Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.VATICAN - Cours destiné aux nouveaux Évêques, Mgr García Macias : l'inculturation peut devenir l'une des plus belles formes d'évangélisation, « lorsqu'elle permet à un peuple de reconnaître que le Christ ne lui est pas étranger »https://www.fides.org/fr/news/78129-VATICAN_Cours_destine_aux_nouveaux_Eveques_Mgr_Garcia_Macias_l_inculturation_peut_devenir_l_une_des_plus_belles_formes_d_evangelisation_lorsqu_elle_permet_a_un_peuple_de_reconnaitre_que_le_Christ_ne_lui_est_pas_etrangerhttps://www.fides.org/fr/news/78129-VATICAN_Cours_destine_aux_nouveaux_Eveques_Mgr_Garcia_Macias_l_inculturation_peut_devenir_l_une_des_plus_belles_formes_d_evangelisation_lorsqu_elle_permet_a_un_peuple_de_reconnaitre_que_le_Christ_ne_lui_est_pas_etrangerCité du Vatican – Dans le cadre du cours de formation destiné aux nouveaux Évêques organisé par le Dicastère pour l’Évangélisation , consacré cette année au thème « Serviteurs de la communion dans l’Église », Aurelio García Macías, Évêque titulaire de Rotdon et Sous-Secrétaire du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, a présenté le 4 septembre un exposé intitulé « Continuité et nouveauté dans la liturgie dans le contexte de la première évangélisation », s’adressant aux 49 Évêques récemment nommés réunis au Collège pontifical missionnaire « Saint-Pierre-l’Apôtre ».<br /><br />Se référant aux premiers mots de la constitution conciliaire *Sacrosanctum Concilium*, selon lesquels « Le saint Concile se propose de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ; de mieux adapter aux nécessités de notre époque les institutions qui sont sujettes à des changements » , l’évêque a rappelé que « la liturgie est le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu » . La liturgie, a-t-il expliqué, « n’appartient pas au prêtre qui célèbre, au groupe qui la prépare ou à la communauté particulière qui y participe. La liturgie appartient au Christ et à l’Église » et elle nous parvient aujourd’hui, comme l’enseigne le Concile, *per ritus et preces*, « à travers les rites et les prières ».<br /><br />Le cœur de l’intervention a porté sur l’inculturation liturgique, une question qui, pour de nombreuses Églises confiées aux nouveaux Évêques, « ne s’agit pas d’un problème théorique, mais d’une question pastorale quotidienne ».<br /><br />En matière d'inculturation, « il ne suffit pas d'introduire une danse »<br /><br />Le Sous-Secrétaire du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements a précisé que l’inculturation « ne signifie pas simplement introduire dans la liturgie des éléments de la culture locale » : il ne suffit pas « d’ajouter un chant traditionnel, d’introduire une danse, d’utiliser un instrument de musique local ou de traduire un texte ». L’inculturation, a-t-il dit, « se produit presque “par osmose”, lorsque le mystère célébré rencontre véritablement une culture » : l’Évangile assume ce qui est « authentiquement humain, vrai, bon et beau » dans une culture, mais il la purifie et la transforme, car « aucune culture n’est l’Évangile ». « Cela vaut pour les cultures africaines, asiatiques, latino-américaines ou océaniennes, mais aussi pour la culture européenne », a-t-il ajouté, rappelant que « toute culture a besoin d’être évangélisée. Toute culture contient des *semina Verbi*, mais toute culture porte aussi les blessures du péché. C’est pourquoi l’Évangile accueille et purifie, assume et transforme, confirme et corrige, élève et, lorsque cela est nécessaire, demande une rupture ».<br /><br />Trois risques à éviter<br /><br /> L’Évêque a mis en avant trois risques à éviter : l’innovation inutile, rappelant que, selon *Sacrosanctum Concilium*, « on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement » ; le syncrétisme, « particulièrement délicat dans les territoires où les religions traditionnelles demeurent culturellement très présentes » ; et le folklore, car « la liturgie n’est pas une représentation culturelle » et « un élément culturel entre dans la liturgie non parce qu’il est pittoresque, mais parce qu’il peut servir le mystère célébré ». Citant l’instruction *Varietates legitimae* , il a réaffirmé que « la première et la plus remarquable mesure d’inculturation est la traduction des textes liturgiques dans la langue du peuple » , tout en soulignant que la traduction « doit être fidèle au texte original, fidèle à la langue d’arrivée et compréhensible pour ses destinataires ».<br /><br />Le Sous-Secrétaire a rappelé que l’inculturation « ne peut pas être improvisée, elle ne peut pas être décidée sur la base d’une seule célébration réussie et elle ne peut pas dépendre de l’enthousiasme d’un prêtre ou d’un groupe ». Elle « exige réflexion, prière, expérience, évaluation et maturation dans la foi ».<br /><br />Il faut toujours garder à l’esprit, a souligné l’évêque espagnol, que « lorsque nous célébrons l’Eucharistie dans le plus petit village d’un diocèse missionnaire, cette célébration est une action de l’Église universelle. Cette petite communauté n’est pas isolée : elle est en communion avec son propre Évêque et, par l’intermédiaire de l’Évêque, avec le collège épiscopal et le Successeur de Pierre, comme on le lit dans la prière eucharistique lorsque sont mentionnés le Pape et l’Évêque. La liturgie rend visible cette communion ».<br /><br />L'Évêque n'est pas le « gendarme de la liturgie »<br /><br />En ce qui concerne la liturgie et les processus d’inculturation, la tâche de l’Évêque, a précisé García Macías, n’est pas d’être le « policier de la liturgie », mais d’être le premier « liturge » du diocèse et « le premier responsable de la vie liturgique de son Église ». Il lui revient d’« avoir le courage à la fois de promouvoir ce qui est authentiquement utile et de freiner ce qui n’est pas encore mûr », car « la prudence n’est pas toujours synonyme de peur, et l’innovation n’est pas toujours synonyme de courage ».<br /><br />L’inculturation peut devenir l’une des plus belles formes d’évangélisation « lorsqu’elle permet à un peuple de reconnaître que le Christ ne lui est pas étranger », a-t-il ajouté. « L’Évangile ne détruit pas ce qui est authentiquement humain, mais le conduit à sa plénitude. »<br /><br />C’est pourquoi l’inculturation exige « des Pasteurs capables de discerner ». Car « nous ne pouvons pas avoir peur des cultures, mais nous ne pouvons pas non plus les idéaliser. Nous ne pouvons pas avoir peur de la diversité, mais nous ne pouvons pas sacrifier la communion. Nous ne pouvons pas étouffer la créativité authentique de l’Esprit, mais nous ne pouvons pas la confondre avec l’arbitraire. Nous ne pouvons pas transformer la liturgie en musée de formes immuables, mais nous ne pouvons pas non plus la transformer en laboratoire permanent ».<br />Entre ces « extrêmes » – a conclu Mgr Garcia Macias –, « « se situe la tâche difficile et magnifique de l’Évêque ». Celle-ci exige « prudence, compétence et communion. Mais surtout, nous avons besoin de foi. Car, en définitive, la liturgie n’est pas notre œuvre. C’est le Christ qui continue d’agir dans son Église ».<br /><br /> Sat, 05 Sep 2026 15:08:07 +0200Le Pape aux Évêques latins des régions arabes : « N'ayez pas peur de votre petitesse »https://www.fides.org/fr/news/78128-Le_Pape_aux_Eveques_latins_des_regions_arabes_N_ayez_pas_peur_de_votre_petitessehttps://www.fides.org/fr/news/78128-Le_Pape_aux_Eveques_latins_des_regions_arabes_N_ayez_pas_peur_de_votre_petitesseCité du Vatican – « N’ayez pas peur de votre petitesse. » C’est par ces mots que le Pape Léon XIV a encouragé, jeudi 3 septembre, les treize Évêques de la Conférence des Évêques latins dans les régions arabes , reçus en audience au Vatican à l’issue de leur rencontre annuelle à Rome.<br /><br />La Conférence regroupe les juridictions de rite latin présentes dans 17 pays du Moyen-Orient, de la péninsule arabique et de la Corne de l’Afrique : Égypte, Syrie, Irak, Liban, Jordanie, Israël, Palestine, Chypre, Djibouti, Somalie, Émirats arabes unis, Oman, Yémen, Bahreïn, Koweït, Qatar et Arabie saoudite.<br /><br />S’adressant aux Évêques, le Pape a évoqué les Églises locales qui « œuvrent dans des contextes souvent marqués par des tensions politiques, sociales et religieuses ». Il a rendu hommage aux martyrs de ces terres : « Pensons à sœur Leonella Sgorbati, missionnaire de la Consolata, aux Missionnaires de la Charité tuées au Yémen alors qu’elles servaient les plus vulnérables et aux nombreux prêtres, religieux et religieuses et fidèles qui ont donné leur vie en Irak, en Syrie et dans d’autres terres marquées par la violence. » « Leurs noms ne sont peut-être pas connus du reste du monde, mais ils sont bien connus de Dieu », a-t-il affirmé, soulignant que « leur fidélité à l’Évangile reste une lumière pour vos communautés et une invitation à ne pas céder ni à la peur, ni à la résignation ».<br /><br />Face à la fragilité des communautés et à l’émigration forcée de nombreuses familles chrétiennes, le Souverain Pontife a exhorté les Évêques : « Soyez toujours des pasteurs proches de votre peuple, capable de partager ses blessures, d’écouter, de soutenir et de consoler, pour qu’à travers votre présence, la proximité de Dieu puisse être visible. »<br /><br />« La fécondité de l’Église ne se mesure pas dans les nombres, les structures ou les ressources, mais dans la fidélité à l’Évangile », a-t-il poursuivi. « Une petite communauté, lorsqu’elle est enracinée dans le Christ, peut être une présence précieuse : non pas parce qu’elle cherche le pouvoir, mais car elle sert ; non pas parce qu’elle s’impose, mais parce qu’elle témoigne ; non pas parce qu’elle répond à la violence par la violence, mais parce qu’elle oppose la charité à la force. »<br /><br />Au cœur de sociétés marquées par les conflits et les divisions, le Pape a appelé les communautés à montrer « qu’il est possible de vivre, servir et espérer ensemble ». Il les a invitées à rendre « l’Évangile concret, en accueillant, écoutant et soutenant ceux qui sont dans le besoin », notamment à travers « les paroisses, les écoles, les hôpitaux et les œuvres de charité », et à soutenir les congrégations religieuses « qui continuent généreusement de servir les pauvres et les plus fragiles ».<br /><br />Il a par ailleurs invité les évêques à ne pas perdre de vue « l’essentiel de la mission de l’Église : l’annonce de l’Évangile, la prière, les sacrements et la formation chrétienne ». « Une Église capable de servir doit être avant tout une Église qui prie, écoute la Parole et vit des sacrements », a-t-il précisé.<br /><br />Recommandant une attention particulière aux familles et aux jeunes, Léon XIV a souhaité que les premières, « bien qu’accablées par les difficultés et les incertitudes », demeurent « le premier lieu dans lequel la foi est reçue et transmise ». Les jeunes, « souvent partagés entre de grandes aspirations et un avenir incertain », doivent pouvoir trouver dans l’Église « un foyer qui les accueille, les écoute et les aide à reconnaître la valeur de leur vie ».<br /><br />Une attention particulière a également été accordée aux migrants, nombreux surtout dans les pays du Golfe et souvent confrontés à la solitude et à la précarité. « Que vos communautés soient des maisons dans lesquelles personne ne se sent étranger », a déclaré le Pape. « Défendez la dignité de chaque personne et reconnaissez en chaque migrant un frère et une sœur : ainsi, la charité devient témoignage de l’Évangile et école de fraternité. »<br /><br />Le Pape a en outre encouragé la communion entre les Églises et les différents rites présents dans la région : « La variété des traditions chrétiennes est une richesse qu’il faut vivre dans l’unité. » Il a souhaité que cette communion fasse naître « un dialogue sincère avec les autres communautés chrétiennes, avec les musulmans et avec les différentes traditions religieuses ». « Dialoguer ne signifie pas renoncer à son identité, mais vivre sans la peur de la rencontre », a-t-il souligné.<br /><br />En conclusion, le Souverain Pontife a invité les évêques à ne pas rechercher « le succès ou la reconnaissance », mais « la fidélité ». « Soyez des voix de vérité, de justice et de paix ; des hommes de prière, des pasteurs proches de votre peuple, des artisans de la réconciliation et des témoins de miséricorde », leur a-t-il demandé.<br /><br />Il les a enfin exhortés à poursuivre leur chemin « avec confiance » : « Vous n’êtes pas seuls. L’Église universelle est tournée vers vos communautés avec affection et reconnaît dans leur persévérance, dans la foi vécue dans l’épreuve et dans le courage du service un témoignage précieux pour toute l’Église. » Le Pape a confié les Églises et les peuples de ces régions à « la protection de la Vierge Marie, Mère de l’Église et Reine de la paix », invoquant sur les évêques et les fidèles « d’abondantes bénédictions du Seigneur ». Fri, 04 Sep 2026 21:34:01 +0200AMÉRIQUE/HAÏTI - Le père Miraglio : « Dans un pays en plein chaos, nous construisons des communautés pacifiques et solidaires »https://www.fides.org/fr/news/78127-AMERIQUE_HAITI_Le_pere_Miraglio_Dans_un_pays_en_plein_chaos_nous_construisons_des_communautes_pacifiques_et_solidaireshttps://www.fides.org/fr/news/78127-AMERIQUE_HAITI_Le_pere_Miraglio_Dans_un_pays_en_plein_chaos_nous_construisons_des_communautes_pacifiques_et_solidairesPourcine Pic Makaya – Cinq heures de marche depuis la route carrossable la plus proche, à travers des collines escarpées, des fonds de vallée et des rivières désormais presque à sec. C’est le chemin qu’il faut parcourir pour atteindre Nan Miel, l’un des villages les plus isolés de l’arrière-pays haïtien, où le père Massimo Miraglio, MI, curé de l’église Notre-Dame du Secours à Pourcine Pic Makaya, s’est récemment rendu à la chapelle Saint-Bernard à l’occasion de la fête patronale.<br /><br />« C’est une région difficile d’accès », raconte le missionnaire à l’Agence Fides. « Le long du chemin, on croise de petits villages habités principalement par des familles d’agriculteurs, dépourvus des services essentiels. Il n’y a ni écoles, ni dispensaires, ni eau potable. Quant à l’électricité, on n’y pense même pas. »<br /><br />Malgré les difficultés, la communauté a accueilli chaleureusement le missionnaire et la célébration de la fête a attiré des fidèles venus même des localités voisines, dont beaucoup avaient marché plusieurs heures. L’après-midi, un match de football, puis de la musique jusqu’à ce que le petit générateur soit à court d’essence. « Avec un ballon et deux enceintes, raconte le père Miraglio, les gens ont passé une belle journée, sans incident. »<br /><br />Au cours de ces trois jours de visite, de nombreuses rencontres ont eu lieu avec la population. Le thème récurrent est celui de l’abandon par l’État des zones les plus isolées, aggravé par les effets de la sécheresse. « La dernière récolte a été mauvaise, juste à la veille de la rentrée scolaire. Avec la pénurie de produits de la terre, les repas se réduisent pour tout le monde, enfants et adultes, à presque rien. »<br /><br />Le voyage de retour s’est effectué en compagnie d’une petite délégation. Le long du parcours, les mulets restent un moyen de transport indispensable pour acheminer le peu de marchandises. « De temps à autre, nous saluions les gens que nous croisions et nous nous sommes engagés à revenir dès que possible. »<br /><br />Parmi les priorités identifiées par la communauté figure la construction, à Nan Miel, d’une petite structure en bois et en tôle, destinée à accueillir les célébrations religieuses, les réunions communautaires et les premiers pas d’une école. Une deuxième intervention concerne l’aménagement de la source locale, essentielle à l’approvisionnement en eau.<br /><br />« Comme à l’époque des premières communautés chrétiennes, aujourd’hui encore, les visites aux autres communautés sont importantes pour renforcer l’espérance, approfondir la foi et améliorer, à terme, les conditions de vie des gens », souligne le père Massimo.