Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.ASIE/CAMBODGE - Une école bouddhiste porte le nom d’un moine et d’un Évêque catholique : un signe de dialogue et de paixhttps://www.fides.org/fr/news/77859-ASIE_CAMBODGE_Une_ecole_bouddhiste_porte_le_nom_d_un_moine_et_d_un_Eveque_catholique_un_signe_de_dialogue_et_de_paixhttps://www.fides.org/fr/news/77859-ASIE_CAMBODGE_Une_ecole_bouddhiste_porte_le_nom_d_un_moine_et_d_un_Eveque_catholique_un_signe_de_dialogue_et_de_paixPhnom Penh – Une école primaire bouddhiste destinée aux jeunes moines porte dans son nom celui d’un abbé bouddhiste et d’un Évêque catholique : c’est un signe concret et original du dialogue interreligieux qui se développe au Cambodge. Il s’agit de l’école « Chomroen Olivier », qui tire son nom de l’union de deux personnes : l’abbé bouddhiste Nget Chomroeun, de la pagode Ang Montrey, et l’Évêque catholique Olivier Schmitthaeusler MEP, Vicaire apostolique de Phnom Penh. Un nouveau bâtiment dédié à l’œuvre éducative a été inauguré au sein de la pagode d’Ang Montrey, dans la province de Takeo, renforçant ainsi la collaboration entre la communauté bouddhiste locale et l’Église catholique au Cambodge. S'exprimant lors de la cérémonie d'inauguration, le 25 juin, Mgr Olivier Schmitthaeusler a rappelé que ce projet constituait « le signe d'une collaboration belle, concrète et vivante entre la pagode et l'Église catholique », s'inscrivant dans un parcours d'amitié qui dure depuis plus de vingt ans.<br />Dans un message adressé à l’agence Fides, l’Évêque a évoqué son arrivée en tant que jeune missionnaire dans la région de Chomkartieng en 2002, lorsque la première initiative commune entre catholiques et bouddhistes fut la construction d’une route en terre rouge de plus de deux kilomètres reliant la pagode à l’église locale. « Cette route est devenue le symbole de notre relation », a-t-il déclaré.<br />La coopération s’est ensuite développée à travers de nombreux projets communs et l’école « Chomroen Olivier », soutenue par l’Église catholique depuis 2023, a déjà formé une quarantaine de jeunes moines aux études religieuses, parallèlement à l’enseignement de matières laïques telles que la langue khmère, les mathématiques et l’informatique. Ce projet éducatif s’inscrit dans le cadre d’une collaboration plus large qui comprend des rencontres de formation entre étudiants catholiques et bouddhistes, des initiatives de dialogue spirituel et des activités sociales communes.<br />Le Vicaire Apostolique rappelle que « la paix se construit par l’éducation, la charité et la fraternité concrète », citant les visites conjointes de bouddhistes et de chrétiens dans les centres de soins pendant la pandémie, l’aide apportée aux familles les plus démunies et l’aide humanitaire récemment fournie aux populations touchées par les tensions le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. « Construisons des ponts par le dialogue, l’amitié et la fraternité », souligne l’Évêque, en invitant bouddhistes et catholiques à poursuivre ensemble leur engagement en tant qu’« artisans de paix » en cette période marquée par de nouveaux conflits et de nouvelles tensions.<br />Au cours de cette même journée, Mgr Schmitthaeusler s’est vu décerner par le roi du Cambodge la Grand-Croix de l’Ordre royal du Cambodge, l’une des plus hautes distinctions du royaume. Le Vicaire Apostolique a interprété cette distinction comme « un encouragement à persévérer sur la voie de la collaboration entre les communautés religieuses du pays ». Elle, a-t-il souligné, « représente le signe d’une mission partagée entre bouddhistes et catholiques qui porte des fruits concrets au service de la société cambodgienne ».<br />Un autre signe de la collaboration fructueuse entre les deux communautés s’est concrétisé ces derniers jours : le 13 juin, au temple Wat Botum Vatey de Phnom Penh, les autorités religieuses bouddhistes du Cambodge ont décerné à Olivier Schmitthaeusler le titre honorifique d’ « Akka Mahā upāsaka buddha sāsanūpatthambhakr », qui se traduit par « Grand ancien, défenseur laïc et gardien de l’enseignement du Bouddha », une distinction extraordinaire décernée à des personnalités, de toutes confessions, ayant contribué à soutenir la tradition bouddhiste. Cette distinction constitue une avancée supplémentaire par rapport au titre de « Maha Upasaka » déjà attribué à l’Évêque en 2022, en reconnaissance de sa contribution à la coopération éducative et au développement social, partagée par la majorité bouddhiste du pays. Au cours de la cérémonie, les responsables bouddhistes ont souligné que la Constitution cambodgienne reconnaît le bouddhisme comme religion d’État, tout en garantissant la pleine liberté religieuse et en favorisant l’harmonie et le respect mutuel entre les différentes communautés de foi.<br />« L’Église catholique et le bouddhisme marchent main dans la main pour le bien commun de notre peuple et de notre pays », a déclaré le Vicaire Apostolique, ajoutant que « lorsque les religions marchent ensemble, le monde peut être témoin d’une paix véritable ».<br /> <br />Sat, 27 Jun 2026 11:48:37 +0200Un vrai prêtre, un vrai médecin : le témoignage du vénérable roumain Martin Benedict dans un documentairehttps://www.fides.org/fr/news/77862-Un_vrai_pretre_un_vrai_medecin_le_temoignage_du_venerable_roumain_Martin_Benedict_dans_un_documentairehttps://www.fides.org/fr/news/77862-Un_vrai_pretre_un_vrai_medecin_le_temoignage_du_venerable_roumain_Martin_Benedict_dans_un_documentairepar Pascale Rizk<br /><br />Rome – À l’occasion du 40e anniversaire de la mort du vénérable roumain Martin Benedict, le documentaire « ll caso Martin Benedict. Proibito credere » a été projeté en avant-première jeudi 25 juin à 16 h à la Cinémathèque vaticane.<br /> <br />Ce documentaire roumain retrace la vie de cette figure extraordinaire, « cet homme aux contrastes harmonieux : un médecin qui se consacrait au soin des corps à l’hôpital d’Onești et, en même temps, un prêtre franciscain ordonné dans la clandestinité », comme le décrit le père franciscain Silvestro Baejan.<br /> <br />Se déroulant dans les années 80, le film retrace le parcours du père Benedict, qui a exercé en tant que médecin à Răducăneni, Tătăreni, Bacău, puis, à partir de 1962, à l’hôpital d’Onești jusqu’à sa mort. Homme de prière, le chapelet à la main, Benoît se souciait non seulement de la santé physique de ses patients, mais aussi de leurs âmes, en les encourageant à prier et à se confesser, et en s’efforçant d’endiguer le recours à l’avortement grâce à l’écoute et au soutien qu’il offrait aux femmes tentées d’interrompre leur grossesse en raison de la pauvreté. Benoît n’hésitait pas à leur apporter un soutien psychologique, spirituel, mais aussi matériel.<br /><br />Né le 31 juillet 1931 à Galbeni, dans la région de Bacău, il a vécu et exercé son ministère en Roumanie jusqu'à la fin de sa vie. Élevé dans une famille catholique, Benedict a fréquenté l'école primaire dans sa ville natale et, en septembre 1945, il est entré au séminaire des Franciscains conventuels à Hălăucești, où il a étudié pendant trois ans. Avec le début de la persécution de l’Église catholique sous le régime communiste , il fut contraint de quitter le séminaire pour terminer ses études secondaires à Bacău et s’inscrire à la faculté de médecine de l’université de Iași en 1951, où il obtint son diplôme en 1957.<br />Après une grave maladie en 1972 et une guérison considérée comme miraculeuse, il décida de revenir à sa vocation : il accomplit clandestinement son noviciat sous la direction du frère Gheorghe Pătrașcu, fit ses vœux temporaires en 1976 et ses vœux solennels en 1979, et a reçu l’ordination sacerdotale le 14 septembre 1980 des mains de l’Évêque Alexandru Todea. Il a été surveillé par la Securitate pendant 32 ans à partir de 1954 et identifié comme prêtre après son voyage à Rome le 30 octobre 1983.<br />« Le Vénérable Martin Benedict est désormais de plus en plus connu, tant en Roumanie qu’à l’étranger, et de très nombreuses personnes se tournent vers lui pour lui demander de l’aide », raconte à l’Agence Fides le père Silvestro Baejan, référent de la Cause à Rome. « Ces derniers temps, nous avons enregistré deux cas concrets de guérisons miraculeuses présumées : une jeune fille à Bucarest et une dame à Suceava. Cependant, nous rencontrons diverses difficultés pour obtenir la documentation médicale et les dossiers cliniques nécessaires. » Le père Baejan explique : « La Roumanie étant un pays à majorité orthodoxe, il n’existe pas encore de mentalité bien établie concernant les procédures requises pour les miracles de personnes de confession catholique en voie de canonisation. Malgré cela, de très nombreuses grâces ont déjà été reçues et de nombreux ex-voto ont été déposés dans sa maison natale. Il s’agit principalement de grâces liées à l’harmonie familiale, à des guérisons légères, à des naissances d’enfants dans des situations d’infertilité, mais aussi à la libération de la dépendance à l’alcool, aux drogues et à bien d’autres choses encore. »<br />Après sa mort, survenue le 12 juillet 1986 à Onești, Martin Benedict acquit immédiatement une réputation de sainteté et de proximité avec Dieu parmi ceux qui l’avaient connu. Un an après son décès, l’eau d’un puits situé près de la maison familiale à Galbeni se mit à sentir et à avoir le goût de la rose, et Galbeni devint un lieu de pèlerinage. Le processus de canonisation a été lancé le 14 avril 2007 ; la « positio » est déjà achevée et attend d’être examinée par la Commission théologique. <br />Le 17 décembre 2022, Martin Benedict a été déclaré Vénérable par le Pape François.<br />Le Dicastère pour les Causes des Saints rapporte que Benedict a vécu héroïquement sa double vocation de médecin et de prêtre-religieux dans un contexte de clandestinité.<br /><br />À travers les témoignages de ses proches ainsi que des infirmières qui ont travaillé à ses côtés, le film montre comment ce vénérable, malgré sa santé fragile, exerçait avec générosité la médecine et, grâce à sa prudence et à sa discrétion, pouvait mener à bien son apostolat.<br />Concernant les documents les plus importants rassemblés à ce jour dans le cadre de la cause, le père Silvestro Baejan explique que la première mention de Martin Benedict dans les archives des services secrets apparaît en 1954 dans le dossier d’un autre frère franciscain. » « Jusqu’à la fin de sa vie, il était surveillé », ajoute le franciscain conventuel. Il précise encore que son dossier ne comptait que quelques pages et qu’il a été interrompu de manière inexplicable en 1971. « Les témoins parlent très clairement de sa persécution jusqu’à sa mort. Où sont les autres documents ? Nous savons que dans les années 1980, les enquêtes politiques ont été transformées en enquêtes pénales. Nous avons réussi à obtenir, après des années d’insistance, la page de garde et une page d’un registre dont il ressort qu’il y a bel et bien eu une enquête pénale. Notre travail de recherche se poursuit. »<br /><br />« Ce soir, nous ne sommes pas seulement réunis pour voir un film, nous sommes réunis pour comprendre ce que signifie témoigner. Nous sommes face à une vie qui interroge notre liberté, notre mémoire et notre manière de comprendre la foi lorsqu’elle est mise à l’épreuve. Et aujourd’hui, dans diverses régions du monde, y compris en Europe, la foi est mise à l’épreuve », a déclaré l’ambassadeur de Roumanie auprès du Saint-Siège, M. George Bologan, dans une allocution adressée au public présent à la projection.<br />Cet événement, organisé en collaboration avec l’ambassade de Roumanie auprès du Saint-Siège et le Dicastère pour la communication, a également vu la présence du vicaire général des franciscains conventuels, le père Igor Salmič, et du vice-postulateur de la cause de canonisation, le franciscain conventuel Eusebio Bejan. Étaient également présents la réalisatrice Adriana Racasan, accompagnée de nombreux collaborateurs, ainsi que le père Francisc Ungureanu, directeur de l’Association catholique pour la communication SIGNIS en Roumanie et secrétaire de la Conférence épiscopale catholique roumaine.Fri, 26 Jun 2026 14:29:23 +0200CONCISTORE EXTRAORDINAIRE - Léon XIV : « La mission n’est pas l’une des nombreuses tâches de l’Église. C’est sa raison d’être »https://www.fides.org/fr/news/77864-CONCISTORE_EXTRAORDINAIRE_Leon_XIV_La_mission_n_est_pas_l_une_des_nombreuses_taches_de_l_Eglise_C_est_sa_raison_d_etrehttps://www.fides.org/fr/news/77864-CONCISTORE_EXTRAORDINAIRE_Leon_XIV_La_mission_n_est_pas_l_une_des_nombreuses_taches_de_l_Eglise_C_est_sa_raison_d_etrepar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Cité du Vatican - C’est par une liturgie eucharistique célébrée dans la basilique Saint-Pierre que le Pape Léon XIV a ouvert ce matin, vendredi 26 juin 2026, le consistoire extraordinaire qui réunit les cardinaux venus de tous les continents, en vue de la solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul, patrons de Rome. Une fête liturgique qui, a souligné le Souverain Pontife, peut constituer une clé de lecture spirituelle du discernement de ces jours-ci.<br /><br />Dans son homélie, le Pape a replacé le consistoire au cœur du mystère apostolique de l’Église : « Alors que nous demandons donc à Dieu de nous accorder force et sagesse, il est significatif que notre consistoire ait lieu à la veille de la solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul. Arrêtons-nous ensemble sur cette commémoration, qui rend hommage aux piliers de l’Église catholique et romaine, ces deux missionnaires martyrs dont la prédication ne faisait qu’un avec leur vie, au point de faire partie intégrante des Saintes Écritures ».<br /><br />Dans cette perspective, le rassemblement des Cardinaux autour du Successeur de Pierre apparaît avant tout comme un retour aux sources apostoliques de la mission.<br /><br />En méditant sur le martyre de Pierre et Paul, Léon XIV a proposé une véritable herméneutique missionnaire pour le discernement du Consistoire. D’une part, il a rappelé que les deux apôtres « partagent dans la foi la véritable liberté » – une liberté qui naît de la relation personnelle avec le Christ et qui libère du péché et de la peur, rendant possible l’envoi missionnaire « en tant que Successeurs des Apôtres». D’autre part, il a insisté sur le fait que l’annonce de l’Évangile, la célébration des sacrements et le dévouement envers le troupeau « se réalisent et portent leurs fruits dans la mesure où nous croyons en Lui, le Bon Pasteur ».