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CONGRÉGATION POUR L'ÉVANGÉLISATION DES PEUPLES
GUIDE DE VIE PASTORALE POUR LES PRÊTRES DIOCÉSAINS
DES ÉGLISES QUI DÉPENDENT DE LA
CONGRÉGATION POUR L'ÉVANGELISATION DES PEUPLES
Rome, Juin 1989

1. Introduction. La Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, consciente de l'importance fondamentale du sacerdoce ministériel pour la vie et la croissance de la communauté chrétienne, a toujours eu particulièrement le souci des prêtres diocésains des nouvelles Eglises.
Dans cet esprit, elle a apporté une contribution pratique à la formation des ministres sacrés: lors de la session plénière qui s'est tenue du 14 au 17 octobre 1986, ont été formulées Quelques directives concernant la formation dans les Grands Séminaires, que S.E. le Cardinal Préfet a communiquées aux Evêques intéressés dans sa lettre du 25 avril 1987.
En continuité avec cette première contribution importante en faveur des séminaristes, et comme témoignage d'une grande attention à l'égard des prêtres, au cours de la session plénière qui s'est tenue du 11 au 14 avril 1989, après une large consultation et l'examen d'un abondant matériel venant des Eglises particulières, a été préparé un "Guide de vie pastorale pour les prêtres diocésains des Eglises qui dépendent de la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples".
Dans ces orientations, en accord avec la doctrine et les normes générales de l'Eglise, sont envisagés successivement les thèmes principaux qui concernent l'identité, la vie spirituelle, la vie et l'action pastorale des prêtres. Elles mettent toutefois en relief, suivant les orientations clairement données par le Concile (1), les notes caractéristiques qui correspondent particulièrement à la situation des jeunes Eglises en plein développement: les qualités spirituelles et le style de vie du prêtre, qui donnent à son existence la valeur d'un témoignage évangélique manifeste au milieu des non-chrétiens; la speciale communion qu'il est appelé à vivre respectivement avec l'Evêque, avec le presbytérium et avec la communauté chrétienne; une entière disponibilité et un engagement effectif au service de la pre-mière annonce de l'Evangile aux non-chrétiens; le travail de formation des laïcs en vue de leur participation active à la vie et à la croissance de l'Eglise, et de leur engagement dans l'oeuvre de l'Evangélisation; l'attention privilégiée aux jeunes; l'amour préférentiel des pauvres; la participation au service de la promotion humaine et à la défense de la justice; le souci de l'inculturation et l'aptitude à la promouvoir; le dialogue oecuménique et celui qui doit se poursuivre avec les autres religions.
Ces points forts, auxquels s'ajouteront quelques autres, constituent la trame de tout le développement proposé; ces orientations répondront ainsi autant qu'il est possible,aux besoins des prêtres dans les territoires de mission. Ils seront donc retenus comme une clé de lecture de l'ensemble du texte.
Les destinataires de ces orientations sont essentiellement les prêtres diocésains séculiers qui appartiennent aux Eglises locales dépendant de la Congrégation; ils sont de plus en plus nombreux et, de plus en plus, chargés de grandes responsabilités; en outre, ils appartiennent généralement à une prémière ou une seconde génération de prêtres nés dans le pays, pour qui le modèle traditionnel du prêtre est celui du religieux missionnaire et non celui du prêtre diocsain séculier appartenant à l'Eglise locale: enfin, les problèmes des prêtres des territoires de mission sont spécifiques et ils sont liés, dans leurs données concrètes, à des situations ecclésiales et socio-culturelles locales; ils demandent des orientations et des solutions adaptées.
Ces orientations pourront constituer un point de référence, un facteur d'unité et un stimulant pour tous les prêtres séculiers; mais, en même temps, elles inspireront la conduite des prêtres religieux et missionnaires qui travaillent dans les mêmes jeunes Eglises.
C'est avec cette confiance que la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples remet ces orientations aux Conférences Episcopales et à chaque Evêque comme guide de vie pastorale pour leurs prêtres, comme document de base et modèle de référence pour l'établissement ou la mise-à-jour de directoires particuliers; ainsi toute la famille sacerdotale de l'Eglise missionnaire vivra dans la ferveur et travaillera dans une grande unité d'esprit et d'intention; elle sera en mesure de répondre à l'espérance d'une Eglise en marche vers un nouvel "avent" missionnaire, en communion avec la Vierge Marie.
