l'Église catholique et des catholiques dans la société ?<br /><br />La société vietnamienne est dirigée par le Parti communiste, qui est athée. Les catholiques ne constituent qu’une minorité dans une société majoritairement bouddhiste ou adhérant à des croyances animistes et populaires. D’un côté, la propagande tente de faire croire que le christianisme est « venu de l’étranger », qu’il a été introduit par des étrangers, et qu’il reste donc étranger à notre culture et à notre nation. Ce type de propagande se ressent non seulement dans l’information, mais aussi dans le système éducatif. On tente de lier les premiers missionnaires au colonialisme, en leur donnant une image négative. Il s’agit là d’une erreur historique, mais délibérée. Nous savons que les premiers missionnaires sont arrivés au Vietnam au XVIIe siècle, alors que les Français ne sont arrivés qu’à la fin du XIXe siècle.<br />D’un autre point de vue, aux yeux des non-catholiques, l’Église catholique est appréciée pour être une réalité bien organisée, bien structurée hiérarchiquement, donc solide, qui offre des certitudes. Les catholiques, en général, sont estimés pour leur contribution au bien de la société à travers leurs œuvres sociales et caritatives. Et même les responsables gouvernementaux – lorsque nous avons l’occasion de dialoguer avec eux – remarquent que, là où il y a beaucoup de catholiques, la criminalité est moins élevée. Dans les grandes villes, où la population a un niveau d’éducation plus élevé, les gens comprennent mieux le catholicisme et ont une bonne opinion de nos communautés, en raison de leurs œuvres caritatives et parce qu’elles apportent des valeurs positives à la société et aux jeunes. Dans les petits villages et les zones reculées, en revanche, l’image de l’Église n’est pas aussi bonne en raison des effets de la propagande.<br /><br />- Les catholiques se présentent comme de « bons citoyens et de bons chrétiens » : est-ce toujours le cas ?<br /><br />C'est l'expression qu'a employée le Pape Benoît XVI à notre égard lors de la visite ad limina de 2009. Cette perspective est très claire d'un point de vue évangélique, et le gouvernement l'utilise lui aussi souvent, tout en lui donnant une connotation un peu plus « politique ». Pour nous, cela signifie que les fidèles ont une foi profonde en Dieu et sont, en même temps, d’excellents citoyens qui aiment leur pays en apportant, par leur travail et leur vie, une contribution active à la société. Les responsables communistes tentent parfois de transformer le concept de patriotisme en « amour du socialisme ». Je voudrais rappeler l’importance de la lettre pastorale de 1980, point de départ de la Conférence épiscopale, car elle dit : « vivre la foi dans son cœur ou au milieu du peuple ». Ce fut un excellent point de départ pour nos relations avec la communauté civile.<br /><br />-Il semble qu'il y ait eu une amélioration progressive des relations bilatérales avec les autorités gouvernementales. L'invitation adressée par le président vietnamien au pape pour qu'il se rende dans le pays s'inscrit-elle dans ce contexte ?<br /><br />Depuis 1980, on constate une amélioration, parallèlement à l’évolution des relations avec le Saint-Siège. Une date importante, par exemple, a été celle de 1989, avec la visite au Vietnam du Cardinal Roger Etchegaray : on peut dire qu’une nouvelle phase a alors commencé et que c’est à partir de ce moment-là que nous avons commencé à parler de dialogue. Des années plus tard, en 2011, le premier « représentant pontifical non résident » du Saint-Siège au Vietnam a été nommé ; en 2023, le représentant pontifical est devenu résident, il s’agit aujourd’hui de l’Archevêque Zalewski. <br />Dans le cadre de ce processus, le groupe de travail mixte Saint-Siège-Vietnam a vu le jour et a commencé à porter des fruits concrets. Je tiens à rappeler que le président précédent avait déjà invité le Pape. Aujourd’hui, le nouveau président To Lam, qui est également secrétaire général du Parti, a invité le Pape Léon au Vietnam en avril dernier. En tant que citoyens vietnamiens et catholiques, nous attendons cette visite avec beaucoup d’espoir. Tel était le souhait du Pape Jean-Paul II lors de la cérémonie de canonisation des 117 saints martyrs vietnamiens en 1988, à Rome. Nous avons confiance dans l’expérience millénaire de la diplomatie pontificale, qui saura agir pour le bien non seulement de l’Église au Vietnam, mais aussi du peuple vietnamien. Lors de la visite ad limina, notre président de la Conférence épiscopale, Joseph Nguyen Nang, Archevêque de Hô Chi Minh , a lui aussi officiellement invité le Pape à se rendre au Vietnam.