<br /><br />Le missionnaire décrit une situation difficile dans tout le pays, et pas seulement dans les grandes villes, où les gangs armés ont instauré un climat d’insécurité croissante. « À chaque voyage, je constate de mes propres yeux les grandes difficultés de la réalité haïtienne. C’est un pays en plein désarroi, non seulement dans les grandes villes à cause des gangs armés, mais aussi dans l’arrière-pays le plus reculé. On y mène une « guerre de l’arrière-front » qui devient de plus en plus difficile à mener. »<br /><br />Dans ce contexte, la mission de l’Église continue de se concentrer sur la présence aux côtés des populations les plus vulnérables. « Dans nos efforts pour transmettre la foi – conclut le Camillien –, nous œuvrons à la construction de communautés pacifiées et solidaires. »<br /><br /> <br />Fri, 04 Sep 2026 12:38:59 +0200ASIE/PAKISTAN - Sous la pluie, des milliers de pèlerins à Mariamabad pour le 77e pèlerinage nationalhttps://www.fides.org/fr/news/78125-ASIE_PAKISTAN_Sous_la_pluie_des_milliers_de_pelerins_a_Mariamabad_pour_le_77e_pelerinage_nationalhttps://www.fides.org/fr/news/78125-ASIE_PAKISTAN_Sous_la_pluie_des_milliers_de_pelerins_a_Mariamabad_pour_le_77e_pelerinage_nationalLahore – Les pluies, les désagréments et les prévisions de mauvais temps n’entament en rien la profonde dévotion mariale des fidèles pakistanais. C’est aujourd’hui, 4 septembre, au Sanctuaire de Mariamabad, que s’ouvrent les célébrations du 77e pèlerinage national, moment fondateur de la dévotion mariale des catholiques pakistanais, qui s’achèvera le 6 septembre. « C’est émouvant. Malgré les prévisions de mauvais temps, avec de fortes pluies susceptibles de provoquer des inondations et de compliquer considérablement le séjour des fidèles, qui campent sur l’esplanade devant le sanctuaire, les pèlerins restent fermes dans leur foi et dans leur lien profond avec la Vierge Marie : rien ne peut les séparer de l’amour du Christ », note à l’Agence Fides le père Qaisar Feroz OFM Cap, curé à Lahore et porte-parole de la Conférence épiscopale du Pakistan, présent à Mariamabad avec sa communauté.<br />« De nombreuses personnes sont déjà arrivées à Mariamabad et des milliers d’autres, venues de tous les diocèses du Pakistan, sont en route en caravanes de pèlerins : à pied, à vélo, à moto, en camion et en bus. C’est une impressionnante mobilisation nationale de la foi : les familles parcourent des milliers de kilomètres pour prier Marie, se placer sous son manteau, lui confier leur vie et leurs difficultés, et implorer les grâces de la Mère céleste », raconte le frère, alors que plus de 500 000 fidèles sont attendus. Les pèlerins participent à la messe d’ouverture célébrée par l’Archevêque de Lahore, Khalid Rehmat. « Et parmi eux se trouvent également des croyants musulmans et hindous : Marie attire le cœur de tous », note-t-il.<br /><br />Le pèlerinage de cette année revêtira également une « touche franciscaine », à l’occasion du 800e anniversaire de la mort de François d’Assise. Les franciscains du Pakistan animeront le rosaire médité à Mariamabad, au cours duquel seront utilisés des textes et des passages tirés des Sources franciscaines qui reflètent le profond amour de François d’Assise pour la Vierge Marie. « Le rosaire sera une immense prière pour la paix, à laquelle se joindront des milliers de pèlerins », rapporte le père Feroz.<br /><br />Mariamabad, également connue sous le nom de « Cité de Marie », est le plus important sanctuaire marial national du Pakistan. Située dans la province du Pendjab, à environ 80 km de Lahore, son histoire – comme le rappelle le père Feroz – « est liée à l’œuvre des missionnaires capucins belges et, en particulier, à la figure du père Félix van de Putte, qui en a été le fondateur ».<br />À la fin du XIXe siècle, les missionnaires capucins au Pakistan ont compris que les nouveaux convertis au christianisme, pour la plupart d’origine punjabi et issus des classes sociales les plus pauvres, subissaient de graves discriminations, des oppressions et des conditions de semi-esclavage de la part des propriétaires terriens locaux.<br />C’est pourquoi, afin de sortir ces familles de la misère, l’Évêque capucin Emmanuel Van Den Bosch acheta au gouvernement britannique environ 150 acres de terres désertiques et sauvages dans le district de Sheikhupura, avec l’idée d’y construire un village pour les chrétiens. En janvier 1893, trois familles chrétiennes, guidées par des missionnaires, entreprirent une marche de six jours pour rejoindre cette nouvelle terre et fondèrent un village agricole, qui fut baptisé Maryabad , c’est-à-dire la « Cité de Marie ».<br /><br />Le père Félix arriva à Mariamabad en 1896 et en devint le véritable pilier et bâtisseur : c'est lui qui agrandit la colonie et encouragea le développement agricole, social et spirituel de la communauté. Le frère organisa les méthodes de culture et les familles catholiques purent enfin cultiver leurs terres, construire des maisons solides et vivre de leur travail dans la dignité et la sécurité. Le père Félix dirigea les travaux de construction de la nouvelle église, qui fut consacrée le 8 décembre 1898. Depuis lors, les fidèles ont conservé une très forte dévotion à la Vierge Marie, en récitant quotidiennement le rosaire.<br /><br />Au cours des années suivantes, les frères capucins ont construit une grotte à l'image de celle de Lourdes , en plaçant une statue de la Vierge Marie au sommet d'une petite colline près de l'église.<br />En 1949, Mariamabad a été officiellement déclaré sanctuaire marial national du Pakistan. Ce lieu est également devenu un espace rare et extraordinaire de dialogue interreligieux, fréquenté assidûment non seulement par des chrétiens, mais aussi par de très nombreux musulmans et hindous, qui s'y rendent pour honorer la figure de Marie et demander des grâces.<br /> <br /><br />Fri, 04 Sep 2026 12:15:52 +0200AFRIQUE/GUINÉE ÉQUATORIALE - Le gouvernement annonce avoir déjoué un coup d'État grâce à l'aide russehttps://www.fides.org/fr/news/78126-AFRIQUE_GUINEE_EQUATORIALE_Le_gouvernement_annonce_avoir_dejoue_un_coup_d_Etat_grace_a_l_aide_russehttps://www.fides.org/fr/news/78126-AFRIQUE_GUINEE_EQUATORIALE_Le_gouvernement_annonce_avoir_dejoue_un_coup_d_Etat_grace_a_l_aide_russeMalabo – Les autorités de la Guinée équatoriale affirment avoir déjoué une tentative de coup d’État grâce aux informations reçues de l’Africa Corps, cette formation liée au ministère russe de la Défense et active dans plusieurs pays africains.<br /><br />Selon un article publié aujourd’hui, 4 septembre, par l’hebdomadaire français Jeune Afrique, la saisie d’un arsenal dissimulé dans un conteneur dans le port de Bata aurait déclenché l’opération qui a permis de déjouer la tentative de coup d’État.<br /><br />L’opération a été lancée fin juin 2026, mais elle n’a été rendue publique que maintenant, à la suite d’une alerte des services de renseignement russes. Moscou aurait averti le gouvernement de Malabo de l'arrivée d'un conteneur chargé d'armes, en provenance d'un pays européen. Sur la base d'écoutes téléphoniques, les autorités russes auraient indiqué que ces armes étaient destinées, selon la reconstitution des faits par les autorités de Malabo, à une tentative de coup d'État.<br /><br />Depuis 2024, la Russie a renforcé sa présence dans le secteur de la sécurité, avec un nombre estimé entre 100 et 300 instructeurs et militaires de l’Africa Corps, principalement déployés à Malabo et à Bata, chargés de la protection et de la formation des forces présidentielles. Moscou aurait par ailleurs mis en place dans le pays une « antenne » dédiée aux services de renseignement.<br /><br />Le gouvernement accuse Filiberto Manale Andem, figure de proue et soi-disant « chef militaire » de la CORED , d’avoir orchestré la tentative de coup d’État et organisé l’acheminement d’armes. Les forces de sécurité locales ont procédé à de nombreuses arrestations parmi les collaborateurs de Manale Andem et du dirigeant de la CORED, Salomon Abeso Ndong. Les dirigeants de la coalition d'opposition rejettent fermement ces accusations et affirment que les autorités de Malabo les auraient fabriquées de toutes pièces dans le but de discréditer leurs opposants.<br /><br />La Guinée équatoriale n’en est pas à sa première tentative de coup d’État, jusqu’à présent déjouées par le régime de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis le coup d’État de 1979, lorsqu’il a renversé son oncle Francisco Macías Nguema.<br /><br />En 2004, un groupe de mercenaires dirigé par Simon Mann, ancien membre des forces spéciales britanniques, a été arrêté au Zimbabwe avant de pouvoir s'envoler vers la Guinée équatoriale pour renverser Obiang. Le 27 décembre 2017, une autre tentative de coup d’État a été déjouée, lorsque les autorités du Cameroun et de la Guinée équatoriale ont arrêté à la frontière entre les deux pays un groupe de mercenaires provenant du Tchad, du Soudan et de la République centrafricaine .<br /><br />La Guinée équatoriale est au centre des intérêts des grandes puissances en raison de ses réserves de pétrole et de gaz et de sa situation géographique. La France et les États-Unis avaient pris pour cible Obiang et son fils Teodoro Nguema Obiang Mangue, actuel vice-président et successeur probable, en les accusant de corruption, de détournement de fonds et de blanchiment d’argent, ouvrant ainsi des brèches d’influence à la Chine et à la Russie.<br /><br />Aujourd’hui, l’administration Trump se rapproche à nouveau de la famille Obiang, notamment pour empêcher la Chine de construire dans ce pays sa première base navale dans l’océan Atlantique. <br />Fri, 04 Sep 2026 12:31:00 +0200ASIE/CORÉE DU SUD - Mgr Kwak : la foi commence toujours par une rencontre, même à l'ère de l'intelligence artificiellehttps://www.fides.org/fr/news/78124-ASIE_COREE_DU_SUD_Mgr_Kwak_la_foi_commence_toujours_par_une_rencontre_meme_a_l_ere_de_l_intelligence_artificiellehttps://www.fides.org/fr/news/78124-ASIE_COREE_DU_SUD_Mgr_Kwak_la_foi_commence_toujours_par_une_rencontre_meme_a_l_ere_de_l_intelligence_artificiellepar Pascale Rizk<br /><br />Rome - La foi en Jésus peut toujours naître d’une rencontre réelle, même à l’ère de l’intelligence artificielle. C’est la conviction de Germanus Kwak Jin-Sang, Évêque auxiliaire du diocèse sud-coréen de Suwon. Il imagine que les jeunes participants aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Séoul en 2027 vivront eux aussi des rencontres fructueuses avec les familles coréennes qui les accueilleront chez elles.<br /><br />Né à Suwon le 20 décembre 1964, Germanus Kwak Jin-Sang est entré au séminaire en 1983. Après avoir obtenu sa licence en théologie à l’Université catholique de Suwon en 1993, il est ordonné prêtre le 2 février 1993. Après avoir occupé plusieurs fonctions paroissiales, il poursuit ses études supérieures à l’Institut catholique de Paris, où il obtient une licence en théologie pastorale et catéchèse en 1999, puis un doctorat en théologie systématique en 2005. Il a ensuite occupé les fonctions de curé, de professeur au Grand Séminaire de l’Université catholique de Suwon, puis de Recteur de l’Université catholique de Suwon de 2018 à 2022. Il a été nommé Évêque auxiliaire de Suwon le 20 décembre 2025 et a reçu l'ordination épiscopale le 11 février 2026. Il occupe plusieurs fonctions au sein de la Conférence des Évêques catholiques de Corée , notamment celle de Président de la Commission de bioéthique.<br /><br /><br />L’Agence Fides a interviewé Germanus Kwak à Rome, où l’Évêque coréen s’est rendu pour participer au cours de formation destiné aux nouveaux Évêques organisé par le Dicastère pour l’Évangélisation, qui a débuté mercredi 2 septembre au Collège pontifical Saint-Pierre-l’Apôtre.<br /><br />En repensant aux origines de l’Église catholique en Corée, que nous enseigne aujourd’hui cette expérience initiale d’une foi transmise de personne à personne par des laïcs ? Et de quelle manière l’héritage des martyrs, préservé malgré des siècles de persécutions, peut-il encore inspirer l’Église et la société contemporaines ?<br /><br /><br />- Aux origines du christianisme en Corée, la transmission de la foi se faisait par le biais de rencontres personnelles. Dans une société profondément hiérarchisée, marquée par le confucianisme et par une répartition rigide des rôles sociaux, cette dynamique s’avérait profondément novatrice. Les lettrés et les érudits qui avaient découvert les textes chrétiens commencèrent à accueillir non seulement les personnes de leur rang, mais aussi les pauvres, les serviteurs et les marginaux. Dire à un serviteur : « Tu n’es pas mon serviteur, tu es mon frère », ou « tu es ma sœur », représentait alors un véritable bouleversement. Cette conviction selon laquelle tous les êtres humains appartiennent à une seule et même famille, quelle que soit leur condition sociale, reste d’une grande actualité. Elle nous invite à réfléchir sur notre monde encore marqué par les conflits, les guerres, la domination et la volonté de s’approprier les autres ou leurs ressources. Aujourd’hui, cette question revêt une importance particulière, notamment face au développement de l’intelligence artificielle…<br /><br /><br />De quelle manière ?<br /><br />- L’Église s’interroge à juste titre sur la nécessité de préserver ce qui constitue la valeur irremplaçable de la personne humaine : sa liberté, son expérience concrète, sa capacité à éprouver de la joie, de la tristesse, de l’amour, de la souffrance et à nouer des relations authentiques. L’intelligence artificielle peut être un outil utile, mais elle ne doit pas nous amener à confondre le virtuel et le réel, ni à accepter une falsification de la réalité humaine. Revenir à la dignité de chaque personne, c’est donc se rappeler que la foi, tout comme la vie sociale, commence toujours par une rencontre authentique avec l’autre.<br /><br />Dans la société contemporaine, les réseaux sociaux et leurs algorithmes donnent parfois l’illusion d’une rencontre, alors qu’ils favorisent souvent des contacts éphémères, médiatisés par un écran. Cette illusion peut-elle, d’une certaine manière, contaminer également l’œuvre missionnaire ?<br /><br />- L’essence de la rencontre avec Dieu se réalise dans une relation vivante : dans la rencontre avec l’autre, dans le Saint-Sacrement et dans l’expérience concrète de la vie quotidienne. C’est pourquoi l’Église se trouve aujourd’hui au cœur d’une tension féconde. D’une part, elle peut et doit utiliser les moyens de communication contemporains pour aller à la rencontre des personnes là où elles se trouvent, y compris sur les réseaux sociaux. Ces outils peuvent attirer l’attention, susciter la curiosité et ouvrir une première porte vers la foi. D’autre part, cependant, il est essentiel de préserver ce qui ne doit être ni dénaturé ni détruit : la profondeur de l’expérience spirituelle, la réalité de la rencontre avec le Christ et le caractère irremplaçable de la liturgie.<br /><br />La liturgie est en effet un lieu privilégié de transmission de la foi. Ce n’est pas seulement un moment où l’on écoute un enseignement ou où l’on célèbre une tradition déjà connue ; elle permet aussi de voir, de vivre et de rencontrer la réalité du Christ. Cette rencontre peut toucher une personne, la transformer intérieurement, puis l’accompagner même au-delà des murs de l’église.<br /><br />Les formats courts et les réseaux sociaux peuvent être utiles pour susciter l’intérêt ou rappeler l’importance de la foi, mais ils ne peuvent pas, par exemple, se substituer à l’expérience liturgique. Si une personne passe directement d’une vidéo courte et spectaculaire à une célébration dont elle ne comprend ni la profondeur ni le rythme, elle peut ressentir de la confusion, voire un sentiment de détachement. Il est donc nécessaire d’accompagner cette transition et de montrer que la liturgie offre une réalité différente de celle de l’écran.<br /><br />Selon vous, comment s'explique le succès de certaines façons de présenter le christianisme selon les modalités propres aux mouvements évangéliques ?<br /><br /> - Dans le contexte coréen, les mouvements évangéliques protestants savent toucher les gens de manière directe et sensible. Ils interpellent profondément les émotions : la joie, la tristesse, le besoin et le réconfort. Or, les Coréens sont généralement très réceptifs à cette dimension affective et expressive. Certaines personnes, après avoir fréquenté pendant un certain temps les communautés évangéliques, prennent ainsi leurs distances ou reviennent occasionnellement à l’Église catholique. À l’inverse, d’autres considèrent parfois les célébrations catholiques comme trop « calmes », trop traditionnelles, voire « ennuyeuses », par rapport à des cultes plus expressifs et rythmés. Cette perception ne doit pas être ignorée, mais elle invite surtout à réfléchir sur la signification profonde de la liturgie et de la foi.<br />Mon parcours universitaire en France m’a conduit, dans un premier temps, à redécouvrir l’importance de la raison par rapport à la foi. Cette étape a été essentielle : la foi ne s’oppose pas à la raison et n’exige pas de renoncer à la réflexion. Au contraire, elle accueille la raison et la réalise, tout en s’ouvrant à une réalité plus vaste : le mystère de Dieu, de l’être humain et de la vie.