Fides News - French (Standard)https://www.fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.ASIE/PAKISTAN - Face à la crise de l'éducation, « nous nous engageons en faveur de l'éducation et de la formation professionnelle des jeunes », déclare Mgr Arshadhttps://www.fides.org/fr/news/77697-ASIE_PAKISTAN_Face_a_la_crise_de_l_education_nous_nous_engageons_en_faveur_de_l_education_et_de_la_formation_professionnelle_des_jeunes_declare_Mgr_Arshadhttps://www.fides.org/fr/news/77697-ASIE_PAKISTAN_Face_a_la_crise_de_l_education_nous_nous_engageons_en_faveur_de_l_education_et_de_la_formation_professionnelle_des_jeunes_declare_Mgr_ArshadIslamabad - « Au cours de mon ministère pastoral, d’abord à Faisalabad puis à Islamabad, j’ai compris qu’au Pakistan, nous devons nous concentrer sur les jeunes, car ils représentent 60 % de la population pakistanaise. Au sein de la communauté chrétienne également, les jeunes constituent une part importante, environ 60 %. Mais environ 80 % d’entre eux sont analphabètes, ce qui constitue une véritable urgence éducative » : c’est ce qu’affirme, dans un entretien avec l’Agence Fides, Mgr Joseph Arshad, à la tête du diocèse d’Islamabad-Rawalpindi, à l’issue de la visite ad limina des Évêques du Pakistan.<br /> « En tant que pasteur du diocèse d’Islamabad-Rawalpindi, raconte-t-il à Fides, j’ai visité toutes les paroisses et rencontré les jeunes. En nouant des liens avec eux, ils ont commencé à exprimer leurs besoins, notamment en matière d’éducation et d’orientation professionnelle, mais aussi de cours bibliques et d’initiatives sportives ».<br />Conscients de ce besoin, « nous avons lancé des initiatives dans le domaine de l'éducation. Les jeunes ont besoin d'éducation et d'emploi : deux éléments fondamentaux pour notre communauté qui souffre de la pauvreté et de la marginalisation », explique l'Archevêque. <br />« Nous avons donc commencé à nous engager pour que les membres de nos communautés puissent accéder à un enseignement supérieur adéquat et postuler à des emplois dans les administrations gouvernementales et la fonction publique. C'est pourquoi nous avons mis en place des cours du Central Superior Services dans le diocèse. Il s'agit de cours de préparation permettant, après avoir réussi un examen d'État, d'accéder à des emplois dans les administrations publiques et les services gouvernementaux. À Islamabad, poursuit-il, nous les avons lancés il y a environ cinq ans, avec de bons résultats ».<br />« De plus, explique l’Archevêque, il fallait penser aux jeunes qui ont besoin d’une éducation mais qui viennent de régions reculées. En effet, le diocèse d’Islamabad-Rawalpindi, qui compte 250 000 fidèles catholiques, est l’un des plus vastes du Pakistan : il s’étend jusqu’en Afghanistan, dans les régions du Cachemire et jusqu’au centre du Pendjab, des zones très différentes les unes des autres. Nous avons donc ouvert un internat à Rawalpindi pour les étudiants universitaires, qui accueille des étudiants de toutes les régions du diocèse, leur donnant ainsi la possibilité de vivre en ville et de fréquenter l’université ».<br />« Il est également important que ces jeunes qui n’ont pas accès à l’enseignement supérieur acquièrent des compétences professionnelles ; c’est pourquoi, d’autre part, nous essayons d’être présents et d’apporter notre contribution dans le domaine de la formation professionnelle », rapporte-t-il.<br />Les catholiques, bien qu’ils vivent dans des conditions défavorisées, « ont une foi forte et vivante », note-t-il. « Nous devons toutefois insister sur la formation des prêtres, des religieux et des laïcs et, en particulier, promouvoir la participation des laïcs à la vie de l’Église. » « Dans le plan pastoral diocésain – élaboré avec la contribution de tous, souligne-t-il – nous avons pour objectif d’être une communauté active et fidèle, capable de diffuser la Bonne Nouvelle. »<br />« La communauté chrétienne au Pakistan – note l’Archevêque – est petite et composée de personnes sans voix, qui occupent une position de faiblesse dans la société. C’est une communauté faible, pauvre et marginalisée. La dynamique que l’on observe dans la société est la suivante : les riches sont puissants et les pauvres sont impuissants. C’est pourquoi les pauvres continuent d’être victimes de discrimination. Cette mentalité est également à l’origine de phénomènes tels que les accusations de blasphème, souvent fausses, ou encore l’enlèvement et la conversion forcée à l’islam de jeunes filles chrétiennes ou issues d’autres communautés non musulmanes. À la base, il y a une mentalité selon laquelle les personnes ne sont pas toutes égales ; nous nous opposons à cette mentalité, en nous référant à la Constitution et au principe de la protection de la dignité de chaque personne ».<br />« Malgré les défis et les difficultés – conclut-il –, je suis très confiant quant à l’avenir de l’Église au Pakistan, car les gens sont forts dans la foi, ils ne vacillent pas ». À l’issue de la visite ad limina, dit-il, « cela a été très encourageant pour nous de rencontrer le Pape et de nous sentir partie intégrante de l’Église universelle. Nous sommes une petite communauté jeune qui a besoin de soutien. Et nous espérons qu’après la visite historique de Jean-Paul II, le Pape Léon pourra venir au Pakistan pour renforcer notre foi et notre espérance ».<br /> <br /> Mon, 18 May 2026 17:32:14 +0200AFRIQUE/ZIMBABWE - Les Évêques réaffirment leur opposition à la proposition d'amendement de la Constitutionhttps://www.fides.org/fr/news/77696-AFRIQUE_ZIMBABWE_Les_Eveques_reaffirment_leur_opposition_a_la_proposition_d_amendement_de_la_Constitutionhttps://www.fides.org/fr/news/77696-AFRIQUE_ZIMBABWE_Les_Eveques_reaffirment_leur_opposition_a_la_proposition_d_amendement_de_la_ConstitutionHarare – Les Évêques du Zimbabwe se disent « profondément préoccupés » par le fait que la révision proposée de la Constitution « porte atteinte aux principes constitutionnels fondamentaux, affaiblit l'indépendance institutionnelle, réduit la participation démocratique directe et sape les garanties constitutionnelles contre la concentration et l'abus de pouvoir ».<br />En conséquence, ils exhortent « respectueusement le Parlement à rejeter les dispositions du projet de loi qui sont incompatibles avec la démocratie constitutionnelle, la souveraineté du peuple et la stabilité et l’intégrité à long terme de l’ordre constitutionnel du Zimbabwe ».<br />La prise de position des membres de la Conférence épiscopale catholique du Zimbabwe a été exprimée dans une déclaration détaillée signée par le président et le vice-président, respectivement Mgr Raymond Mupandasekwa, Évêque de Masvingo et administrateur de Chinhoyi, et Mgr Rudolf Nyandoro, Évêque de Gweru. Dès le mois de mars, la ZCBC avait déjà exprimé son opposition à la proposition de réforme constitutionnelle présentée par la majorité gouvernementale .<br />La note datée du 12 mai réaffirme que « l’Église catholique au Zimbabwe participe au processus constitutionnel non pas en tant qu’acteur politique, mais en tant que voix morale et civique engagée dans la défense de la dignité humaine, du constitutionnalisme, de la participation démocratique, de la justice, de la responsabilité et du bien commun. Les questions constitutionnelles ne sont pas de simples questions juridiques et techniques ; elles façonnent les fondements moraux et institutionnels sur lesquels repose la vie nationale ».<br />D'autres confessions chrétiennes, telles que le Zimbabwe Council of Churches , l’Evangelical Fellowship of Zimbabwe, qui font partie, avec la ZCBC, du Zimbabwe Heads of Christian Denominations , se sont opposées à la révision constitutionnelle ou ont appelé à la prudence en invoquant des objections similaires à celles présentées par les évêques catholiques <br />Le Zimbabwe Indigenous Interdenominational Council of Churches , qui représente les confessions apostoliques, pentecôtistes, évangéliques et indigènes , est quant à lui d’un tout autre avis et a fermement soutenu le projet de loi. Le ZIICC a présenté des pétitions affirmant que la réforme de la Constitution favorise la stabilité gouvernementale, la continuité des politiques du gouvernement et le développement national, et qu'elle s'aligne sur des principes bibliques tels que les cycles de sept ans.<br />L'amendement proposé prévoit notamment de remplacer l'élection directe du président par le suffrage universel par une élection par une séance conjointe du Parlement ; de prolonger la durée du mandat du président, du Parlement et des collectivités locales de 5 à 7 ans ; de permettre au président de nommer 10 sénateurs supplémentaires. <br /><br />Mon, 18 May 2026 17:28:45 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - Évêque de Tombura Yambio : « Que les dirigeants, les Églises, les jeunes, les femmes, les intellectuels, la société civile et les familles deviennent des ponts vers la guérison et la paix »https://www.fides.org/fr/news/77695-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Eveque_de_Tombura_Yambio_Que_les_dirigeants_les_Eglises_les_jeunes_les_femmes_les_intellectuels_la_societe_civile_et_les_familles_deviennent_des_ponts_vers_la_guerison_et_la_paixhttps://www.fides.org/fr/news/77695-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Eveque_de_Tombura_Yambio_Que_les_dirigeants_les_Eglises_les_jeunes_les_femmes_les_intellectuels_la_societe_civile_et_les_familles_deviennent_des_ponts_vers_la_guerison_et_la_paixTombura Yambio – « L'Équatoria occidental n'était pas seulement connu comme le grenier du Soudan du Sud, mais aussi comme un havre de coexistence pacifique, le cœur vert du Soudan du Sud, le jardin de l'hospitalité, la patrie du dialogue, la terre du travail acharné, le sanctuaire de la dignité humaine ». C'est ce qu'écrit l'Évêque du comté de Tombura Yambio, Eduardo Hiiboro Kussala, s'adressant aux autorités, aux chefs religieux et à l'ensemble de la population. Le mois de mai revêt en effet une importance particulière dans tout le Soudan du Sud en raison de la fête nationale, au cours de laquelle se tiennent des événements commémoratifs et des rassemblements communautaires pour honorer l'histoire de l'indépendance.<br /><br />« Cependant, au fil des ans, de douloureux défis se sont immiscés dans notre société », poursuit Mgr Hiiboro. « La violence, l’instabilité politique, les difficultés économiques, l’insécurité, les déplacements de population, la méfiance et les divisions ont déchiré notre tissu social. Plusieurs régions de notre cher État, des attaques de l’Armée de résistance du Seigneur aux conflits de Mundri, Maridi, Yambio, Ezo et Tombura , ont connu la douleur, la peur, les déplacements et la souffrance. Pourtant, après toutes ces années douloureuses, une vérité est devenue très claire : la violence n’a pas guéri nos communautés. La haine n’a pas rétabli la confiance. La vengeance n’a pas apporté la paix. »<br /><br />« La véritable paix naît du dialogue. C’est pourquoi je m’adresse aujourd’hui à tout notre peuple : faisons revivre la culture du dialogue respectueux, de la réconciliation et de l’unité. Que les dirigeants s’adressent avec sincérité aux communautés. Que les responsables, les Églises, les jeunes, les femmes, les intellectuels, la société civile et les familles deviennent des ponts vers la guérison et la paix. Surtout, préservons le caractère sacré de la vie humaine. La vie est un don de Dieu. »<br /><br />En réfléchissant également à l’utilisation abusive des médias, Mgr Hiiboro souligne à quel point une utilisation impulsive peut être néfaste. « Aujourd’hui, un message irréfléchi peut détruire des relations construites au fil des générations », fait remarquer l’Évêque. « Une insulte écrite derrière l’écran d’un téléphone peut semer la haine dans de nombreux cœurs. Les mots sont puissants. Ils peuvent guérir ou détruire, unir ou diviser. Une société devient ce que ses membres sèment continuellement à travers leurs paroles, leurs attitudes et leurs actions. Développons donc un langage qui unifie, empreint de respect, de sagesse, de guérison, d’encouragement et de responsabilité. Que nos paroles protègent les relations au lieu de les détruire. J'invite tout notre peuple à revenir à la prière et à s'accrocher fermement au Christ, le Prince de la Paix. La prière change les attitudes, guérit les souvenirs, atténue l'amertume et renouvelle les communautés.<br /><br />L'Évêque de Tombura Yambio, qui s'est toujours engagé en faveur du dialogue et de la défense des droits de l'homme, conclut son appel en invitant chacun à l'unité et non à la division. « Aux dirigeants politiques : le leadership est un service, pas une source de division. Aux jeunes : utilisez votre énergie et votre intelligence pour construire l’avenir à travers l’éducation, l’agriculture, l’innovation, l’entrepreneuriat et la consolidation de la paix. Aux femmes : continuez d’être les gardiennes de la vie, de la guérison et de la réconciliation. Aux chefs traditionnels : redécouvrez la sagesse du dialogue, de la patience et du leadership moral. Aux chefs religieux : continuez à défendre la vérité, la justice, la paix et l’unité sans crainte, sans appréhension ni tribalisme. Et à tout notre peuple : travaillons ensemble pour ramener la paix et le développement en Équatoria occidental, afin que notre État puisse apporter une contribution significative à l’unité et à l’avenir du Soudan du Sud.