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Africa

2003-05-21

AFRIQUE / TOGO - CRI D’ALARME DES EVEQUES POUR LA PAIX AU TOGO SI L’ON NE GARANTIT PAS DES ELECTRIONS LIBRES ET DEMOCRATIQUES

Lomé (Agence Fides) – Le 1° juin auront lieu les élections présidentielles au Togo, pays qui donne sur le Golfe de Guinée et a ses frontières avec le Ghana, le Bénin et le Burkina Faso. Ces élections sont importantes parce qu’il y a des tensions liées à ce que le pouvoir est détenu depuis 36 ans par le Président Gnassingbé Eyadéma. Le Togo a été jusqu’à présent au centre d’une région relativement stable, il serait grave que les tensions politiques internes puissent déboucher sur la violence. C’est la raison pour laquelle les Evêques du Togo lancent un appel pour que les prochaines élections présidentielles soient vraiment libres et démocratiques. Dans un Message intitulé « Dans la vérité nous construisons la paix », les Evêques rappellent la nécessité impérieuse de créer les conditions d’un vrai choix, et donc, des élections effectivement libres et transparentes ». Les Evêques dénoncent aussi la modification de la Constitution qui permet au Président d’être élu même après deux mandats : « Les règles du jeu ont été modifiées sciemment au profit d’une partie qui a changé profondément la loi fondamentale élaborée et acceptée par tout le peuple… On ne peut affirmer honnêtement que ces dispositions aient renforcé la cohésion nationale. Au contraire, l’inquiétude domine, et l’impression générale est que la paix et la sécurité sont menacées ». Les Evêques lancent un appel « pour une véritable conversion. Nous lançons un vibrant appel aux responsables politiques pour qu’ils se mettent de nouveau ensemble pour établir les mesures qui conduisent à la vraie paix… qui sachent donc transcender leurs divergences, leurs intérêts égoïstes, leurs ambitions personnelles, pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation, le bien commun, le bien-être de tous les Togolais et la prospérité de la nation ».
L’Organisation Non Gouvernementale « Franciscans International » lance elle aussi un appel à la communauté internationale pour qu’elle veille sur la correction des élections togolaises. Dans un communiqué publié à Genève l’ONG déclare : « Les précédentes élections de 1993, 1994, 1998, ont été marquées par des violations massives des droits de l’homme. En l’absence d’une intervention internationale dans la région, ces violations peuvent marquer aussi les élections de cette année ».
Pour ces raisons l’ONG demande aux signataires internationaux de l’accord de Lomé « de faire des pressions sur le gouvernement togolais pour qu’il respecte les droits de l’homme, relâche les hommes politiques, garantisse la sécurité de la société civile et en particulier des opposants, qu’il accorde à tous le libre accès aux moyens de communication de masse, et rétablisse le rôle de la commission nationale électorale indépendante ».
L’accord de Lomé a été signé après les élections de 1998, contestées par les oppositions. L’accord a été atteint grâce à la médiation de la France, de l’Allemagne, de l’Union européenne et des Pays de l’Afrique francophone ; il engage tous les partis togolais à créer une Commission nationale électorale pour garantir des élections libres et démocratiques.
Au mois de novembre 2002, un rapport du Comité pour les droits de l’homme des Nations-Unies, avait signalé des violations de la liberté d’expression et de presse au Togo.
Le Togo est gouverné depuis 1967 par le Président Gnassingbé Eyadéma qui, pendant plus de 30 ans a imposé au pays un régime de parti unique, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Dans les premières années de 1990, il y a eu un tournant, avec les premières élections de 1993 comprenant plusieurs partis. Mais les oppositions accusent de fraudes électorales les Président Eyadéma, qui a toujours été réélu depuis 1993.
En 2001, M. Eyadéma avait annoncé qu’il se retirerait de la vie politique avant 2003, conformément à la Constitution qui prévoit seulement deux mandats présidentiels. Mais le 30 décembre 2002, le Parlement, dominé par le RPT, a modifié cette norme, permettant à M. Eyadéma de se présenter de nouveau comme candidat pour les nouvelles élections.
Le principal opposant, M. Gilchrist Olympo, chef de l’Union des Forces du Changement (UFC) a été exclu de la compétition électorale. La commission Electorale Nationale Indépendante a en effet décidé que M. Olympo n’avait pas présenté un certificat de résidence et une déclaration récente des impôts. La Constitution demande entre autres choses que le candidat aux élections présidentielles réside au Togo depuis au mois douze mois avant les élections, et ait une rentrée fiscale dans le Pays. M. Olympo a été longtemps en exil et n’est rentré au Togo que le 27 avril de cette année. (L.M.)(Agence Fides, 21 mai 2003, 57 lignes, 759 mots)

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