Le Cap (Agence Fides)- « Je souhaite que nos Églises, à tous les niveaux, favorisent et soutiennent un dialogue sincère qui rassemble les habitants locaux, les ressortissants étrangers et leurs organisations, les entrepreneurs et leurs associations, ainsi que les autorités. » C’est en ces termes que Mgr Sithembele Anton Sipuka, Archevêque du Cap et président du Conseil sud-africain des Églises (SACC), a lancé un appel au dialogue pour faire face à la vague de xénophobie qui, depuis des semaines, prend pour cible les communautés étrangères présentes en Afrique du Sud (voir Fides 10 /6/2026).
Ces violences et intimidations n’épargnent même pas les églises dirigées par des étrangers et actives dans le pays, comme le dénonce le SACC, l’organisme œcuménique qui rassemble les principales confessions chrétiennes sud-africaines. Selon le Conseil, des cas d’insultes verbales, de graffitis intimidants sur les murs des églises et, dans des cas isolés, de menaces de violence physique à l’encontre d’étrangers appartenant à des communautés ecclésiales recevant des dons de l’étranger ont été signalés.
Bien qu’il ne mentionne pas d’épisodes spécifiques, le SACC souligne que ces comportements rappellent des situations antérieures dans lesquelles des ONG affiliées à des pays étrangers ont subi des réactions similaires. L’organisme réaffirme en outre que tous les groupes religieux, quelles que soient leurs sources de financement, ont droit à la même protection prévue par la loi.
Dans son appel au dialogue, Mgr Sipuka souligne que le débat doit reposer sur l’écoute « des doléances légitimes des communautés, en demandant des comptes aux responsables d’infractions, quelle que soit leur nationalité, ainsi qu’aux chefs d’entreprise qui embauchent des ressortissants étrangers en les sous-payant, au mépris du respect des salaires équitables et des obligations en matière de travail ».
« L’Église estime que les doléances légitimes méritent d’être entendues, mais qu’aucune doléance ne peut justifier la violence, l’intimidation, la formation de groupes d’autodéfense ou le fait de prendre pour cible des personnes innocentes en raison de leur nationalité », a ajouté l’Archevêque.
Mgr Sipuka a également invité les conseils des Églises jumelées de toute la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (Southern African Development Community – SADC) à s’engager dans le dialogue, « en reconnaissant que la migration est un défi régional qui exige solidarité, coopération et compréhension à l’échelle régionale ».
Le porte-parole de l’African Diaspora Forum (ADF), Bongani Mkwananzi, a déclaré que « l’ADF rejette les ultimatums xénophobes et toute tentative visant des personnes simplement parce qu’elles sont étrangères ». Dans le même temps, il a admis que « nous ne pouvons ignorer l’inquiétude croissante de l’opinion publique face à la prolifération de certains soi-disant prophètes, d’églises clandestines et d’organisations religieuses qui semblent davantage intéressées par le fait de tirer profit des personnes vulnérables ».
« Quiconque, quelle que soit sa nationalité, exploite et trompe des personnes innocentes devra en répondre devant la loi », a conclu M. Mkwananzi. (LM) (Agence Fides 23/6/2026)