<br /> <br /> <br />Mon, 18 May 2026 16:05:41 +0200Le Cardinal Tagle au Burundi : une homélie sur la communion et une prière à l'occasion du 75e anniversaire du séminaire Saint-Pierre-Claverhttps://www.fides.org/fr/news/77699-Le_Cardinal_Tagle_au_Burundi_une_homelie_sur_la_communion_et_une_priere_a_l_occasion_du_75e_anniversaire_du_seminaire_Saint_Pierre_Claverhttps://www.fides.org/fr/news/77699-Le_Cardinal_Tagle_au_Burundi_une_homelie_sur_la_communion_et_une_priere_a_l_occasion_du_75e_anniversaire_du_seminaire_Saint_Pierre_ClaverBujumbura - Le Cardinal Luis Antonio Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l'Évangélisation, section chargée de la première évangélisation et des nouvelles Églises particulières, s'est rendu au Burundi samedi 16 mai 2026. Le pourpre philippin a été accueilli avec ferveur à l'aéroport de Bujumbura par une foule de fidèles, de prêtres et de religieux venus lui témoigner leur reconnaissance. L'Archidiocèse de Bujumbura indique sur son site officiel avoir particulièrement mobilisé les paroisses proches de l'aéroport — Buterere, Gatumba et Muramvya — ainsi que celles situées près de la Nonciature Apostolique, afin de réserver un accueil chaleureux à l'envoyé du Saint-Père.<br /><br />Cette visite exceptionnelle avait pour objectif principal de célébrer les 75 ans du Grand Séminaire Saint-Pierre-Claver de Burasira, qui forme depuis 1950 les candidats au sacerdoce ordonné.<br /> <br />Dans une homélie profonde et pastorale, le Cardinal Tagle a médité sur le mystère du Cénacle et ses implications pour la formation sacerdotale, en développant trois piliers spirituels : la communion ecclésiale, la diversité communautaire et la prière.<br /><br />Le message de paix du Pape Léon XIV<br /><br />Dès le début de son homélie, prononcée en français, le Cardinal Tagle s'est fait le porte-parole du message de l'Évêque de Rome : « Le Seigneur ressuscité continue de venir à notre rencontre pour nous adresser cette salutation : « Que la paix soit avec vous. » Sa Sainteté le Pape Léon XIV a fait sien ce salut dès les premiers instants de son Pontificat et m’a chargé de vous le transmettre, accompagné de l’assurance de son affection paternelle. »<br /><br />Il a ensuite justifié cette célébration jubilaire en citant le livre de Tobie : « S'il est bon de garder secret ce qui concerne les rois, il faut révéler les merveilles de Dieu et les célébrer comme elles le méritent. » Il a rendu hommage aux pionniers de l’évangélisation du Burundi et salué les projets de formation en cours, en particulier le grand séminaire propédeutique de Cibitoke et le grand séminaire Mgr Michael Aidan Courtney, en construction à Minago, dans le diocèse de Ruyigi.<br /> <br />Le choix de Minago pour ce projet n'est pas le fruit du hasard : c'est précisément à cet endroit que Mgr Michael Aidan Courtney, alors Nonce Apostolique au Burundi, avait été assassiné le 29 décembre 2003. Un monument commémoratif a été inauguré et béni à Minago par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Vatican, le 14 août 2025, lors de sa visite au Burundi.<br /><br />S'adressant directement aux séminaristes présents, le Cardinal Tagle a rapporté les paroles prononcées par le Pape Léon XIV lors du jubilé des séminaristes dans la basilique Saint-Pierre, le 24 juin 2025 : « Chers séminaristes, la sagesse de la Sainte Église, assistée par le Saint-Esprit, cherche sans cesse, au fil du temps, les moyens les plus adaptés à la formation des ministres ordonnés, selon les besoins de chaque lieu. Dans cet engagement, quelle est votre tâche ? C’est de ne jamais vous contenter de moins, de ne pas vous satisfaire de peu, de ne pas être seulement des récepteurs passifs, mais de vous passionner pour la vie sacerdotale, en vivant le présent et en regardant vers l’avenir avec un cœur prophétique. »<br /><br />Cette exhortation a donné le ton d'une méditation centrée sur le Cénacle, présenté comme modèle du séminaire, lieu d'attente active du Saint-Esprit depuis 75 ans à Burasira.<br /><br />Cum Petro et sub Petro : la communion ecclésiale<br /><br />Le premier pilier développé par le Cardinal Tagle concerne la vie de communion. En méditant sur les Actes des Apôtres, il a rappelé comment les Onze sont restés unis après l’Ascension : « Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, se retrouvent comme seuls face à leur destin.<br />Le Maître qui les avait réunis n’est plus visible physiquement, mais ils sont restés unis entre eux, avant d’être dispersés aux quatre coins du monde pour l’annonce de l’Évangile. »<br /><br />Le Cardinal a insisté sur la primauté de Pierre, citant la promesse du Christ : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. » Il a ensuite développé les implications ecclésiologiques : « Chaque séminaire est un cénacle où l’on apprend à vivre l’expérience de la communion ecclésiale, présidée par le successeur de l’apôtre Pierre. La communion précède, féconde et nourrit la mission. »<br /><br />Reprenant la formule latine « Cum Petro et sub Petro » , le Cardinal a souligné que cette communion suppose « la reconnaissance de la dépendance à l'égard d'une force fondamentale où les disciples puisent leur force et leur inspiration ». Il a également rappelé, en citant l’encyclique Lumen fidei du Pape François, que « le magistère du Pape et des Évêques en communion avec lui n’est pas une chose extérieure ou une limite à la liberté, mais il garantit le contact avec la source originelle de la foi ».<br /><br />Une Église de la diversité<br /><br />Le deuxième pilier évoqué concerne le caractère mixte de la communauté du Cénacle. Le Cardinal Tagle a médité sur la présence de Marie aux côtés des Apôtres : « L’Église n’est pas constituée uniquement d’Apôtres, mais elle comprend aussi des femmes, parmi lesquelles Marie, la mère de Jésus. » Il a décrit Marie comme « une disciple modèle, celle qui a toujours cherché à adhérer à la volonté de Dieu en tout », en restant fidèle à sa réponse à l’ange : « Me voici, je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »<br /><br />Citant Saint Paul, il a ensuite rappelé : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit qui en est la source. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur qui les anime. » Cette ecclésiologie de la complémentarité conduit à une réflexion importante : « La formation des candidats au sacerdoce n’implique pas seulement certains secteurs de l’Église, comme les Évêques et certains prêtres. Chacun des membres de l’Église et chaque catégorie de disciples est concerné par ce qui se passe dans le cénacle de nos séminaires. »<br /><br />Le Cardinal a exhorté les communautés burundaises à soutenir financièrement leurs séminaires, en rappelant la parole du Christ : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »<br /><br />La prière, arme du ministère<br /><br />Le troisième et dernier pilier abordé dans l’homélie du Cardinal Tagle est celui de la prière en tant qu’« activité principale de la communauté du Cénacle ». Le Cardinal Tagle a médité sur l’Évangile selon saint Jean, où Jésus prie : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. » Il a commenté : « La gloire de Jésus n’est donc pas celle du monde, mais celle de la révélation totale et pleine de l’amour de Dieu pour lui et ses frères en humanité. C’est la gloire du scandale de la Croix. »<br /><br />Soulignant que « la prière a été l'arme du ministère de Jésus jusqu'au bout, jusqu'au sommet du Golgotha », il a rappelé que même après la Résurrection, « Jésus est plus que jamais notre intercesseur par excellence auprès du Père ».<br /><br /><br />Saint Pierre Claver, modèle d'abandon à Dieu<br /><br /><br />En conclusion, le Cardinal Tagle a rendu hommage au saint patron du séminaire, saint Pierre Claver, jésuite espagnol né le 26 juin 1580 à Verdú, en Catalogne, et mort le 8 septembre 1654 à Carthagène des Indes, dans l'actuelle Colombie, qui « s'est défini, le 3 avril 1622, comme esclave des Africains pour toujours ». Après avoir terminé ses études de théologie à Bogotá, « il est envoyé à Carthagène, où il est ordonné prêtre en 1616. Il y passe le reste de sa vie au service des esclaves, qui débarquent dans ce port en provenance d’Afrique. Carthagène est l’un des deux ports espagnols désignés pour accueillir les esclaves. Leur nombre est estimé à 10 000 par an à l'époque de Pierre Claver, et ils sont généralement en très mauvais état après ce long voyage. Pierre Claver les attend sur le quai avec des vivres qu'il a mendiés. Accompagné d'anciens esclaves qui lui servent d'interprètes, le jésuite espagnol monte à bord des navires et salue ceux qui se trouvent sur le pont, avant de descendre dans la cale pour soigner les malades. « Il nettoie les blessures, applique des onguents, pose des bandages et leur parle de Dieu », peut-on lire sur le site des jésuites. Pendant 44 ans, Pierre Claver a accueilli les esclaves à leur descente du navire, les a nourris, soignés, habillés, consolés et catéchisés. Il ne manquait pas de visiter les léproseries et de soigner les pestiférés ; c’est d’ailleurs de la peste qu’il est mort lorsque celle-ci s’est abattue sur Carthagène. Le Cardinal a souligné que ce saint « a lui-même subi le rejet et l’incompréhension, non seulement de la part de la société coloniale, mais aussi au sein de son propre ordre religieux », et « nous a laissé un bel exemple de la manière dont on peut vivre les épreuves de la vie ».<br /><br />Un parcours de la passion à la gloire<br /><br />Avant de conclure par une exhortation universelle : « Saint Pierre nous enseigne, dans la deuxième lecture de cette liturgie, que nous devons apprendre à partager les souffrances du Christ pour pouvoir connaître la joie et l’allégresse lorsque sa gloire se révèle. On ne peut atteindre le merveilleux jardin de la résurrection sans passer obligatoirement par celui, étroit et éprouvant, de Gethsémani, qui débouche sur celui, douloureux, du Calvaire. Frères et sœurs, la composition même de la communauté mixte du Cénacle nous enseigne que, hommes et femmes, apôtres ou simples disciples, parents de sang de Jésus, nous sommes tous engagés dans ce cheminement de la passion à la gloire, de la croix à la résurrection, dans un esprit de prière et d’abandon à Dieu. Mais, en particulier, les pasteurs sont tenus d’être des modèles de foi, de charité et de prière au milieu de leurs frères. » Un appel spirituel et ecclésiologique puissant. <br /><br />Mon, 18 May 2026 14:07:24 +0200ASIE/VIETNAM - L’Archevêque Joseph Vu Van Thien : « L’Église au Vietnam, reconnaissante envers les missionnaires et les martyrs, chante son Magnificat »https://www.fides.org/fr/news/77694-ASIE_VIETNAM_L_Archeveque_Joseph_Vu_Van_Thien_L_Eglise_au_Vietnam_reconnaissante_envers_les_missionnaires_et_les_martyrs_chante_son_Magnificathttps://www.fides.org/fr/news/77694-ASIE_VIETNAM_L_Archeveque_Joseph_Vu_Van_Thien_L_Eglise_au_Vietnam_reconnaissante_envers_les_missionnaires_et_les_martyrs_chante_son_Magnificatpar Paolo Affatato<br /><br />Cité du Vatican – Avec 30 000 nouveaux baptisés par an, la communauté catholique au Vietnam témoigne de la vitalité de sa foi « dans le contexte d’une société marquée par de nombreuses complexités et difficultés » : c’est ce qu’affirme, dans un entretien accordé à l’Agence Fides, l’Archevêque de Hanoï, Mgr Joseph Vu Van Thien, vice-président de la Conférence épiscopale du Vietnam, à l’issue de sa visite ad limina apostolorum.<br />L’Archevêque explique que – inspirée par les premiers missionnaires et fortifiée par l’exemple des martyrs – la communauté catholique compte 7,5 millions de fidèles, 7 400 prêtres, 27 000 religieux et religieuses, 2 500 séminaristes en formation et 70 000 jeunes catéchistes.<br /><br />- Mgr Joseph Vu Van Thien, comment décririez-vous la vie de l'Église au Vietnam ?<br /><br />On pourrait dire beaucoup de choses sur les merveilles que le Seigneur a accomplies pour l’Église au Vietnam, en s’inspirant de l’esprit du Magnificat. Je voudrais souligner la vitalité de l’Église, son dynamisme, dans le contexte d’une société marquée par de nombreuses complexités et difficultés. On peut dire que la vie même des fidèles chrétiens est en soi un Magnificat. La vie des chrétiens vietnamiens recèle de nombreuses merveilles.<br />Grâce à cette vitalité, nous avons de nombreuses vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. De nombreux jeunes décident de se consacrer au sacerdoce, à la vie religieuse ou s’engagent dans la pastorale paroissiale.<br />Pour comprendre la raison de cet essor, nous devrions dire qu’il s’agit avant tout d’une œuvre et de la volonté de Dieu ; ensuite, le « secret humain » réside dans la famille, fondement de la foi vécue en famille.