ASIE/BANGLADESH - Dans la région tribale de Joypurhat, « le nouveau diocèse entre pauvreté et espoir », raconte Mgr Gomes

mercredi, 30 septembre 2026

Diocese of Joypurhat

par Paolo Affatato

Joypurhat (Agence Fides) – « Dans la pauvreté et la faiblesse, il y a la Providence de Dieu, il y a Son Esprit qui nous accompagne et nous apporte des dons qui nous surprennent. Nous en faisons l’expérience chaque jour dans la vie de notre communauté à Joypurhat, au nord-ouest du Bangladesh », déclare Paul Gomes, premier Évêque du nouveau diocèse de Joypurhat, créé le 25 mars 2026 par le Pape Léon XIV, issu des territoires des diocèses de Rajshahi et de Dinajpur, en tant que diocèse suffragant de l’archidiocèse métropolitain de Dacca, lors d’un entretien avec l’Agence Fides.
« Par exemple – raconte-t-il –, dans ce diocèse tout juste créé, les infrastructures restent à construire. Actuellement, je vis dans l’église paroissiale de Marie, Secours des Chrétiens, à Khanjanpur, confiée aux religieux salésiens, qui fait office de cathédrale. Nous devons concevoir et construire un véritable siège épiscopal et un centre pastoral : il y a beaucoup de bonne volonté, mais nous avons besoin d’aide et nous en recevons déjà beaucoup », déclare l’évêque, qui a pris ses fonctions dans le diocèse en juin dernier.

La communauté de Joypurhat compte environ 25 000 fidèles catholiques, répartis dans 13 paroisses, appartenant en grande majorité à des communautés autochtones et tribales, telles que les Santals, les Oraons, les Mahalis, les Mundas et les Paharias, qui caractérisent la population de l’ensemble du territoire de Joypurhat, soit environ 7,7 millions d’habitants.
L’Évêque indique que « les fidèles catholiques autochtones de la région comptent parmi les groupes les plus vulnérables socialement du Bangladesh. Ils vivent dans la pauvreté, travaillant principalement comme ouvriers agricoles à la journée ou comme petits agriculteurs. Ils souffrent d’une inégalité et d’une discrimination chroniques dans l’accès aux ressources et à la terre ». Les communautés autochtones de la région, rappelle-t-il, « sont également confrontées à l’analphabétisme, à la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles et à la migration vers les villes ou à l’étranger à la recherche d’un emploi ».

Dans un contexte géographique et social marqué par de graves difficultés, « la création du diocèse de Joypurhat a suscité un grand espoir chez tous, tant parmi les fidèles que dans les communautés musulmanes et hindoues de la région », souligne-t-il.
En effet, « l’Église catholique au Bangladesh est reconnue pour ses œuvres caritatives et pour la qualité de ses services sociaux, offerts sans aucune distinction de caste, de culture ou de religion », rappelle l’Évêque. Ainsi, « à Joypurhat, notre engagement se concentre sur deux axes fondamentaux pour le développement du territoire : créer des écoles accessibles à tous et renforcer les services de santé, en particulier dans les villages périphériques ». L’Église est déjà engagée dans la région à travers des actions dans les domaines de l’éducation, de la santé et des programmes de développement humain, notamment le microcrédit et la formation professionnelle. Ainsi, note l’Évêque, « la communauté catholique favorise l’inclusion sociale et un dialogue interreligieux quotidien qui contribue à désamorcer la violence sectaire qui traverse parfois la société ».

L’Évêque tient à souligner un aspect : « Dans un diocèse qui ne compte que 15 prêtres et 18 religieuses, les catéchistes et les laïcs sont des piliers irremplaçables de l’Apostolat et du service social ». « Dans les villages ruraux isolés, la survie même de la foi dépend de leur action quotidienne », reconnaît-il.
Dans le nord-ouest du Bangladesh, leur rôle est celui de « gardiens de la foi dans les périphéries », car de nombreux villages autochtones du diocèse se trouvent dans des zones isolées, difficilement accessibles aux prêtres, sauf à quelques occasions par an : « Les catéchistes laïcs vivent en permanence au sein de ces communautés : ils animent la prière dominicale de la Parole, veillent au bon fonctionnement et à l’animation des chapelles en terre et en bambou, assistent les malades et préparent les enfants et les adultes aux sacrements ».

« Les catéchistes – observe-t-il – sont, en outre, les acteurs principaux du processus d'inculturation de la foi : étant presque tous membres des tribus locales, ils surmontent les barrières linguistiques et culturelles, traduisent les textes sacrés et les chants dans les langues tribales et intègrent les symboles et les coutumes traditionnelles locales dans les célébrations. Ainsi, les gens perçoivent l'Évangile comme proche de leur identité et de leur vie. »

Par ailleurs, sur le plan sociopolitique, les laïcs jouent le rôle de médiateurs et de défenseurs des populations autochtones de Joypurhat, souvent victimes d’expropriations foncières illégales, de discriminations civiles et d’abus en raison de leur vulnérabilité sociale et de l’analphabétisme : « Les laïcs catholiques, souvent formés dans le cadre des programmes diocésains et de Caritas Bangladesh, aident les chefs de village à défendre leurs droits légaux, à protéger leurs biens ancestraux et à dénoncer les violations », explique Mgr Gomes.

Compte tenu des grands besoins pastoraux d’une Église naissante, les laïcs coopèrent activement à l’organisation de rencontres pastorales et encouragent les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, en accompagnant les jeunes dans leur cheminement vocationnel, « afin qu’ils soient des acteurs à part entière dans l’Église et dans la société ».
Dans le nouveau diocèse, conclut donc l’Évêque, l’évangélisation et la promotion humaine vont de pair, « au sein d’une communauté catholique jeune, pauvre, mais qui a confiance dans le fait que, comme le dit le psaume, le Seigneur achèvera son œuvre ».
(Agence Fides 30/09/2026)


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