ALLOCUTION D'OUVERTURE
Eminence,
Excellences,
Révérends Pères,
Révérendes Surs,
Monsieur le Représentant du Ministre des Cultes,
Monsieur le Maire de Yopougon,
Messieurs les notables du village de Kouté,
Mesdames et Messieurs,
C'est à la fois un honneur et un bonheur pour le diocèse
de Yopougon de vous accueillir à l'occasion de cette
session de la Conférence Episcopale de Côte d'Ivoire.
Aussi voudrais-je vous adresser tous mes souhaits de cordiale
bienvenue espérant que les faveurs de notre hospitalité
favoriseront le bon déroulement de cette rencontre.
Je me fais aussi le devoir de vous exprimer toute ma gratitude
pour votre présence si significative. En rendant grâce
à Dieu pour l'intérêt que vous accorderez
par ce fait, à tout ce qui concerne notre Eglise, je
le prie de bien vouloir fructifier en chacun de vous la graine
de la charité et de la fraternité.
Je voudrais particulièrement m'adresser à vous
Monsieur le Ministre des cultes. En vous félicitant pour
votre nomination, je souhaite que vos actions contribuent à
solidifier davantage les liens fraternels et spirituels qui
existent entre les différentes confessions religieuses
de ce pays. Car il y va aussi de la réconciliation nationale.
Cela dit, dans la mouvance de l'événement pentécostal,
nous voici rassemblés pour prendre le pouls de la vitalité
du corps ecclésial dont nous avons la responsabilité.
Cette initiative répond encore une fois à notre
volonté d'insuffler à notre Eglise-famille un
dynamisme nouveau conforme aux défis de la nouvelle évangélisation.
Les chantiers ne manquent pas, mais il nous faut trouver les
sentiers qui nous permettront d'atteindre au plus vite le but
fixé.
En outre, en admettant avec le concile Vatican II que "
la communauté des chrétiens se reconnaît
réellement et intimement solidaire du genre humain et
de son histoire " (G.S N° 1), nous ne pouvons nous
dispenser d'une réflexion profonde et actualisée
sur la situation socio-politique de notre pays.
Puis-je me permettre de rappeler qu'il y a deux ans, en ce même
lieu et à cette même période nous étions
réunis pour réfléchir sur le processus
de réconciliation nationale dans notre pays, sur les
conditions de sa réalisation et sur la contribution que
l'Eglise catholique pourrait y apporter ? A cette époque
notre foi en Dieu, notre amour pour l'homme et notre espérance
en des lendemains meilleurs pour ce pays, nous avaient poussé
à nous engager en faveur de l'unité des habitants
de ce pays. Militant pour une vraie réconciliation fondée
sur les piliers essentiels de la repentance, de la vérité
et du pardon, nous avions espéré que le Forum
pour la réconciliation en serait l'élément
catalyseur. Hélas, oui hélas notre déception
fut sans mesure. Contrairement à ce que le peuple attendait,
il lui été servi sur un plateau d'or le placebo
du mensonge, de l'hypocrisie et de la duplicité subtilement
enrobé dans les bonnes intentions et les vux pieux.
Aujourd'hui, après l'effroyable tourbillon du conflit
armé, nous voici obligés de tout recommencer,
de repartir à zéro pour éviter le chaos.
Mais, pour que nous ne répétions pas les erreurs
du passé, nous disons '' Non nova, sed nove '' : non
pas des choses nouvelles, mais de manière nouvelle. Il
s'agit simplement pour nous d'éviter la même démarche
pour ne pas compromettre la marche. Il s'agit de se réconcilier
autrement en faisant la charité de la vérité
et de la responsabilité. Car si nous apprécions
avec espérance et fierté tous les efforts consentis
pour le retour à une paix durable dans notre pays, nous
refusons une réconciliation de pacotille minée
par les ambitions personnelles, les desseins malveillants, les
calculs et les intérêts politiciens. Oui, nous
devons lutter pour que cette nécessité nationale
ne soit pas prise en otage par ceux qui veulent en faire un
tremplin pour leur propre gloire.
" Salus populi suprema lex esto " : que le salut du
peuple soit notre suprême loi.
Oui, pour le bien de la nation, des sacrifices sont encore
possibles. Pour le bonheur de chacun, le langage et la culture
de la paix doivent prévaloir sur l'initiative à
la haine, la violence sous toutes ses formes et les oppositions
stériles.
