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76EME ASSEMBLEE GENERALE DE LA CONFERENCE EPISCOPALE DE COTE D'IVOIRE
ALLOCUTION D'OUVERTURE

Eminence,
Excellences,
Révérends Pères,
Révérendes Sœurs,
Monsieur le Représentant du Ministre des Cultes,
Monsieur le Maire de Yopougon,
Messieurs les notables du village de Kouté,
Mesdames et Messieurs,

C'est à la fois un honneur et un bonheur pour le diocèse de Yopougon de vous accueillir à l'occasion de cette session de la Conférence Episcopale de Côte d'Ivoire. Aussi voudrais-je vous adresser tous mes souhaits de cordiale bienvenue espérant que les faveurs de notre hospitalité favoriseront le bon déroulement de cette rencontre.

Je me fais aussi le devoir de vous exprimer toute ma gratitude pour votre présence si significative. En rendant grâce à Dieu pour l'intérêt que vous accorderez par ce fait, à tout ce qui concerne notre Eglise, je le prie de bien vouloir fructifier en chacun de vous la graine de la charité et de la fraternité.

Je voudrais particulièrement m'adresser à vous Monsieur le Ministre des cultes. En vous félicitant pour votre nomination, je souhaite que vos actions contribuent à solidifier davantage les liens fraternels et spirituels qui existent entre les différentes confessions religieuses de ce pays. Car il y va aussi de la réconciliation nationale.

Cela dit, dans la mouvance de l'événement pentécostal, nous voici rassemblés pour prendre le pouls de la vitalité du corps ecclésial dont nous avons la responsabilité. Cette initiative répond encore une fois à notre volonté d'insuffler à notre Eglise-famille un dynamisme nouveau conforme aux défis de la nouvelle évangélisation. Les chantiers ne manquent pas, mais il nous faut trouver les sentiers qui nous permettront d'atteindre au plus vite le but fixé.
En outre, en admettant avec le concile Vatican II que " la communauté des chrétiens se reconnaît réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire " (G.S N° 1), nous ne pouvons nous dispenser d'une réflexion profonde et actualisée sur la situation socio-politique de notre pays.
Puis-je me permettre de rappeler qu'il y a deux ans, en ce même lieu et à cette même période nous étions réunis pour réfléchir sur le processus de réconciliation nationale dans notre pays, sur les conditions de sa réalisation et sur la contribution que l'Eglise catholique pourrait y apporter ? A cette époque notre foi en Dieu, notre amour pour l'homme et notre espérance en des lendemains meilleurs pour ce pays, nous avaient poussé à nous engager en faveur de l'unité des habitants de ce pays. Militant pour une vraie réconciliation fondée sur les piliers essentiels de la repentance, de la vérité et du pardon, nous avions espéré que le Forum pour la réconciliation en serait l'élément catalyseur. Hélas, oui hélas notre déception fut sans mesure. Contrairement à ce que le peuple attendait, il lui été servi sur un plateau d'or le placebo du mensonge, de l'hypocrisie et de la duplicité subtilement enrobé dans les bonnes intentions et les vœux pieux.

Aujourd'hui, après l'effroyable tourbillon du conflit armé, nous voici obligés de tout recommencer, de repartir à zéro pour éviter le chaos. Mais, pour que nous ne répétions pas les erreurs du passé, nous disons '' Non nova, sed nove '' : non pas des choses nouvelles, mais de manière nouvelle. Il s'agit simplement pour nous d'éviter la même démarche pour ne pas compromettre la marche. Il s'agit de se réconcilier autrement en faisant la charité de la vérité et de la responsabilité. Car si nous apprécions avec espérance et fierté tous les efforts consentis pour le retour à une paix durable dans notre pays, nous refusons une réconciliation de pacotille minée par les ambitions personnelles, les desseins malveillants, les calculs et les intérêts politiciens. Oui, nous devons lutter pour que cette nécessité nationale ne soit pas prise en otage par ceux qui veulent en faire un tremplin pour leur propre gloire.
" Salus populi suprema lex esto " : que le salut du peuple soit notre suprême loi.

