Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.Renaître à Chiclayohttps://www.fides.org/fr/news/77532-Renaitre_a_Chiclayohttps://www.fides.org/fr/news/77532-Renaitre_a_Chiclayo<p ><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/M0sBDxs9u3c?si=hTMBSnMHn_y6N2G1" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p><br /><br />par Domitia Caramazza<br /><br />Chiclayo - La « querida diócesis » de Mgr Robert Francis Prevost est désormais devenue la « ciudad de Papa León XIV ». Depuis le 8 mai 2025, jour de l’élection du pape, Chiclayo a cessé d’être une simple périphérie géographique et existentielle. Ce n’est toutefois pas cet événement isolé qui l’a fait renaître. Cet événement n’a fait que rappeler, marquer et raviver une histoire de renaissance et de libération qui a progressivement pris forme dans la région de Lambayeque, au nord du Pérou. Pas celle qui plonge ses racines dans l’ancienne civilisation pré-incaïque Moche représentée par les sculptures monumentales du Paseo Yortuque, l’avenue d’entrée de la ville, ou racontée au Musée des Tombes Royales de Sipán. Il s’agit de l’histoire chrétienne incarnée dans le cheminement de foi d’une communauté avec son Évêque, aujourd’hui pape. Depuis le jour de sa nomination au trône pontifical, la fréquentation des célébrations liturgiques, des catéchèses et des événements ecclésiaux a augmenté. <br />Dans le diocèse dont « el padre Roberto » – comme l’appellent affectueusement les gens du coin –, j’ai vu s’entremêler de nouveaux fils d’une trame péruvienne complexe : ceux qui tissent les dessins surprenants de la « présence existentielle de Jésus dans les bidonvilles, chez les marginaux, les malades, les immigrés et les toxicomanes » .<br /><br />Renaître au sein de la communauté « In Dialogo »<br /><br />Dans le nord du Pérou, au cœur de banlieues marquées par la pauvreté, les migrations et les nouvelles dépendances, la Communié 'In Dialogo' poursuit une mission que résume la phrase que je lis à l’entrée : « Aimer une personne, c’est lui dire : “Tu ne mourras pas”. L’aimer en Christ, c’est lui offrir la résurrection totale ». Ce sont des paroles qui accueillent tout le monde, dans chaque centre de la Communauté fondée il y a trente-cinq ans, en Italie, par le père Matteo Tagliaferri, présent depuis 2004 également à Chiclayo – Reque. Tout a commencé par la demande d’aide d’une mère péruvienne pour son fils Jesus qui souffrait d’une dépendance. Le père Matteo a répondu en accueillant ce jeune homme, comme il l’avait fait avec le premier garçon de la Communauté, en Italie.<br />« Tout a commencé lorsqu’un père m’a confié son fils, Danilo, dans ma voiture, près du presbytère de Casamaina où j’étais curé », se souvient-il : « Je n’ai pas pensé à accueillir un toxicomane, mais une personne. J’ai accueilli Danilo. À ce moment-là, j’ai eu l’occasion de redonner le grand amour reçu de Dieu le Père, découvert alors que j’étais un adolescent effrayé, renfermé et brisé. Je suis le premier jeune de la Communauté ». Il nous salue par un appel vidéo depuis le siège central de Trivigliano. Son approche et son regard, dans un contexte comme celui du Pérou, sont tout sauf évidents. Mgr Jesús Moliné Labarta, Évêque émérite de Chiclayo, qui se rend régulièrement à la Communauté « In Dialogo » de Chiclayo pour y apporter un soutien spirituel, qualifie de « audacieuse » la méthode de l’ami vincentien, car « les gens s’attendent à autre chose, mais en fin de compte, c’est l’Évangile. C’est ainsi que la personne accueillie peut entamer un processus de conversion et faire l’expérience de la rencontre avec Jésus-Christ ». Le système des centres de réadaptation est en effet marqué par de graves problèmes : il existe un vaste réseau de centres dépourvus de toute réglementation effective, où la dépendance est traitée selon une logique punitive. Des environnements fermés, semblables à des « prisons », des admissions forcées et des pratiques coercitives ont même fait l’objet de dénonciations internationales. Dans ce contexte, l’expérience de la Communauté en Dialogue se distingue par une approche radicalement différente : ne pas isoler la personne, mais la rencontrer ; ne pas réprimer le comportement, mais en comprendre les causes et soigner les blessures ; ne pas enfermer ni ghettoïser, mais accompagner sur un chemin de liberté et de responsabilité. C’est un lieu de renaissance pour ceux qui sont confrontés à la dépendance, à l’alcoolisme, à la solitude et au désarroi. C’est aussi une ligne de front pour lutter contre la menace récente de la « drogue ‘tusi’ – un mélange de substances synthétiques bon marché, parfois fabriqué à la maison à l’aide de tutoriels accessibles sur Internet – souvent vendue comme de la « cocaïne rose » dans les écoles péruviennes, où elle fait des ravages parmi les mineurs », m’explique Sandro, le premier à m’accueillir à l’aéroport et à témoigner de sa renaissance après avoir frôlé la « mort » avec la cocaïne.<br /><br />Sandro, né à Arequipa de parents migrants italiens, mais qui a grandi jusqu’à l’âge de vingt ans à Milan où il a découvert la cocaïne, est aujourd’hui, à soixante ans, animateur de la Communauté « In Dialogo » à Chiclayo : « La drogue n’était que la conséquence d’un mal plus profond. Un mal de l’âme. Mais avant, je ne le comprenais pas ». Pendant des années, ce vide est resté là, sans nom. Ce mal plonge ses racines dans son histoire : un père absent, une mère distante, une enfance marquée par un sentiment d’exclusion. « Au début, j’ai simplement commencé à essayer de combler ce vide avec la cigarette, puis avec autre chose. Et sans m’en rendre compte, je me suis retrouvé pris dans un tourbillon qui m’emportait. Maman, ne sachant plus quoi faire de moi, a décidé de m’éloigner de ce milieu et de m’envoyer au Pérou. » Mais à Lima, la dépendance de Sandro à la cocaïne prend une forme différente de celle, plus visible et marginale, qu’on connaît habituellement. « Ma toxicomanie était un peu différente de celle des autres. Je ne manquais pas d’argent, j’avais de belles voitures, je menais une belle vie. » Cette « belle vie » devient cependant un piège silencieux, qui prolonge le problème dans le temps. « D’un côté, je pense que c’était une bonne chose, car je n’ai pas eu à faire certaines choses… Mais d’un autre côté, cela a prolongé ma toxicomanie. »<br />Le tournant s'est produit vers l'âge de cinquante ans. Après quinze ans de relation, sa compagne l'a mis devant un choix définitif. « Elle m'a dit : « Sandro, fais quelque chose pour ta vie, sinon c'est fini. » C'est à ce moment-là que Sandro a commencé à chercher de l'aide. Il l'a trouvée grâce à un oncle entrepreneur naturalisé péruvien qui connaissait la Communauté 'In Dialogo' de Chiclayo. « C'est la communauté qui a tout changé. J’avais 52 ans – raconte-t-il avec une extrême franchise – Les premiers mois ont été difficiles, je ne comprenais pas ce qui se passait. On parlait d’amour, d’accueil… je n’arrivais pas à comprendre. » Mais il décide de rester. Le parcours n’est pas linéaire : il tente à plusieurs reprises de revenir à sa vie d’avant, et échoue à chaque fois. « La troisième fois, j’ai compris que je devais m’arrêter. » Au fil du temps, cet environnement qu’il ne comprenait pas au départ devient son foyer. Sandro est aujourd’hui un accompagnateur, une référence pour les jeunes qui suivent un parcours similaire au sien. « Aujourd’hui, j’ai une paix intérieure que je n’avais jamais connue auparavant. J’essaie de la mettre à la disposition des autres. La Communauté m’a donné la possibilité de relire ma vie avec un autre regard, à travers un regard d’amour. C’est là qu’a commencé ma renaissance. Avant, sans drogue, je ne savais pas vivre. Aujourd’hui, oui. »<br /><br />Pendant 21 ans, la communauté « In Dialogo » n’a compté qu’un centre pour hommes ; depuis l’année dernière, un foyer pour femmes a également ouvert ses portes. C’est Alicia, 44 ans, « première pierre vivante » de cette communauté, qui en dénonce courageusement la raison : « Je vis à Chiclayo, une ville où très peu de femmes osent demander de l'aide parce qu'elles ont peur d'être jugées. Ici, les femmes ne peuvent pas être alcooliques, elles ne peuvent pas avoir de problèmes de dépendance, car elles sont stigmatisées. Seul l'homme peut avoir des problèmes, pas la femme. Elle doit rester à la maison et être irréprochable », explique Alicia. Et elle ajoute : « Mais en réalité, le sentiment de vide et les problèmes ne concernent pas seulement un genre. Nous tous, hommes et femmes, sommes exposés aux mêmes risques ». Dans une culture où la fragilité féminine est souvent niée ou stigmatisée, de nombreuses femmes restent invisibles. Mais la création de la communauté féminine à Chiclayo offre un nouvel espace où il est possible de se reconnaître et de prendre un nouveau départ. C’est pour répondre à l’appel à l’aide d’Alicia que le père Matteo Tagliaferri a ouvert la première maison pour femmes de la Communauté 'In Dialogo' au Pérou. « Ils m’ont accueillie. Ils n’ont pas vu une personne avec un vice ou un besoin d’alcool, mais une femme qui demandait de l’aide ». Ses paroles font écho avec force à celles du fondateur. Elles jaillissent, réclament de l’espace, exigent d’être écoutées. « J’ai compris que mon problème venait d’un manque d’amour, de l’absence d’un père, de l’absence d’une mère qui était là et qui n’était pas là, de mauvais traitements… », raconte-t-elle, comme si elle reconstituait les morceaux d’une vie. Elle ne parle pas seulement de dépendance : elle parle aussi d’un vide existentiel. « Au début, je pensais que ce n’était qu’un problème de dépendance, mais la communauté m’a appris à soigner mes blessures et à me débarrasser de mes masques ». C’est le récit d’une révélation, d’un lent travail sur elle-même qui passe par l’honnêteté, la chute et la possibilité de se relever. « Ici, on m’a appris à vouloir vivre », ajoute-t-elle, comme si cette volonté était une conquête récente, à la fois fragile et extrêmement puissante, après quatre tentatives de suicide…<br /><br />À cette reconquête d'elle-même et de la vie s'ajoute la relation surprenante qu'elle entretient avec ses enfants. « L'une des choses qui m'a le plus marquée, c'est qu'ils m'ont toujours soutenue. » Sa fille aînée, étudiante, ne s’est jamais éloignée : elle continuait à lui rendre visite, jusqu’à lui demander d’amener ses camarades de classe découvrir la communauté. Une proposition qui, au départ, déconcerte Alicia, la forçant à faire face à la honte et à la stigmatisation intériorisée : « Comment peut-elle faire ça, alors que moi, sa mère, je suis ici, dans un centre de réadaptation ? ». Mais sa fille dissipe toutes ses craintes : « Maman, je suis sereine. Maintenant, je sais où tu es, je sais que tu vas bien. » Dans ces mots déconcertants, Alicia reconnaît quelque chose qu’elle n’avait pas prévu : non pas le jugement, mais l’amour extraordinaire d’une fille capable de la régénérer, même en tant que mère. Son témoignage est celui d’une « résurrection du cœur », riche de gratitude. « Ici, on m’a appris à aimer la vie et chaque fois que je me lève, je dis : merci de m’avoir sauvé la vie, regarde comme elle est belle ! Je veux dire à tout le monde que la vie est belle, que Dieu m’a appris à aimer et à m’aimer moi-même ». Alicia est déjà entrée dans la phase de réinsertion professionnelle. Notre rencontre se termine par une étreinte.<br /><br />Je garde aussi dans mon cœur l’histoire du jeune César : « Je suis alcoolique », dit-il sans détour. Ses mots ont un ton différent, plus sec, presque retenu. « Quand je repense au passé, je crois que je n’ai jamais été heureux. Je n’ai jamais été heureux. » Il remonte le temps, lui aussi, à la recherche de l’origine de cette dépendance : l’insécurité, le manque de confiance en soi, un besoin affectif qu’il n’a pas su reconnaître. « Mes parents ont essayé de tout me donner, mais peut-être que je n’ai pas compris leur façon de faire. » À partir de là, une série de mauvais choix, jusqu’à l’autodestruction. Mais lorsqu’il parle de la Communauté, le récit prend une autre direction. « Ici, on m’apprend quelque chose que je n’ai pas connu pendant 35 ans : l’amour ». Une expérience concrète : des valeurs, des principes, des règles, des relations qui préparent à retourner dans la société « en tant qu’homme, de manière responsable ». Ce qui le touche le plus, c’est la gratuité : « Je n’ai jamais vu des gens qui voulaient vraiment t’aider sans rien attendre en retour ». C’est dans cette découverte que César reconnaît un tournant décisif : apprendre à recevoir pour pouvoir rendre. « Jour après jour, j’essaie de donner un peu de ce qu’on m’a donné ». Et dans la phrase que lui ont adressée les animateurs : « Tu as déjà vécu la moitié de ta vie dans l’obscurité. Il est temps de commencer à vivre l’autre moitié dans la lumière », se résume le sens d’un parcours qui n’efface pas le passé, mais tente de le rouvrir, qui n’ignore pas les blessures mais en fait des meurtrières de lumière.<br /><br />Cette œuvre missionnaire est également rendue possible grâce à un réseau de personnes partageant la même vision, qui place au centre la dignité de la personne et la possibilité de rédemption. Parmi elles, Giorgio Batistini, un entrepreneur italien émigré au Pérou après la guerre, aujourd’hui âgé de 90 ans. Installé dans la région de Chiclayo, Batistini a mené, parallèlement à son activité entrepreneuriale, une action constante en faveur du tissu social, en soutenant des initiatives éducatives et en collaborant avec les universités locales. Sa rencontre et son amitié avec la 'Comunità In Dialogo' se traduisent par un soutien concret aux parcours d’accueil et de réinsertion.<br />Juan Carlos Reaño, laïc de la Société Saint-Vincent-de-Paul, collaborateur de la Communauté 'In Dialogo' depuis plus de quatorze ans, évoque quant à lui le lien avec l’Église locale et se souvient de Mgr Prevost, alors Évêque du diocèse. « Il est venu nous rendre visite un matin, il a découvert la réalité, le fléau de la toxicomanie, et le projet de notre communauté. Il nous a encouragés à partager notre temps avec ceux qui en ont le plus besoin, tout en nous montrant l’exemple. Il a toujours soutenu avec force les initiatives de service ». La Communauté 'In Dialogo' en fait partie, mais s’inscrit dans un contexte missionnaire plus large. C’est Juan Carlos lui-même qui élargit le regard.