AFRIQUE/ZIMBABWE - « La proposition de modification de la Constitution remet en cause les fondements mêmes de notre vie en société », affirment les Évêques

lundi, 23 mars 2026

Harare (Agence Fides) – « Le projet de loi visant à modifier la Constitution du Zimbabwe (n° 3) de 2026 remet en cause les fondements mêmes de notre vie en société », affirme un message pastoral de la Conférence épiscopale du Zimbabwe (Zimbabwe Catholic Bishops’ Conference, ZCBC). La proposition de modification constitutionnelle prévoit notamment de porter la durée des mandats présidentiels et parlementaires de cinq à sept ans, prolongeant ainsi le mandat du président en exercice, Emmerson Mnangagwa, âgé de 84 ans, jusqu’en 2030. La révision constitutionnelle prévoit également de remplacer l’élection présidentielle directe par le peuple par une élection parlementaire du chef de l’État et de confier à l’exécutif le contrôle des principales institutions de l’État.
Dans leur déclaration du 19 mars, les Évêques affirment que la proposition de modification constitutionnelle « soulève de profondes questions sur la gouvernance, sur la relation de confiance entre le gouvernement et la population et sur la poursuite du bien commun, c'est-à-dire les conditions qui permettent à chaque personne et à chaque communauté de prospérer dans la dignité et la paix ».
Les membres de la ZCBC soulignent que « notre Constitution est plus qu'une simple loi ; c'est un pacte solennel, né de la volonté écrasante des Zimbabwéens en 2013, qui incarne nos espoirs collectifs de justice, d'unité, de paix et de prospérité ».
La Constitution actuelle a été adoptée en 2013, alors que le président Robert Mugabe était au pouvoir depuis 33 ans. Pour contrer son autoritarisme et l'omniprésence de l'influence de son parti, le Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (ZANU-PF), la Constitution de 2013 a introduit une limite de deux mandats pour la présidence, ainsi que des règles visant à garantir l'impartialité dans la nomination des juges et du procureur général. Cinq commissions indépendantes ont également été créées : la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) ; la Commission des droits de l'homme du Zimbabwe (ZHRC) ; la Commission pour l'égalité des sexes du Zimbabwe (ZGC) ; la Commission des médias du Zimbabwe (ZMC) ; et la Commission nationale pour la paix et la réconciliation (NPRC).
Les Évêques rappellent que « toute autorité légitime émane du peuple ». « Cette vérité, ancrée dans notre humanité et reprise par la sagesse sacrée, a été réaffirmée lors des élections de 2023, lorsque les citoyens ont confié à leurs dirigeants un mandat de cinq ans qui prendra fin en 2028 ».
« Comme l'enseigne l'Écriture, les pouvoirs publics sont « institués par Dieu » pour servir le bien de tous, et non le leur. Pourtant, les propositions qui transfèrent le pouvoir de l’électorat à une poignée de personnes – telles que l’affaiblissement des élections présidentielles directes, la prolongation des mandats sans nouveau consentement ou le contournement de garanties telles que les référendums – sapent cette confiance sacrée », affirment les membres de la ZCBC.
Le message se termine en rappelant l’importance de la force et de l’indépendance des institutions pour vivre dans un pays pacifique et démocratique. « La paix ne se construit pas par la force, mais à travers des institutions justes, transparentes et indépendantes », soulignent les Évêques. « Les organes électoraux, judiciaires et de réconciliation doivent servir chaque citoyen de manière équitable, en favorisant la guérison de notre terre divisée. » « Affaiblir le contrôle électoral, les nominations judiciaires ou les commissions indépendantes sape la confiance de la population et aggrave les blessures présentes dans la société. » (LM) (Agence Fides 23/3/2026)


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