<br /><br />Chez Pierre et Paul, la mission n’est pas une stratégie, comme il l’a déjà souligné dans divers discours et homélies, mais le débordement d’une foi qui a envahi toute leur vie, jusqu’au don de leur sang.<br /><br />Le Pape a réaffirmé que « l’Église vivante est l’Église qui croit », expliquant que la foi ecclésiale précède et soutient celle de chacun, telle une grâce qui nourrit les sarments de la vigne unique. « De même que la grâce divine précède la liberté humaine, de même la foi de l’Église précède la nôtre et demande à être témoignée avec ardeur », a-t-il expliqué, rappelant l’invitation du psalmiste : « Annoncez jour après jour son salut. Parmi les peuples, racontez sa gloire » . Pour le Collège cardinalice, réuni autour du Successeur de Pierre, ce regard sur Pierre et Paul signifie vérifier si la mission confie véritablement tout à la primauté de la grâce et de la foi.<br /><br />En méditant sur l’image évangélique de la vigne et des sarments, l’Évêque de Rome a déclaré : « Cette diversité d’affections et de pensées se concentre désormais : elle trouve en effet ce centre lumineux qu’est le Christ. Lui-même, en personne, s’adresse à nous en disant : « Je suis la vraie vigne » . Par Jésus, la grâce et la vérité coulent dans notre vie , nous renouvelant au plus profond de nous-mêmes : ces dons divins sont la sève féconde du Consistoire que nous inaugurons aujourd’hui. C’est l’Évangile lui-même qui crée les conditions pour qu’il soit fécond : « Demeurez en moi et moi en vous » ». Dans ce contexte, le martyre de Pierre et de Paul apparaît comme le fruit mûr d’existences totalement greffées sur le Christ ; de la même manière, le Consistoire est appelé à se laisser nourrir par cette même « sève féconde », afin que les décisions qui en découleront aient une véritable fécondité évangélique.<br /><br />Parallèlement à ce fondement christologique et apostolique, Léon XIV a indiqué trois grandes voies de discernement pour l’Église et sa mission. La première concerne, précisément, la liberté dans la foi, engendrée par la relation avec le Seigneur Jésus et dont Pierre et Paul ont témoigné ; la deuxième, le don de la paix dans l’unité ; la troisième, la concorde dans l’obéissance à la Parole vivante qu’est le Christ. Évoquant en particulier la paix, le Pape a dénoncé avec force les guerres et les tensions qui blessent la famille humaine, réaffirmant que « la guerre n’est jamais digne de l’homme, et n’est jamais bénie par Dieu » et que la paix « est un devoir de justice car nous formons une seule famille humaine, une magnifica humanitas qui trouve en Christ son Chef et son Rédempteur ».<br /><br />Se référant à l’encyclique Magnifica humanitas, signée le 15 mai dernier, le Pape a rappelé la « civilisation de l’amour » indiquée par Saint Paul VI comme une voie alternative aux logiques de puissance de son époque. Aujourd’hui, a-t-il expliqué, le témoignage chrétien est appelé à devenir « une prophétie d’un monde nouveau, une évangélisation et un service, un projet culturel et social qui favorise le développement humain dans sa globalité », tandis que l’Église, « entre joies et persécutions », reste « pour tous » et adresse à chacun « la même parole de conversion et de salut ». Le Pape a également ramené cet engagement social et culturel à sa source apostolique : Pierre et Paul, a-t-il souligné, n’ont pas annoncé une idée, mais une vie nouvelle en Christ, capable de transformer les cœurs et l’histoire.<br /><br />En ouvrant les travaux du consistoire par un discours adressé aux Cardinaux, Léon XIV a repris le lien entre mémoire apostolique, mission et synodalité déjà esquissé dans son homélie. Après avoir présenté les thèmes des sessions – le regard sur le monde, la relation entre la culture du pouvoir et la « civilisation de l’amour », la contribution au bien commun à la lumière de l’encyclique Magnifica humanitas et le cheminement vers la mise en œuvre du Synode – le Pape a souligné qu’ils « ne constituent pas des dossiers distincts», mais qu’ils sont «profondément liés» et «convergent vers une seule et même question : comment pouvons-nous aider aujourd’hui nos Églises à annoncer l’Évangile avec davantage de fidélité, de liberté et de crédibilité ?». Ainsi, le consistoire apparaît comme un exercice de discernement missionnaire.<br /><br />Léon XIV a précisé que la mission n’est pas un chapitre parmi d’autres, mais le critère qui oriente tout le discernement. « La mission n’est pas l’une des nombreuses tâches de l’Église. C’est sa raison d’être », a-t-il réaffirmé, en invitant le Collège cardinalice à vérifier si les choix pastoraux, les structures et les styles de gouvernement rendent les communautés effectivement plus disposées à l’annonce de l’Évangile.<br /><br />La question posée par le Pape n’est pas abstraite : « comment aider nos Églises » signifie s’interroger concrètement sur la manière dont le rapport au monde, la critique des logiques de pouvoir, la recherche du bien commun et le chemin synodal rendent l’évangélisation plus enracinée dans le Christ, plus libre de peurs et d’intérêts, plus crédible aux yeux des hommes et des femmes de notre temps. Dans cette perspective, les trois termes évoqués par le Pape – fidélité, liberté, crédibilité – deviennent autant de critères d’herméneutique missionnaire. La «fidélité» renvoie à la source apostolique et à la «primauté de la grâce et de la foi» évoquées par le Souverain Pontife : annoncer l’Évangile avec fidélité signifie rester enraciné en Christ, en laissant la Parole vivante façonner la prédication, la célébration des sacrements et le service du Peuple de Dieu. La «liberté» renvoie à la véritable liberté de Pierre et de Paul, engendrée par la relation personnelle avec le Seigneur et capable de libérer de la peur : pour les cardinaux, elle se traduit par la disponibilité à se laisser convertir par l’Esprit, à se dire la vérité avec une parrhésie fraternelle et à ne pas se réfugier dans des logiques de pouvoir ou d’autoconservation.<br /><br />La « crédibilité », enfin, relie directement l’annonce au témoignage : l’encyclique Magnifica humanitas, la dénonciation des guerres et la proposition d’une « civilisation de l’amour » montrent que la proclamation de l’Évangile perd de sa force si elle ne se traduit pas par un style de vie, de gouvernement et de présence publique qui rende visible la bonne nouvelle du Christ dans l’histoire.<br /><br />C’est de là que naît également le lien intrinsèque entre mission et synodalité. Le Pape a insisté sur le fait que la synodalité et la collégialité « sont des formes de la fraternité chrétienne » et que l’autorité du primat appartient « à celui qui écoute et qui, pour cette seule raison, guide ; à celui qui apprend et qui, pour cette seule raison, enseigne ». La méthode synodale proposée pour les travaux du Consistoire – écoute réciproque, partage des responsabilités, recherche commune de la volonté de Dieu – s’inscrit ainsi dans cette herméneutique missionnaire : une Église qui veut annoncer l’Évangile avec plus de fidélité, de liberté et de crédibilité apprend à discerner ensemble, en se laissant guider par l’Esprit. Sur ce chemin, les indications de l’encyclique Magnifica humanitas et celles de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium, dont le pape Léon avait proposé la relance dans une lettre adressée aux cardinaux en avril, offrent aux cardinaux un repère important pour ouvrir de nouvelles voies au service de l’Évangile et de la famille humaine dans le contexte actue. <br />Fri, 26 Jun 2026 14:17:21 +0200AFRIQUE/TOGO - Démission et Nomination de l'Évêque de Kpaliméhttps://www.fides.org/fr/news/77863-AFRIQUE_TOGO_Demission_et_Nomination_de_l_Eveque_de_Kpalimehttps://www.fides.org/fr/news/77863-AFRIQUE_TOGO_Demission_et_Nomination_de_l_Eveque_de_KpalimeCité du Vatican - Le Saint-Père a accepté la renonciation de la charge pastorale du diocèse de Kpalimé présentée par Mgr Benoît Comlan Messan Alowonou. Le Saint-Père a nommé Évêque du même diocèse Edmond Yawo Amekuse, membre du clergé de ce même diocèse, jusqu’à présent Secrétaire Général de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest à Ouagadougou .<br />Mgr Edmond Yawo Amekuse est né le 16 novembre 1967 à Agou-Akoumahou, dans le diocèse de Kpalimé. Il a étudié la philosophie et la théologie au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé. Il a été ordonné prêtre le 28 décembre 1996 pour le diocèse de Kpalimé.<br />Il a occupé les fonctions suivantes et poursuivi ses études : vicaire de la paroisse de la cathédrale Saint-Esprit de Kpalimé ; professeur de religion au Collège polyvalent de Kpalimé ; licence en théologie à l’Institut Catholique missionnaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire ; études sur le dialogue interreligieux au PISAI de Rome ; doctorat en liturgie à l’Université Pontificale Saint-Anselme de Rome ; Professeur de liturgie au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé ; aumônier et secrétaire général à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest – Universitaire au Togo ; Formateur au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé ; depuis 2023, secrétaire général de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest à Ouagadougou, au Burkina Faso.<br /> Fri, 26 Jun 2026 14:04:04 +0200AFRIQUE/TCHAD - Signature des statuts de la plateforme interconfessionnelle visant à renforcer la paix et la cohésion socialehttps://www.fides.org/fr/news/77861-AFRIQUE_TCHAD_Signature_des_statuts_de_la_plateforme_interconfessionnelle_visant_a_renforcer_la_paix_et_la_cohesion_socialehttps://www.fides.org/fr/news/77861-AFRIQUE_TCHAD_Signature_des_statuts_de_la_plateforme_interconfessionnelle_visant_a_renforcer_la_paix_et_la_cohesion_socialeN'Djamena – « Nous continuerons à œuvrer pour que chacun puisse contribuer au développement humain et à la réalisation de notre objectif commun, à savoir construire un Tchad uni, prospère et tourné vers l’avenir ». C’est en ces termes que Mgr Edmond Djitangar Goetbé, Archevêque de N’Djamena, a expliqué la signification de la plateforme interconfessionnelle constituée par le Conseil national des affaires islamiques du Tchad , par la Conférence épiscopale du Tchad et par l’Entente des Églises et Missions évangéliques au Tchad .<br />L’Archevêque de N’Djamena figurait parmi les signataires des statuts et du règlement intérieur de la plateforme, signés hier, le 25 juin, lors d’une cérémonie présidée par le vice-Premier ministre chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Limane Mahamat. Ce dernier a souligné que cette plateforme constituait une avancée importante dans le renforcement de la cohésion sociale et de l'acceptation mutuelle entre les communautés, car elle instaure un cadre formel qui permettra aux chefs religieux de coordonner leurs efforts pour préserver la paix et la cohésion sociale.<br />« Il n'existait pas de cadre adéquat permettant aux chefs religieux de mener à bien leurs missions communes. Grâce aux statuts et au règlement intérieur de la plateforme interreligieuse, celle-ci pourra désormais fonctionner comme n’importe quelle association légalement reconnue et bénéficier du soutien prévu par la loi », a déclaré le vice-Premier ministre, confirmant également la reconnaissance du président Mahamat Idriss Déby Itno pour le rôle joué par les différentes confessions religieuses dans la promotion de la paix dans le pays.<br />Dans un pays comme le Tchad, caractérisé par une grande diversité religieuse et par des défis persistants en matière de sécurité et de stabilité régionale, la plateforme vise également à prévenir l’instrumentalisation des religions à des fins de division sociale.<br />Comme l’a déclaré Tao Élysée, Secrétaire de l’EEMET : « Il ne sert à rien que les religions deviennent une cause de rejet mutuel. Nous avons certes nos fidèles et nos convictions, mais nous avons aussi une nation à construire ensemble. Nous vivons dans un État laïc, mais dans une laïcité collaborative, où Dieu doit avoir sa place dans la société. Sans cette dimension spirituelle, notre société perdrait une partie importante de son sens ».<br />Le cheikh Abdadayim Abdallah Ousman, président du CNAIT, lui a fait écho en déclarant : « Aux côtés de nos frères des communautés catholique et protestante, nous œuvrons depuis plusieurs années à promouvoir la coexistence pacifique et le respect mutuel. Nous soutenons les actions de l’État visant à renforcer l’unité nationale et à sensibiliser nos concitoyens au fait que nous sommes avant tout des Tchadiens, appelés à vivre ensemble ». <br /><br />Fri, 26 Jun 2026 11:54:39 +0200AMÉRIQUE/VENEZUELA - Le bilan des victimes du double séisme ne cesse de s'alourdir : solidarité et aide de la communauté internationalehttps://www.fides.org/fr/news/77860-AMERIQUE_VENEZUELA_Le_bilan_des_victimes_du_double_seisme_ne_cesse_de_s_alourdir_solidarite_et_aide_de_la_communaute_internationalehttps://www.fides.org/fr/news/77860-AMERIQUE_VENEZUELA_Le_bilan_des_victimes_du_double_seisme_ne_cesse_de_s_alourdir_solidarite_et_aide_de_la_communaute_internationaleCaracas – Le bilan provisoire des victimes du violent séisme d’une magnitude de 7,2 et 7,5 sur l’échelle de Richter qui a frappé le centre du Venezuela et sa capitale Caracas à 18 h 04, heure locale, le 24 juin, fait état de près de cinquante mille personnes portées disparues, 235 morts et plus de 4 300 blessés. De nombreux bâtiments se sont effondrés, notamment à La Guaira, la zone la plus touchée, et à Caracas. Les infrastructures essentielles ont été endommagées : l’aéroport de Maiquetía, le métro, les trains et les écoles ont été fermés. Des hôpitaux, des centres commerciaux et des églises ont été endommagés. Une vague de solidarité s’est immédiatement mise en marche aux quatre coins du monde.