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| RWANDA - MGR MISAGO : KIBEHO INAUGURE LES PREMIERES
APPARITIONS PUBLIQUES DE MARIE EN AFRIQUE RECONNUES PAR L'EGLISE |
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Kibeho,
le 9 décembre 2002 - (D.I.A.) - Mgr Augustin Misago, évêque
de Gikongoro, au Rwanda, a accordé une interview à
l'agence D.I.A. le 29 décembre 2002 sur les apparitions de
Kibeho. Voici l'intégralité de cette interview réalisée
à l'occasion de l'assemblée plénière
de l'Association des conférences épiscopales de l'Afrique
centrale, ACEAC (Burundi, Congo-Kinshasa et Rwanda).
Question (Q) : Qu'en est-il à l'heure actuelle des apparitions
de la Vierge à Kibeho ?
Mgr Misago : Ces phénomènes ont commencé à
se manifester le 28 novembre 1981. Cela veut dire que maintenant
il y a 21 ans ce 28 novembre 2002 que ces apparitions ont eu lieu.
Pendant toute cette période, l'autorité ecclésiastique
compétente a fait le nécessaire pour en suivre l'évolution
en se faisant aider par deux commissions d'étude : une commission
médicale et une commission théologique. Après
une longue observation, ces apparitions viennent d'être reconnues
officiellement comme authentiques le 29 juin 2001. C'est moi-même
en ma qualité d'évêque du lieu qui ai publié
le décret.
Q : On parle à propos de ces apparitions des voyants.
Lesquels ont été reconnus parmi eux ?
Mgr Misago : A Kibeho nous avons été confronté
à une multiplicité de voyants. Nous avons pu en dénombrer
une cinquantaine qui se sont manifestés au fur et à
mesure. Nos commissions ont essayé de suivre tous ces cas.
Finalement, au vu des rapports définitifs présentés,
j'ai été amené à ne retenir que les
trois premières voyantes. Ce sont Alphonsine Mumureke, Nathalie
Mukamazimpaka et Marie-Claire Mukangango.
Q : Que sont-elles devenues ces voyantes ?
Mgr Misago : A ce sujet, je peux dire en bref que Alphonsine se
trouve actuellement à Abidjan (Côte d'Ivoire) où
elle poursuit sa formation dans un institut supérieur de
sciences religieuses affilié à l'université
catholique d'Afrique de l'Ouest. Nathalie demeure encore à
Kibeho (Sud du Rwanda), dans le diocèse de Gikongoro où
elle essaie d'aider ceux qui sont chargés de l'accueil et
elle s'associe à la prière des pèlerins. Quant
à Marie-Claire, elle a été tuée pendant
la tragédie des événements de 1994 dans notre
pays.
Q : Il y a eu parmi les voyants de Kibeho un certain Emmanuel
Segatashya. Il a parcouru plusieurs régions au Congo/Kinshasa
dans les années 1986-1988 impressionnant beaucoup les foules
venues écouter son message. Comment ne figure-t-il pas parmi
les voyants reconnus ?
Mgr Misago : Effectivement E. Segatashya était un garçon
impressionnant qui prétendait que Jésus lui était
apparu. Si nous ne l'avons pas retenu c'est entre autres pour les
raisons suivantes : un doute persistant sur la nature de ses extases,
une santé mentale troublée constatée au retour
de son périple au Congo. Jusqu'à sa mort pendant les
événements de 1994 il traînait encore cette
maladie qu'on n'a pas pu soigner. Un troisième motif de notre
réserve à son sujet c'est le contenu même de
son message à coloration millénariste. Ce message
consistait en effet dans des prédictions sur l'imminence
du retour du Christ sur la terre et sur la fin du monde. Habituellement,
l'Eglise se méfie de ce genre de message. Il serait imprudent
de le cautionner.
Q : Quel est le message de ces apparitions de la Vierge pour
l'Eglise du Rwanda et pour l'Eglise universelle ?
Mgr Misago : En peu de mots, le message de Kibeho peut être
résumé par les points suivants : c'est un urgent appel
au repentir et à la conversion. La Vierge dit : "Repentez-vous,
repentez-vous, repentez-vous. Convertissez-vous tant qu'il est encore
temps." C'est une invitation à la conversion et à
la prière. Il faut prier sans cesse et sans hypocrisie. La
Vierge lance un cri d'alarme en disant que le monde va très
mal, le monde court à sa perte, il risque de tomber dans
un gouffre, c'est-à-dire dans des malheurs interminables.
Le monde est en rébellion contre Dieu. Trop de péchés
s'y commettent. Il n'y a pas d'amour ni de paix. La Vierge prévient
: "Si vous ne vous repentez pas et ne convertissez pas vos
curs vous allez tous tomber dans un gouffre." Lors de
l'apparition du 15 août 1982, la fête de l'Assomption,
des voyantes ont vu la Vierge toute triste et verser des larmes.
Marie leur a fait voir des scènes terrifiantes : des fleuves
de sang, des groupes de gens qui s'entre-tuaient, des crânes
saignants, des cadavres abandonnés sur les collines sans
sépulture, etc. C'était vraiment très dramatique
ce jour-là. A mon avis, de telles visions se révéleront
prophétiques quand on considère tous les drames humains
vécus au Rwanda et même dans l'ensemble des pays de
notre région des Grands Lacs au cours de cette décennie.
Q: Après la reconnaissance des apparitions de Kibeho quelles
sont vos perspectives d'avenir ?
Mgr Misago : Comme perspectives je pourrais mentionner entre autres
des initiatives visant à faire connaître toujours davantage
Kibeho et son message. Depuis presqu'une année déjà,
nous avons commencé la construction du sanctuaire marial
de Kibeho sur le lieu même des apparitions. Les travaux sont
déjà avancés. Nous prévoyons d'inaugurer
ce sanctuaire au mois de mai 2003. Depuis quelques mois, je viens
d'obtenir l'accord de principe de la part de la congrégation
des Pères pallottins qui se préparent à venir
prendre en charge la gestion et le développement du sanctuaire.
Le fait que cette congrégation accepte cette collaboration
constitue un atout important pour la promotion des pèlerinages.
Q. : Quelle est l'attitude du Saint-Siège vis-à-vis
des événements de Kibeho ?
Mgr Misago : Depuis le début de ces événements,
le Saint-Siège a toujours été tenu au courant
de leur évolution. Ainsi pour l'approbation officielle du
culte public en 1988 Rome a été consulté. L'année
écoulée, pendant la préparation du décret
de reconnaissance de l'authenticité des apparitions, de nouveau
Rome a été tenu informé. Le Saint-Siège
a exigé des rapports. C'est justement avec l'accord tacite
de Rome et de la Conférence épiscopale du Rwanda que
j'ai publié ma déclaration définitive du 29
juin 2001.
Q. : Que peut représenter Kibeho pour le continent africain
?
Mgr Misago : Pendant longtemps, les apparitions de la Vierge semblaient
être un privilège de l'Europe, notamment de la France
avec Lourdes ou du Portugal avec Fatima. Kibeho inaugure en Afrique
les toutes premières apparitions publiques et significatives
reconnues officiellement par l'Eglise. Kibeho pourrait devenir en
quelque sorte la Lourdes de l'Afrique. (Agence catholique D.I.A.) |
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