A nos concitoyens Burundas'
A tous les intervenants dans le processus de paix au Burundi.
l. Paix à vous ! Paix à toutes nos familles !
Paix pour le Bunindi ! Nous formulons ce voeu si cher à
nous tous en ce début d'année 2003. Nous avons
tant espéré cette paix pour notre pays. Nous croyons
que le moment propice est arrivé pour que se réalíse
enfin ce souhait, après tant d'années de souffrances
endurées par notre peuple à cause de la guerre.
Chacun de nous doit s'engager de toutes ses forces pour que
notre pays ne manque pas ce tournant historique.
2, Avec beaucoup de nos concitoyens nous nous sommes réjouis
de voir que le gouvemement et la plupart des groupes armés
sont parvenus à conclure des accords pour un cessez le
feu, prélude nécessaire à la paìx.
Nous soutenons fortement ces accords qui ont suscité
beaucoup d'espoir au Burundi et dans le monde. Que ceux qui
n'y ont pas encore adhéré, groupes armés
ou opposants politiques, se ravisent et entrent dans cette dynamique
du dialogue qui conduit à la paix.
3. Conclure des accords pour la paix ne suffit pas, il faut
une volonté sincère et renouvelée de les
respecter et les mettre en pratique. Or, nous constatons que
ces accords sont piégés par le manque de cette
volonté. En effet, la peur et la suspicion dominent encore
parmi les signataires de ces accords parce qu'il manque deux
éléments essentiels qui font la force de tout
accord : la vérité et la confiance. Les accords
conclus sur un fond de mensonge et de méfiance ne peuvent
pas tenir. C'est cet esprit qui, mallieureusement, a marqué
la classe politique burundaise depuis la lutte pour l'indépendance
jusqu'à ce jour et qui a ruiné notre pays. Cessons
les discussions stériles, passons aux actions qui favorísent
la paix.
4. Nous ne pouvons pas à la fois chercher la paix et
continuer les actes de guerre, comme cela se remarque aujourd'hui.
Tous les partenaires des accords doivent fondamentalement s'engager
pour la paix et ne pas la considérer comme une imposition
qui vient de l'extérieur. La raison profonde qui doit
nous pousser tous à cette logique de la paìx,
c'est l'aspiration sans équivoque du peuple burundais
qui veut la paix et le tableau dramatique que présente
notre pays, meurtri par la guerre qui dure depuis dix ans. Aucun
Burundais n'a le droit de dire que la paix ne le concerne pas,
ou que la recherche de la paix est l'affaire seulement des autres.
L'effort pour la paix est une oeuvre de tous les citoyens.
5. Quand nous cherchons les raisons qui empéchent le
processus de paix de parvenir aux résultats tant attendus,
nous constatons avec inquiétude que tous les acteurs
ne sont pas de bonne foi. A côté d'une indifférence
utilitariste et scandaleuse que nous remarquons souvent chez
les acteurs puissants de la communauté internationale,,
il y a aussi la triste réalité de ceux qui y cherchent
des intéréts autres que la paix pour le peuple
burundais. Il y en a méme, malheureusement, qui tirent
profit de la violence et qui ne voudraient pas qu'elle cesse.
Ils profitent honteusement de " l'éconornie de guerre
" pour s`enrichir en paupérisant davantage la population.
Ces personnes s'activent uniquement quand il y a en vue une
aide financière promise au Burundi.
6. Nous lançons de nouveau un appel urgent pour que
s'arrétent les confrontations armées et non armées.
Pour parvenir à la paix et reconstruire le pays, nous
avons besoin de développer une nouvelle manière
de vivre, faite de respect pour chacun. La diabolisation qui
a été érigée en système de
philosophie politique doit faire place à une vision humaniste,
et du reste conforme à la bonne tradition burundase de
bon voisinage et de courtoisie.
7. Pour réussir cette ceuvre vitale de la paix, nous
avons besoin de créer des institutions à tous
les échelons, de la base au sommet, capables de promouvoir
la paix et la défendre. Nous avons plus que jamais besoin
aujourd'hui de vrais " Sages " qui travaillent avec
courage et persévérance à la reconstruction
de la société burundaise et à l'éradication
de la culture de la violence. Nous avons besoin de sortir de
la dispersion, indice du refus de leadership et de stabilité,
comme cela se remarque avec la prolifération des partis
politiques. Nous avons besoin, dans le respect de la dignité
de la personne humaine et du pluralisme des idées, d'un
courant fort qui valorise l'éthique politique, qui permet
le développement d'un sens civique élevé
et qui oriente les bons choix dans l'adoption et la réalisation
des objectifs de développement social et économique
de notre pays.
8. La paix pout notre pays est una valeur qui n'a pas de prix.
Nous devons tous nous y engager, avec notre coeur, notre intelligence
et toute notre sagesse.
9. Que le Christ Jésus, le Fils de Dieu, le Prince de
la paix, soit notre Guide et nous donne les forces pour apporter
la paix et la vie à notre pays et à notre peuple.
Fait è Gitega le 14 janvier 2003
+Simon NTAMWANA, Archivêque de Gitega Président
de la Conference des Evêques
+ Bernard BUDUDIRA, Evêque de Bururi
+ Joseph NDUHIRUBUSA, Evéque de Ruyigi
+ Jean NTAGWARARA, Evêque de Bubanza
+ Gervais BANSHIMIYUBUSA, Evêque de Ngozi
+ Stanislas KABURUNGU, Evêque émérite de
Ngozi
+ Joachim NTAHONDEREYE, Evêque nommé de Muyinga
Mgr Gabriel BAREGENSABE, Vìcaire Général
de Bujumbura