<br /><br />Cette conviction a marqué mon ministère sacerdotal, en particulier lorsque j’ai exercé mon ministère dans une paroisse du quartier de Seopangyo, un milieu où vivaient de nombreux médecins, ingénieurs, universitaires et professionnels très attachés à une approche rationnelle des choses. Dans mes homélies, j’ai cherché à partir de leurs interrogations, de leur façon de raisonner et des questions concrètes que la réalité leur posait. Il ne s’agissait pas de leur présenter la foi comme une idée abstraite ou comme une réponse qui ferait fi de l’intelligence, mais de montrer que la raison elle-même conduit parfois à des questions qui restent ouvertes, auxquelles on ne peut plus répondre de manière exhaustive.<br /><br />Dans la culture coréenne profonde, qui détermine dans une large mesure les règles de la vie en société, on insiste sur la distinction entre les classes sociales et entre les générations. D’après les témoignages recueillis auprès des missionnaires coréens et de la diaspora coréenne, les relations intergénérationnelles ont eu un impact considérable sur la transmission – ou non – de la foi. Selon vous, comment les paroisses et les diocèses peuvent-ils aider les jeunes à vivre concrètement cette communion avec les autres générations ?<br /><br /><br /> - En tant que fils de l’Église de Corée du Sud, je tiens à souligner une priorité fondamentale : la dimension intergénérationnelle de la préparation aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Cet événement ne doit pas être considéré comme une initiative réservée aux jeunes.<br /><br />Les Journées Mondiales de la Jeunesse concernent toute l’Église et peuvent devenir une occasion de renouveler la foi de chaque génération. Les jeunes, y compris ceux venus de l’étranger, apporteront leur enthousiasme, leur culture, leur manière de prier et leur témoignage ; les personnes âgées, quant à elles, peuvent offrir leur foyer. Actuellement, des réunions régulières sont organisées dans le but d’expliquer aux familles comment elles peuvent y contribuer. Les personnes âgées s’inquiètent de la différence d’âge ou de leur maîtrise limitée des langues étrangères. Mais je ne cesse de leur dire : « Offrez une chambre, un lieu d’accueil, et les jeunes communiqueront avec vous grâce aux applications de traduction. »<br /><br />L’un des aspects les plus importants de cette préparation est l’accueil en famille, ou « homestay », en particulier pour la partie diocésaine de l’événement. Les événements culturels, la K-pop, les concerts et les initiatives liées à la culture coréenne peuvent être très attrayants, mais l'expérience la plus enrichissante ne viendra pas uniquement de ces activités. Elle naîtra avant tout du temps passé dans une maison, au sein d'une famille, dans le cadre d'une relation quotidienne simple et authentique.<br /><br />Ce qui compte avant tout, c’est d’ouvrir sa porte et d’offrir l’essentiel : une chambre, un lit, des draps, une couverture et une présence bienveillante. Dans la culture coréenne, l’hospitalité est une grande vertu, mais elle peut parfois devenir source d’angoisse, car on pense devoir tout nettoyer, cuisiner en abondance et préparer de nombreux plats, comme le riz, le japchae ou le bulgogi . Pourtant, une hospitalité simple suffit.<br /><br />Cet appel revêt d’autant plus d’importance dans une société désormais fortement individualisée. En Corée, où beaucoup vivent dans des immeubles surveillés, l’accès aux bâtiments et aux logements est souvent protégé par des codes, des portes fermées et des contrôles successifs. Il est devenu moins naturel d’entrer chez un voisin ou d’accueillir spontanément quelqu’un chez soi. Les JMJ peuvent donc être l’occasion de rouvrir symboliquement les portes, de surmonter la peur de l’inconnu et de retrouver le sens de l’hospitalité. Il ne s’agit pas de nier les précautions nécessaires, mais d’oser faire confiance.<br /><br /><br />Les statistiques montrent que les nouvelles générations sont moins favorables à une réconciliation avec la Corée du Nord et évoquent plutôt le bien-être économique atteint par la Corée du Sud, qu’elles ne souhaitent pas partager avec le Nord. Que révèle cette attitude ?<br /><br /> <br />- En Corée, il existe déjà de nombreuses initiatives en faveur de la réconciliation, de l’unité et de la paix. Cependant, au-delà des structures et des événements officiels, pour de nombreux jeunes, la guerre de Corée et ses conséquences ne font pas partie de leur expérience directe. Contrairement à la génération de leurs parents ou de leurs grands-parents, ils n’ont pas nécessairement côtoyé dans leur entourage des personnes disparues, des familles séparées ou des victimes directes du conflit. La réconciliation avec la Corée du Nord peut donc leur paraître lointaine, abstraite ou dépourvue de lien évident avec leur vie quotidienne. Il ne s’agit pas d’un manque de sensibilité, mais d’un fossé générationnel.<br /><br />C’est pourquoi il est nécessaire de repenser le langage et les voies de la réconciliation en partant de cette nouvelle génération. La paix ne doit pas être présentée uniquement comme un héritage du passé, ni comme une question exclusivement politique ou économique. Dans une société où l’individualisme, la concurrence et les préoccupations économiques occupent une place importante, le défi consiste à rappeler que la vie humaine ne peut se réduire à la réussite matérielle ou aux intérêts immédiats. Fri, 04 Sep 2026 12:06:47 +0200Tribalisme et Église : l'Archevêque Nwachukwu s'adresse aux nouveaux Évêques : « L'Évêque n'est pas l'Évêque d'un groupe ou d'un autre ; il est l'Évêque de tous »https://www.fides.org/fr/news/78123-Tribalisme_et_Eglise_l_Archeveque_Nwachukwu_s_adresse_aux_nouveaux_Eveques_L_Eveque_n_est_pas_l_Eveque_d_un_groupe_ou_d_un_autre_il_est_l_Eveque_de_toushttps://www.fides.org/fr/news/78123-Tribalisme_et_Eglise_l_Archeveque_Nwachukwu_s_adresse_aux_nouveaux_Eveques_L_Eveque_n_est_pas_l_Eveque_d_un_groupe_ou_d_un_autre_il_est_l_Eveque_de_tousRome – « Chaque Évêque n'est pas l'Évêque d'un groupe ou d'un autre ; il est l'Évêque de tous ». L’Archevêque Fortunatus Nwachukwu, Secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation, s’est ainsi adressé aux Évêques nouvellement ordonnés présents au stage de formation organisé à Rome par le Dicastère missionnaire . <br />Dans son intervention, articulée autour du thème « Les ministres de la communion dans l’Église : tribalisme, système de castes, racisme et régionalisme exclusif dans l’Église contemporaine », l’Archevêque nigérian a exhorté les nouveaux Évêques à faire de la communion un critère de leur ministère et de leur gouvernance.<br />« La communion est le nom premier de notre ministère », a affirmé l’Archevêque Nwachukwu. Se référant à la méditation du Pape Léon XIV pour le Jubilé des Évêques, il a affirmé que l’Évêque est le « principe visible d’unité » dans l’Église particulière, appelé à construire la communion au sein de la communauté diocésaine et avec l’Église universelle, tout en favorisant la diversité des dons et des ministères confiés à l’Église. « L’Évêque ne crée pas l’unité en rendant tout le monde identique ; il préserve l’unité qui permet à des personnes différentes et à des dons différents de servir un seul Évangile », a déclaré le Secrétaire du Dicastère. La communion, par conséquent, « ne peut pas rester un beau mot dans les lettres pastorales de l’Évêque. Elle doit être un critère de gouvernement ».<br />Selon l’Archevêque Nwachukwu, ce critère doit guider le discernement des candidats, la nomination des prêtres, la formation des séminaristes, la répartition des responsabilités, l’utilisation des ressources, la gestion des conflits et l’accueil réservé à ceux qui viennent d’ailleurs. Toute décision épiscopale, a-t-il ajouté, devrait pouvoir répondre à une question fondamentale : renforce-t-elle « la communion et la mission de l’Église » ou se contente-t-elle de protéger « un cercle existant de familiarité et d’influence » ?<br /><br />Diversité et inculturation<br /><br />Abordant la relation entre communion et culture, l’Archevêque Nwachukwu a souligné que la diversité est en soi un don, tandis que l’exclusion dénature ce don. Rappelant l’enseignement de Saint Paul selon lequel « vous êtes tous un en Jésus-Christ » et que ceux qui étaient autrefois « étrangers et étrangers » sont devenus « membres de la famille de Dieu » , il a mis en garde contre une compréhension et une application erronées de l’inculturation.<br /><br />Bien que l’Incarnation donne aux chrétiens la confiance nécessaire pour reconnaître le rôle de la culture, a-t-il affirmé, l’inculturation n’atteint sa maturité que lorsque la culture «se laisse purifier, transformer et ouvrir par l’Évangile». «Une culture évangélisée par le Christ devient capable de donner et de recevoir», a déclaré l’Archevêque Nwachukwu. «Elle n’a pas besoin d’ériger des murs pour rester elle-même».<br /><br />Quatre formes d'exclusion<br /><br />L'Archevêque a décrit le tribalisme, le système des castes, le racisme et le régionalisme exclusif comme des formes distinctes d'exclusion découlant d'une même tentation : faire d'une identité particulière — tribu, caste, race, région, langue, famille ou position sociale — un élément plus déterminant que l'identité chrétienne commune, enracinée dans l'appartenance au Christ.<br />Au sujet du tribalisme, l’Archevêque Nwachukwu a affirmé que l’attachement à sa propre communauté n’est pas en soi un problème. La distorsion commence lorsque la solidarité devient une préférence systématique et qu’« “l’un des nôtres” est considéré comme digne de confiance simplement parce qu’il est “l’un des nôtres” ». Le problème survient « lorsque “les nôtres” devient synonyme de “les meilleurs”, et que l’expression “les autres” devient synonyme d’“étrangers” et d’“inacceptables” ».<br />Le système des castes, a-t-il poursuivi, introduit des hiérarchies sociales héréditaires dans la vie ecclésiale. Chaque fois que l’accès à la formation, au ministère, aux responsabilités ou aux opportunités est déterminé par la caste ou par des catégories analogues, « la dignité reçue au baptême est contredite ». Une telle discrimination peut être flagrante, mais elle peut aussi être plus subtile : lorsqu’il s’agit de décider qui est écouté, promu, invité à participer au processus décisionnel, à qui l’on confie des responsabilités, ou qui est silencieusement maintenu en marge.<br />Le racisme, a-t-il affirmé, peut se manifester non seulement par un mépris flagrant, mais aussi par des stéréotypes, des soupçons, un langage humiliant, l’exclusion ou des présupposés selon lesquels certaines cultures seraient plus aptes au leadership, à la théologie, à l’administration ou à la sainteté.<br />Rappelant l’avertissement du Pape François dans *Fratelli Tutti* selon lequel les doutes et les craintes peuvent rendre les personnes « intolérants, fermés, et peut-être même – sans nous en rendre compte – racistes » , le Secrétaire du Dicastère missionnaire a souligné qu’un Évêque doit devenir « un éducateur à la communion ». « Dans la maison de Dieu, la dignité ne dépend ni du sang, ni de la couleur de la peau, ni du passeport, ni de la langue », a déclaré l’Archevêque Nwachukwu. « Elle repose sur la dignité de la personne humaine et est élevée par la grâce du baptême. »<br />L’Archevêque a également mis en garde contre le régionalisme exclusif, qui peut être présenté comme de la prudence pastorale lorsque l’origine géographique devient un critère décisif pour l’accès à des responsabilités. Une Église particulière possède une culture et une histoire concrètes, a-t-il observé, mais « elle n’est jamais un fief culturel ». Même si un prêtre peut avoir besoin de compétences pastorales particulières pour exercer efficacement son ministère dans un lieu donné, « le lieu de naissance ne peut jamais devenir une condition de la dignité ecclésiale ni un obstacle permanent à l’exercice de responsabilités ».<br /><br />Discernement et nominations<br /><br />Dans ce contexte, l’Archevêque Nwachukwu a évoqué le syndrome du « fils du sol » : l’idée selon laquelle toute personne née sur un territoire donné aurait naturellement la priorité pour occuper des fonctions de direction dans ce lieu. Rappelant l’appel lancé par le Pape Léon XIV aux Évêques d’Espagne afin qu’ils offrent « un témoignage d’unité dans la diversité » à une époque marquée par la polarisation et la division, il a affirmé que l’origine locale ne devait pas prévaloir sur un discernement authentique. « La question décisive ne devrait pas être : “D’où vient-il ?”, mais : “Qui est-il ?” », a déclaré l’Archevêque Nwachukwu. Il a indiqué comme critères de discernement la foi, la prière, la maturité, la capacité d’écouter et de collaborer, l’absence d’ambition personnelle, l’amour des pauvres et la capacité de servir des personnes en dehors de son propre groupe. Se référant au choix des sept diacres dans l’Église primitive, il a rappelé que les apôtres cherchaient des hommes « “de bonne réputation, remplis d’Esprit et de sagesse” ».<br />À l'origine de ces formes d'exclusion, l'Archevêque Nwachukwu a identifié « la tentation de confondre responsabilité et possession ». Un Évêque pourrait en venir à penser : « “C'est mon diocèse”. Mais en réalité, il n'est pas “le mien”. Il appartient au Christ ». « Nous sommes des administrateurs, pas des propriétaires ; des serviteurs, pas des maîtres », a-t-il ajouté. Cette liberté, a-t-il poursuivi, permet à un Évêque de résister aux pressions provenant de sa propre région ou de son propre groupe, à la tentation de protéger une sphère d’influence, à la crainte de perdre en popularité et au désir d’être toujours compris ou applaudi. Sa première fidélité, a-t-il affirmé, va au Christ et au bien des âmes.<br />Les nominations constituent une preuve particulière de communion. « Une nomination n’est jamais purement administrative. Elle transmet un message ecclésial », a affirmé l’Archevêque Nwachukwu. Elle peut dire : « Cette Église est une maison pour tous ». Ou bien, sans que personne ne s’en rende compte, elle peut dire : « Cette Église leur appartient ». Il a en outre mis en garde contre le risque de réduire la représentation à une forme de droit acquis. La diversité au sein du Peuple de Dieu doit être visible, a-t-il déclaré, mais « la représentation ne doit jamais devenir une nouvelle forme de droit tribal ». Le critère décisif reste la disposition d’une personne à servir l’Église ; sa présence peut alors devenir un signe que l’Église appartient à tous.<br /><br />Babel, la Pentecôte et la mission<br /><br />S'inspirant du parcours biblique allant de Babel à la Pentecôte, l'Archevêque Nwachukwu a rappelé que la Pentecôte n'élimine pas les langues ni n'impose l'uniformité. Les peuples restent différents, mais ils écoutent et comprennent l'unique Évangile. « Nous ne sommes pas appelés à créer l'uniformité. Nous sommes appelés à empêcher que la pluralité ne se transforme en Babel », a-t-il affirmé.<br />Pour les premières années de son ministère épiscopal, l’Archevêque a proposé quatre engagements : examiner son cœur et ses préférences ; rendre le discernement plus libre dans les nominations grâce à la consultation, à la vérification et à l’évaluation des candidats en dehors des cercles habituels ; former le presbytère à la fraternité ; et défendre concrètement ceux qui sont exposés à l’exclusion. « Le silence du pasteur peut être interprété comme un consentement », a averti l’Archevêque Nwachukwu, soulignant que les circonstances peuvent exiger qu’un Évêque s’exprime clairement contre le tribalisme, le système des castes, le racisme ou le régionalisme.<br /><br />Cette question est indissociable de l’évangélisation, a-t-il ajouté. « La crédibilité de la mission dépend donc, en partie, de la qualité de notre communion. » Faisant référence à la devise épiscopale du Pape Léon XIV, « In Illo Uno Unum — dans l’Un, nous sommes un », l’Archevêque Nwachukwu a affirmé que l’unité de l’Église est reçue en Christ et doit devenir visible « dans la manière dont nous gouvernons, formons, nommons et accueillons » . « Notre identité la plus profonde est celle du baptême : enfants de Dieu, membres du Corps du Christ, frères et sœurs au sein d’une seule et même famille », a déclaré l’Archevêque Nwachukwu. « C’est cela, la catholicité. Non pas l’uniformité, mais l’unité. Non pas l’isolement des cultures, mais leur rencontre. Non pas la rivalité entre les groupes, mais la responsabilité partagée de la mission ».