<br />Il faut dire que dans les communautés vietnamiennes, le catéchisme commence très tôt : il débute au sein même de la famille, puis, à l’âge de sept ans, les enfants suivent un catéchisme en vue de la première communion et de la confirmation. Le parcours d’initiation chrétienne est généralement très bien organisé, ce qui permet de consolider et d’approfondir la foi chez les enfants et les jeunes.<br />Je voudrais dire, en particulier, que l’un des moyens habituels qui rapproche les jeunes de l’idée du sacerdoce est le service liturgique à l’autel. Les jeunes commencent, par exemple, leur ministère en tant qu’acolytes. Grâce à cette pratique, ils cultivent une foi solide, mais aussi la familiarité et l’habitude de s’approcher de l’autel ; de plus, ils sont encouragés par leur famille : tout commence là.<br /><br />- Pourriez-vous nous donner quelques informations sur la communauté catholique vietnamienne ?<br /><br />L'Église au Vietnam reste encore un « petit troupeau » avec 7,5 millions de fidèles sur 102 millions de Vietnamiens, soit 7,3 % de la population. Elle est organisée en 27 diocèses. Avec environ 75 à 80 % des fidèles pratiquant activement leur foi, l'Église au Vietnam continue de porter des fruits abondants.<br />Selon les données de 2025, nous comptons 7 453 prêtres, diocésains et religieux confondus ; 27 000 religieux et religieuses ; et 2 500 séminaristes en formation, résidant dans onze grands séminaires. Au sein des conseils pastoraux et des associations catholiques, 70 000 jeunes catéchistes exercent leur ministère dans nos paroisses.<br />Je tiens à souligner que notre nation traverse une période historique où la révolution informatique, le progrès scientifique et la croissance économique sont à la fois un don et une tentation, et peuvent éloigner beaucoup de personnes de Dieu. Face à ces difficultés et à ces défis, tant au sein de l’Église que dans la société, en tant que pasteurs, nous nous efforçons de former chaque baptisé à devenir un authentique disciple et un disciple-missionnaire.<br />Chaque année, nous accueillons environ 30 000 nouveaux baptisés ; en 2025, ils étaient environ 33 000. C’est un grand don. Les communautés paroissiales et religieuses entreprennent de nombreuses initiatives et activités pour témoigner et annoncer l’Évangile. Et de nombreux prêtres vietnamiens issus des diocèses et des ordres religieux sont missionnaires dans différents pays.<br /><br />- Quelle est l'opinion que l'on a de l'Église catholique et des catholiques dans la société ?<br /><br />La société vietnamienne est dirigée par le Parti communiste, qui est athée. Les catholiques ne constituent qu’une minorité dans une société majoritairement bouddhiste ou adhérant à des croyances animistes et populaires. D’un côté, la propagande tente de faire croire que le christianisme est « venu de l’étranger », qu’il a été introduit par des étrangers, et qu’il reste donc étranger à notre culture et à notre nation. Ce type de propagande se ressent non seulement dans l’information, mais aussi dans le système éducatif. On tente de lier les premiers missionnaires au colonialisme, en leur donnant une image négative. Il s’agit là d’une erreur historique, mais délibérée. Nous savons que les premiers missionnaires sont arrivés au Vietnam au XVIIe siècle, alors que les Français ne sont arrivés qu’à la fin du XIXe siècle.<br />D’un autre point de vue, aux yeux des non-catholiques, l’Église catholique est appréciée pour être une réalité bien organisée, bien structurée hiérarchiquement, donc solide, qui offre des certitudes. Les catholiques, en général, sont estimés pour leur contribution au bien de la société à travers leurs œuvres sociales et caritatives. Et même les responsables gouvernementaux – lorsque nous avons l’occasion de dialoguer avec eux – remarquent que, là où il y a beaucoup de catholiques, la criminalité est moins élevée. Dans les grandes villes, où la population a un niveau d’éducation plus élevé, les gens comprennent mieux le catholicisme et ont une bonne opinion de nos communautés, en raison de leurs œuvres caritatives et parce qu’elles apportent des valeurs positives à la société et aux jeunes. Dans les petits villages et les zones reculées, en revanche, l’image de l’Église n’est pas aussi bonne en raison des effets de la propagande.<br /><br />- Les catholiques se présentent comme de « bons citoyens et de bons chrétiens » : est-ce toujours le cas ?<br /><br />C'est l'expression qu'a employée le Pape Benoît XVI à notre égard lors de la visite ad limina de 2009. Cette perspective est très claire d'un point de vue évangélique, et le gouvernement l'utilise lui aussi souvent, tout en lui donnant une connotation un peu plus « politique ». Pour nous, cela signifie que les fidèles ont une foi profonde en Dieu et sont, en même temps, d’excellents citoyens qui aiment leur pays en apportant, par leur travail et leur vie, une contribution active à la société. Les responsables communistes tentent parfois de transformer le concept de patriotisme en « amour du socialisme ». Je voudrais rappeler l’importance de la lettre pastorale de 1980, point de départ de la Conférence épiscopale, car elle dit : « vivre la foi dans son cœur ou au milieu du peuple ». Ce fut un excellent point de départ pour nos relations avec la communauté civile.<br /><br />-Il semble qu'il y ait eu une amélioration progressive des relations bilatérales avec les autorités gouvernementales. L'invitation adressée par le président vietnamien au pape pour qu'il se rende dans le pays s'inscrit-elle dans ce contexte ?<br /><br />Depuis 1980, on constate une amélioration, parallèlement à l’évolution des relations avec le Saint-Siège. Une date importante, par exemple, a été celle de 1989, avec la visite au Vietnam du Cardinal Roger Etchegaray : on peut dire qu’une nouvelle phase a alors commencé et que c’est à partir de ce moment-là que nous avons commencé à parler de dialogue. Des années plus tard, en 2011, le premier « représentant pontifical non résident » du Saint-Siège au Vietnam a été nommé ; en 2023, le représentant pontifical est devenu résident, il s’agit aujourd’hui de l’Archevêque Zalewski. <br />Dans le cadre de ce processus, le groupe de travail mixte Saint-Siège-Vietnam a vu le jour et a commencé à porter des fruits concrets. Je tiens à rappeler que le président précédent avait déjà invité le Pape. Aujourd’hui, le nouveau président To Lam, qui est également secrétaire général du Parti, a invité le Pape Léon au Vietnam en avril dernier. En tant que citoyens vietnamiens et catholiques, nous attendons cette visite avec beaucoup d’espoir. Tel était le souhait du Pape Jean-Paul II lors de la cérémonie de canonisation des 117 saints martyrs vietnamiens en 1988, à Rome. Nous avons confiance dans l’expérience millénaire de la diplomatie pontificale, qui saura agir pour le bien non seulement de l’Église au Vietnam, mais aussi du peuple vietnamien. Lors de la visite ad limina, notre président de la Conférence épiscopale, Joseph Nguyen Nang, Archevêque de Hô Chi Minh , a lui aussi officiellement invité le Pape à se rendre au Vietnam.<br /><br />- Comment s'est passée votre rencontre avec le Pape ?<br /><br />Ce fut une rencontre très chaleureuse et amicale. Léon XIV a parlé de l’Église vietnamienne avec affection : il sait qu’elle est petite, mais active et animée par la ferveur de la jeunesse. Ce qui nous a le plus marqués, lorsque nous venons à Rome et que nous rencontrons le Pape, c’est cette impression de « retour à la maison ». Dans tous les dicastères que nous avons visités, cet esprit était toujours présent, et l’accueil a été chaleureux. On nous a dit : vous n’êtes pas ici seulement pour faire rapport, mais pour construire la communion et l’unité au sein de la famille. Le Pape nous a donné des conseils sur la manière d’exercer notre ministère.<br /> <br />- Quels conseils vous a-t-il donnés ?<br /><br />Le premier conseil utile est d'accorder une attention particulière à la formation des prêtres et des séminaristes. Le deuxième concerne le rôle des laïcs, non seulement dans la collaboration pastorale, mais aussi dans le domaine administratif. Le troisième est l'attention particulière à accorder à la pastorale des jeunes. Le quatrième point consiste à faire en sorte que les femmes puissent participer activement à la vie de l'Église, tout en protégeant leur dignité et leurs droits. Enfin, il nous a invités à prendre soin des mineurs et des personnes vulnérables, en préservant leur vie et leur présence au sein de la communauté. Nous sommes sortis réconfortés et encouragés par les paroles du Pape. Je voudrais rappeler que le 2 juillet 2026, un légat apostolique pontifical viendra dans notre pays pour la béatification du père François Xavier Truong Buu Diep, le martyr qui a donné sa vie en 1946 en témoignant de la charité envers les pauvres et les souffrants. Cet événement sera sans aucun doute une joie et un encouragement précieux pour le Peuple de Dieu au Vietnam et nous inspirera tous à vivre et à témoigner de l’Évangile avec encore plus de zèle.<br /><br />- Si elle se concrétise un jour, quelle pourrait être la portée du voyage du Pape au Vietnam pour l'Église locale ?<br /><br />Cela pourrait revêtir une grande importance, car ce serait la première fois de l'histoire qu'un pape se rendrait au Vietnam. Ce serait significatif pour les catholiques : on imagine la joie et l'enthousiasme que cela susciterait, ainsi que le renforcement de la foi ; mais ce serait également significatif pour les non-catholiques. Le Pape est le chef suprême de l’Église universelle. Même les non-catholiques apprécient beaucoup notre pape en tant que promoteur de la paix ; sa présence serait donc certainement très significative et il recevrait un accueil chaleureux.<br /><br />- Quels souvenirs gardez-vous des premiers missionnaires qui ont apporté la foi au Vietnam, et quel rapport entretenez-vous avec cette mémoire ?<br /><br />Les Vietnamiens éprouvent une immense gratitude envers les missionnaires. Nous sommes heureux d'avoir reçu le don de la Bonne Nouvelle de l'Évangile grâce aux missionnaires. Nous nous souvenons en particulier du jésuite français Alexandre de Rhodes, une figure très importante, arrivé au Vietnam en 1600 et qui a eu l'occasion de collaborer avec un autre missionnaire, le Portugais Francisco de Pina, pour transcrire la langue locale en utilisant les caractères latins. Ce sont eux qui ont créé un nouveau système d’écriture de la langue vietnamienne, que nous utilisons encore aujourd’hui. Grâce à eux, le Vietnam est le seul pays d’Asie à utiliser l’alphabet latin, alors que d’autres pays ont leur propre calligraphie. Inventer une nouvelle écriture pour un peuple est une œuvre d’une très grande valeur. Les gouvernements vietnamiens, ainsi que les universités vietnamiennes, bien qu'ils soient parfois réticents à mentionner l'œuvre des missionnaires, ne peuvent nier ce fait et rendent à Alexandre de Rhodes et à ses compagnons l'hommage qui leur est dû.<br />Nous avons accueilli au Vietnam des missionnaires issus de nombreux autres ordres religieux, tels que les jésuites, les augustins, les dominicains, les franciscains, les prêtres de la Société des Missions Étrangères de Paris et bien d’autres encore. Les deux premiers missionnaires de la MEP ont également été les deux premiers Évêques nommés par le Saint-Siège au Vietnam, respectivement au Sud et au Nord : Mgr Lambert de la Motte et Mgr François Pallu. En leur honneur, nous avons ouvert en 2024 l’enquête diocésaine en vue de leur cause de béatification.<br />Je voudrais rappeler que nos communautés organisent souvent des pèlerinages pour se rendre sur les tombes des missionnaires, toujours avec une immense et profonde gratitude. De nombreux missionnaires sont enterrés au Vietnam ; ils ont donné leur vie jusqu’au bout, ce sont des missionnaires « ad vitam ». Nous sommes très émus et éprouvons une profonde affection lorsque nous voyons les tombes des missionnaires. Ils nous ont laissé un témoignage vivant de la foi. L'influence des missionnaires au Vietnam est très profonde, non seulement dans les mentalités, mais aussi dans la culture et la structure de l'Église vietnamienne. Nous les remercions surtout parce que, grâce à leur présence, nous avons reçu le don de la foi.<br /><br />- Quel lien existe-t-il encore aujourd'hui avec les martyrs vietnamiens et leur spiritualité ? Que représentent-ils aujourd'hui pour la vie de l'Église ?<br /><br />Les catholiques vietnamiens sont généralement très fiers et reconnaissants envers nos martyrs. Cela se voit très clairement dans les communautés catholiques de la diaspora, en Europe, aux États-Unis et dans d’autres parties du monde. Lorsqu’ils se regroupent pour former une communauté ou fonder une chapelle, le nom fait souvent référence aux saints martyrs vietnamiens ou la communauté est dédiée à Notre-Dame de La Vang. Nous nourrissons un amour et une dévotion profonds pour les martyrs vietnamiens et c’est pourquoi, à travers tout le pays, on voit de très nombreux sanctuaires qui leur sont dédiés, sur leur lieu de naissance ou sur le lieu de leur martyre.