<br /> <br />L’Agence d’information salésienne indique que les communications avec les zones les plus proches de l’épicentre sont en grande partie interrompues, ce qui rend les contacts directs extrêmement difficiles. « Dans de nombreuses régions, l’électricité fait toujours défaut ou est instable, tandis que les équipes de secours opèrent dans des conditions difficiles pour atteindre les personnes touchées et évaluer l’ampleur des dégâts. » Le Venezuela est un pays sismiquement actif en raison de sa position entre les plaques tectoniques sud-américaine et caribéenne, avec des failles actives telles que celles de San Sebastián et d’El Pilar. La situation évolue en permanence et les opérations de secours sont en cours. La Congrégation salésienne indique que « selon le dernier rapport du Bureau de planification et de développement de la Province « San Luca » du Venezuela, dont le siège est à Caracas, plusieurs œuvres salésiennes ont subi des dégâts. Les plus touchées sont l’école et l’église « Don Bosco » de Sarria, qui ont subi de graves dommages structurels. D’autres dégâts, bien que moins graves, ont été constatés à Altamira, La Dolorida, Mariches et au lycée « San José ». Malgré la gravité de la situation, les informations reçues à ce jour indiquent que tous les Salésiens de Don Bosco contactés sont sains et saufs et qu’aucune victime n’est à déplorer au sein de la Famille salésienne. Des dégâts structurels considérables ont été constatés à Caracas et à La Guaira, où certains bâtiments se sont complètement effondrés. » Par ailleurs, le tout nouvel inspecteur du Venezuela, le père Jorge Elías Ghazal Mora, a lancé un appel aux dons destinés à l’aide d’urgence et au soutien des premières interventions d’assistance et de reconstruction. « En cette période d’épreuve difficile, vous n’êtes pas seuls », a déclaré le père Fabio Attard, Recteur majeur des Salésiens de Don Bosco. « Nous sommes unis à vous dans la prière et dans une solidarité concrète, en demandant au Seigneur de soutenir les efforts de secours et de reconstruction. »<br /><br />Parmi les nombreux messages de solidarité adressés à la population sinistrée, les Évêques de la Conférence épiscopale de Cuba ont fait part de leur « inquiétude et de leur consternation ». « Nous prions pour vous et avec votre peuple, afin que vous puissiez vous remettre rapidement de cette catastrophe, grâce à la solidarité et à l’engagement de tous », ont déclaré les évêques cubains dans une lettre adressée au président de la Conférence Épiscopale vénézuélienne , Jesús González de Zárate ; à l’Archevêque métropolitain de Caracas, Raúl Biord Castillo ; et au Secrétaire Général de la CEV, José Antonio da Conceição Ferreira.<br /><br />L’Archevêque de Santiago du Chili, le Cardinal Fernando Chomalì, actuellement à Rome pour le consistoire convoqué par le Pape Léon XIV, a annoncé qu’il célébrerait samedi 4 juillet une messe dans la cathédrale de Santiago, « pour le peuple vénézuélien et pour ceux qui ont perdu la vie dans le tremblement de terre. « Cette messe renouvelle notre espoir, nous invite au service et nous rappelle que nous sommes frères et sœurs dans le Christ », a déclaré le Prélat.<br /> <br />Fri, 26 Jun 2026 11:33:51 +0200ASIE/BANGLADESH - Archevêque de Dacca : « Entre pauvreté, émigration et discriminations, les catholiques vivent et témoignent de l’Évangile »https://www.fides.org/fr/news/77858-ASIE_BANGLADESH_Archeveque_de_Dacca_Entre_pauvrete_emigration_et_discriminations_les_catholiques_vivent_et_temoignent_de_l_Evangilehttps://www.fides.org/fr/news/77858-ASIE_BANGLADESH_Archeveque_de_Dacca_Entre_pauvrete_emigration_et_discriminations_les_catholiques_vivent_et_temoignent_de_l_Evangilepar Paolo Affatato<br /><br />Rome – Une Église petite, pauvre mais vivante, soutenue par une foi profonde et caractérisée par une participation active des fidèles. Tel est le portrait de la communauté catholique du Bangladesh brossé par Bejoy Nicephorus D'Cruze OMI, archevêque métropolitain de Dacca qui, en sa qualité de président de la Conférence épiscopale du Bangladesh, a présenté hier au Pape Léon XIV la réalité ecclésiale du pays, à l’occasion de la visite ad limina apostolorum. L’Archevêque confie à l’Agence Fides : « Ce fut une rencontre très encourageante pour nous. Nous avons parlé au Pape Léon de la vie de l’Église au Bangladesh et nous lui avons demandé de venir nous rendre visite, si Dieu le veut. »<br /><br />Dans un pays à large majorité musulmane, comptant environ 170 millions d’habitants, les chrétiens représentent moins de 1 % de la population. « Nous sommes une très petite minorité », observe le Prélat lors d’un entretien avec Fides. Les catholiques sont environ 433 000, soit 0,3 % de la population nationale. Bien que numériquement réduite, l’Église catholique au Bangladesh dispose d’un réseau pastoral étendu et apprécié. Plus de 400 prêtres, plus de 1 200 religieux et religieuses et 153 séminaristes majeurs œuvrent dans le pays, tandis que plus de 800 catéchistes jouent un rôle fondamental dans l’animation des communautés locales, en particulier dans les villages les plus reculés.<br /> <br />« Le Bangladesh est un pays encore pauvre qui cherche à se développer, et l’Église est elle aussi pauvre, mais nous continuons à être aux côtés des pauvres et à œuvrer pour eux », affirme l’Archevêque. Une grande partie des catholiques bangladais appartient en effet aux communautés autochtones et tribales présentes dans différentes régions du pays, tandis que d’autres font partie de groupes socialement vulnérables comme les dalits. « La majorité de nos fidèles est pauvre, même si certains appartiennent à la classe moyenne », affirme l’Archevêque. Malgré des ressources limitées – explique Mgr D’Cruze –, l’Église continue de mener une vaste action pastorale et sociale à travers des écoles, des établissements de santé, des activités caritatives et des programmes de développement promus par Caritas. Les institutions catholiques gèrent plus de 700 établissements d’enseignement, parmi lesquels des écoles primaires, secondaires, des instituts techniques et professionnels, 13 collèges et une université catholique, la Notre Dame University Bangladesh. « Des milliers d’étudiants musulmans, hindous, bouddhistes et chrétiens fréquentent chaque année ces établissements, considérés parmi les plus réputés du pays », souligne l’Archevêque. Parallèlement à son action éducative, l’Église est présente dans le domaine de la santé et de l’aide sociale à travers des hôpitaux, des dispensaires, des centres de santé et des programmes de développement communautaire répartis dans les zones urbaines et rurales. Caritas Bangladesh joue un rôle central, rappelle-t-il : elle intervient dans les diocèses avec plus de 80 programmes dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, de la lutte contre la pauvreté, de la réponse aux situations d’urgence et du développement des communautés locales, touchant environ 1,6 million de bénéficiaires.<br /><br />« L’une des conséquences directes et douloureuses de la pauvreté – souligne l’Archevêque – est l’émigration des jeunes » : « En raison des conditions économiques précaires, de l’incertitude quant à l’avenir et du manque d’opportunités professionnelles, les jeunes Bangladais souhaitent quitter le pays et, dès qu’ils le peuvent, ils émigrent ». Dans le diocèse de Dacca, ce phénomène est particulièrement marqué : « Beaucoup souhaitent partir à l’étranger pour poursuivre des études supérieures, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie ou en Europe. Les familles investissent dans l’éducation de leurs enfants, mais souvent, ceux-ci ne reviennent plus dans leur pays d’origine. Ainsi, le pays perd une grande partie de ses meilleures ressources humaines, nous perdons nos meilleurs cerveaux ». L’un des problèmes sociaux urgents qui touchent le Bangladesh est lié au phénomène migratoire : la traite des êtres humains. « C’est un problème très grave », dénonce l’Archevêque. « De nombreux intermédiaires promettent aux jeunes un emploi et une vie meilleure à l’étranger, mais il s’agit souvent d’un piège ». La pauvreté et le chômage rendent de nombreuses personnes particulièrement vulnérables, surtout dans les familles les plus pauvres. Plusieurs organisations catholiques et congrégations religieuses œuvrent à sensibiliser la population, à lutter contre ce phénomène et à le prévenir, mais « dans un pays aussi vaste, notre présence reste très limitée et il est difficile de repérer et d’identifier les agences criminelles ou les trafiquants, qui agissent sous de faux prétextes ».<br /> <br /><br />Le problème de longue date du chômage – et son impact sur l’émigration, avec les conséquences dramatiques évoquées – « doit être abordé au niveau des politiques nationales », affirme l’Archevêque. À ce niveau, l’Archevêque envisage avec un espérance modéré la nouvelle phase institutionnelle que traverse le pays, après les élections de février dernier et la formation du nouveau gouvernement du Parti nationaliste du Bangladesh , dirigé par Tarique Rahman : « Après une période d’instabilité que le pays a traversée, et après la phase de transition du gouvernement par intérim, nous avons aujourd’hui un gouvernement stable et nous espérons un avenir meilleur. Nous entretenons des relations positives avec le nouveau gouvernement et nous nous efforçons d’instaurer un dialogue afin de contribuer au bien commun du pays », note-t-il.<br /><br />La question de la liberté religieuse reste plus complexe. « Le gouvernement affirme qu’il ne souhaite pas nous qualifier de “minorité”, mais que nous sommes des citoyens du Bangladesh, et c’est une approche positive », reconnaît-il. Toutefois, ajoute-t-il, « il existe encore de réelles discriminations entre les citoyens de la majorité musulmane et ceux qui professent d’autres confessions. La Constitution garantit l’égalité des droits à tous, mais dans la pratique sociale et politique, ce n’est pas toujours le cas ». Dans le pays, la liberté de proclamer publiquement l’Évangile est fortement restreinte : « Nous pouvons prêcher dans nos églises, mais pas à l’extérieur. C’est pourquoi nous faisons preuve de prudence et nous nous efforçons de préserver la vie pastorale et celle de nos fidèles. »<br />Dans ce contexte, le dialogue interreligieux, en particulier le dialogue islamo-chrétien, revêt une importance cruciale : « Nos relations avec de nombreux dirigeants religieux musulmans sont constructives. Il y a des musulmans qui nous aident et nous soutiennent », observe Mgr D’Cruze, tout en rappelant la présence de groupes islamistes intégristes dont la propagande pose parfois des problèmes ou se traduit par des actes de violence à l’encontre des non-musulmans, tels que les hindous et les chrétiens. « De plus – observe-t-il avec espoir –, de nombreux responsables politiques, fonctionnaires et dirigeants de confession musulmane, qui ont étudié dans nos écoles, entretiennent des relations positives avec l’Église, sont à l’écoute de nos besoins et nous sont proches. Cela nous donne bon espoir. »<br /><br />Concernant la vie de l’Église, l’Archevêque fait remarquer : « Nous avons besoin de plus d’écoles, mais aussi d’églises et de chapelles dans les villages. Certaines communautés de fidèles ne disposent pas encore d’un lieu de prière adapté ». En ce qui concerne les vocations, en revanche, le tableau est encourageant : « Les vocations à la prêtrise et à la vie consacrée sont encore nombreuses. C’est un signe très positif pour l’avenir de l’Église », observe-t-il. La priorité pastorale reste la formation à la foi. « Nous voulons renforcer la formation chrétienne des fidèles et les aider à vivre unis, en se soutenant mutuellement dans la foi, l’espérance et la charité ». Le rôle des laïcs et des catéchistes reste fondamental, surtout dans les zones rurales : « Les catéchistes jouent un rôle essentiel dans la transmission de la foi, l’accompagnement des communautés et le lien avec le diocèse », rapporte-t-il.<br /> <br />L'Archevêque souligne la vitalité des communautés catholiques du pays : « Nos fidèles sont pratiquants. Plus de 80 % des catholiques assistent régulièrement à la messe dominicale ». De plus, lors des moments importants et des célébrations ecclésiales solennelles, on constate toujours une participation extraordinaire des baptisés : « Pour les fêtes religieuses les plus chères au cœur des fidèles, des milliers d’entre eux se déplacent avec foi et par foi, et lors des principaux pèlerinages, on peut enregistrer des rassemblements de 50 000 fidèles et plus ». La dévotion mariale est particulièrement enracinée, souligne-t-il, tout comme le culte de certains saints tels que saint Antoine de Padoue, très populaire parmi les catholiques bangladais, « qui, au mois de février, se rendent en masse au sanctuaire de saint Antoine à Panjora, dans l’archidiocèse de Dacca, pour le plus grand et le plus ancien pèlerinage catholique du Bangladesh ». L’Archevêque évoque également le pèlerinage, au mois d’octobre, au sanctuaire de Fatima Rani à Baromari, dans le diocèse de Mymensingh, « principal lieu de référence pour la profonde dévotion mariale dans le pays ».<br />Tourné vers l’avenir, l’Archevêque conclut sur une note d’espoir : « Être une minorité au Bangladesh ne signifie pas renoncer au témoignage chrétien. La foi chrétienne peut transformer la vie des gens. La foi en Christ, celle que nous professons et dont nous témoignons, offre aux gens un espoir concret et conduit au salut intégral de l’homme. Nous espérons qu’avec le temps, notre pays progressera dans le respect de la dignité de chaque personne. Nous faisons notre part. »<br />Fri, 26 Jun 2026 11:28:36 +0200Voici comment la Suède se redécouvre, en toute humilité, comme une « terre de mission »https://www.fides.org/fr/news/77857-Voici_comment_la_Suede_se_redecouvre_en_toute_humilite_comme_une_terre_de_missionhttps://www.fides.org/fr/news/77857-Voici_comment_la_Suede_se_redecouvre_en_toute_humilite_comme_une_terre_de_missionpar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Stockholm – La Suède redécouvre tranquillement qu’elle est une terre de mission, y compris ad gentes. C’est ce que constate chaque jour Anna Bieniaszewski Sandberg.<br />Directrice nationale des Œuvres pontificales missionnaires pour les pays nordiques, Anna conjugue une enfance catholique polonaise vécue sous le communisme, son arrivée comme réfugiée dans une Suède sécularisée, ainsi qu’une longue expérience dans le journalisme et la communication diocésaine.<br />Son parcours lui a donné une perception claire et concrète de la rencontre entre foi, culture et politique dans la société suédoise, et de ce que peut signifier la missio ad gentes lorsque son propre pays est lui-même une terre de mission.<br /><br />Où commence votre chemin de foi, et comment êtes-vous arrivée en Suède ?<br /><br />Il commence avec ma naissance et mon baptême à Varsovie pendant la période communiste. L’Église en Pologne était très forte malgré les persécutions ; c’était le lieu où les gens venaient se sentir libres et en sécurité. J’ai grandi dans un environnement très catholique : ma grand-mère m’emmenait à l’église et au catéchisme, et j’ai rejoint un mouvement de jeunesse catholique à l’époque où mon père était emprisonné en raison de son engagement dans le syndicat Solidarność. Cette communauté m’a profondément enracinée dans la foi.