<br /><br />En conclusion de son discours, le Secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation a exhorté les nouveaux Évêques à ne pas créer de réseaux d’influence personnels. « Vous ne devez pas laisser derrière vous un système personnel. Vous devez avoir à cœur de laisser une Église plus unie et plus fidèle », a-t-il déclaré. « Vous ne devez pas rester dans les mémoires pour avoir accru votre influence. Vous devez avoir à cœur qu’après votre ministère, les gens reconnaissent plus clairement le visage du Christ. » <br /><br />Thu, 03 Sep 2026 17:39:53 +0200AFRIQUE/GHANA - La première paroisse dédiée à Saint Matthew Ayariga, le seul Ghanéen parmi les 21 martyrs tués par Daech en Libye, voit le jour au Texashttps://www.fides.org/fr/news/78122-AFRIQUE_GHANA_La_premiere_paroisse_dediee_a_Saint_Matthew_Ayariga_le_seul_Ghaneen_parmi_les_21_martyrs_tues_par_Daech_en_Libye_voit_le_jour_au_Texashttps://www.fides.org/fr/news/78122-AFRIQUE_GHANA_La_premiere_paroisse_dediee_a_Saint_Matthew_Ayariga_le_seul_Ghaneen_parmi_les_21_martyrs_tues_par_Daech_en_Libye_voit_le_jour_au_TexasAccra – La première paroisse dédiée à saint Matthew Ayariga voit le jour au Texas. Ce fidèle ghanéen a été martyrisé en Libye le 15 février 2015, aux côtés de vingt fidèles coptes orthodoxes égyptiens, tués par les djihadistes de l’État islamique .<br /><br />« C’est avec une profonde gratitude envers Dieu Tout-Puissant et une grande joie que j’annonce la création de l’église catholique Saint-Matthieu Ayariga à Arlington en tant que nouvelle paroisse du diocèse catholique de Fort Worth », a écrit Mgr Michael Olson, Évêque de Fort Worth, au Texas, dans la lettre pastorale par laquelle il a annoncé la création de la nouvelle paroisse.<br /><br />Mgr Olson souligne qu’il s’agit de la « première paroisse catholique ghanéenne nationale aux États-Unis et de la première paroisse catholique au monde à être érigée sous le patronage de Saint Matthieu Ayariga, ce migrant catholique ghanéen dont la courageuse profession de foi en Jésus-Christ l’a conduit au martyre en Libye en 2015 ».<br /><br />La création de cette paroisse vient couronner près de deux décennies de culte et d’engagement communautaire de la part des catholiques ghanéens de la région. Ce parcours avait débuté en 2007, lorsque les fidèles d’origine ghanéenne avaient commencé à se réunir chaque semaine à l’église catholique Saint-Joseph d’Arlington pour assister à la messe célébrée en twi.<br /><br />Le nombre de fidèles originaires du Ghana n’a cessé d’augmenter grâce à la collaboration entre le diocèse de Fort Worth et l’archidiocèse de Kumasi, qui a fourni des prêtres pour assurer l’accompagnement pastoral de la communauté ghanéenne.<br /><br />Selon les reconstitutions du massacre survenu dans la région de Syrte, Matthew Ayariga, seul non-Égyptien parmi les prisonniers, s’est vu offrir la possibilité de renoncer à la foi chrétienne et de sauver sa vie. Face à son refus de renoncer à sa foi, le jeune Ghanéen a été tué avec les autres prisonniers. Dans la vidéo diffusée par les djihadistes eux-mêmes, on voit certains des fidèles prononcer le nom de Jésus-Christ avant d’être tués .<br /><br />Le 21 février 2015, sept jours après leur mort, le Pape Tawadros II d’Alexandrie a canonisé les 21 martyrs coptes en tant que saints.<br /><br />Le 11 mai 2023, le Pape François a rencontré le Pape Tawadros II, à l’occasion de la célébration du 50e anniversaire de l’accord entre l’Église copte orthodoxe et l’Église catholique, dans la basilique Saint-Pierre à Rome. Dans son discours, François a annoncé la décision d’inscrire les 21 martyrs dans le Martyrologe romain.<br /><br />Déjà en 2021, en commémorant leur martyre, le Pape François avait affirmé qu’en mourant en confessant le nom de Jésus, ils avaient « reçu le plus grand don qu’un chrétien puisse recevoir » <br />Thu, 03 Sep 2026 15:41:16 +0200ASIE/SINGAPOUR - Des aides aux familles pour faire face au déclin démographique, « mais l'argent seul ne suffit pas »https://www.fides.org/fr/news/78121-ASIE_SINGAPOUR_Des_aides_aux_familles_pour_faire_face_au_declin_demographique_mais_l_argent_seul_ne_suffit_pashttps://www.fides.org/fr/news/78121-ASIE_SINGAPOUR_Des_aides_aux_familles_pour_faire_face_au_declin_demographique_mais_l_argent_seul_ne_suffit_pasSingapour - Le gouvernement de Singapour a adopté un ensemble de mesures économiques incitatives visant à encourager les familles à avoir davantage d'enfants. Dans un pays qui affiche l'un des taux de fécondité les plus bas au monde , la population vieillit rapidement. Lors du National Day Rally fin août 2026, le Premier ministre Lawrence Wong a présenté un nouveau dispositif d’aide plus généreux, baptisé « Child Support Package », dans le cadre duquel l’État versera, au total, près de 70 000 dollars singapouriens sous forme d’aides directes pour chaque nouvel enfant, citoyen singapourien, de la naissance à l’âge de 17 ans. Parmi les éléments de ce dispositif, on compte 10 000 dollars versés en espèces à la naissance, 2 000 dollars par an de 1 à 16 ans , des versements sur un compte destiné aux dépenses liées aux enfants, ainsi que 10 000 dollars pour les études postsecondaires à l’âge de 17 ans. À cela s’ajoutent d’autres aides déjà existantes qui portent le total à environ 70 000 dollars singapouriens. Parmi les autres mesures associées, on trouve une réduction des frais de crèche, davantage de jours de congé parental, en particulier pour les familles nombreuses, ainsi que des aides et des abattements fiscaux pour l’achat d’un premier logement destinés aux familles avec enfants.<br /><br />Cette mesure ne nécessite pas l'approbation du Parlement, puisqu'il s'agit d'une mesure d'exécution annoncée par le Premier ministre. Les allocations seront versées à partir d'avril 2027. Les nouveau-nés nés à partir du 1er avril 2027 bénéficieront de l'intégralité du nouveau dispositif, tandis que les enfants déjà bénéficiaires des anciennes allocations passeront automatiquement au nouveau système, avec les ajustements nécessaires. Le gouvernement a présenté cette mesure comme un « changement fondamental » visant à offrir un soutien ciblé dès la naissance et une aide continue tout au long des années de croissance de l’enfant, et s’inscrivant dans le cadre des efforts visant à donner aux familles « davantage confiance dans le fait d’avoir des enfants ».<br />Terence Ho, analyste à la « Lee Kuan Yew School of Public Policy », a salué l’inclusion des enfants de parents non mariés, soulignant l’approche plus inclusive de cette mesure, qu’il qualifie de « soutien à la vie naissante », indépendamment de l’état civil des parents.<br /><br />Si cette mesure apporte une aide financière concrète aux familles, la question se pose toutefois en amont : un récent sondage YouGov montre qu’environ un Singapourien sur quatre déclare ouvertement ne pas vouloir avoir d’enfants, pour des raisons telles que le stress, le rythme de vie intense, la concurrence scolaire et professionnelle, ainsi que la difficulté à concilier carrière et vie de famille. Le gouvernement lui-même reconnaît que « la décision d’avoir des enfants est profondément personnelle », précise-t-il, mais l’objectif de ce dispositif est de faciliter la vie de ceux qui souhaitent déjà devenir parents.<br /><br />Dans les messages et commentaires des membres du « National Council of Churches » de Singapour, on souligne que « l’argent seul ne suffit pas, face à des problèmes structurels tels que le rythme de travail intense, une culture d’entreprise peu favorable à la famille, le stress et des attentes éducatives extrêmement élevées ».<br />« Singapour est aujourd’hui confrontée à un déclin démographique après avoir mené, dès les années 1960, des politiques de planification familiale qui décourageaient la procréation », observe Joseph Masilamany, journaliste et analyste catholique chevronné basé en Malaisie, lors d’un entretien avec l’Agence Fides.<br /><br />La campagne « Stop at Two » est devenue officielle et très intensive à partir de 1972 et est restée en vigueur jusqu’au milieu des années 80, avec des slogans caractéristiques : « Fille ou garçon, deux suffisent ». « Le système – se souvient Masilamany – reposait sur de fortes mesures incitatives et dissuasives, telles que l’augmentation des frais d’hospitalisation pour le troisième enfant et les suivants ; la réduction, voire la suppression, du congé maternité rémunéré après le deuxième enfant ; ainsi que des conditions moins favorables dans l’attribution des logements sociaux et des places scolaires pour les familles nombreuses. » L’avortement et la stérilisation ont été libéralisés et encouragés.<br /><br />« Singapour – poursuit l’analyste – est désormais confrontée au problème inverse. Les mariages tardifs, les personnes qui choisissent de ne pas se marier du tout et les couples qui décident d’avoir peu d’enfants, voire aucun, deviennent des facteurs démographiques de plus en plus importants. Un nombre croissant de femmes font des études supérieures, se construisent une carrière et recherchent l’indépendance financière avant d’envisager le mariage et la maternité. Pour beaucoup, la maternité n’est plus une étape essentielle de la vie ».<br />« Singapour a remarquablement réussi à façonner les comportements de la population par le biais de lois, de réglementations et de campagnes », observe-t-il, « mais on ne peut pas gérer l’amour, le mariage et la parentalité comme un système où il suffirait d’appuyer sur un bouton pour obtenir des résultats ». « Un gouvernement peut offrir des primes à la naissance, des avantages fiscaux, des aides au logement et des aides à l’enfance : ces mesures peuvent réduire les coûts liés à la constitution et à l’entretien d’une famille, mais elles ne peuvent pas faire tomber les jeunes amoureux, les inciter à se marier plus tôt ou les pousser à vouloir des enfants : le gouvernement ne peut pas créer le désir de devenir parent. »<br /> <br />Thu, 03 Sep 2026 15:33:26 +0200Le Cardinal Tagle s'adresse aux nouveaux Évêques des nouvelles Églises : marchons ensemble, en cette période de « conversion missionnaire »https://www.fides.org/fr/news/78120-Le_Cardinal_Tagle_s_adresse_aux_nouveaux_Eveques_des_nouvelles_Eglises_marchons_ensemble_en_cette_periode_de_conversion_missionnairehttps://www.fides.org/fr/news/78120-Le_Cardinal_Tagle_s_adresse_aux_nouveaux_Eveques_des_nouvelles_Eglises_marchons_ensemble_en_cette_periode_de_conversion_missionnaireRome – Le Dicastère pour l’Évangélisation est appelé à accompagner, soutenir et collaborer avec les nouvelles Églises particulières, « dans le respect de leur juste autonomie ». C’est ce qu’a rappelé le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation, lors de son intervention ce matin, jeudi 3 septembre, au cours de formation destiné aux nouveaux évêques des territoires suivis par le Dicastère missionnaire.<br />La première journée de travail du stage, à laquelle les participants se sont réunis au Collège Pontifical Saint-Pierre-l’Apôtre, s’est ouverte par une concélébration eucharistique présidée par le Cardinal Tagle lui-même dans la chapelle du Collège.<br /><br />Dans son intervention, consacrée au thème « Le service du Dicastère envers les nouvelles Églises particulières », le Cardinal a présenté les missions, les structures et les activités de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, en s’attardant également sur les attentes du Dicastère à l’égard des pasteurs des Églises relevant de sa compétence.<br /><br />La conversion missionnaire de la Curie<br /><br />Le Cardinal Tagle a tout d’abord évoqué la réforme de la Curie romaine voulue par le Pape François dans la Constitution apostolique *Praedicate Evangelium*, promulguée le 19 mars 2022 et entrée en vigueur le 5 juin de la même année. La nouvelle constitution avait fusionné l’ancienne Congrégation pour l’évangélisation des peuples et le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, donnant ainsi naissance au Dicastère pour l’évangélisation.<br />Le Dicastère est composé de deux sections : celle chargée des questions fondamentales de l’évangélisation dans le monde et celle chargée de la première évangélisation et des nouvelles Églises particulières. L’une de ses particularités réside dans le fait que son préfet est le Souverain Pontife.<br />Tout en réaffirmant que les organismes de la Curie romaine sont « tous juridiquement égaux entre eux », Praedicate Evangelium place le Dicastère pour l’Évangélisation en tête de l’ordre des dicastères. Un choix qui, comme l’a fait remarquer le Cardinal Tagle, met en évidence « l’orientation missionnaire qui imprègne la réforme de la Curie romaine » : l’annonce de l’Évangile et le service de la mission évangélisatrice de l’Église sont placés « au cœur du service de la Curie auprès du Souverain Pontife et de l’Église universelle ».<br /><br />Accompagner les jeunes Églises<br /><br />La Section pour la première évangélisation est au service des nouvelles Églises particulières et a pour objectif spécifique l’activité missionnaire et la naissance d’Églises parmi les peuples de la nouvelle évangélisation. De la « graine de la Parole de Dieu » naissent et se développent des Églises particulières autochtones, appelées à mûrir. Citant l’article 61 de Praedicate Evangelium, le Cardinal a rappelé que la Section « soutient l’annonce de l’Évangile et l’approfondissement de la vie de foi dans les territoires de première évangélisation » et s’occupe, entre autres, de la création ou de la modification des circonscriptions ecclésiastiques et de leur dotation en personnel.<br />Dans les relations entre la Curie romaine et les Églises locales, a-t-il ajouté, une nouvelle conscience ecclésiale et missionnaire s’est développée. Les nouvelles Églises particulières sont en mesure d’assumer des responsabilités pastorales et de gouvernement. C’est pourquoi le rôle du Dicastère est « d’accompagner, de soutenir, de collaborer avec elles, dans le respect de la juste autonomie ». L’action missionnaire ne s’achève pas avec la naissance et l’organisation des Églises locales. « Même une fois ces étapes franchies, l’action missionnaire de l’Église ne cesse pas », a souligné le Cardinal Tagle, en rappelant le décret conciliaire Ad gentes. C’est en effet aux Évêques et aux conférences épiscopales locales qu’incombe la responsabilité première de la mission.<br /><br />Les Églises dans les territoires de mission<br /><br />Dans son intervention, le Pro-préfet a cité les données statistiques du Saint-Siège au 31 décembre 2023 : sur une population mondiale de 7 914 582 000 personnes, les catholiques étaient au nombre de 1 405 454 000, soit une augmentation de 15 881 000 par rapport à l'année précédente. La croissance du nombre de catholiques a concerné tous les continents, mais elle a été particulièrement marquée en Afrique, avec une augmentation de 8 309 000 fidèles, et dans les Amériques, avec 5 668 000. Viennent ensuite l’Asie, avec 954 000 catholiques supplémentaires, l’Europe, avec 740 000, et l’Océanie, avec 210 000.<br />Selon le cardinal Tagle, ces chiffres montrent que la croissance la plus importante de la population catholique s’enregistre dans les régions du monde vers lesquelles se tourne l’attention du Dicastère missionnaire. « La première annonce reste une urgence et une nécessité », a-t-il affirmé, ajoutant que la forte croissance en Afrique exige « un travail supplémentaire d’approfondissement de la foi ».<br />Entre 2024 et 2026, dix nouvelles circonscriptions ecclésiastiques ont été créées dans les territoires relevant du Dicastère : sept en Afrique, deux en Asie et une en Chine continentale. Les circonscriptions relevant du Dicastère sont au nombre de 1 129 au total : 529 en Afrique, 483 en Asie, 71 dans les Amériques et 46 en Océanie. De juillet 2025 à début août 2026, 78 évêques ont par ailleurs été nommés dans les territoires relevant de la compétence du Dicastère.<br /><br />Formation et soutien à la mission<br /><br />Le service du Dicastère concerne également la pastorale des vocations, la formation du clergé diocésain, les séminaires et la nomination des recteurs, la vie religieuse et consacrée, l’apostolat des catéchistes et la vie des fidèles laïcs. Dans les territoires relevant de sa compétence, le Dicastère encourage la création de séminaires et en supervise le fonctionnement ; il collabore avec les conférences épiscopales pour la création de séminaires interdiocésains et nationaux, et examine et approuve les Ratio Nationalis élaborées par les conférences épiscopales des territoires de mission.