<br />Imaginez qu’en 200 ans d’événements mouvementés et de persécutions, on estime à environ 130 000 le nombre de martyrs vietnamiens. Il y a même le cas d’un village entier de martyrs : des personnes brûlées vives simplement parce qu’elles croyaient en Christ. Parmi eux, 117 ont été canonisés en 1988 et un a été béatifié en 2000.<br />À Hanoï, nous sommes en train d’achever la construction d’un nouveau sanctuaire dédié aux martyrs. Il sera prêt fin 2026 et sera inauguré l’année prochaine, à l’occasion de la première réunion de la Conférence épiscopale au sanctuaire national. L’année 2027 marquera en effet le 400e anniversaire de l’arrivée d’Alexandre de Rhodes à Thang Long .<br />La spiritualité des martyrs, c'est la fidélité à Dieu. Nous essayons d'enseigner à nos fidèles qu'aujourd'hui, il n'y a plus de persécution comme autrefois, mais que la fidélité reste la même. Dans la société moderne, où des phénomènes tels que le consumérisme et la sécularisation éloignent de Dieu, l'esprit des martyrs, la fidélité, est plus que jamais nécessaire.<br /><br />- Vous avez évoqué la Vierge de La Vang : pourquoi est-elle si importante pour les fidèles vietnamiens et que signifie cette dévotion ?<br /><br />La Vang est le nom d'un lieu situé au centre du Vietnam, où, il y a plus de 200 ans, de nombreux fidèles, fuyant les persécutions, ont trouvé refuge. C'était une forêt. D'un point de vue terminologique – parmi les différentes hypothèses –, le nom « La Vang » fait référence au nom d'un type de feuilles présentes dans cette forêt.<br />Alors que ces fidèles priaient le Rosaire, ils ont vu apparaître la Vierge Marie qui les a encouragés à rester authentiques dans leur foi et à toujours rester fidèles car « Je suis toujours avec vous », leur a dit la Vierge. Et elle a promis que quiconque viendrait prier en ce lieu verrait ses prières exaucées. Ainsi, peu à peu, La Vang est devenu un lieu de pèlerinage et abrite aujourd’hui un sanctuaire marial national.<br />Il y a plus de vingt ans, la Conférence épiscopale du Vietnam a décidé de créer une statue de la Vierge Marie aux traits et aux vêtements vietnamiens. L'une des premières statues a été bénie par le pape Jean-Paul II avant d'être vénérée au Vietnam. La signification spirituelle de ce lieu réside dans la profonde dévotion mariale filiale de la population. Le peuple vietnamien nourrit un immense amour pour la Vierge Marie, notamment parce que l’image de la mère, dans notre culture, est une figure merveilleuse qui incarne la résilience, le sacrifice, l’amour inconditionnel et qui est le pilier de la famille et de la société.<br />Il y a là un écho culturel, car les Vietnamiens aiment beaucoup la figure de la « mère ». Ainsi, non seulement les catholiques prient la Vierge Marie, mais les bouddhistes aussi trouvent facile de s’adresser à elle. Dans notre tradition poétique et littéraire, il existe d’innombrables chants et dictons sur la figure de la mère. C’est aussi grâce à cela qu’il est de tradition que tous les fidèles viennent vers Marie pour exprimer leur dévotion et demander des grâces. Ils viennent vers Marie afin que Marie les conduise vers le Christ.<br /><br />Mon, 18 May 2026 13:54:52 +0200AMÉRIQUE/COLOMBIE - Les Évêques encouragent les initiatives en faveur d'un « vote responsable » à l'approche des électionshttps://www.fides.org/fr/news/77692-AMERIQUE_COLOMBIE_Les_Eveques_encouragent_les_initiatives_en_faveur_d_un_vote_responsable_a_l_approche_des_electionshttps://www.fides.org/fr/news/77692-AMERIQUE_COLOMBIE_Les_Eveques_encouragent_les_initiatives_en_faveur_d_un_vote_responsable_a_l_approche_des_electionsBogotá – En vue des élections présidentielles prévues en Colombie le 31 mai, les Évêques et les organismes catholiques ont lancé diverses initiatives visant à promouvoir une participation électorale éclairée et responsable.<br />Au cas où aucun candidat n'obtiendrait la majorité absolue, un second tour est prévu le 21 juin 2026.<br />La Conférence épiscopale a signalé l’aggravation de la violence dans le sud-ouest du pays, en particulier dans les départements du Cauca, de la Vallée du Cauca, de Nariño, de Huila et de Meta. Dans un communiqué récent, publié le 27 avril, les Évêques ont exprimé leur inquiétude face à la situation humanitaire résultant des affrontements armés, qui touchent la population civile et les communautés vulnérables, soulignant que ces événements affaiblissent les conditions fondamentales de la coexistence démocratique. Ils ont également réaffirmé que « rien ne justifie la violence ».<br />C'est pourquoi les Évêques, par l'intermédiaire du Service épiscopal pour le pardon, la réconciliation et la paix – organisme créé en 2023 par les Évêques colombiens pour coordonner les initiatives ecclésiales en faveur de la réconciliation et de la paix –, ont organisé trois séminaires en ligne ouverts au public et diffusés sur la chaîne YouTube et la page Facebook de la Conférence épiscopale colombienne , sous le titre : « Église, citoyenneté et paix. Un phare d’espoir en période électorale ». <br />L’objectif est d’offrir des outils de discernement inspirés de l’Évangile et de la doctrine sociale de l’Église, afin de renforcer l’engagement civique et le bien commun dans l’exercice du vote.<br />Dès la fin de la 120e Assemblée plénière, qui s'est tenue à Bogotá en février 2026, les Évêques avaient rappelé que les citoyens sont appelés à participer aux élections « en toute liberté de conscience et sans aucune forme de pression ou de corruption », invitant à vivre le processus électoral dans un climat de responsabilité démocratique et à rejeter toute forme de violence, de désinformation ou de polarisation.<br />Dans le même esprit, le diocèse de Palmira, situé dans le sud-ouest du pays dans une région touchée par la violence, a diffusé le document « La politique est la forme la plus élevée de la charité », un guide pastoral proposant des critères de discernement électoral à la lumière du Magistère de l’Église. Le document offre des orientations pour un vote responsable, comprend un « décalogue de l’électeur catholique » et invite à s’informer rigoureusement, à lutter contre la désinformation et à renforcer une culture démocratique fondée sur le respect et le dialogue, sans exprimer de soutien à des options politiques spécifiques.<br />Les trois rencontres virtuelles organisées par la Conférence épiscopale ont pour objectif « d’accompagner les fidèles et tous les citoyens afin qu’ils puissent exercer leur droit de vote en toute liberté et en toute connaissance de cause ». Il s’agit de proposer des outils d’analyse face aux urgences du contexte politique et social, avec la participation d’experts en pastorale, en doctrine sociale et en sciences sociales qui abordent des thèmes liés à l’éthique dans la vie publique, au discernement chrétien et à la responsabilité civique.<br />La première de ces rencontres, intitulée « La politique comme vocation : évangéliser la politique à la lumière de la foi », s’est déroulée le lundi 11 mai en présence de Mgr Héctor Fabio Henao Gaviria, délégué de la Conférence épiscopale pour les relations Église-État. La série se poursuit le 18 mai avec le webinaire « Choisir en conscience : vote, réconciliation et bien commun », consacré au discernement éthique du vote à la lumière de la justice, de la réconciliation et de la paix. Le cycle s’achève le 25 mai avec la rencontre « Voter dans l’espérance : une décision libre, consciente et en paix », visant à accompagner les citoyens afin qu’ils exercent leur droit de vote en toute liberté intérieure.<br />La Conférence épiscopale a souligné que l’Église ne soutient ni partis ni candidats, mais encourage la formation de la conscience morale des électeurs, estimant que « la participation politique est une expression concrète de la charité et de l’engagement pour la justice ».<br /> <br />Sat, 16 May 2026 18:54:00 +0200ASIE/PAKISTAN - Le Cardinal Coutts : « Le Pakistan, médiateur de paix : œuvrons pour l'harmonie, dans notre pays et dans le monde »https://www.fides.org/fr/news/77691-ASIE_PAKISTAN_Le_Cardinal_Coutts_Le_Pakistan_mediateur_de_paix_oeuvrons_pour_l_harmonie_dans_notre_pays_et_dans_le_mondehttps://www.fides.org/fr/news/77691-ASIE_PAKISTAN_Le_Cardinal_Coutts_Le_Pakistan_mediateur_de_paix_oeuvrons_pour_l_harmonie_dans_notre_pays_et_dans_le_mondeRome - « Le Pakistan joue le rôle de médiateur de paix entre deux grands acteurs, l’Iran et les États-Unis, en faveur de la paix mondiale. C’est une évolution très positive. Je suis également surpris que le Pakistan soit soudainement perçu de manière aussi positive par le monde, par les autres pays, par la communauté internationale », déclare à l’Agence Fides le Cardinal Joseph Coutts, Archevêque émérite de Karachi, présent au sein de la délégation des Évêques du Pakistan à Rome pour la visite ad limina apostolorum.<br />S'adressant à Fides, le Cardinal déclare : « J'espère que nous pourrons continuer à réfléchir et à agir dans ce sens, et ne pas nous concentrer sur le développement des armements. Car je crains que ces deux choses aillent de pair : le Pakistan développe lui aussi ses propres armements, ses missiles et ses navires. Il faut écouter l'appel du pape Léon en faveur d'une paix « désarmée et désarmante » et nous engager ensemble pour un désarmement mondial. Nous espérons et prions pour que le Pakistan choisisse véritablement la voie d’un authentique effort de paix ».<br />« Dans le terrible contexte de la guerre au Moyen-Orient – souligne le Cardinal Coutts –, le fait que le Pakistan soit impliqué dans cet effort de paix est positif et constitue un espoir pour nous tous. À notre humble niveau, au sein de la petite communauté chrétienne du Pakistan, nous travaillons dans le même sens : promouvoir la paix et l’harmonie ».<br />« Je préfère de loin parler d’“harmonie” plutôt que de dialogue interreligieux », précise le Cardinal, qui a fait du mot « harmonie » sa devise épiscopale. « L’harmonie, en effet, signifie acceptation mutuelle. Le dialogue, quant à lui, peut signifier exposer ses propres positions sans aucun changement. Le but de toute rencontre, en revanche, est d’écouter l’autre et de construire l’harmonie qui engendre la paix. L’utilisation de ce mot est importante et, aujourd’hui, le gouvernement pakistanais l’utilise lui aussi, en créant le ministère ou le bureau des minorités religieuses et de l’harmonie sociale. L’harmonie sociale est liée à l’harmonie religieuse. On ne peut pas séparer ces deux éléments », note-t-il.<br />« L’harmonie est proche de ma pensée car elle signifie fraternité, elle signifie travailler ensemble pour atteindre un niveau de coexistence pacifique sur cette terre. C’est une mission, une mission spirituelle que nous continuons à mener en tant que chrétiens du Pakistan, malgré les défis et les difficultés, et qui, nous l’espérons, pourra avoir une influence également au niveau politique », conclut-il.<br /> <br /><br /><br /><br />Sat, 16 May 2026 17:12:09 +0200AFRIQUE/R.D.CONGO - La pauvreté et la violence affligent la province ecclésiastique de Kinshasa, affirment les Évêqueshttps://www.fides.org/fr/news/77690-AFRIQUE_R_D_CONGO_La_pauvrete_et_la_violence_affligent_la_province_ecclesiastique_de_Kinshasa_affirment_les_Evequeshttps://www.fides.org/fr/news/77690-AFRIQUE_R_D_CONGO_La_pauvrete_et_la_violence_affligent_la_province_ecclesiastique_de_Kinshasa_affirment_les_EvequesKinshasa – « Pauvreté, insécurité généralisée, attaques ciblées contre l’Église catholique, ses représentants et ses institutions, ainsi que l’augmentation alarmante de la violence physique et verbale ». Tel est le tableau brossé par les Évêques réunis en Assemblée épiscopale de la province ecclésiastique de Kinshasa , qui s’est tenue du 6 au 13 mai à Inongo. La province ecclésiastique de Kinshasa comprend l’Archidiocèse de Kinshasa et les diocèses suffragants suivants : Boma, Idiofa, Inongo, Kenge, Kikwit, Kisantu, Matadi, Popokabaka. <br />Dans leur déclaration publiée à l'issue des travaux, les Évêques ont également dénoncé d'autres maux qui affligent les populations de la province ecclésiastique, tels que « les exactions le long des fleuves et des routes, la prolifération des barrages routiers, les taxes inappropriées, l'abandon des jeunes à leur sort, la corruption dans les milieux éducatifs et les institutions publiques, les retards dans le paiement des salaires des fonctionnaires dans les zones rurales et l'isolement de plusieurs régions ».<br />Depuis longtemps, les transporteurs fluviaux congolais dénoncent les abus administratifs et financiers dont ils sont victimes de la part de la police, des militaires et des fonctionnaires de l'administration publique. Le fleuve Congo offre un énorme potentiel pour désengorger Kinshasa en matière de transport de personnes et de marchandises, mais il est peu exploité en raison de ces abus et du manque d'infrastructures.