I - AUX SOURCES DU SACERDOCE MINISTERIEL
2. Fondement trinitaire. Le Christ Jésus, "en qui habite corporellement la plénitude de la divinité" (col. 2,9), a été envoyé par le Père pour réaliser son dessein de salut universel (cf. Jn 3,17; 5,30; 8,16; Gal 4,4; etc.), recevant de lui tout pouvoir pour accomplir sa mission (Jn 5,20-21; Mt 28,18); il a été consacré par la force de l'Esprit Saint (cf. Lc 4,18 ss; Ac 10,38); après avoir accompli la volonté du Père, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (cf. 1 Tm 2,4), jusqu'à donner sa vie en rançon pour la multitude (cf. Mc 10.45), il a détruit la mort par sa résurrection et son retour auprès du Père, pénétrant dans les cieux, où il règne éternellement et intercède pour ses frères (cf. Jn 16,27-28; 13, 1-3; He 4, 14-16). Le prêtre, qui est chargé de continuer la mission du Christ, trouve la source première de sa mission dans l'amour salvifique du Père (cf. Jn 17,6-9, 24; 1 Co 1,1; 2 Co 1,1), et l'origine immédiate de sa vocation, dans le Christ qui l'appelle par son nom comme il a appelé les apôtres et mis en eux son Esprit (cf. Jn 20,21), pour qu'ils aillent vers le Père avec leurs frères. C'est ainsi dans la Trinité elle-même, source de la mission de l'Eglise (2), que s'enracinent et trouvent leur pleine justification la vocation et la mission du prêtre.
Le Christ lui même a établi ses apôtres comme ministres, de telle manière qu'au sein de la communauté des croyants, ils soient investis du pouvoir sacré de l'Ordre. Par le moyen des apôtres, le Seigneur a fait participants de sa propre consécration et mission les Evêques, leurs successeurs, dont la fonction ministérielle a été transmise, à un degré subordonné, aux prêtres, afin qu'ils collaborent fidèlement à l'accomplissement de la mission apostolique (3). Cette mission participe à la mission universelle de l'Eglise auprès des non-chrétiens et elle engage les prêtres de manière effective (4).
A travers leur Evêque, les prêtres sont appelés par le Christ selon une vocation spéciale (Mc 3.13; Lc 6,13); ils sont dans le monde mais ils ne lui appartiennent pas (cf. Jn 17, 14-15); en vertu de leur consécration, ils sont habilités à remplir la mission même du Christ d'annoncer à tous que les temps sont accomplis et que le règne de Dieu est présent au milieu des hommes (cf. Mc 1,15), et à présider, enseigner et sanctifier le Peuple de Dieu (5).
Le principe constitutif du sacerdoce ministériel est le Christ Prêtre et Victime de la nouvelle et éternelle Alliance (cf. He 9,11-15): Son principe efficace est l'élection et la mission spéciale reçue de la part de Dieu, qui fait du prêtre l'instrument du Christ (cf. Mc 3,10-19; Lc 22,19; Mt 28, 18-20). Le principe exemplaire en est la diaconia du Christ, dont les divers aspects mettent en lumière l'identité du prêtre: le Christ-Envoyé par le Père pour sauver le monde (cf. Jn 3,17), ce qui souligne l'universalité de la mission; le Christ-Serviteur, titre que manifeste le dépouillement du Christ, venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie (cf. Mt 20,28; Ph 2,7-8); le Christ-Pasteur et Maître, que révèle l'amour de celui qui connaît les siens, guide son troupeau et le rassemble dans l'unique bercail (cf. Jn 10,1ss), et qui est lui-même la Parole vivante du Père convoquant les foules à entrer dans le Royaume (cf. Jn 12, 48-50).
L'accent mis sur la fonction ministérielle souligne la relation essentielle du prêtre à la Personne du Christ. Le prêtre est en effet signe et instrument de l'unique prêtre et Médiateur auprès du Père, Jésus-Christ, et sa continuation sur terre; il actualise son pouvoir d'annoncer la Parole, de renouveler le sacrifice de la croix dans l'Eucharistie, de pardonner les péchés et de guider le Peuple de Dieu. Il est impossible de séparer l'être du prêtre de l'être du Christ, la vie du prêtre de la vie du Christ.