Eminence,
Excellences,
Révérends Pères,
Révérendes Surs,
Mesdames et Messieurs,
''L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a conféré
l'onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres
''
Je souhaite vivement que sous l'inspiration du Saint-Esprit,
les conclusions de nos travaux soient pour l'Eglise et la nation
ivoirienne une bonne nouvelle qui apaise, renouvelle, réjouit
et réconcilie les curs.
Je vous remercie.
Yopougon, le 10 juin 2003
+Mgr Laurent MANDJO
Evêque de Yopougon
Intervention de Son Excellence
Mgr le Nonce Apostolique
_________________________
Eminence,
Excellence le Président,
Chers frères dans l'Episcopat et dans le sacerdoce,
Honorables autorités et invités,
Comme d'habitude, les Evêques se retrouvent en Assemblée
Plénière pour traiter des questions qui touchent
l'Eglise à l'intérieur comme à l'extérieur.
Comme son Excellence Mgr Mandjo vient de le souligner et les
orateurs qui m'ont précédé,
Pour un certain nombre d'entre vous qui êtes présents
à cette ouverture officielle, il est en effet intéressant
de savoir la contribution de l'Eglise dans le processus de paix
et de réconciliation. Ces attentes sont tout à
fait légitimes surtout en ces moments difficiles que
vit la Côte d'Ivoire ; elles sont tout à fait légitimes
parce que l'Eglise est au service de tout homme et de tout l'homme.
Vous voudriez bien me pardonne la comparaison : le regard que
la Côte d'Ivoire malade porte vers l'Eglise en ce moment,
me paraît comme le regard de cet homme infirme qui était
assis à la porte du Temple pour demander l'aumône,
comme il est rapporté dans le livre des Actes des Apôtres.
Le regard des Apôtres Pierre et Jean qui entrent dans
le temple croise celui de l'infirme.
Cet homme s'attendait à recevoir quelque chose de concret
: l'aumône. D'un côté, la réponse
de Pierre paraissait négative, mais de l'autre côté,
elle va outrepasser les attentes du pauvre infirme.
" Je n'ai ni or ni argent, mais ce que j'ai, je te le
donne : au nom de Jésus le Nazaréen, lève-toi
et marche ! "
Le clergé entre dans le temple, mais n'oublions pas
l'homme, (
) à la porte.
" Je n'ai ni pouvoir politique, ni pouvoir économique,
ni pouvoir social " peut dire l'Eglise.
" Mais ce que j'ai, je te le donne ".
Cette Assemblée sera un moment de réflexion et
de décision pour l'Eglise en Côte d'Ivoire.
Tout commence de ce regard de solidarité, de compassion
et d'amour qui engendrera certainement des effets bénéfiques.
Avec le soutien du Pape, le Pèlerin de la Paix "
Au large ! "
Yopougon, le 10 juin 2003
Discours d'ouverture de Son Exc. Mgr Vital KOMENAN YAO
Archevêque de Bouaké, Président de la CE-CI
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Eminence Bernard Cardinal AGRE,
Excellence Mgr le Nonce Apostolique,
Excellences Chers Frères dans l'Episcopat,
Monsieur le Représentant du Ministre des Cultes,
Monsieur le Maire,
Autorités politiques, administratives et coutumières,
Révérends pères, Révérendes
Surs,
Frères et Surs dans le Christ,
C'est une joie réelle et une émotion certaine
que nous retrouvons, à l'occasion de notre présente
Assemblée Générale, le Centre Mgr Chappoulie,
lieu de recueillement, de réarmement spirituel. C'est
ce cadre agréable, propice à la réflexion
et à la prière, qui abritera nos travaux pour
toute la durée de cette Assemblée Plénière
des Archevêques et Evêques de Côte d'Ivoire.
Comment ne pas saluer et remercier l'Ordinaire du lieu, notre
frère, Mgr Laurent AKRAN MANDJO, pour l'accueil toujours
si fraternel et si chaleureux.
