S’inspirant de notre théologie et de notre tradition
respectives, nous concevons l’essence même du mariage
comme étant l’union d’une femme et d’un
homme. Chacune à sa manière perçoit la signification
religieuse du mariage. Cette compréhension de la structure
unitive du mariage n’est toutefois pas exclusivement religieuse;
elle a toujours été présente dans les sociétés
et les cultures du monde depuis les temps immémoriaux.
La déclaration publique suivante précise la nature
et la forme généralement acceptées du mariage.
Nous, soussignés, maintenons que l’institution du
mariage est une alliance publique entre un homme et une femme
au sein d’une relation amoureuse, permanente et exclusive,
qui peut servir à l’enrichissement de notre société.
Le mariage jette un pont entre les différences sexuelles,
qu’il célèbre, et constitue la relation première
au sein de laquelle les enfants sont conçus et élevés.
L’institution du mariage garantit aux enfants leur droit
fondamental de connaître leur mère et leur père
et d’être élevés par eux au sein du
type de relation le plus stable qui soit. Comme l’a indiqué
le juge La Forest de la Cour Suprême, dans une partie de
l’opinion majoritaire dans l’affaire Egan c. Canada
: la définition du mariage « repose fermement sur
la réalité biologique et sociale qui fait que seuls
les couples hétérosexuels ont la capacité
de procréer, que la plupart des enfants sont le fruit de
ces unions et que ce sont ceux qui entretiennent ce genre d’union
qui prennent généralement soin des enfants et qui
les élèvent. En ce sens, le mariage est, de par
sa nature, hétérosexuel ».
Le fait que les couples mariés ne parviennent pas toujours
à vivre pleinement cet idéal au Canada n’est
pas une raison pour détourner le mariage de son objectif.
En tant qu’alliance pour la vie entière entre un
homme et une femme, le mariage est une institution plus ancienne
que nos plus vieilles organisations démocratiques et parlementaires,
et que nos plus antiques systèmes juridiques. Aucun code
légal jamais promulgué n’est aussi universellement
reconnu que le mariage. En reconnaissant l’institution du
mariage, la société affirme réellement et
symboliquement que l’enfant a le droit de connaître
sa mère et son père, et d’être éduqué
par eux —un droit reconnu par la Convention internationale
des droits de l’enfant, qui a d’ailleurs été
ratifiée par le Canada. Bien que des enfants ne soient
pas issus de tous les mariages, il reste que la plupart des enfants
naissent dans ce cadre. Il s’agit donc de la situation dans
laquelle une femme et un homme expérimentent ensemble la
responsabilité co-parentale, incarnant les différences
et la complémentarité des sexes, et travaillant
amoureusement à transmettre le meilleur d’eux-mêmes
à leur progéniture.
En tant qu’institution sociale, le mariage se préoccupe
principalement du bien commun et non des droits individuels. Le
mariage entre une femme et un homme mérite donc une protection
gouvernementale et une reconnaissance sociale déférentes.
L’intérêt de l’État pour l’institution
du mariage a toujours été, et devrait continuer
à être, l’union d’un homme et d’une
femme pour le bien de la société. Il est d’importance
vitale pour la stabilité et la sécurité de
notre pays et de ses enfants de reconnaître cette relation
distinctive dans nos lois et nos politiques publiques. Comme l’a
si justement reconnu un récent rapport parlementaire de
l’Assemblée nationale française : «
L’intérêt de l’enfant doit primer sur
l’exercice de la liberté des adultes. »
En changeant la définition du mariage, on fait fi d’un
passé et d’expériences de vie plus que millénaires.
Redéfinir le mariage comme union « entre deux personnes
», c’est éclipser l’essence même
et le plein objectif du mariage; c’est faire abstraction
de l’intime connexion qui existe entre mariage, complémentarité
des sexes, procréation et éducation des enfants.
Une fois coupé de sa nature et de son objectif, le mariage
n’est plus qu’un euphémisme pour identifier
un rapport personnel étroit entre deux adultes consentants.
Une telle compréhension réduit à la fois
les dimensions sacrée et civile du mariage, tout en négligeant
de promouvoir le bien commun de la société.
Les communautés de foi canadiennes ont besoin de mots
pour traduire leurs principes et croyances; elles ont aussi besoin
de liberté pour promouvoir et favoriser des façons
de vivre qui ont traversé l’épreuve du temps.
