Amnesty International
Adigrat (Agence Fides) – « En tant que pasteur de l’éparchie catholique d’Adigrat, j’élève la voix non seulement en tant que chef religieux, mais aussi en tant que témoin de la valeur profonde de chaque âme humaine, créée à l’image et à la ressemblance du Tout-Puissant ». C’est l’appel poignant que l’Évêque de l’éparchie catholique d’Adigrat, Mgr Tesfaselassie Medhin, adresse à tous les organismes et agences humanitaires internationaux chargés de la sauvegarde de la dignité humaine, au nom de deux cents Éthiopiens qui risquent actuellement la peine de mort dans le Royaume d’Arabie saoudite.
« Notre foi nous enseigne que la vie est un don du Créateur : sacrée, inviolable et digne de protection depuis la conception jusqu’à sa fin naturelle », peut-on lire dans la note envoyée à l’Agence Fides par l’éparque. Tout en respectant la souveraineté des nations et la nécessité de défendre l’État de droit, nous croyons que la justice est plus efficace lorsqu’elle est tempérée par la miséricorde. L’exécution de ces 200 personnes représenterait une perte irréparable de vies humaines et un coup déchirant pour les familles restées en Éthiopie, dont beaucoup souffrent déjà des difficultés liées à la pauvreté et au déplacement forcé. »
« Nous ne pouvons rester silencieux alors que la vie de tant de personnes est en jeu. Nous demandons instamment à vos institutions d’engager un dialogue urgent de haut niveau avec les autorités du Royaume d’Arabie saoudite afin d’obtenir la suspension de l’exécution et la commutation de ces condamnations à mort. Veillez à ce que chacune de ces personnes ait bénéficié du plein respect des garanties d’une procédure équitable, y compris une représentation juridique adéquate et la compréhension des charges retenues contre elles. Encouragez les alternatives à la peine capitale qui permettent la réinsertion, le repentir et la possibilité de rédemption. »
« Le cri des pauvres et des marginalisés doit parvenir aux oreilles de la communauté internationale », souligne Medhin. « Ces 200 Éthiopiens ne sont pas seulement un chiffre ; ce sont des enfants, des parents et des frères et sœurs. Leurs vies ont une valeur intrinsèque qui transcende toute transgression. Prions pour que le cœur de ceux qui détiennent le pouvoir soit touché par l’esprit de compassion. Ensemble, travaillons pour que la « culture de la mort » soit remplacée par une « civilisation de l’amour » et de la miséricorde. En cette période d’épreuve, restons fermes dans notre espérance et dans notre engagement pour le caractère sacré de la vie. »
Bon nombre des Éthiopiens en danger sont des réfugiés qui ont fui pendant le conflit au Tigré (2020-2022). Le 21 avril 2026, trois migrants éthiopiens ont été exécutés en Arabie saoudite. Des dizaines d’autres se trouvent dans le couloir de la mort à Khamis Mushait. L’éparque d’Adigrat conclut son appel en invoquant une intervention immédiate et décisive dans cette grave affaire.
(AP) (Agence Fides 5/5/2026)