<br /><br />- Comment s'est passée votre rencontre avec le Pape ?<br /><br />Ce fut une rencontre très chaleureuse et amicale. Léon XIV a parlé de l’Église vietnamienne avec affection : il sait qu’elle est petite, mais active et animée par la ferveur de la jeunesse. Ce qui nous a le plus marqués, lorsque nous venons à Rome et que nous rencontrons le Pape, c’est cette impression de « retour à la maison ». Dans tous les dicastères que nous avons visités, cet esprit était toujours présent, et l’accueil a été chaleureux. On nous a dit : vous n’êtes pas ici seulement pour faire rapport, mais pour construire la communion et l’unité au sein de la famille. Le Pape nous a donné des conseils sur la manière d’exercer notre ministère.<br /> <br />- Quels conseils vous a-t-il donnés ?<br /><br />Le premier conseil utile est d'accorder une attention particulière à la formation des prêtres et des séminaristes. Le deuxième concerne le rôle des laïcs, non seulement dans la collaboration pastorale, mais aussi dans le domaine administratif. Le troisième est l'attention particulière à accorder à la pastorale des jeunes. Le quatrième point consiste à faire en sorte que les femmes puissent participer activement à la vie de l'Église, tout en protégeant leur dignité et leurs droits. Enfin, il nous a invités à prendre soin des mineurs et des personnes vulnérables, en préservant leur vie et leur présence au sein de la communauté. Nous sommes sortis réconfortés et encouragés par les paroles du Pape. Je voudrais rappeler que le 2 juillet 2026, un légat apostolique pontifical viendra dans notre pays pour la béatification du père François Xavier Truong Buu Diep, le martyr qui a donné sa vie en 1946 en témoignant de la charité envers les pauvres et les souffrants. Cet événement sera sans aucun doute une joie et un encouragement précieux pour le Peuple de Dieu au Vietnam et nous inspirera tous à vivre et à témoigner de l’Évangile avec encore plus de zèle.<br /><br />- Si elle se concrétise un jour, quelle pourrait être la portée du voyage du Pape au Vietnam pour l'Église locale ?<br /><br />Cela pourrait revêtir une grande importance, car ce serait la première fois de l'histoire qu'un pape se rendrait au Vietnam. Ce serait significatif pour les catholiques : on imagine la joie et l'enthousiasme que cela susciterait, ainsi que le renforcement de la foi ; mais ce serait également significatif pour les non-catholiques. Le Pape est le chef suprême de l’Église universelle. Même les non-catholiques apprécient beaucoup notre pape en tant que promoteur de la paix ; sa présence serait donc certainement très significative et il recevrait un accueil chaleureux.<br /><br />- Quels souvenirs gardez-vous des premiers missionnaires qui ont apporté la foi au Vietnam, et quel rapport entretenez-vous avec cette mémoire ?<br /><br />Les Vietnamiens éprouvent une immense gratitude envers les missionnaires. Nous sommes heureux d'avoir reçu le don de la Bonne Nouvelle de l'Évangile grâce aux missionnaires. Nous nous souvenons en particulier du jésuite français Alexandre de Rhodes, une figure très importante, arrivé au Vietnam en 1600 et qui a eu l'occasion de collaborer avec un autre missionnaire, le Portugais Francisco de Pina, pour transcrire la langue locale en utilisant les caractères latins. Ce sont eux qui ont créé un nouveau système d’écriture de la langue vietnamienne, que nous utilisons encore aujourd’hui. Grâce à eux, le Vietnam est le seul pays d’Asie à utiliser l’alphabet latin, alors que d’autres pays ont leur propre calligraphie. Inventer une nouvelle écriture pour un peuple est une œuvre d’une très grande valeur. Les gouvernements vietnamiens, ainsi que les universités vietnamiennes, bien qu'ils soient parfois réticents à mentionner l'œuvre des missionnaires, ne peuvent nier ce fait et rendent à Alexandre de Rhodes et à ses compagnons l'hommage qui leur est dû.<br />Nous avons accueilli au Vietnam des missionnaires issus de nombreux autres ordres religieux, tels que les jésuites, les augustins, les dominicains, les franciscains, les prêtres de la Société des Missions Étrangères de Paris et bien d’autres encore. Les deux premiers missionnaires de la MEP ont également été les deux premiers Évêques nommés par le Saint-Siège au Vietnam, respectivement au Sud et au Nord : Mgr Lambert de la Motte et Mgr François Pallu. En leur honneur, nous avons ouvert en 2024 l’enquête diocésaine en vue de leur cause de béatification.