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CENTRAFRIQUE: MESSAGE DES EVEQUES 2004
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En ce
début d'année selon la tradition de la Conférence
Episcopale, nous Evêques de Centrafrique sommes réunis
en Assemblée Plénière. Notre première
pensée est pour vous Peuple de Dieu, nos fidèles,
et pour vous tous, hommes de bonne volonté, épris
de paix et de justice. Nous vous adressons nos voux les meilleurs
pour cette nouvelle année 2004. Dans notre prière
nous demandons à Dieu, qui a envoyé son Fils pour
sauver tous les hommes, de vous combler de sa bénédiction.
Nous voulons profiter de cette occasion pour vous adresser ce message
d'espérance.
En effet, comme Pasteurs de l'Eglise, en même temps, qu'une
espérance s'est levée dans notre pays, nous entendons
le cri de vous tous nos frères. Vous êtes impatients
de pouvoir travailler en paix, de collaborer à préparer
notre futur commun-
Avec vous, nous avons pensé que les violences et les exactions
subies pendant les évènements qui ont précédé
et accompagné le changement de régime allaient cesser.
Hélas, nous devons tous et tous les jours, faire face à
de multiples tracasseries, sinon à de graves dangers. Dans
les villes, sur les routes, dans l'arrière-pays, des hommes
armés et en tenue, imposent leur loi (racket des voyageurs
-"formalité") -Les fonctionnaires prives de leur
salaire sont démobilisés.
Les militaires qui ont accompagné la rébellion imposent
un joug pesant à la population civile. Les dérapages
et les bavures ne se comptent plus. Les braconniers et les coupeurs
de route sévissent en nombre à tel point qu'ils mettent
en péril les vies humaines et le patrimoine cynégétique
de notre pays.
Quelques efforts cependant limités ont été
faits en faveur du réseau routier national, mais la plupart
des routes sont tellement défoncées que des régions
entières de notre pays restent isolées, victimes de
pénuries de toute sorte et sans débouches pour leurs
produits agricoles.
Plusieurs grandes villes comme Bouar, Bossangoa, sont privées
d'eau potable. Beaucoup d'écoles fonctionnent mal- Le système
scolaire est sinistre. Les enseignants sont démotivés,
les élèves sont lésés dans leur droit
le plus fondamental, celui d'avoir part à I'éducation.
Les structures hospitalières sont en difficulté et
les maladies de tout genre fragilisent la population centrafricaine.
Il est temps d'ouvrir le pays à un avenir meilleur, quant
à la sécurité, au développement intégral,
au sens de la nation et à l'engagement civique. Nous attendons
que le gouvernement mette en pratique les recommandations fortes
issues du Dialogue National.
L'état a certains devoirs envers la population qui a soif
de paix, de sécurité, et de prospérité.
Aux premiers temps de cette nouvelle année, puissions-nous
ouvrir nos esprits à l'espérance en faisant résonner
en nous cette parole du Sauveur de l'humanité: "N'ayez
pas peur, courage ...J'ai vaincu le monde" (Jn 16, 33).
Que les puissances du mal ne brisent pas notre confiance à
notre capacité de nous en sortir. Mais avec courage et dans
un esprit de collaboration, oeuvrons tous sans réserve pour
que ce pays connaisse son printemps et que chaque citoyen se sente
chez lui en Centrafrique.
Que Dieu Tout-Puissant bénisse notre pays et le garde de
tout mal. Que son visage de Père s'illumine pour chacun et
chacune de nous.
Fait à Bangui, le 10 Janvier 2004
Mgr. Paulin POMODIMO Archevêque de Bangui
Président de la CECA
Mgr. Rino PERIN Evêque de Mbaiki
Vice Président de la CECA
Mgr. François-Xavier YOMBANDJE
Evêque de Kaga-Bandoro
Administrateur Apostolique de Bossangoa
Mgr. Jean-Claude REMBANGA Evêque de Bambari
Mgr. Jean AGUIRRE
Evêque de Bangassou
Mgr. Armando GIANNI Eveque de Bouar
Mgr. Agostino DELFINO Eveque de Berberati
Mgr. Edouard MA THOS
Eveque Auxiliaire de Bangui
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