Abuja (Agence Fides) – Déclarer l’état d’urgence dans la région du nord-ouest du Nigeria en raison de l’instabilité provoquée par le banditisme et le terrorisme djihadiste. C’est ce qu’a demandé Jude Akwo, responsable du programme pour la bonne gouvernance de Caritas Nigeria, au gouvernement fédéral d’Abuja, afin d’aider les populations de la région, contraintes de fuir en raison des violences commises par les djihadistes et les bandits.
M. Akwo a lancé cet appel lors de son intervention à l’occasion d’un séminaire d’une journée consacré au dialogue politique, qui s’est tenu à Sokoto, capitale de l’État du même nom, dans le nord-ouest du Nigeria.
Selon Akwo, une déclaration officielle de l'état d'urgence permettrait de mettre en place une réponse humanitaire coordonnée, similaire à celle mise en œuvre dans le nord-est, en mobilisant les autorités fédérales et les organisations humanitaires internationales. Cela permettrait notamment de créer des camps correctement gérés pour les personnes déplacées à l'intérieur du pays dans les communautés ravagées par le banditisme et le djihadisme.
Le responsable de Caritas Nigeria a souligné qu’à l’heure actuelle, la plupart des campements pour personnes déplacées à l’intérieur du pays dans la région sont informels et dépourvus d’infrastructures et de protection de base, laissant ces personnes, en particulier les femmes et les enfants, sans défense et exposées à de nouveaux abus.
Akwo s’est ensuite attardé sur la contribution des femmes au soutien des communautés victimes de violences. « Nous voulons aller au-delà du discours sur la victimisation des femmes », a-t-il déclaré. « Nos résultats montrent que les femmes jouent un rôle significatif dans les mécanismes d’alerte précoce et d’intervention rapide. Elles ont développé des stratégies au niveau communautaire pour faire face aux conflits et ont pris en charge des enfants et des familles dont des proches ont été enlevés. »
« Les femmes – poursuit Akwo – ont créé des réseaux de soutien qui prennent soin des survivants. Grâce à des groupes d’épargne et de crédit au niveau des villages, elles contribuent à aider les familles touchées et, dans certains cas, collectent même de l’argent pour payer les rançons. »
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), fin 2025, 2 333 190 personnes déplacées à l’intérieur du pays, appartenant à 478 229 foyers, avaient été recensées dans le nord-est du Nigeria, où l’état d’urgence humanitaire a été proclamé.
Toujours selon les données de l’OIM, en octobre 2025, on comptait 1 378 124 personnes déplacées à l’intérieur du pays dans le nord-ouest de la Fédération. L'OIM cite comme principales causes de ces déplacements le banditisme armé et les enlèvements (54 %), les affrontements entre agriculteurs et éleveurs (33 %), les conflits intercommunautaires (7 %), les catastrophes climatiques (3 %) et l'insurrection djihadiste (2 %). (LM) (Agence Fides 20/7/2026)