AMÉRIQUE/HAÏTI - De nouvelles violences provoquent le déplacement de milliers de personnes et aggravent la crise humanitaire

mercredi, 1 juillet 2026

Pourcine Pic Makaya (Agence Fides) - La situation humanitaire en Haïti continue de se détériorer, avec de nouveaux déplacements de population enregistrés dans plusieurs départements. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus de 2 600 personnes ont été déplacées dans le département de l’Artibonite à la suite des affrontements entre groupes armés survenus la semaine dernière. Plus des trois quarts des personnes déplacées ont trouvé refuge dans la commune de Marchand Dessalines. Par ailleurs, dans le département de l’Ouest, la reprise des affrontements armés dans la commune de Cité Soleil, qui a débuté le 13 juin, a entraîné le déplacement de plus de 5 000 personnes, toujours selon l’OIM. Ce chiffre s’ajoute aux milliers de personnes déjà déplacées entre mars et mai en raison des violences armées dans cette commune.

Les violences incessantes ont gravement compromis les services de santé, en particulier pour les femmes et les jeunes filles. L’organisation non gouvernementale « Médecins Sans Frontières » a été contrainte de suspendre ses activités au sein de sa maternité de Cité Soleil, l’un des quartiers les plus densément peuplés de Port-au-Prince, privant ainsi des milliers de femmes de l’accès aux soins de santé maternelle et reproductive. Toutes ces évolutions s’inscrivent dans un contexte marqué par une augmentation du nombre de rapatriements forcés vers Haïti. Selon l’OIM, plus de 25 500 personnes ont été rapatriées de force en mai 2026. Au total, plus de 117 000 personnes ont été rapatriées entre janvier et juin 2026. 24 % de l’ensemble des migrants rapatriés de force en 2026 sont des femmes et près de 8 % sont des enfants.

Dans le contexte actuel, les Églises haïtiennes – catholiques, protestantes, adventistes, etc. – continuent d’œuvrer sous une pression extrême en raison de la mainmise des gangs criminels, des déplacements de population et de la crise humanitaire. Beaucoup d’entre elles fournissent de l’aide, des abris et des services là où l’État ne peut pas intervenir, mais elles sont confrontées à des menaces, des fermetures et des restrictions. Les chefs religieux ont lancé à plusieurs reprises des appels à la paix et au respect de la vie.

Avec beaucoup de résilience et de joie, le groupe paroissial KIWO, en collaboration avec le projet du même nom de la paroisse Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, anime la communauté catholique de Pourcine Pic Makaya, située dans les montagnes inaccessibles d’Haïti. La mission est dirigée par le missionnaire camillien, le père Massimo Miraglio, qui a récemment partagé avec l’Agence Fides le récit du week-end qui vient de s’écouler, au cours duquel, avec le groupe KIWO, il s’est rendu au bord de la rivière. « Avec une soixantaine d’enfants, d’adolescents et d’adultes, nous sommes descendus vers le fond de la vallée », raconte le camillien. Après environ une heure de marche, nous sommes arrivés à l’endroit choisi et, après avoir nettoyé les lieux et préparé les feux pour cuisiner le déjeuner, nous avons installé quelques toiles pour nous protéger du soleil. Nous avons ensuite poursuivi par une prière et un bref discours sur les origines de l’association KIWO… Pour terminer par le moment tant attendu de la baignade, puis par le repas. À l’issue de ces moments de partage – conclut le père Massimo –, en fin d’après-midi, nous avons repris la route pour rentrer à Pourcine Pic Makaya. »

(AP) (Agence Fides 1/7/2026)

MM


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