Tous les prêtres seront donc convaincus que leur identité sacer-dotale se réalise seulement dans une conformité totale à l'identité du Christ, avec esprit de foi, cohérence de la vie, et ferveur de l'esprit. Ils se souviendront que le Christ, dans l'accomplissement de sa mission de salut, a pris la route de l'incarnation, se dépouillant de lui-même et prenant tout ce qui est propre à l'homme, sauf le péché (cf. He 2,17-18; 4,15). Cette incarnation sera le modèle de l'action missionnaire.
L' Esprit Saint donne à l'Eglise son unité intime et ministérielle, Il la munit des divers dons hiérarchiques et charismatiques (cf. Eph 4,11-13; 1 Cor 12,4) (6); Il vivifie, étant comme leur âme, les institutions de l'Eglise (7); Il répand dans le coeur des chrétiens, en vue de l'accomplissement de leur propre mission, cet esprit qui animait le Christ lui-même (8).
Les prêtres, "en vertu de l'onction de l'Esprit saint, sont marqués d'un caractère spécial qui les configure au Christ prêtre, pour les rendre capables d'agir au nom du Christ Tête en personne" (9). L'Esprit sanctificateur est toujours à l'origine de l'élection, de la sanctification et de la mission (cf. Ac 13,3,; 19,6). C'est l'Esprit qui donne la capacité objective d'exercer efficacement le ministère. L'Esprit est "envoyé" (cf. Jn 14,26; 15,26), et il demeure uni au prêtre envoyé pour coopérer à l'oeuvre du salut (10).
Grâce à l'Esprit Saint, principe de communion (11) les prêtres sont établis guides et animateurs spirituels de la communauté, spécialement avec la force de la Parole. Grâce à ce même Esprit, ils sont constitués ministres des sacrements, qui tiennent tous de lui leur puissance vivifiante, depuis le baptême "dans l'Esprit et l'eau" (Jn 3,5; Ac 10,47) jusqu'à l'Eucharistie, où le Christ "exerce, d'une manière ininterrompue, sa fonction sacerdotale en notre faveur (...) par l'action de l'Esprit" (12).
La consécration inaugure chez les prêtres une continuelle Pentecôte. Par la force de cette grâce extraordinaire, ils savent reconnaître l'action de l'Esprit dans l'Eglise et y coopérer, conscients d'avoir reçu une mission surnaturelle et universelle en faveur de tous les hommes.
3. Fondement ecclésiologique et sacramentel. L'Eglise "sacrement universel du salut" (13), actualise la Rédemption par le moyen de la Parole et des Sacrements, principalement par le moyen du Sacrifice Eucharistique. Au ministère de l'Eglise participent les prêtres appelés à prêcher et répandre l'Evangile, à présider le culte et à remplir le rôle de guides au sein du Peuple de Dieu.
L'Eglise est communion où s'articulent hiérarchiquement divers ministères au sein de la communauté. C'est particulièrement au moyen des trois degrés de l'ordre sacré (Evêques, prêtres, diacres) qu'elle s'édifie comme un temple vivant, dans la communion de la foi et de l'amour. Ces trois ministères conférés par l'ordination, transmis par les apôtres et par leurs successeurs, sont de nature hiérarchique et constituent la hiérarchie de l'Eglise.
L'Evêque, en communion avec le Souverain Pontife, chef du Collège épiscopal, et avec les membres de ce Collège, est, dans la communauté ecclésiale, le "grand prêtre" (14), et le signe vivant du Christ, Pasteur suprême; sa fonction reproduit le caractère central du service à la fois humble et puissant du Christ Tête (15). Pour exercer de manière pleine et efficace son propre ministère, l'Evêque a besoin de la coopération des prêtres et des diacres. Les prêtres sont l'aide et l'instrument de l'ordre épiscopal et, dans chaque communauté ils rendent présent l'Evêque; sous son autorité, ils prêchent l'Evangile (16), "sanctifient et gouvernent la portion du troupeau du Seigneur qui leur est confiée" (17).
De plus, le prêtre, en communion avec l'Evêque, rend présent le Christ (18). Il est porteur du message évangélique, remplissant le ministère même du Christ Prophète, dans le service de la Parole pour ceux mêmes qui sont loin (19); il exerce le ministère proprement sacerdotal en tant qu'il consacre au nom du Christ Pontife ("in persona Christi Pontificis") (20); il est pasteur, rassemblant et guidant la communauté au nom du Christ Pasteur (cf. Lc 10,16; 1 P 5,2).
