par les Filles de Marie Auxiliatrice en Guinée équatoriale
Malabo (Agence Fides) – Au-delà des informations générales habituelles sur la République de Guinée équatoriale, il est important de souligner que le pays se présente au monde comme une terre pleine de vie, où nature et culture coexistent et interagissent constamment. Dans ses forêts tropicales denses, le vert n’est pas seulement une couleur, mais une manifestation de la vie qui grandit, se transforme et se renouvelle sans cesse. Chaque arbre, chaque rivière et chaque brise marine semblent murmurer des histoires anciennes qui résonnent encore aujourd’hui. La vitalité de cette nation ne se limite pas à sa géographie. Elle bat aussi dans son peuple, dans la diversité de ses communautés et dans la richesse de ses traditions. Les danses, les chants et les langues transmis de génération en génération témoignent d’une identité qui n’est pas restée figée, mais qui s’est adaptée sans perdre son essence. Ici, la continuité n’est pas statique ; c’est le mouvement, c’est la mémoire en action. De même, la mer qui borde ses côtes n’est pas une frontière, mais un pont. Elle relie, nourrit et façonne une relation profonde entre les êtres humains et leur environnement. La vie dans cet État d’Afrique centrale repose sur cet équilibre entre la nature et l’homme, entre tradition et modernité. Terre vivante, tissée de visages, d’histoires et d’espérances, ce n’est pas seulement un espace géographique, mais un lieu où la vie s’exprime intensément dans la diversité de ses cultures, dans la richesse de ses traditions et dans la force de son peuple. Cela signifie que la culture générale des Équato-Guinéens soutient la vie grâce à un lien profond avec l’humanité, avec un sens aigu de la préservation des valeurs ancestrales telles que la solidarité, la famille et le respect des aînés – des valeurs renforcées par l’identité de chaque individu et par son rôle au sein de la communauté. Les femmes jouent un rôle essentiel dans la société, en transmettant la vie, les valeurs et la foi. Les jeunes représentent une force créative en constante évolution, capable d’intégrer la tradition à de nouvelles formes d’expression. Cette coexistence entre l’ancien et le nouveau n’est pas une tension, mais une richesse, où le savoir se transmet de génération en génération, non seulement par les mots, mais aussi par les gestes, les rites et les cérémonies traditionnelles ainsi que par la vie en communauté.
Dans ce contexte, pour la population de la Guinée équatoriale, la visite du Pape Léon XIV n’est pas seulement une « visite ». Ce n’est pas simplement un événement, mais un signe de communion et de reconnaissance. Les préparatifs mobilisent l’ensemble de la population, suscitant enthousiasme, joie collective, mobilisation institutionnelle et unité au sein de la communauté chrétienne. Se distinguent l’accueil populaire, l’attente spirituelle et l’espoir d’un renouveau religieux, compte tenu de la crise actuelle de la foi, du recul de la pratique religieuse chez les jeunes, de l’influence des nouvelles Églises et d’un syncrétisme très marqué. Ce sont pour nous des signes encourageants et rassurants. Il convient toutefois de souligner que la visite du Saint-Père est considérée comme une visite d’État et d’Église et, à ce titre, elle est organisée dans tout le pays par le gouvernement, l’Église et la société civile. Un appel public a été lancé pour participer aux événements, toute la presse nationale a été mobilisée pour la couverture médiatique et des vêtements créés pour l’occasion ont été distribués aux communautés les plus défavorisées, car il s’agit de l’un des événements les plus importants du pays depuis quarante ans. La dernière fois que l’Évêque de Rome a été reçu dans le pays remonte à 44 ans.
Les cathédrales et les stades de Malabo et de Bata, les prisons, le monument aux morts du 7 mars, la basilique de Mongomo, l'Université nationale (Léon IV), entre autres, deviennent des symboles de changement, de nouveaux départs et, surtout, de foi vivante. L'attente de cet événement important est certainement vécue comme une période de préparation intérieure. Dans nos villes et nos communautés, de Malabo à Bata, s'est éveillé un désir sincère de renouveau spirituel, d'écoute et de communion. Il ne s'agit pas seulement d'espaces géographiques, mais de véritables sources de renouveau. Partout où le Pape est présent, la foi se ravive, l'engagement se renforce et l'identité chrétienne du peuple de Guinée équatoriale se renouvelle. Ces lieux resteront gravés dans une mémoire vivante qui nous inspire à regarder l’avenir avec confiance, nous encourageant à construire une société plus juste, plus humaine et plus compatissante. En réalité, il ne s’agit pas seulement de voir le Pape, mais d’accueillir le message qu’il apporte, de nous laisser interpeller par sa présence et d’ouvrir de nouvelles voies dans notre vie personnelle, ecclésiale et sociale.
La visite de l'Université nationale de León IV souligne l'importance que le peuple de Guinée équatoriale accorde à l'éducation en tant que pilier de la formation d'individus critiques et responsables, capables de contribuer au développement du pays. C'est le fondement qui permet de vaincre la pauvreté, de renforcer les institutions et d'ouvrir des perspectives aux nouvelles générations. Il s'agit donc d'une occasion privilégiée de reconnaître et d'apprécier la richesse des cultures de la Guinée équatoriale : les langues, les traditions et le sens profond de la communauté et de la vie. Chez les Fang, les Bubi, les Ndowé, les Annobonais, les Bisio, les Balengue et d'autres peuples, on retrouve des valeurs profondément évangéliques : l'hospitalité, la solidarité, le respect de la vie et l'ouverture à Dieu. Le peuple de Guinée équatoriale croit fermement que la culture n’est pas un obstacle, mais plutôt une voie privilégiée pour rencontrer l’Évangile. C’est un trésor qui n’appartient pas seulement à l’Afrique, mais qui enrichit toute l’Église universelle. La religion, en particulier la tradition catholique qui s’est consolidée après la visite de Jean-Paul II, apporte des valeurs telles que la solidarité, le respect, la justice et la coexistence pacifique. L’éducation et la religion ne s’opposent pas, mais se complètent : l’une façonne l’esprit et l’autre guide le cœur, et la culture est considérée comme la véritable voie vers le développement humain intégral. Ainsi, plutôt que d’apporter quelque chose de complètement nouveau, la visite du Pape vient confirmer, soutenir et encourager ce qui est déjà en train de grandir dans nos communautés, dans les familles, parmi les jeunes, dans les paroisses et dans les établissements scolaires : les graines de bonté que l’Esprit a déjà semées. La présence du Saint-Père les renforce, les rend visibles et nous encourage à ne pas nous décourager. C’est une invitation à nous engager avec plus de courage dans la construction du bien commun en Guinée équatoriale.
(Agence Fides 27/3/2026)