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EDITORIAL
Vincent LANDEL s.c.j. - Archevêque de Rabat
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Visite " ad limina "
Du 15 février au 1° mars, avec le Père André,
nous serons à Rome, invités par le Pape, pour notre
première visite " ad limina ". Vous dire ce que
c'est, c'est au retour que je pourrai vous en parler ; la pratique
aura permis de clarifier tout ce que j'en entends.
Mais dans mon esprit, c'est d'abord un " pèlerinage
" aux sources de l'Eglise, manifesté par des temps de
prière aux quatre grandes basiliques romaines : Saint Pierre
(sur la tombe de Saint Pierre, mais aussi en ces temps, il nous
sera important de pouvoir nous arrêter sur la tombe de Jean
XXIII qui nous a lancé dans une manière " nouvelle
" de faire église avec le Concile, et sur celle de Paul
VI qui a commencé ses voyages à la rencontre des hommes
de bonne volonté de toute la terre ; ils sont deux Papes
qui d'une façon ou d'une autre marquent notre façon
de faire Eglise aujourd'hui au Maroc.), Saint Paul hors les murs,
Saint Jean de Latran et Sainte Marie Majeure. Chaque lieu a son
histoire " sainte " et nous parlera d'une façon
ou d'une autre. Mais surtout en chacun de ces lieux, nous n'y serons
pas seuls ; vous serez avec nous, chrétiens de ce pays, habitants
de ce pays.
Je fais cette visite, avec vous tous, peuple à qui j'ai été
donné. Cela élargit les horizons, et en même
temps donne une richesse assez inestimable pour aller à la
rencontre de son Seigneur et le reconnaître vivant encore
aujourd'hui. Et quel stimulant que de ne pas être seul.
Mais c'est aussi un temps de rencontres " officiels "
avec les différents dicastères de la Curie. Là,
il nous sera demandé de rendre compte de tout ce dont nous
sommes témoins dans notre pays. Ainsi, plus que jamais, je
me sentirai riche de toutes vos vies, et c'est d'elles que je parlerai.
Car ce sont vos vies qui sont merveilleuses et qui sont " signes
de cette tendresse de Dieu pour les hommes ". C'est vrai, il
m'est déjà arrivé d'en parler à partir
de correspondance ; mais je crois qu'il ne faut pas manquer cette
occasion de rencontrer le plus de personnes possible pour leur expliquer
de vive voix. Nous sommes une Eglise tellement " atypique "
qu'il est parfois difficile d'en saisir tous les tenants et aboutissants,
surtout lorsque l'on est dans un bureau..
En même temps, je ne pourrai pas passer sous silence les réalités
que vivent les habitants de ce pays. Nous en sommes partie prenante
; et l'évolution du pays, transforme nos mentalités
et donc notre manière d'y être présent
Ainsi dans cette visite, je me dois de rendre compte de la manière
dont nous vivons Jésus Christ, en Eglise ici. Ce sera ma
manière d'enrichir l'Eglise universelle de ce joyau qui nous
est confié à tous : l'Eglise au Maroc.
Et dans ce " rendre compte ", je me sentirai aussi porteur
de toutes ces questions que nous nous posons plus ou moins en différents
points du diocèse ; des questions qui peuvent être
d'ordre pastoral et d'autres peut-être plus théologiques
ou tout simplement humaines. Mais chaque fois, il me sera important
d'informer de la façon dont nous y répondons, avec
nos moyens.
L'une de ces rencontres officiels, sera un entretien privé
avec le Saint Père. Pendant quelques instants seul à
seul avec lui, je ne sais ce que j'aurai le temps de lui dire, mais
je sais que mon cur sera rempli de toute l'affection que vous
lui portez . Dans le contexte humain que nous vivons (évolution
du Maroc, mais aussi de toute l'Afrique), je voudrai pouvoir lui
rapporter combien notre église est vivante et ne se laisse
pas abattre par les difficultés ; combien nous sommes une
église en marche qui accepte de se laisser convertir au fil
des rencontres de chaque jour ; combien nous sommes une église
qui, dans son quotidien, à partir de toutes les cultures
et toutes les langues que nous représentons, construit son
unité autour de Jésus Christ et du Maroc. Devant le
Pape, je veux être témoin de cette communion qui continue
à s'édifier.
De toutes ces rencontres, j'attends un souffle renouvelé
; car sans nous en rendre compte, à juste raison, nous sommes
pris par le quotidien que nous vivons. Ce contact de quelques jours
avec l'Eglise universelle peut aider à élargir nos
horizons, à relativiser certaines questions et à découvrir
des pistes nouvelles sur lesquelles il nous serait bon de continuer
à cheminer.
De toutes ces rencontres, j'attends aussi une communion plus forte
entre le diocèse et l'Eglise universelle, car nous nous serons
rencontrés en vérité.
De toutes ces rencontres, je souhaite que l'Eglise universelle puisse
encore mieux nous accompagner sur ce chemin de la rencontre, car
elle nous aura mieux compris.
De toutes ces rencontres j'attends d'être confirmé
sur ce chemin d'espérance que nous construisons ensemble.
Quand vous lirez ce numéro, nous serons là bas ; aussi
que votre prière soit encore plus " accompagnante "..
C'est avec vous que nous partons.
Vincent LANDEL s.c.j.
Archevêque de Rabat |
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