<br />Le Cardinal Tagle a également rappelé le rôle des collèges pontificaux à Rome, créés pour former des prêtres et des séminaristes originaires des pays de mission. Chaque année, le dicastère accueille plus de 200 nouveaux étudiants dans ses différents collèges et leur accorde, après une sélection rigoureuse, des bourses d’études pour fréquenter l’Université Pontificale Urbanienne ou d’autres universités pontificales romaines. L’Université Pontificale Urbanienne, a-t-il ajouté, se caractérise par une identité missionnaire spécifique. Pour l’année universitaire 2025-2026, elle compte 1 130 étudiants, 41 enseignants titulaires et 42 enseignants chargés de cours ou invités. À ses quatre facultés – Philosophie, Théologie, Droit canonique et Missiologie – sont rattachés 97 instituts supérieurs de formation répartis dans 40 pays. Par l’intermédiaire de l’Œuvre Pontificale de Saint Pierre l’Apôtre, a rappelé le Cardinal, le Dicastère participe à la formation des novices, hommes et femmes, en s’engageant également sur le plan financier. La formation des catéchistes et le soutien aux Églises locales constituent également des domaines importants de l’activité du Dicastère. Par l’intermédiaire des Œuvres Pontificales Missionnaires, une aide financière régulière est accordée chaque année aux diocèses en faveur des catéchistes.<br /><br />Écoute, échange et collaboration<br /><br />Dans la conclusion de son intervention, le Cardinal Tagle a indiqué le critère qui doit animer la relation entre le Dicastère et les nouvelles Églises particulières. La Curie romaine, a-t-il déclaré, « n’a pas toutes les solutions », mais elle doit « écouter et accueillir les expériences et les initiatives émanant des Églises particulières », afin qu’elles puissent être partagées au niveau de l’Église universelle. Dans cette perspective, les visites ad limina constituent un moment privilégié de participation à la vie de l’Église universelle. Le Dicastère, a expliqué le pro-préfet, attend des Évêques des territoires relevant de sa compétence des informations, des propositions et des suggestions sur le déroulement de la vie ecclésiale, afin de pouvoir améliorer son service.<br />Les Évêques sont en outre invités à demander au Dicastère « des avis et des conseils sur les problématiques difficiles ou sur les nouveautés que l’on cherche à mettre en œuvre ». La Nonciature Apostolique reste « la voie privilégiée pour communiquer ». « Je vous exhorte donc, chers confrères Évêques, à tisser une relation de dialogue avec notre Dicastère », a conclu le Cardinal Tagle. <br /><br />Thu, 03 Sep 2026 15:26:43 +0200ASIE/CORÉE DU SUD - « Je vous attends à Séoul » : le père Bordo, des enfants des rues aux JMJ 2027, une Église qui va à la rencontre de l’humanitéhttps://www.fides.org/fr/news/78113-ASIE_COREE_DU_SUD_Je_vous_attends_a_Seoul_le_pere_Bordo_des_enfants_des_rues_aux_JMJ_2027_une_Eglise_qui_va_a_la_rencontre_de_l_humanitehttps://www.fides.org/fr/news/78113-ASIE_COREE_DU_SUD_Je_vous_attends_a_Seoul_le_pere_Bordo_des_enfants_des_rues_aux_JMJ_2027_une_Eglise_qui_va_a_la_rencontre_de_l_humaniteSéoul – « En Corée, on parle de 250 000 enfants des rues. C’est énorme. Et pour eux, nous nous sommes dit : s’ils ne viennent pas à nous, c’est nous qui irons vers eux ». C’est ainsi qu’est née l’initiative « Azit », un mouvement qui envoie des intervenants et des bénévoles dans les rues de la ville afin de proposer à ces jeunes un parcours de réinsertion sociale. C’est ainsi que le père Vincenzo Bordo OMI – ou père Kim Ha-jong, comme on l’appelle en Corée – raconte à l’Agence Fides son expérience auprès des jeunes de la rue en Corée du Sud, « dans une société en pleine mutation, où apparaissent sans cesse de nouvelles formes de pauvreté ». « Nous avons créé le mouvement Azit – poursuit-il – et c’est nous qui, à bord d’un bus, de 16 heures à 23 heures, parcourons les rues de la ville à la recherche des jeunes qui vivent dans la rue. C’est la pédagogie de Dieu. » « Je m’efforce en Corée de mettre en place Azit dans tous les diocèses et je serais heureux qu’Azit devienne un message pour l’Église universelle. Azit, c’est la méthode de Jésus. Jésus, lorsqu’il a commencé son ministère, ne s’est pas construit une église à Nazareth, mais il est allé dans les rues de Palestine pour rencontrer les gens, pour être avec eux ». C’est l’une des expériences rassemblées dans le livre « Je vous attends à Séoul », que le missionnaire des Oblats de Marie Immaculée présente en Italie. Cet ouvrage est étroitement lié à l’événement de l’année prochaine : les Journées mondiales de la jeunesse , qui se tiendront à Séoul en août 2027.<br /><br />Le père Bordo a exercé son ministère pastoral en Corée pendant 36 ans, en se consacrant aux personnes les plus vulnérables de la société coréenne, telles que les sans-abri, les jeunes ayant fugué et les personnes âgées vivant seules. « L’expérience du père Bordo s’inscrit dans la préparation des JMJ 2027 et dans l’attente de l’arrivée à Séoul de jeunes venus du monde entier », souligne l’ambassadeur de Corée auprès du Saint-Siège, Shin Hyung-sik, organisateur de la rencontre de présentation. « Nous espérons que les Journées Mondiales de la Jeunesse de Séoul constitueront non seulement une occasion importante pour la visite du pape Léon XIV en Corée, mais aussi une opportunité de cheminement dans la foi et d’échanges culturels, qui réunira des jeunes venus du monde entier. »<br />« Le gouvernement coréen – souligne Shin – fera tout ce qui est nécessaire pour garantir le succès et le bon déroulement des JMJ, afin qu’elles puissent devenir un moment de rencontre et de partage de la paix et de la solidarité entre les jeunes du monde entier », ajoute l’ambassadeur. « Aux côtés du Saint-Siège, notre gouvernement continuera à apporter sa contribution à la paix dans la péninsule coréenne, à la paix dans le monde, à la dignité humaine et au bien commun. »<br /><br />Pour le père Bordo, les JMJ ne peuvent être dissociées de la rue et des personnes rencontrées au quotidien. C’est là, explique-t-il, le cœur de la méthodologie d’Azit : « Ne pas attendre que les personnes les plus fragiles entrent dans les structures de l’Église, mais sortir à leur rencontre là où elles vivent ». Le missionnaire parle de sa propre expérience avec des mots qui vont au-delà d’une simple action sociale. « Chez les pauvres, chez les personnes âgées seules, chez les sans-abri, chez les jeunes de la rue, chez les bénévoles qui s’engagent au service des autres, c’est là que j’ai vu Dieu, que je l’ai senti, que je l’ai rencontré et qu’Il m’a pris dans ses bras. »<br /><br />Parmi les nombreuses rencontres qui ont marqué son parcours, le père Bordo en garde un souvenir particulier. « Un soir de janvier, il fait très froid en Corée. Nous parcourions les rues avec nos sacs à dos, des sandwichs et du lait, à la recherche de nos amis sans-abri. Je me souviens qu’un soir, il y avait un homme qui souffrait. Je lui ai dit : “Je suis désolé, tu souffres tellement.” Et il m’a répondu : “Non, mon père, la vie est belle.” » « C’était un sans-abri qui disait à un prêtre que la vie est belle. Cet homme a été l’un de mes maîtres. Il m’a aidé à entrer plus profondément dans la vie, à aller à l’essentiel. »<br /><br />Cette expérience s’est concrétisée par la « Casa di Anna », une structure créée pour accueillir et accompagner les personnes en situation de fragilité. « La Casa di Anna s’occupe des personnes vivant dans la rue, des enfants, des adolescents, des sans-abri et des personnes âgées seules. Elle propose divers programmes et initiatives. » Chaque jour, environ 500 repas y sont servis. « C’est un dîner pour les pauvres. À côté, nous avons des douches, un coiffeur et des vêtements de première nécessité. »<br />Au fil des ans, « La Maison d’Anna » a fourni plus de 3 millions de repas aux couches les plus vulnérables de la société coréenne et a soutenu des milliers de personnes, en les aidant à reconstruire leur vie.<br />Au deuxième étage du bâtiment, d’autres activités sont proposées : « Nous avons un groupe d’avocats, un groupe de médecins, un dispensaire qui distribue gratuitement des médicaments. Nous orientons vers l’emploi ceux qui en cherchent un et nous les aidons à trouver un travail. Nous proposons de la musicothérapie, de l’art-thérapie et bien d’autres projets ». Puis il y a le dortoir. « Au troisième étage, nous avons un dortoir pour les sans-abri : trente personnes y vivent. Et pour eux, au quatrième étage, nous avons une petite usine : l’objectif est d’aider ces personnes à se réinsérer dans la vie sociale ». Pour les jeunes de la rue, dix foyers d’accueil ont par ailleurs été créés.<br /><br />Au fil du temps, la Maison d’Anna est également devenue un lieu de formation pour l’Église coréenne. « Ces dernières années, plus d’une centaine de séminaristes sont passés par la Maison d’Anna pendant trois ou six mois, pour y vivre une expérience. Aujourd’hui, ils sont tous prêtres. » Le prêtre raconte l’étonnement de nombreux séminaristes face à une réalité qui, pendant leur formation au séminaire, leur reste souvent éloignée. « Ils nous disaient : “Mais ces réalités existent-elles vraiment en Corée ?” Normalement, on suit sa formation au séminaire, puis on rentre chez soi, on va en paroisse, alors que celle-ci est une réalité en dehors de ces milieux ». De nombreuses religieuses et religieux ont également visité la Maison d’Anne. « Ils sont venus chez nous pour découvrir cette expérience et certains ont ouvert des cantines comme la nôtre. Cela a été une petite contribution. » C’est une sensibilité que le père Bordo relie également à l’enseignement du pape François. « Ce que le pape François a apporté, son élan vers les pauvres, nous le vivions déjà. C’est pourquoi plusieurs personnes sont venues nous rendre visite. Cela a peut-être été une petite contribution à la sensibilisation à la miséricorde. »<br /><br />« À mon avis – souligne le père Bordo –, la Maison d’Anna remplit deux fonctions. La première est d’aider les pauvres. La seconde est d’aider la société coréenne à prendre conscience de cette réalité ». Chaque mois, environ 1 500 bénévoles passent par cette structure. « Chaque mois, un thème de formation est proposé aux bénévoles. Ces personnes sont sensibilisées au bénévolat, au partage, à la fraternité, à la justice et à l’amour. » Ainsi, explique le père Bordo, la charité devient aussi une expérience capable de transformer ceux qui la pratiquent : « Nous n’aidons pas seulement les pauvres. Nous aidons également la société à voir, à connaître et à partager la vie de ces personnes. »<br /><br />Le titre du livre, « Je vous attends à Séoul », fait directement référence aux attentes liées aux JMJ. « Mais il renvoie aussi – explique le père Bordo – à une autre attente : celle des pauvres que l’on rencontre chaque jour. Le livre porte ce titre parce qu’il y a beaucoup de gens qui attendent le Pape, qui attendent les jeunes qui viendront. Mais les pauvres aussi attendent », note-t-il, « ils ont un désir, une attente ».<br />Le père Bordo en a fait l’expérience de manière particulière à l’occasion de la présence de la Croix du Jubilé des jeunes à la Maison d’Anne. « Nous avons eu la joie d’accueillir à deux reprises la Croix du Jubilé des jeunes. Une fois, nous l’avons placée devant la Maison d’Anne. Nous avions préparé nos invités : presque personne n’était catholique, presque personne n’était chrétien. »<br />Puis il s’est produit quelque chose à quoi le missionnaire ne s’attendait pas : « Nous avons fait l’adoration de la Croix, la prière accompagnée de chants. Nos jeunes, les personnes de la rue, nos pauvres… chacun s’est approché de la Croix, l’a touchée et a prié un instant ». « Il y a un désir de spiritualité, de vérité, d’une annonce, d’une Bonne Nouvelle », remarque-t-il. « C’est pourquoi je crois que les JMJ nous aideront tous, y compris nos amis qui ne sont pas catholiques et qui n’ont pas notre expérience de la foi ».<br /><br />Les JMJ de Séoul, du point de vue du missionnaire, pourront donc aussi être l’occasion d’aller au-delà des frontières visibles de l’Église : non seulement un grand rassemblement de jeunes catholiques, mais un espace de rencontre avec une société en mutation et avec ses nouvelles formes de pauvreté. « Je vous attends à Séoul » devient ainsi aussi une promesse : celle d’une Église qui n’attend pas ceux qui viennent, mais qui, comme Jésus sur les routes de Palestine, choisit d’aller à la rencontre de l’humanité.<br /><br /> <br />Wed, 02 Sep 2026 18:21:15 +0200AFRIQUE/NIGER - Le putsch militaire et les accusations portées contre les « puissances étrangères »https://www.fides.org/fr/news/78116-AFRIQUE_NIGER_Le_putsch_militaire_et_les_accusations_portees_contre_les_puissances_etrangereshttps://www.fides.org/fr/news/78116-AFRIQUE_NIGER_Le_putsch_militaire_et_les_accusations_portees_contre_les_puissances_etrangeresNiamey – « La vérité est la première victime de la guerre ». Ce célèbre aphorisme peut également s’appliquer à des situations autres qu’un conflit ouvert, telles que les coups d’État ou les insurrections militaires, comme celle qui s’est produite au Niger dans la nuit du 28 au 29 août .<br /><br />Les insurgés, appartenant à différentes unités commandées par des officiers en service dans les régions de Tillabéri et de Dosso, ont attaqué plusieurs points stratégiques de la capitale, Niamey. Les militaires rebelles n’ont diffusé aucune revendication politique, mais, selon des sources locales, ils feraient partie des forces spéciales antiterroristes. On suppose que cette révolte trouve son origine dans la contestation de la désorganisation de la lutte contre les groupes djihadistes opérant au Sahel.<br /><br />Rappelons que la junte militaire qui a pris le pouvoir lors du coup d’État du 26 juillet 2023 avait justifié le renversement du président Mohamed Bazoum en l’accusant de ne pas avoir été capable d’assurer la sécurité du pays.<br /><br />Les autorités de Niamey, après avoir réprimé le soulèvement avec l'aide de la Russie et le soutien extérieur de l'Algérie, ont accusé des puissances étrangères d'avoir encouragé et soutenu la tentative de coup d'État.<br /><br />Le capitaine nigérien Roger Gabriel, dans une déclaration lue à la télévision d'État, a accusé certains membres de l'entourage de l'ancien président Mohamed Bazoum, ainsi que des officiers français, tchadiens, béninois et ivoiriens, d'avoir soutenu la tentative de coup d'État.<br /><br />L'officier a également affirmé avoir reçu des appels téléphoniques provenant de numéros étrangers, notamment des Émirats arabes unis et de Belgique, dans lesquels on l'invitait à rejoindre les rebelles. Ses interlocuteurs auraient en outre affirmé que des militaires des forces spéciales françaises arriveraient bientôt à l'aéroport de Niamey pour apporter leur soutien aux insurgés.<br /><br />Des messages ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux selon lesquels les autorités nigériennes auraient décidé de fermer certains centres religieux financés par les Émirats arabes unis, soupçonnés par certains d’être des lieux de formation pour des « terroristes ». Une vidéo non vérifiée a également été diffusée sur Internet, qui montrerait la destruction d’un centre religieux financé par les Émirats, survenue quelques jours après la tentative de putsch militaire.<br /><br />Pour l'instant, la situation reste donc incertaine. Il semble toutefois que la junte militaire tente de dissimuler les divisions internes au sein de ses propres forces armées, en attribuant à des « puissances étrangères » la responsabilité d'avoir inspiré et soutenu le putsch. <br />Wed, 02 Sep 2026 18:14:07 +0200ASIE/PHILIPPINES - Le Temps de la Création : de la prière à la défense des forêts et des populations autochtoneshttps://www.fides.org/fr/news/78115-ASIE_PHILIPPINES_Le_Temps_de_la_Creation_de_la_priere_a_la_defense_des_forets_et_des_populations_autochtoneshttps://www.fides.org/fr/news/78115-ASIE_PHILIPPINES_Le_Temps_de_la_Creation_de_la_priere_a_la_defense_des_forets_et_des_populations_autochtonesManille – Aux Philippines, le « Temps de la Création » – cette période qui s’étend du 1er septembre au 4 octobre et qui, en 2026, sera consacrée au thème « L’eau vive » – n’est pas seulement un rendez-vous liturgique, mais un parcours qui mobilise les paroisses, les diocèses, les congrégations religieuses et les mouvements, alliant prière, sensibilisation à l’environnement et engagement concret en faveur de la protection des écosystèmes. Cette période revêt une importance particulière dans un pays où la déforestation, l’exploitation minière et la pression exercée sur les écosystèmes terrestres et marins constituent une menace pour les communautés et les populations les plus vulnérables.