<br />Nous sommes ensuite arrivés en Suède en 1984 comme réfugiés politiques – mes parents et moi. Au début, dans le camp de réfugiés, nous recevions régulièrement la visite d’un prêtre et nous vivions une véritable vie ecclésiale communautaire. Mais une fois installés dans notre appartement à Stockholm, le seul contact avec l’Église fut la messe dominicale. J’ai cherché un groupe de jeunes catholiques sans en trouver, et pendant des années j’ai vécu comme une « catholique de l’obligation dominicale » : je participais à la messe le dimanche et aux fêtes d’obligation, mais sans véritable vie communautaire. J’ai étudié le droit, puis le journalisme, et j’ai travaillé pendant quinze ans pour Dagen, un quotidien chrétien œcuménique, en tant que seule catholique de la rédaction. Plus tard, j’ai écrit à Mgr Anders Arborelius pour lui proposer mes services, et j’ai été engagée comme responsable de la communication du diocèse – ce que je considère comme l’étape suivante de mon chemin de foi : servir l’Église de l’intérieur.<br /><br />De votre point de vue, comment décririez-vous la situation ecclésiale et spirituelle en Suède aujourd’hui ?<br /><br />Lorsque je suis arrivée, le catholicisme était presque invisible. Un moment important fut la visite de Jean-Paul II à la fin des années 1980, lorsque les catholiques purent se rassembler publiquement pour la messe. Historiquement, après la Réforme, le catholicisme avait été interdit, et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que les catholiques étrangers ont obtenu le droit de pratiquer leur foi en Suède. Jusqu’en 1951, les catholiques ne pouvaient être ni médecins, ni infirmiers, ni enseignants, et les communautés religieuses étaient interdites. Sainte Élisabeth Hesselblad, première sainte suédoise de l’époque moderne, dut appeler sa première fondation « maison pour dames » parce que les couvents étaient illégaux. Pour beaucoup de Suédois, l’Église catholique était donc quelque chose de très exotique et étrange.<br />Au fil du temps, une culture profondément sécularisée s’est développée. La réponse typique des Suédois à la question « Croyez-vous en Dieu ? » était – et reste souvent – : « Non, mais je crois qu’il y a quelque chose. » Les gens aiment la nature – les forêts et les montagnes – et y ressentent qu’il doit exister « quelque chose de plus grand », sans l’appeler Dieu. En même temps, la Suède est devenue un important pays d’immigration. Environ 20% de la population est aujourd’hui d’origine étrangère, et beaucoup de ces nouveaux arrivants sont croyants : catholiques, chrétiens orthodoxes, musulmans. L’islam est la principale religion minoritaire en Suède et le deuxième groupe religieux après l’Église de Suède . Cela a modifié le paysage : la foi en Dieu n’est plus aussi rare et il devient plus acceptable de dire que l’on croit.<br /><br />Pourtant, vous parlez souvent d’un fort climat antireligieux. D’où vient-il et comment affecte-t-il les catholiques ?<br /><br />Il existe plusieurs niveaux. D’abord, des siècles d’anticatholicisme après la Réforme. Ensuite, au XXe siècle, la montée de la social-démocratie. Grâce à elle, la Suède a construit un État-providence impressionnant : école et repas scolaires gratuits, sécurité sociale, semaine de 40 heures, cinq semaines de congés, forte insistance sur l’égalité. À bien des égards, le souci de la dignité des travailleurs rappelle la doctrine sociale de l’Église.<br />Mais il y avait aussi un fort élément antireligieux. Historiquement, l’Église luthérienne était étroitement liée aux élites locales et aux autorités. Une proche parente suédoise, social-démocrate convaincue et méfiante à l’égard de toute forme de religion, a grandi avec cette perception : dans son village, le pasteur apparaissait comme une figure de pouvoir, non de service. Une autre parente, née hors mariage, fut humiliée et tenue à distance par l’Église. Pour beaucoup de Suédois issus de la classe ouvrière, la religion – en particulier le christianisme – est ainsi devenue synonyme d’injustice sociale et d’humiliation. Marx et Engels, avec leur vision de la religion comme « opium du peuple », ont renforcé cette perception. Tout cela alimente l’idée que les personnes sécularisées seraient en quelque sorte « supérieures » et plus rationnelles que les croyants.<br />Cela a encore des conséquences aujourd’hui. De nombreux catholiques aimeraient être missionnaires dans leur vie quotidienne et sont fiers de leur foi, mais ils craignent les réactions, voire les moqueries. Le discours public peut parfois être hostile à la religion, en particulier au christianisme, encore associé aux croisades, au colonialisme et au pouvoir. Dans le même temps, critiquer ouvertement l’islam est perçu comme du racisme, de sorte que l’hostilité se tourne souvent vers le christianisme. L’une de mes filles, par exemple, a découvert au lycée qu’elle avait plus de points communs, sur le plan religieux, avec des camarades musulmans qu’avec des élèves suédois sécularisés. Certains enseignants étaient ouvertement antireligieux, notamment dans les sciences sociales. Être explicitement opposé à la religion est considéré comme normal et acceptable. Cela rend les jeunes catholiques plus discrets : ils ne disent pas toujours qu’ils sont catholiques pour ne pas être jugés.<br /><br />Vous décrivez les pays nordiques, et la Suède en particulier, comme des terres de mission. Vous parlez même de missio ad gentes : qu’est-ce que cela signifie dans ce contexte ?<br /><br />Traditionnellement, lorsque l’on parle de missio ad gentes, on pense à des pays lointains en Afrique ou en Asie. Mais du point de vue de l’Église, les pays nordiques sont eux-mêmes des pays de mission. Lorsque j’ai commencé à travailler avec Missio, les Œuvres pontificales missionnaires, cela est devenu très clair. Pendant longtemps, Missio existait ici surtout comme une structure de collecte de fonds : par exemple, nous distribuions les bandes de bénédiction de l’Épiphanie commandées en Suisse, et la Journée mondiale des missions se réduisait souvent à une quête. Peu de gens, même dans la curie diocésaine, savaient réellement ce qu’était Missio.<br />Il y a quelques années, la Conférence des évêques nordiques a décidé de relancer Missio et a confié cette tâche à l’évêque d’Islande. Un directeur national a été nommé et des délégués de chaque pays nordique ont été invités en Islande pour une formation. On nous a dit que notre mission serait de promouvoir les missions traditionnelles en Afrique, en Asie, etc. C’est évidemment le cas. Mais il faut aussi reconnaître – et c’est ce que nous avons dit presque immédiatement – que « nous sommes nous-mêmes en terre de mission. Nous avons besoin de missionnaires ici ».<br />La Suède est extrêmement sécularisée, et l’on parle aujourd’hui d’« analphabétisme religieux ». De nombreux enfants et jeunes ne savent pas vraiment qui est Jésus ni pourquoi nous célébrons Noël. Pour eux, le christianisme ressemble à une mythologie lointaine.<br />Oui, nous soutenons avec conviction les missions à l’étranger, y compris dans des contextes très difficiles comme la Mongolie ou d’autres pays asiatiques. Nous recueillons des fonds et promouvons la solidarité sous la direction des Œuvres pontificales missionnaires. Mais en même temps, nous devons redécouvrir notre propre pays comme un champ de mission. L’Évangile, où Jésus envoie les apôtres « dans le monde entier », inclut aussi notre petite « extrémité de la terre » qu’est la Suède.<br /><br />Concrètement, comment vivez-vous cette double dimension de la missio ad gentes – vers l’extérieur et vers l’intérieur ?<br /><br />Pour moi, promouvoir la missio ad gentes signifie deux choses à la fois. D’une part, je présente aux catholiques suédois les besoins de l’Église dans les pays officiellement définis comme territoires de mission, et je les encourage à les soutenir spirituellement et matériellement. D’autre part, je m’appuie sur ces récits pour éveiller ici une conscience missionnaire. Je dis : « La mission n’est pas seulement “là-bas” ; elle est aussi ici, sur ton lieu de travail, dans ton école, dans ton quartier. » Les gens ne sont souvent pas conscients qu’ils sont appelés à être missionnaires dans leur vie quotidienne.<br />L’un des principaux obstacles est la peur. C’est pourquoi nous devons nous soutenir mutuellement, en montrant que rendre témoignage au Christ ne signifie pas exercer un pouvoir, mais servir dans l’humilité. Dans ce sens, avoir un évêque comme le cardinal Anders Arborelius est une grande grâce. Il est très ferme dans son identité catholique tout en étant profondément œcuménique et ouvert au dialogue interreligieux. Les médias et la société voient en lui un homme qui ne cherche pas le pouvoir, mais qui rayonne d’amour et d’humilité. Cela change l’image de l’Église et prépare le terrain pour la mission.<br />Il y a aussi un beau paradoxe : pendant longtemps, les Œuvres pontificales missionnaires ont contribué à envoyer des missionnaires en Afrique, en Asie et ailleurs. Aujourd’hui, les pays occidentaux reçoivent à leur tour des missionnaires. Dans ma paroisse cathédrale à Stockholm, par exemple, nous avons des missionnaires nigérians de la Société Saint-Paul. Sans des prêtres venant d’anciens « pays de mission », plusieurs paroisses suédoises ne pourraient pas fonctionner. C’est l’Église comme un seul grand corps, où les dons circulent : nous avons formé des prêtres envoyés en mission, et maintenant leurs Églises nous envoient des prêtres. C’est une image splendide de la missio ad gentes aujourd’hui, et de la manière dont la Suède redécouvre, très humblement, qu’elle est une terre de mission. <br />Fri, 26 Jun 2026 08:20:09 +0200AFRIQUE/NIGÉRIA - Plus d'un mois de captivité pour 39 élèves et 7 enseignants : l'appel des Évêques d'Ibadanhttps://www.fides.org/fr/news/77855-AFRIQUE_NIGERIA_Plus_d_un_mois_de_captivite_pour_39_eleves_et_7_enseignants_l_appel_des_Eveques_d_Ibadanhttps://www.fides.org/fr/news/77855-AFRIQUE_NIGERIA_Plus_d_un_mois_de_captivite_pour_39_eleves_et_7_enseignants_l_appel_des_Eveques_d_IbadanAbuja – Depuis le 15 mai, 39 élèves et 7 enseignants sont aux mains des bandits qui ont attaqué plusieurs écoles dans la région d’Ahoro-Esinle, dans le district d’Oriire, près d’Ogbomoso, dans l’État d’Oyo, au sud-ouest du Nigeria .<br />Le drame de ces personnes, qui – selon la presse locale – seraient détenues dans des conditions difficiles au sein du parc national d’Old Oyo, a été rappelé par les Évêques de la province ecclésiastique d’Ibadan dans une déclaration où ils expriment leur profonde inquiétude quant à la situation des victimes après plus d’un mois de captivité.<br />« Ces enfants, qui comprennent à peine ce qui leur est arrivé, vivent depuis plus d’un mois dans des conditions extrêmes, sans abri, sans alimentation suffisante et complètement exposés aux intempéries dans la forêt », affirment les Évêques, qui demandent leur libération immédiate et inconditionnelle.<br />Au cours de cet enlèvement de masse, les bandits ont tué trois personnes : un enseignant, un motard et un autre enseignant, qui a ensuite été décapité dans la forêt. Des actes qui, selon les Évêques, « portent atteinte à la sérénité et à l’innocence des populations du sud-ouest du Nigeria, connues pour leur passion pour l’éducation ».<br />« Cela ne devrait absolument pas avoir sa place au Nigeria, et en particulier au sein du peuple yoruba », soulignent-ils.<br />Tout en demandant aux autorités des États et au gouvernement fédéral de garantir une plus grande sécurité aux populations sans défense, les Évêques expriment également leurs doutes quant à la politique de réintégration des soi-disants « bandits repentis ».<br />Selon les Évêques , une telle approche sape la confiance de la population dans le système judiciaire et envoie un mauvais message aux citoyens respectueux de la loi.<br />« La réintégration continue de ces soi-disant criminels repentis au sein des forces de l’ordre et de la société, alors que les victimes d’infractions et leurs familles sont négligées ou traitées avec mépris, entache l’image de la justice », affirment-ils.<br />Les syndicats, les communautés locales et les citoyens ont organisé des manifestations à Ibadan pour réclamer des mesures concrètes.<br />Selon la presse locale, les ravisseurs auraient modifié leurs revendications, exigeant le paiement d’une rançon ou la libération de certains de leurs complices.<br />Les enlèvements massifs d’étudiants ne sont pas une nouveauté au Nigeria, depuis l’enlèvement des élèves de l’école de Chibok en avril 2014. Une lueur d’espoir est venue du jugement rendu le 11 juin par la Haute Cour fédérale d’Abuja, qui a condamné cinq hommes à 25 ans de prison chacun pour l’enlèvement de 230 élèves de l’école primaire et secondaire catholique St. Mary, dans la communauté de Papiri , qui ont par la suite été libérés. <br />Thu, 25 Jun 2026 12:12:39 +0200EUROPE/AUTRICHE - Le père Karl Wallner : « La foi nourrit la volonté d'aider son prochain »https://www.fides.org/fr/news/77854-EUROPE_AUTRICHE_Le_pere_Karl_Wallner_La_foi_nourrit_la_volonte_d_aider_son_prochainhttps://www.fides.org/fr/news/77854-EUROPE_AUTRICHE_Le_pere_Karl_Wallner_La_foi_nourrit_la_volonte_d_aider_son_prochainVienne - « Mon expérience m’a fait comprendre que la collecte de fonds et la croissance de la foi sont, en fin de compte, une seule et même chose, car la foi grandit en même temps que la volonté d’aider les autres ». C’est ainsi que s’exprime le père Karl Wallner, religieux cistercien, qui s’apprête à achever sa mission en tant que directeur des Œuvres Pontificales Missionnaires autrichiennes. En revenant sur ces dix années passées à la tête de la direction nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires, le père Wallner rappelle que, dès le début de son mandat, la dimension spirituelle de Missio Austria était très présente et étroitement liée à la dimension pontificale. Il s’agissait d’accroître la notoriété des OPM auprès des laïcs, ainsi que des prêtres et des religieux et religieuses, tout en travaillant sur certains points clés permettant d’informer de manière efficace et concrète sur l’action menée en faveur des missions.