<br />Je voudrais rappeler que nos communautés organisent souvent des pèlerinages pour se rendre sur les tombes des missionnaires, toujours avec une immense et profonde gratitude. De nombreux missionnaires sont enterrés au Vietnam ; ils ont donné leur vie jusqu’au bout, ce sont des missionnaires « ad vitam ». Nous sommes très émus et éprouvons une profonde affection lorsque nous voyons les tombes des missionnaires. Ils nous ont laissé un témoignage vivant de la foi. L'influence des missionnaires au Vietnam est très profonde, non seulement dans les mentalités, mais aussi dans la culture et la structure de l'Église vietnamienne. Nous les remercions surtout parce que, grâce à leur présence, nous avons reçu le don de la foi.<br /><br />- Quel lien existe-t-il encore aujourd'hui avec les martyrs vietnamiens et leur spiritualité ? Que représentent-ils aujourd'hui pour la vie de l'Église ?<br /><br />Les catholiques vietnamiens sont généralement très fiers et reconnaissants envers nos martyrs. Cela se voit très clairement dans les communautés catholiques de la diaspora, en Europe, aux États-Unis et dans d’autres parties du monde. Lorsqu’ils se regroupent pour former une communauté ou fonder une chapelle, le nom fait souvent référence aux saints martyrs vietnamiens ou la communauté est dédiée à Notre-Dame de La Vang. Nous nourrissons un amour et une dévotion profonds pour les martyrs vietnamiens et c’est pourquoi, à travers tout le pays, on voit de très nombreux sanctuaires qui leur sont dédiés, sur leur lieu de naissance ou sur le lieu de leur martyre.<br />Imaginez qu’en 200 ans d’événements mouvementés et de persécutions, on estime à environ 130 000 le nombre de martyrs vietnamiens. Il y a même le cas d’un village entier de martyrs : des personnes brûlées vives simplement parce qu’elles croyaient en Christ. Parmi eux, 117 ont été canonisés en 1988 et un a été béatifié en 2000.<br />À Hanoï, nous sommes en train d’achever la construction d’un nouveau sanctuaire dédié aux martyrs. Il sera prêt fin 2026 et sera inauguré l’année prochaine, à l’occasion de la première réunion de la Conférence épiscopale au sanctuaire national. L’année 2027 marquera en effet le 400e anniversaire de l’arrivée d’Alexandre de Rhodes à Thang Long .<br />La spiritualité des martyrs, c'est la fidélité à Dieu. Nous essayons d'enseigner à nos fidèles qu'aujourd'hui, il n'y a plus de persécution comme autrefois, mais que la fidélité reste la même. Dans la société moderne, où des phénomènes tels que le consumérisme et la sécularisation éloignent de Dieu, l'esprit des martyrs, la fidélité, est plus que jamais nécessaire.<br /><br />- Vous avez évoqué la Vierge de La Vang : pourquoi est-elle si importante pour les fidèles vietnamiens et que signifie cette dévotion ?<br /><br />La Vang est le nom d'un lieu situé au centre du Vietnam, où, il y a plus de 200 ans, de nombreux fidèles, fuyant les persécutions, ont trouvé refuge. C'était une forêt. D'un point de vue terminologique – parmi les différentes hypothèses –, le nom « La Vang » fait référence au nom d'un type de feuilles présentes dans cette forêt.<br />Alors que ces fidèles priaient le Rosaire, ils ont vu apparaître la Vierge Marie qui les a encouragés à rester authentiques dans leur foi et à toujours rester fidèles car « Je suis toujours avec vous », leur a dit la Vierge. Et elle a promis que quiconque viendrait prier en ce lieu verrait ses prières exaucées. Ainsi, peu à peu, La Vang est devenu un lieu de pèlerinage et abrite aujourd’hui un sanctuaire marial national.<br />Il y a plus de vingt ans, la Conférence épiscopale du Vietnam a décidé de créer une statue de la Vierge Marie aux traits et aux vêtements vietnamiens. L'une des premières statues a été bénie par le pape Jean-Paul II avant d'être vénérée au Vietnam. La signification spirituelle de ce lieu réside dans la profonde dévotion mariale filiale de la population. Le peuple vietnamien nourrit un immense amour pour la Vierge Marie, notamment parce que l’image de la mère, dans notre culture, est une figure merveilleuse qui incarne la résilience, le sacrifice, l’amour inconditionnel et qui est le pilier de la famille et de la société.<br />Il y a là un écho culturel, car les Vietnamiens aiment beaucoup la figure de la « mère ». Ainsi, non seulement les catholiques prient la Vierge Marie, mais les bouddhistes aussi trouvent facile de s’adresser à elle. Dans notre tradition poétique et littéraire, il existe d’innombrables chants et dictons sur la figure de la mère. C’est aussi grâce à cela qu’il est de tradition que tous les fidèles viennent vers Marie pour exprimer leur dévotion et demander des grâces. Ils viennent vers Marie afin que Marie les conduise vers le Christ.