<br />Renaître grâce à la Commission pour la mobilité humaine et la traite des personnes <br />Juan Carlos Reaño a également eu « l’occasion de bien connaître Mgr Prevost, en travaillant au sein de la Commission pour la mobilité humaine et la traite des personnes, au service des personnes qui se déplaçaient à Chiclayo et ne trouvaient pas d’endroit où vivre. Des personnes contraintes de passer la nuit dans la rue. Il allait lui-même leur rendre visite, il connaissait toute la réalité et s’impliquait pour répondre aux besoins qu’il rencontrait à chaque fois qu’il se rendait dans ces communautés ».<br />L'enseignante vénézuélienne Betania Rodriguez en témoigne également : « Je suis arrivée, comme tous les migrants, avec ma famille, mon mari et mes deux enfants, en 2019. Au cours des mois suivants, ne pouvant pas travailler car je n’avais pas de titre de séjour, raconte-t-elle, je me suis consacrée à donner des cours particuliers aux enfants migrants qui ne pouvaient pas accéder au système scolaire. Mgr Prevost s’est préoccupé de la communauté migrante, en particulier de celle du Venezuela, car à ce moment-là, c’était celle qui semblait la plus touchée, et cette préoccupation a conduit à rapprocher les laïcs de l’Église catholique et à soutenir les migrants en situation de vulnérabilité. C’est là qu’est née la Commission pour la mobilité humaine et le traitement des personnes du diocèse de Chiclayo, dont l’objectif principal est de faire la différence à travers trois principes fondamentaux : accueillir, protéger et promouvoir la communauté migrante. La mission pastorale de Mgr Prevost a laissé une empreinte profonde dans nos cœurs. Sa présence a été un phare d’espérance, en particulier pour les migrants et les réfugiés arrivés au Pérou en quête d’une vie digne. Il a construit des ponts de solidarité, rappelant que l’Église est appelée à être une maison pour tous. <br />Un style qui se retrouve également dans les paroles de Juan Carlos, qui souligne sa méthode et son héritage : « Il nous encourageait toujours à mener un travail collaboratif, un travail dans l’unité, un travail qui doit être celui de tous, afin de rendre le service plus chaleureux et plus efficace. « Plus nous serons unis, disait-il, plus nous formerons une communauté capable d’accueillir et de faire face à tous ces besoins et à toutes ces difficultés ». <br />Nous sommes animés par un sentiment d’espérance à l’idée qu’il reviendra bientôt visiter sa chère Chiclayo". <br />Tue, 31 Mar 2026 14:03:24 +0200AFRIQUE/NIGERIA - Plusieurs diocèses nigérians avancent la veillée pascale pour des raisons de sécuritéhttps://www.fides.org/fr/news/77531-AFRIQUE_NIGERIA_Plusieurs_dioceses_nigerians_avancent_la_veillee_pascale_pour_des_raisons_de_securitehttps://www.fides.org/fr/news/77531-AFRIQUE_NIGERIA_Plusieurs_dioceses_nigerians_avancent_la_veillee_pascale_pour_des_raisons_de_securiteAbuja – Pour des raisons de sécurité, la veillée pascale dans de nombreux diocèses catholiques du Nigeria ne se tiendra pas de nuit comme par le passé, mais sera célébrée en début de soirée. C’est le cas, par exemple, du diocèse d’Ondo qui a annoncé, dans un message publié le 30 mars, la décision de l’Évêque, Mgr Jude Ayodeji Arogundade, d’avancer la veillée pascale à 17 heures le Samedi Saint.<br />« À la lumière de la réalité de notre époque, en particulier de l’insécurité qui règne dans notre pays et notre État, et par souci de prudence et de sensibilité pastorale, l’Évêque, Mgr Jude Arogundade, a décidé que la veillée pascale dans toutes les paroisses et communautés du diocèse débutera cette année à 17 heures précises », indique le message signé par le chancelier diocésain, Fr. Michael O. Eniayeju. <br />Le message invite le clergé, les religieux et les fidèles « à rester fermes dans la foi chrétienne en la résurrection de notre Seigneur, que la veillée pascale célèbre solennellement » et à veiller car « la sécurité est une préoccupation pour tous ». « Toutes les paroisses et communautés sont invitées à renforcer les mesures de sécurité et nous prions sans cesse pour la paix et la protection de notre terre », conclut le message.<br />À l’approche des célébrations pascales, l’inquiétude grandit face aux attaques djihadistes contre les communautés chrétiennes.<br />Le dimanche des Rameaux, au moins 27 personnes ont été tuées lors d'une attaque contre la communauté d'Angwan Rukuba, dans le district de Jos North, dans l'État du Plateau . Les assaillants, qui, selon les informations disponibles, portaient des uniformes militaires de camouflage et se déplaçaient à moto, ont fait irruption dans la communauté vers 19 h 30, alors que les habitants vaquaient encore à leurs occupations quotidiennes. Ils ont commencé à tirer sans discernement, semant la panique parmi les habitants.<br />Cette attaque a été unanimement condamnée par les chefs de toutes les confessions religieuses. La section de l'État du Plateau de la Jama'atu Nasril Islam a qualifié cette attaque de barbare et d'absurde, demandant au gouvernement et aux autorités compétentes d'enquêter sur les responsables. La JNI est l'organisation qui regroupe les différents groupes de fidèles musulmans du Nigeria. <br />Dans une déclaration signée par son secrétaire, le Dr Salim Musa Umar, il a affirmé : « La JNI condamne fermement cette attaque. Elle est barbare, insensée et constitue une grave menace pour la paix et la cohabitation dans l’État du Plateau. » « Nous sommes profondément attristés par l'ampleur de cette tragédie. Le caractère sacré de la vie humaine ne doit jamais être bafoué, quelles que soient les circonstances. Cet acte de violence est inacceptable et doit être condamné par tous », conclut la déclaration.<br />Daniel Okoh, président de la CAN , a déclaré : « Nous sommes en deuil. Nous sommes attristés. Mais nous devons aussi dire la vérité. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment se fait-il que les gens ne se sentent plus en sécurité chez eux ? Comment se fait-il que, même un jour saint, les communautés soient exposées à une telle terreur ? ». Le président de la CAN souligne en outre que « l’utilisation de faux uniformes militaires ou d’imitations par les assaillants est particulièrement alarmante. Elle touche au cœur même de la confiance des Nigérians et doit faire l’objet d’une enquête approfondie. Nos institutions de sécurité ne doivent pas seulement réagir, mais aussi anticiper ces menaces ». <br />Tue, 31 Mar 2026 13:46:20 +0200ASIE/PAKISTAN - Le nouvel Archevêque de Lahore rend visite à une famille catholique : « Proximité et solidarité avec ceux qui souffrent »https://www.fides.org/fr/news/77530-ASIE_PAKISTAN_Le_nouvel_Archeveque_de_Lahore_rend_visite_a_une_famille_catholique_Proximite_et_solidarite_avec_ceux_qui_souffrenthttps://www.fides.org/fr/news/77530-ASIE_PAKISTAN_Le_nouvel_Archeveque_de_Lahore_rend_visite_a_une_famille_catholique_Proximite_et_solidarite_avec_ceux_qui_souffrentLahore - Proximité et solidarité envers tous les fidèles qui vivent dans la souffrance et subissent des violences : c'est ce qu'a exprimé le nouvel Archevêque de Lahore, Khalid Rehmat OFM Cap, en rendant visite aux parents et à la famille d'Iftkhar Masihi, un jeune catholique retrouvé mort alors qu'il était en garde à vue. L'Archevêque, qui a pris ses fonctions dans le plus important diocèse du Pakistan le 28 mars, a tenu à se rendre, en signe d'empathie et d'affection, au domicile des parents du jeune homme, bouleversés par le tragique événement survenu le 26 mars dans le quartier de Kahna à Lahore. Le jeune Iftikhar Masih a été retrouvé pendu à l'intérieur du poste de police de la zone industrielle. <br />Les circonstances de sa mort restent floues et ont soulevé des questions sur la sécurité des détenus et sur la conduite des forces de l'ordre. Le vice-inspecteur général de Lahore, Faisal Kamran, qui dirige l'enquête, a corroboré le soupçon qu'il s'agisse d'un meurtre déguisé en suicide. Il a décidé d'enregistrer l'affaire au titre de l'article 302 du code pénal pakistanais, qui traite précisément des cas de meurtre. Dans le cadre de l'enquête, des mandats d'arrêt immédiats ont été émis à l'encontre des agents de police impliqués dans l'incident.<br />Cet événement a suscité une profonde indignation au sein de la communauté chrétienne de tout le Pakistan. Ce tragique épisode a profondément ébranlé la communauté des fidèles, qui s'interroge sur la responsabilité des forces de l'ordre et sur la sécurité des citoyens pakistanais appartenant à des minorités religieuses.<br />Dans ce contexte, le geste de l'archevêque visait à exprimer son rôle de guide et sa responsabilité dans la défense et la prise en charge de tout le troupeau de ses fidèles, en soutenant la foi et la charité de l'Église de Lahore. <br />L'Archevêque a commencé son ministère pastoral par une cérémonie d'installation le 28 mars, rappelant, avec les mots de saint Oscar Romero, qu'« un Évêque n'est pas un administrateur ou un simple fonctionnaire, mais un serviteur de Dieu, un pasteur, un frère et un compagnon qui marche avec le peuple et comprend les signes des temps à la lumière de la foi ». « Le ministère n’est pas une question de pouvoir, mais de service : je suis ici non pas pour être servi, mais pour servir », a-t-il poursuivi, ajoutant que son ministère « ne consiste pas à éviter la Croix, mais à la porter avec amour ».<br />Il a ensuite prononcé des paroles pour appeler tout le monde à l’unité : « Notre monde, notre société, nos familles et l’Église sont parfois confrontés à des divisions, mais le rêve de Dieu est toujours l’unité. C’est pourquoi, a-t-il dit, en tant que votre Archevêque, ma première responsabilité est de servir l’unité : d’unir les riches et les pauvres, les jeunes et les personnes âgées, ainsi que les personnes de cultures différentes, car l’Église ne nous appartient pas, mais appartient au Christ, qui unit tout le monde ». Évoquant l’imminence de Pâques, il a rappelé : « Le Christ, par son sacrifice, nous unit et nous sauve ».<br /><br />Tue, 31 Mar 2026 13:31:09 +0200AFRIQUE/MOZAMBIQUE - L'Archevêque de Nampula : l'Église, un rempart face à la violence et à l'insécuritéhttps://www.fides.org/fr/news/77529-AFRIQUE_MOZAMBIQUE_L_Archeveque_de_Nampula_l_Eglise_un_rempart_face_a_la_violence_et_a_l_insecuritehttps://www.fides.org/fr/news/77529-AFRIQUE_MOZAMBIQUE_L_Archeveque_de_Nampula_l_Eglise_un_rempart_face_a_la_violence_et_a_l_insecuriteNampula – « Au Mozambique, la croix n’est pas seulement un symbole de foi ; elle est devenue un motif de persécution pour ceux qui la portent. Depuis 2021, les insurgés ont commencé à combattre sous le drapeau de l’État islamique, attaquant les missions catholiques et forçant les gens à se convertir à l’islam. Cependant, la question religieuse ne semble pas être la cause principale du conflit ». C’est ce qu’a déclaré l’Archevêque de Nampula, Inácio Saure, I.M.C., lors d’une récente rencontre au Parlement européen à Bruxelles. « L’une des causes principales de la guerre à Cabo Delgado semble être l’intérêt de groupes tournant autour des ressources minières. Cependant, notre réponse n’est pas la haine, mais le pardon, le service et l’amour. Dans les provinces de Nampula et de Cabo Delgado, l’Église catholique reste en première ligne, transformant ses paroisses en centres d’accueil sans murs blindés ni gardes armés », a rappelé le prélat à propos du contexte de l’extrémisme violent dans le nord du Mozambique, soulignant que « nous croyons que la solution au problème de Cabo Delgado et du Mozambique ne réside pas seulement dans l’action militaire, mais dans le développement intégral de la dignité humaine ».<br />« Votre soutien, à travers le deuxième programme “Hungary Helps”, peut être une lumière – a déclaré Mgr Saure, qui est également président de la Conférence épiscopale du Mozambique , s’adressant au Parlement européen –, un phare d’espérance au bout du tunnel sombre pour des milliers de personnes déplacées, garantissant que le christianisme et la paix continuent de prospérer sur le sol mozambicain. »<br /><br />L'intervention de l'Archevêque s'inscrit dans le cadre de sa demande visant à faire pression sur les multinationales afin qu'elles forment et embauchent des jeunes de la région, dans le but de contribuer à résoudre les problèmes qui favorisent la recrudescence de l'extrémisme violent dans la région. Selon la presse locale, concernant ce qu’il considère comme une pression économique, l’Archevêque de Nampula invoque également la « responsabilité des entreprises », afin que « les multinationales du gaz et des mines à Cabo Delgado et Nampula ne soient pas le problème, mais une partie de la solution, et soient obligées d’embaucher et de former des jeunes locaux, en garantissant que l’aide humanitaire soit une priorité absolue ». Saure a également demandé que l’Union européenne fasse pression sur le gouvernement du Mozambique pour que l’aide parvienne à destination et s’attaque aux causes profondes telles que l’exclusion, le sous-développement, la corruption et la gestion des ressources, en plus de fournir un soutien militaire, « dans la formation, et pas seulement dans la fourniture d’armes ».<br /> <br />« Même si on n'en parle presque jamais, la violence qui a éclaté en octobre 2017 à Cabo Delgado n'est pas terminée. Elle s'est transformée », souligne-t-il. Alors que les principales villes semblent en apparence sûres, d'où leur surpeuplement de personnes déplacées vivant dans des conditions déplorables, la brousse et les zones rurales restent des zones de conflit, des lieux où règne une mort inhumaine. Selon les statistiques accessibles au public, la guerre a déjà fait des millions de déplacés internes, comme vient de l’affirmer le député Gyorgy Holvény, et plus de 6 000 morts ! » Dans le contexte de la guerre, on affirme qu’« il ne s’agit pas seulement de l’“ennemi sans visage”, comme l’appelaient les dirigeants au début du conflit. Il s’agit de jeunes locaux radicalisés par la pauvreté et l’exclusion, ainsi que de combattants étrangers expérimentés. Ils sont plus mobiles, organisés en cellules plus petites, et attaquent désormais également la province de Nampula. Rappelons-nous Chipene, où ils ont tué la religieuse italienne Maria de Copi en 2022 pour disperser les forces militaires », et « le profil des déplacés internes est le suivant : 80 % sont des femmes et des enfants. Nampula en accueille des centaines de milliers. Ils ne se trouvent pas uniquement dans les centres d’accueil officiels ; la plupart vivent dans des familles d’accueil déjà appauvries, ce qui épuise les ressources de la province ».