Excellence, nous savons qu'ayant à vos côtés
des vaillants collaborateurs, des hommes et des femmes de bonne
volonté, vous n'avez ménagé aucun effort
pour que ces assises se tiennent effectivement ici et dans les
meilleures conditions. Infiniment merci à vous et à
l'Eglise de Dieu qui est à Yopougon pour l'accueil d'aujourd'hui
et pour l'hospitalité offerte à des milliers de
déplacés à cause des événements
douloureux, tragiques que vit notre cher pays depuis ces noirs
18 et 19 septembre 2002. Dans un élan de générosité
inestimable et sans limites, vous avez accueilli, soigné,
désaltéré, nourri, consolé tant
et tant de frères et surs en détresse, fugitifs
dans leur propre pays et sans espoir. Vous avez ainsi illustré
et de belle manière, dans le partage, l'Evangile de Mathieu
au chapitre 25, les versets 31-46. Recevez, Excellence, et chers
fidèles de Yopougon toute la reconnaissance et toute
la gratitude de la Conférence Episcopale.
Excellence, Mgr le Nonce Apostolique, à peine rentré
de Rome, vous étiez hier au Burkina-Faso et aujourd'hui
vous voici au milieu de nous pour l'Assemblée Plénière
Ordinaire de la Conférence Episcopale. Notre joie est
d'autant plus grande que votre présence exprime concrètement
le lien de communion profonde avec le Saint Père le Pape
- que nous saluons avec déférence - et avec l'Eglise
universelle. Nous vous prions de bien vouloir transmettre au
Pape Jean-Paul II notre affection et toute notre gratitude pour
l'attention paternelle qu'il ne cesse de porter à la
Côte d'Ivoire et à son Eglise en ces moments particulièrement
difficiles. Nous connaissons son amour et nous
comprenons sa compassion pour ce pays et tous ses habitants
; ses paroles et ses prières soutiennent notre foi et
nous poussent à espérer en un avenir lumineux,
et meilleur : l'avènement de la Paix.
Eminence, Excellences, pendant cette " petite semaine
", nous allons conjuguer nos efforts autour d'un certain
nombre de questions brûlantes de l'Eglise et de notre
pays. En effet, la situation socio-politique exceptionnelle
que nous vivons depuis huit mois déjà ne sera
nullement occultée. Nous avons eu à prendre la
parole à maintes reprises pour éviter tous les
protagonistes de cette crise au dialogue, à la pondération
et à des sacrifices de conciliation en vue d'une issue
heureuse et acceptable. Cependant l'espoir suscité par
des accords et différents cessez-le-feu reste aujourd'hui
encore sans effet
Des régions entières du
pays demeurent inaccessibles et les nombreux déplacés
vivent toujours dans la détresse et l'angoisse. Que faire
? Que dire ? Quelles solutions proposer ? En outre, la préparation
de l'Assemblée du SCEAM, l'analyse du Plan Triennal de
la CERAO et bien d'autres points de préoccupations et
de soucis pour les pasteurs que nous sommes, seront abordés
et minutieusement examinés.
Je voudrais à présent me tourner vers nos chères
Autorités politiques, administratives et coutumières.
Avec respect et déférence, je vous salue et vous
remercie pour votre présence à l'ouverture de
notre Assemblée. La crise que connaît notre chère
Côte d'Ivoire nous met dans l'obligation de nous entendre,
de nous unir et de nous rassembler au chevet de notre patrie
sérieusement malade ; tous et chacun, nous devons apporter
notre contribution en vue de son prompt rétablissement.
Gérants du temporel que vous êtes et nous consacrés
pour le spirituel, nous avons le grave devoir d'agir, de travailler
dans la vérité et dans l'amour, ensemble, pour
que renaisse la Côte d'Ivoire où à nouveau
liberté et justice fleuriront. Soyez assurés que
nos prières ne vous feront pas défaut dans l'accomplissement
de vos tâches.
A vous tous donc, chers invités, frères et surs,
j'adresse les sincères remerciements de vos frères
Archevêques et Evêques qui comptent aussi sur vos
prières pour le succès de leurs travaux.
Eminence,
Excellences,
Chers frères et surs,
C'est en vous confiant à Dieu, en demandant l'assistance
et l'éclairage de l'Esprit-Saint dans nos réflexions,
que je déclare ouverte la 76ème Assemblée
Générale de la Conférence Episcopale de
Côte d'Ivoire .
Je vous remercie
Yopougon, le 10 juin 2003
Son Excellence
+ Mgr Vital KOMENAN YAO
Archevêque de Bouaké
Président de la Conférence Episcopale