AFRIQUE/R.D. CONGO- Le cuivre et le cobalt congolais bientôt entre les mains des Américains

samedi, 7 février 2026

Kinshasa (Agence Fides) - La sécurité en échange de minerais. Tel est le « deal » conclu entre le gouvernement des États-Unis et celui de la République Démocratique du Congo, qui est à la base de l'accord de partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC, signé le 4 décembre dernier à Washington (à cette même occasion, une déclaration commune entre la RDC et le Rwanda a été signée pour la mise en œuvre des accords de paix, voir Fides 6/12/2025).
Une première étape concrète dans la mise en œuvre du partenariat est l'accord préliminaire annoncé le 3 février entre le Consortium Orion pour les minéraux critiques (Orion Critical Mineral Consortium) et la société Glencore concernant l'acquisition potentielle par le premier de 40 % de deux sociétés minières congolaises appartenant à la seconde. Il s'agit de Mutanda Mining (« Mumi ») et de Kamoto Copper Company (« KCC ») .
L'Orion Critical Mineral Consortium a pour objectif de « soutenir les États-Unis et les nations alliées et partenaires dans le développement de chaînes d'approvisionnement sûres, responsables et résilientes pour les minéraux essentiels qui soutiennent la croissance économique et la sécurité futures » (source : communiqué de presse annonçant la création du consortium). Le consortium a été fondé en 2025 par une société privée, Orion Resource Partners LP, et un organisme public américain, la U.S. International Development Finance Corporation (DFC). Cette dernière a été fondée en 2019 et constitue le bras d'investissement international du gouvernement américain. « La DFC collabore avec le secteur privé pour promouvoir la politique étrangère américaine et renforcer la sécurité nationale en mobilisant des capitaux privés dans le monde entier. La DFC investit dans des secteurs stratégiques, notamment les minéraux essentiels, les infrastructures modernes et les technologies de pointe, en favorisant le développement économique, en soutenant les intérêts des États-Unis et en générant des profits pour les contribuables américains » (extrait du communiqué susmentionné).
Si l'accord en cours de finalisation aboutit, il aura une valeur de 9 milliards de dollars et permettra de placer sous contrôle américain deux producteurs clés de cuivre et de cobalt congolais.
Le volet sécurité de l'accord congolais-américain est également géré sous la forme d'un partenariat public-privé. Le célèbre entrepreneur américain Erik Prince (fondateur de la société militaire privée Blackwater) a en effet aidé l'armée congolaise à reprendre la deuxième ville la plus importante du Sud-Kivu, Uvira (voir Fides 6/2/2026), des mains des rebelles pro-rwandais du M23. Le Nord et le Sud-Kivu sont les deux provinces de l'est riches en ressources stratégiques telles que le coltan. Selon des sources françaises, l'administration Trump travaille sur une série de sanctions contre le Rwanda qui devraient toucher de hauts responsables de la sécurité. Les États-Unis demandent le retrait des rebelles du M23 des zones conquises après la signature de l'accord de paix en décembre.
Prince, qui dirige désormais une autre société, Vectus Global, a récemment conclu un accord avec le gouvernement de Kinshasa pour mettre en place des « brigades fiscales ». Ces unités ont pour mission de lutter contre la contrebande de minerais et d'améliorer le recouvrement des impôts, principalement dans les régions riches en cuivre et en cobalt du sud. C'est précisément là que se trouvent les mines faisant l'objet de l'accord entre Glencore et l'Orion Critical Mineral Consortium. (LM) (Agence Fides 7/2/2026)


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