<br /> « Les Autrichiens avaient besoin de connaître les régions dans lesquelles Missio Austria intervient et apporte son aide », commente le père Wallner, qui souligne les progrès importants réalisés en matière de communication au cours de son mandat. Le travail constant sur les médias traditionnels s’est accompagné d’une présence sur les nouveaux médias, de la création d’un studio de télévision où est diffusée quotidiennement la célébration eucharistique, ainsi que de programmes destinés à toutes les tranches d’âge et d’une visibilité considérable sur les réseaux sociaux. Parmi les initiatives les plus réussies figure celle intitulée « Dieu peut », une initiative de prière et de solidarité inspirée de l’exemple de la bienheureuse Pauline Jaricot, fondatrice de l’Œuvre Pontificale de la Propagation de la FFoi et du Rosaire vivant, qui s’appuyait sur la prière, l’information et les dons caritatifs, et dont la béatification en 2022 a été l’occasion de redécouvrir son charisme ; ainsi que celle liée au soutien des séminaires. Chaque donateur prie quotidiennement pour un séminariste et le soutient par une contribution mensuelle.<br />« C’est la conscience de la mission que nous menions qui a joué le rôle principal dans toutes les activités mises en place ces dernières années », explique le père Wallner. Aujourd’hui, Missio Austria soutient chaque année plus de 730 projets pastoraux, médicaux, sociaux et éducatifs dans les régions les plus pauvres du monde. <br />« Personnellement, ces dix dernières années ont été une expérience intense de l’Église universelle. J’ai pu voir les visages de ceux que nous aidons en me rendant dans pas moins de 25 pays, dont le Pakistan, la région amazonienne, la Birmanie et de nombreux pays africains. J’ai eu le privilège de rencontrer le « Pape de la mission », François, à seize reprises, et de faire désormais la connaissance du Pape Léon XIV qui, fort de son expérience de missionnaire, comprend l’importance de la collecte de fonds », raconte le père Wallner. « Le 3 septembre 2025, lorsque nous lui avons offert une moto BMW des « Jesus Bikers » pour qu’il y appose son autographe, il s’est assis dessus devant les caméras. L’image a fait le tour du monde. Par la suite, grâce à la mise en vente de la moto lors d’une vente aux enchères, nous avons récolté 130 000 euros qui nous ont permis de construire plusieurs écoles à Madagascar. »<br />Le Comité exécutif des OPM adresse ses remerciements au père Wallner, auquel succédera à partir du 1er septembre le père Johannes Laichner, par la voix du père Tadeusz Nowak OMI, Secrétaire Général de l’Œuvre Pontificale pour la Propagation de la Foi et actuel coordinateur par intérim des OPM, qui déclare : « Aujourd’hui, nous ne pouvons qu’exprimer notre gratitude sincère au père Wallner qui, au cours de ces dix dernières années, a mené un travail missionnaire infatigable et fructueux, et rendre grâce à Dieu de nous avoir accordé la grâce de pouvoir compter sur sa présence à nos côtés tout au long de ce chemin. »<br /> <br />Thu, 25 Jun 2026 11:22:25 +0200ASIE/INDE - Nouvelles « dispositions d'application » de la loi sur le financement étranger des ONG civiles et religieuseshttps://www.fides.org/fr/news/77853-ASIE_INDE_Nouvelles_dispositions_d_application_de_la_loi_sur_le_financement_etranger_des_ONG_civiles_et_religieuseshttps://www.fides.org/fr/news/77853-ASIE_INDE_Nouvelles_dispositions_d_application_de_la_loi_sur_le_financement_etranger_des_ONG_civiles_et_religieusesNew Delhi - Le ministère indien de l’Intérieur a publié de nouvelles dispositions d’application de la « Foreign Contribution Regulation Act » de 2010, la loi qui réglemente l’entrée de fonds et de dons provenant de l’étranger destinés aux organisations non gouvernementales et aux associations civiles et religieuses opérant en Inde.<br />Ces nouvelles règles, déjà en vigueur et juridiquement contraignantes, renforcent les contrôles et les sanctions à l’encontre des ONG qui ne se conforment pas aux dispositions en vigueur : les organisations s’exposent à de lourdes amendes, au gel immédiat des fonds et au retrait de leur agrément. Le gouvernement indien met parallèlement en œuvre deux instruments juridiques distincts concernant le « tiers secteur » : d’une part, les règlements d’application de la loi existante, modifiés et désormais notifiés par le ministère de l’Intérieur ; d’autre part, un nouveau projet de loi visant à réformer la FCRA, qui devra être approuvé par le Parlement .<br />Selon les nouvelles règles d'application, les organisations demandeuses devront non seulement déclarer l'objectif précis des fonds reçus, mais aussi indiquer précisément les États ou les territoires de l'Union indienne dans lesquels ces fonds seront utilisés. En outre, elles devront s'acquitter de frais supplémentaires pour chaque territoire ou objectif supplémentaire qu'elles souhaiteraient ajouter ultérieurement. Les ONG déjà enregistrées disposeront d'un an pour se conformer aux nouvelles dispositions et communiquer ces informations.<br />Les nouvelles réglementations concernent également spécifiquement les organisations liées aux communautés religieuses. Il y est en effet réaffirmé qu’« aucun fonds provenant de l’étranger ne peut être utilisé à des fins de prosélytisme ni destiné à la conversion religieuse de citoyens indiens ». Les nouvelles dispositions introduisent en outre une liste exhaustive des activités autorisées. Alors qu’auparavant les associations pouvaient s’enregistrer sous une catégorie générique « religieuse », avec les nouvelles règles, le gouvernement a établi une liste détaillée de 105 activités licites. Les organisations seront tenues d’indiquer précisément lesquelles d’entre elles elles entendent financer à l’aide de fonds provenant de l’étranger.<br />Parmi les activités autorisées figurent : la construction, l’entretien et la rénovation de lieux de culte ; l’impression, la numérisation et la traduction de textes sacrés ; l’éducation religieuse de leurs membres, à condition qu’elle ne vise pas la conversion ; la fourniture de services d’assistance aux pèlerins et la gestion de cantines et de logements communautaires ; la protection et la préservation des traditions religieuses autochtones et tribales.<br />Les règlements d’application sont entrés en vigueur le 22 juin 2026 et les ONG sont déjà tenues de s’y conformer. Les associations déjà enregistrées disposent d’un an pour déclarer la liste détaillée de leurs activités selon le nouveau système de classification prévu par les formulaires gouvernementaux.<br />D'autre part, parallèlement, le « projet de loi de 2026 portant modification de la loi sur la réglementation des contributions étrangères », présenté à la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement fédéral, vise quant à lui à réformer et à modifier l'ensemble du dispositif de la loi de 2010. Ce texte confère à l’exécutif des pouvoirs encore plus étendus qu’actuellement, en instituant une « autorité désignée » spécifique chargée de confisquer, d’administrer, d’acquérir de manière définitive, voire de vendre des biens et des biens immobiliers appartenant aux organisations dont la licence FCRA a été révoquée.<br />Le parcours parlementaire de ce projet de loi a suscité de vives controverses et des protestations de la part des partis d’opposition et de nombreuses organisations de la société civile. Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi justifie ce durcissement législatif en invoquant l’article 25 de la Constitution indienne. Bien que la Constitution garantisse la liberté de professer, de pratiquer et de propager sa religion, la Cour suprême de l’Inde a établi, dans un arrêt historique de 1977, que « le droit de propager la religion n’inclut pas le droit de convertir une autre personne ».<br />Alors que les partisans du gouvernement considèrent ces nouvelles mesures comme un outil nécessaire pour endiguer les ingérences et les influences alimentées par des capitaux étrangers, les organisations de la société civile indienne, aux côtés d’associations civiles et de groupes religieux, dénoncent un nouveau durcissement bureaucratique qui risque de limiter considérablement les activités du secteur tertiaire et des organisations engagées dans les domaines social, éducatif et humanitaire.<br /> Thu, 25 Jun 2026 11:16:39 +0200ASIE/INDE - Nomination de l'Évêque auxiliaire de Ranchihttps://www.fides.org/fr/news/77852-ASIE_INDE_Nomination_de_l_Eveque_auxiliaire_de_Ranchihttps://www.fides.org/fr/news/77852-ASIE_INDE_Nomination_de_l_Eveque_auxiliaire_de_RanchiCité du Vatican - Le Saint-Père a nommé Évêque auxiliaire de l’archidiocèse métropolitain de Ranchi le Révérend Anand David Xalxo, jusqu’à présent vicaire général et curé de la cathédrale de ce même archidiocèse, en lui attribuant le siège titulaire de Tinisa en Numidie.<br />Mgr Anand David Xalxo est né le 20 novembre 1975 à Mandar, dans l’Archidiocèse métropolitain de Ranchi. Après avoir fréquenté le petit séminaire Saint-Jean-Vianney à Kolkata, le grand séminaire Saint-Albert et le Saint-Xavier College à Ranchi, il a étudié la théologie au Saint-Albert’s College de Ranchi.<br />Il a été ordonné prêtre le 15 mai 2006 pour ce même archidiocèse métropolitain.<br />Il a occupé les fonctions suivantes et poursuivi des études complémentaires : secrétaire particulier de Son Éminence le cardinal Toppo ; études de troisième cycle en gestion hospitalière au Muller’s Hospital de Mangalore ; directeur adjoint de la CBCI Society for Medical Education, dans le nord de l’Inde ; président du Conseil des prêtres diocésains de l’Inde de l’ancienne région de BIJHAN ; Membre du conseil d’administration du projet « Lieven’s Hospital » de la CBCI, à Mandar ; secrétaire du secrétaire général de la CBCI à Delhi ; responsable des relations publiques ; administrateur de la résidence archiépiscopale de Ranchi ; Curé et vicaire adjoint de la cathédrale Sainte-Marie de Ranchi ; directeur du Centre de développement social de Ranchi ; directeur des séminaristes à Ranchi ; vicaire général de Ranchi .<br /> Wed, 24 Jun 2026 14:35:42 +0200AFRIQUE/RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE - Démission et Succession de l'Évêque de Bangassouhttps://www.fides.org/fr/news/77851-AFRIQUE_REPUBLIQUE_CENTRAFRICAINE_Demission_et_Succession_de_l_Eveque_de_Bangassouhttps://www.fides.org/fr/news/77851-AFRIQUE_REPUBLIQUE_CENTRAFRICAINE_Demission_et_Succession_de_l_Eveque_de_BangassouCité du Vatican - Le Saint-Père a accepté la renonciation au gouvernement pastoral du diocèse de Bangassou présentée par Mgr Juan José Aguirre Muñoz, M.C.C.J. Son successeur est Mgr Aurelio Gazzera, O.C.D., jusqu’à présent Évêque coadjuteur de ce même siège.<br /> Wed, 24 Jun 2026 14:31:56 +0200AFRIQUE/KENYA - « Le vandalisme bénéficie-t-il d’une sanction officielle ? », s’interrogent les Évêques après l’attaque de la cathédrale anglicane de Nairobihttps://www.fides.org/fr/news/77850-AFRIQUE_KENYA_Le_vandalisme_beneficie_t_il_d_une_sanction_officielle_s_interrogent_les_Eveques_apres_l_attaque_de_la_cathedrale_anglicane_de_Nairobihttps://www.fides.org/fr/news/77850-AFRIQUE_KENYA_Le_vandalisme_beneficie_t_il_d_une_sanction_officielle_s_interrogent_les_Eveques_apres_l_attaque_de_la_cathedrale_anglicane_de_NairobiNairobi – « Face à ce qui s’est passé dans la cathédrale de Tous-les-Saints à Nairobi, où une réunion a été interrompue par des voyous qui, avec une immense arrogance, ont même menacé les policiers présents, nous sommes confrontés à un grave danger ! ». C’est ce qu’affirment les Évêques du Kenya dans leur lettre pastorale intitulée « Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance », présentée hier, 23 juin, par Mgr Maurice Muhatia Makumba, Archevêque de Kisumu et président de la Conférence des Évêques catholiques du Kenya.<br />L’incident auquel ils font référence est l’attaque, survenue le 12 juin, contre la cathédrale de la Toussaint de l’Église anglicane du Kenya, à Nairobi, perpétrée par des jeunes non identifiés à moto, lors d’un forum public organisé pour débattre du budget national.<br />Après avoir maîtrisé les forces de sécurité, les assaillants ont fait irruption de force dans l’église ; certains avaient le visage couvert de masques pour dissimuler leur identité. Les voyous ont lancé des grenades lacrymogènes à l’intérieur du bâtiment et tiré des coups de feu, dispersant les personnes présentes ; ils ont ensuite brisé les vitraux de l’église et endommagé les véhicules garés à proximité.<br />La police est finalement intervenue en tirant des coups de semonce.<br />« Nous avons assisté à un incident similaire dans une église lors d’un office religieux il y a quelques mois et, par conséquent, nous condamnons une nouvelle fois ces actes de violence commis à l’intérieur d’un lieu de culte, qui constituent une profanation flagrante d’un lieu sacré et une grave violation des droits constitutionnels à la liberté de réunion, d’association et d’accès à l’information », affirment les Évêques catholiques.<br />L’attaque du 12 juin a également été condamnée par le Conseil national des Églises du Kenya , la plus grande instance de coordination des Églises protestantes et des organisations chrétiennes du Kenya. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le Conseil a qualifié cet incident de « manque de respect flagrant et déplorable envers un lieu de culte ». Sans nommer les responsables, le NCCK a qualifié cette attaque de « soutenue par l’État » et ordonnée par un fonctionnaire du gouvernement.<br />Les Évêques catholiques font également remarquer que de telles formes de violence pourraient avoir des commanditaires politiques. « Nous craignons que l’opinion publique ne s’inquiète de plus en plus de voir le vandalisme bénéficier d’un soutien officiel. Le gouvernement peut-il dissiper ce soupçon dans l’esprit des citoyens ? Existe-t-il une volonté politique de lutter contre la menace du vandalisme ou cela ne relève-t-il pas des intérêts de l’élite politique ? », demandent les Évêques.<br />Le Conseil interreligieux du Kenya a commenté l’attaque en déclarant : « Aucune menace ni aucun acte de violence ne dissuadera les Kenyans d’exercer leurs droits ». Le Conseil a ensuite ajouté : « Nous demandons aux forces de l’ordre de protéger les manifestations pacifiques et de traduire les responsables en justice ».