Harare (Agence Fides) – Les Évêques du Zimbabwe se disent « profondément préoccupés » par le fait que la révision proposée de la Constitution « porte atteinte aux principes constitutionnels fondamentaux, affaiblit l'indépendance institutionnelle, réduit la participation démocratique directe et sape les garanties constitutionnelles contre la concentration et l'abus de pouvoir ».
En conséquence, ils exhortent « respectueusement le Parlement à rejeter les dispositions du projet de loi qui sont incompatibles avec la démocratie constitutionnelle, la souveraineté du peuple et la stabilité et l’intégrité à long terme de l’ordre constitutionnel du Zimbabwe ».
La prise de position des membres de la Conférence épiscopale catholique du Zimbabwe (ZCBC) a été exprimée dans une déclaration détaillée signée par le président et le vice-président, respectivement Mgr Raymond Mupandasekwa, Évêque de Masvingo et administrateur de Chinhoyi, et Mgr Rudolf Nyandoro, Évêque de Gweru. Dès le mois de mars, la ZCBC avait déjà exprimé son opposition à la proposition de réforme constitutionnelle présentée par la majorité gouvernementale (voir Fides 23/3/2026).
La note datée du 12 mai réaffirme que « l’Église catholique au Zimbabwe participe au processus constitutionnel non pas en tant qu’acteur politique, mais en tant que voix morale et civique engagée dans la défense de la dignité humaine, du constitutionnalisme, de la participation démocratique, de la justice, de la responsabilité et du bien commun. Les questions constitutionnelles ne sont pas de simples questions juridiques et techniques ; elles façonnent les fondements moraux et institutionnels sur lesquels repose la vie nationale ».
D'autres confessions chrétiennes, telles que le Zimbabwe Council of Churches (ZCC), l’Evangelical Fellowship of Zimbabwe, qui font partie, avec la ZCBC, du Zimbabwe Heads of Christian Denominations (ZHOCD), se sont opposées à la révision constitutionnelle ou ont appelé à la prudence en invoquant des objections similaires à celles présentées par les évêques catholiques (affaiblissement des garanties démocratiques, concentration du pouvoir exécutif, etc.)
Le Zimbabwe Indigenous Interdenominational Council of Churches (ZIICC), qui représente les confessions apostoliques, pentecôtistes, évangéliques et indigènes (et qui affirme représenter plus de 8,7 millions de fidèles), est quant à lui d’un tout autre avis et a fermement soutenu le projet de loi. Le ZIICC a présenté des pétitions affirmant que la réforme de la Constitution favorise la stabilité gouvernementale, la continuité des politiques du gouvernement et le développement national, et qu'elle s'aligne sur des principes bibliques tels que les cycles de sept ans.
L'amendement proposé prévoit notamment de remplacer l'élection directe du président par le suffrage universel par une élection par une séance conjointe du Parlement ; de prolonger la durée du mandat du président, du Parlement et des collectivités locales de 5 à 7 ans (avec la possibilité de prolonger le mandat du président Emmerson Mnangagwa, âgé de 84 ans, jusqu'en 2030) ; de permettre au président de nommer 10 sénateurs supplémentaires. (LM) (Agence Fides 18/5/2026)