Oui, pour le bien de la nation, des sacrifices sont encore possibles. Pour le bonheur de chacun, le langage et la culture de la paix doivent prévaloir sur l'initiative à la haine, la violence sous toutes ses formes et les oppositions stériles.

Eminence,
Excellences,
Révérends Pères,
Révérendes Sœurs,
Mesdames et Messieurs,

''L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres…''

Je souhaite vivement que sous l'inspiration du Saint-Esprit, les conclusions de nos travaux soient pour l'Eglise et la nation ivoirienne une bonne nouvelle qui apaise, renouvelle, réjouit et réconcilie les cœurs.

Je vous remercie.

Yopougon, le 10 juin 2003

+Mgr Laurent MANDJO
Evêque de Yopougon

Intervention de Son Excellence
Mgr le Nonce Apostolique
_________________________

Eminence,
Excellence le Président,
Chers frères dans l'Episcopat et dans le sacerdoce,
Honorables autorités et invités,

Comme d'habitude, les Evêques se retrouvent en Assemblée Plénière pour traiter des questions qui touchent l'Eglise à l'intérieur comme à l'extérieur. Comme son Excellence Mgr Mandjo vient de le souligner et les orateurs qui m'ont précédé,
Pour un certain nombre d'entre vous qui êtes présents à cette ouverture officielle, il est en effet intéressant de savoir la contribution de l'Eglise dans le processus de paix et de réconciliation. Ces attentes sont tout à fait légitimes surtout en ces moments difficiles que vit la Côte d'Ivoire ; elles sont tout à fait légitimes parce que l'Eglise est au service de tout homme et de tout l'homme.

Vous voudriez bien me pardonne la comparaison : le regard que la Côte d'Ivoire malade porte vers l'Eglise en ce moment, me paraît comme le regard de cet homme infirme qui était assis à la porte du Temple pour demander l'aumône, comme il est rapporté dans le livre des Actes des Apôtres.

Le regard des Apôtres Pierre et Jean qui entrent dans le temple croise celui de l'infirme.

Cet homme s'attendait à recevoir quelque chose de concret : l'aumône. D'un côté, la réponse de Pierre paraissait négative, mais de l'autre côté, elle va outrepasser les attentes du pauvre infirme.

" Je n'ai ni or ni argent, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus le Nazaréen, lève-toi et marche ! "

Le clergé entre dans le temple, mais n'oublions pas l'homme, (…) à la porte.

" Je n'ai ni pouvoir politique, ni pouvoir économique, ni pouvoir social " peut dire l'Eglise.

" Mais ce que j'ai, je te le donne ".

Cette Assemblée sera un moment de réflexion et de décision pour l'Eglise en Côte d'Ivoire.

Tout commence de ce regard de solidarité, de compassion et d'amour qui engendrera certainement des effets bénéfiques.

Avec le soutien du Pape, le Pèlerin de la Paix " Au large ! "

Yopougon, le 10 juin 2003

Discours d'ouverture de Son Exc. Mgr Vital KOMENAN YAO
Archevêque de Bouaké, Président de la CE-CI

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Eminence Bernard Cardinal AGRE,
Excellence Mgr le Nonce Apostolique,
Excellences Chers Frères dans l'Episcopat,
Monsieur le Représentant du Ministre des Cultes,
Monsieur le Maire,
Autorités politiques, administratives et coutumières,
Révérends pères, Révérendes Sœurs,
Frères et Sœurs dans le Christ,

C'est une joie réelle et une émotion certaine que nous retrouvons, à l'occasion de notre présente Assemblée Générale, le Centre Mgr Chappoulie, lieu de recueillement, de réarmement spirituel. C'est ce cadre agréable, propice à la réflexion et à la prière, qui abritera nos travaux pour toute la durée de cette Assemblée Plénière des Archevêques et Evêques de Côte d'Ivoire.