<br />Les Évêques ont toutefois pris acte de certains efforts déployés par le gouvernement pour assurer l'approvisionnement en électricité et améliorer les infrastructures routières dans certaines zones de la province ecclésiastique ; ils ont salué l'engagement des autorités à rétablir la paix dans les zones touchées par les violences de la milice Mobondo et ont exprimé l'espérance que ces efforts se poursuivent. Les miliciens « Mobondo » sont accusés d'avoir pris part aux violences qui ont éclaté depuis 2022 entre les communautés Yaka et Teke . La milice a vu le jour en juin 2022 à la suite d’un conflit territorial et coutumier entre les communautés Teke et Yaka . Les Yaka se sont organisés en groupes armés appelés « Mobondo », du nom d’amulettes « magiques » qui protégeraient ceux qui les portent des armes de l’ennemi. Selon les sources, le conflit a fait jusqu’à présent entre 3000 et 5 000 morts, en plus de dizaines de milliers de déplacés. Les miliciens Mobondo ont désormais atteint les environs de Kinshasa, bloquant les routes et les zones rurales. <br />Fri, 15 May 2026 17:01:04 +0200ASIE/INDE - Deux salésiens enlevés puis libérés au Manipur : les Naga et les insurgés du Myanmar impliqués dans l'instabilité généralehttps://www.fides.org/fr/news/77689-ASIE_INDE_Deux_salesiens_enleves_puis_liberes_au_Manipur_les_Naga_et_les_insurges_du_Myanmar_impliques_dans_l_instabilite_generalehttps://www.fides.org/fr/news/77689-ASIE_INDE_Deux_salesiens_enleves_puis_liberes_au_Manipur_les_Naga_et_les_insurges_du_Myanmar_impliques_dans_l_instabilite_generaleImphal - Deux jeunes salésiens ont été enlevés puis relâchés après 24 heures de séquestration au Manipur, un État du nord-est de l'Inde où règne une grande instabilité en raison du conflit ethnique qui sévit depuis 2023. Les deux jeunes sont sains et saufs, a communiqué à l’Agence Fides le père Suresh SDB, de la province salésienne de Dimapur, exprimant son « grand soulagement ».<br />Les deux religieux salésiens Albert Panmei Aching et Peter Poji Küvisie ont été enlevés vers 21h00 le 13 mai alors qu’ils se rendaient du complexe Don Bosco à Imphal, capitale du Manipur, au centre salésien de Maram, situé à environ 20 kilomètres de là. Après une nuit et une journée de tension et de peur, les deux jeunes religieux ont été libérés dans la soirée du 14 mai.<br />Le Provincial des Salésiens de Dimapur, le père Joseph Pampackal SDB, a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui se sont mobilisés pour la libération de ses confrères et a salué « les efforts coordonnés des organisations de la société civile, des chefs religieux, des anciens de la communauté et des forces de l'ordre : leur intervention a contribué à une issue pacifique de cette affaire », a-t-il écrit dans un communiqué. <br />Le père Pampackal a remercié les membres de la communauté Kuki qui ont assuré la sécurité des deux salésiens pendant leur captivité, parlant d’un « témoignage de réconciliation et de respect mutuel même dans des circonstances difficiles ». Il a réaffirmé « l’engagement des Salésiens en faveur de la construction de la paix, du dialogue et du service dans la région », réitérant « la mission des Salésiens de servir le peuple avec foi, courage et compassion, même dans des circonstances difficiles ».<br />Cet incident s'est produit peu après le grave massacre de trois pasteurs baptistes, tués dans une embuscade le matin du 13 mai, ainsi que le chauffeur de leur convoi, tandis que trois autres pasteurs se trouvent actuellement à l'hôpital .<br />À propos de cet incident, la Conférence Épiscopale de l'Inde a exprimé « sa profonde douleur et ses condoléances pour cette embuscade tragique » et a condamné « cet acte odieux commis contre des chefs religieux qui sont restés une source vitale d'espérance et de force en ces temps difficiles de troubles sociaux. La violence ne fait qu’aggraver les blessures, prolonger la souffrance et affaiblir les liens qui unissent nos communautés ».<br />Faisant écho aux paroles de Mgr Linus Neli, Archevêque d’Imphal, les Évêques ont lancé un appel « à toutes les parties concernées afin qu’elles s’abstiennent de toute forme de violence et de représailles ». « Guidés par le véritable esprit chrétien, nous implorons toutes les communautés d’embrasser plutôt le dialogue, le pardon, la réconciliation, la modération et la coexistence pacifique », ont-ils écrit, exhortant les autorités « à agir avec sagesse, équité et sensibilité afin que la paix et la justice prévalent et que la confiance soit rétablie entre les communautés ».<br />Dans une note adressée à Fides, l’« All India Catholic Union » , une organisation représentative du laïcat catholique indien, souligne : « Ce meurtre ne peut être considéré comme un crime isolé, car il s’inscrit dans le contexte d’une détérioration continue de la paix et de la gouvernance constitutionnelle au Manipur. Depuis mai 2023, plus de 250 vies ont été perdues. Plus de 60 000 personnes ont été déplacées. Des centaines d’églises et de villages ont été détruits. Des milliers de personnes continuent de vivre dans des camps de réfugiés ». <br />L'AICU rappelle qu'« un grand nombre d'armes pillées dans les arsenaux de la police et des forces de sécurité restent entre des mains illégales, et que des groupes armés et des milices privées continuent d'opérer en toute impunité. Cette situation est inacceptable dans une démocratie constitutionnelle. Le gouvernement central et le gouvernement du Manipur ont le devoir constitutionnel de rétablir l'État de droit dans l'État ».<br />« La paix – observe l’organisation – ne peut être rétablie tant que des groupes armés contrôlent les routes, les villages et les frontières communautaires. La récupération des armes pillées doit être considérée comme une priorité de sécurité nationale. Trois ans, c’est une période très longue pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays qui vivent dans des camps de réfugiés gérés par le gouvernement et l’Église dans l’État ».<br />Par ailleurs, souligne l'AICU, il est urgent d'engager un dialogue politique associant les dirigeants représentatifs des trois communautés concernées, les Meitei, les Kuki-Zo et les Naga : « Le Manipur ne peut être gouverné uniquement par le déploiement des forces de sécurité. La division actuelle de l'État en zones distinctes n'est pas la paix. Aucune communauté ne peut être abandonnée et aucune communauté ne peut être autorisée à en dominer une autre par la violence, la peur ou le silence de l’État ». L'AICU demande que soit garantie la protection des chefs religieux, des acteurs de la société civile, des volontaires humanitaires et des médiateurs de paix qui se déplacent au-delà des frontières des communautés pour la réconciliation et l'aide, car « ceux qui risquent leur vie pour la paix et l'harmonie ne peuvent être laissés sans défense ». « Nous appelons toutes les personnes de foi et de bonne volonté à rejeter la vengeance, à résister à la haine et à défendre la dignité de chaque être humain », conclut la note.<br />La situation du conflit au Manipur s'est encore compliquée, car les tensions ethniques, qui ont débuté il y a trois ans entre les Meitei et les Kuki-Zo, se sont désormais transformées en une hostilité profondément enracinée et généralisée, et se sont étendues aux groupes Naga, le troisième groupe ethnique résidant dans l'État. <br />« Le gouvernement de l’État – souligne Johna Dayal, porte-parole de l’AICU, à Fides – n’a pas réussi à mettre fin au cycle des affrontements ni à mettre en place des mécanismes de réconciliation efficaces. Aujourd’hui, avec la reprise du conflit Naga-Kuki et l’intensification des tensions, il existe un risque que les troubles dégénèrent en un conflit prolongé similaire à celui des années 90 », lorsque l’État du Manipur a été ravagé par un grave conflit interethnique opposant les Kukis aux Nagas et qui, entre 1993 et 1998, a causé plus d’un millier de morts, la destruction de centaines de villages et le déplacement de milliers de personnes. Un autre élément inquiète les observateurs : outre les dynamiques internes, le Manipur en proie à des troubles voit l’arrivée d’un nouvel acteur dans le conflit ethnique. Il s’agit des insurgés du Myanmar, dans l’État birman de Chin, limitrophe du Manipur. La majorité de la population de l’État, en effet, est composée du même groupe ethnique Kuki que celui appelé Chin au Myanmar.<br /> Fri, 15 May 2026 16:42:39 +0200Le Cardinal Chow à l'exposition marquant le 80e anniversaire de la fondation du diocèse : notre joie est de pouvoir partager avec Hong Kong la joie de l'Évangilehttps://www.fides.org/fr/news/77688-Le_Cardinal_Chow_a_l_exposition_marquant_le_80e_anniversaire_de_la_fondation_du_diocese_notre_joie_est_de_pouvoir_partager_avec_Hong_Kong_la_joie_de_l_Evangilehttps://www.fides.org/fr/news/77688-Le_Cardinal_Chow_a_l_exposition_marquant_le_80e_anniversaire_de_la_fondation_du_diocese_notre_joie_est_de_pouvoir_partager_avec_Hong_Kong_la_joie_de_l_EvangileHong Kong – « La joie de notre Église réside dans le fait de pouvoir partager avec Hong Kong la joie de l’Évangile ». C’est en ces termes que le Cardinal Stephen Chow Sau-yan, Évêque de Hong Kong, a défini la mission actuelle et future de la communauté ecclésiale locale, appelée à partager la joie de l’Évangile avec l’ensemble de la population. Il l’a fait en inaugurant l’exposition historique sur le parcours et les œuvres de l’Église locale, organisée dans le cadre des célébrations prévues à l’occasion du 185e anniversaire du début de la mission et du 80e anniversaire de la création du diocèse.<br /> <br />Devant un public nombreux, le Cardinal jésuite a souligné, le 9 mai, que « nos prédécesseurs et nous-mêmes avons toujours cherché, par nos paroles et nos actes, notamment à travers divers services sociaux et notre action éducative, à partager l’esprit du grand amour de l’Évangile et les valeurs de vérité, de bonté, de beauté et d’amour ». Selon le bulletin hebdomadaire Kung Kao Pu, pour l’Évêque, annoncer et témoigner de l’Évangile « signifie avant tout permettre à davantage de personnes de connaître le grand amour de Dieu et la bonne nouvelle de la vie éternelle, afin qu’elles puissent développer le chemin synodal dans le dialogue et le partage avec Hong Kong et avec leur prochain ».<br /> <br />« Le cœur de l’évangélisation est immuable, et c’est ainsi que les gens peuvent percevoir l’amour de l’Évangile », a souligné le Cardinal Chow, rappelant que pour cela, il faut rester fermement ancré dans la foi et persévérer dans le chemin missionnaire parcouru à Hong Kong au cours des 185 dernières années.<br />Jusqu’au 31 mai, les visiteurs de l’exposition organisée à l’université Saint-François pourront retracer les 185 ans d’évangélisation de Hong Kong et les 80 ans de la fondation du diocèse en suivant trois axes principaux : le développement du diocèse, l’éducation catholique et l’œuvre de Caritas. À travers des photographies, des témoignages oraux et des visites guidées , les visiteurs pourront également profiter de l’utilisation de technologies innovantes d’intelligence artificielle. Au centre de la salle se trouve une reproduction du document par lequel le Saint-Siège a annoncé l’élévation de Hong Kong au rang de diocèse et a nommé Enrico Valtorta comme premier Évêque.<br />L’Église catholique de Hong Kong, qui ne comptait que quelques fidèles en 1841, compte aujourd’hui environ 600 000 baptisés, dont de nombreux travailleurs immigrés.<br /> <br />Fri, 15 May 2026 16:38:06 +0200AFRIQUE/MOZAMBIQUE - Le Secrétaire de la Conférence Épiscopale : solidarité envers la population et appel au gouvernement pour qu'il mette fin aux actes d'intolérance religieusehttps://www.fides.org/fr/news/77687-AFRIQUE_MOZAMBIQUE_Le_Secretaire_de_la_Conference_Episcopale_solidarite_envers_la_population_et_appel_au_gouvernement_pour_qu_il_mette_fin_aux_actes_d_intolerance_religieusehttps://www.fides.org/fr/news/77687-AFRIQUE_MOZAMBIQUE_Le_Secretaire_de_la_Conference_Episcopale_solidarite_envers_la_population_et_appel_au_gouvernement_pour_qu_il_mette_fin_aux_actes_d_intolerance_religieuseBeira – « Nous suivons avec une profonde inquiétude la situation de terrorisme qui sévit dans notre pays, dont l’épicentre se trouve à Cabo Delgado depuis le 5 octobre 2017, et qui, selon les statistiques rendues publiques, a déjà fait 6 527 morts et plus d’un million de déplacés internes, laissant derrière elle de vastes zones dévastées. » Cette dénonciation émane du Secrétaire général de la Conférence Épiscopale du Mozambique , Osório Citora Afonso, IMC, et est exprimée dans une Note pastorale partagée par les Évêques du pays et envoyée à l’Agence Fides.<br /><br />M. Osório Citora Afonso lui-même, Évêque de Quelimane et Administrateur Apostolique de Beira, interrogé par l’Agence Fides alors qu’il rentrait de Beira à Quelimane, a confirmé avoir ressenti l’urgence de convoquer les Évêques de la CEM à une réunion en ligne afin d’unir leurs voix pour condamner les attaques contre les communautés chrétiennes et exprimer leur solidarité avec la province de Cabo Delgado.