<br /><br />Pour 2026, la Conférence épiscopale des Philippines a invité toutes les communautés ecclésiales à célébrer la Journée de la Création, le premier dimanche de septembre, en utilisant le nouveau formulaire de la « Missa pro custodia creationis », la messe pour la sauvegarde de la création. Cette invitation s’inscrit dans un parcours déjà bien établi ces dernières années et qui, aux Philippines, se prolonge souvent jusqu’au deuxième dimanche d’octobre, à l’occasion de la Journée nationale pour la défense des peuples autochtones, soulignant ainsi le lien entre la protection de l’environnement, les droits des peuples autochtones et la justice sociale.<br />Dans ce contexte, le Cardinal Pablo Virgilio David, évêque de Kalookan, a rappelé la nécessité d’une « véritable conversion écologique », en la reliant à la justice envers les pauvres et à des choix concrets pour la protection des forêts et des mers. La célébration liturgique, a-t-il déclaré, est le point de départ d’un engagement dans la vie quotidienne des communautés.<br />Le Mouvement Laudato Si’ des Philippines joue un rôle important : depuis des années, il organise à Manille une Marche œcuménique pour la Création, à laquelle participent des personnes de différentes confessions chrétiennes. Le parcours, articulé en neuf « stations de prière » de la « Via Creationis », comprend des moments spirituels et de réflexion sur la responsabilité commune envers la « maison commune », grâce notamment à la collaboration avec des réalités et des réseaux œcuméniques.<br /><br />Cet engagement au niveau national se traduit par de nombreuses initiatives locales. Dans l’Archidiocèse de Manille, le Temps de la Création est célébré à travers une série de rendez-vous qui, inaugurés par la messe célébrée le 1er septembre, prévoient la projection du film « The Letter », réalisé à partir de l’encyclique Laudato si’, ainsi que des supports de réflexion et de prière destinés aux paroisses. L’Université Ateneo de Manila participe également à travers des initiatives artistiques, photographiques et culturelles, mettant les jeunes à l’honneur. Le point d’orgue aura lieu le 4 octobre, fête de saint François d’Assise, avec l’initiative publique « Jubilee for Creation ».<br />Dans le diocèse de San Pablo, dans la province de Laguna , la Commission pour l’écologie propose un programme hebdomadaire comprenant des rencontres et des webinaires sur les inégalités environnementales, ainsi que des actions de sensibilisation autour d’une question locale : le projet de barrage d’Ahunan, dans la province de Laguna, a suscité une forte opposition locale, car sa construction entraîne de graves problèmes environnementaux, sociaux et culturels.<br /><br />Pour les fidèles du diocèse d’Imus , le Temps de la Création a été inauguré par un rassemblement à la Laudato Si’ Farm, en présence de prêtres, de religieux et de représentants des paroisses. Plus au sud, dans la prélature d’Isabela , diverses initiatives de plantation d’arbres et projets d’écotourisme visent à créer des moyens de subsistance durables. Dans l’Archidiocèse de Davao , un pèlerinage est prévu le 13 septembre au « Bukid sa Kaluoy » , sur l’île de Samal, avec un Chemin de Croix, une plantation symbolique d’arbres et une messe organisée par le Centre d’action sociale.<br />Ces expériences partagent une approche commune : la sauvegarde de la Création n’est pas dissociée de la vie pastorale et, lorsque cela s’avère nécessaire, elle s’accompagne d’actions de plaidoyer contre des projets jugés nuisibles à l’environnement, tels que les barrages, l’exploitation des sols, la déforestation ou les activités minières.<br /><br />C’est précisément sur le rapport entre l’exploitation des ressources et la responsabilité chrétienne qu’est intervenu Mgr Broderick Pabillo, Vicaire Apostolique de Taytay, sur l’île de Palawan , lors de la messe d’ouverture du deuxième Congrès national de la Conférence des supérieurs majeurs des Philippines, qui a réuni 233 supérieurs religieux issus de 159 congrégations religieuses. Mgr Pabillo a rappelé les dégâts irréversibles causés aux forêts : « On peut planter des arbres, mais on ne peut pas reboiser », a-t-il affirmé, contestant l’utilisation du terme « reboisement » lorsqu’on prétend compenser la destruction de forêts matures ou quasi primitives par de nouvelles plantations. « C’est un grand mensonge », a-t-il souligné, critiquant les autorisations qui permettent l’abattage de milliers de grands arbres pour faire place à des activités minières. L’évêque a notamment cité le cas du sud de l’île de Palawan, où environ 57 000 arbres sont destinés à être abattus dans le cadre d’un projet minier local.<br /><br />« La Création ne doit pas être exploitée, mais respectée », a-t-il déclaré, en établissant un lien entre la dévastation des écosystèmes et les conséquences qui en découlent pour les populations : des inondations aux autres catastrophes aggravées par la perte des équilibres naturels. Selon Mgr Pabillo, la sauvegarde de notre maison commune fait partie intégrante de la mission même de la vie consacrée : « La Création fait partie de l’œuvre rédemptrice de Dieu », a-t-il affirmé, invitant les religieux à reconnaître dans la protection de l’environnement une responsabilité proprement chrétienne. Il s’agit donc « de prier pour la Création, mais aussi d’apprendre à la défendre ».<br /> Wed, 02 Sep 2026 18:07:01 +0200LE PAPE EN FRANCE/IV - Une chanson pour accueillir le Successeur de Pierrehttps://www.fides.org/fr/news/78117-LE_PAPE_EN_FRANCE_IV_Une_chanson_pour_accueillir_le_Successeur_de_Pierrehttps://www.fides.org/fr/news/78117-LE_PAPE_EN_FRANCE_IV_Une_chanson_pour_accueillir_le_Successeur_de_Pierrepar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Rome - L'aurore se lève sur les coupoles de la basilique Saint Pierre de Rome. Sur la colline du Janicule, Grégory Turpin entonne a capella les premières notes du chant "Pour que le monde ait la vie", qu'il interprètera au stade de France et à Lourdes en duo avec la chanteuse franco-canadienne Natasha Saint Pier lors de la visite du Pape Léon XIV en France. La voix s’élève dans l’air encore frais du matin, sous l’oeil attentif de la caméra de Leonardo, journaliste et vidéaste italien. Artiste chrétien engagé depuis de nombreuses années, Grégory Turpin est connu notamment pour ses projets musicaux inspirés de la figure de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la spiritualité carmélitaine, sa famille spirituelle de coeur. Cette dernière composition bénéficie du soutien des OPM France, et tous les droits doivent être reversés à des oeuvres missionnaires en France et dans le reste du monde. Du reste, ce n’est pas la première fois que l’artiste français collabore avec les Œuvres Pontificales Missionaires. À la croisée de la musique et de l’annonce de l’Évangile, il a collaboré à plusieurs initiatives, participant notamment à une tournée avec les OPM au Bénin.<br /><br />« Lorsque j’ai appris la venue du Pape, comme beaucoup, j’ai eu envie de faire quelque chose », confie-t-il à l’Agence Fides, tout en rejoignant la place Saint Pierre.<br /><br />Mais pour le chanteur, l’enjeu principal n’était cependant pas de se placer au centre de l’événement. « Jespère avant tout être au service », explique-t-il. « Tout au long de ce projet, j’ai essayé de me mettre au service des Œuvres Pontificales Missionnaires et de l’événement lui-même. Je ne fais pas cela pour moi ». S’il voit dans cette invitation une reconnaissance de « vingt-cinq ans de mission », il souhaite surtout y associer d’autres artistes. <br /><br />La mission, précisément, est au cœur de sa réflexion. À ses yeux, les jeunes générations cherchent aujourd’hui une cohérence entre la foi professée et l’existence concrète. « Nous avons longtemps eu tendance à séparer notre vie professionnelle de notre vie chrétienne. De plus en plus, les jeunes veulent établir un lien entre leur foi, leur travail, leur mission et leur manière d’être présents là où ils vivent ». <br /><br />Pour Turpin, annoncer l’Évangile ne consiste pas à réserver la foi au cadre privé ou familial, même si celui-ci demeure précieux. Il s’agit de devenir « des lumières là où nous sommes placés ».<br /><br />Cette cohérence appelle une foi « simple, décomplexée et surtout cohérente », poursuit-il. C’est à dire? Grégory Turpin insiste sur l’unité de vie et la qualité des relations fraternelles, à l’intérieur de l’Église, voyant dans la communion un témoignage puissant. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra », cite-t-il. Dès lors, ajoute-t-il, si les chrétiens ne sont « ni aimables ni aimants », ils risquent de cacher plutôt que de manifester l’amour de Dieu. « Pour être des lumières, nous devons devenir transparents à l’amour de Dieu pour pouvoir rayonner de Sa lumière ».<br /><br />Mais encore? L’artiste refuse de présenter la vie chrétienne comme un idéal inaccessible ou une succession de réussites. « C’est tout le contraire d’Instagram », observe-t-il, en évoquant les images lisses et idéalisées que peuvent imposer les réseaux sociaux. « Il ne faut pas chercher à cacher nos difficultés. La vie chrétienne n’est pas une vie sans problèmes ; c’est une vie où l’on reçoit la force de traverser les problèmes ». Il évoque l’image biblique de Moïse devant la mer Rouge : Dieu ne fait pas disparaître l’obstacle, mais donne à son peuple la possibilité de le franchir. « La mer demeure, mais elle s’ouvre », dit-il. <br /><br />Grégory Turpin raconte avoir traversé une période de profond épuisement psychologique, marquée par un burn-out, des angoisses et de grandes difficultés à remonter sur scène. « Aujourd’hui, je recommence peu à peu à aller vers le public. J’ai le sentiment que le Seigneur a commencé à guérir cela, mais j’avais aussi besoin de cette pause ». Cette approche conduit aussi l’artiste à rappeler que la foi ne dispense pas d’un accompagnement humain et professionnel. Face aux crises existentielles qui touchent de nombreux jeunes, il insiste sur l’importance de pouvoir être aidé, y compris psychologiquement. « Les prêtres ne sont pas des psychologues », souligne-t-il. La confiance en Dieu, explique-t-il, s’accompagne d’une recherche d’équilibre de vie, particulièrement à l’heure où les réseaux sociaux et le défilement continu des contenus peuvent nourrir le mal-être. « Dieu peut aussi agir à travers un véritable accompagnement psychologique. Il ne faut pas opposer ces dimensions : moi même, j’ai eu besoin des deux ».<br /><br />Derrière la notoriété et l’exposition publique, Grégory Turpin identifie enfin une autre question spirituelle : celle du regard porté sur soi-même. L’exposition médiatique ne lui a pas été naturelle ; ce qui a été le plus difficile, explique-t-il, fut « le changement du regard des autres ». À l’heure de la course aux “likes”, il invite à discerner ce qui fonde l’identité personnelle : l’audience et la reconnaissance publique, ou le regard de Dieu. « Est-ce l’audience qui me valide, ou le regard de Dieu ? Est-ce que je suis au service de Dieu, ou est-ce que je me sers de Dieu ? Est-ce que je suis au service de l’Église, ou est-ce que je me sers de l’Église? » Évoquant le baptême de Jésus et la parole entendue avant le début de sa mission : « Tu es mon Fils bien-aimé », il affirme : « C’est dans cette identité reçue que s’enracine la liberté de ne pas dépendre de la validation extérieure. Cette liberté, vécue comme une purification du désir humain de reconnaissance, est aussi une condition pour servir. » <br /><br />Entre l'écho de la mer Rouge qui s'ouvre et le piège des miroirs virtuels, Grégory Turpin rappelle l'essentiel : la foi ne consiste pas à briller sous les projecteurs, mais à laisser passer la lumière à travers nos propres fissures. <br />Wed, 02 Sep 2026 17:59:15 +0200VATICAN - À Rome, les « cours de septembre » pour 147 nouveaux Évêqueshttps://www.fides.org/fr/news/78114-VATICAN_A_Rome_les_cours_de_septembre_pour_147_nouveaux_Evequeshttps://www.fides.org/fr/news/78114-VATICAN_A_Rome_les_cours_de_septembre_pour_147_nouveaux_EvequesRome – Ils seront cette année au nombre de 147, originaires des cinq continents. Il s’agit d’évêques récemment nommés qui participeront, à partir d’aujourd’hui, mercredi 2, jusqu’au jeudi 10 septembre, à Rome, aux cours de formation organisés à leur intention par le Dicastère pour l’Évangélisation et le Dicastère pour les Évêques. Quarante-neuf d’entre eux sont inscrits au cours organisé par le Dicastère pour l’Évangélisation, par l’intermédiaire de sa Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières. Les autres participeront au parcours de formation similaire proposé par le Dicastère pour les Évêques.<br />Les Évêques inscrits au cours du Dicastère pour l’Évangélisation proviennent notamment d’Algérie, du Bangladesh, du Cameroun, de Colombie, du Congo, de Côte d’Ivoire, d’Éthiopie, des Philippines, du Ghana, du Honduras, d’Inde, d’Indonésie, du Kenya, de Madagascar, du Mali, du Myanmar, de Namibie, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Pérou, de République centrafricaine, du Sénégal, des Seychelles, Îles Salomon, du Sri Lanka, d’Afrique du Sud, du Vietnam, du Zimbabwe, du Kirghizistan et de la Thaïlande.<br />Cette année encore, conformément à la nouvelle structure des cours mise en place en 2024, les sessions de travail du lundi 7 et du mardi 8 septembre se tiendront à l’Université Pontificale Urbanienne. Les Évêques inscrits au cours organisé par le Dicastère pour l’Évangélisation — Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières — et les Évêques participant au cours de formation similaire organisé par le Dicastère pour les Évêques y participeront conjointement.<br /><br />Cette initiative, lancée en 2024, vise à manifester et à favoriser la communion entre les pasteurs récemment ordonnés issus des Églises particulières du monde entier, en leur offrant un espace de rencontre, d'échange et de fraternité, malgré la diversité des contextes ecclésiaux, culturels et sociaux dans lesquels ils sont appelés à exercer leur ministère.<br /><br />Le cours missionnaire<br /><br />La formation destinée aux 49 Évêques appartenant aux circonscriptions ecclésiastiques confiées au Dicastère pour l’Évangélisation se déroulera au Collège missionnaire pontifical « Saint-Pierre-l’Apôtre » et aura pour thème : « Serviteurs de la communion dans l’Église ». La rencontre débutera dans la soirée du mercredi 2 septembre, par l’accueil et la présentation des participants.<br />La première journée de formation, le jeudi 3 septembre, sera consacrée à la découverte du Dicastère pour l’Évangélisation et à son service auprès des Églises particulières dans les territoires de mission. La messe, accompagnée de la prière des Laudes, sera présidée par le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation. Le Cardinal Tagle présentera ensuite le Dicastère pour l’Évangélisation, Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières.<br />Mgr Fortunatus Nwachukwu, Secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation, présentera un exposé intitulé : « Serviteurs de la communion dans l’Église : tribalisme, système de castes, racisme et régionalisme exclusif dans l’Église contemporaine ».<br /><br />Dans l’après-midi, le père Joseph Koonamparampil, C.M.F., collaborateur et conseiller du Dicastère, interviendra sur le thème « Les facultés spéciales et la pratique du Dicastère pour l’Évangélisation : discipline du clergé, vie consacrée et administration patrimoniale ». Mgr Erwin Balagapo, Sous-secrétaire du Dicastère pour l’Évangélisation, abordera le thème des associations de fidèles. Le père Anton Paul Padinjarathala, S.D.B., fonctionnaire du Dicastère pour l’Évangélisation, s’attardera quant à lui sur certaines questions pratiques concernant la vie consacrée dans l’Église missionnaire.<br /><br />La journée du vendredi 4 septembre, consacrée au thème « La foi et l’inculturation », s’ouvrira par la messe présidée par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège. Le Cardinal George Jacob Koovakad, Préfet du Dicastère pour le dialogue interreligieux, interviendra sur le thème « Le dialogue interreligieux dans le contexte actuel ». L’Archevêque Aurelio García Macías, Sous-secrétaire du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, présentera un exposé sur « Continuité et nouveauté dans la liturgie dans le contexte de la première évangélisation ». Le Cardinal Kurt Koch, Préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, clôturera la journée par une intervention sur « Le phénomène des sectes et des nouveaux mouvements religieux : un défi pastoral ».