<br />Le Conseil suprême des musulmans du Kenya a lui aussi condamné cette attaque. Dans une déclaration, le Conseil a qualifié l’assaut contre l’église anglicane de « manifestation inacceptable d’intolérance politique » et a demandé que des mesures immédiates soient prises à l’encontre des responsables. <br />Wed, 24 Jun 2026 14:26:59 +0200Les Cardinaux Vesco et Marengo : « À l'école des Actes des Apôtres, dans les déserts du monde »https://www.fides.org/fr/news/77849-Les_Cardinaux_Vesco_et_Marengo_A_l_ecole_des_Actes_des_Apotres_dans_les_deserts_du_mondehttps://www.fides.org/fr/news/77849-Les_Cardinaux_Vesco_et_Marengo_A_l_ecole_des_Actes_des_Apotres_dans_les_deserts_du_mondepar Marie-Lucile Kubacki<br /> <br />Roma - À l’école des Actes des Apôtres, les Cardinaux Jean-Paul Vesco, Archevêque d’Alger, et Giorgio Marengo, Préfet Apostolique d’Oulan-Bator, ont accepté de relire pour Fides leur expérience en Algérie et en Mongolie. Entre désert du Sahara et steppe du Gobi, ils décrivent une mission comprise non comme activisme mais comme présence humble, relationnelle et espérante, appelée à annoncer l’Évangile au cœur de sociétés qui n’ont pas été façonnées par le christianisme.<br /><br />Dans sa lettre aux Cardinaux d’avril, le Pape Léon XIV évoque la « nécessité de relancer » l’exhortation apostolique Evangelii gaudium à propos de la mission de l’Église. Comment le mot « mission » résonne-t-il pour vous ?<br /><br />Cardinal Jean-Paul Vesco: Pour moi, le mot « mission » résonne d’abord comme une question : « Pourquoi sommes-nous là ? Pourquoi restons-nous ? Que voulons-nous vivre ? » Je crois que cette question du « pourquoi » est plus féconde que celle du « comment ». Vivant dans un pays où notre Église est minoritaire et juridiquement limitée, j’ai appris que la mission ne se mesure pas à la quantité de choses que nous faisons, ni à la visibilité de nos initiatives, mais à la vérité de notre présence et à la qualité de notre espérance. Je compare souvent notre Église à une personne handicapée : de l’extérieur, on voit surtout ce qu’elle ne peut pas faire ; mais ce qu’elle fait, elle en connaît le prix. De même, la mission n’est pas une performance, mais une fidélité. L’essentiel ne passe pas d’abord par les mots. Nous prêchons un Messie crucifié par ce que nous sommes, par notre manière d’habiter les relations dans le respect de la foi de l’autre. La mission, pour moi, c’est laisser transparaître notre espérance, souvent de manière discrète, presque fragile…<br /><br />Cardinal Giorgio Marengo: Quand j’entends le mot « mission », surtout à la lumière d’Evangelii gaudium, je pense immédiatement à une relation : celle qui unit Celui qui envoie et celui qui est envoyé. Le substantif « mission » vient du verbe latin mittere, envoyer. Il suppose une relation vivante entre celui qui envoie et celui qui est envoyé. Ce n’est pas : « fais-moi cette commission, va porter ce livre » ; c’est autre chose. La mission se vit à un niveau profond, là où nous nous donnons nous-mêmes ; sinon, nous risquons de rester en surface, de « faire » en négligeant « l’être ». Dans un contexte comme celui de la Mongolie, où l’annonce explicite est réglementée et où l’Église est très petite, la mission prend le visage de la discrétion et de la proximité. Je cite souvent cette remarque d’une catéchiste mongole qui disait un jour : au début, en Mongolie, l’Église n’a pas envoyé des colis de livres, mais des personnes. La mission se vit dans cette présence humble et relationnelle qui permet au Christ de rejoindre les cœurs à travers des médiations humaines très simples.<br /><br />Vous vivez tous deux dans des pays marqués par de grands déserts – Sahara ou Gobi. En quoi cette expérience a-t-elle façonné votre manière de comprendre la mission ?<br /><br />Cardinal Jean-Paul Vesco: En Algérie, la plus grande partie du pays est effectivement un désert. Mais 80% de la population vit dans 20% du territoire : le désert est immense, mais peu de gens y vivent. À mon arrivée au début des années 2000, j’ai vécu un an et demi à Béni-Abbès, là où Charles de Foucauld avait fondé son premier ermitage, afin d’y apprendre l’arabe. D’une certaine manière, c’est lui qui m’a emmené en Algérie. Là-bas, j’ai vraiment fait l’expérience du désert : l’immensité, la rencontre avec les nomades… Je crois que cela a été l’année la plus heureuse de ma vie. C’est mon paradis perdu. Quand j’ai été élu Prieur de la Province dominicaine de France et que j’ai dû rentrer en France en 24 heures, alors que j’étais Vicaire Général du diocèse d’Oran, j’ai traversé une crise existentielle. L’un des signes était que je ne parvenais plus à prier Charles de Foucauld, que j’avais laissé en Algérie : j’avais l’impression de l’avoir perdu. Un jour, à Paris, je suis entré dans l’église Saint-Augustin, précisément là où il s’était converti. En relisant la prière d’abandon, tout s’est apaisé en moi : j’ai compris que je pouvais à nouveau être heureux là où j’étais, à Paris ou ailleurs, avec Charles de Foucauld. Dans le désert, on a besoin d’un guide. J’ai beaucoup marché avec un ami nomade que j’avais du mal à suivre et j’ai compris la différence entre marcher sur les traces de quelqu’un et marcher dans ses pas. Quand j’arrivais à mettre mes pas dans ses pas, c’était complètement différent : j’avais son énergie. Je me suis dit : marcher à la suite du Christ et marcher dans ses pas sont deux choses différentes. Pour moi, la mission, c’est apprendre peu à peu à marcher dans ses pas plutôt que seulement suivre sa trace.<br /><br />Cardinal Giorgio Marengo: Lorsque je suis devenu Évêque, comme l’Église en Mongolie n’est pas encore un diocèse mais une préfecture apostolique, j’ai reçu le titre d’un ancien diocèse qui n’existe plus : Castra Severiana, en Algérie. J’étais heureux d’être lié à cette partie du monde, au désert et à Charles de Foucauld. Je n’ai pas vécu dans le désert, mais j’ai passé quatorze ans dans une région de Mongolie très proche du désert de Gobi, le plus grand désert froid du monde. C’est là que Teilhard de Chardin a mené ses recherches et composé sa méditation « La Messe sur le monde ». J’y suis allé souvent pour des visites et pour explorer. Pour moi, le désert est d’abord l’expérience du vide : l’étendue incalculable de l’espace. Lorsque je me trouve au milieu du désert, je me sens invité à passer à un niveau supérieur, car la rareté des relations fait que chaque chose prend plus de poids. On peut avoir des conversations qu’il est plus difficile d’avoir en ville, parce que chacun s’ouvre davantage. L’immensité et l’intimité sont liées. On perçoit sa petitesse et, paradoxalement, les ombres du matin et du soir sont très longues, parce que le soleil se lève et se couche très bas sur l’horizon. Comme si nous étions appelés à quelque chose de plus grand que ce que nous imaginons. Cela façonne ma manière de comprendre la mission : moins comme une multiplicité d’initiatives que comme quelques relations très denses, dans ce vide qui rend tout plus précieux.<br /><br />Aujourd’hui, vous vivez dans de grandes capitales. En quoi la ville change-t-elle la manière de vivre la mission par rapport au désert ?<br /><br />Cardinal Jean-Paul Vesco: Pour moi, le désert est dans la ville. J’ai expérimenté l’oasis de Béni-Abbès comme un lieu de sociabilité extrêmement fort, où l’on est toujours en relation. À Oran, c’est déjà différent, et plus la ville grandit, plus elle devient un désert pour moi : les gens sont plus isolés, il est plus difficile de rentrer en relation. Être chrétien dans une société musulmane est beaucoup plus facile à Béni-Abbès qu’à Alger. Regardez l’expérience de René Voillaume, fondateur des Petits Frères de Foucauld. Voulant suivre l’exemple de Charles de Foucauld, il se rend à El Abiodh Sidi Cheikh dans le désert et y fonde un monastère. Mais après la guerre, les frères comprennent que le désert est dans la ville, là où se trouvent les pauvretés, et la famille de Foucauld opère un changement complet de spiritualité. La mission, pour nous, consiste alors à habiter ces « déserts urbains », faits de solitude et de pauvreté relationnelle.<br /><br />Cardinal Giorgio Marengo: Pour moi, il est plus facile d’être en relation avec Dieu dans le désert qu’en ville. Cela ne signifie pas que ce soit impossible, mais dans le désert on est aidé par le paysage et le contexte. On est naturellement plus disposé à réfléchir, alors qu’en ville on est distrait. Les villes sont des lieux de grande solitude, mais souvent d’une solitude négative, au milieu de la foule, tandis que dans le désert on peut expérimenter une solitude positive. Oulan-Bator, par exemple, est une ville très congestionnée. Après les années 2000, elle a connu une explosion démographique : la moitié de la population du pays se trouve aujourd’hui dans un espace réduit, tout en continuant à penser de manière nomade. Les défis de la coexistence sont grands. Je suis convaincu qu’il faut des espaces de silence au cœur des villes, des possibilités d’écouter une parole de sagesse. Les monastères bouddhistes disséminés dans la capitale sont pour les gens des lieux de grande réflexion. Dans l’Église, nous souhaitons que nos paroisses soient aussi des lieux de paix et de rencontre avec Dieu et entre nous. C’est, à mon avis, la première vocation des paroisses dans les villes d’aujourd’hui.<br /><br />Dans vos pays, il n’est pas question de prosélytisme, et les Églises vivent avec de fortes contraintes juridiques et culturelles. En quoi ces limites redéfinissent-elles la mission ?<br /><br />Cardinal Jean-Paul Vesco: Quand on me dit : « Vous êtes limités », c’est souvent sur un ton péjoratif qui ne me semble pas juste. Je prends deux exemples. Le premier est celui de la danse classique. Les ballerines donnent l’impression d’avoir un corps sans limite, tout en légèreté, mais c’est au prix d’un travail immense dans un cadre extrêmement contraint. Le deuxième est celui des personnes handicapées que je citais plus tôt. Pour moi, ces deux exemples se rejoignent. Dans ma mission d’évangélisation : y a-t-il une chose essentielle que je ne puisse pas faire en Algérie? Pas grand-chose, au fond ! Nous prêchons par ce que nous sommes et par notre espérance.<br />Cardinal Giorgio Marengo. Je me retrouve dans ce que vous dites. La question de la limite nous aide à rester en contact avec l’essentiel. Parfois, lorsqu’on pense pouvoir tout faire, on risque de se perdre et de s’épuiser dans une multiplicité d’activités. En ce sens, paradoxalement, vivre sa foi dans un contexte de minorité avec davantage de limites extérieures est un exercice vers une plus grande liberté. Cela nous pousse à adhérer à ce qui est vraiment essentiel. La contrainte juridique et culturelle devient une aide indirecte pour aller à ce qui compte vraiment.<br /><br />Mais peut-on encore parler de mission lorsque l’annonce explicite est limitée et que tout doit être vécu avec une grande discrétion ?<br /><br />Cardinal Jean-Paul Vesco: Je ne peux pas réduire la mission à une dialectique explicite/implicite. Ce que je sais, c’est que je parle beaucoup plus de Dieu en Algérie qu’en Europe, parce que les gens m’interrogent beaucoup plus, sans cesse. La question la plus profonde pour moi est celle de la vérité que j’attache à la foi de l’autre. Je pense à la phrase de Pierre Claverie : « Je suis croyant, je crois qu’il y a un Dieu, mais je n’ai pas la prétention de posséder ce Dieu-là… On ne possède pas Dieu. On ne possède pas la vérité et j’ai besoin de la vérité des autres. » Dans mon expérience concrète, discret signifie peu visible, mais aussi respectueux. Notre présence est discrète parce qu’elle respecte la voix de l’autre. La discrétion peut être un marqueur de subtilité, de respect et de réalisme : ne pas poser la question de trop, qui briserait un rapport de confiance à peine esquissé. Je pense à mon premier Noël en Algérie : aucun signe extérieur dans la rue, et pourtant, dans nos communautés, une joie très forte dont beaucoup gardent la nostalgie. Quand je suis rentré en France, je me suis dit : enfin un Noël traditionnel ! Et il me manquait le Noël d’Algérie, qui est incomparable. Souvent, certains nous reprochent de faire des œuvres sociales sans parler du Christ. Nous ne nous l’interdisons pas. J’aime cette phrase de Desmond Tutu : « ma vie est l’évangile que beaucoup de gens liront » Il ne s’agit pas de parler de Lui sans cesse, mais de Le donner à voir par nos vies. Et c’est dans la question qui naît chez l’autre – « pourquoi êtes-vous là ? » – que réside, je crois, une grande force missionnaire.<br /><br />Cardinal Giorgio Marengo: Je connais bien cette citation de Pierre Claverie, que j’admire beaucoup. Chaque année, nous réfléchissons avec les missionnaires au fait que la mission doit être vécue à un niveau profond, en donnant une part de nous-mêmes ; sinon, nous risquons de rester en surface, de « faire » en négligeant « l’être ».