<br /><br />« Dans cette note, nous avons tout d’abord exprimé « notre profonde solidarité avec le diocèse de Pemba, ses pasteurs, les religieux et religieuses, les agents pastoraux et tous les fidèles chrétiens qui continuent de subir les conséquences douloureuses de la violence et des attaques dirigées contre des personnes, des communautés et des lieux de culte », comme on peut le lire dans la Note pastorale des Évêques signée par le président de la CEM, Inacio Saure, IMC, Archevêque de Nampula. Nous avons également condamné « avec force toute forme d’extrémisme violent et de manipulation des populations, en particulier des jeunes, des adolescents et des enfants, au nom d’intérêts religieux, économiques, d’ambitions de pouvoir et d’exploitation des richesses naturelles. Aucune conviction religieuse, ni les richesses de la terre ne valent plus que la vie humaine. Aucun de ces intérêts ne peut justifier les déplacements de population, la souffrance, la mort d’innocents, la destruction de communautés et la profanation de lieux sacrés ».<br /><br />Tout aussi fort – souligne Mgr Osório Citora Afonso – a été l'appel lancé au gouvernement qui est « resté silencieux pendant tout ce temps ». « Nous rappelons qu’il est du devoir fondamental du gouvernement de garantir la dignité humaine, la sécurité et le bien-être de tous, soulignent les Évêques, en protégeant la vie et le patrimoine national, aspects qui sont gravement menacés à Cabo Delgado, avec des signes évidents d’une extension au reste du pays . Nous demandons aux autorités compétentes du pays de prendre une décision courageuse pour mettre immédiatement fin à l’intolérance religieuse, qui se manifeste aujourd’hui sous la forme de haine contre les chrétiens, ce qui ouvre la voie à la création d’un précédent pour d’autres formes dangereuses de radicalisme. »<br /><br />Selon le dernier rapport de l'organisation Armed Conflict Location & Event Data , qui porte sur la période du 6 au 27 avril dernier, sur les 2 356 incidents violents enregistrés depuis octobre 2017, date à laquelle a débuté l'insurrection armée à Cabo Delgado, 2 184 ont impliqué des éléments liés à l'État islamique du Mozambique . Après la destruction du siège paroissial de Meza fin avril dernier , d'autres actes de destruction se sont succédé les 1er, 5, 8 et 9 mai respectivement dans les villages de Minheune, Nacoja et Naviane, appartenant à la paroisse de Metoro. Face à cette situation, les Évêques se sont faits la voix des sans-voix.<br /><br /> Fri, 15 May 2026 16:34:11 +0200AFRIQUE/GUINÉE ÉQUATORIALE - Nomination de L'Évêque de Batahttps://www.fides.org/fr/news/77686-AFRIQUE_GUINEE_EQUATORIALE_Nomination_de_L_Eveque_de_Batahttps://www.fides.org/fr/news/77686-AFRIQUE_GUINEE_EQUATORIALE_Nomination_de_L_Eveque_de_BataCité du Vatican - Le Saint-Père Léon XIV a nommé Évêque du diocèse de Bata Mgr Miguel Angel Nguema Bee Etete, S.D.B., jusqu’à présent Administrateur Apostolique de ce même siège et Évêque du diocèse d’Ebebiyin.<br /><br />Miguel Angel Nguema Bee Etete est né le 13 juillet 1969 à Bata . Après avoir étudié la philosophie à l’Institut Don Bosco de philosophie et de sciences humaines de Lomé et la théologie au Theologicum Saint-François-de-Sales de Lubumbashi , il a obtenu une licence en sciences de l’éducation à l’Université Pontificale salésienne de Rome.<br /><br />Il a été ordonné prêtre le 24 juillet 2000.<br /><br />Il a été nommé Évêque d’Ebibeyín le 1er avril 2017 et a reçu l’ordination épiscopale le 20 mai de la même année. Depuis décembre 2024, il est Administrateur Apostolique du diocèse de Bata.Thu, 14 May 2026 10:48:31 +0200« Scelgo di non odiare» : dans son nouveau livre, le missionnaire Pier Luigi Maccalli évoque « un élément essentiel, souvent oublié, pour construire la paix »https://www.fides.org/fr/news/77685-Scelgo_di_non_odiare_dans_son_nouveau_livre_le_missionnaire_Pier_Luigi_Maccalli_evoque_un_element_essentiel_souvent_oublie_pour_construire_la_paixhttps://www.fides.org/fr/news/77685-Scelgo_di_non_odiare_dans_son_nouveau_livre_le_missionnaire_Pier_Luigi_Maccalli_evoque_un_element_essentiel_souvent_oublie_pour_construire_la_paix<p ><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Nn43H9M4S9g?si=AGhLF2fReOdGSIzb" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p><br /><br />Gênes – « La paix est une mission possible » : cette phrase, ainsi que de nombreuses autres réflexions et approfondissements riches de sens, constitue le fil conducteur du nouveau livre au titre tout aussi emblématique « Scelgo di non odiare »<br /> , publié par les éditions EMI et rédigé par le père Pier Luigi Maccalli, prêtre de la Société des Missions africaines.<br /><br />Le père Gigi a vécu dans sa chair « le visage cruel de la guerre », comme il l’écrit lui-même en référence à sa longue captivité au Sahel aux mains du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans . Le missionnaire, enlevé à Bomoanga au Niger, se dit « marqué à jamais » par ces deux ans et trois semaines passés en otage, qu’il a racontés dans son premier livre « Catene di Libertà » et de cette expérience terrible qui l’a inévitablement changé, comme il le souligne ensuite dans sa publication suivante de 2024, « Liberate la pace ».<br /><br />Dans « Scelgo di non odiare », l’auteur réfléchit à de nombreux aspects de notre quotidien ; il raconte être passé du silence du désert à un torrent de pensées. Il exprime son immense malaise face à ce que de nombreux puissants de ce monde qualifient de « guerre juste », la définissant, sous tous ses aspects, comme un « crime inadmissible pour la raison humaine ». « La guerre est l’exaltation de la destruction et de la mort, et la justice est l’harmonie des relations et la défense de la vie rétablie dans son droit », écrit-il à ce sujet. Après deux ans de captivité, de chaînes et d’humiliations, le père Gigi choisit de ne pas haïr, de pardonner et de proposer cette voie comme alternative à la logique du réarmement et de la « guerre juste » qui domine aujourd’hui. Il utilise des mots fermes et clairs pour exprimer son opposition totale à toute forme de haine, des mots forts comme « réarmement » utilisés très fréquemment, et il rappelle « un élément essentiel oublié pour construire la paix, non pas avec les armes, mais par une autre voie qui trouve son apogée dans l’amour de l’ennemi ».<br /><br />« Tu ne tueras point » et « ne réponds pas à la violence par la violence » sont les deux « non » incontournables que le missionnaire considère comme des moyens d’atteindre la paix et d’éviter la guerre. Le père Gigi a choisi de ne pas haïr ceux qui l’ont enlevé, il a choisi le pardon et la paix, en confirmant leur force dans « Scelgo di non odiare », dédié à tous ceux qui s’engagent avec un cœur désarmé pour le dialogue et la paix.<br /><br /> <br /><br />Thu, 14 May 2026 10:46:37 +0200AMÉRIQUE/BOLIVIE - Ascensión de Guarayos célèbre 200 ans de foi et de présence franciscaine en Amazonie boliviennehttps://www.fides.org/fr/news/77677-AMERIQUE_BOLIVIE_Ascension_de_Guarayos_celebre_200_ans_de_foi_et_de_presence_franciscaine_en_Amazonie_boliviennehttps://www.fides.org/fr/news/77677-AMERIQUE_BOLIVIE_Ascension_de_Guarayos_celebre_200_ans_de_foi_et_de_presence_franciscaine_en_Amazonie_bolivienneAscensión de Guarayos – La communauté du vicariat apostolique de Ñuflo de Chávez célèbre, du 13 au 15 mai, le bicentenaire de la fondation de cette localité historique de l’est de la Bolivie et du début de la mission franciscaine auprès du peuple guarayo, une présence qui a profondément marqué l’identité spirituelle et culturelle de la région.<br /><br />Sous la devise « Ascensión, deux siècles, une identité », les célébrations rassemblent des fidèles, des autorités civiles et religieuses, ainsi que des représentants des communautés autochtones. « Célébrer deux cents ans ne signifie pas seulement se souvenir du passé, mais assumer avec espoir la mission que le Seigneur nous confie aujourd’hui », écrit le frère Kasper Mariusz Kaproń, OFM, curé de la paroisse de l’Ascension du Seigneur, dans sa lettre publiée à l’occasion de cette commémoration.<br /><br />Fondée en 1826 par le franciscain José Gregorio Salvatierra, la mission d’Ascensión est devenue l’un des témoignages les plus marquants de l’évangélisation en Amazonie bolivienne. Depuis deux siècles, les frères de l’Ordre des Frères Mineurs accompagnent les communautés locales non seulement dans l’annonce de l’Évangile, mais aussi dans l’éducation, la formation musicale, la promotion humaine et la défense de la culture et de la langue guaraya.<br /><br />La région des Guarayos a commencé à être évangélisée à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les franciscains du Collège de Propaganda Fide de Tarata ont entrepris des expéditions dans les forêts de l'est de la Bolivie. Après des années de cohabitation et d'apprentissage de la langue et des coutumes du peuple guarayo, les missionnaires ont mis en place un réseau de réductions qui a favorisé l'organisation communautaire, l'agriculture, l'artisanat et la catéchèse. Ascensión de Guarayos fut l'une des fondations les plus importantes de ce processus et devint au fil du temps le principal centre religieux et culturel de la région.<br /><br />« Ascensión de Guarayos n’est pas seulement une ville chargée d’histoire ; c’est une communauté née de l’Évangile et façonnée par la foi de générations », poursuit le curé dans sa lettre, soulignant le lien profond qui unit l’identité du peuple à l’œuvre d’évangélisation lancée par les missionnaires franciscains.<br /><br />La paroisse de l'Ascension du Seigneur reste aujourd'hui encore un lieu où la vie pastorale est très animée. Les enfants et les jeunes participent activement à des chorales et à des orchestres qui perpétuent la tradition musicale héritée des anciennes missions.<br /><br />Selon les organisateurs, le programme du bicentenaire prévoit des célébrations eucharistiques, des processions et des manifestations culturelles alliant foi et identité autochtone. La célébration eucharistique principale sera présidée par l’Évêque auxiliaire de La Paz, Mgr Pedro Luis Fuentes Valencia. Par ailleurs, les organisateurs soulignent qu’« Ascensión ouvre ses portes pour partager la joie de ses habitants et la force d’une tradition qui reste vivante » .<br />Cette commémoration coïncide avec l’Année jubilaire marquant les 800 ans de la mort de saint François d’Assise.<br />« Le Christ nous rassemble et nous envoie : depuis les racines de notre histoire missionnaire vers une Église pascale et en sortie », affirme le curé en concluant son message, invitant la communauté à renouveler son engagement évangélisateur.<br /><br />L’expérience de ces deux siècles de mission, passés à accompagner et à protéger les peuples autochtones, à valoriser leur culture et leur langue, nous rappelle que l’évangélisation authentique passe par l’écoute et la promotion de la dignité des communautés autochtones, appelées à être les protagonistes de la vie ecclésiale et de la construction d’un avenir plus juste et plus durable pour l’Amazonie.<br /><br />Le Vicariat Apostolique de Ñuflo de Chávez, dont fait partie la paroisse d’Ascensión de Guarayos, a été érigé en 1951 et confié à la charge pastorale des franciscains. Il comprend les provinces de Guarayos et de Ñuflo de Chávez, dans le département de Santa Cruz, et s’étend sur environ 90 000 kilomètres carrés. Il dessert une population d’environ 196 000 habitants, dont plus de 159 000 sont catholiques, et compte 21 paroisses, 21 prêtres, 25 religieuses et 4 séminaristes. La juridiction ecclésiastique est actuellement dirigée par le vicaire apostolique, Mgr Bonifacio Antonio Reimann Panic . <br />Thu, 14 May 2026 10:41:06 +0200ASIE/INDE - Trois Pasteurs Baptistes de l'ethnie Kuki tués dans une embuscade au Manipurhttps://www.fides.org/fr/news/77684-ASIE_INDE_Trois_Pasteurs_Baptistes_de_l_ethnie_Kuki_tues_dans_une_embuscade_au_Manipurhttps://www.fides.org/fr/news/77684-ASIE_INDE_Trois_Pasteurs_Baptistes_de_l_ethnie_Kuki_tues_dans_une_embuscade_au_ManipurImphal - Lors d'une embuscade tendue à un convoi de chrétiens baptistes de l'ethnie kuki, dans l'État indien du Manipur, trois Pasteurs Baptistes ont été brutalement assassinés et d'autres ont été blessés. Cette embuscade, qui s'est produite le 13 mai vers 10 heures du matin, s'inscrit dans le contexte de forte instabilité qui règne au Manipur, un État du nord-est de l'Inde où sévit un conflit civil entre les communautés ethniques kuki et meitei , mais qui, ces derniers mois, a également impliqué la troisième ethnie présente dans l'État, le peuple Naga.<br /> <br />Comme l'indique à l'Agence Fides le United Christian Forum of North East India , l'embuscade tendue aux membres de l'Église baptiste s'est produite sur la route reliant Kangpokpi à Lamka, alors que la délégation rentrait d'une réunion ecclésiale. Selon les communautés Kuki, l'attaque aurait été perpétrée par un groupe armé Naga, mais l'enquête est en cours.<br />Le pasteur Vumthang Sitlhou, président de la « Thadou Baptist Association » , ainsi que les pasteurs V. Kaigoulun et le révérend Paogou ont été tués dans ce massacre. Parmi les blessés graves figurent quatre autres pasteurs, le révérend S.M. Haopu, le révérend Hekai Simte, le révérend Paothang et les deux chauffeurs.