<br /><br />« Le modèle des centres de réinstallation est un échec. Nous avons besoin de solutions de logement permanentes intégrées dans les communautés locales. Nampula est en proie à des épidémies cycliques de choléra dues à la surpopulation et aux mauvaises conditions d'hygiène et d'assainissement, qui entraînent des déséquilibres écologiques et une pénurie de ressources. Les services d'hygiène et d'assainissement de base sont une question de biosécurité. C'est toute une génération qui est en train d'être perdue. Des milliers d’enfants déplacés n’ont ni papiers d’identité ni accès à l’école, ce qui en fait des cibles faciles pour les terroristes », a-t-il déclaré à propos des réponses apportées à la crise humanitaire. « Et l’Église, conclut l’Archevêque de Nampula, a été le dernier rempart, grâce aux réponses qu’elle a apportées, axées sur le soutien psychosocial, la distribution d’aide humanitaire et la promotion de la cohésion sociale. »<br /> <br /><br />Mon, 30 Mar 2026 19:03:46 +0200AMÉRIQUE/HAÏTI - Exécutions, abus, gangs armés : ce contexte de violence ne décourage pas la petite communauté catholique de Pourcine Pic-Makayahttps://www.fides.org/fr/news/77528-AMERIQUE_HAITI_Executions_abus_gangs_armes_ce_contexte_de_violence_ne_decourage_pas_la_petite_communaute_catholique_de_Pourcine_Pic_Makayahttps://www.fides.org/fr/news/77528-AMERIQUE_HAITI_Executions_abus_gangs_armes_ce_contexte_de_violence_ne_decourage_pas_la_petite_communaute_catholique_de_Pourcine_Pic_MakayaPourcine Pic-Macaya – Un million quatre cent mille personnes contraintes de quitter leur foyer vivent aujourd’hui en tant que déplacés internes et plus de 5 500 sont mortes rien qu’en 2025. Tels sont les chiffres alarmants publiés dans un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme , qui confirme la violence qui sévit depuis des années sur l’île des Caraïbes, perpétrée par des groupes armés ayant consolidé leur pouvoir sur d’importantes voies maritimes et routières. Selon ce qui ressort du rapport transmis à l'Agence Fides, la violence implique des bandes criminelles, les forces de sécurité, des sociétés de sécurité privées et des groupes d'autodéfense.<br /><br />Selon les données vérifiées par le Bureau, entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026, au moins 5 519 personnes ont été tuées en Haïti et 2 608 blessées. Au cours des 12 derniers mois, les gangs criminels se sont étendus au-delà de la capitale Port-au-Prince, pénétrant dans ses banlieues et se déplaçant vers le nord dans les départements de l'Artibonite et du Centre, indique le rapport. Elles continuent de terroriser la population, tuent, enlèvent, font le trafic d’enfants, volent aux barrages illégaux, extorquent de l’argent aux commerces, détruisent et pillent les biens publics et privés. Les criminels ont pris pour cible des personnes perçues comme collaborant avec la police ou comme défiant son autorité. Certaines victimes ont été exécutées, leurs corps souvent aspergés d’essence et brûlés. D'autres ont été soumises à des « procès » organisés par les gangs, détenues arbitrairement et parfois contraintes de payer pour obtenir leur libération. « Les gangs ont continué à recourir à la violence sexuelle pour semer la terreur, soumettre et punir la population », ajoute le rapport, décrivant en détail des abus extrêmement graves. Au cours de la période examinée par les Nations unies, au moins 1 571 femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles, principalement des viols collectifs. D’autres, dont des mineures, ont été contraintes d’entretenir des « relations amoureuses » avec des membres de gangs criminels et ont subi une exploitation et des abus sexuels prolongés. Le rapport documente également des cas d’usage excessif de la force par la police, signalant 247 cas contre des membres présumés de gangs criminels ou des individus considérés comme des partisans de ces gangs. Depuis mars 2025, une société militaire privée, vraisemblablement engagée par le gouvernement haïtien, a participé à des opérations de sécurité, notamment à des attaques par drones. Le rapport ne manque pas de faire référence à la violence perpétrée par des groupes d’autodéfense et des foules se livrant à ce qu’on appelle la « justice populaire ». Armés de pierres, de machettes et d’armes à feu de gros calibre, ces groupes ont lynché des personnes soupçonnées d’appartenir à des gangs criminels, ainsi que d’autres jugées coupables d’infractions.<br /> <br />Dans ce contexte de destruction et de violence qui touche le territoire haïtien, la petite communauté catholique de Pourcine Pic-Makaya, à 300 km de Jérémie, réagit dans un esprit de fraternité, en gardant confiance et en se préparant à Pâques. « Les gens, de tous âges, aiment participer activement, en tant qu’acteurs, aux différentes initiatives, qu’elles soient religieuses, culturelles, scolaires ou à l’occasion de fêtes civiles… Si on les encourage, ils savent bien s’organiser en groupes capables de mettre en valeur ces activités, importantes pour renforcer la cohésion sociale et construire la communauté locale », écrit à Fides le père Massimo Miraglio, missionnaire camillien, curé de l’église Notre-Dame du Secours à Pourcine. « Ces jours-ci – poursuit-il –, avec l’aide d’une ONG, nous réhabilitons certaines plantations familiales de bananes et de plantains détruites par l’ouragan Melissa . Cent cinquante familles des différentes localités de Pourcine-Pic Makaya uniront leurs forces pour relancer la production locale. En petits groupes, à tour de rôle, ils travailleront dans les différentes plantations et, à la fin de la journée de travail communautaire, ils recevront un repas… très apprécié », souligne le père Massimo. « Une fois le travail dans les bananeraies terminé, accompagnés et aidés par quatre jeunes agronomes, chacun s’occupera de sa propre plantation en demandant de temps à autre un coup de main, afin d’accélérer les travaux grâce à une petite somme d’argent mise à disposition. Relancer la production de bananes et de plantains est important pour nourrir la population au cours des prochains mois... Travailler ensemble renforce la vie communautaire ! »<br /><br />Alors que les enfants s'apprêtent à passer les examens du deuxième trimestre à l'école maternelle et primaire paroissiale, la communauté se prépare, de son côté, à la Semaine Sainte et poursuit les préparatifs pour la fête nationale du drapeau, qui sera célébrée le 18 mai.<br /> <br />Mon, 30 Mar 2026 18:45:56 +0200AFRIQUE/NIGERIA - L'Évêque d'Ondo demande la démission du chef d'état-majorhttps://www.fides.org/fr/news/77527-AFRIQUE_NIGERIA_L_Eveque_d_Ondo_demande_la_demission_du_chef_d_etat_majorhttps://www.fides.org/fr/news/77527-AFRIQUE_NIGERIA_L_Eveque_d_Ondo_demande_la_demission_du_chef_d_etat_majorAbuja – « Je ne pense pas que notre gouvernement soit sérieux. Je dis cela parce que si vous regardez notre ville ici à Akure, Akure est envahie. Des inconnus arrivent, d’où viennent-ils ? Et le gouvernement prétend ne pas savoir ce qui se passe ? », a déclaré Mgr Jude Ayodeji Arogundade, Évêque d’Ondo, dans son homélie lors de la messe du dimanche des Rameaux, au lendemain de l’enlèvement de trois personnes survenu aux premières heures du samedi 28 mars au Centre de santé intégrée d’Oke Ijebu, à Akure, la capitale de l’État situé dans le sud-est du Nigeria. En raison de ce nouvel épisode de violence, les services de santé de l’État risquent d’être interrompus en raison de la menace de boycott des gardes de nuit par les infirmiers et les sages-femmes.<br />Mgr Arogundade a lancé un appel aux autorités de l’État et fédérales pour qu’elles garantissent la sécurité des citoyens, menacée par ce qu’il qualifie d’« individus étranges » qui « s’emparent de positions stratégiques sous les yeux de tous, qui regardent impuissants jusqu’à ce qu’ils commencent à frapper et à tuer ».<br />Sans le nommer, l'Évêque d'Ondo a critiqué le chef d'état-major de la défense, le général Olufemi Oluyede, qui avait qualifié les criminels opérant au Nigeria de « fils prodigues ».<br />« La personne qui devrait veiller à la sécurité du Nigeria a déclaré la semaine dernière que ces terroristes étaient des fils prodigues. Mon Dieu, comment peut-on minimiser l'énormité de ce que ces individus ont fait à ce pays ? », a déclaré Mgr Arogundade.<br />Ces personnes « ont pratiquement déclaré la guerre au Nigeria, à son gouvernement et à tous les citoyens honnêtes de ce pays. Et vous les appelez des fils prodigues ? Le fils prodigue de la Bible n’a pas tué son père, ni son frère pour s’emparer des biens. Le fils prodigue est parti, a tout perdu et s’occupait des porcs. Il n’a pas tué le maître des porcs pour s’emparer de tout », a souligné l’Évêque, qui a demandé la démission du général Oluyede. « Dans un pays civilisé, cet homme devrait démissionner », a-t-il affirmé, rappelant que « nous avons perdu 41 personnes ici, dans mon diocèse, et ceux qui les ont tuées seraient les fils prodigues ? Je ne crois pas que ce pays soit sérieux. Nous, les Nigérians, prétendons ne pas savoir ce qui se passe. Le moment est venu de se poser la question qui s’impose ».<br />Mgr Arogundade a conclu en invitant les fidèles à prier : « Nous devons prier, c'est notre devoir de chrétiens. Nous devons prier, mais dans le même temps, le gouvernement doit assumer ses responsabilités. Pas seulement quand les gens diront que la situation a dégénéré… Moi aussi, j'ai un temps douté qu'il s'agisse réellement d'un génocide. C'est en train de se produire, et cela se propage comme une traînée de poudre ». <br />Le général Oluyede avait fait ces déclarations lors de la conférence inaugurale du Centre conjoint de doctrine et de guerre des forces armées au Centre de conférences de l’armée nigériane à Abuja.<br />Ses commentaires interviennent dans un contexte de critiques incessantes à l’encontre de l’« Opération Corridor de sécurité », le programme de déradicalisation militaire visant à réhabiliter et à réintégrer les anciens insurgés qui se rendent.<br />S'adressant aux sceptiques qui soutiennent que les terroristes « doivent être tués » pour leurs crimes, Oluyede a plaidé en faveur d'une approche plus nuancée, soulignant la nécessité de proposer des voies alternatives à ceux qui sont prêts à renoncer à la violence. <br />Mon, 30 Mar 2026 18:17:42 +0200ASIE/MALAISIE - L'ambassadeur malaisien Assan : « Le respect de la dignité humaine et du droit international est la voie vers la paix au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est »https://www.fides.org/fr/news/77520-ASIE_MALAISIE_L_ambassadeur_malaisien_Assan_Le_respect_de_la_dignite_humaine_et_du_droit_international_est_la_voie_vers_la_paix_au_Moyen_Orient_et_en_Asie_du_Sud_Esthttps://www.fides.org/fr/news/77520-ASIE_MALAISIE_L_ambassadeur_malaisien_Assan_Le_respect_de_la_dignite_humaine_et_du_droit_international_est_la_voie_vers_la_paix_au_Moyen_Orient_et_en_Asie_du_Sud_Estpar Paolo Affatato<br /><br />Cité du Vatican - Concernant le conflit au Moyen-Orient, « la Malaisie soutient le dialogue, le respect du droit international et la protection de la dignité humaine, conditions indispensables à un ordre international stable et juste ». Le pays « soutient l’engagement de l’ASEAN en faveur de la paix, de la stabilité et d’un ordre régional fondé sur des règles ». C’est ce qu’affirme, dans une interview accordée à l’Agence Fides, Hendy Assan, ambassadeur de Malaisie auprès du Saint-Siège. Diplomate catholique originaire de la partie insulaire de la Malaisie , l’ambassadeur Assan, citoyen d’un pays multiculturel et multiconfessionnel, confirme la volonté de rétablir un climat de paix et de coopération en Asie du Sud-Est, déchirée par le conflit au Myanmar et par les récentes tensions entre la Thaïlande et le Cambodge.<br /><br />D - Monsieur l'ambassadeur Assan, le monde est en proie à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Quel est votre point de vue, du point de vue de l'Orient ?<br /><br />La situation au Moyen-Orient est extrêmement grave et profondément préoccupante. Il ne s'agit pas simplement d'un nouveau conflit régional, mais d'un conflit qui risque de dégénérer en une guerre de plus grande ampleur, avec des conséquences mondiales très dangereuses sur les plans humanitaire, politique et même moral. Lorsque la violence s'intensifie dans une région aussi sensible et historiquement complexe, son impact s'étend bien au-delà de ses frontières.<br />Conformément aux principes de longue date de la politique étrangère de la Malaisie, le premier constat que nous devons faire est que la guerre ne peut jamais être considérée comme une solution aux problèmes politiques. La guerre peut temporairement modifier la réalité sur le terrain, mais elle multiplie presque toujours les souffrances, aggrave les divisions et crée des blessures qui durent des générations. Les victimes immédiates sont toujours les civils, les familles, les enfants et les gens ordinaires qui n’ont aucune responsabilité dans les décisions politiques mais en paient le prix le plus fort.<br />La Malaisie a toujours soutenu le dialogue pacifique, le respect du droit international et la protection de la dignité humaine. Ce ne sont pas là des idéaux abstraits. Ce sont des nécessités concrètes si nous voulons un ordre international stable et juste. Il est essentiel que toutes les parties fassent preuve de modération, évitent une nouvelle escalade et reprennent dès que possible le dialogue diplomatique. La communauté internationale doit renouveler son engagement en faveur d’une paix juste et durable au Moyen-Orient.<br />La paix ne s'impose pas par la force. Elle se construit avec courage, par le dialogue et la reconnaissance mutuelle. Le monde d'aujourd'hui n'a pas besoin de plus d'armes ni de plus de conflits. Il a besoin de sagesse, de patience et de la volonté politique de choisir la paix plutôt que le conflit.<br /><br />D - Pour en venir à la situation de votre pays, la Malaisie est une nation multiculturelle et multiethnique. Comment peut-on maintenir l'unité nationale et prévenir les conflits sociaux ou religieux ? Comment préserver l'harmonie ?<br /><br />La Malaisie compte environ 35 millions d'habitants et se compose de Malais et d'autres communautés autochtones bumiputera, qui représentent ensemble environ 70 % de la population, de Malais d'origine chinoise , d'Indiens et de nombreuses communautés autochtones, principalement à Sabah et au Sarawak. L'islam est la religion officielle de la Fédération, mais le bouddhisme, le christianisme, l'hindouisme, le sikhisme et les croyances traditionnelles sont tous pratiqués ouvertement.