Abuja (Agence Fides) – « Plus de 80 personnes ont été tuées jusqu'à présent, beaucoup d'autres ont été blessées, tandis que plus de 200 communautés et églises ont été détruites et plus de 90 000 chrétiens ont été contraints de quitter leurs maisons », a dénoncé le père James Yaro, Vicaire Apostolique de Wukari, qui a mené la marche de protestation du clergé des diocèses de Wukari et de Jalingo qui s'est tenue hier, 12 février, à Jalingo, capitale de l'État de Taraba, dans l'est du Nigeria.
La marche a été organisée pour demander une intervention immédiate du gouvernement afin de mettre fin à la vague de meurtres, d'enlèvements et de destructions qui frappe les communautés agricoles chrétiennes, en particulier la population Tiv dans le sud de Taraba, où, selon le père Yaro, « un génocide contre les chrétiens » est en cours.
Selon les organisateurs de la manifestation, les attaques se concentrent dans les zones gouvernementales locales de Takum, Donga et Ussa. Elles sont perpétrées par des milices fulani, qui frappent généralement la nuit, tuant tous ceux qui se trouvent à leur portée, pillant et incendiant les maisons et les églises.
Ainsi, selon le père Yaro, « les milices fulani ont réussi à prendre le contrôle de fermes entières appartenant à des familles chrétiennes et ont désormais commencé à récolter les produits agricoles des communautés déplacées pour nourrir leurs animaux ». « Elles ont également commis d'innombrables atrocités, telles que des viols, et parfois elles bloquent les routes et tuent des agriculteurs inoffensifs », rapporte le Vicaire Apostolique.
Le père Yaro demande « qu'un nombre suffisant de personnel de sécurité soit mobilisé et déployé d'urgence à l'intérieur des terres, où ce carnage se poursuit sans relâche ». « Le gouvernement, à tous les niveaux, doit s'engager à garantir la sécurité et à traduire en justice les complices et les auteurs de ces crimes odieux contre l'humanité, indépendamment de leur appartenance ethnique, politique et religieuse ».
Le Vicaire Apostolique de Wukari insiste également sur la situation difficile des personnes déplacées à l'intérieur du pays, qui « nécessite une intervention immédiate de la part du gouvernement, des agences humanitaires, des ONG, des philanthropes et des personnes de bonne volonté ».
« Les besoins urgents des personnes déplacées comprennent, entre autres, des denrées alimentaires, du linge de lit, des articles d'hygiène personnelle, des soins médicaux et des tentes temporaires, afin d'éviter une grave catastrophe humanitaire ».
Le père Yaro conclut en lançant un appel au dialogue pour mettre fin aux violences. « Il est opportun, affirme-t-il, que les principaux acteurs clés, tels que les chefs traditionnels, les chefs religieux, les agences de sécurité, les présidents des gouvernements locaux et les dirigeants politiques de la zone concernée, se réunissent et s'engagent sincèrement dans un dialogue constructif visant à promouvoir une paix et une stabilité durables dans la région sud de Taraba ». (LM) (Agence Fides 13/2/2026)