Est-il pertinent de parler de mission quand l’annonce est si limitée ? La réponse est oui, comme l’a expliqué le pape François dans Evangelii gaudium. La mission n’est pas d’abord une action extérieure, mais une présence humble et relationnelle, portée par la joie de l’Évangile. En Occident, il m’est arrivé de constater que l’on accueille volontiers les projets de développement, mais que l’on s’irrite lorsqu’on dit : « Nous sommes ici pour le Christ ». L’important est de revenir à cette relation avec le Christ. Comme le disait l’une de nos catéchistes, Rufina : « L’Église a envoyé des personnes, elle n’a pas envoyé des colis de livres ». Si la mission consistait seulement à diffuser un message, il suffirait d’envoyer un SMS à tout le monde. Mais la mission est bien plus belle : c’est une relation vivante avec le Christ, qui nous prend tels que nous sommes et nous introduit dans une circulation d’amour, de joie et de plénitude.<br /><br />En Europe, la foi a façonné des cathédrales ; en Mongolie, les nomades vivent dans des structures légères comme la yourte . Quelles formes d’Église vous semblent les plus adaptées à la mission aujourd’hui ?<br /><br />Cardinal Jean-Paul Vesco: Je pense à frère Roger Schutz, le fondateur de Taizé. Au début, les frères se réunissaient dans la petite chapelle romane du village. Puis, mystérieusement, des jeunes sont arrivés et un frère architecte a commencé à réaliser une église en béton. Un jour, frère Roger est venu voir les travaux, et il est reparti furieux parce qu’il trouvait qu’on avait figé les choses. Mais quelques semaines avant Pâques, les frères se sont rendu compte que l’église était trop petite. Le frère architecte a dit : « Il n’y a qu’une chose à faire : casser la façade. » Depuis, la structure initiale, en pierre, est demeurée, assortie d’une partie modulable. C’est ce que frère Roger appelait la « dynamique du provisoire ». En Algérie, notre rapport au lieu est particulier : la première évangélisation s’est faite avant saint Augustin, puis il y a eu l’islamisation et la colonisation. La plupart des églises qui ont existé sont en ruine ou sont devenues des mosquées. Nous vivons entre traces de patrimoine et fragilité actuelle. Les deux dynamiques, celle de la pierre et celle de la tente, sont importantes. L’architecture est aussi un moyen d’exister, c’est un pouvoir. Quand on fait une cathédrale, forcément, il y a de l’ego de ceux qui l’ont faite. Et puis il y a de la transcendance, il y a de la beauté, et cette beauté porte la prière. Mais qu’est-ce qui est juste et qu’est-ce qui ne l’est pas ? C’est un discernement constant.<br /><br />Cardinal Giorgio Marengo: Pour les jeunes Églises, il est important de regarder les sociétés où la foi chrétienne a façonné l’art, la musique, l’architecture sacrée. L’un des effets de l’évangélisation est que la rencontre avec le Christ façonne non seulement la vie des individus, mais aussi un style de vie, des choix politiques et artistiques. En même temps, j’apprécie l’idée de « provisoire » et de légèreté, typiques de la culture nomade mongole, avec sa sobriété : ne pas dépenser trop d’argent pour entretenir des bâtiments. Le risque pour nous missionnaires est d’arriver et de construire immédiatement. Nous venons de réalités où l’Église est aussi un lieu physique et nous construisons parfois d’abord des bâtiments, en pensant que la communauté viendra ensuite. En Mongolie, nous sommes 64 missionnaires de 29 nationalités différentes : chacun porte en lui le modèle d’Église de son pays et souhaite parfois le reproduire. Le désir de construire de belles églises naît d’une intention très belle. Mais pour moi, la question reste ouverte : comment articuler la légèreté et le provisoire, très en phase avec la culture mongole, avec la dimension positive et légitime d’un lieu de culte stable ? Nous sommes peut-être appelés à inventer des formes hybrides.<br /><br />Une dernière question : vous vivez tous deux dans des Églises encore naissantes, bien qu’elles soient marquées par une présence ancienne. En quoi l’Église des origines, celle des Actes des Apôtres, peut-elle être une source d’inspiration ?<br /><br />Cardinal Jean-Paul Vesco: Il est vrai que notre ÉglisE ressemble à l’Église du début des Actes des Apôtres et cela nous soutient beaucoup de le constater. Comme l’Église primitive nous aspirons à être un seul cœur et une seule âme, et comme elle, nous sommes traversés par des déchirures, des conflits, des manques de confiance, des jalousies. Comme elle, nous avons régulièrement le sentiment de devoir repartir de zéro et reconstruire, et nous percevons d’une façon beaucoup plus concrète et incarnée les difficultés qui se donnent à entendre tant dans les Actes de Apôtres que dans les lettres de Paul. Comme dans les temps de la toute première Eglise nous nous émerveillons de ce que l’Esprit peut faire dans des vies de façon humainement inexplicable. Et en même temps, nous voyons le Diviseur à l’œuvre au sein de notre communauté. Et parmi le tout petit nombre de chrétiens algériens de notre Eglise, quatre sont décédés ces trois dernières années dont un de nos deux séminaristes reçus comme un don de Dieu. Deux baptisés de Pâques 2025 sont partis au ciel dans les six mois de leur baptême et une autre à été grièvement blessée par un improbable accident domestique deux jours après avoir demandé le baptême. C’est sans doute la grâce des commencements que de vivre en direct ces tribulations du Malin et aussi la force du souffle de l’Esprit. Lors de la visite du Saint Père en avril dernier, j’espérais lui présenter une Algérie riante et baignée de soleil. Au lieu de cela, un déchainement des éléments a mis à mal une partie de que nous avions préparé. J’en ai été blessé jusqu’à ce que je comprenne que loin de l’image de carte postale que j’avais désirée, c’est une petite Eglise au cœur brûlant luttant contre vent et marée qui se donnait à voir en vérité !<br /><br />Cardinal Giorgio Marengo: En Mongolie, nous nous référons souvent aux Actes des Apôtres comme à notre source d’inspiration. Nous y trouvons décrite notre réalité quotidienne, avec ses lumières et ses ombres, et cela nourrit notre confiance et notre espérance. Nous ressentons fortement la responsabilité d’accompagner la première génération de chrétiens, qui a beaucoup à nous donner par la fraîcheur de son adhésion à la foi. En particulier, nous nous intéressons à la dynamique décrite dans les Actes de l’annonce de l’Évangile au monde non juif. Dans ces phases primordiales de l’Église naissante s’est développée la conviction que l’Évangile était pour tous et qu’il fallait donc aussi s’adresser aux peuples non directement liés à l’expérience d’Israël. C’est ce qui nous arrive, à nous aussi, dans la rencontre avec les traditions religieuses de l’Asie. À l’école des Actes, nous nous sentons appelés à « murmurer l’Évangile au cœur de la Mongolie », à travers un témoignage simple et discret qui fleurit dans des relations de fraternité authentique.<br />Wed, 24 Jun 2026 14:21:42 +0200ASIE/MYANMAR - Un Évêque de l’État de Kachin, au cœur du conflit : « Sans l’aide de Dieu, nous ne pouvons rien faire. Je dis aux fidèles : prions davantage »https://www.fides.org/fr/news/77848-ASIE_MYANMAR_Un_Eveque_de_l_Etat_de_Kachin_au_coeur_du_conflit_Sans_l_aide_de_Dieu_nous_ne_pouvons_rien_faire_Je_dis_aux_fideles_prions_davantagehttps://www.fides.org/fr/news/77848-ASIE_MYANMAR_Un_Eveque_de_l_Etat_de_Kachin_au_coeur_du_conflit_Sans_l_aide_de_Dieu_nous_ne_pouvons_rien_faire_Je_dis_aux_fideles_prions_davantagepar Paolo Affatato <br /><br />Myitkyina - « Jésus nous dit dans l’Évangile : “N’ayez pas peur”. C’est ma devise. Dieu nous aidera, quoi qu’il arrive. Dans notre situation, il faut se confier à Dieu. Je dis à mon peuple : prions davantage ». Tel est le témoignage de foi livré à l’Agence Fides par Mgr John Mung Ngawn La Sam, Évêque de Myitkyina, la capitale de l’État de Kachin, un territoire marqué par d’intenses combats liés à la guerre civile qui sévit actuellement au Myanmar. Dans cet État situé au nord du Myanmar, les affrontements se poursuivent entre l’armée et les groupes d’opposition, qui regroupent les Forces de défense du peuple et les groupes armés des minorités ethniques tels que l’Armée pour l’indépendance kachin , et la situation reste extrêmement instable.<br />L’Évêque déclare à Fides que « les gens luttent pour survivre » et que, alors que l’ensemble du système scolaire est fragmenté ou interrompu en raison de la guerre, l’éducation repose également « sur la bonne volonté de nombreuses personnes, telles que les religieuses et les catéchistes qui organisent des cours informels pour les enfants et les adolescents ». « Dans notre situation – poursuit-il –, on vit au jour le jour ; les fidèles ont dû quitter leurs villages et leurs paroisses, ils ont été contraints de fuir, mais dans de nombreux endroits, comme les camps de réfugiés et les campements informels, compte tenu de la persistance d’une vie de déplacés, un certain équilibre s’est presque installé. Autrement dit, les gens se sont presque habitués à cette vie de précarité, qui ne peut toutefois pas être notre avenir », déclare-t-il.<br />« Nous sommes tous las de ce conflit. Des centaines de milliers de personnes déplacées souffrent », raconte-t-il, évoquant le grave impact humanitaire qui touche environ 250 000 personnes dans l’État de Kachin, selon les récentes estimations du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. « Elles sont hébergées dans des camps de réfugiés ou dans de petits campements situés dans des zones boisées où elles se sont rassemblées. Ils vivent tous ensemble : chrétiens et bouddhistes. De temps en temps, je vais leur rendre visite et nous célébrons la messe ensemble. Au cours des mois de 2026, j’ai célébré, au total, pas moins de 900 confirmations d’adolescents âgés de 12 à 15 ans. Ce sont des jeunes qui ont la lumière du Christ dans les yeux et dans le cœur : ils sont notre espoir, leur vie est un grand signe d’espoir », se souvient-il.<br />L’Évêque poursuit : « J’écoute les souffrances des personnes déplacées et je suis ému. Par l’intermédiaire de Karuna, notre Caritas, nous les aidons et leur fournissons des biens de première nécessité. Et je ne dirai qu’une chose : nous devons prier davantage, il n’y a pas d’autre solution. Prier est important, c’est le lien qui nous unit au Seigneur ; demandons-Lui de nous aider et de prendre soin de nous dans cette situation précaire », raconte-t-il. L’Évêque peut encore résider dans la cathédrale de Myitkyina car, selon lui, « il n’y a pas de combats en ville, car Myitkyina est contrôlée par l’armée régulière », mais la tension se fait tout de même sentir.<br />La Sam déclare : « Nous devons avoir la foi et espérer de tout notre cœur. Nous devons croire que l’année prochaine sera meilleure que celle-ci. Nous devons prier davantage, je le répète sans cesse aux fidèles. » « Nous ne pouvons rien faire d’autre qu’attendre et prier. Car sans l’aide de Dieu, nous ne pouvons rien faire. Nous espérons donc pouvoir entamer un processus de réconciliation nationale qui, si Dieu le veut, pourra être mis en œuvre et nous redonnera la paix », conclut-elle.<br />Situé à l’extrême nord du pays, à la frontière avec la Chine et l’Inde, l’État de Kachin est l’un des plus touchés par la guerre civile qui a éclaté après le coup d’État militaire de février 2021. Le conflit dans la région a toutefois des racines plus anciennes : la trêve entre l’armée birmane et la KIA avait déjà volé en éclats en 2011 et le conflit portait également sur le contrôle des ressources naturelles telles que le bois et les mines de jade, dont la région est riche. Capitale de l’État de Kachin, Myitkyina abrite actuellement le quartier général du commandement militaire du nord de l’armée birmane et reste massivement occupée par les forces armées gouvernementales. Dans les zones environnantes, le territoire est le théâtre d’affrontements, de combats, d’embuscades et de bombardements qui frappent les villages, avec de graves répercussions sur la population civile. Dans ce contexte d’urgence humanitaire, l’Église catholique locale représente l’un des rares remparts d’aide, de soutien psychologique, d’éducation, de cohésion sociale et interreligieuse, ainsi que d’accompagnement spirituel des réfugiés.<br />Wed, 24 Jun 2026 14:09:14 +0200Les élections colombiennes révèlent un pays diviséhttps://www.fides.org/fr/news/77847-Les_elections_colombiennes_revelent_un_pays_divisehttps://www.fides.org/fr/news/77847-Les_elections_colombiennes_revelent_un_pays_divisepar Cosimo Graziani<br /><br />Bogotá - En Colombie, le second tour des élections présidentielles a abouti – selon les résultats annoncés sur la base des « résultats préliminaires » – à une victoire du candidat de droite Abelardo de la Espriella. Selon les projections, qui restent à confirmer définitivement, l’avance de M. de la Espriella sur le candidat de la coalition de gauche, Iván Cepeda, soutenu par le président sortant Gustavo Petro, serait inférieure à 1 %. Mais M. de la Espriella a pris l’initiative de présenter d’emblée ce résultat favorable comme acquis, en se proclamant président. Du côté opposé, Cepeda a déclaré vouloir attendre le décompte officiel avant de reconnaître le résultat final et avoir l’intention de contester les résultats dans 27 000 bureaux de vote, soit 27 % du total. Commentant les propos de de la Espriella, le président Petro a déclaré que tant que les résultats officiels ne seraient pas connus, « personne ne peut se proclamer président ». Le taux de participation s’est élevé à 63 %, un record pour ce pays d’Amérique du Sud.<br />La Colombie sort d’un mandat présidentiel de quatre ans marqué par la gauche, une exception par rapport à la tendance du continent sud-américain, où des présidents de droite ont été élus ces dernières années, comme Javier Milei en Argentine. Mais en Colombie, l’après-élection s’annonce différente de celle d’autres pays : si les résultats préliminaires devaient être confirmés – généralement, l’écart avec les chiffres définitifs ne porte que sur quelques décimales –, le nouveau président se retrouverait face à un pays polarisé.<br /><br />Cela risque d’enflammer le débat national, compte tenu des mesures que Mme Espriella souhaiterait faire adopter: son programme s’intitule « Patria Milagro » et prévoit notamment l’interdiction de l’avortement, l’interdiction du mariage pour les couples de même sexe et l’interdiction de l’adoption par ces couples. C’est pourquoi sa victoire est considérée comme un désastre par les communautés LGBTQ+. Mais ce sont ses déclarations générales à l’encontre de ses adversaires politiques qui ont inquiété des pans plus larges de la population : pendant la campagne électorale, elle a notamment déclaré vouloir « éventrer les gens de gauche » si elle venait à prendre le pouvoir. Ses propositions prévoient également de démanteler la « Paz Total », ces politiques de dialogue avec les groupes armés actifs dans le pays que Petro avait engagées pendant sa présidence. L’idée de de la Espriella est de mettre en œuvre un plan de « confrontation de quatre-vingt-dix jours », au cours duquel elle chercherait à s’attaquer à ces groupes armés.<br /> <br />Selon des analystes cités par le quotidien El País, le plan prévoit de les frapper et de s’en prendre également à leurs infrastructures par des actions armées. Il s’agit d’une approche sécuritaire, que le candidat de droite souhaiterait voir déboucher sur la construction de dix nouvelles méga-prisons.<br />Selon une grande partie des analystes, l’échec des politiques menées par Gustavo Petro ces dernières années, qui s’est traduit récemment par des taux élevés de désapprobation de la part de la population, aurait également favorisé le résultat en faveur de De la Espriella. Cepeda, en tant que candidat du président sortant, aurait donc souffert du vote de protestation contre Petro.<br />La Conférence épiscopale colombienne ne s’est pour l’instant pas encore prononcée sur les résultats des élections, bien qu’elle ne soit pas restée silencieuse au cours des semaines précédentes. Le 17 juin, après avoir assisté à Rome à l’audience générale du Pape Léon XIV, les membres de la présidence de la Conférence épiscopale de Colombie — Mgr Francisco Javier Múnera Correa, président de la Conférence épiscopale colombienne ; Mgr Gabriele Ángel Villa Vahos, vice-président ; et Mgr Germán Medina Acosta, Secrétaire Général – avaient adressé un message au peuple colombien, invitant chacun à aborder les élections du 21 juin avec espoir, responsabilité et sérénité, et à continuer à construire des voies de réconciliation, de fraternité et d’harmonie.