<br />Dans un tel contexte, l'unité nationale ne peut être considérée comme acquise ; elle doit être cultivée de manière délibérée. La Constitution fédérale en fournit le cadre de référence central. Elle reconnaît l'islam comme religion de la Fédération, tout en garantissant la liberté de religion. Le « Rukun Negara », notre philosophie nationale introduite après les événements de mai 1969, énonce les principes qui guident notre coexistence : la foi en Dieu, la loyauté envers le Roi et la patrie, la primauté de la Constitution, l'État de droit, la bonne conduite et la moralité.<br />L'harmonie est maintenue grâce à une combinaison de garanties juridiques, de politiques de développement inclusives et d'un engagement intercommunautaire constant. Cependant, des défis subsistent. Les politiques identitaires peuvent s'intensifier en période d'incertitude économique. Les réseaux sociaux peuvent amplifier les discours polarisants. Les disparités socio-économiques entre les régions et les communautés doivent être abordées avec prudence afin d'éviter tout ressentiment. La clé pour prévenir les conflits réside dans le renforcement des institutions, la promotion de l'éducation civique et l'encouragement d'un dialogue constant entre les groupes religieux et ethniques, en particulier parmi les jeunes.<br /><br />D - Le soutien aux politiques islamiques conservatrices semble gagner du terrain dans le pays, en particulier parmi les jeunes électeurs malaisiens. Comment la liberté de religion est-elle garantie en Malaisie ?<br /><br />Selon un sondage réalisé en 2023 par le Pew Research Center, 86 % des musulmans malais se sont prononcés en faveur de l'officialisation de la loi islamique , mais ce résultat doit être replacé dans le contexte de l'actuel système juridique malais. La Malaisie applique déjà un système juridique dualiste. Les tribunaux de la charia ont compétence sur les questions personnelles et familiales des musulmans, tandis que les tribunaux civils conservent leur autorité en matière pénale, constitutionnelle et à l'égard des non-musulmans.<br />La liberté religieuse est garantie par l'article 11 de la Constitution fédérale, qui consacre le droit de toute personne à professer et à pratiquer sa religion. Les non-musulmans ne sont pas soumis à la juridiction de la charia. Les églises, les temples et autres lieux de culte fonctionnent ouvertement dans tout le pays. Les communautés chrétiennes, y compris les catholiques, célèbrent des liturgies dans différentes langues et gèrent des institutions sociales et caritatives.<br />Le défi consiste à préserver l'équilibre constitutionnel, tout en reconnaissant les aspirations de la majorité musulmane. La Malaisie n'est pas un État théocratique ; c'est une monarchie constitutionnelle dans laquelle l'islam occupe une position constitutionnelle particulière. Le maintien de cet équilibre nécessite l'indépendance du pouvoir judiciaire, un leadership politique responsable et un engagement constant en faveur de la modération.<br /><br />D - En novembre 2025, 900 délégués des Églises catholiques de 32 pays d'Asie se sont réunis à Penang pour débattre du thème « Marcher ensemble en tant que peuples d'Asie ». La Malaisie partage-t-elle cette aspiration ?<br /><br />La Malaisie adhère pleinement à l'aspiration exprimée lors de la rencontre de Penang sur le thème « Marcher ensemble en tant que peuples d'Asie ». Le grand pèlerinage de l’espérance 2025, organisé à Penang et soutenu par la Fédération des conférences épiscopales d’Asie, a mis l’accent sur l’unité, le dialogue, la mission commune et l’esprit de synodalité dans le cheminement commun en tant qu’Église et en tant que peuples d’Asie. L’attention portée à l’espoir, à l’écoute et à la solidarité entre les cultures est profondément ancrée dans le tissu social de la Malaisie.<br />Dans une nation multiconfessionnelle et multiethnique, les cinq principes de la philosophie nationale malaisienne, le Rukun Negara, visent à promouvoir l’unité, le respect mutuel et l’harmonie sociale. Ces principes ont été introduits pour renforcer la cohésion au sein d’une société diversifiée et restent aujourd’hui encore au cœur de l’identité malaisienne.<br />Au fond, la Malaisie valorise le respect de la diversité, la coexistence pacifique et la responsabilité partagée pour le bien commun. Bien que des défis subsistent, l'aspiration à « marcher ensemble » est profondément ancrée dans l'histoire et les valeurs de la nation.<br /><br />D - Comment l'État considère-t-il l'Église catholique ? Quelles sont les relations bilatérales ?<br /><br />La communauté catholique de Malaisie fait partie de la minorité chrétienne au sens large et a contribué de manière significative au développement du pays, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé et des services sociaux. Les écoles et les institutions missionnaires catholiques ont joué un rôle de premier plan dans la construction de la nation, en formant des générations de Malais de différentes ethnies et religions. Les activités caritatives et d'aide sociale de l'Église, y compris le soutien aux communautés marginalisées et vulnérables, sont généralement perçues de manière positive, car elles s'inscrivent dans la ligne de l'importance accordée par la Malaisie à la cohésion sociale et au développement inclusif. Au niveau national, les relations entre l'État et l'Église catholique sont régies par des mécanismes juridiques et administratifs bien établis qui régissent les questions religieuses. L'Église opère librement dans les limites de la loi malaisienne, en maintenant des structures diocésaines en Malaisie péninsulaire, ainsi qu'à Sabah et au Sarawak, où le christianisme est particulièrement présent. Le dialogue entre les autorités publiques et les dirigeants de l'Église s'effectue généralement par le biais de plateformes consultatives et interreligieuses, notamment sur des questions relatives à l'harmonie sociale et aux sensibilités religieuses.<br /><br />D - Qu'en est-il des relations avec le Saint-Siège et comment évoluent-elles ?<br /><br />Les relations entre la Malaisie et le Saint-Siège sont cordiales et constructives. Des relations diplomatiques officielles ont été établies en 2011, témoignant de la reconnaissance par la Malaisie du rôle unique du Saint-Siège dans les affaires internationales, non seulement en tant qu'autorité centrale dirigeant l'Église catholique, mais aussi en tant qu'entité souveraine de droit international dotée d'une voix morale et diplomatique bien affirmée.<br />La Malaisie salue l'engagement constant du Saint-Siège en faveur de la paix, du dialogue entre les civilisations, de l'éradication de la pauvreté, de la protection de l'environnement et de la dignité humaine. Ces priorités s'inscrivent en parfaite harmonie avec les principes de la politique étrangère malaisienne, notamment la modération, le multilatéralisme et le règlement pacifique des différends.<br />Parallèlement, la Malaisie considère le Saint-Siège comme un partenaire précieux dans la promotion du dialogue interreligieux. En tant que société multiconfessionnelle et multiethnique, la Malaisie accorde une grande importance à la promotion du respect mutuel et de la compréhension entre les communautés religieuses. La longue expérience du Saint-Siège en matière de dialogue interreligieux, y compris le dialogue avec les communautés musulmanes à l’échelle mondiale, offre une plateforme importante pour la coopération et l’échange de bonnes pratiques.<br />En substance, l’État malaisien considère l’Église catholique comme partie intégrante de son tissu social diversifié, tandis que ses relations bilatérales avec le Saint-Siège sont caractérisées par le respect mutuel, des préoccupations éthiques communes et un engagement partagé en faveur du dialogue et de la paix. Cette relation n’est pas purement symbolique ; elle repose sur un engagement substantiel, tant au niveau national qu’international, et reflète un partenariat mûr et tourné vers l’avenir.<br /><br />D - Saint François Xavier, le saint catholique qui a porté l'Évangile en Orient, a débarqué à Malacca : voit-on aujourd'hui son héritage dans le pays et, en particulier, dans la vie de la communauté catholique ?<br /><br />L'arrivée de saint François Xavier à Malacca en 1545 a marqué un tournant décisif dans les débuts de l'Église catholique en Asie du Sud-Est. Il n'est pas venu simplement en tant que voyageur, mais comme l'un des missionnaires les plus déterminés de la Compagnie de Jésus, chargé de diffuser l'Évangile dans toute l'Asie à partir de cette ville portuaire stratégique. Malacca devint en effet une base fondamentale pour sa préparation aux missions dans des lieux tels que le Japon et pour sa tentative de pénétrer en Chine. Sa présence ne fut pas éphémère : il effectua plusieurs voyages entre 1545 et 1552, prêchant, administrant les sacrements, soignant les malades et évangélisant les colons portugais et les populations locales.<br />L'un des héritages les plus tangibles de son passage à Malacca est la communauté catholique qui prospère encore aujourd'hui dans cette région. La foi catholique qu'il a contribué à diffuser s'est développée et a évolué au fil des siècles, donnant naissance aux structures ecclésiastiques organisées que nous connaissons aujourd'hui ; par exemple, le diocèse catholique de Malacca-Johor dessert des milliers de fidèles dans toute la Malaisie. Au niveau local, l'église Saint-François-Xavier constitue un témoignage visible et vivant de cet héritage. Construite au milieu du XIXe siècle sur le site d'anciennes missions portugaises, cette église néogothique n'est pas seulement l'une des plus anciennes et des plus grandes églises catholiques de Malacca, mais elle est encore pleinement opérationnelle en tant que paroisse, où les messes et les activités communautaires se déroulent régulièrement.<br />Un autre signe tangible de l'influence toujours présente de saint François Xavier est la célébration annuelle de sa fête, le 3 décembre. Chaque année, des catholiques venus de toute la Malaisie et de l'étranger se rassemblent souvent près des ruines de l'ancienne église Saint-Paul, sur la colline de Saint-Paul, où le corps de Xavier fut autrefois inhumé, pour célébrer sa vie et sa mission par des messes et des processions spéciales. Au-delà de la liturgie et des édifices historiques, son héritage perdure dans d'autres institutions qui témoignent du rôle de l'Église dans la vie sociale. Les écoles catholiques de Malacca, dont certaines remontent à l'époque missionnaire ou portent le nom de François Xavier, continuent d'éduquer les jeunes, quelle que soit leur confession religieuse.<br />Mais cet héritage n'est pas seulement institutionnel ou architectural. Pour de nombreux catholiques de Malaisie aujourd'hui, saint François Xavier incarne un modèle spirituel de zèle missionnaire, de compassion et d'ouverture envers les différentes cultures. Son exemple encourage les fidèles locaux à vivre leur foi au sein d'une société multiconfessionnelle, en s'engageant dans le service et le dialogue avec leurs voisins d'autres confessions. L'Église en Malaisie reflète cette même rencontre interculturelle qui a caractérisé sa mission, réunissant des fidèles d'origine malaise, chinoise, indienne et autochtone. Ce type d'héritage vivant se manifeste souvent dans la vie paroissiale quotidienne : programmes d'aide, engagement interreligieux et initiatives de construction communautaire ancrées dans la doctrine sociale catholique.<br /><br />D - L'influence de l'Église catholique malaisienne dans le domaine de l'éducation a diminué depuis que le gouvernement a pris en charge l'enseignement tant dans les écoles publiques que privées. Pourquoi ne pas donner à une institution telle que l'Église catholique la possibilité d'agir librement et de manière autonome au sein du système éducatif, dans le cadre de règles communes ?<br /><br />Les écoles missionnaires catholiques ont joué un rôle fondamental dans le système éducatif malais à ses débuts. Après l'indépendance, nombre de ces écoles ont été intégrées au système national afin de garantir la normalisation, l'égalité d'accès et l'alignement sur les politiques éducatives nationales.<br />L'éducation en Malaisie est étroitement liée à la construction de la nation, à la politique linguistique et à la cohésion sociale. Alors que le gouvernement conserve la supervision du programme scolaire national, les écoles missionnaires continuent de préserver leur identité et leurs valeurs historiques. Les établissements catholiques restent actifs dans l'enseignement supérieur privé et l'engagement social.<br />La question de l'autonomie doit donc être abordée dans le cadre plus large de l'intégration nationale et de la gouvernance constitutionnelle. Un partenariat constructif, plutôt qu'une séparation institutionnelle, offre une voie plus durable pour l'avenir.<br /><br />D - Quel est le rôle et la contribution spécifique de la Malaisie au sein de l'ASEAN ?<br /><br />La Malaisie est un membre fondateur de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est , créée en 1967. Elle a toujours défendu le rôle central de l'ASEAN, contribué à l'architecture de sécurité régionale et encouragé l'intégration économique, notamment par le biais de la zone de libre-échange de l'ASEAN.<br />Le rôle de la Malaisie au sein de l'ASEAN, en particulier en tant que présidente du 47e sommet de l'ASEAN à Kuala Lumpur, a été marqué par le leadership, la coordination et la recherche constante d'un consensus. Sous le thème « Inclusion et durabilité », la Malaisie s'est efforcée de veiller à ce que l'ASEAN reste unie, tournée vers l'avenir et réactive face aux défis régionaux et mondiaux.<br />Sur le plan politique, la Malaisie a renforcé l'engagement de l'ASEAN en faveur de la paix, de la stabilité et d'un ordre régional fondé sur des règles. En tant que président, le Premier ministre Anwar Ibrahim a orienté les discussions de manière à mettre l'accent sur le dialogue, la diplomatie et le respect mutuel entre les États membres. La Malaisie a constamment souligné l'importance du rôle central et de l'unité de l'ASEAN, en particulier en cette période de tensions géopolitiques croissantes.