IMC
Quelimane (Agence Fides) – « C'est un péché mortel et une complicité criminelle que de savoir qui a commis ce crime barbare et de ne pas le dénoncer ! », peut-on lire sur les nombreuses pages des réseaux sociaux consacrées au meurtre brutal de l'Évêque de Quelimane, Osório Citóra Afonso, perpétré samedi 6 juin. Dans le même message, on exprime une communion totale avec l’Église et ses pasteurs, en particulier avec l’Église catholique, avec la famille de Don Osório et avec le peuple martyr de Zambezia. « La persécution des Églises et de leurs pasteurs n’est pas une nouveauté, et ceux qui pensent pouvoir la faire taire se trompent ! Ce moment doit être un moment d’unité pour tous les fidèles, les Églises et les personnes de bonne volonté, et ils ne doivent pas hésiter à faire entendre leur voix pour réclamer justice et une punition exemplaire pour ces assassins ! »
« Osório était l’un des nôtres. Un frère simple, souriant, capable de se mêler aux gens sans arrière-pensée, fort uniquement de la Parole de Dieu. Un missionnaire qui n’a jamais cessé de croire en la bonté des gens, en la paix, en la réconciliation. Un pasteur qui s’est laissé consumer par le service, jusqu’au dernier jour », affirme le Supérieur Général, le père James Bhola Lengarin, IMC, dans son message adressé aux missionnaires de la Consolata, dimanche 7 juin, et il poursuit : « Sa mort violente nous interpelle, nous blesse, nous met à genoux. Mais c’est précisément de ce lieu de fragilité que naît aussi notre force : la communion. Nous sommes une famille, et quand l’un de nous souffre, nous souffrons tous. Quand l’un de nous tombe, nous nous penchons tous pour le relever. Quand l’un de nous donne sa vie, nous sommes tous appelés à renouveler la nôtre », observe-t-il. « Nous avons le devoir moral et spirituel de vouloir que la vérité sur ce qui s’est passé soit pleinement révélée. La mort d’un pasteur ne peut rester enveloppée dans le silence ou l’incertitude. La vérité est un acte de justice envers Osório, envers son peuple et envers notre propre mission », déclare le Père Général.
« Ce qui s’est passé nous a plongés dans un profond chagrin, une grande détresse et un profond découragement… les mots me manquent », a déclaré à l’Agence Fides le supérieur de la communauté de la Maison générale des Missionnaires de la Consolata à Rome, le père Osvaldo Coppola. « Nous confions notre très cher confrère Osório entre les mains de Dieu le Père miséricordieux. Qu’il continue, depuis le ciel, à intercéder pour son peuple bien-aimé. »
Dans tous les messages de condoléances, on retrouve l’âme bienveillante, généreuse et courageuse de Mgr Osório, tandis que tous réclament que la vérité soit faite et que les auteurs de ce crime injustifié soient identifiés. « Le peuple veut des réponses. Il veut la vérité. Il veut la sécurité. Il veut la justice », peut-on lire entre autres. « Pour qui un évêque représente-t-il une menace ? Quel danger représentait Mgr Osório Citora ? Qui dérangeait sa voix ? Que prêchait-il ? Que dénonçait-il ? Pourquoi, aujourd’hui au Mozambique, même la foi semble-t-elle marcher sous l’escorte de la peur ? Combien de morts doivent encore faire la une des journaux pour qu’il y ait des réponses concrètes et pas seulement de froides déclarations ? Les gens ne vivent plus. Il y a du terrorisme à Cabo Delgado. Il y a des enlèvements dans les villes. Il y a des meurtres inexplicables. Il y a des disparitions. On a peur de parler. On a peur de dénoncer. On a même peur de demander. Et maintenant, on a aussi peur de prier. Quel avenir aura un pays où des hommes de paix meurent à cause de la violence ? Quel avenir aura une nation où même les chefs religieux sont tués chez eux ? Quel avenir aura un peuple qui se réveille chaque jour dans le deuil, l’insécurité et le silence ? »
Dans un communiqué publié par le président de l'Ordre des avocats du Mozambique, cet acte criminel est qualifié de « jour particulièrement sombre pour l'Église catholique, pour les fidèles de toutes les confessions religieuses et pour tous ceux qui croient en la dignité de la vie humaine, au dialogue et à la coexistence pacifique. Lorsqu’une voix de foi, d’espoir et d’engagement envers les plus vulnérables est réduite au silence par la violence, ce n’est pas seulement une institution religieuse qui est touchée, mais la conscience morale même de la société qui subit un coup dur. » Dans leur message, ils expriment leur profonde consternation et leur indignation face à l’assassinat de Mgr Osório. « Ce crime nous rappelle que personne n’est à l’abri. Les nouvelles récurrentes de violence et d’intolérance qui ont secoué le Mozambique constituent des signes profondément inquiétants d’une détérioration de la sécurité publique et du tissu moral de la société. » Dans cette note, ils expriment leur solidarité avec l’Église catholique, le diocèse de Quelimane, la famille de Mgr Osório et tous les fidèles qui pleurent aujourd’hui cette perte irréparable. « Nous exhortons les autorités compétentes à mener une enquête rapide, rigoureuse et transparente, capable d’identifier les auteurs matériels et moraux de ce crime et de les traduire en justice. »
La Conférence épiscopale du Mozambique (CEM) a rendu public le programme officiel des funérailles solennelles qui se tiendront vendredi 12 juin dans la cathédrale de Quelimane, présidées par le Nonce Apostolique au Mozambique, Mgr Luis Miguel Muñoz Cárdaba. La dépouille sera ensuite transférée à Nampula, où auront lieu la veillée funèbre et les cérémonies familiales. Le samedi 13 juin, la messe funéraire sera célébrée dans la cathédrale Notre-Dame de Fatima, présidée par l'Archevêque Inácio Saure de Nampula, suivie de l'inhumation au cimetière du clergé de l'archidiocèse de Nampula, dans le quartier de Nampaco.
La communauté du Dicastère pour l’Évangélisation, Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, célébrera une messe de suffrage le jeudi 11 juin à la chapelle des Rois Mages, au Palais de Propaganda Fide, à Rome. « En confiant son âme à l’étreinte miséricordieuse du Père céleste, nous nous souviendrons dans la prière de ce pasteur zélé qui, même pendant les années de son service au sein de notre Dicastère, a offert un précieux témoignage de foi, de dévouement et de communion ecclésiale. »
(AP) (Agence Fides 9/6/2026)