Port-au-Prince (Agence Fides) – Au moins une vingtaine de personnes ont été tuées ce week-end dans la commune de Gressier, en périphérie de la capitale haïtienne, Port-au-Prince.
L'incident le plus grave remonte au 31 juillet, lorsque 18 personnes qui circulaient à moto ont été tuées par des membres de « Viv Ansanm », une coalition regroupant plusieurs gangs criminels. Les habitants n’ont pu récupérer que huit corps, dont sept en état de décomposition après avoir été brûlés par les agresseurs. D’autres victimes (dont certaines provenaient de la région du Grand Sud et étaient de passage) sont toujours portées disparues ; leurs proches ne parviennent pas à récupérer les corps. Les violences se sont étendues à la ville d’Échalot, où des maisons et des véhicules ont été incendiés.
Les autorités sont critiquées pour leur silence et leur inaction, notamment pour ne pas avoir apporté leur aide lors de la récupération des corps, alimentant ainsi un sentiment d’abandon. Gressier subit depuis des années une pression intense de la part des gangs criminels.
Viv Ansanm (VA) est né en septembre 2023 de la fusion des gangs haïtiens G-9 et G-Pèp, dirigés par Jimmy Chérizier, ancien officier d’élite de la Police nationale haïtienne (HNP). Depuis février 2024, VA a coordonné des offensives à grande échelle contre les institutions de l’État, consolidant son contrôle sur plus de 90 % de Port-au-Prince et étendant son influence aux départements de l’Artibonite, du Centre et de l’Ouest, trois des dix départements d’Haïti (sur les gangs haïtiens, voir également Fides du 10/02/2024 et Fides du 17/02/2024). (LM) (Agence Fides 5/8/2026)