<br />Sur le plan économique, la Malaisie a intensifié ses efforts en faveur de l'intégration régionale. Au cours de sa présidence, des progrès substantiels ont été réalisés concernant les objectifs économiques prioritaires, notamment la mise à jour de l'Accord de l'ASEAN sur le commerce des marchandises, l'avancement des travaux sur l'Accord-cadre de l'ASEAN sur l'économie numérique et les initiatives visant à renforcer la résilience de la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs. La Malaisie a également plaidé en faveur d'une coopération financière plus étroite, de cadres financiers durables et de la diversification des partenariats commerciaux afin de garantir la compétitivité à long terme de l'ASEAN.<br />En matière de durabilité et de transition énergétique, la Malaisie a promu des initiatives régionales telles que le réseau électrique de l'ASEAN, la stratégie pour la neutralité carbone, le plan de mise en œuvre de l'économie bleue et la Déclaration sur le droit à un environnement sûr, propre, sain et durable. Ces efforts reflètent l'engagement de la Malaisie à concilier croissance économique et responsabilité environnementale.<br />Dans le domaine humanitaire, notamment en ce qui concerne le Myanmar, la Malaisie a joué un rôle constructif en soutenant le fonctionnement des mécanismes humanitaires de l'ASEAN, notamment le Centre d'aide humanitaire de l'ASEAN , et en appelant à une aide sûre et inclusive.<br />Dans l'ensemble, la contribution de la Malaisie a consisté à renforcer la cohérence institutionnelle de l'ASEAN, à promouvoir des résultats concrets et à maintenir l'unité dans la gestion de questions régionales complexes.<br /><br />D - En avril 2021, l'ASEAN a élaboré un plan de paix pour le Myanmar, également connu sous le nom de « Consensus en cinq points », qui est resté lettre morte en raison de la poursuite du conflit dans le pays. Que faudrait-il faire maintenant ? Que propose la Malaisie au sein de l'ASEAN pour rouvrir la voie à la négociation ?<br /><br />Le Consensus en cinq points reste le cadre de référence adopté par l'ASEAN pour faire face à la crise au Myanmar. Cependant, sa mise en œuvre a été inégale et le conflit se poursuit. Le principal défi aujourd'hui n'est pas d'abandonner ce cadre, mais de le rendre plus efficace et plus concret.<br />À ce stade, l'accès humanitaire doit rester la priorité immédiate. Au cours de notre présidence de l’ASEAN, nous avons souligné l’importance d’une aide humanitaire sûre, transparente, inclusive et non discriminatoire. La Malaisie soutient le renforcement du rôle du Centre AHA et la garantie que l’aide parvienne aux communautés touchées dans tout le Myanmar. La coopération humanitaire peut servir de mesure pour renforcer la confiance et ouvrir la voie à un engagement plus large.<br />Outre les efforts humanitaires, il est nécessaire de relancer le dialogue politique. Le Consensus en cinq points préconise un dialogue constructif entre toutes les parties. La Malaisie estime que l’ASEAN doit continuer à promouvoir un engagement inclusif, soutenu par le mécanisme de l’Envoyé spécial, tout en préservant l’unité de l’ASEAN. Des critères plus clairs, des mécanismes de reddition de comptes plus solides et un engagement diplomatique constant peuvent contribuer à redynamiser le processus.<br />L'approche de la Malaisie est pragmatique. Elle reconnaît que les progrès peuvent être graduels. Plutôt que de remplacer le Consensus en cinq points, la Malaisie préconise son renforcement par des mesures concrètes, un engagement constant et une coordination accrue entre les États membres de l'ASEAN et les partenaires internationaux.<br />L'objectif n'est pas d'imposer une solution, mais de réouvrir la voie à la négociation et de réduire la violence, conformément aux principes de l'ASEAN.<br /><br />D - Comment la Malaisie perçoit-elle les récentes tensions et le conflit entre la Thaïlande et le Cambodge ? Comment normaliser les relations bilatérales entre ces deux pays afin de rétablir pleinement un climat de paix en Asie du Sud-Est ?<br /><br />La Malaisie observe avec une profonde inquiétude les récentes tensions entre la Thaïlande et le Cambodge, principalement parce que toute instabilité entre deux États membres de l'ASEAN a des répercussions plus larges sur la paix régionale, l'intégration économique et la crédibilité de l'ASEAN en tant que bloc soudé.<br />En tant que présidente de l'ASEAN en 2025, la Malaisie, sous la direction du Premier ministre Anwar Ibrahim, a adopté une approche proactive mais soigneusement calibrée. La Malaisie a facilité un cessez-le-feu immédiat en juillet 2025 et a joué un rôle central en accueillant et en facilitant la signature de l'Accord de paix de Kuala Lumpur le 26 octobre 2025. L'objectif était clair : désescalade, rétablissement de la paix et de l'intégration, réouverture des canaux de communication et réaffirmation de l'engagement des deux pays en faveur d'un règlement pacifique des différends. La Malaisie a toujours défini son rôle comme celui d'un facilitateur neutre, offrant une plateforme fiable pour le dialogue, plutôt que d'intervenir dans les affaires internes ou souveraines de l'une ou l'autre des parties.<br />L'objectif n'est pas simplement l'absence de conflits armés, mais le rétablissement de la confiance et le renforcement de la solidarité au sein de l'ASEAN. En donnant la priorité au dialogue, au respect mutuel et aux processus institutionnels, la Malaisie estime que la Thaïlande et le Cambodge peuvent normaliser leurs relations et contribuer à nouveau à un climat de paix et de coopération en Asie du Sud-Est.<br /><br />D - Quel rôle les chefs religieux et le dialogue interreligieux peuvent-ils jouer dans la résolution des conflits et l'instauration de la paix, tant au niveau local qu'au niveau mondial ?<br /><br />Les chefs religieux jouissent d'une crédibilité morale et d'une influence au niveau local. Ils peuvent façonner les discours, lutter contre l'extrémisme et promouvoir la réconciliation. Le dialogue interreligieux favorise la compréhension mutuelle et réduit le risque de malentendus.<br />En Malaisie, le dialogue interreligieux a constitué un mécanisme important pour apaiser les tensions et renforcer la cohésion sociale. À l'échelle mondiale, la diplomatie religieuse peut compléter les négociations politiques en abordant les dimensions éthiques et humanitaires des conflits. La consolidation de la paix et le dialogue interreligieux constituent des domaines naturels de collaboration avec le Saint-Siège. Notre attention commune portée à la dignité humaine, au dialogue et à la coexistence pacifique offre une base solide pour une coopération continue.<br /><br />Sun, 29 Mar 2026 08:57:52 +0200EUROPE/ALBANIE - L'espérance dans le Seigneur ne déçoit pas : la mission des Œuvres Pontificales Missionnaires à Rrëshenhttps://www.fides.org/fr/news/77526-EUROPE_ALBANIE_L_esperance_dans_le_Seigneur_ne_decoit_pas_la_mission_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaires_a_Rreshenhttps://www.fides.org/fr/news/77526-EUROPE_ALBANIE_L_esperance_dans_le_Seigneur_ne_decoit_pas_la_mission_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaires_a_RreshenRrëshen - « L'espérance dans le Seigneur ne déçoit pas » : tel est le thème de la mission organisée par la Direction nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires en Albanie, dans le diocèse de Rrëshen.<br /><br />Rrëshen, siège de la cathédrale et résidence de l’Évêque, ainsi que ses environs, en grande partie ruraux, qui comptent au total environ 10 000 habitants, ont reçu, au cours des deux premières semaines de mars, la visite de plusieurs missionnaires qui ont parcouru le territoire de long en large.<br />Dans le diocèse de Rrëshen, situé dans les montagnes du nord de l'Albanie, le travail pastoral est actuellement confié à seulement six prêtres et cinq congrégations féminines. Dans ce contexte, la contribution de missionnaires venus d'autres diocèses et congrégations a constitué un signe concret de solidarité ecclésiale et un réconfort pour la communauté locale.<br /><br />Le diocèse recèle un précieux héritage historique et un témoignage de foi fort. La rencontre directe avec les familles a été au cœur de la mission. Les missionnaires — organisés en binômes composés d’un prêtre et d’une religieuse ou d’un prêtre et d’un laïc — ont rendu visite aux familles, partageant des moments d’écoute et de prière. La rencontre, l’écoute et l’espoir ont été le fil conducteur de ces visites. L’accueil a été, dans la plupart des cas, chaleureux, marqué parfois par une profonde émotion. Des situations plus délicates n’ont pas manqué : certaines familles, éprouvées par des difficultés personnelles ou familiales, ont eu du mal à s’ouvrir et à accueillir les missionnaires. Même dans ces cas-là, la présence discrète et respectueuse est devenue un signe de proximité et une graine d’espérance.<br /><br />« Une bénédiction, une parole de réconfort, un simple geste sont des outils essentiels qui ont donné corps à la mission. À une époque dominée par la communication numérique, le contact humain s’est une fois de plus révélé irremplaçable », a commenté le père Agustin Margjoni, missionnaire vincentien et directeur national des OPM albanaises, qui, dès le début de son mandat, s’est employé à collaborer de manière fructueuse avec les évêques et les missionnaires présents dans le pays.<br /><br />Parmi les moments les plus marquants, citons la rencontre des missionnaires avec les élèves des collèges et lycées dans la cathédrale de Rrëshen.<br />« La mission a également été une expérience intense de communion entre les missionnaires eux-mêmes. Issus de différents diocèses et réalités religieuses, ils ont partagé non seulement le service pastoral, mais aussi les moments quotidiens, comme les repas et les échanges fraternels, découvrant à quel point il est important, surtout dans des contextes comme celui de l’Albanie, d’unir leurs forces et de collaborer », a expliqué le directeur des OPM albanaises. Sat, 28 Mar 2026 19:19:30 +0100« Les mains et les cœurs des travailleurs migrants ». Histoires, épreuves et bénédictions des communautés catholiques syro-malabares de la péninsule arabiquehttps://www.fides.org/fr/news/77513-Les_mains_et_les_coeurs_des_travailleurs_migrants_Histoires_epreuves_et_benedictions_des_communautes_catholiques_syro_malabares_de_la_peninsule_arabiquehttps://www.fides.org/fr/news/77513-Les_mains_et_les_coeurs_des_travailleurs_migrants_Histoires_epreuves_et_benedictions_des_communautes_catholiques_syro_malabares_de_la_peninsule_arabiquepar Père Jolly Vadakken*<br /><br />Koweït - J'ai reçu la lettre de ma nomination en tant que Visiteur Apostolique pour les fidèles syro-malabars de la péninsule arabique de la part de la Secrétairerie d'État, et elle m'a été transmise par l'intermédiaire de Mgr Raphael Thattil, Archevêque majeur d'Ernakulam-Angamaly des Syro-Malabars. La nomination officielle avait été annoncée publiquement le 18 novembre 2025 dans l’éparchie d’Irinjalakuda et sur le mont Saint-Thomas à Kakkanad .<br /> <br />Appelé à exercer mon ministère en étroite communion et collaboration avec les Vicaires apostoliques de l'Arabie du Nord, Mgr Aldo Berardi, OO.SS.T., et de l'Arabie du Sud, Mgr Paolo Martinelli, OFM Cap., j'examine la situation pastorale, je recherche des solutions concrètes pour le bien des fidèles et j'informe régulièrement le Siège apostolique de l'évolution de la mission. Mgr Berardi et Mgr Martinelli ont tous deux accueilli ma nomination avec joie et, lors d’une rencontre conjointe à la co-cathédrale du Koweït, le 21 décembre 2025, nous avons discuté de manière fructueuse de la mission qui m’a été confiée. Le même jour, nous avons également rencontré le Nonce Apostolique au Koweït, Mgr Eugene Martin Nugent. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé ma mission dans la péninsule arabique.<br /><br />Les fidèles syro-malabars du Golfe<br /><br />L'histoire de la communauté catholique syro-malabare dans la péninsule arabique est indissociable de la transformation économique de la région. À la suite de la découverte du pétrole, une deuxième vague de christianisme a commencé à se répandre dans les sables du désert, non pas par le biais des missions traditionnelles, mais grâce aux mains et aux cœurs d'une main-d'œuvre migrante.<br />Parmi ces pionniers figuraient les catholiques syro-malabars. Bien que leur présence fût encore modeste dans les années 1970, elle s’est transformée en une communauté dynamique dans les années 1990. Au départ, leur pastorale était assurée par les Vicariats apostoliques de rite latin déjà existants. Cependant, étant une communauté profondément enracinée dans d’anciennes pratiques spirituelles centrées sur la paroisse et la famille, ces fidèles ont naturellement commencé à rechercher leurs propres expressions liturgiques.<br />Une préoccupation pastorale grandissante s'est fait jour : séparées de leur Église mère, de nombreuses familles et enfants syro-malabars étaient éduqués exclusivement selon le rite latin, s'éloignant ainsi de leur héritage oriental particulier. Ce vide culturel et liturgique a également ouvert la voie à diverses sectes, conduisant certains à s'éloigner de leurs racines catholiques pour se rapprocher de confessions protestantes.<br /><br />Les fidèles syro-malabars au Koweït<br /><br />Lorsque le Koweït a été envahi par l'Irak en 1991, le déclenchement soudain de la guerre a contraint d'innombrables familles de migrants à retourner dans leur pays d'origine. Ce déracinement a conduit à une douloureuse prise de conscience : beaucoup se sont retrouvés étrangers à leur Église mère. Ayant passé des années à l'étranger, la jeune génération n'était pas familiarisée avec les rituels et les prières syro-malabars. Malgré l'affirmation du Concile Vatican II sur l'importance du retour à ses racines spirituelles, les fidèles du Golfe découvrirent que, dans la pratique, préserver leur patrimoine rituel était un défi et une tâche ardue, face aux pressions de la migration et de la guerre.