<br /><br />Le 19 juin, les Évêques ont également organisé une journée de prière en vue des élections. Cette initiative des Évêques a invité tous les participants à prier pour la paix, la réconciliation et le discernement des citoyens, ainsi que pour le renforcement de l'unité nationale, à un moment où, comme l'ont fait remarquer les Évêques, le pays semble littéralement « divisé en deux ».Wed, 24 Jun 2026 14:04:15 +0200Entre néo-messianismes politiques et réalisme augustinien. Chercheurs et analystes revisitent l'enseignement de Léon XIV sur la politique internationale et les enjeux mondiauxhttps://www.fides.org/fr/news/77846-Entre_neo_messianismes_politiques_et_realisme_augustinien_Chercheurs_et_analystes_revisitent_l_enseignement_de_Leon_XIV_sur_la_politique_internationale_et_les_enjeux_mondiauxhttps://www.fides.org/fr/news/77846-Entre_neo_messianismes_politiques_et_realisme_augustinien_Chercheurs_et_analystes_revisitent_l_enseignement_de_Leon_XIV_sur_la_politique_internationale_et_les_enjeux_mondiauxRome – Un an après l’élection du Pape Léon XIV, une conférence publique organisée à l’Université Pontificale Grégorienne a proposé l’une des premières analyses globales de son pontificat sous l’angle de la politique internationale et de la diplomatie du Saint-Siège.<br />Inscrite dans le cadre du « Rome Summer Seminar on Religion and Global Politics » et organisée par l’École Sinderesi sous le patronage du Centre Alberto Hurtado Foi et Culture, cette soirée a allié reconstruction historique et analyse théologico-politique, en évitant tout alignement partisan.<br />En ouvrant la rencontre, Mgr Samuele Sangalli, Secrétaire Adjoint du Dicastère pour l’Évangélisation et Coordinateur de l’École Sinderesi, a rappelé que « un peu plus d’un an après son élection, il semblait particulièrement opportun de s’arrêter pour réfléchir à l’impact du pontificat du Pape Léon XIV dans le contexte de la politique mondiale » et de se demander quelle « forme prend le ministère pétrinien sous le Pape Léon XIV face aux profondes transformations en cours dans la politique internationale ». L’Archevêque a souligné que le Saint-Siège est appelé à exercer « une mission de sauvegarde de ces valeurs humaines et spirituelles fondamentales sans lesquelles la coexistence humaine ne s’améliorera pas et ne sera pas bénéfique pour les générations futures ».<br />Le rapport principal a été confié à l’historien Massimo Faggioli, qui a replacé la première année du Pontificat de Léon XIV dans le contexte d’un ordre international en rapide détérioration. Faggioli a évoqué une série de crises survenues entre janvier et février 2026 – de l’opération militaire au Venezuela aux menaces contre le Groenland et Cuba, suivies d’actions armées contre l’Iran et de la reprise du conflit au Liban – comme le moment où « nous avons assisté à une sorte de second départ » du pontificat face aux questions urgentes mises en avant par l’actualité mondiale.<br />L’analyse s’est concentrée sur l’insistance de Léon XIV sur le multilatéralisme. Citant le discours papal du 9 janvier devant le Corps diplomatique, Faggioli a fait remarquer qu’« une diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus entre toutes les parties est remplacée par une diplomatie fondée sur la force, exercée par des acteurs individuels ou des groupes d’alliés ». Dans cette même allocution, Léon XIV a averti que « le principe qui s’était imposé après la Seconde Guerre mondiale, interdisant aux nations de recourir à la force pour violer les frontières d’autrui, a été complètement compromis » et que la paix est de plus en plus recherchée « par les armes, comme condition pour affirmer sa domination », ce qui constitue une grave menace pour l’État de droit.<br />M. Faggioli a ensuite attiré l’attention sur la visite, apparemment inhabituelle et très brève, du Pape à la Principauté de Monaco. L’orateur a repris une longue citation du Cardinal Pietro Parolin, dans laquelle le Secrétaire d’État a souligné l’importance que le Saint-Siège accorde aux petits États en tant que « gardiens naturels du multilatéralisme ». Selon Parolin, « pour les petits États, l’État de droit n’est pas un fardeau, mais la plus grande garantie de survie et de liberté », et aujourd’hui, l’influence internationale « ne se mesure plus uniquement à l’aune de la force militaire, mais à celle de la crédibilité morale et de la capacité à servir de ponts neutres de réconciliation ». Pour Faggioli, c’est précisément cette mise en avant qui fait apparaître ce qui aurait pu passer pour une visite de protocole comme un geste programmatique en faveur d’une « Pax Vaticana » distincte tant de l’ancienne « Pax Romana » que de la moderne « Pax Americana ».<br />La conférence s’est également penchée sur la première encyclique de Léon XIV, *Magnifica Humanitas*, consacrée à l’intelligence artificielle. Faggioli a souligné que cette encyclique avait été très bien accueillie, y compris par des « interlocuteurs inhabituels pour l’Église catholique », et que tout le monde avait pu constater que le Saint-Siège « fait entendre sa voix dans cette course à l’IA, qui est avant tout une course entre les États-Unis et la Chine ». Dans le même temps, Faggioli a suggéré que le texte révèle « une certaine solitude du Saint-Siège face à des questions qui, autrefois, auraient été prises en charge par les partis internationalistes ou socialistes », au point que, « de manière tout à fait singulière, l’Église catholique, de par sa nature internationale, est véritablement la dernière “Internationale” ».<br />D’un point de vue européen, Faggioli a présenté le récent voyage de Léon XIV en Espagne et son discours devant les Cortes comme une sorte de « grande ouverture » du Pontificat vers le continent, avec « de nombreuses références au discours de Benoît XVI devant le Bundestag », à un moment où l’Europe peut se sentir « orpheline ou, pire encore, menacée par son allié de toujours, les États-Unis ».<br />Au cours du débat animé qui a suivi, auquel ont également pris part le professeur Michael Driessen, de l’Université John Cabot, et la docteure Antonella Piccinin, de l’Université Notre Dame, le politologue Fabio Petito a replacé l’encyclique "Magnifica Humanitas" dans le cadre d’une recherche plus large d’un « nouveau multilatéralisme ». Selon lui, ce document indique que le Saint-Siège entend « accorder une place prépondérante à une réarticulation de la dignité humaine dans la gouvernance mondiale du monde à venir ». Il a suggéré qu’un futur ordre mondial à la fois juste et pacifique devra dépasser un simple « équilibre des pouvoirs » entre les grands États et se fonder plutôt sur un ius gentium renouvelé, « un nouveau ius gentium interculturel », capable d’intégrer les perspectives des civilisations émergentes et des traditions religieuses.<br />Un autre intervenant, le professeur Adrian Pabst, a mis en lumière les fondements théologiques de l’approche de Léon XIV, en opposant un « réalisme » séculier, qui présuppose un état de nature violent, au réalisme lié à l’expérience augustinienne de l’histoire. Pour Augustin et pour Léon XIV, a-t-il affirmé, le réalisme consiste à « chercher comment transformer la cité terrestre de plus en plus à l’image de la Cité de Dieu », guidés par l’ordo amoris, l’« ordre de l’amour ». Dans cette perspective, les structures politiques et juridiques sont appelées à être imprégnées de charité : « le réalisme que le Pape Léon XIV, comme ses prédécesseurs, propose est un ordre qui ne repose pas sur le pouvoir, ni uniquement sur le droit, mais en réalité sur l’amour ».<br />Les participants ont soulevé des questions concernant les récentes déclarations du Pape sur l’inadéquation des catégories traditionnelles de « guerre juste », sur sa promotion constante de la non-violence et du désarmement, ainsi que sur sa volonté, exprimée à maintes reprises, d’offrir le Saint-Siège comme lieu neutre de dialogue dans les conflits en cours. Sans entrer dans des polémiques politiques, plusieurs interventions ont souligné que ces initiatives supposent à la fois une position morale claire et une neutralité diplomatique patiente, conformément à la tradition de la diplomatie vaticane.<br />En conclusion de la soirée, Faggioli a suggéré que la première année du Pontificat de Léon XIV avait déjà laissé entrevoir « un idéal de ce que j’appellerais une Pax Vaticana », ancré dans le multilatéralisme, l’État de droit et une lecture explicitement théologique de la politique. Dans le même temps, il a averti que « nous sommes véritablement entrés dans une nouvelle ère, dans une nouvelle époque », marquée par la résurgence des « messianismes politiques » et de nouvelles formes de nationalisme religieux. Dans ce contexte, a-t-il ajouté, « l’ignorance est la dernière chose qui puisse nous sauver – l’ignorance de la théologie, de ce qu’elle signifie, et ainsi de suite ». C’est aussi pour cette raison que les initiatives d’étude et de dialogue entre la foi et la politique mondiale restent importantes. <br />. <br />Tue, 23 Jun 2026 14:49:36 +0200AFRIQUE/SOUDAN - Mgr Kussala : « Le meurtre du père Youhanna Al-Amin est une blessure pour toute l’Église »https://www.fides.org/fr/news/77845-AFRIQUE_SOUDAN_Mgr_Kussala_Le_meurtre_du_pere_Youhanna_Al_Amin_est_une_blessure_pour_toute_l_Eglisehttps://www.fides.org/fr/news/77845-AFRIQUE_SOUDAN_Mgr_Kussala_Le_meurtre_du_pere_Youhanna_Al_Amin_est_une_blessure_pour_toute_l_EgliseKhartoum – « La mort violente d’un prêtre alors qu’il servait fidèlement le peuple de Dieu est une tragédie qui touche le cœur même de l’Église », affirme Mgr Eduardo Hiiboro Kussala, Évêque de Tombura-Yambio, au Soudan du Sud, dans son message de condoléances à la suite du décès du père Youhanna Al-Amin, assassiné le 19 juin à Kauda, dans les montagnes de Nuba .<br /><br />« Le père Youhanna n’était pas simplement un curé », affirme Mgr Kussala. « C’était un pasteur, un serviteur de l’espérance, un messager de paix et un témoin de l’Évangile. Sa perte est une blessure douloureuse pour le diocèse d’El Obeid, pour l’Église au Soudan et pour nous tous qui croyons en la dignité sacrée de toute vie humaine ».<br /><br />« En tant qu’Évêques du Soudan et du Soudan du Sud, unis au sein de la Conférence Épiscopale catholique du Soudan et du Soudan du Sud, nous sommes solidaires du diocèse d’El Obeid et de tous ceux qui pleurent la disparition du père Youhanna Al-Amin », poursuit Mgr Kussala.<br /><br />L’Évêque de Tombura-Yambio souligne que l’assassinat du père Youhanna « nous rappelle les immenses sacrifices que les prêtres, les religieux, les catéchistes et les fidèles laïcs continuent d’accomplir dans des régions marquées par les conflits et l’insécurité ». « Cela nous rappelle également que la mission de l’Église s’accomplit souvent dans des circonstances difficiles, où les serviteurs de Dieu restent proches de leur peuple malgré les dangers et les incertitudes ». C’est pourquoi, écrit Mgr Kussala, « le témoignage du père Youhanna témoigne avec éloquence de son dévouement pastoral, de son courage et de sa fidélité au Christ et à son peuple ».<br /><br />Évoquant la situation complexe des monts Nuba, où le prêtre œuvrait depuis des décennies et où il a été assassiné, Mgr Kussala souligne que « l’Église est restée aux côtés de la population des monts Nuba tout au long de ses nombreuses épreuves ». « Sa mission a toujours été d’accompagner ceux qui souffrent, de panser les blessures, de promouvoir la réconciliation, de défendre la dignité humaine et de proclamer l’espérance. Même dans les moments les plus sombres, l’Église continue d’être un signe que Dieu n’a pas abandonné son peuple ». <br />Tue, 23 Jun 2026 14:38:25 +0200AMÉRIQUE/COLOMBIE - Coup d'envoi de la IXe édition du Congrès missionnaire destiné aux enfants et aux adolescents, avec plus de 1 000 participants attendushttps://www.fides.org/fr/news/77844-AMERIQUE_COLOMBIE_Coup_d_envoi_de_la_IXe_edition_du_Congres_missionnaire_destine_aux_enfants_et_aux_adolescents_avec_plus_de_1_000_participants_attendushttps://www.fides.org/fr/news/77844-AMERIQUE_COLOMBIE_Coup_d_envoi_de_la_IXe_edition_du_Congres_missionnaire_destine_aux_enfants_et_aux_adolescents_avec_plus_de_1_000_participants_attendusBogotá - Du 25 au 28 juin, la ville colombienne de Valledupar sera « envahie » par des enfants et des adolescents venus de tout le pays pour une grande célébration de la foi, de la communion et de la mission. « Avec Jésus en mission, dans le monde avec le tambour, la guacharaca et l’accordéon » : telle est la devise de la IXe édition du CONIAM, le Congrès national de l’enfance et de l’adolescence missionnaires, dont le thème est « Unis au Cœur de Jésus, proclamons au monde la joie de l’Évangile ».<br />Plus de 1 000 participants sont attendus, parmi lesquels des garçons, des filles, des adolescents et des animateurs qui, inspirés par les paroles de Jésus : « Que tous soient un et que le monde croie » , vivront des journées de formation, de spiritualité, de célébration, d’échanges culturels et d’activités missionnaires, favorisant ainsi la communion entre les Églises particulières de Colombie et renforçant le charisme de l’Œuvre Pontificale de l’Enfance et de l’Adolescence Missionnaires.<br />Le Congrès, organisé par les OPM colombiennes en collaboration avec le diocèse de Valledupar et la Conférence épiscopale colombienne, verra également la participation d’Évêques, de directeurs diocésains des OPM et de responsables de la pastorale missionnaire.<br />Le choix de Valledupar comme lieu d'accueil du congrès permet d'allier le riche patrimoine culturel des Caraïbes colombiennes à la joie évangélisatrice des enfants et adolescents missionnaires. Le genre musical « vallenato », incarné par la caja , la guacharaca et l'accordéon, devient l'image de la proclamation joyeuse de l'Évangile que les participants souhaitent apporter à tous les peuples.<br />« Par cette rencontre – peut-on lire dans un communiqué de presse diffusé par les OPM colombiennes –, l’Église en Colombie réaffirme son engagement à former de nouvelles générations de disciples missionnaires qui, à partir de leur propre réalité et de leur richesse culturelle, contribuent à construire une Église toujours plus synodale, évangélisatrice et ouverte à la mission universelle. »<br /> <br /><br /><br /><br/><strong>Link correlati</strong> :<a href="https://www.fides.org/it/attachments/view/file/LOCANDINA.jpg http://www.fides.org/it/attachments/view/file/MANIFESTO.jpg">AFFICHE MANIFESTE</a>Tue, 23 Jun 2026 14:31:25 +0200