Mogadiscio (Agence Fides)- La situation est tendue à Mogadiscio, où, dans le quartier d’Abdiaziz, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des habitants qui manifestaient contre la démolition de leurs habitations. Les affrontements ont éclaté près de la route menant à Lido Beach, à proximité du siège du service des transports de la police, alors que les manifestants s’opposaient au personnel de sécurité. Selon certains témoins, les forces de l'ordre ont tiré pour disperser la foule, qui a riposté en lançant des pierres sur les agents. Les affrontements ont contraint de nombreux habitants à fuir certaines zones du district, alimentant les craintes d'une nouvelle escalade de la violence.
La tension était déjà vive depuis le 10 juin, date à laquelle un important dispositif de sécurité avait été déployé dans le quartier de Wadajir, dans les zones adjacentes à l’hôtel Al Jazeera, près de l’aéroport international Aden Adde, où résident certains des principaux représentants de l’opposition. Au cours de la nuit, toutefois, un assouplissement partiel des mesures de sécurité avait été observé.
Les deux districts, Abdiaziz et Wadajir, ne sont pas contigus, mais ces deux incidents sont liés à la crise politique qui a éclaté à la suite de la décision du président Hassan Sheikh Mohamud de prolonger son mandat, arrivé à échéance le 15 mai, alors que celui du Parlement avait pris fin le 14 avril. Selon Mohamud, les amendements constitutionnels approuvés par le Parlement en début d'année prolongeraient la durée des deux mandats et entraîneraient le report des élections. L'opposition conteste cette interprétation, la jugeant inconstitutionnelle.
Les manifestations organisées par l'opposition ont été réprimées par la force. Les affrontements ont commencé le 3 juin dans les quartiers du centre-ville, notamment à Howlwadag, et se sont rapidement étendus à Abdiaziz — où se trouve une résidence utilisée par l'ancien président Sharif Sheikh Ahmed pour coordonner les activités de l'opposition —, à Wadajir, Hodan et dans d'autres quartiers de la capitale. Les violences ont fait des dizaines de morts, des centaines de blessés et provoqué la fuite de milliers d’habitants des zones touchées.
Pour aggraver encore la tension, un groupe d'hommes armés, qui appartiendraient à un clan de la région du Moyen-Shabelle, a bloqué la principale artère côtière à la sortie de Mogadiscio. Il s'agit d'un corridor stratégique pour le commerce et les transports, qui relie la capitale somalienne à certaines zones des régions de Galgaduud et Hiiraan. Ce blocage devrait interrompre le trafic de marchandises, les transports publics et les déplacements des civils le long de l'autoroute. Pour l'instant, les motivations de cette action ne sont pas connues, mais le lien avec la situation de profonde incertitude politique dans laquelle le pays a sombré semble évident. (LM) (Agence Fides 11/6/2026)