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Bangkok (Agence Fides) – « La situation sociale après les élections semble calme. Ce que les Thaïlandais espèrent, c'est la gouvernabilité et la stabilité pour le pays, c'est ce qu'ont montré les votes », déclare à l'Agence Fides Mgr Paul Trairong Multree, Évêque de Surat Thani, diocèse du sud de la Thaïlande, après les élections du 8 février qui ont vu la victoire du parti Bhumjaithai (Fierté thaïlandaise), dirigé par le Premier ministre Anutin Charnvirakul.
« Il est vrai que, compte tenu du récent conflit à la frontière avec le Cambodge, des sentiments nationalistes ont imprégné ces derniers mois la Thaïlande », note l'Évêque. « Il y a maintenant une trêve dans le conflit, que nous espérons voir respectée par les deux parties, et nous espérons que, dans un avenir proche, le nouveau gouvernement qui s'installera en Thaïlande favorisera un accord de paix durable et définitif, afin de rétablir de bonnes relations et des rapports économiques et commerciaux normaux ». « Dans mon diocèse, dans le sud du pays, on ne ressent pas la tension : ce sont les populations thaïlandaises des provinces frontalières avec le Cambodge qui la vivent », rapporte-t-il. « Le nationalisme a pris pied, note l'évêque, notamment parce que, dans les deux pays, certains groupes ont cherché à exploiter cette approche à leur avantage ».
Commentant les résultats des élections et les perspectives gouvernementales, Peter Rachada Monthienvichienchai, catholique thaïlandais laïc, secrétaire général de l'organisation « Signis », note à Fides : « Le peuple a voté à une écrasante majorité pour le gouvernement en place. Ce faisant, il a rejeté les réformes radicales ».
« Les partis qui occupent les deuxième et troisième places, poursuit l'analyste, ont subi de lourdes pertes : en particulier, le parti Pheu Thai a obtenu pour la première fois de son histoire moins de cent sièges au Parlement ». De plus, « la mauvaise performance du deuxième parti, le Parti populaire, a également suscité une certaine surprise. Leurs campagnes ont montré un fort élan grâce à une large utilisation des réseaux sociaux et des influenceurs en ligne et hors ligne, mais ils ont néanmoins perdu plus de 30 sièges ». Aujourd'hui, note Peter Rachada, « le point critique pour l'avenir est la formation d'un gouvernement de coalition qui permette au parti vainqueur des élections, Bhumjaithai, de tenir ses promesses électorales ».
(PA) (Agence Fides 10/2/2026)