| COMMUNIQUÉ FINAL DE LA CONFÉRENCE
DES ÉVÊQUES DE LA RÉGION NORD DE L’AFRIQUE
(CERNA) – Tunis du 11 au 14 janvier 2004 |
La Conférence des Évêques de la Région
Nord de l’Afrique (CERNA) a tenu sa première réunion
de l’année 2004 à Tunis du 11 au 14 janvier. Tous
les évêques du Maghreb avec Monseigneur Augustin Kasujja,
Nonce Apostolique en Algérie et en Tunisie, étaient
présents, y compris l’évêque de Nouakchott
en Mauritanie. Ils ont procédé au cours de leur conférence
au renouvellement de leur bureau, choisissant comme Président
Mgr Fouad Twal, archevêque-évêque de Tunis et comme
Vice Président Mgr Vincent Landel, archevêque de Rabat,
Mgr Alphonse Georger, évêque d’Oran étant
le troisième membre du Comité permanent.
Les évêques ont ouvert leurs travaux par une information
réciproque sur les évolutions majeures de leurs Églises
et de leurs pays depuis leur dernière rencontre qui avait
eu lieu à Rome à l’occasion de la Visite Ad
Limina, en février 2003. Ils ont mis en évidence les
changements qui se sont produits dans la région après
l’attaque contre l’Iraq. Ils ont signalé d’autres
évènements, suivant les pays, comme les attentats
du 16 mars au Maroc, comme le séisme qui a frappé
l’Algérie en mai dernier, ou comme les évolutions
importantes connues par la Libye désireuse de retrouver toute
sa place dans le concert des nations. Parmi ces évolutions
ils se sont interrogés sur le phénomène nouveau
dans plusieurs pays du développement de nouvelles communautés
d’obédience évangélique.
Les évêques ont ensuite étudié le récent
document du Pape : « l’évêque serviteur
de l’évangile de Jésus-Christ pour l’espérance
du monde ». Ils ont en particulier réfléchi
sur leur engagement dans leur ministère de communion, puisqu’ils
se savent chargés à la fois de la promouvoir dans
leur diocèse et de maintenir leur Église particulière
en lien avec l’Église Universelle et avec le Saint
Père. Ils ont cherché en particulier comment cette
communion pouvait être mieux assurée entre leurs Églises
au Maghreb puisqu’elles sont confrontées ensemble au
même type de défis et chargées ensemble de la
même mission.
Appuyant toujours leur réflexion sur le document pontifical,
ils ont cherché à mieux concilier leur conviction
que l’Église a pour raison d’être l’annonce
du salut universel en Jésus- Christ avec la découverte,
chaque jour renouvelée, au Maghreb des fécondités
spirituelles d’un dialogue respectueux de leurs partenaires
non-chrétiens. Dans la relation islamo-chrétienne
qui se vit au Maghreb nous avons de bonnes raisons de penser qu’il
existe un témoignage rendu par l’Église à
l’Évangile du Christ dont la société
reçoit la Bonne Nouvelle sans l’éprouver comme
une agression. Il s’agit d’ailleurs d’un mouvement
dans les deux sens car les chrétiens, eux aussi, reçoivent
souvent des témoignages d’amitié et des messages
de vie de leurs partenaires non-chrétiens. Ils ont cherché
comment cette expérience spécifique pourrait être
mieux partagée avec les Églises qui, dans d’autres
régions du monde, s’interrogent sur l’avenir
de la relation islamo-chrétienne.
Les évêques ont cherché aussi comment assurer
cette communion dans leurs Églises particulières avec
les religieux et les religieuses. Ils rendent grâce à
Dieu pour toutes les générosités que suscitent
les traditions spirituelles très diverses où religieux
et religieuses ressourcent leur fidélité. Mais les
perspectives de l’Église diocésaine sont parfois
difficilement conciliables avec les orientations des Congrégations
qui, se situant sur un plan international, ont aussi d’autres
priorités. Un progrès dans la concertation devrait
être réalisé pour concilier la fidélité
aux personnes que l’on sert avec le respect dû à
l’équilibre humain et spirituel des communautés.
Pendant la Conférence, les évêques ont aussi
échangé entre eux sur les problèmes de justice
et paix qui sollicitent en ce moment la conscience des chrétiens
et de tous les hommes de bonne volonté. Ils ont évoqué
les difficultés présentes du continent africain en
partant notamment des travaux du SCEAM (Symposium des Conférences
d’Afrique et de Madagascar) lors de son Assemblée de
Dakar (octobre 2003). Ils ont réfléchi sur les problèmes
posés dans notre région par le respect de la liberté
religieuse dans la relation islamo-chrétienne mais aussi,
parfois, dans les relations entre les Églises. Ils ont reçu
une information de leur délégué à la
dernière rencontre de la CELRA (Conférence des Évêques
Latins du Moyen Orient) en particulier sur la situation de l’Église
en Palestine, en Iraq et dans la Péninsule Arabique. Un message
de sympathie et de communion fraternelle a été envoyé
au nouveau Patriarche des Chaldéens S. B. Emmanuel III DELLY,
et à travers lui à toute la communauté chrétienne
d’Iraq et à leurs compatriotes.
Ils se sont arrêtés aussi ensemble sur la condition
des migrants sub-sahariens qui traversent les pays du Maghreb en
direction de l’Europe, et vivent souvent ce passage dans des
situations de plus en plus difficiles. Cette question doit être
abordée au plan humanitaire avec des représentants
des Églises du nord de la Méditerranée au printemps
prochain.
A propos des étudiants sub-sahariens, la Conférence
a souhaité une meilleure circulation de l’information
entre les aumôneries des trois pays du Maghreb avec l’invitation
réciproque de représentants aux sessions d’été
les concernant, une relation plus étroite avec le service
du laïcat du SCEAM ou la publication de nouvelles dans les
bulletins de liaison entre étudiants au niveau continental.
Le délégué de la CERNA à la Conférence
des Évêques Francophones pour les Traductions Liturgiques
(CIFTL) a sollicité l’avis des évêques
sur diverses questions en relation avec la prière liturgique
des communautés et avec la publication de la nouvelle édition
du Missel romain. Cette information a permis un échange entre
les évêques sur la célébration eucharistique
et les gestes qui en expriment le sens.
Une information a été donnée aux évêques
par le nouveau directeur de l’Institut des Belles Lettres
Arabes (IBLA) de Tunis et sur l’évolution de la réflexion
des spécialistes tunisiens des sciences religieuses et du
dialogue islamo chrétien. Un groupe d’épouses
de foyer mixte a rencontré une délégation des
évêques de la CERNA.
Chaque soir des rencontres avaient été organisées
par des communautés de Tunis qui en accueillant les évêques
et leurs vicaires généraux, assuraient cette communication
des expériences pastorales entre pays du Maghreb qui est
le premier bénéfice de chaque rencontre de la CERNA.
La prochaine conférence a été fixée
du 13 au 16 octobre 2004. Elle aura lieu à Rome.
Mgr Henri Teissier Mgr Fouad Twal
Archevêque d’Alger Archevêque de Tunis
Président sortant de la CERNA Nouveau Président de
la CERNA
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