<br /><br />Avec le début de la reconstruction de la région après 1993, une nouvelle vague migratoire s'est produite. L'essor économique de Dubaï et la reconstruction du Koweït ont attiré un nombre encore plus important de catholiques syro-malabars. Déterminés à préserver leur patrimoine et à protéger la communauté contre le prosélytisme, les fidèles ont franchi une étape historique vers l'auto-organisation. Les associations laïques ont été enregistrées auprès des ambassades indiennes respectives en tant que mouvements culturels, afin de garantir la protection juridique de leurs activités. Le 1er décembre 1995, la SMCA Koweït a été fondée en tant que première association laïque officielle, un modèle qui a rapidement été imité par des mouvements similaires au Qatar, à Bahreïn, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et à Oman. Ces associations sont devenues le cœur battant de la communauté. Elles sont devenues les principaux instruments permettant d’instaurer un dialogue continu et respectueux avec les évêques du Vicariat latin afin d’assurer la pastorale dans le rite syro-malabar ; de mettre en place des programmes visant à former les jeunes à leur riche patrimoine spirituel, en veillant à ce que l’héritage culturel et liturgique soit transmis à la génération suivante. Elles ont également permis de créer un solide réseau de soutien pour venir en aide aux personnes dans le besoin au sein de la communauté des migrants. Grâce à la résilience de ces mouvements laïcs, les fidèles syro-malabars du Golfe sont passés du statut de main-d’œuvre dispersée à celui d’une communauté florissante et organisée, fermement ancrée dans sa foi ancestrale tout en s’engageant dans le développement moderne des nations qui les accueillent.<br /><br />Statistiques sur les fidèles syro-malabars au Koweït<br /><br />Population totale : 4,3 millions<br />Population indienne totale au Koweït : 0,85 million <br />Population catholique totale : 400 000 <br />Catholiques syro-malabars : environ 40 000 <br />4 paroisses au Koweït<br />1. Concathédrale de la Sainte Famille, Koweït<br />2. Paroisse Notre-Dame d'Arabie, Ahmadi, Koweït<br />3. Paroisse Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus, Salmiya, Koweït<br />4. Paroisse Saint-Daniel Comboni, Abbasiya, Koweït<br /><br />Dans les quatre paroisses, le cœur battant de la communauté syro-malabare reste plein de vie. Cependant, la croissance spirituelle se heurte à d’importants défis matériels et logistiques. À Abbasiya, la taille de notre communauté est impressionnante, avec 2 460 enfants inscrits au catéchisme. Toutefois, cette bénédiction s’accompagne de sérieuses contraintes. En raison du manque de salles de classe, les enfants doivent être répartis en quatre groupes distincts. L'espace disponible au sous-sol est depuis longtemps insuffisant pour nos célébrations liturgiques et nos activités communautaires ; plus récemment, la situation est devenue critique car les autorités compétentes ont complètement fermé le sous-sol d'Abbasiya. Une difficulté similaire se pose à Salmiya, où nous dépendons d’espaces loués au sous-sol pour célébrer notre liturgie sacrée et assurer la formation religieuse de nos jeunes. Bien que nous soyons pleinement conscients des formalités juridiques et administratives complexes en jeu, le besoin d’infrastructures adéquates, d’un espace de culte plus vaste et d’un parking fonctionnel est devenu une nécessité urgente. Un très beau signe distinctif de notre identité syro-malabare est l’unité familiale. Ces petites communautés ecclésiales domestiques, composées de 30 à 40 familles, se réunissent chaque mois chez l’un ou l’autre pour partager la Parole de Dieu et jouir de la communion chrétienne.<br /> <br />L'église syro-malabare Saint-Thomas à Doha <br /><br />L'église syro-malabare Saint-Thomas de Doha occupe une place d'honneur unique, car elle est la seule église de la péninsule arabique à posséder une identité syro-malabare distincte et indépendante. Plus qu'un simple édifice, elle fait office de véritable foyer spirituel, offrant un accompagnement liturgique, pastoral et social aux fidèles syro-malabars du Qatar. L'église a été solennellement consacrée le 22 mai 2009 par le cardinal Varkey Vithayathil, alors archevêque majeur de l'Église syro-malabare. La vie spirituelle de la paroisse est dynamique, avec trois messes célébrées quotidiennement et cinq le vendredi pour accueillir la nombreuse communauté. La formation à la foi est une mission prioritaire. Actuellement, 2 544 élèves, de la première à la douzième classe, suivent les cours de catéchisme du vendredi. Une équipe dévouée de plus de 180 enseignants se charge de la formation spirituelle et doctrinale. La paroisse est animée par de nombreuses organisations et mouvements apostoliques ; en outre, 28 groupes familiaux actifs se réunissent chaque mois au sein de l'église, favorisant un profond sentiment de fraternité et entretenant l'esprit communautaire de la paroisse.<br /><br />Statistiques sur les fidèles syro-malabars à Doha<br />Population totale du Qatar : 2,7 millions<br />Population indienne totale : 0,7 million <br />Population catholique totale : 350 000 <br />Catholiques syro-malabars : 35 000 <br />Membres enregistrés : 17 900<br />Nombre de familles : 3 500<br />Nombre de célibataires : 7 000<br />Nombre total d'élèves au catéchisme : 2 544<br /><br />Les Siro-Malabars au Royaume de Bahreïn<br /><br />Le Royaume de Bahreïn, historiquement connu sous le nom de « Terre des deux mers », est un élégant archipel qui sert depuis longtemps de carrefour culturel et commercial. Depuis les années 1950, Bahreïn accueille une main-d'œuvre internationale diversifiée, mais c'est le boom pétrolier du début des années 1970 qui a catalysé la migration de la communauté catholique du Kerala. À la recherche de nouvelles sources de revenus, ces fidèles ont apporté avec eux un riche héritage spirituel qui continue de s'épanouir aujourd'hui encore.<br />Les racines de la foi catholique au Bahreïn sont profondes. Dès 1939, la famille régnante a accordé l’autorisation de construire la première église. Sous la direction de l’évêque Tirinanzi et du frère capucin Père Luigi, l’église du Sacré-Cœur a été fondée à Manama. Aujourd’hui, le paysage spirituel s’est considérablement élargi. La majestueuse cathédrale Notre-Dame d’Arabie à Awali sert désormais de siège au vicariat ; consacrée par le cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation, section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, elle abrite également la mission BAPCO d’Awali. La présence catholique à Bahreïn est un élément vital et dynamique du tissu national.<br /><br />Statistiques sur les fidèles syro-malabars au Royaume de Bahreïn<br />Population totale : 1,47 million<br />Population indienne totale : 0,33 million<br />Population catholique totale : 80 000 <br />Catholiques syro-malabars : environ 20 000 <br /><br />Contrairement à d'autres régions du Golfe, la communauté catholique de Bahreïn se caractérise par un sens particulier de l'unité liturgique. Bien que la communauté malankare conserve ses propres célébrations distinctes, le reste des fidèles catholiques reste étroitement intégré. Le rite syro-malabar est célébré deux fois par semaine en malayalam tant à l'église du Sacré-Cœur qu'à la cathédrale d'Awali. Dans un esprit de coopération fraternelle, les cours de formation religieuse et de catéchisme sont dispensés conjointement avec des élèves d'autres traditions liturgiques. Actuellement, les activités communautaires se déroulent collectivement plutôt que d'être divisées par rite, reflétant une approche pastorale unifiée sous l'égide du vicariat latin.<br /><br />Je suis profondément honoré et reconnaissant de la confiance que le Saint-Siège m'a témoignée en me nommant visiteur apostolique. Je remercie le pape Léon XIV, le secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, et tous les responsables de l’Église qui ont conduit à cette décision. Confiant en la divine providence, je m’engage à exercer mes responsabilités et mes devoirs avec intégrité, compassion et amour pour les fidèles syro-malabars de la péninsule arabique.<br /><br />L'Église catholique de la péninsule arabique est désormais organisée en deux vicariats apostoliques latins, tous deux relevant directement du Dicastère pour l'évangélisation . Auparavant, le vicariat apostolique d'Arabie et le vicariat apostolique du Koweït constituaient deux juridictions distinctes. Ces juridictions ont ensuite été réorganisées et renommées. Actuellement, le Vicariat apostolique d'Arabie du Sud comprend les Émirats arabes unis, Oman et le Yémen, tandis que le Vicariat apostolique d'Arabie du Nord comprend le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l'Arabie saoudite. Au cours des 20 dernières années, l'AVONA a assuré la formation, le catéchisme, les sacrements et les messes selon le rite malabar pour 17 prêtres syro-malabars. Nous sommes reconnaissants aux frères capucins, aux pères trinitaires et aux salésiens.<br /> <br /><br /><br />*Visiteur Apostolique auprès des catholiques syro-malabars de la péninsule arabiqueSat, 28 Mar 2026 11:17:04 +0100Les effets ambivalents de la guerre en Iran sur les pays d'Amérique latinehttps://www.fides.org/fr/news/77525-Les_effets_ambivalents_de_la_guerre_en_Iran_sur_les_pays_d_Amerique_latinehttps://www.fides.org/fr/news/77525-Les_effets_ambivalents_de_la_guerre_en_Iran_sur_les_pays_d_Amerique_latineBuenos Aires - La guerre en Iran fait sentir ses effets même dans les régions les plus éloignées de celles qui sont directement touchées par le conflit, y compris les pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud.<br />À court terme, les économies d’Amérique latine pourraient subir des répercussions mitigées en raison du conflit. La crise pourrait se traduire par une hausse de l’inflation, mais les exportations de matières premières pourraient bénéficier de la hausse des prix.<br />Au Mexique, les effets sur les recettes pétrolières à court terme pourraient être bénéfiques pour le gouvernement. Le deuxième impact potentiel dans le pays concerne le prix des carburants, sur lequel le gouvernement tente d’alléger la pression en veillant à ce que le prix reste inchangé chez les distributeurs pendant au moins les six prochains mois.<br />En ce qui concerne l'Argentine, qui sort d'une période de réformes économiques radicales d'inspiration ultralibérale voulues par le président Milei, un rapport récent publié par Morgan Stanley énumère les effets que la guerre pourrait avoir sur l'économie nationale. Selon la banque américaine, une hausse du prix du pétrole se traduirait par une augmentation des exportations, notamment grâce aux réserves du gisement de Vaca Muerta, ce qui aurait un effet positif sur la balance des paiements. Le problème, dans ce cas, concerne toutefois l'inflation, véritable talon d'Achille de l'économie argentine ces dernières années. Dans le modèle élaboré par Morgan Stanley, une hausse de 10 % du prix du pétrole brut ferait passer l'inflation de 0,2 % à 0,4 %.<br />Il y a également des répercussions sur un autre secteur important pour l'économie argentine : l'agriculture. Dans ce cas, la guerre en Iran peut avoir un double effet : d'une part, elle peut faire grimper les prix à l'échelle mondiale, ce qui serait favorable à Buenos Aires puisque ce secteur représente 60 % des exportations ; d'autre part, l'Iran est un grand exportateur d'engrais et l'interruption des livraisons en provenance de Téhéran entraînerait une hausse des prix des produits agricoles. Si cela semble être un facteur positif pour les exportations, c'est le marché intérieur qui est préoccupant, car une hausse des prix des produits agricoles pourrait entraîner une inflation supérieure aux estimations du rapport de Morgan Stanley, avec de lourdes conséquences pour les classes populaires déjà touchées par les réformes ultralibérales.<br />En ce qui concerne le Brésil, deux aspects doivent être pris en considération. Brasilia pourrait tirer rapidement profit de la hausse du prix du pétrole, car ces dernières années, le pays est devenu un exportateur de cette matière première ; mais là encore, c'est le secteur agricole qui sera touché. La hausse des prix pourrait se répercuter sur celle du carburant et faire grimper l'inflation, à l'instar de ce qui s'est passé en Argentine. Toujours à l'instar de l'Argentine, le Brésil a vu ses approvisionnements en engrais diminuer en raison du conflit en Iran. Mais si, dans le cas de l'Argentine, cela s'accompagnait d'une hausse des prix agricoles susceptible d'avoir des effets positifs sur les exportations, dans le cas du Brésil, cela s'accompagne d'une baisse de celles-ci, car l'Iran et le Moyen-Orient en général étaient la destination de marchandises telles que le blé, qui, pour atteindre leurs destinations, devaient passer précisément par le détroit d'Ormuz.<br />Les réactions des gouvernements d'Amérique latine ont été variées. Dans le cas de l'Argentine, Milei est un fervent allié d'Israël. Mais d'autres présidents se sont prononcés contre l'initiative des États-Unis. L'un d'entre eux est le président colombien Gustavo Petro : il a écrit dans un message publié sur X le jour où les bombardements ont commencé que Trump « s'était trompé ». Les déclarations du gouvernement vénézuélien ont été du même ton : après le début des bombardements, celui-ci a exprimé son regret que l'on ait opté pour la voie militaire. Enfin, le président brésilien Lula s'est exprimé à plusieurs reprises sur la guerre, établissant, lors du sommet de la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes, une comparaison entre ce conflit et celui en Irak de 2003.<br /> Fri, 27 Mar 2026 14:12:16 +0100AFRIQUE/GUINÉE ÉQUATORIALE - La visite du Pape Léon XIV et les graines que l'Esprit a déjà seméeshttps://www.fides.org/fr/news/77523-AFRIQUE_GUINEE_EQUATORIALE_La_visite_du_Pape_Leon_XIV_et_les_graines_que_l_Esprit_a_deja_semeeshttps://www.fides.org/fr/news/77523-AFRIQUE_GUINEE_EQUATORIALE_La_visite_du_Pape_Leon_XIV_et_les_graines_que_l_Esprit_a_deja_semeespar les Filles de Marie Auxiliatrice en Guinée équatoriale<br /><br />Malabo – Au-delà des informations générales habituelles sur la République de Guinée équatoriale, il est important de souligner que le pays se présente au monde comme une terre pleine de vie, où nature et culture coexistent et interagissent constamment. Dans ses forêts tropicales denses, le vert n’est pas seulement une couleur, mais une manifestation de la vie qui grandit, se transforme et se renouvelle sans cesse. Chaque arbre, chaque rivière et chaque brise marine semblent murmurer des histoires anciennes qui résonnent encore aujourd’hui. La vitalité de cette nation ne se limite pas à sa géographie. Elle bat aussi dans son peuple, dans la diversité de ses communautés et dans la richesse de ses traditions. Les danses, les chants et les langues transmis de génération en génération témoignent d’une identité qui n’est pas restée figée, mais qui s’est adaptée sans perdre son essence. Ici, la continuité n’est pas statique ; c’est le mouvement, c’est la mémoire en action. De même, la mer qui borde ses côtes n’est pas une frontière, mais un pont. Elle relie, nourrit et façonne une relation profonde entre les êtres humains et leur environnement. La vie dans cet État d’Afrique centrale repose sur cet équilibre entre la nature et l’homme, entre tradition et modernité. Terre vivante, tissée de visages, d’histoires et d’espérances, ce n’est pas seulement un espace géographique, mais un lieu où la vie s’exprime intensément dans la diversité de ses cultures, dans la richesse de ses traditions et dans la force de son peuple. Cela signifie que la culture générale des Équato-Guinéens soutient la vie grâce à un lien profond avec l’humanité, avec un sens aigu de la préservation des valeurs ancestrales telles que la solidarité, la famille et le respect des aînés – des valeurs renforcées par l’identité de chaque individu et par son rôle au sein de la communauté. Les femmes jouent un rôle essentiel dans la société, en transmettant la vie, les valeurs et la foi. Les jeunes représentent une force créative en constante évolution, capable d’intégrer la tradition à de nouvelles formes d’expression. Cette coexistence entre l’ancien et le nouveau n’est pas une tension, mais une richesse, où le savoir se transmet de génération en génération, non seulement par les mots, mais aussi par les gestes, les rites et les cérémonies traditionnelles ainsi que par la vie en communauté.