<br />À la suite de cet incident, les forces de l'ordre ont immédiatement mis en place un barrage sur la route nationale 2, une artère reliant le Manipur au Nagaland et au reste du pays, tandis que l'on craint une nouvelle escalade des affrontements intercommunautaires.<br /> <br />« Cet acte de violence brutal et inhumain a coûté la vie à d’innocents serviteurs de Dieu qui avaient consacré leur vie à la paix, au service et à l’élévation spirituelle de leurs communautés », a déclaré le porte-parole de l’UCFNEI, Allen Brooks, se disant « profondément choqué, attristé et angoissé ».<br />« Ces chefs religieux – souligne-t-il – n’étaient ni des combattants, ni des personnalités politiques : ce n’étaient que des guides spirituels, mais aussi des piliers d’espoir, de réconciliation et d’orientation morale dans une région longtemps marquée par le conflit. »<br />« Nous nous faisons l’écho de cette plainte alors que nous assistons au versement de sang innocent, le sang de ceux qui ont proclamé l’Évangile de la paix. Cette embuscade de sang-froid contre des hommes de Dieu représente une méchanceté et une inhumanité si profondes qu’elles ébranlent la conscience de toute personne civilisée », peut-on lire dans un communiqué de l’UCFNEI.<br />« Le meurtre de pasteurs baptistes appartenant à la communauté Kuki – poursuit la note – n’est pas simplement une attaque contre des individus ou une tribu, mais un assaut contre la foi chrétienne, le caractère sacré de la vie et le tissu même de la fraternité et de la sororité dans le nord-est de l’Inde. Aucune revendication politique ou ethnique ne peut jamais justifier le meurtre de pasteurs et d’agents ecclésiastiques non armés qui circulaient sur une voie publique ».<br />Le forum demande au gouvernement du Manipur et au gouvernement fédéral de mener une enquête approfondie afin d'identifier les coupables et de rendre justice sans délai. Il appelle également à une intervention urgente « pour promouvoir la réconciliation et le dialogue entre les communautés afin d'empêcher une nouvelle escalade de la violence » et, dans le même temps, pour « garantir la protection des communautés chrétiennes vulnérables et des chefs religieux de la région ».<br />Le United Christian Forum of North East India lance un appel : « Nous exhortons toutes les confessions chrétiennes, les organisations de la société civile et les personnes de bonne volonté du nord-est de l’Inde et du reste du pays à s’unir dans la prière, le jeûne et la défense pacifique de la justice. Que cette tragédie ne nous divise pas davantage, mais renforce notre détermination à nous opposer à la violence au nom du Christ, qui a dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne craignez point »".<br /> Wed, 13 May 2026 14:07:51 +0200AFRIQUE/CÔTE D'IVOIRE - Nomination d'un Évêque auxiliaire d'Abidjanhttps://www.fides.org/fr/news/77683-AFRIQUE_COTE_D_IVOIRE_Nomination_d_un_Eveque_auxiliaire_d_Abidjanhttps://www.fides.org/fr/news/77683-AFRIQUE_COTE_D_IVOIRE_Nomination_d_un_Eveque_auxiliaire_d_AbidjanCité du Vatican - Le Saint-Père a nommé Évêque auxiliaire de l’Archidiocèse métropolitain d’Abidjan le père Aguia Jean Martial Arnaud Kouamé, jusqu’à présent curé de la paroisse Saint-Ambroise Ma vigne, Ma Vie, en lui attribuant le siège titulaire de Sutunurca.<br />Mgr Aguia Jean Martial Arnaud Kouamé est né le 26 mars 1977 à Abidjan. Il a obtenu une licence en philosophie et une licence en théologie au Séminaire universitaire Saint-Paul VI. Il a été ordonné prêtre le 15 janvier 2005 pour l’Archidiocèse métropolitain d’Abidjan.<br />Il a occupé les fonctions suivantes et poursuivi ses études : vicaire de la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan et de l’église Saint-François-d’Assise de la Zinsel à Strasbourg ; Licence en droit canonique et master en philosophie et en histoire et philosophie des sciences à l’université de Strasbourg ; vicaire paroissial de la Bonne Nouvelle à Hem et de Saint-Fiacre à Dunkerque ; Licence en théologie morale à l’université de Lille ; Doctorat en éthique, option Éthique et religion, à l’université de Strasbourg ; Vicaire de la paroisse Notre-Dame du Chêne du Pays de Fleckenstein à Strasbourg ; Curé de la paroisse Saint-François-Xavier d’Abobo, à Abidjan ; Curé de la paroisse Saint-Ambroise Ma vigne Ma Vie à Abidjan .<br /> Wed, 13 May 2026 14:02:44 +0200AFRIQUE/KENYA - Nomination de L'Évêque de Wotehttps://www.fides.org/fr/news/77682-AFRIQUE_KENYA_Nomination_de_L_Eveque_de_Wotehttps://www.fides.org/fr/news/77682-AFRIQUE_KENYA_Nomination_de_L_Eveque_de_WoteCité du Vatican - Le Saint-Père a nommé Évêque du diocèse de Wote Mgr Simon Peter Kamomoe, jusqu’à présent Évêque auxiliaire et Administrateur Apostolique du siège vacant de ce même diocèse.<br />Mgr Simon Peter Kamomoe est né le 26 novembre 1962 à Gatundu et a été ordonné prêtre le 18 juin 1994.<br />Il a été nommé Évêque titulaire de Tubune en Numidie et Évêque auxiliaire de Nairobi le 13 février 2024, et a reçu la consécration épiscopale le 6 avril 2024. Par la suite, le 5 juillet 2025, il a été nommé Évêque auxiliaire de Wote et, le 16 septembre 2025, Administrateur Apostolique sede plena du même diocèse. Depuis le 25 mars 2026, il était administrateur apostolique sede vacante du diocèse de Wote.<br /> Wed, 13 May 2026 13:58:28 +0200À l'Urbaniana, les projecteurs sont braqués sur l'actualité de la « théologie contextuelle », au service de la missionhttps://www.fides.org/fr/news/77680-A_l_Urbaniana_les_projecteurs_sont_braques_sur_l_actualite_de_la_theologie_contextuelle_au_service_de_la_missionhttps://www.fides.org/fr/news/77680-A_l_Urbaniana_les_projecteurs_sont_braques_sur_l_actualite_de_la_theologie_contextuelle_au_service_de_la_missionRome - Lors de son discours d'ouverture à l'Université Pontificale Urbanienne le 12 mai, le Cardinal Víctor Manuel Fernández, Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, a choisi un sujet sensible pour aborder la théologie contextuelle : la doctrine de la guerre juste. « Prenons, par exemple, la doctrine de la guerre juste. Il est vrai que cette doctrine contient des éléments qui restent d’actualité. Le problème est qu’il existe aujourd’hui des groupes catholiques engagés en politique qui, sous l’impulsion de prêtres, utilisent cette doctrine pour justifier toutes les guerres comme des formes de « légitime défense ». En se fondant sur un prétendu besoin urgent de défense, ils relativisent ou interprètent de manière très large les conditions requises pour une guerre juste. Cela montre la nécessité d’adapter cette doctrine au contexte actuel, de la repenser et de la rendre beaucoup plus précise et véritablement significative », a-t-il déclaré.<br /><br />La théologie contextuelle comme lieu de discernement<br /><br />D’emblée, le ton est donné : la théologie contextuelle peut permettre de réfléchir aux catégories classiques afin d’éviter leur instrumentalisation. La théologie contextuelle apparaît alors comme un lieu de discernement sur la doctrine, plutôt que comme un foyer de relativisme. C’est notamment à partir de ce cas extrêmement parlant que la journée d’étude, intitulée « Pierres milliaires de la théologie contextuelle aujourd’hui », a exploré après le discours de bienvenue du Recteur, le professeur Vincenzo Buonomo, l’importance de cette « théologie fondamentalement contextuelle », à laquelle le Pape François notamment appelait de ses voeux dans le motu proprio Ad theologiam promovendam qualifié par le professeur Steve Bevans, autre prestigieux invité du colloque, de « véritable tournant magistériel ».<br /><br />Pour illustrer son propos, le cardinal a également témoigné de son expérience personnelle, revenant sur un épisode significatif. Dans un article de 2007, il avait pris la défense du prêtre et jésuite salvadorien Jon Sobrino, figure de la théologie de la libération, visé par une notification de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Dans cette notification, était condamnée une expression de Sobrino selon laquelle, dans la réflexion latino-américaine, les pauvres constituent un lieu théologique qui marque la réflexion dès le départ. La Notification s’y opposait soutenant que « le lieu théologique fondamental ne peut être que la foi de l’Église », mais surtout, elle concluait en disant : « D’autres points de départ du travail théologique risquent l’arbitraire et finissent par en altérer le contenu ».<br /><br />À ce propos, le cardinal a rappelé : « C’est pourquoi, dans cet article, j’ai soutenu que la foi de l’Église est certes le point de départ fondamental, le lieu principal théologique, mais que cela n’excluait pas d’autres points de départ complémentaires, et non alternatifs, qui viennent interroger toute réflexion « dès son commencement ». Et en ce sens, j’ai proposé de parler d’un « contexte immédiat inéluctable », intimement lié au point de départ fondamental qu’est la Révélation ».<br /><br />Lors de sa nomination au poste de Recteur de l’Université Pontifical Catholique d’Argentine en 2010, cet article a suscité des réserves à Rome et retarda l’octroi du nihil obstat. À la suite d’un échange avec le Dicastère, il publia en 2011 un deuxième texte, dans lequel il réaffirmait ses convictions mais clarifiait certains passages, ajoutant notamment que « c la foi de l’Église est certes le point de départ fondamental, le principal lieu théologique, mais que cela n’exclut pas d’autres points de départ complémentaires — non alternatifs — qui interrogent toute réflexion « dès le commencement ». Dans ce sens, j’ai proposé de parler d’un « contexte immédiat inéluctable », intimement lié au point de départ fondamental qu’est la Révélation. » Il continuait toutefois à soutenir que le simple fait d’accepter la tradition de l’Église peut nous laisser indifférents à l’histoire dans laquelle Dieu nous a insérés, si, en même temps, nous n’avons pas les yeux ouverts sur ce qui se passe autour de nous : « C’est pourquoi j’ai repris l’expression “contexte immédiat inéluctable”, en expliquant que ce contexte est inéluctable car « lorsqu’un théologien réfléchit, il ne peut ignorer complètement ou mettre entre parenthèses la situation douloureuse que la majeure partie du Peuple de Dieu endure là où il vit », et que le contexte « invite celui qui reçoit la Révélation à découvrir d’autres aspects de sa richesse inépuisable ».<br /><br />Le cardinal a conclu sa très riche intervention en rappelant que « le dialogue de la théologie avec le contexte et tout effort d’inculturation doivent partir du cœur de l’Évangile, le kérygme, et non de vérités périphériques », rappelant que « cette première annonce ne se trouve pas seulement au début, lorsque l’Évangile est porté à une personne pour la première fois » mais qu’elle « doit traverser toute la catéchèse et toute la théologie, dans tous ses thèmes, comme un fil conducteur central et constant ». « C’est l’annonce qui éveille l’expérience de la rencontre avec le Christ vivant, a-t-il affirmé C’est de là que jaillit tout processus de rencontre entre l’Évangile et le contexte d’un lieu déterminé. »<br /><br /><br />La contextualité dans la durée<br /><br /><br />À la suite de l’intervention du cardinal Fernandez, le professeur Stephen Bevans, grand missiologue, a rappelé que « le 1ᵉʳ novembre 2023 a marqué une étape majeure » avec la lettre apostolique Ad Theologiam Promovendam, où François invite à « un changement de paradigme » pour que la théologie soit « fondamentalement contextuelle » ; mais il a montré que cette orientation est enracinée dans l’histoire longue de la théologie. Depuis les différentes voix bibliques jusqu’aux grandes synthèses d’Augustin et de Thomas d’Aquin, la foi a toujours été pensée à partir de situations historiques particulières. L’affirmation de Nicée, selon laquelle le Verbe incarné est « de même substance que le Père », illustre ce mouvement : la doctrine a su « inclure les expressions et les formes de pensée de la philosophie contemporaine », sans trahir la foi. Plus près de nous, Rerum novarum de Léon XIII apparaît, pour Bevans, comme une théologie contextuelle forgée face aux maux de la révolution industrielle.<br /><br /><br />Le professeur et père Ambroise Atakpa, a pour sa part relié étroitement théologie contextuelle et pluralisme culturel. « La théologie contextuelle et le pluralisme culturel sont les deux faces d’une même médaille », estime‑t‑il, la première étant « la conséquence » du second. Il a rappelé l’Instruction de 1659 adressée aux missionnaires en Chine et en Indochine, qui avertissait : « Il n’y a rien de plus absurde que de vouloir apporter en Chine la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre partie de l’Europe. Ce n’est pas tout cela, mais la foi que vous devez apporter, foi qui ne rejette ni n’offense le mode de vie et les coutumes d’aucun peuple », lorsqu’ils ne s’opposent pas à l’Évangile.