ASIE/NÉPAL - L'Administrateur apostolique, le père Bogati, un mois après les élections : « Les jeunes sont les protagonistes de la vie politique, ils expriment l'espoir et la responsabilité »

jeudi, 5 février 2026

Catholic Communication Nepal

Katmandou (Agence Fides) – La population népalaise est appelée aux urnes pour les élections parlementaires du 5 mars, cinq mois après les manifestations de rue qui ont déclenché une crise politique, entraînant la démission du Premier ministre Sharma Oli et la chute du gouvernement. La manifestation, qui a donné lieu à des violences, telles que l'assaut et l'incendie du palais du Parlement, était menée par les jeunes de la « génération Z » et a eu le pouvoir d'ouvrir la voie à de nouvelles forces politiques pour défier les anciens partis et la classe politique qui a longtemps dominé le pays.
Interrogé par l'Agence Fides, le père Silas Bogati, Administrateur apostolique du Vicariat du Népal, rapporte : « Actuellement, la situation semble stable, nous vivons une phase d'attente, tandis que le gouvernement intérimaire prépare les opérations de vote ». « La campagne électorale donne lieu à de nombreuses spéculations, avec la propagande habituelle des différents partis et candidats. Une nouveauté est constituée par les partis issus des mouvements étudiants et par la présence de nouveaux candidats sur la scène politique, axés sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, dans le sillage des protestations des jeunes ».
Le père Bogati remarque : « Le protagonisme des jeunes est un élément qui saute aux yeux aujourd'hui, par rapport au passé. Les jeunes Népalais font preuve d'une prise de conscience et d'une volonté d'influencer la vie politique , sociale et économique du pays. Ils veulent un nouveau Népal, ils expriment leur espoir et leur sens des responsabilités ». « Ce phénomène est une bonne chose, l'important est qu'ils choisissent la non-violence comme moyen de poursuivre leurs idéaux », précise-t-il. « Les élections permettront de mesurer la force effective des mouvements émergents menés par les jeunes », explique-t-il.
« En tant que catholiques du Népal (une petite minorité de 8 000 fidèles sur 32 millions d'habitants), nous soutenons la bonne gouvernance, nous promouvons des valeurs telles que l'intégrité, la paix et la fraternité. Nous prions pour que les élections se déroulent pacifiquement et dans le calme, et pour que le processus politique se déroule dans l'intérêt du bien commun du pays », conclut le père Bogati.
À la suite de la démission de l'ancien Premier ministre Sharma Oli, le président Ramchandra Paudel a nommé, le 12 septembre 2025, une femme magistrat, Sushila Karki, ancienne présidente de la Cour suprême, au poste de Premier ministre par intérim. Depuis son entrée en fonction, Mme Karki a dirigé la transition politique, mettant fin aux violences et convoquant de nouvelles élections à la fin de son mandat.
Compte tenu des bouleversements de septembre, le paysage politique népalais a radicalement changé. Un nombre record de 120 partis se présentent aux élections, avec des listes de jeunes (au moins 25 partis ont vu le jour après les manifestations) aux côtés des partis traditionnels. Le Congrès népalais, historiquement dominant, s'est fragmenté, mais a cherché à renouveler ses candidats en incluant des représentants plus jeunes ; tandis que le Centre maoïste et le Centre socialiste unifié ont fusionné en un seul bloc. Le Parti national indépendant, créé en 2022, présente comme candidat Sudan Gurung, leader étudiant et coordinateur des manifestations de 2025.
Dans un contexte de tensions sociales, le gouvernement intérimaire a déployé 340 000 agents et militaires « afin de garantir des élections libres, équitables et sans crainte ». Le personnel de sécurité surveillera environ 10 800 bureaux de vote dans 165 circonscriptions. L'objectif est également de prévenir le risque de troubles post-électoraux, surtout si les résultats du scrutin sont perçus comme une perpétuation du statu quo qui prévalait avant les manifestations.
(PA) (Agence Fides 5/2/2026)


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