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| PAKISTAN - Les minorités religieuses
préparent activement les élections nationales
du mois d'octobre et revendiquent leurs droits politiques |
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Dans la perspective des
prochaines élections nationales qui auront lieu en octobre
prochain, les diverses minorités religieuses se sont employées
activement à organiser des formations politiques qui les
représentent équitablement ainsi qu'à imposer
la présence de leurs candidats au sein des grands partis
politiques du pays. Deux réunions importantes ont marqué
cette préparation du scrutin d'octobre par les religions
minoritaires. L'une s'est tenue le 14 juillet à Islamabad
et a vu la naissance d'une " Alliance " commune aux diverses
religions non musulmanes. La seconde, qui s'est rassemblée
à Hyderabad, a été le théâtre
de débats importants et fructueux. Avant que le chef de l'Etat
ne restaure, par amendement constitutionnel, les sièges parlementaires
réservés aux minorités (1), les participants
avaient discuté des avantages et inconvénients liés
à cette disposition législative.
Le 14 juillet dernier, plus de 200 représentants des minorités
chrétienne, hindoue, sikh, parsi et bahaï ainsi que
des ethnies bheel, meghwar et kalash, ont créé ensemble
une nouvelle formation politique, l'" Alliance des minorités
de tout le Pakistan ", un groupe destiné à lutter
pour la défense des droits de ses divers partenaires. C'est
un catholique, Shahbaz Clement Bhatti, président du Front
chrétien de libération, qui a été élu
à la direction de l'Alliance. Dans un communiqué publié
à l'issue de la réunion, le nouveau groupe a appelé
le gouvernement à abolir la loi sur le blasphème ainsi
que les autres réglementations à caractère
discriminatoire. Pour mettre fin à la marginalisation qui
frappe les minorités et créer le climat d'harmonie
et de tolérance qui devrait prévaloir dans le pays,
l'Alliance des minorités demande qu'on en revienne aux dispositions
en vigueur dans la Constitution de 1979. Les partis politiques ont
été priés de donner aux candidats des minorités
la place qui leur convient dans le cadre du système des électorats
séparés récemment rétabli par le pouvoir
(2), afin que la représentation des minorités religieuses
soit équitablement assurée dans les assemblées
nationales et provinciales.
Les divers orateurs qui se sont succédé à la
tribune au nom des minorités présentes se sont exprimés,
pour la plupart, sur le thème de la discrimination. Le nouveau
président a résumé ainsi le sentiment général
: " Nous ne devons pas être crucifiés sur l'autel
de la discrimination pour la seule raison que nous n'appartenons
pas à la communauté majoritaire... Le Pakistan est
le pays des masses écrasées qui luttent pour lui et
non celui des terroristes extrémistes et des partisans de
l'intolérance et du fanatisme. "
Une autre réunion organisée par le groupe 'Justice
et paix', le 21 juillet dernier, a consacré une partie de
ses débats au problème de l'opportunité de
réserver des sièges parlementaires particuliers aux
minorités religieuses, un problème qui a été
tranché par le décret du président du 1er août
suivant. La question se posait alors de savoir si les minorités
devaient faire campagne pour le maintien de sièges réservés,
une disposition qui avait été supprimée avec
l'abolition des électorats séparés. Un certain
nombre d'intervenants, comme Peter Jacob, secrétaire de 'Justice
et paix', Rochi Ram, membre du Parlement, ont fait valoir leur opposition
aux sièges réservés au nom de la démocratie
et de l'unité de la nation qui devaient être préférées
à l'identité religieuse ou ethnique. Les chrétiens
devraient être éduqués à voter pour le
bien commun plutôt que pour des intérêts particuliers,
ont-ils fait remarquer. Certains autres, en particulier, des députés
en exercice, comme Saleem Khokhar, détenteur d'un siège
réservé aux chrétiens à l'Assemblée
provinciale du Sindh, se sont prononcés pour le maintien
des sièges réservés. Selon eux, la plupart
des Pakistanais manquent de maturité politique et votent
encore en fonction des castes, des groupes sociaux et des religions.
Les minorités devant encore faire face à la discrimination,
il est nécessaire que les hommes politiques les représentent
spécialement et luttent pour leurs droits.
(1) Voir la dépêche ci-dessous
(2) Voir EDA 346 |
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