Dans l'Eglise-communion, enfin, il y a distinction et complémentarité entre le sacerdoce des ministres ordonnés et le sacerdoce commun des fidèles; chacun coopère avec l'autre pour réaliser la mission confiée par le Christ à l'Eglise. Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel, en effet, bien qu'il y ait entre eux une différence essentielle et non pas seulement de degré, sont cependant ordonnés l'un à l'autre: l'un et l'autre, chacun selon son mode propre, participent à l'unique sacerdoce du Christ (21). Les prêtres doivent être conscients de leur identité particulière, qui les habilite à un ministère spécifique en vue de la construction de l'unique Corps du Christ, tout entier par nature prophétique, sacerdotal et royal. Quelle que soit cette diversité des fonctions, reste entière, en réalité, l'identique dignité fondamentale des chrétiens.
Le prêtre est à proprement parler diocésain en vertu de son incardination à un diocèse (22), où il demeure uni à l'Evêque à un titre particulier, et auquel il appartient d'une manière spéciale pour le service de cette communauté ecclésiale particulière qu'est le diocèse (23). Comme prêtre diocésain, il est appelé à susciter l'unité de communion entre les membres de la communauté locale, et aussi à l'étendre, par son action évangélisatrice, à ceux qui sont encore en dehors d'elle.
Au sein de cette communion qu'est l'Eglise, il ne faut pas oublier la place des diacres permanents qui travaillent en relation étroite avec les prêtres et qui doivent être formés à une vie évangélique, afin qu'ils puissent remplir comme il convient les obligations propres à leur ordre. Ils représentent une figure ministérielle qui peut prendre une signification particulièrement marquée dans les jeunes Eglises: celles-ci ont besoin de toutes les énergies disponibles pour se développer. Cette fonction diaconale sera étudiée et organisée au niveau des Conférences Episcopales (24).
Il faut souligner cette dimension ecclésiale et sacramentelle qui qualifie les prêtres. Tout prêtre représente l'Eglise et, en elle, actualise le plan de salut. Cela suppose l'intelligence de ce qui se rapporte à l'Eglise, l'adhésion à son plan concret de salut, et une communion d'esprit et d'action avec tous ceux qui sont engagés dans le service pastoral, en particulier avec le Pontife Romain, avec l'Evêque, avec les autres prêtres et les diacres.
Tous les prêtres garderont le regard fixé sur Marie, Mère du Christ et Mère de l'Eglise: depuis l'accomplissement du mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, elle est le modèle exemplaire de leur être et de leur vie.
II - IDENTITE DE L'EVANGELISATEUR ET DU PASTEUR
4. La conscience missionnaire du prêtre. La communion des Eglises particulières avec l'Eglise universelle atteint sa perfection seulement quand elles-mêmes prennent part à l'effort missionnaire en faveur des non chrétiens dans leur propre territoire et aussi en direction des autres peuples (25).
Dans ce dynamisme apostolique, qui appartient à l'essence missionnaire de l'Eglise (26), les prêtres occupent nécessairement une place particulièrement importante. Cela doit être spécialement évident pour ceux qui travaillent dans les territoires de mission, où se réalise l'évangélisation des non chrétiens.
En effet, les prêtres ont reçu, avec l'ordination, une grâce spéciale qui "les prépare non pas seulement à une mission limitée et restreinte, mais à une mission très vaste et universelle, 'jusqu'aux extrémités de la terre' (Ac 1,8)" (27).
Il en résulte que tout prêtre doit avoir une conscience missionnaire très claire, qui le rende apte et prêt à s'engager de façon pratique et avec générosité pour que l'annonce de l'Evangile atteigne ceux qui ne professent pas encore la foi au Christ. Le prêtre est en toute vérité "missionnaire envoyé au monde" (28).
L'évangélisation des non chrétiens vivant sur le territoire d'un diocèse ou d'une paroisse, est confié, en première responsabilité, à leur pasteur propre, en collaboration avec la communauté chrétienne. Ce devoir apostolique demande que l'Evêque soit essentiellement messager de la foi et que les prêtres s'emploient de toutes leurs forces à prêcher l'Evangile à ceux qui demeurent en dehors de la communauté ecclésiale, qu'ils s'y engagent en personne, avec leurs fidèles, en collaboration avec les missionnaires.
Dans la répartition des charges pastorales, on ne confiera pas en priorité aux prêtres du clergé local les communautés déjà formées et rassemblées, en laissant aux missionnaires celles qui sont en formation ou la responsabilité d'évangéliser de nouveaux secteurs. Les prêtres du pays ont le droit et le devoir d'assumer eux-mêmes la charge de l'évangélisation de leurs propres frères qui ne sont pas encore chrétiens: ils seront ainsi en vérité des apôtres des frontières, n'aspirant pas aux fonctions les plus en vue, aux postes offrant une plus grande sécurité, plus centraux ou mieux rémunérés.