<br /><br />Dans ce contexte, pour la population de la Guinée équatoriale, la visite du Pape Léon XIV n’est pas seulement une « visite ». Ce n’est pas simplement un événement, mais un signe de communion et de reconnaissance. Les préparatifs mobilisent l’ensemble de la population, suscitant enthousiasme, joie collective, mobilisation institutionnelle et unité au sein de la communauté chrétienne. Se distinguent l’accueil populaire, l’attente spirituelle et l’espoir d’un renouveau religieux, compte tenu de la crise actuelle de la foi, du recul de la pratique religieuse chez les jeunes, de l’influence des nouvelles Églises et d’un syncrétisme très marqué. Ce sont pour nous des signes encourageants et rassurants. Il convient toutefois de souligner que la visite du Saint-Père est considérée comme une visite d’État et d’Église et, à ce titre, elle est organisée dans tout le pays par le gouvernement, l’Église et la société civile. Un appel public a été lancé pour participer aux événements, toute la presse nationale a été mobilisée pour la couverture médiatique et des vêtements créés pour l’occasion ont été distribués aux communautés les plus défavorisées, car il s’agit de l’un des événements les plus importants du pays depuis quarante ans. La dernière fois que l’Évêque de Rome a été reçu dans le pays remonte à 44 ans.<br /><br />Les cathédrales et les stades de Malabo et de Bata, les prisons, le monument aux morts du 7 mars, la basilique de Mongomo, l'Université nationale , entre autres, deviennent des symboles de changement, de nouveaux départs et, surtout, de foi vivante. L'attente de cet événement important est certainement vécue comme une période de préparation intérieure. Dans nos villes et nos communautés, de Malabo à Bata, s'est éveillé un désir sincère de renouveau spirituel, d'écoute et de communion. Il ne s'agit pas seulement d'espaces géographiques, mais de véritables sources de renouveau. Partout où le Pape est présent, la foi se ravive, l'engagement se renforce et l'identité chrétienne du peuple de Guinée équatoriale se renouvelle. Ces lieux resteront gravés dans une mémoire vivante qui nous inspire à regarder l’avenir avec confiance, nous encourageant à construire une société plus juste, plus humaine et plus compatissante. En réalité, il ne s’agit pas seulement de voir le Pape, mais d’accueillir le message qu’il apporte, de nous laisser interpeller par sa présence et d’ouvrir de nouvelles voies dans notre vie personnelle, ecclésiale et sociale.<br /><br />La visite de l'Université nationale de León IV souligne l'importance que le peuple de Guinée équatoriale accorde à l'éducation en tant que pilier de la formation d'individus critiques et responsables, capables de contribuer au développement du pays. C'est le fondement qui permet de vaincre la pauvreté, de renforcer les institutions et d'ouvrir des perspectives aux nouvelles générations. Il s'agit donc d'une occasion privilégiée de reconnaître et d'apprécier la richesse des cultures de la Guinée équatoriale : les langues, les traditions et le sens profond de la communauté et de la vie. Chez les Fang, les Bubi, les Ndowé, les Annobonais, les Bisio, les Balengue et d'autres peuples, on retrouve des valeurs profondément évangéliques : l'hospitalité, la solidarité, le respect de la vie et l'ouverture à Dieu. Le peuple de Guinée équatoriale croit fermement que la culture n’est pas un obstacle, mais plutôt une voie privilégiée pour rencontrer l’Évangile. C’est un trésor qui n’appartient pas seulement à l’Afrique, mais qui enrichit toute l’Église universelle. La religion, en particulier la tradition catholique qui s’est consolidée après la visite de Jean-Paul II, apporte des valeurs telles que la solidarité, le respect, la justice et la coexistence pacifique. L’éducation et la religion ne s’opposent pas, mais se complètent : l’une façonne l’esprit et l’autre guide le cœur, et la culture est considérée comme la véritable voie vers le développement humain intégral. Ainsi, plutôt que d’apporter quelque chose de complètement nouveau, la visite du Pape vient confirmer, soutenir et encourager ce qui est déjà en train de grandir dans nos communautés, dans les familles, parmi les jeunes, dans les paroisses et dans les établissements scolaires : les graines de bonté que l’Esprit a déjà semées. La présence du Saint-Père les renforce, les rend visibles et nous encourage à ne pas nous décourager. C’est une invitation à nous engager avec plus de courage dans la construction du bien commun en Guinée équatoriale.<br /><br />Fri, 27 Mar 2026 14:06:09 +0100EUROPE/ITALIE - Pâques pour les étudiants de l'Université européenne de Romehttps://www.fides.org/fr/news/77522-EUROPE_ITALIE_Paques_pour_les_etudiants_de_l_Universite_europeenne_de_Romehttps://www.fides.org/fr/news/77522-EUROPE_ITALIE_Paques_pour_les_etudiants_de_l_Universite_europeenne_de_RomeRome - Du mercredi saint au dimanche de Pâques, un groupe d'étudiants de l'Université européenne de Rome participera à la Mission de la Semaine Sainte organisée par « Gioventù Missionaria », l'apostolat des jeunes du mouvement Regnum Christi.<br />Le communiqué du Centre de formation intégrale de l’UER souligne que cette initiative s’inscrit dans le cadre des activités de responsabilité sociale, coordonnées par le Centre de formation intégrale de l’université, dans le but d’offrir aux étudiants une occasion concrète de croissance humaine à travers le service et l’écoute. Les étudiants se rendront dans les Marches, accompagnés des aumôniers de l’UER, le père Matthew Whalen et le père Enrico Trono, ainsi que d’autres prêtres et séminaristes des Légionnaires du Christ et des consacrées du Regnum Christi. Le contact direct avec la réalité sociale locale se concrétisera par la visite de familles, de personnes âgées et de malades, le soutien aux paroisses, ainsi que des activités éducatives et récréatives pour les enfants et les adolescents.<br /><br />Fri, 27 Mar 2026 14:00:01 +0100AFRIQUE/R.D CONGO - Les Évêques : « Il est dangereux de réviser la Constitution à l'heure actuelle, car il n'y a ni consensus entre les parties ni conditions de sécurité »https://www.fides.org/fr/news/77521-AFRIQUE_R_D_CONGO_Les_Eveques_Il_est_dangereux_de_reviser_la_Constitution_a_l_heure_actuelle_car_il_n_y_a_ni_consensus_entre_les_parties_ni_conditions_de_securitehttps://www.fides.org/fr/news/77521-AFRIQUE_R_D_CONGO_Les_Eveques_Il_est_dangereux_de_reviser_la_Constitution_a_l_heure_actuelle_car_il_n_y_a_ni_consensus_entre_les_parties_ni_conditions_de_securiteKinshasa – Les Évêques de la République démocratique du Congo se déclarent opposés à la révision de la Constitution adoptée en 2006. « La position de la CENCO n’a pas changé. Le principe de la révision constitutionnelle est inscrit dans la Constitution elle-même, qui prévoit les procédures pour sa révision. La Constitution énumère les articles qui ne peuvent être modifiés. Pour les Évêques de la CENCO, dans la situation sécuritaire actuelle, il serait risqué d’ouvrir le chapitre de la révision constitutionnelle dans un contexte non consensuel », a déclaré Mgr Donatien Nshole, Secrétaire Général de la CENCO, lors d’une conférence de presse à l’issue de l’assemblée plénière extraordinaire qui s’est tenue du 23 au 25 mars à Kinshasa.<br />Dans leur message publié à l’issue des travaux, les Évêques ont souligné la nécessité d’un « pacte social pour la paix et la coexistence pacifique », dans un contexte national particulièrement tendu. <br />Le débat sur la réforme constitutionnelle oppose, d’une part, la nécessité affirmée d’une modernisation, défendue par la majorité, et, d’autre part, les craintes de l’opposition face à une dérive autoritaire. Le parti du président Félix Tshisekedi soutient que la Constitution de 2006 est inadaptée à la réalité congolaise et doit être modifiée ou révisée pour renforcer l'efficacité de l'État. À l'inverse, l'opposition et de nombreux mouvements civiques dénoncent une manœuvre politique visant principalement à supprimer la limitation des mandats présidentiels afin de permettre à l'actuel chef de l'État de rester au pouvoir au-delà de 2028.<br />La Constitution de 2006 a été adoptée à l'issue des guerres civiles dévastatrices qui ont ravagé le pays et visait à mettre en place des institutions démocratiques et à stabiliser le système politique. L'une de ses dispositions clés a introduit la limitation des mandats présidentiels afin d'empêcher la concentration des pouvoirs qui avait caractérisé les périodes précédentes de l'histoire politique congolaise. L'article 220, qui protège plusieurs principes fondamentaux contre toute révision constitutionnelle, revêt une importance particulière. Parmi ceux-ci figurent la forme républicaine de l'État, le suffrage universel, le système de gouvernement représentatif, la limitation des mandats présidentiels, l'indépendance du pouvoir judiciaire et le pluralisme politique. L'article interdit en outre toute révision susceptible de réduire les droits et libertés individuels ou d'affaiblir l'autonomie des provinces et des entités territoriales décentralisées.<br />Les opposants à la réforme affirment que celle-ci porte atteinte à ces dispositions protégées, ce qui finit par ébranler les garanties démocratiques et menacer la stabilité institutionnelle. Dès 2015, une tentative de réforme constitutionnelle proposée par le président de l'époque, Joseph Kabila, avait suscité un fort mouvement d'opposition . <br />Fri, 27 Mar 2026 13:58:35 +0100AFRIQUE/OUGANDA - Messianisme et guerre contre l'Iran : le chef de l'armée ougandaise déclare : « Nous sommes aux côtés d'Israël parce que nous sommes chrétiens »https://www.fides.org/fr/news/77524-AFRIQUE_OUGANDA_Messianisme_et_guerre_contre_l_Iran_le_chef_de_l_armee_ougandaise_declare_Nous_sommes_aux_cotes_d_Israel_parce_que_nous_sommes_chretienshttps://www.fides.org/fr/news/77524-AFRIQUE_OUGANDA_Messianisme_et_guerre_contre_l_Iran_le_chef_de_l_armee_ougandaise_declare_Nous_sommes_aux_cotes_d_Israel_parce_que_nous_sommes_chretiensKampala – « Nous sommes aux côtés d’Israël parce que nous sommes chrétiens. Sauvé par le Saint Fils de Dieu… Jésus-Christ, le seul qui puisse pardonner les péchés. La Bible dit : « Heureux es-tu, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par le Seigneur ? Il est ton bouclier, ton secours et ton épée glorieuse » ». C'est l'un des messages publiés sur X par le général Muhoozi Kainerugaba, chef d'état-major des forces armées ougandaises et fils du président Yoweri Museveni, dans lequel il affirme le soutien de l'armée ougandaise à la guerre d'Israël contre l'Iran.<br />Outre la motivation « religieuse », le général Kainerugaba avance d'autres arguments d'ordre politique. Dans un autre message, il écrit en effet : « Israël nous a soutenus alors que nous n'étions rien dans les années 80 et 90. Pourquoi ne devrions-nous pas le défendre maintenant que notre PIB s'élève à 100 milliards de dollars ? L'un des plus élevés d'Afrique ». Dans un autre message, le général Kainerugaba affirme : « Nous voulons que la guerre au Moyen-Orient cesse maintenant. Le monde en a assez. Mais tout discours sur la destruction ou la défaite d’Israël nous entraînera dans la guerre, aux côtés d’Israël ! ». Dans un autre message, Kainerugaba a écrit : « L’armée ougandaise entrera dans cette guerre entre l’Iran et Israël, aux côtés d’Israël, si elle ne prend pas fin rapidement. Israël a le droit d’exister et les attaques contre lui doivent cesser ».<br />Ces messages du chef des forces armées ougandaises doivent être pris avec les précautions qui s’imposent, car Kainerugaba n’en est pas à son coup d’essai en matière de publications controversées sur Twitter , à tel point qu’il a été surnommé le « Tweeting General ». La référence religieuse au soutien présumé de l’Ouganda à Israël est toutefois intéressante, car elle témoigne de l’influence, y compris dans certains pays africains, du « sionisme chrétien ». <br /><br />Fri, 27 Mar 2026 13:53:40 +0100ASIE/ISRAËL - Pas de permis pour les enseignants résidant en Cisjordanie : la prochaine année scolaire des écoles chrétiennes de Jérusalem est menacéehttps://www.fides.org/fr/news/77519-ASIE_ISRAEL_Pas_de_permis_pour_les_enseignants_residant_en_Cisjordanie_la_prochaine_annee_scolaire_des_ecoles_chretiennes_de_Jerusalem_est_menaceehttps://www.fides.org/fr/news/77519-ASIE_ISRAEL_Pas_de_permis_pour_les_enseignants_residant_en_Cisjordanie_la_prochaine_annee_scolaire_des_ecoles_chretiennes_de_Jerusalem_est_menaceeJérusalem – De nouvelles ombres planent sur l’avenir des écoles chrétiennes de la Ville Sainte, après que, le 10 mars dernier, le ministère israélien de l’Éducation a adressé une lettre aux directeurs des établissements scolaires chrétiens de Jérusalem pour leur faire savoir que, pour la prochaine année scolaire 2026-2027, seules les embauches d’enseignants résidant dans la ville et titulaires de certificats israéliens seront autorisées.<br /> <br />Les classes et les cours ne pourront donc pas être confiés à des enseignants palestiniens résidant en Cisjordanie.<br /><br />Jusqu’à présent, les enseignants palestiniens résidant en Cisjordanie pouvaient enseigner à Jérusalem grâce à une « carte verte » délivrée par les autorités israéliennes.