Comment ne pas saluer et remercier l'Ordinaire du lieu, notre frère, Mgr Laurent AKRAN MANDJO, pour l'accueil toujours si fraternel et si chaleureux.
Excellence, nous savons qu'ayant à vos côtés des vaillants collaborateurs, des hommes et des femmes de bonne volonté, vous n'avez ménagé aucun effort pour que ces assises se tiennent effectivement ici et dans les meilleures conditions. Infiniment merci à vous et à l'Eglise de Dieu qui est à Yopougon pour l'accueil d'aujourd'hui et pour l'hospitalité offerte à des milliers de déplacés à cause des événements douloureux, tragiques que vit notre cher pays depuis ces noirs 18 et 19 septembre 2002. Dans un élan de générosité inestimable et sans limites, vous avez accueilli, soigné, désaltéré, nourri, consolé tant et tant de frères et sœurs en détresse, fugitifs dans leur propre pays et sans espoir. Vous avez ainsi illustré et de belle manière, dans le partage, l'Evangile de Mathieu au chapitre 25, les versets 31-46. Recevez, Excellence, et chers fidèles de Yopougon toute la reconnaissance et toute la gratitude de la Conférence Episcopale.

Excellence, Mgr le Nonce Apostolique, à peine rentré de Rome, vous étiez hier au Burkina-Faso et aujourd'hui vous voici au milieu de nous pour l'Assemblée Plénière Ordinaire de la Conférence Episcopale. Notre joie est d'autant plus grande que votre présence exprime concrètement le lien de communion profonde avec le Saint Père le Pape - que nous saluons avec déférence - et avec l'Eglise universelle. Nous vous prions de bien vouloir transmettre au Pape Jean-Paul II notre affection et toute notre gratitude pour l'attention paternelle qu'il ne cesse de porter à la Côte d'Ivoire et à son Eglise en ces moments particulièrement difficiles. Nous connaissons son amour et nous

comprenons sa compassion pour ce pays et tous ses habitants ; ses paroles et ses prières soutiennent notre foi et nous poussent à espérer en un avenir lumineux, et meilleur : l'avènement de la Paix.

Eminence, Excellences, pendant cette " petite semaine ", nous allons conjuguer nos efforts autour d'un certain nombre de questions brûlantes de l'Eglise et de notre pays. En effet, la situation socio-politique exceptionnelle que nous vivons depuis huit mois déjà ne sera nullement occultée. Nous avons eu à prendre la parole à maintes reprises pour éviter tous les protagonistes de cette crise au dialogue, à la pondération et à des sacrifices de conciliation en vue d'une issue heureuse et acceptable. Cependant l'espoir suscité par des accords et différents cessez-le-feu reste aujourd'hui encore sans effet… Des régions entières du pays demeurent inaccessibles et les nombreux déplacés vivent toujours dans la détresse et l'angoisse. Que faire ? Que dire ? Quelles solutions proposer ? En outre, la préparation de l'Assemblée du SCEAM, l'analyse du Plan Triennal de la CERAO et bien d'autres points de préoccupations et de soucis pour les pasteurs que nous sommes, seront abordés et minutieusement examinés.

Je voudrais à présent me tourner vers nos chères Autorités politiques, administratives et coutumières. Avec respect et déférence, je vous salue et vous remercie pour votre présence à l'ouverture de notre Assemblée. La crise que connaît notre chère Côte d'Ivoire nous met dans l'obligation de nous entendre, de nous unir et de nous rassembler au chevet de notre patrie sérieusement malade ; tous et chacun, nous devons apporter notre contribution en vue de son prompt rétablissement. Gérants du temporel que vous êtes et nous consacrés pour le spirituel, nous avons le grave devoir d'agir, de travailler dans la vérité et dans l'amour, ensemble, pour que renaisse la Côte d'Ivoire où à nouveau liberté et justice fleuriront. Soyez assurés que nos prières ne vous feront pas défaut dans l'accomplissement de vos tâches.

A vous tous donc, chers invités, frères et sœurs, j'adresse les sincères remerciements de vos frères Archevêques et Evêques qui comptent aussi sur vos prières pour le succès de leurs travaux.

Eminence,
Excellences,
Chers frères et sœurs,

C'est en vous confiant à Dieu, en demandant l'assistance et l'éclairage de l'Esprit-Saint dans nos réflexions, que je déclare ouverte la 76ème Assemblée Générale de la Conférence Episcopale de Côte d'Ivoire .

Je vous remercie

Yopougon, le 10 juin 2003

Son Excellence
+ Mgr Vital KOMENAN YAO
Archevêque de Bouaké
Président de la Conférence Episcopale

 
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