<br /><br /><br />Dans le prolongement de Vatican II, il a mis en lumière le texte de la Commission théologique internationale L’unité de la foi et le pluralisme théologique . Une thèse y affirme que « l’unité et la pluralité dans l’expression de la foi ont leur fondement ultime dans le mystère même du Christ », qui « dépasse les possibilités d’expression de n’importe quelle époque de l’histoire » ; une autre que, « à cause du caractère universel et missionnaire de la foi chrétienne, les événements et les paroles révélés par Dieu doivent être à chaque fois repensés, reformulés et à nouveau vécus à l’intérieur de chaque culture humaine », l’Évangile conduisant chaque culture « vers sa plénitude » tout en la soumettant à « une critique créatrice ».<br /><br /><br />Cinq continents en dialogue<br /><br /><br />La seconde partie de la journée a incarné ces perspectives dans des contextes concrets, grâce aux interventions de théologiens d’instituts affiliés à l’Université pontificale Ubaniana en Océanie, en Amérique latine, en Europe, en Asie et en Afrique.<br /><br /><br />En Océanie, la théologie naît littéralement de la montée des eaux. Face à la menace qui pèse sur des îles comme Kiribati ou Tuvalu, « beaucoup vivent avec la peur de perdre leur fonua , si profondément liée à leur identité et leur sentiment d’appartenance », a expliqué le père Toutaiolepo, qui avait fait une voyage de 20 heures d’avion pour être présent à ce colloque. Dans ce contexte, a‑t‑il souligné, « la théologie devient la voix prophétique qui défie l’injustice et promeut le soin de l’environnement », dans l’esprit de Gaudium et spes et de Laudato si’.<br /><br /><br />En Amérique latine, Juan Antonio Prado a rappelé que la théologie de la libération est née au croisement de la pauvreté et des politiques néolibérales. Ignacio Ellacuría parlait des « pauvres de la terre » comme du lieu où se décide la vérité de l’Évangile ; Gustavo Gutiérrez insistait sur le fait qu’« il ne sera pas possible de progresser en théologie de la libération si les pauvres ne rendent pas compte eux‑mêmes de leur espérance, depuis leur propre monde et avec leurs propres termes ». Dans cette perspective, les pauvres ne sont pas seulement objets mais sujets de la réflexion théologique.<br /><br /><br />L’Europe, elle, affronte un autre type de crise, a avancé le professeur Giuseppe Busani. Le jésuite Christoph Theobald décrit un « vide spirituel », dans un paysage où se manifeste aussi, selon le professeur, « une quête intense de spiritualité », mais « incertaine et désorientée ». On y trouve « un sentir sans paroles, un pressentir sans concepts » : Dieu n’est pas nié, mais « tenu pour indifférent ». En relisant Elmar Salmann, Bussani souligne que nous sommes passés d’une époque où « primait l’esprit sur le corps, l’unité sur la multiplicité » à un monde où la multiplicité, le corps, l’historicité et le sentiment prennent le dessus, sans que l’on sache encore « ce qu’il faudrait en faire sur le plan théologique ». D’où l’idée de présenter le christianisme non plus comme « une vérité idéologique », mais comme un « motif invitant », les mystères de la foi étant des « espaces et des passages » plutôt que des blocs à imposer.<br /><br /><br />En Asie, Mgr Peter Paul Saldanha a rappelé que, dans la ligne de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie, la mission se conçoit comme un « triple dialogue » avec les pauvres, les cultures et les religions. Il a évoqué la méthode anubhava–vichāra–ācāra , et cité Michael Amaladoss : « L’Orient donne la primauté à l’expérience. La praxis est plus importante que la théorie ; la praxis nourrit la théorie et parfois la remet en cause. » Il a montré comment les théologies asiatiques cherchent un langage inclusif, où « la réalité est dialogique, holistique et harmonieuse », et où l’on préfère parler de l’Absolu comme de « l’absolu‑dans‑le‑relatif ».<br /><br /><br />En Afrique enfin, le père Michel Wenceslas Tiendrebéogo a retracé le parcours d’une « théologie en contexte subsaharien » : de l’« adaptation » à l’« incarnation », puis à la libération et à la reconstruction. Les théologiens africains ont cherché dans leurs cultures des images capables de dire le Christ – « Ancêtre », « Aîné », « Maître d’initiation », « Guérisseur », « Chef » –, et l’option pour l’« Église‑Famille de Dieu », encouragée par Jean‑Paul II, est à ses yeux « le fruit effectif du dialogue de la théologie africaine avec son contexte ».<br /><br /><br />Une catholicité théologique<br /><br /><br />En conclusion, la journée de l’Urbaniana a dessiné une catholicité théologique, dans laquelle les théologies locales entrent en dialogue critique et fécond les unes avec les autres. Dans sa prolusion, le cardinal Fernández avait mis en garde contre un « blocage » de la pensée autour de la « théologie romaine classique » et de la théologie d’« Europe du Nord. » « Il faut parfois un fou, éperdument amoureux de sa terre et de son peuple, capable de distinguer l’Évangile de certaines strates culturelles qui s’y sont déposées sans constituer une partie essentielle de son message, et donc de le relire à la lumière de ce que vit son peuple. Il s’agit alors de provoquer ce que nous appellerions non seulement un « événement spirituel », mais aussi un « événement culturel et linguistique » qui permette au peuple de se sentir pleinement exprimé dans la proposition de l’Évangile.», a-t-il affirmé. <br /><br /><br />Steve Bevans a quant à lui rappelé que si les théologies contextuelles constituent un impératif, elle ne sont qu’un jalon d’un processus dont la prochaine étape pourrait être une « nouvelle catholicité » théologique où les théologies locales entrent en dialogue critique et fécond les unes avec les autres, afin de s'enrichir mutuellement. « La théologie ne peut s’épanouir que si elle est en contact avec les peuples du monde entier, avec l’Église tout entière, affirme-t-il. Je crois que plus nous sommes ouverts aux autres, plus nos propres théologies contextuelles s’épanouiront dans leur spécificité. Les théologies ne devraient jamais s’isoler les unes des autres. Les théologies peuvent toujours apprendre les unes des autres. »<br /><br /><br />Cette longue promenade parmi la théologie contextuelle est fondamentale car elle manifeste combien la réflexion sur la mission et l’inculturation ne peut se satisfaire de pétitions de principes et de slogans. Le passage par l’intelligence des situations et des contextes, loin d’ouvrir au relativisme ou à la sacralisation des cultures, permet au contraire une approche plus fine de la complexité du réel et de l’intelligence de la foi… au service de la mission. <br /><br /><br />Wed, 13 May 2026 13:53:04 +0200AFRIQUE/NIGERIA - Le père Nathaniel Asuwaye, enlevé en février, a été libéréhttps://www.fides.org/fr/news/77679-AFRIQUE_NIGERIA_Le_pere_Nathaniel_Asuwaye_enleve_en_fevrier_a_ete_liberehttps://www.fides.org/fr/news/77679-AFRIQUE_NIGERIA_Le_pere_Nathaniel_Asuwaye_enleve_en_fevrier_a_ete_libereAbuja - Le père Nathaniel Asuwaye, enlevé le 7 février 2026 , a été libéré. C'est ce qu'a annoncé aux fidèles le diocèse de Kafanchan dans un communiqué daté du 12 mai : « C'est avec une profonde gratitude envers Dieu que nous annonçons la libération du père Nathaniel Asukae, après trois mois de captivité. » « Nous sommes heureux de vous informer – poursuit le communiqué parvenu à l'Agence Fides – que le père Nathaniel est désormais en sécurité et reçoit les soins nécessaires. Son état est stable, il est de bonne humeur et vous remercie pour vos prières et votre soutien. »<br />Le père Nathaniel, curé de l’église de la Sainte-Trinité à Karku, dans la zone de gouvernement local de Kaura, dans l’État de Kaduna, avait été enlevé par des hommes armés dans son presbytère avec dix paroissiens aux premières heures du 7 février . Au moins trois personnes avaient été tuées lors de l’attaque.<br />« À la suite de cet enlèvement, rappelle le diocèse, nous avons invité les fidèles à prier pour sa libération. » « Fin avril, nous avons consacré le mois de mai à des prières incessantes lors de nos dévotions annuelles et d’autres moments de prière, en particulier pendant la messe » . « Dieu, qui n’abandonne pas ceux qui portent son nom et l’invoquent, a exaucé nos prières et a accordé le retour sain et sauf du père Nathaniel », conclut la note signée par le père Jacob Shanet, chancelier diocésain.<br />À l’heure actuelle, on est sans nouvelles du sort des 10 personnes enlevées avec le prêtre.<br />Avec la libération du père Nathaniel, au moins deux autres prêtres restent aux mains de leurs ravisseurs. Il s’agit du père Joseph Igweagu, du diocèse d’Aguleri, dans l’État d’Anambra, enlevé le 12 octobre 2022 ; et du père Emmanuel Ezema, du diocèse de Zaria, dans l’État de Kaduna, enlevé le 2 décembre 2025 . <br />Wed, 13 May 2026 12:45:55 +0200ASIE/CAMBODGE - Le Préfet Apostolique Figaredo : « Pour sortir de l'impasse dans le conflit entre le Cambodge et la Thaïlande, que chacun fasse sa part »https://www.fides.org/fr/news/77678-ASIE_CAMBODGE_Le_Prefet_Apostolique_Figaredo_Pour_sortir_de_l_impasse_dans_le_conflit_entre_le_Cambodge_et_la_Thailande_que_chacun_fasse_sa_parthttps://www.fides.org/fr/news/77678-ASIE_CAMBODGE_Le_Prefet_Apostolique_Figaredo_Pour_sortir_de_l_impasse_dans_le_conflit_entre_le_Cambodge_et_la_Thailande_que_chacun_fasse_sa_partBattambang - « Nous ne devons pas céder à l'indifférence ou à la haine. Il faut explorer des solutions pacifiques pour résoudre le conflit à la frontière avec la Thaïlande et tenter de rétablir une harmonie et une stabilité totales », déclare à l’Agence Fides Mgr Enrique Figaredo, Préfet Apostolique de Battambang, région touchée par la présence de réfugiés suite au conflit armé qui a éclaté à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge en 2025. Les deux États ont signé un cessez-le-feu en décembre 2025 et se trouvent aujourd’hui dans une impasse diplomatique, régie par un cessez-le-feu. Les combats à grande échelle ont cessé, mais les frontières restent fermées et les tensions politiques restent très vives.<br />Mgr Figaredo, qui est également président de Caritas Cambodge, s'efforce sans relâche de rendre visite et d'encourager les milliers de personnes déplacées en raison du conflit. Sa présence, dans des lieux et des situations marqués par la précarité, vise à témoigner de sa sollicitude et de sa solidarité, par le biais d'une aide matérielle, mais aussi à exprimer l'amour de Dieu envers les plus vulnérables.<br />Le Préfet Apostolique de Battambang a rendu visite ces derniers jours à des familles déplacées, leur apportant solidarité et réconfort. Parmi elles se trouvait une famille chrétienne de Battambang qui venait de s’installer dans un logement temporaire fourni par le gouvernement dans le district de Svay Chek, dans la province de Banteay Meanchey, après que leur maison eut été endommagée puis occupée par des soldats thaïlandais. L'Évêque raconte : « J'ai prié avec eux, nous avons lu la Parole de Dieu et j'ai béni leur nouvelle maison. Cette bénédiction n'était pas seulement un vœu de paix et de bien-être, mais aussi un rappel qu'ils restent sous la protection constante et aimante du Seigneur. »<br />D'autre part, Mgr Figaredo souhaite la réouverture de tous les postes-frontières, qui étaient franchis par des milliers de Cambodgiens et de Thaïlandais pour des raisons professionnelles. « Mais, pour cela, il faut rétablir la confiance et la compréhension fondées sur le respect mutuel. Nous demandons aux responsables politiques d’abandonner les discours haineux et de se concentrer sur les moyens de résoudre le différend », affirme-t-il. « Les deux parties pourraient aujourd’hui éviter de se focaliser sur des détails ou des divergences mineures et lever les yeux vers le bien supérieur de leurs peuples : la fin de la guerre et une paix durable », note-t-il.<br />« La montée du nationalisme dans les deux pays a exacerbé la situation, les revendications historiques étant utilisées pour rallier des soutiens au niveau national », a-t-il expliqué.<br />La question n’est pas seulement territoriale. En 1962, la Cour internationale de justice s’est prononcée en faveur de la souveraineté du Cambodge sur le temple de Preah Vihear, mais la zone environnante, d’environ 4,6 kilomètres carrés, est restée contestée. « Au-delà des questions territoriales, la situation implique la politique et les émotions », ajoute-t-il.<br />Cela inclut des facteurs tels que « la souveraineté nationale, la gouvernance et l’héritage historique, ainsi que des aspects émotionnels, comme le nationalisme, la fierté et l’histoire délicate entre les deux pays ».<br />« Dans cette situation, note le Préfet, le rôle de la société civile et des médias prend toute son importance, car ils peuvent contribuer à réduire – ou malheureusement aussi à exacerber – les tensions entre les deux pays ». C'est pourquoi « nous appelons à un effort collectif pour réduire au minimum la rhétorique incendiaire et nous concentrer sur la désescalade de la situation. « La négativité entourant le conflit – observe-t-il – a été alimentée par la désinformation et des récits exagérés dans les médias. Il est urgent de briser le cycle des provocations réciproques et de promouvoir une nouvelle approche fondée sur le respect, la réconciliation et la paix. Chacun doit et peut jouer son rôle, des deux côtés de la frontière ».<br /> Wed, 13 May 2026 12:43:26 +0200