<br /><br />Mon, 18 May 2026 13:54:52 +0200L'Archevêque de Prague dans l'ancien camp nazi : la réconciliation doit être proclamée même si cela « ne convient pas »https://www.fides.org/fr/news/77693-L_Archeveque_de_Prague_dans_l_ancien_camp_nazi_la_reconciliation_doit_etre_proclamee_meme_si_cela_ne_convient_pashttps://www.fides.org/fr/news/77693-L_Archeveque_de_Prague_dans_l_ancien_camp_nazi_la_reconciliation_doit_etre_proclamee_meme_si_cela_ne_convient_paspar Bohumil Petrík<br /><br />Litoměřice - « Jésus ne veut pas que nous fassions des exceptions dans le pardon, comme lorsque nous disons : “Jusqu’ici, je te pardonne, mais là, je ne te pardonne plus. » C’est ainsi que l’Archevêque de Prague, Stanislav Přibyl, a rappelé la fécondité de « proclamer sans cesse » le pardon et la réconciliation, « que cela semble opportun ou non » dans les différentes circonstances et aux yeux des autres. Il l’a fait à l’occasion de la récente célébration œcuménique qui s’est déroulée dans l’ancien camp de concentration nazi de Terezín, dans l’église locale de la Résurrection du Seigneur, en République tchèque.<br />La rencontre œcuménique célébrée le 9 mai était le cinquième événement organisé dans le cadre du Jubilé de la Réconciliation, proclamé pour 2026 par Stanislav Přibyl lui-même alors qu’il était encore Évêque du diocèse de Litoměřice. Par la suite, Mgr Přibyl a été nommé Archevêque de Prague par le Pape Léon XIV, et il exerce actuellement également la fonction d’Administrateur Apostolique de Litoměřice.<br />Le Jubilé de la Réconciliation a été proclamé pour panser les blessures encore ouvertes de la Seconde Guerre mondiale, dont la fin est célébrée en République tchèque le 8 mai, jour férié national. Chaque mois de l’année 2026, un événement – prière, messe ou pèlerinage – ouvert à tous se déroule dans l’un des lieux liés aux atrocités ou aux violences perpétrées pendant et après la guerre.<br />« L’Année de la Réconciliation s’est révélée être un signe des temps, regardez ce qui se passe en politique », a poursuivi l’Archevêque de Prague lors de la rencontre avec les représentants de certaines confessions à Terezín, avant de souligner :<br />« Lorsque nous traversons des moments sombres, on brandit la carte de la menace, on commence à compter les personnes comme des chiffres dans une statistique et on commence à créer sa propre justice. »<br />Selon l’Archevêque tchèque, il ne faut pas réduire les tragédies de la haine à de simples données statistiques, et il ne s’agit pas de compter « combien de personnes sont mortes pendant et après la guerre ». Car « lorsqu’une personne meurt, c’est le monde entier qui meurt ».<br />Le sermon a été suivi d’une prière commune du Notre Père en tchèque et en allemand. Les prêtres de différentes confessions ont ensuite prié pour l’harmonie entre les nations, pour les lieux touchés par la guerre, pour la réconciliation d’une société divisée par l’humilité, et pour tous ceux qui ont souffert à Terezín. À la fin, le Te Deum a été entonné.<br />En 1941, le ghetto de Terezín a été créé. Dans ce camp de transit, pendant l’occupation nazie, jusqu’à 35 000 personnes ont perdu la vie en raison des conditions de vie épouvantables, et environ 140 000 Juifs y ont transité avant d’être envoyés vers d’autres camps de concentration. Aujourd'hui, en République tchèque, un musée a été créé pour perpétuer le souvenir de ces atrocités.<br />Un chapitre moins connu de l'histoire est qu'à l'intérieur de la forteresse de Terezín, il y avait un camp d'internement pour Allemands, en activité de 1945 à 1948. Certains en furent envoyés vers d'autres camps et prisons, mais plus de 500 y trouvèrent la mort.<br />En 1938, l’Allemagne nazie avait annexé les Sudètes, la région à majorité allemande de la Tchécoslovaquie, et institué le Protectorat de Bohême et de Moravie. À la suite de la défaite de l’Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale, la Tchécoslovaquie avait expulsé environ 3 millions d’Allemands entre 1945 et 1946, principalement de la région des Sudètes, qui fait aujourd’hui partie du diocèse de Litoměřice. Certains Allemands furent tués, d’autres poussés au suicide.<br />L’Année sainte dans le diocèse de Litoměřice a également célébré, le 13 janvier, la guérison miraculeuse de l’orpheline Magdalena Kade, qui a suivi une apparition proclamée de la Vierge Marie et la fondation, en 1946, de l’Ackermann-Gemeinde, un groupe catholique pour la réconciliation créé par les Allemands expulsés vers l’Allemagne.