Caracas (Agence Fides) – Une « attaque spectaculaire jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale ». Une « des plus grandes démonstrations de force jamais vues de la part des États-Unis, comparable aux attaques contre Soleimani, Al-Baghdadi ou les sites nucléaires iraniens ».
C'est avec ces hyperboles et d'autres encore que le président américain Donald Trump a décrit et commenté, lors d'une longue conférence de presse tenue dans sa résidence de Mar-a-Lago, l'opération militaire menée dans la nuit de vendredi à samedi par les forces spéciales américaines sur le territoire vénézuélien, au cours de laquelle les États-Unis ont destitué par un coup de force « Absolute Resolve », le président vénézuélien Nicolas Maduro, arrêté et emmené hors du pays avec son épouse.
Il s'agit d'une opération officiellement justifiée par l'accusation portée contre Maduro de gérer le trafic de drogue vers les États-Unis.
Dans d'autres passages de son discours, le président Trump a exprimé son intention de continuer à contrôler le Venezuela « aussi longtemps que nécessaire », ainsi que celle de faire intervenir dans le pays « nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus grandes au monde, qui dépenseront des milliards de dollars, répareront les infrastructures gravement endommagées, les infrastructures pétrolières, et commenceront à rapporter de l'argent au pays ».
Interrogé sur les personnes qui dirigeront le pays, le président américain a déclaré : « Nous sommes en train de désigner des personnes, nous vous ferons savoir qui elles sont ».
Dans les premières heures qui ont suivi le raid américain, aucune déclaration significative n'a été enregistrée de la part de la Conférence épiscopale vénézuélienne.
Mais quelques jours avant l'opération des forces spéciales américaines, les évêques vénézuéliens avaient exprimé leur distance critique tant à l'égard du déploiement militaire menaçant mis en place par les États-Unis au large des côtes du Venezuela qu'à l'égard de la situation politique du pays.
Dans son message de Noël 2025, la Conférence épiscopale vénézuélienne avait souligné que la période de célébration de la nativité de Jésus avait été marquée au Venezuela par « des rapports répétés et contradictoires faisant état d'actions militaires près de nos côtes, avec des pertes humaines déplorable », et par « la présence d'une puissance militaire étrangère dans les eaux internationales de la mer des Caraïbes ». Face au risque de voir la situation se précipiter, les évêques invoquaient une paix « désarmée et désarmante », reprenant les mots utilisés dans de nombreux appels du Pape Léon XIV. Dans le même message, l'épiscopat vénézuélien avait évoqué « la privation de liberté des citoyens nationaux et étrangers en raison de leurs opinions politiques divergentes », la situation de « paupérisation généralisée » de la population, conséquence d'une « inflation galopante » et d'une « économie déstabilisée ». Le message des évêques insistait sur l'urgence de garantir une paix authentique fondée sur la justice sociale, le respect de la dignité humaine et l'abandon des solutions « irréalistes ». Une paix qui ne se construit pas par la force, mais par la prise de responsabilités de la part de tous, « en premier lieu l'État ». (GV) (Agence Fides 3/1/2026)