<br /><br />La journée du samedi 5 septembre sera consacrée à la compétence juridique dans le gouvernement épiscopal. La messe sera présidée par le Cardinal Claudio Gugerotti, Préfet du Dicastère pour les Églises orientales. Mgr Anthony Randazzo, Archevêque et Préfet du Dicastère pour les textes législatifs, abordera les structures diocésaines de communion et de collaboration ainsi que les tribunaux, en se référant notamment aux motu proprio *Mitis Iudex Dominus Iesus* et *Vos Estis Lux Mundi*. Mgr John Joseph Kennedy, Secrétaire de la section disciplinaire du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, interviendra sur la manière de traiter les cas relatifs aux delicta graviora. Dans l’après-midi, l’Archevêque Dario Gervasi, Secrétaire du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, et Mme Gabriella Gambino, Sous-secrétaire du même Dicastère, proposeront une réflexion sur le thème « Laïcs, famille et vie : accompagnement et formation dans la pastorale du Peuple de Dieu ».<br /><br />Les sessions communes<br /><br />Les lundi 7 et mardi 8 septembre, les sessions communes réuniront à l’Université Pontificale Urbanienne les 147 évêques qui participent aux deux cours. La messe de lundi sera présidée par le Cardinal Ángel Fernández Artime, S.D.B., Pro-préfet du Dicastère pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Le Cardinal Michael Czerny, S.I., Préfet émérite du Dicastère pour le service du développement humain intégral, présentera l’encyclique du Pape Léon XIV, Magnifica humanitas. Dans l’après-midi, le Cardinal Mario Grech, Secrétaire général du Synode des Évêques, et le cardinal Roberto Repole, Srchevêque de Turin, interviendront sur le thème : « Pour une ecclésiologie synodale : communion, participation, mission ».<br /><br />Mardi 8 septembre, à l’occasion de la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, la messe sera présidée, dans la basilique papale Sainte-Marie-Majeure, par le Cardinal Baldassare Reina, Vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome. Le Cardinal Lazarus You Heung-sik, Préfet du Dicastère pour le clergé, et le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-préfet du Dicastère pour l’évangélisation, aborderont le thème de la formation sacerdotale dans le contexte actuel.<br />La session de l’après-midi, consacrée au lien missionnaire avec le Saint-Siège — l’obole de Saint-Pierre, le canon 1271 et les Œuvres Pontificales Missionnaires —, verra intervenir l’Archevêque Filippo Iannone, Préfet du Dicastère pour les Évêques; l’Archevêque Samuele Sangalli, secrétaire Adjoint chargé de l’administration du Dicastère pour l’Évangélisation ; et le père Tadeusz Nowak, O.M.I., Aecrétaire Général de l’Œuvre Pontificale de la Propagation de la Foi.<br />Mercredi 9 septembre, l’Archevêque Samuele Sangalli présidera la messe avec la prière des Laudes. Mgr Peter Beer, professeur à l’Institut d’anthropologie de l’Université Pontificale Grégorienne, présentera un exposé sur le thème : « L’Évêque et la gestion des crises, en particulier celles concernant le clergé ». Le père Hans Zollner, S.I., doyen de l’Institut d’anthropologie de l’Université Pontificale Grégorienne, abordera « La responsabilité des Églises particulières en matière de protection des mineurs et des adultes vulnérables ». L’Institut d’anthropologie animera également l’atelier prévu dans l’après-midi, organisé en groupes linguistiques.<br /><br />La rencontre avec le pape<br /><br />Le parcours s'achèvera le jeudi 10 septembre par la messe et la vénération des reliques de l'Apôtre dans la basilique papale Saint-Pierre au Vatican, présidées par le Cardinal Mauro Gambetti, O.F.M. Conv., Archiprêtre de la basilique papale Saint-Pierre au Vatican. Les 98 nouveaux Évêques seront ensuite reçus ensemble par le Pape Léon XIV.<br />La rencontre avec le Successeur de Pierre constituera le point d’orgue des journées de formation, de prière et de fraternité vécues à Rome.<br />S’adressant le 11 septembre 2025 aux Évêques ordonnés l’année précédente, le Pape Léon XIV avait rappelé que « le don que vous avez reçu n’est pas pour vous-mêmes, mais pour servir la cause de l’Évangile ». Les Évêques , avait-il ajouté, sont « choisis et appelés pour être envoyés, en tant qu’apôtres du Seigneur et serviteurs de la foi ». Le Souverain Pontife avait insisté sur le fait que le service ne constitue pas une simple dimension extérieure dans l’exercice du ministère, mais qu’il concerne l’identité même de l’Évêque : « L’Évêque est un serviteur, l’Évêque est appelé à servir la foi du peuple ». C’est pourquoi il avait invité les nouveaux pasteurs à « marcher dans l’humilité et la prière », en se faisant « serviteurs du peuple » vers lequel le Seigneur les envoie.<br />En citant saint Augustin, Léon XIV avait rappelé que « celui qui préside le peuple doit comprendre qu’il est le serviteur de beaucoup ».<br />Dans son discours, le Pape avait en outre établi un lien entre le service épiscopal et la proximité concrète avec les personnes, les communautés et les prêtres. L’Église, avait-il souligné, a besoin de « pasteurs attentionnés, à l’écoute, qui savent partager le chemin, les questions, les inquiétudes et les espoirs des gens » ; des pasteurs qui souhaitent être « des guides, des pères et des frères pour les prêtres ainsi que pour leurs sœurs et frères dans la foi ».<br /><br />Le Pape Léon XIV avait enfin rappelé les urgences auxquelles sont confrontées aujourd’hui les Églises locales : la crise de la foi et de sa transmission, les difficultés liées à l’appartenance et à la pratique ecclésiale, la quête spirituelle de ceux qui semblent éloignés de la foi, le drame de la guerre et de la violence, les souffrances des pauvres, l’aspiration à un monde plus fraternel et solidaire, ainsi que les questions éthiques sur la valeur de la vie et de la liberté. Dans ce contexte, avait-il fait remarquer, il faut retrouver « la passion et le courage pour une nouvelle annonce de l’Évangile ».<br />Les cours de formation destinés aux Évêques nouvellement nommés dans les circonscriptions ecclésiastiques confiées au Dicastère pour l’Évangélisation ont pour but d’offrir un temps de prière, de réflexion, de fraternité et d’échange sur les responsabilités pastorales, canoniques et missionnaires du ministère épiscopal. Le programme de 2026 place explicitement ce parcours sous le signe du service de la communion dans l’Église. Wed, 02 Sep 2026 17:51:30 +0200BÉATIFICATION DE FULTON SHEEN/I - Roger Landry (OPM USA) : Fulton Sheen, désormais bienheureux, et l'actualité de la missionhttps://www.fides.org/fr/news/78110-BEATIFICATION_DE_FULTON_SHEEN_I_Roger_Landry_OPM_USA_Fulton_Sheen_desormais_bienheureux_et_l_actualite_de_la_missionhttps://www.fides.org/fr/news/78110-BEATIFICATION_DE_FULTON_SHEEN_I_Roger_Landry_OPM_USA_Fulton_Sheen_desormais_bienheureux_et_l_actualite_de_la_mission<p ><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/WfbtTCdBi1I?si=K_Ooya-Y2YhtFyAc" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p><br /><br />par Pascale Rizk <br /><br />Rome – La passion missionnaire qui animait toute la vie et toute l’œuvre de l’Archevêque américain Fulton Sheen n’était ni un effort ni une stratégie. Ce n’était pas une soif de conquête. Tout en lui découlait simplement du fait qu’il était un « ardent Apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde ». Un disciple que sa foi rendait à la fois génial et réaliste, capable de reconnaître que sans l’amour du Christ, même les stratégies et les outils les plus sophistiqués utilisés pour annoncer l’Évangile finissent par n’être que « des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent », comme l’écrit saint Paul dans la Lettre aux Corinthiens.<br />C’est sur tout cela et bien d’autres choses encore qu’insiste Mgr Roger J. Landry, directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires, en brossant le portrait et en soulignant l’actualité de l’Archevêque américain qui sera proclamé bienheureux le 24 septembre prochain à Saint-Louis , lors d’une liturgie solennelle présidée par le Cardinal Luis Antonio Tagle. <br /><br />Nous publions ci-dessous le texte de l'interview vidéo accordée par Mgr Roger J. Landry à l'Agence Fides lors de la dernière Assemblée générale des Œuvres Pontificales Missionnaires.<br />Le Vénérable Fulton J. Sheen a lui aussi été à la tête des Œuvres Pontificales Missionnaires aux États-Unis de 1950 à 1966.<br /><br /><br />Quel est l'héritage de l'Archevêque Fulton J. Sheen pour l'identité missionnaire de l'Église aux États-Unis d'Amérique aujourd'hui ?<br /><br />-L’Archevêque Fulton Sheen sera bientôt le bienheureux Fulton Sheen. Toute sa vie a été marquée par son amour ardent pour Jésus-Christ. Il s’était engagé à servir Jésus du mieux possible et à amener le plus grand nombre de personnes possible à le connaître, à se sentir aimées par Lui, à L’aimer à leur tour et à essayer de répandre l’amour pour Lui.<br />C’est pourquoi il a étudié avec tant de dévouement et est devenu l’un des prêtres les plus érudits de l’histoire américaine. C’est pourquoi il s’est investi si intensément dans la prédication et a réussi à « enflammer les chaires » du feu du Saint-Esprit, tout en transmettant son amour pour Jésus. C’est l’une des raisons pour lesquelles, chaque matin, pendant les 61 années de son sacerdoce, il a consacré une heure entière à l’adoration devant le Seigneur. Et c’est pour cette raison qu’il a pu affirmer que son plus grand amour avait toujours été tourné vers les missions de l’Église. Il a donné tout ce qu’il pouvait : beaucoup d’énergie, beaucoup de talent, beaucoup d’argent récolté grâce à ses diverses initiatives, pour tenter de répandre la foi dans le monde entier.<br /><br />Tout cela tient au fait qu'il était un disciple dévoué et un fervent apôtre de Jésus-Christ, le Sauveur du monde.<br /><br />Quels aspects de sa spiritualité personnelle considérez-vous comme les plus pertinents pour les missionnaires qui œuvrent aujourd’hui sur le terrain, et lequel vous touche le plus sur le plan personnel ?<br /><br />-Fulton Sheen n'était pas seulement un grand missionnaire parmi les missionnaires, mais il a également contribué à édifier l'Église tout entière dans l'esprit missionnaire.<br /><br />Il y a deux aspects de sa dévotion que nous pouvons tous imiter. Le premier est qu’il prenait au sérieux la présence réelle de Jésus dans la Sainte Eucharistie. Pour lui, l’Eucharistie n’était pas une chose, mais une personne. Et il lui était tout à fait naturel de donner la priorité au temps passé avec Jésus chaque jour.<br />La mission de l’Église ne consiste pas seulement à porter les paroles de l’Évangile jusqu’aux confins de la terre. Elle ne consiste pas non plus uniquement à fonder des églises. La mission de l’Église est de porter Jésus-Christ jusqu’aux confins de la terre. Il vit avec nous, Dieu avec nous, il est encore avec nous dans la Sainte Eucharistie, dans son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Ainsi, l’amour de Fulton Sheen pour l’Eucharistie a véritablement inspiré sa spiritualité missionnaire, afin que des Églises soient édifiées – non pas des bâtiments et des structures physiques, mais des Églises formant le Corps mystique par l’œuvre de Jésus dans la Sainte Eucharistie. <br /><br />Et puis, la deuxième chose importante que je dirais à propos de Sheen, c’est qu’il se consacrait à l’art de la communication. Il savait qu’il ne suffisait pas d’avoir la foi. Il ne suffisait pas d’avoir le désir de diffuser la foi. Il fallait être efficace dans la diffusion de la foi. Il fallait montrer, à travers ses paroles, la ferveur de l’amour que Dieu nous porte, tout en prêchant l’Évangile.<br /><br />Fulton Sheen a toujours possédé cela. Et l’une des influences les plus marquantes de sa vie a été d’avoir encouragé non seulement certains moyens de communication, anciens et nouveaux, à servir de chaires pour partager avec ferveur le trésor de notre foi. Voici donc les deux choses qui, à mon avis, ont enseigné à toute l’Église comment bien accomplir sa mission.<br /><br />Pour moi, ce qui est le plus marquant chez Fulton J. Sheen, c’est son amour pour le sacerdoce. Fulton Sheen était un « prêtre parmi les prêtres » et, lorsqu’il a finalement pris sa retraite, il a passé la dernière décennie de sa vie à animer chaque mois trois retraites hebdomadaires pour les prêtres, car il souhaitait former ses confrères prêtres à un véritable cœur missionnaire à l’image du Christ, afin qu’ils puissent aller, tels le sel et le levain, transformer le monde entier.<br /><br />J’ai commencé à écouter les cassettes de Fulton Sheen à l’âge de 18 ans, lors de longs trajets en voiture, et sa pensée a imprégné mon esprit, sa ferveur a imprégné mon cœur, et j’aime penser aujourd’hui, en tant que son successeur – il a été le cinquième directeur national des OPM américaines –, que non seulement j’ai son exemple à suivre et son modèle à mettre en pratique, mais que je bénéficie également de sa puissante intercession, pour toujours à la droite de Jésus. C’est pour cela que j’aime vraiment Fulton Sheen.<br /><br />Que peuvent apprendre les « missionnaires numériques » d’aujourd’hui de l’Archevêque Fulton J. Sheen, non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan spirituel ? Et que penserait d’ailleurs Fulton Sheen lui-même, d’un point de vue critique, des illusions de notre ère de la communication ?<br /><br />-Que penserait-il, et quelle serait sa réflexion critique face à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde des médias numériques et des missionnaires numériques ? L’archevêque encouragerait tous les missionnaires numériques et les « influenceurs » d’aujourd’hui à partir avant tout de leur relation avec Jésus. S’ils n’ont pas cette expérience de l’amour personnel du Seigneur à leur égard, s’ils ne cherchent pas véritablement à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour au sein de cette relation personnelle avec Jésus, alors, pour reprendre les mots de saint Paul aux Corinthiens, ils ne seront que des cuivres qui résonnent et des cymbales qui retentissent. Pour pouvoir porter de grands fruits, ils doivent être unis à Jésus comme les sarments à la vigne. Et ce serait donc là le premier conseil que Fulton Sheen aurait donné.<br /><br />Pour Fulton Sheen, ce n'était pas le moyen qui importait. C'était le message transmis par n'importe quel moyen utilisé, qu'il s'agisse de livres, de la radio, de la télévision ou, pour employer les termes d'aujourd'hui, de vidéos, de podcasts ou même d'intelligence artificielle, etc.<br /><br />Fulton Sheen restait toujours concentré sur ce message, et ce message… c’est ce que Dieu veut faire avec nous : il veut vivre sa vie à nos côtés ; non seulement il a souffert, il est mort et ressuscité pour nous, mais il marche encore aujourd’hui avec nous : le Christ est ressuscité.<br />Et cette vérité était bien connue de Fulton Sheen, qui la vivait chaque jour, en commençant par une heure de prière devant le Seigneur Jésus ressuscité dans le tabernacle de ses chapelles privées.<br /><br />En ce qui concerne l’intelligence artificielle, Fulton Sheen y verrait avant tout un immense potentiel. Ensuite, il veillerait à ce que ce formidable outil, capable d’aider l’Église et l’humanité, ne finisse pas par nuire à l’humanité elle-même. Nous ne devrions pas être les disciples de l’intelligence artificielle, au risque d’en devenir les esclaves.<br />Mais c’est à nous qu’il revient d’exercer la maîtrise – tout comme le Seigneur nous l’a dit dans le Livre de la Genèse – sur les œuvres de nos mains, sur la créativité qu’Il a inspirée. Ainsi, Fulton Sheen verrait avant tout les possibilités offertes par ces nouveaux moyens que Dieu a placés devant nous, mais il exhorterait également chacun à reconnaître que le diable peut effectivement utiliser ces mêmes moyens. Nous devons donc rester vigilants pour nous assurer qu’ils soient toujours orientés vers Dieu, car s’ils ne le sont pas, ils – et nous à travers eux – finirons par perdre le cap. Comme je l’ai dit, Fulton Sheen fondait son action missionnaire sur une adoration quotidienne devant le Saint-Sacrement.<br /><br />L’Archevêque Fulton Sheen a fondé toute son œuvre missionnaire sur une heure sainte quotidienne devant le Saint-Sacrement. En 2024, vous avez parcouru les États-Unis à pied pendant 65 jours en emportant avec vous l’Eucharistie. Quel est le lien fondamental entre l’Eucharistie et la mission ?