<br />Le premier événement du Jubilé de la réconciliation a été célébré précisément le 13 janvier. Le prochain – le pèlerinage de Postoloprty vers Žatec – est prévu le 3 juin prochain.. .Sun, 17 May 2026 11:35:43 +0200AMÉRIQUE/COLOMBIE - Les Évêques encouragent les initiatives en faveur d'un « vote responsable » à l'approche des électionshttps://www.fides.org/fr/news/77692-AMERIQUE_COLOMBIE_Les_Eveques_encouragent_les_initiatives_en_faveur_d_un_vote_responsable_a_l_approche_des_electionshttps://www.fides.org/fr/news/77692-AMERIQUE_COLOMBIE_Les_Eveques_encouragent_les_initiatives_en_faveur_d_un_vote_responsable_a_l_approche_des_electionsBogotá – En vue des élections présidentielles prévues en Colombie le 31 mai, les Évêques et les organismes catholiques ont lancé diverses initiatives visant à promouvoir une participation électorale éclairée et responsable.<br />Au cas où aucun candidat n'obtiendrait la majorité absolue, un second tour est prévu le 21 juin 2026.<br />La Conférence épiscopale a signalé l’aggravation de la violence dans le sud-ouest du pays, en particulier dans les départements du Cauca, de la Vallée du Cauca, de Nariño, de Huila et de Meta. Dans un communiqué récent, publié le 27 avril, les Évêques ont exprimé leur inquiétude face à la situation humanitaire résultant des affrontements armés, qui touchent la population civile et les communautés vulnérables, soulignant que ces événements affaiblissent les conditions fondamentales de la coexistence démocratique. Ils ont également réaffirmé que « rien ne justifie la violence ».<br />C'est pourquoi les Évêques, par l'intermédiaire du Service épiscopal pour le pardon, la réconciliation et la paix – organisme créé en 2023 par les Évêques colombiens pour coordonner les initiatives ecclésiales en faveur de la réconciliation et de la paix –, ont organisé trois séminaires en ligne ouverts au public et diffusés sur la chaîne YouTube et la page Facebook de la Conférence épiscopale colombienne , sous le titre : « Église, citoyenneté et paix. Un phare d’espoir en période électorale ». <br />L’objectif est d’offrir des outils de discernement inspirés de l’Évangile et de la doctrine sociale de l’Église, afin de renforcer l’engagement civique et le bien commun dans l’exercice du vote.<br />Dès la fin de la 120e Assemblée plénière, qui s'est tenue à Bogotá en février 2026, les Évêques avaient rappelé que les citoyens sont appelés à participer aux élections « en toute liberté de conscience et sans aucune forme de pression ou de corruption », invitant à vivre le processus électoral dans un climat de responsabilité démocratique et à rejeter toute forme de violence, de désinformation ou de polarisation.<br />Dans le même esprit, le diocèse de Palmira, situé dans le sud-ouest du pays dans une région touchée par la violence, a diffusé le document « La politique est la forme la plus élevée de la charité », un guide pastoral proposant des critères de discernement électoral à la lumière du Magistère de l’Église. Le document offre des orientations pour un vote responsable, comprend un « décalogue de l’électeur catholique » et invite à s’informer rigoureusement, à lutter contre la désinformation et à renforcer une culture démocratique fondée sur le respect et le dialogue, sans exprimer de soutien à des options politiques spécifiques.<br />Les trois rencontres virtuelles organisées par la Conférence épiscopale ont pour objectif « d’accompagner les fidèles et tous les citoyens afin qu’ils puissent exercer leur droit de vote en toute liberté et en toute connaissance de cause ». Il s’agit de proposer des outils d’analyse face aux urgences du contexte politique et social, avec la participation d’experts en pastorale, en doctrine sociale et en sciences sociales qui abordent des thèmes liés à l’éthique dans la vie publique, au discernement chrétien et à la responsabilité civique.<br />La première de ces rencontres, intitulée « La politique comme vocation : évangéliser la politique à la lumière de la foi », s’est déroulée le lundi 11 mai en présence de Mgr Héctor Fabio Henao Gaviria, délégué de la Conférence épiscopale pour les relations Église-État. La série se poursuit le 18 mai avec le webinaire « Choisir en conscience : vote, réconciliation et bien commun », consacré au discernement éthique du vote à la lumière de la justice, de la réconciliation et de la paix. Le cycle s’achève le 25 mai avec la rencontre « Voter dans l’espérance : une décision libre, consciente et en paix », visant à accompagner les citoyens afin qu’ils exercent leur droit de vote en toute liberté intérieure.