Accra (Agence Fides) – « Lorsque l'autorité publique est vendue à des fins lucratives et que la destruction de l'environnement devient une source de revenus, l'État de droit s'affaiblit et le bien commun est compromis », affirment les Évêques du Ghana dans une déclaration sur le scandale concernant la corruption de certains fonctionnaires publics par les exploitants de mines illégales (appelées « Galamsey ») dans le district central d'Amansie, dans la région d'Ashanti.
Une enquête menée par la chaîne de télévision JoyNews intitulée « Une taxe pour Galamsey : le racket des extorsions qui alimente l'activité minière illégale » a mis au jour la corruption de certains fonctionnaires locaux et gouvernementaux qui, en échange de paiements illicites, fermaient les yeux sur les activités minières non autorisées.
La Conférence épiscopale exprime sa « sincère gratitude » aux auteurs de l'enquête journalistique « pour leur professionnalisme et leur engagement en faveur de la vérité ». « À une époque où la recherche de la vérité peut entraîner des coûts importants, leur travail est au service du bien commun, soulignant l'importance d'une presse libre et responsable dans la sauvegarde de la démocratie », affirme la déclaration reçue par l'Agence Fides.
En entrant dans le vif du sujet, les Évêques soulignent que cette enquête « présente des preuves de ce qui semble être un système fiscal parallèle en vigueur dans le district central d'Amansie, dans lequel les institutions publiques chargées de protéger l'environnement et de faire respecter la loi auraient participé aux mêmes activités qu'elles étaient censées prévenir ».
Le document rappelle que « au cours des trente dernières années, nous, Évêques catholiques du Ghana, avons constamment dénoncé les conséquences environnementales et sociales de l'exploitation minière illégale » (voir Fides 27/7/2017 ; 17/10/2022 ; 9/10/2024 ; 21/11/2024 ; 11/11/2025 ; 19/11/2025).
Les Évêques ont notamment dénoncé les graves dommages environnementaux et sociaux causés par les mines illégales, qui déversent des déchets hautement toxiques dans les rivières : « Les cours d'eau sont pollués, les terres agricoles dégradées et les communautés contraintes de se déplacer. Plusieurs familles ont été touchées par la perte d'êtres chers en raison de pratiques minières dangereuses. Les effets à long terme sur la santé publique et la durabilité écologique restent graves ».
« Le défi posé par l'exploitation minière illégale est donc une question d'importance nationale. Il concerne la protection de l'environnement, la gouvernance légale et la responsabilité envers les générations futures. Ce moment exige clarté, intégrité et leadership résolu ».
La Conférence épiscopale recommande donc d'adopter les mesures proposées par les journalistes de JoyNews : enquête indépendante lancée par le président ; suspension des fonctions publiques des fonctionnaires cités dans le documentaire jusqu'à la fin de l'enquête ; enquête financière sur l'assemblée du district central d'Amansie ; création d'un organisme national de surveillance des activités minières illégales. (LM) (Agence Fides 19/2/2026)