<br /><br />-Comme l’a déclaré le Cardinal Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’évangélisation, à l’Église des États-Unis lors du Congrès eucharistique national de 2024 à Indianapolis : « Jésus eucharistique est intrinsèquement missionnaire ». Il donne son corps et son sang pour nous, puis il dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Ce qui ne signifie pas simplement célébrer la messe en sa mémoire, mais rendre notre vie véritablement eucharistique. Que nous soyons, comme Jésus, appelés à nous laisser briser pour les autres. Que nous soyons capables de dire aux autres : « Voici mon corps, voici mon sang, voici mes callosités, voici ma sueur, voici mes larmes, voici mon cœur, tout ce que je suis et tout ce que je possède, je vous l’offre par amour pour vous ».<br /><br />Une Eucharistie qui ne se transforme pas en mission, comme nous l’a dit un jour Saint Jean-Paul II, est comme intrinsèquement fragmentée, brisée ; mais tout comme nous recevons l’amour que le Seigneur déverse sur nous lorsque nous sommes capables de recevoir dignement Jésus dans la Sainte Communion, de même Jésus, désormais en nous, veut que nous poursuivions cette communion avec Lui en participant à Sa mission pour le salut du monde. C’est l’une des raisons pour lesquelles la célébration de chaque messe s’achève par Dieu qui nous donne sa bénédiction, puis nous dit : « Allez et annoncez l’Évangile du Seigneur ». « Ite missa est » signifie que la destination de l’Église a été fixée et ainsi, le Christ, qui nous donne son corps, nous envoie avec Lui afin que, transformés par Lui dans l’Eucharistie, nous puissions transformer le monde entier.<br /> <br />Le Pape Léon XIV est souvent qualifié de pape missionnaire, mais au-delà des slogans, comment analyse-t-on sa perspective et sa vision missionnaire ?<br /><br />- Le Pape Léon a exercé pendant 22 ans en tant que séminariste missionnaire, prêtre et évêque au Pérou. Par la suite, pendant 12 ans, il a visité 50 pays différents en tant que prieur général des Augustins. Il a donc été missionnaire pendant la moitié de sa vie. Lorsqu’il a été élu le 8 mai 2025, il était le premier pape depuis saint Pierre à avoir consacré une partie de sa vie à s’éloigner de chez lui pour annoncer l’Évangile à des personnes qui n’avaient jamais entendu parler de Jésus, comme Léon l’avait fait dans les montagnes du nord du Pérou. C’est donc fort de cette expérience, de ce passeport rempli de tampons, qu’il est entré sous les acclamations de Saint-Pierre. Et tout comme le pape saint Pie X allait être le premier pape depuis des siècles à avoir exercé un ministère pastoral, mettant cette expérience pastorale au service de la transformation de la papauté, de même le Pape Léon, qui est le premier pape missionnaire « ad agentes » depuis l’époque de Simon de Bethsaïda, a sillonné le globe de long en large pour fortifier ses frères et sœurs dans la foi, en les amenant avec lui au Palais Apostolique. Il n’est pas surprenant que, dans son homélie d’ouverture, il ait non seulement salué les habitants de Chiclayo, où il avait été évêque missionnaire, mais qu’il ait également affirmé : ensemble, nous devons chercher des moyens de devenir une « Église missionnaire ».<br /><br />Si l’on réfléchit à ce qui rend son expérience missionnaire unique, c’est le fait qu’il… reconnaît que l’œuvre missionnaire est l’engagement commun de toute l’Église ; ce n’est pas le travail d’un seul missionnaire, ni de quelques membres d’une congrégation missionnaire, mais, pour que la mission de l’Église soit couronnée de succès, l’engagement de tous est nécessaire. Et dès ses premiers mots, en tant que 267e évêque de Rome, il nous a tous invités à nous unir à lui avec un zèle missionnaire pour apporter à tous le plus grand don du monde, Jésus-Christ. Le Christ lui-même à tous, aux 8,1 milliards de personnes, ces 8,1 milliards qui vivent aujourd’hui, pour lesquels Jésus a donné sa vie avec amour. C’est ce qui le rend vraiment unique et nous fait ressentir à quel point nous sommes bénis, non seulement d’avoir un pape américain – je peux le dire en tant qu’Américain –, mais aussi d’avoir un pape véritablement missionnaire, qui a dans le sang le désir de répandre la foi.<br /><br />Tue, 01 Sep 2026 16:26:32 +0200ASIE/CHINE - Le dynamisme pastoral du nouvel Évêque de Chifenghttps://www.fides.org/fr/news/78112-ASIE_CHINE_Le_dynamisme_pastoral_du_nouvel_Eveque_de_Chifenghttps://www.fides.org/fr/news/78112-ASIE_CHINE_Le_dynamisme_pastoral_du_nouvel_Eveque_de_ChifengChifeng – Un mois après sa consécration épiscopale, célébrée en pleine communion avec le Pape Léon XIV, Joseph Chang Yanfeng, Évêque du diocèse de Chifeng, dans la province chinoise de la Mongolie intérieure, a déjà entamé avec enthousiasme son ministère épiscopal, entre visites dans les paroisses, célébration des sacrements et engagement sans faille dans l’administration courante du diocèse.<br /><br />Le 27 août, l’Évêque a ordonné un nouveau prêtre diocésain. Le 23 août, il avait conféré l’ordination diaconale à un séminariste. Ces deux ordinations, auxquelles ont assisté 38 prêtres diocésains, des religieuses et de nombreux laïcs, ont donné l’image d’une communauté diocésaine dynamique et unie dans l’œuvre apostolique autour de son évêque.<br /><br />Le parcours vocationnel et universitaire du nouvel Évêque, ainsi que sa longue expérience pastorale, l’ont rendu attentif et sensible aux enjeux de la formation vocationnelle.<br />Dans son homélie, Mgr Chang a exhorté les nouveaux diacres et prêtres à reconnaître que le cœur du ministère ecclésiastique consiste à imiter le Christ, à aimer son prochain avec humilité et à le servir de tout son cœur. Il a formulé le vœu que les nouveaux prêtres et diacres puissent, par la grâce de Dieu, rester « toujours fidèles » à leur vocation en exerçant leur ministère avec diligence, dans un dévouement généreux et désintéressé.<br /><br />Les vocations fleurissent également dans d’autres diocèses chinois. Le 24 août également, jour de la fête liturgique de l’apôtre saint Barthélemy, Joseph Han Yingjin, Évêque du diocèse de Sanyuan, a ordonné deux prêtres diocésains. Joseph Li Shan, Évêque du diocèse de Pékin, a ordonné trois diacres du séminaire de Pékin, les exhortant en ces termes : « Crois ce que tu proclames, enseigne ce que tu crois et mets en pratique ce que tu enseignes. »<br /> <br />Tue, 01 Sep 2026 13:15:14 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - Deux religieuses blessées lors d'une embuscade sur la routehttps://www.fides.org/fr/news/78111-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Deux_religieuses_blessees_lors_d_une_embuscade_sur_la_routehttps://www.fides.org/fr/news/78111-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Deux_religieuses_blessees_lors_d_une_embuscade_sur_la_routeJuba - Dimanche 30 août, deux religieuses carmélites, identifiées comme Sœur Helen et Sœur Ansa, ont été agressées alors qu’elles se rendaient de Torit à Juba, après avoir assisté à la messe du matin. Leur véhicule a été pris d’assaut sur la route.<br /><br />Selon les informations rapportées par Radio Emmanuel 89, au cours de l’agression, l’un des bandits a frappé sœur Helen à la tête avec la crosse d’un fusil, lui causant une blessure. Les deux religieuses et les autres passagers ont été dépouillés de leur argent et de leurs effets personnels.<br /><br />Selon les premières informations, encore fragmentaires, les bandits auraient également enlevé deux enfants avant de prendre la fuite.<br /><br />L’Évêque de Torit, Mgr Emmanuel Bernardino Lowi Napeta, s’est immédiatement mobilisé pour organiser les secours depuis Juba. Les deux religieuses ont été transportées vers la capitale, où sœur Helen a reçu les soins médicaux nécessaires pour soigner ses blessures.<br /><br />Sur cette même route, le 16 août 2021, deux religieuses de la Congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus avaient été tuées : l’ancienne Supérieure Générale, Sœur Mary Daniel Abut, et Sœur Regina Roba, qui avait siégé à deux reprises au Conseil général. Les deux religieuses ont été « assassinées de sang-froid » alors qu’elles rentraient à Juba après avoir participé aux célébrations du centenaire de la paroisse de l’Assomption de Notre-Dame . <br />Tue, 01 Sep 2026 13:11:21 +0200EUROPE/AUTRICHE - Nomination du nouveau directeur des Œuvres Pontificales Missionnaireshttps://www.fides.org/fr/news/78109-EUROPE_AUTRICHE_Nomination_du_nouveau_directeur_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttps://www.fides.org/fr/news/78109-EUROPE_AUTRICHE_Nomination_du_nouveau_directeur_des_OEuvres_Pontificales_MissionnairesCité du Vatican - Le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’Évangélisation , a nommé, le 8 juin 2026, le père Johannes Laichner, du diocèse d’Innsbruck, directeur des Œuvres Pontificales Missionnaires en Autriche, pour un mandat de cinq ans . Né le 9 juillet 1982, le nouveau directeur des Œuvres Pontificales Missionnaires autrichiennes, qui entame son mandat aujourd’hui, est titulaire d’un doctorat en théologie catholique et d’un autre en archéologie classique . Au début de son ministère, il a été curé à Roppen et dans d’autres paroisses ; depuis 2019, il est directeur diocésain des Œuvres Pontificales Missionnaires pour Innsbruck et, depuis 2021, curé de Karres, Karrösten, Mils et Roppen. Il a travaillé pour plusieurs initiatives missionnaires dans le domaine de la collecte de fonds et a notamment effectué un voyage missionnaire au Cameroun. Passionné par l'édition et la communication, il a notamment publié la biographie de Saint Engelbert Kolland.<br /> <br />Tue, 01 Sep 2026 12:26:13 +0200ASIE/INDONÉSIE - Manifestations, corruption et démocratie ; le père Budi Purnomo : « L'esprit de ces manifestations, c'est une revendication de justice et de bien commun »https://www.fides.org/fr/news/78108-ASIE_INDONESIE_Manifestations_corruption_et_democratie_le_pere_Budi_Purnomo_L_esprit_de_ces_manifestations_c_est_une_revendication_de_justice_et_de_bien_communhttps://www.fides.org/fr/news/78108-ASIE_INDONESIE_Manifestations_corruption_et_democratie_le_pere_Budi_Purnomo_L_esprit_de_ces_manifestations_c_est_une_revendication_de_justice_et_de_bien_communJakarta – Les manifestations qui, ces dernières semaines, ont rassemblé des milliers de personnes devant le Parlement indonésien font émerger une revendication citoyenne : plus de transparence, plus de démocratie, la justice et une lutte plus efficace contre la corruption. C’est ce qu’affirme à l’Agence Fides le père Aloysius Budi Purnomo, Secrétaire de la Commission pour les relations interreligieuses de la Conférence épiscopale indonésienne.<br />« Lors des manifestations du 27 août, il n’y avait pas seulement des étudiants, mais aussi des gens ordinaires, surtout originaires de Java central, où l’on a connu des cas de corruption grave », explique le prêtre. « Ce sont des personnes de toutes les religions. Ce n’est pas un mouvement à caractère religieux, mais éthique. »<br />Dans un pays, l’Indonésie, qui compte plus de 270 millions d’habitants et où la coexistence entre musulmans, chrétiens, hindous, bouddhistes et autres communautés religieuses constitue l’une des caractéristiques fondamentales de la société, la contestation, observe le père Aloysius Budi Purnomo, naît d’une perception commune de ce que devrait être le bien de la nation.<br /><br />C'est le Parlement qui est au cœur de la mobilisation, bien plus que le gouvernement ou, directement, le président de la République Prabowo Subianto. « Les manifestants visent les députés, c’est pourquoi la manifestation se déroule devant le Parlement. Il n’y a pas, pour l’instant, de revendication directe à l’encontre du gouvernement ou du président », souligne le prêtre. Les revendications avancées par les manifestants, ajoute-t-il, sont dans une large mesure légitimes : « Il y a une demande de transparence, de démocratie et de justice », à condition qu’elles soient défendues « bien sûr de manière pacifique ».<br />La manifestation a déjà produit un résultat politique concret. Le 27 août, après une rencontre avec des représentants de l’Aliansi Masyarakat Pati Bersatu , les dirigeants de la Chambre des représentants ont signé une lettre d’engagement concernant la loi relative à la confiscation des biens issus d’infractions pénales. Le Parlement s’est engagé à finaliser et à adopter le texte avant le 15 décembre 2026. Les parlementaires signataires ont déclaré qu’ils étaient prêts à quitter leurs fonctions et à démissionner du Parlement si la loi n’était pas adoptée dans les délais fixés.<br />La date du 15 décembre pourrait servir de test pour évaluer la capacité des institutions à transformer une revendication de la société civile en une réforme concrète. Le président de la Commission III du Conseil des représentants du peuple , Habiburokhman, a assuré que le processus législatif était déjà en cours et que l'échéance de décembre avait été inscrite au calendrier parlementaire. La loi qui sera votée porte sur l'un des enjeux les plus sensibles de la lutte contre la corruption : la possibilité de récupérer les biens issus d'activités criminelles et de priver les corrompus du produit de leurs délits. Son adoption fait depuis longtemps l'objet de pressions de la part de la société civile.<br /><br />La mobilisation n'est toutefois pas toujours restée pacifique. Après la fin du défilé principal devant le Parlement, des groupes qualifiés par les autorités et les médias de « fauteurs de troubles », des personnes en « t-shirts noirs », sans lien avec les principaux organisateurs, ont provoqué des troubles : des incendies, des dégâts matériels et des affrontements avec la police ont été signalés. Plus de 300 personnes ont été interpellées et un civil est décédé après avoir été blessé lors des incidents et transporté à l’hôpital.<br />Cette distinction est également importante du point de vue de l’Église catholique : « En tant que catholiques, nous nous intéressons à l’esprit des manifestations », souligne le père Budi Purnomo. « Si elles se déroulent pacifiquement et promeuvent des valeurs orientées vers le bien commun, comme la lutte contre la corruption, elles peuvent être considérées comme l’expression d’une saine responsabilité civique. La violence, en revanche, ne peut être assimilée à cette revendication de justice ».<br />L’Église indonésienne a également souligné récemment son engagement moral dans la gestion des affaires publiques : soutenir ce qui contribue à la dignité de la personne, à la justice, à la transparence et à la paix, tout en conservant une attitude de dialogue et de responsabilité envers toutes les parties.<br /><br />Cette position – rappelle le père Purnomo – trouve un point de référence important dans la récente Note pastorale 2026 de la Conférence épiscopale indonésienne, publiée le 17 août, à l'occasion de la Journée de l'indépendance. Ce document, intitulé « Le chemin de l’espoir au cœur des dynamiques de la nation : une Église synodale pour soutenir l’éthique publique et renforcer la solidarité humaine en Indonésie », s’inscrit dans le cadre de la réflexion de l’Église sur la situation nationale.<br />Les Évêques identifient une crise multidimensionnelle qui englobe des aspects sociaux, économiques, politiques, écologiques et moraux. Parmi leurs préoccupations figurent la corruption, les inégalités, la fragilité de l'éthique publique, la détérioration de la qualité de la démocratie et le risque que les politiques publiques finissent par privilégier les intérêts des élites au lieu du bien commun.<br />« Ce qui est particulièrement significatif », note le prêtre, « c’est l’invitation lancée par les Évêques à faire partie intégrante de la vie de la nation, sans pour autant devenir un acteur partisan. L’Église, selon l’orientation de la Note, doit être une présence capable de collaborer avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté et, en même temps, d’exercer un rôle d’interlocuteur critique vis-à-vis des institutions ».<br />L'analyse de cette note met en lumière certaines des questions qui en constituent le contexte : la lutte contre la corruption, la qualité de la démocratie, la participation des citoyens, la responsabilité des institutions et la défense de la dignité des personnes et des groupes les plus vulnérables. En ce sens, la réflexion des Évêques – conclut le père Budi Purnomo – met en évidence un point : « la démocratie est une culture quotidienne de la responsabilité, de la transparence et de la participation, ainsi que de la protection de la dignité de chaque personne ».<br /> <br />Tue, 01 Sep 2026 11:01:02 +0200