<br />La Conférence épiscopale a souligné que l’Église ne soutient ni partis ni candidats, mais encourage la formation de la conscience morale des électeurs, estimant que « la participation politique est une expression concrète de la charité et de l’engagement pour la justice ».<br /> <br />Sat, 16 May 2026 18:54:00 +0200ASIE/PAKISTAN - Le Cardinal Coutts : « Le Pakistan, médiateur de paix : œuvrons pour l'harmonie, dans notre pays et dans le monde »https://www.fides.org/fr/news/77691-ASIE_PAKISTAN_Le_Cardinal_Coutts_Le_Pakistan_mediateur_de_paix_oeuvrons_pour_l_harmonie_dans_notre_pays_et_dans_le_mondehttps://www.fides.org/fr/news/77691-ASIE_PAKISTAN_Le_Cardinal_Coutts_Le_Pakistan_mediateur_de_paix_oeuvrons_pour_l_harmonie_dans_notre_pays_et_dans_le_mondeRome - « Le Pakistan joue le rôle de médiateur de paix entre deux grands acteurs, l’Iran et les États-Unis, en faveur de la paix mondiale. C’est une évolution très positive. Je suis également surpris que le Pakistan soit soudainement perçu de manière aussi positive par le monde, par les autres pays, par la communauté internationale », déclare à l’Agence Fides le Cardinal Joseph Coutts, Archevêque émérite de Karachi, présent au sein de la délégation des Évêques du Pakistan à Rome pour la visite ad limina apostolorum.<br />S'adressant à Fides, le Cardinal déclare : « J'espère que nous pourrons continuer à réfléchir et à agir dans ce sens, et ne pas nous concentrer sur le développement des armements. Car je crains que ces deux choses aillent de pair : le Pakistan développe lui aussi ses propres armements, ses missiles et ses navires. Il faut écouter l'appel du pape Léon en faveur d'une paix « désarmée et désarmante » et nous engager ensemble pour un désarmement mondial. Nous espérons et prions pour que le Pakistan choisisse véritablement la voie d’un authentique effort de paix ».<br />« Dans le terrible contexte de la guerre au Moyen-Orient – souligne le Cardinal Coutts –, le fait que le Pakistan soit impliqué dans cet effort de paix est positif et constitue un espoir pour nous tous. À notre humble niveau, au sein de la petite communauté chrétienne du Pakistan, nous travaillons dans le même sens : promouvoir la paix et l’harmonie ».<br />« Je préfère de loin parler d’“harmonie” plutôt que de dialogue interreligieux », précise le Cardinal, qui a fait du mot « harmonie » sa devise épiscopale. « L’harmonie, en effet, signifie acceptation mutuelle. Le dialogue, quant à lui, peut signifier exposer ses propres positions sans aucun changement. Le but de toute rencontre, en revanche, est d’écouter l’autre et de construire l’harmonie qui engendre la paix. L’utilisation de ce mot est importante et, aujourd’hui, le gouvernement pakistanais l’utilise lui aussi, en créant le ministère ou le bureau des minorités religieuses et de l’harmonie sociale. L’harmonie sociale est liée à l’harmonie religieuse. On ne peut pas séparer ces deux éléments », note-t-il.<br />« L’harmonie est proche de ma pensée car elle signifie fraternité, elle signifie travailler ensemble pour atteindre un niveau de coexistence pacifique sur cette terre. C’est une mission, une mission spirituelle que nous continuons à mener en tant que chrétiens du Pakistan, malgré les défis et les difficultés, et qui, nous l’espérons, pourra avoir une influence également au niveau politique », conclut-il.<br /> <br /><br /><br /><br />Sat, 16 May 2026 17:12:09 +0200AFRIQUE/R.D.CONGO - La pauvreté et la violence affligent la province ecclésiastique de Kinshasa, affirment les Évêqueshttps://www.fides.org/fr/news/77690-AFRIQUE_R_D_CONGO_La_pauvrete_et_la_violence_affligent_la_province_ecclesiastique_de_Kinshasa_affirment_les_Evequeshttps://www.fides.org/fr/news/77690-AFRIQUE_R_D_CONGO_La_pauvrete_et_la_violence_affligent_la_province_ecclesiastique_de_Kinshasa_affirment_les_EvequesKinshasa – « Pauvreté, insécurité généralisée, attaques ciblées contre l’Église catholique, ses représentants et ses institutions, ainsi que l’augmentation alarmante de la violence physique et verbale ». Tel est le tableau brossé par les Évêques réunis en Assemblée épiscopale de la province ecclésiastique de Kinshasa , qui s’est tenue du 6 au 13 mai à Inongo. La province ecclésiastique de Kinshasa comprend l’Archidiocèse de Kinshasa et les diocèses suffragants suivants : Boma, Idiofa, Inongo, Kenge, Kikwit, Kisantu, Matadi, Popokabaka. <br />Dans leur déclaration publiée à l'issue des travaux, les Évêques ont également dénoncé d'autres maux qui affligent les populations de la province ecclésiastique, tels que « les exactions le long des fleuves et des routes, la prolifération des barrages routiers, les taxes inappropriées, l'abandon des jeunes à leur sort, la corruption dans les milieux éducatifs et les institutions publiques, les retards dans le paiement des salaires des fonctionnaires dans les zones rurales et l'isolement de plusieurs régions ».