Les jeunes Eglises sont encouragées à participer "dès que possible et de manière effective à la mission universelle de l'Eglise en envoyant elles-mêmes des missionnaires prêcher l'Evangile partout dans le monde, même si elles souffrent d'un manque de prêtres" (29). Toutes les Eglises particulières sauront ainsi donner de leur pauvreté (30). Pour cela, en plus des prêtres qui appartiennent à des Instituts missionnaires, les diocèses seront disposés à envoyer comme missionnaires fidei donum s'engageant dans l'activité missionnaire proprement dite (31), ceux de leurs propres prêtres qui ont entendu cet appel du Christ. Ces prêtres seront heureux de pouvoir vivre en plénitude la communion avec le Christ envoyé par le Père (cf. Jn 17,18; 20,21) et avec l'Eglise universelle, en se mettant à la disposition de leur propre Evêque, pour être envoyés prêcher l'Evangile à d'autres peuples. Cela requiert chez eux non seulement une grande maturité dans la conscience de leur vocation, mais aussi la capacité de quitter leur patrie, leur ethnie et leur famille, et une aptitude particulière à s'insérer dans une autre culture, en la comprenant et en la respectant (cf. Gn 12, 1-4; He 11,8).
Dans aucun autre secteur de l'apostolat, les prêtres ne pourront manifester plus qu'en celui-là l'intensité de leur amour du Christ, de l'Eglise et des hommes, jusqu'à pouvoir affirmer comme St Paul: "Je me suis fait tout à tous afin de pouvoir en sauver au moins quelques uns" (1 Co 9,22) (32).
5. La conscience pastorale du prêtre. La fonction pastorale exige des prêtres une conscience pastorale approfondie, qui se fonde sur leur identité de "consacrés pour prêcher l'Evangile, pour être les pasteurs des fidèles et pour célébrer le culte divin" (33), participant ainsi à la mission du Christ Bon Pasteur qui connaît, nourrit et guide ses brebis, et va à la recherche de celles qui sont perdues ou sont encore en dehors du bercail (cf. Jn 10,1ss; Lc 15, 3-6).
Dans son expression plénière, la conscience pastorale implique le sens d'une appartenance à l'Eglise universelle, en communion d'amour et d'obéissance avec le Pontife Romain, principe et fondement perpétuel et visible de l'unité dans la foi et dans la communion de la charité (cf Mt 16,19; Jn 21, 15-17); elle implique aussi dans le sens de la communion et du partage entre les Eglises particulières, dans lesquelles et à partir desquelles se construit l'Eglise universelle (34). Une Eglise particulière devient stérile si elle ne donne rien aux Eglises soeurs. Cela suppose que les prêtres soient disposés à partir, envoyés par leur Evêque, pour collaborer, dans la charité, avec les Eglises plus pauvres, en particulier avec celles qui se trouvent dans un contexte encore partiellement évangélisé (35).
Dans son expression immédiate, la conscience pastorale implique le sens de l'appartenance à une Eglise particulière, en communion avec son Pasteur, avec les autres prêtres, les diacres, et toute la communauté des fidèles.
La communion avec l'Evêque doit être tout à la fois spirituelle et hiérarchique; elle comporte certaines attitudes permanentes:
• reconnaître en lui l'autorité du Christ, Pasteur Suprême;
• accepter avec estime et amour son rôle de père de la communauté diocésaine;
• collaborer activement avec lui dans un esprit d'obéissance apostolique.
Les Evêques, pour leur part, considéreront les prêtres comme "des frères et des amis"; ils les connaîtront personnellement; ils les visiteront régulièrement et ils prendront à coeur leur bien matériel et spirituel (36). Les rapports entre les Evêques et les prêtres se fondent sur un esprit de foi; ils se développent et s'expriment dans un climat de confiance réciproque, d'estime sincère et de collaboration concrète, en respectant le rôle propre à chacun.
