AFRIQUE/NIGERIA - « Monsieur le Président, créez immédiatement une base militaire dans la région où les enfants de l'école de Papiri ont été enlevés » : Appel de l'Évêque de Kontagora

lundi, 9 février 2026

Abuja (Agence Fides) – « Monsieur le Président, ceci est un appel poignant qui vous est adressé afin de mettre fin aux attaques incessantes contre les populations vivant dans les zones administratives locales d'Agwara et de Borgu, toutes deux situées dans l'émirat de Borgu ». C'est ainsi que, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Mgr Bulus Dauwa Yohanna, Évêque de Kontagora, président du chapitre de l'État du Niger de la Christian Association of Nigeria (CAN), a lancé un appel au président du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, pour qu'une base militaire soit établie dans la zone administrative locale d'Agwara.
Il s'agit de la zone où, le 21 novembre, 265 élèves de l'école catholique primaire et secondaire St. Mary de la communauté de Papiri ont été enlevés par des bandits armés (voir Fides 24/11/2025).
En plus de la vidéo, Mgr Yohanna a demandé une présence militaire accrue dans un communiqué partagé avec l'Agence Fides. « Notre peuple est sans défense et implore de l'aide », peut-on lire dans le texte. « C'est un appel sincère que nous vous lançons afin que vous mettiez enfin un terme aux attaques incessantes dans la région du gouvernement local d'Agwara, dans l'État du Niger ; nous voulons que vous renforciez la sécurité à Agwara et en particulier dans la ville de Papiri, où se trouvent les écoles primaires et secondaires catholiques St. Mary, qui desservent plus de cinquante communautés dans les régions locales d'Agwara et de Borgu, en établissant une base militaire qui garantisse une présence sécuritaire à tout moment ».
« Les zones administratives locales d'Agwara et de Borgu ont toujours été des zones tranquilles où tout le monde pouvait se rendre à tout moment et revenir sain et sauf, jusqu'à ce que des membres de la mafia s'infiltrent dans nos communautés », souligne l'Évêque de Kontagora, mais aujourd'hui « l'insécurité paralyse les activités ordinaires telles que l'éducation, l'agriculture et la vie communautaire, tandis que ceux qui sèment la terreur se déplacent librement jour et nuit sans être arrêtés ».
Dans son appel au président nigérian, Mgr Yohanna affirme que « les terroristes sont en train de transformer progressivement le royaume de Borgu en ce que je pourrais appeler le « royaume des terroristes », tuant nos concitoyens à leur guise, forçant d'autres à fuir et contraignant d'autres encore à devenir leurs informateurs ».
« Si le problème de l'insécurité n'est pas traité de toute urgence, nos agriculteurs, traditionnellement connus comme le « grenier du Nord-Ouest », pourraient très bientôt devenir dépendants de l'aide gouvernementale », prévient l'évêque.
Les demandes formulées par Mgr Yohanna comprennent : la création d'une base militaire entièrement équipée dans la région d'Agwara, comprenant un détachement mobile et blindé capable de poursuivre et de neutraliser les groupes armés chaque fois qu'ils sortent de leurs cachettes ; le déploiement d'un nombre suffisant de personnel de sécurité, doté des ressources nécessaires pour collaborer avec les parties locales afin de rétablir la paix ; le renforcement du poste de police local et la mise en place dès que possible de postes de contrôle ; l'augmentation du nombre d'agents de police au poste de police et dans la région d'Agwara en général, dotés de moyens de transport adéquats.
L'État du Niger n'est que l'un des 36 États de la Fédération nigériane en proie à la violence des bandes armées et des groupes djihadistes. Le 7 février, trois personnes ont été tuées et 11 autres enlevées lors de l'attaque de l'église paroissiale Holy Trinity, à Karku, dans la zone de gouvernement local de Kauru, dans l'État de Kaduna (au nord-ouest du pays). Selon les informations fournies par le diocèse de Kafanchan, le curé Nathaniel Asuwaye figure parmi les personnes enlevées (voir Fides 8/2/2026). (LM) (Agence Fides 9/2/2026)


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