Comment pourront-elles promouvoir une institution désormais
identifiée par un mot qui a été vidé
de son sens réel —une institution qui a été
légalement redéfinie et qui possède des significations
différentes pour différentes personnes? Quel langage
utiliseront-elles pour encourager cette relation distinctive et
nécessaire? Leur vision étant éventuellement
perçue comme étroite et intolérante, pourront-elles
exprimer publiquement leurs croyances et auront-elles la liberté
nécessaire pour en vivre? Déjà, des officiels
chargés des mariages et des fournisseurs de services voient
leur liberté de conscience violée.
Pour éviter que les générations futures
soient privées de l’institution distinctive et fondamentale
du mariage, nous demandons aux membres du Parlement du Canada
et à tous les Canadiens de reconsidérer la décision
de redéfinir le mariage et de travailler ensemble pour
rétablir dans nos lois et nos politiques publiques la définition
historique et universelle du mariage, reflet de sa nature unique
et essentielle.
Signée le 9 novembre 2006 par :
Apostolic Church of Pentecost of Canada Inc., Révérend
Wesley E. Mills
Associated Gospel Churches, Révérend Bud Penner
Baptist General Conference of Canada, Révérend Jamey
McDonald
Baptist Union of Western Canada, Révérend Jeremy
Bell
Brethren in Christ Church in Canada, M. Brian Bell
Canadian Conference of Mennonite Brethren Churches, David Wiebe,
directeur exécutif
Canadian Fellowship of Churches and Ministers, Révérend
Glen R. Stead
Church of God in Canada (Anderson) – Western/Camrose, Révérend
John D. Campbell
Church of God in Canada (Cleveland), Révérend Ralph
R. Glagau
Communauté musulmane druze de Montréal, Cheikh Hassan
Ezzedine, représentant
Conférence des évêques catholiques du Canada,
+ André Gaumond, archevêque de Sherbrooke, président
Congregational Christian Churches In Canada, Révérend
David Schrader
Conseil supérieur de la communauté musulmane chiite
au Canada, Vénérable Sayed Nabil Abbas, représentant
Convention baptiste de l’Ontario et du Canada, Le Très
Révérend Kenneth Bellous, ministre exécutif
Convention des Églises baptiste de l’Atlantique,
Révérend Harry G. Gardner
Diocèse canadien de l’Église apostolique arménienne,
Sa Grâce l’évêque Bagrat Galstanian,
primat
Église adventiste du 7e jour, Pasteur Daniel Jackson, président
Église épiscopale méthodiste britannique,
Le Très Révérend Maurice Hicks, surintendant
général
Église orthodoxe copte du Canada, Le R.P. Ammonius Guirguis,
protoprêtre
Église orthodoxe d’Amérique, Le Très
Révérend Seraphim, évêque d’Ottawa
et du Canada
Église orthodoxe égyptienne Tewahedo du Canada dans
l’hémisphère occidental, Le R. P. Messale
Engeda, prêtre
président
Église orthodoxe ukrainienne du Canada, Son Éminence
John, primat
Église réformée en Amérique, Synode
régional du Canada, Révérend Siebrand Wilts,
clerc
Églises chrétiennes évangéliques canadiennes,
Révérend David P. Lavigne
Église wesleyenne du Canada, Révérend Donald
Hodgins
Evangelical Covenant Church of Canada, Jeff Anderson, président
Evangelical Mennonite Conference, M. Len Barkman
Evangelical Mennonite Mission Conference, Révérend
Allen Kehler
Evangelical Missionary Church of Canada, Révérend
Phil Delsaut
Fellowship of Evangelical Baptist Churches in Canada, M. John
Kaiser
Foursquare Gospel Church of Canada, Révérend Tim
Peterson
Islamic Supreme Council of Canada, Syed B. Soharwardy, président
Métropole orthodoxe grecque de Toronto (Canada), Son Éminence
le Métropolite Sotirios, archevêque
National Alliance of Covenanting Congregations, M. Geoff H. Wilkins
Pentecostal Assemblies of Canada, Révérend William
D. Morrow
Pentecostal Assemblies of Newfoundland & Labrador, Révérend
Paul Foster
The Christian and Missionary Alliance in Canada, M. Franklin Pyles
The Evangelical Fellowship of Canada, M. Bruce J. Clemenger, président
The Fellowship of Christian Assemblies of Canada, Révérend
Glen Forsberg, président, comité ministériel
The Free Methodist Church in Canada, Keith Elford, évêque
United Brethren Church in Canada, Brian Magnus, évêque
Vision Ministries Canada, Pasteur Gord Martin