<br />Depuis longtemps, les transporteurs fluviaux congolais dénoncent les abus administratifs et financiers dont ils sont victimes de la part de la police, des militaires et des fonctionnaires de l'administration publique. Le fleuve Congo offre un énorme potentiel pour désengorger Kinshasa en matière de transport de personnes et de marchandises, mais il est peu exploité en raison de ces abus et du manque d'infrastructures.<br />Les Évêques ont toutefois pris acte de certains efforts déployés par le gouvernement pour assurer l'approvisionnement en électricité et améliorer les infrastructures routières dans certaines zones de la province ecclésiastique ; ils ont salué l'engagement des autorités à rétablir la paix dans les zones touchées par les violences de la milice Mobondo et ont exprimé l'espérance que ces efforts se poursuivent. Les miliciens « Mobondo » sont accusés d'avoir pris part aux violences qui ont éclaté depuis 2022 entre les communautés Yaka et Teke . La milice a vu le jour en juin 2022 à la suite d’un conflit territorial et coutumier entre les communautés Teke et Yaka . Les Yaka se sont organisés en groupes armés appelés « Mobondo », du nom d’amulettes « magiques » qui protégeraient ceux qui les portent des armes de l’ennemi. Selon les sources, le conflit a fait jusqu’à présent entre 3000 et 5 000 morts, en plus de dizaines de milliers de déplacés. Les miliciens Mobondo ont désormais atteint les environs de Kinshasa, bloquant les routes et les zones rurales. <br />Fri, 15 May 2026 17:01:04 +0200ASIE/INDE - Deux salésiens enlevés puis libérés au Manipur : les Naga et les insurgés du Myanmar impliqués dans l'instabilité généralehttps://www.fides.org/fr/news/77689-ASIE_INDE_Deux_salesiens_enleves_puis_liberes_au_Manipur_les_Naga_et_les_insurges_du_Myanmar_impliques_dans_l_instabilite_generalehttps://www.fides.org/fr/news/77689-ASIE_INDE_Deux_salesiens_enleves_puis_liberes_au_Manipur_les_Naga_et_les_insurges_du_Myanmar_impliques_dans_l_instabilite_generaleImphal - Deux jeunes salésiens ont été enlevés puis relâchés après 24 heures de séquestration au Manipur, un État du nord-est de l'Inde où règne une grande instabilité en raison du conflit ethnique qui sévit depuis 2023. Les deux jeunes sont sains et saufs, a communiqué à l’Agence Fides le père Suresh SDB, de la province salésienne de Dimapur, exprimant son « grand soulagement ».<br />Les deux religieux salésiens Albert Panmei Aching et Peter Poji Küvisie ont été enlevés vers 21h00 le 13 mai alors qu’ils se rendaient du complexe Don Bosco à Imphal, capitale du Manipur, au centre salésien de Maram, situé à environ 20 kilomètres de là. Après une nuit et une journée de tension et de peur, les deux jeunes religieux ont été libérés dans la soirée du 14 mai.<br />Le Provincial des Salésiens de Dimapur, le père Joseph Pampackal SDB, a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui se sont mobilisés pour la libération de ses confrères et a salué « les efforts coordonnés des organisations de la société civile, des chefs religieux, des anciens de la communauté et des forces de l'ordre : leur intervention a contribué à une issue pacifique de cette affaire », a-t-il écrit dans un communiqué. <br />Le père Pampackal a remercié les membres de la communauté Kuki qui ont assuré la sécurité des deux salésiens pendant leur captivité, parlant d’un « témoignage de réconciliation et de respect mutuel même dans des circonstances difficiles ». Il a réaffirmé « l’engagement des Salésiens en faveur de la construction de la paix, du dialogue et du service dans la région », réitérant « la mission des Salésiens de servir le peuple avec foi, courage et compassion, même dans des circonstances difficiles ».<br />Cet incident s'est produit peu après le grave massacre de trois pasteurs baptistes, tués dans une embuscade le matin du 13 mai, ainsi que le chauffeur de leur convoi, tandis que trois autres pasteurs se trouvent actuellement à l'hôpital .<br />À propos de cet incident, la Conférence Épiscopale de l'Inde a exprimé « sa profonde douleur et ses condoléances pour cette embuscade tragique » et a condamné « cet acte odieux commis contre des chefs religieux qui sont restés une source vitale d'espérance et de force en ces temps difficiles de troubles sociaux. La violence ne fait qu’aggraver les blessures, prolonger la souffrance et affaiblir les liens qui unissent nos communautés ».