Khartoum (Agence Fides) – Les vols à destination et en provenance de la capitale Khartoum ont été suspendus après que, le 5 mai, des drones ont pris pour cible l’aéroport et d’autres quartiers de la ville.
L’aéroport, qui constitue un centre névralgique pour la distribution de l’aide humanitaire, a été pris pour cible par des drones qui, selon les autorités de Khartoum, provenaient d’Éthiopie. Ces engins de fabrication turque, toujours selon les autorités soudanaises, auraient été achetés par les Émirats arabes unis et expédiés vers la base aérienne éthiopienne de Bahir Dar, d’où ils sont lancés contre des cibles soudanaises. En réponse à ce bombardement, Khartoum a rappelé son ambassadeur d’Addis-Abeba (voir Fides 5/5/2026).
Les Émirats arabes unis ont démenti les accusations du Soudan selon lesquelles ils seraient impliqués dans l'attaque de l'aéroport de Khartoum, tout comme l'Éthiopie qui, à son tour, a accusé les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, de soutenir les rebelles tigréens du Front populaire de libération du Tigré (TPLF).
L'attaque par drone contre l'aéroport de Khartoum, qui a entraîné la suspension des vols, a été condamnée par plusieurs pays arabes (Arabie saoudite, Égypte, Qatar, Koweït et Yémen) ainsi que par la Ligue arabe et la Ligue islamique mondiale, tandis que les Nations unies ont fait part de leur inquiétude face à cette attaque. Les États-Unis et l'Union européenne ont appelé à la fin des attaques.
La Turquie, qui soutient les Forces armées soudanaises (SAF) d'al-Burhan contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) dirigées par Mohammed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », est l'un des plus grands fabricants de drones de combat au monde. Les industries turques fournissent également leurs drones aux Émirats arabes unis qui, comme indiqué, sont accusés par le gouvernement de Khartoum de les avoir fournis aux RSF et même d’utiliser une base éthiopienne pour frapper le territoire soudanais. La vidéo diffusée par le Commandement général des Forces armées soudanaises, qui montre un drone des SAF de fabrication turque abattre un drone du même modèle appartenant aux RSF, ne semble donc pas invraisemblable. Un vieux film italien écrit et interprété par Alberto Sordi s’intitulait « Tant qu’il y a la guerre, il y a de l’espérance ». Pour les fabricants et les trafiquants d’armes, bien sûr. (LM) (Agence Fides 7/5/2026)