ASIE/IRAQ - De deux à cinq sièges réservés aux chrétiens entre les mains des candidats des « brigades Babylone »

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HispanTv

Rayan al Kildani

Bagdad (Agence Fides) – Les institutions irakiennes n’ont pas encore rendu public les données définitives concernant les résultats des élections législatives du 12 mai. Cependant, les chiffres officiels pour l’heure publiés semblent dans tous les cas tendre à un résultat plus qu’éloquent en ce qui concerne la distribution des cinq sièges réservés aux minorités chrétiennes irakiennes par la loi électorale. En effet, deux d’entre eux seront probablement aux mains de représentants des « brigades Babylone », formations initialement armées qui revendiquent le fait d’avoir pris part aux opérations militaires contre les djihadistes du prétendu « Etat islamique » et à la reconquête des zones du nord du pays tombées entre leurs mains en 2014. Les trois autres sièges devraient quant à eux être répartis entre le Parti assyrien Rafidain, la Coalition chaldéenne et le Conseil populaire chaldéen, syriaque et assyrien.
Les données partielles diffusées assignent à la liste des « Brigades Babylone » plus de 30.000 voix alors qu’aucune des trois autres listes « chrétiennes » n’a pour l’heure atteint le seuil des 20.000 voix nécessaires pour s’assurer un siège au sein du prochain Parlement irakien.
Les résultats obtenus par les listes guidées et animées par des chrétiens surprennent surtout à cause du profil singulier de la liste qui semble avoir attiré le plus de consensus. Les « brigades Babylone », commandées par Rayan al Kildani dit Rayan le Chaldéen, ont toujours revendiqué leur étiquette de milice composée de chrétiens même si leur liaison avec des milices chiites pro-iraniennes telles que les Unités de protection populaire semble prouvée. Des hommes politiques chrétiens liés à d’autres formations font état de perplexités concernant les résultats électoraux, laissant entendre qu’auraient été détournés sur les candidats des « brigades Babylone » des voix d’électeurs chiites, de manière à placer des représentants chrétiens répondant de facto à des formations politiques chiites sur les sièges réservés aux minorités chrétiennes.
Par le passé, comme cela a été mis en évidence par l’Agence Fides (voir Fides 15/03/2016), l’Eglise chaldéenne avait publiquement déclaré n’avoir « aucun lien, ni direct ni indirect, avec ce qu’il est convenu d’appeler les brigades Babylone, pas plus qu’avec aucune autre milice armée se présentant comme chrétienne ». Dans un communiqué diffusé en mars 2016, le Patriarche de Babylone des Chaldéens en personne, S.B. Louis Raphaël I Sako, avait tenu à marquer ses distances vis-à-vis de groupes armés qui, sur le théâtre irakien de l’époque, cherchaient à revendiquer leur affiliation aux communautés chrétiennes locales. (GV) (Agence Fides 17/05/2018)


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