<br />Faisant écho aux paroles de Mgr Linus Neli, Archevêque d’Imphal, les Évêques ont lancé un appel « à toutes les parties concernées afin qu’elles s’abstiennent de toute forme de violence et de représailles ». « Guidés par le véritable esprit chrétien, nous implorons toutes les communautés d’embrasser plutôt le dialogue, le pardon, la réconciliation, la modération et la coexistence pacifique », ont-ils écrit, exhortant les autorités « à agir avec sagesse, équité et sensibilité afin que la paix et la justice prévalent et que la confiance soit rétablie entre les communautés ».<br />Dans une note adressée à Fides, l’« All India Catholic Union » , une organisation représentative du laïcat catholique indien, souligne : « Ce meurtre ne peut être considéré comme un crime isolé, car il s’inscrit dans le contexte d’une détérioration continue de la paix et de la gouvernance constitutionnelle au Manipur. Depuis mai 2023, plus de 250 vies ont été perdues. Plus de 60 000 personnes ont été déplacées. Des centaines d’églises et de villages ont été détruits. Des milliers de personnes continuent de vivre dans des camps de réfugiés ». <br />L'AICU rappelle qu'« un grand nombre d'armes pillées dans les arsenaux de la police et des forces de sécurité restent entre des mains illégales, et que des groupes armés et des milices privées continuent d'opérer en toute impunité. Cette situation est inacceptable dans une démocratie constitutionnelle. Le gouvernement central et le gouvernement du Manipur ont le devoir constitutionnel de rétablir l'État de droit dans l'État ».<br />« La paix – observe l’organisation – ne peut être rétablie tant que des groupes armés contrôlent les routes, les villages et les frontières communautaires. La récupération des armes pillées doit être considérée comme une priorité de sécurité nationale. Trois ans, c’est une période très longue pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays qui vivent dans des camps de réfugiés gérés par le gouvernement et l’Église dans l’État ».<br />Par ailleurs, souligne l'AICU, il est urgent d'engager un dialogue politique associant les dirigeants représentatifs des trois communautés concernées, les Meitei, les Kuki-Zo et les Naga : « Le Manipur ne peut être gouverné uniquement par le déploiement des forces de sécurité. La division actuelle de l'État en zones distinctes n'est pas la paix. Aucune communauté ne peut être abandonnée et aucune communauté ne peut être autorisée à en dominer une autre par la violence, la peur ou le silence de l’État ». L'AICU demande que soit garantie la protection des chefs religieux, des acteurs de la société civile, des volontaires humanitaires et des médiateurs de paix qui se déplacent au-delà des frontières des communautés pour la réconciliation et l'aide, car « ceux qui risquent leur vie pour la paix et l'harmonie ne peuvent être laissés sans défense ». « Nous appelons toutes les personnes de foi et de bonne volonté à rejeter la vengeance, à résister à la haine et à défendre la dignité de chaque être humain », conclut la note.<br />La situation du conflit au Manipur s'est encore compliquée, car les tensions ethniques, qui ont débuté il y a trois ans entre les Meitei et les Kuki-Zo, se sont désormais transformées en une hostilité profondément enracinée et généralisée, et se sont étendues aux groupes Naga, le troisième groupe ethnique résidant dans l'État. <br />« Le gouvernement de l’État – souligne Johna Dayal, porte-parole de l’AICU, à Fides – n’a pas réussi à mettre fin au cycle des affrontements ni à mettre en place des mécanismes de réconciliation efficaces. Aujourd’hui, avec la reprise du conflit Naga-Kuki et l’intensification des tensions, il existe un risque que les troubles dégénèrent en un conflit prolongé similaire à celui des années 90 », lorsque l’État du Manipur a été ravagé par un grave conflit interethnique opposant les Kukis aux Nagas et qui, entre 1993 et 1998, a causé plus d’un millier de morts, la destruction de centaines de villages et le déplacement de milliers de personnes. Un autre élément inquiète les observateurs : outre les dynamiques internes, le Manipur en proie à des troubles voit l’arrivée d’un nouvel acteur dans le conflit ethnique. Il s’agit des insurgés du Myanmar, dans l’État birman de Chin, limitrophe du Manipur. La majorité de la population de l’État, en effet, est composée du même groupe ethnique Kuki que celui appelé Chin au Myanmar.<br /> Fri, 15 May 2026 16:42:39 +0200