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Dépêches

2013-12-21

AFRIQUE/MADAGASCAR - 5 millions de personnes exposés au risque de contagion de la peste

Antandrohomby (Agence Fides) – Cette année, la saison de la peste bubonique à Madagascar est arrivée plus tôt que prévu, avec une prévalence apparente d’un type plus mortel de la maladie. De septembre à décembre, le Ministère de la Santé local a enregistré 42 décès et 84 cas dans quatre des 112 districts du pays. Connue généralement comme la Mort Noire, en référence à la couleur des bubons, caractéristiques de la maladie, la peste est causée par la bactérie Yersinia pestis, contractée au travers de la piqûre de poux infectés qui transmettent la bactérie aux êtres humains. Le vecteur primaire est constitué par les poux des rats et autres rongeurs même si d’autres animaux et insectes peuvent en être porteurs. Selon les autorités sanitaires malgaches, la peste bubonique peut être traitée aisément au travers de l’administration d’antibiotiques qui ralentissent le développement de la maladie. Toutefois, ont été cette fois trouvés également des cas de peste pulmonaire, plus difficiles à traiter puisque la pathologie peut être fatale en trois jours seulement. La majeure partie des formes les plus communes de peste est d’origine bubonique. Deux à huit jours après la contamination, le patient développe fièvre et frissons, gonflement des glandes lymphatiques – les bubons – alors que les bactéries se multiplient. Il existe également d’autres types de pestes : la peste septicémique, dont le taux de mortalité est de 50% soit plus fort de la peste bubonique, et la peste pulmonaire, plus rare mais mortelle à moins que le patient contaminé ne soit immédiatement traité par antibiotiques dès les premiers symptômes. Chaque année, Madagascar enregistre de 300 à 600 cas de peste bubonique, en général d’octobre à mars. Les autorités sanitaires doivent en outre faire face aux superstitions surtout dans les villages les plus reculés où les gens pensent que la peste est liée à une malédiction lancée par des voisins. Par conséquent, par crainte, les personnes se rendent chez un guérisseur quelconque qui cherche à crever le bubon et à sucer l’esprit mauvais, causant en revanche la maladie. On estime que la peste est arrivée à Madagascar en 1898 au travers de rats infectés présents à bord de navires provenant d’Inde. Grâce à de nombreuses campagnes de vaccination, à l’amélioration de l’hygiène, à la découverte de la streptomycine et à l’usage d’insecticides, la maladie a été placée sous contrôle dans les années 1950. Pendant trente ans, Madagascar a enregistré seulement de 20 à 50 cas par an, mais, depuis 1989, le nombre de cas suspects a augmenté constamment. Selon les centres de contrôle et de prévention des maladies basés aux Etats-Unis, environ 5 millions de personnes sont exposés à la maladie sur les hauts plateaux de Madagascar. L’OMS considère l’infection comme endémique dans de nombreuses zones d’Afrique, en particulier en République démocratique du Congo, à Madagascar, au Mozambique, en Ouganda et en Tanzanie. (AP) (Agence Fides 21/12/2013)

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