<br /><br />Selon la Fondation « Aide à l'Église en détresse », plus de 200 enseignants chrétiens pourraient se retrouver sans emploi et dans l'impossibilité d'enseigner dans les écoles chrétiennes de Jérusalem, une situation qui met en péril la continuité pédagogique de ces établissements historiques et l'avenir de l'enseignement chrétien dans la Ville Sainte.<br /><br />Dès juillet 2025, la Commission de l'éducation du Parlement israélien avait interdit aux écoles chrétiennes d'embaucher des enseignants palestiniens titulaires de diplômes obtenus en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, arguant que ces diplômes ne répondaient pas aux exigences académiques requises pour l'enseignement.<br /> <br />Au début de l'année scolaire en cours, 171 enseignants originaires de Cisjordanie n'avaient pas reçu les autorisations nécessaires pour enseigner. Le Secrétariat général des écoles chrétiennes avait organisé une grève dans toutes les écoles chrétiennes de Jérusalem, jusqu'à la délivrance des autorisations requises. <br />Thu, 26 Mar 2026 12:35:45 +0100AMÉRIQUE/ÉTATS-UNIS - Le 24 septembre à Saint-Louis, la liturgie de béatification de l'Archevêque Fulton Sheen, présidée par le Cardinal Taglehttps://www.fides.org/fr/news/77516-AMERIQUE_ETATS_UNIS_Le_24_septembre_a_Saint_Louis_la_liturgie_de_beatification_de_l_Archeveque_Fulton_Sheen_presidee_par_le_Cardinal_Taglehttps://www.fides.org/fr/news/77516-AMERIQUE_ETATS_UNIS_Le_24_septembre_a_Saint_Louis_la_liturgie_de_beatification_de_l_Archeveque_Fulton_Sheen_presidee_par_le_Cardinal_TagleSaint-Louis – L'Archevêque Fulton J. Sheen sera béatifié le 24 septembre. Le Pape Léon XIV enverra, en tant que représentant, le Cardinal Luis Antonio Gokim Tagle, Pro-préfet du Dicastère pour l'évangélisation – Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, à la liturgie de béatification.<br />« C'est une joie indescriptible d'apprendre que Mgr Fulton J. Sheen, directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires de 1950 à 1966, sera béatifié le 24 septembre à Saint-Louis », commente le directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires des États-Unis, Mgr Roger J. Landry, dans un communiqué de presse diffusé mercredi 25 mars. « Il est une source d’inspiration non seulement pour nous tous qui poursuivons son œuvre de prière et de soutien aux initiatives missionnaires de l’Église à travers le monde, mais aussi pour tous ceux dont la foi a été renforcée par sa prédication, ses émissions de radio et de télévision, ses écrits et sa sainte vie catholique », souligne le père Landry.<br />Né dans une famille irlandaise à El Paso, dans l'Illinois, le 8 mai 1895, Sheen découvrit sa vocation sacerdotale à l'âge de 24 ans et fut ordonné prêtre en 1919. Il poursuivit ses études supérieures à la Catholic University of America à Washington , à l'Université catholique de Louvain et à l'Université Pontificale Saint-Thomas-d'Aquin à Rome. Il revint aux États-Unis en 1926 et commença à enseigner à la Catholic University of America, poste qu'il occupa jusqu'en 1950. De 1930 à 1950, il anima l’émission radiophonique du soir « The Catholic Hour » sur NBC, qui attira rapidement un large public et connut un succès extraordinaire, suscitant de nombreuses conversions à la foi catholique. Il a largement contribué à sensibiliser le public à l’action missionnaire de l’Église en tant que directeur national des OPM américaines, fonction qu’il a occupée pendant environ 16 ans .<br />« Je me réjouis que le Cardinal Luis Antonio Tagle, Pro-préfet de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières du Dicastère pour l'évangélisation du Vatican, soit le légat pontifical, le célébrant et l'orateur de la messe de béatification », ajoute Mgr Landry – Le Cardinal Tagle, tout comme Sheen, est non seulement un prédicateur au talent extraordinaire, mais il saura sans aucun doute mettre en lumière la contribution que le futur bienheureux Fulton Sheen a apportée et continue d’apporter, à bien des égards, à l’œuvre missionnaire de l’Église ». Sheen fut Évêque de Rochester, dans l’État de New York, puis le pape Paul VI le nomma Archevêque titulaire de Newport, au Pays de Galles, en 1969. Enseignant et brillant orateur, il anima également une émission télévisée hebdomadaire, « Life is Worth Living », qui attira environ 30 millions de téléspectateurs et lui valut deux Emmy Awards pour ses talents de communicateur. De 1961 à 1967, il a animé « The Fulton Sheen Show ». Professeur de philosophie à l’Université catholique de Washington, Fulton Sheen a également été le fondateur de la revue « Cristo al Mondo » et a écrit environ 300 livres et articles.<br /> <br /><br />Thu, 26 Mar 2026 12:30:36 +0100AFRIQUE/KENYA - Nomination d'un Évêque auxiliaire à Nairobihttps://www.fides.org/fr/news/77518-AFRIQUE_KENYA_Nomination_d_un_Eveque_auxiliaire_a_Nairobihttps://www.fides.org/fr/news/77518-AFRIQUE_KENYA_Nomination_d_un_Eveque_auxiliaire_a_NairobiCité du Vatican - Le Saint-Père a nommé Évêque auxiliaire de l’archidiocèse métropolitain de Nairobi le Révérend Père Obed Muriungi Karobia, O.F.M. Conv., jusqu’à présent modérateur suprême de l’association publique de fidèles « Franciscan Servants of Mary Queen of Love » du diocèse de Ngong, en lui attribuant le siège titulaire de Timida.<br />Son Excellence Mgr Obed Muriungi Karobia, O.F.M. Conv., est né le 29 juin 1979. Il a étudié la philosophie au St. Bonaventure College de Lusaka, en Zambie, et a obtenu une licence en théologie au Tangaza College . Entré chez les Frères Mineurs Conventuels, il a été ordonné prêtre le 28 juillet 2012. Il a occupé les fonctions suivantes : vicaire paroissial et curé de la paroisse Sainte-Catherine-d'Alexandrie à Nairobi ; Responsable des vocations au sein de la Custodie des Frères Mineurs Conventuels du Kenya ; formateur et économe de la maison de formation de son institut à Nairobi ; ministre provincial de la province kenyane des Frères Mineurs Conventuels ; Président de la Fédération africaine des Frères Mineurs Conventuels ; doctorant en psychologie à l’université Daystar de Nairobi ; depuis 2024, à la demande du Dicastère pour l’Évangélisation, modérateur suprême de l’association publique de fidèles Franciscan Servants of Mary Queen of Love dans le diocèse de Ngong.<br /> Thu, 26 Mar 2026 12:15:30 +0100ASIE/MYANMAR - Renonciation et succession de l'Évêque de Hpa-Anhttps://www.fides.org/fr/news/77517-ASIE_MYANMAR_Renonciation_et_succession_de_l_Eveque_de_Hpa_Anhttps://www.fides.org/fr/news/77517-ASIE_MYANMAR_Renonciation_et_succession_de_l_Eveque_de_Hpa_AnCité du Vatican - Le Saint-Père a accepté la renonciation de la charge pastorale du diocèse de Hpa-An présentée par Mgr Justin Saw Min Thide. Son successeur est Mgr Stanislaus Min Ko, jusqu’à présent Évêque coadjuteur du même diocèse.<br /> <br /><br /> Thu, 26 Mar 2026 12:10:47 +0100AFRIQUE/NIGERIA - Le diocèse de Wakuri tire la sonnette d'alarme face à de nouvelles attaques perpétrées par les bergers peulshttps://www.fides.org/fr/news/77515-AFRIQUE_NIGERIA_Le_diocese_de_Wakuri_tire_la_sonnette_d_alarme_face_a_de_nouvelles_attaques_perpetrees_par_les_bergers_peulshttps://www.fides.org/fr/news/77515-AFRIQUE_NIGERIA_Le_diocese_de_Wakuri_tire_la_sonnette_d_alarme_face_a_de_nouvelles_attaques_perpetrees_par_les_bergers_peulsAbuja – Une nouvelle alerte a été lancée concernant de nouvelles attaques potentielles de bergers peuls dans le district de Takum et dans d’autres régions de l’État de Taraba, dans le nord-est du Nigeria. Cette alerte a été lancée par le diocèse de Wakuri dans un communiqué daté du 25 mars et signé par Mgr Anthony Bature, vicaire administratif et responsable du comité diocésain pour la paix.<br />« Une vidéo provenant d’une organisation appelée « Equipping the Persecuted » circule actuellement sur les réseaux sociaux », indique le document transmis à l’Agence Fides. « Son directeur exécutif, Judd Saul, met en garde contre une attaque imminente, prévue à partir du 23 mars, menée par des milices ethniques peules à Takum, Chanchanji et dans le district de Tor Damisa de la collectivité locale de Donga, entre autres localités. Comme on le sait, une attaque similaire a déjà été déjouée à Chanchanji entre le 21 et le 22 mars 2026, mais les terroristes ont été repoussés par l’armée ».<br />Dans la région de Takum, l’église catholique St. James the Great à Adu a toutefois été attaquée <br />Mgr Bature avertit que « de plus en plus de terroristes se réorganisent dans différentes localités autour de la municipalité de Takum, comme New Gboko et d’autres, et dans la municipalité de Donga, le long du fleuve Donga et à Ananum ».<br />Le diocèse de Wakuri souligne que l’insécurité causée par les bergers peuls aggrave la situation des populations de la région. « La nouvelle de ces attaques alimente la peur et l’angoisse de la population, la poussant à un exode massif vers des destinations inconnues, sans aucun espoir de salut ».<br />« À la lumière de cela, l'Évêque, Mgr Mark Maigida Nzukwein, invite les doyens, les prêtres et les personnes consacrées des zones susmentionnées à sensibiliser leurs fidèles et à prendre toutes les mesures de précaution nécessaires pour assurer leur sécurité », indique la déclaration, qui invite « à contacter les forces de l'ordre afin de renforcer la sécurité et d'éviter la catastrophe humanitaire imminente ».<br />Lors d’une rencontre avec la presse en février dernier, l’Évêque de Wakuri, Mgr Mark Maigida Nzukwein, a rapporté que depuis septembre 2025, les habitants du district de Chanchanji, dans la zone de gouvernement local de Takum, ainsi que de certaines parties des zones de gouvernement local d’Ussa et de Donga, dans le sud de l’État de Taraba, vivent dans une situation dramatique en raison des attaques des bergers peuls.<br />« À ce jour, on dénombre plus de 80 morts, de nombreux blessés, plus de 200 communautés et églises détruites et plus de 90 000 résidents catholiques déplacés », a déclaré Mgr Nzukwein, selon lequel « les miliciens peuls qui commettent ces attaques arrivent généralement aux premières heures du matin, le plus souvent pendant que les gens dorment, et lancent leurs assauts, tuant quiconque ils rencontrent et incendiant les maisons et les récoltes ».<br />« De plus, poursuit l’Évêque, les miliciens ont pris le contrôle des terres agricoles de la population et attaquent quiconque ose se rendre dans leurs fermes pour se procurer de la nourriture pour sa famille. Certaines femmes ont été violées lors de ces attaques ». Les éleveurs utilisent les récoltes pour nourrir leurs troupeaux. <br />Thu, 26 Mar 2026 12:08:32 +0100AFRIQUE/TCHAD - Des générations privées d'école. Les programmes visant à garantir l'accès à l'éducation des réfugiés soudanais en âge scolaire sont restés sans effethttps://www.fides.org/fr/news/77514-AFRIQUE_TCHAD_Des_generations_privees_d_ecole_Les_programmes_visant_a_garantir_l_acces_a_l_education_des_refugies_soudanais_en_age_scolaire_sont_restes_sans_effethttps://www.fides.org/fr/news/77514-AFRIQUE_TCHAD_Des_generations_privees_d_ecole_Les_programmes_visant_a_garantir_l_acces_a_l_education_des_refugies_soudanais_en_age_scolaire_sont_restes_sans_effetN'Djamena - Depuis le déclenchement de la guerre civile au Soudan en 2023, le Tchad est devenu l'un des premiers pays au monde en termes de nombre de réfugiés accueillis. Et la plupart des réfugiés soudanais présents au Tchad proviennent du Darfour, région qui a déjà été l'épicentre d'un conflit civil ayant débuté en 2003 et pris fin en 2020.<br />Selon des données mises à jour en janvier dernier, rapportées par l'organisation Development Action Platform, le nombre de réfugiés soudanais enregistrés au Tchad s'élève à 904 000 personnes, un chiffre énorme qui s'ajoute aux 400 000 réfugiés déjà présents dans le pays. <br />Afin d'analyser les conditions de vie des réfugiés arrivés après 2023, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés a mené une enquête dont les résultats, publiés ces derniers jours, soulignent que les efforts du Tchad ne sont pas tout à fait suffisants pour faire face à la crise.<br />Dans 76 % des cas, les familles interrogées ont indiqué que leurs enfants mineurs avaient cessé de suivre des cours à l'école.<br />Il s'agit d'un pourcentage très élevé, au regard des informations diffusées sur les nombreuses initiatives prises par le gouvernement de N'Djamena, qui s'est engagé au fil des ans à garantir l'accès à l'éducation également aux élèves soudanais présents dans le pays. À cet égard, il suffit de considérer l'organisation des examens scolaires de septembre dernier. À cette occasion, plus de cinq mille élèves ont pu terminer leur année scolaire afin de s'inscrire à celle qui allait commencer. Le programme avait été soutenu par le HCR et l'Unicef de diverses manières, notamment par le transfert des élèves des camps de réfugiés vers les lieux d'examen, la distribution de matériel scolaire et enfin le soutien psychologique aux élèves.<br />D'autres données sont ressorties de l'enquête : seuls 48 % des personnes interrogées ont déclaré avoir accès à des structures de santé au Tchad, tandis que 10 % ont déclaré avoir accès à des installations sanitaires. En outre, pas moins de 32 % ont déclaré avoir subi des violences physiques pendant leur fuite et 20 % ont déclaré avoir encore des proches au Soudan. Parmi eux, 84 % ne peuvent pas quitter ce pays en guerre faute de moyens de transport nécessaires à l’expatriation, tandis que 7 % ne le quittent pas par crainte d’arrestations arbitraires.<br />L’un des principaux problèmes concerne l’absence de papiers d’identité chez les réfugiés : pas moins de 87 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas en posséder, soit parce qu’elles les avaient perdus, soit parce qu’ils leur avaient été confisqués par des milices armées pendant leur fuite. L'absence de documents d'identité empêche l'accès aux services mis à disposition par les autorités locales. Garantir un document d'identité aux réfugiés soudanais est le défi que le gouvernement tchadien doit relever dans les mois à venir, afin d'éviter que la gestion des réfugiés ne se transforme en crise.<br />Au cours des dernières années, certaines mesures avaient déjà été mises en place pour les réfugiés qui se trouvaient dans le pays avant le déclenchement du conflit au Soudan. Parmi celles-ci, il convient de citer la loi sur l’asile de 2020 et les décrets sur la protection juridique et l’identité biométrique, tous deux adoptés en 2019. <br />Thu, 26 Mar 2026 12:00:07 +0100