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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
SELON GADPS, SITUATION ALARMANTE A LA PRISON CENTRALE DE KAMAYI, A KANANGA
Kananga, le 12 février 2003 - (D.I.A.)- La situation des détenus de la prison centrale de Kamayi, à Kananga, est alarmante, affirme le Groupe d'action pour le développement et la promotion sociale, GADPS. Celle-ci est une Ong oeuvrant dans cette ville située au centre de la République Démocratique du Congo. On se retrouve en face des personnes faméliques dans ce lieu de détention. Plus de deux cents pensionnaires, dont cent cinquante, n'ont pas droit à des visites familiales depuis leur détention.
Le GADPS propose que soit initié un programme d'assainissement du milieu et de réhabilitation des locaux avec un équipement approprié. Il propose aussi que l'on se hâte pour le traitement urgent et permanent des dossiers judiciaires s'agissant de chaque pensionnaire.
Le Gadps demande que l'opinion soit sensibiliser sur les conditions de vie des détenus, en vue d'améliorer leur situation. Le Gadps, qui se pose la question de savoir combien meurent dans l'anonymat parmi ces prisonniers, s'interroge aussi sur ce que seraient devenus les détenus de la prison centrale de Kananga sans l'assistance des œuvres caritatives des Eglises et des personnes de bonne volonté. L'organisation parle des loques vivantes dans la prison de Kamayi qui survivent stoïquement dans un milieu infect où la prise en charge des soins de santé est une opération quasi impossible.
Caritas développement de l'archidiocèse de Kananga organise avec le Service aux prisonniers de Kananga (Seprika) une assistance à leur profit. Ceci a lieu chaque dimanche. A tour de rôle, une paroisse prend en charge la ration alimentaire des pensionnaires. Certains groupes des jeunes et d'autres personnes se mobilisent dans cette assistance transitoire devenue permanente. Le motif est que l'Etat est démissionnaire face à ses responsabilités. Sept détenus sur 10 de la prison de Kamayi verront leur sort fixé par la justice après trois mois.
Une sentinelle a déclaré amèrement ce qui suit : " Ici, on sait quand on entre mais on ne sait pas quand on en sort et comment on peut en sortir. Les conditions sont telles que nous acceptons ce sort malgré nous. " L'Etat congolais n'octroie point de subsides substantiels pour la prise en charge des détenus totalement abandonnés dans ce lieu de détention que certains assimilent à un mouroir.
Les détenus dorment à même le sol. Ils couchent sur un pavement où stagne l'eau de pluies du fait d'une toiture défectueuse. La promiscuité est telle que les adultes vivent auprès des enfants, les militaires avec les civils, les malades avec ceux qui sont dits bien portants. Les catégories des personnes prévenues et des personnes détenues sont ignorées dans un tel contexte. Un pensionnaire qui attend d'être fixé sur son dossier depuis six mois n'est pas tendre avec l'administration de la prison de Kamayi.
Les femmes ont une cellule à part. Mais leurs conditions sont alarmantes, similaires à celles des hommes. On déplore le manque d'hygiène, de services médicaux inappropriés, de nourriture suffisante. En plus, ces femmes complètement démunies sont à la merci des gardiens et des hommes détenus. Ces femmes emprisonnées déclarent avoir été incarcérées pour des actes que des membres de leur famille auraient commis ou qu'elles sont soupçonnées d'avoir commis.
A la suite de la dernière guerre dite d'agression -rébellion, la Cour d'ordre militaire, détachement judiciaire de Kananga, aurait placé plus de la moitié des détenus à Kamayi. Cette situation a favorisé auprès de beaucoup de pensionnaire civils évoluant dans cet environnement l'adoption des comportements incompatibles avec la rééducation.
L'administration pénitentiaire de Kamayi est incapable de remplir sa mission. Les conditions de travail, reconnaît-on, sont hors normes. Un agent de l'Etat affecté à la prison centrale de Kananga le déplore et affirme n'avoir pas été payé depuis deux mois. Son salaire mensuel est de 2.500 FC. Il est pourtant père de sept enfants à sa charge et, pour certains, devant aller à l'école, devant s'habiller et songer à la santé.
La prison centrale de Kananga est considérée comme étant hors âge pour son délabrement physique et surtout pour les mauvaises conditions de vie de ses pensionnaires. Elle est située dans un quartier menacé par des érosions. Les prochaines pluies vont sérieusement la menacer si une action anti-érosive n'intervient pas de façon urgente. A l'intérieur, les locaux d'hébergement sont croulant et sans toiture solide.
On se rend compte que l'état physique des détenus est préoccupant. Quatre vingt pour cent d'entre eux ne sont que de loques vivantes dont le moral est profondément entamé par de multiples privations. Tous les prisonniers ont la tête rasée. Ils ne disposent pas d'un cadre de détente et ils sont toujours parqués dans un hangar où l'on ne peut facilement se déplacer sans l'autorisation des surveillants. Ainsi, la dignité de la personne humaine est totalement bafouée. A la sortie de ce lieu de détention, chaque prisonnier recouvrant sa liberté gardera un souvenir amer de la société. Effet, ici il aura réalisé qu'on vit véritablement la réalité de la faillite d'un Etat fantôme, inexistant et qui fait peur à la fois. Un commandant des Fac, écroué par la Com a livré un commentaire semblable. (Agence catholique D.I.A.)
 
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