La communion entre les prêtres se fonde sur le fait qu'ensemble et autour de leur Evêque, ils forment un "seul presbyterium" (37). Le sens de l'appartenance au presbyterium, en outre, fait que chaque prêtre se sente uni à tous les autres par "un lien particulier de charité apostolique, de ministère et de fraternité" (38), réalisant ainsi l'unité que le Christ a voulue pour les siens, de telle sorte qu'ils "soient un" (cf. Jn 17,23). Au plan institutionnel, le rôle du presbyterium se concrétise dans le Conseil presbytéral à qui, selon le droit, il revient justement d'aider l'Evêque dans le gouvernement du diocèse. Dans les Eglises de territoires de missions, celui-ci exerce une fonction pastorale active de premier ordre; il doit donc être institué et valorisé, le plus largement possible, conformément aux normes canoniques et en tenant compte de la situation concrète locale (39).
La communion avec les fidèles demande que les prêtres se considèrent comme formant avec eux le Peuple de Dieu, étant radicalement consacrés au service de la croissance de la communauté, et animés par une authentique charité pastorale: pris parmi les hommes, ils sont établis en leur faveur pour ce qui concerne leur relation à Dieu (cf. He 5,1) (40). En conséquence, les prêtres prieront constamment pour leurs fidèles, les recommandant de tout leur coeur à l'amour du Père commun (cf. 2 Th 1,11); ils chercheront à bien connaître leur situation réelle, comme le Pasteur connaît ses brebis (cf. Jn 10,14); ils vivront au milieu d'eux comme "des frères parmi leurs frères" (41); ils progresseront ensemble sur le chemin de la foi, les précédant et donnant l'exemple de la vie chrétienne (cf. Jn 13,15); ils éviteront avec soin tout ce qui pourrait être cause de scandale (cf. 2Co 6,3); ils donneront, en union avec la communauté, un témoignage authentique de fidélité chrétienne dont le sens n'échappera pas à ceux qui "sont loin" et ne croient pas encore au Christ; ils veilleront à ne pas se rendre étranger à leur peuple par un style de vie qui, même sans le vouloir, les établirait à un autre niveau social.
On doit louer les prêtres qui acceptent et accomplissent avec conscience et dans la joie tout service confié par leurs Evêques, qui font tout ce qui est possible pour rejoindre les non chrétiens, qui ne se laissent pas prendre par des activités extérieures étrangères au sens apostolique de leur vocation.
6. La fraternité sacerdotale. Unis autour de leur Evêque, les prêtres s'appliqueront à vivre la "fraternité sacramentelle" (42), le fondement et la grarantie d'une aide spirituelle réciproque et de l'accomplissement du ministère dans une grande unité d'intention. Ils se souviendront de la valeur évangélisatrice que possède en elle-même leur attitude fraternelle: ils forment ainsi un corps dynamique et crédible, conforme à la demande adressée par le Christ à son Père dans la prière de la dernière Cène ( cf. Jn 17, 20-21). L'évangélisation n'est jamais un acte isolé et individuel, mais toujours une action profondément ecclésiale, qui s'accomplit en esprit de communion et suivant la méthode qu'inspire cet esprit. Cela s'impose avec une particulière urgence dans les territoires où il faut travailler à l'évangélisation des non chrétiens (43).
Les prêtres chercheront à vivre une amitié sincère avec leurs confrères; ils peuvent ainsi plus facilement s'aider mutuellement dans le développement de leur vie spirituelle et intellectuelle, se donner assistance dans les nécessités matérielles, avoir une vie plus accomplie et plus équilibrée. Cette amitié entre prêtres favorise, de plus, leur union au Christ; elle est aussi une aide précieuse pour surmonter le poids et les difficultés de la solitude (44).
Les prêtres qui ont charge d'âme, spécialement les curés, considéreront comme confiés à leur sollicitude d'une façon particulière les jeunes prêtres que l'Evêque leur envoie comme collaborateurs; ils les aideront fraternellement, de telle sorte qu'ils ne se sentent pas abandonnés à eux-mêmes et qu'ils s'intègrent positivement dans le presbyterium.
Parmi les moyens qui favorisent la communion et l'aide mutuelle entre les prêtres, on peut citer les associations sacerdotales. Doivent être envisagées positivement celles dont les statuts ont été approuvés par l'autorité compétente, qui ont pour but le développement de la vie spirituelle, de la vie commune, des activités de formation intellectuelle et pastorale, et qui favorisent l'unité des prêtres entre eux et avec leur Evêque (45). On doit éviter les associations qui manifestent un esprit étroitement fermé, une mentalité exclusive, surtout celles qui sont liées - ou même seulement favorisées par eux - à des groupes de pression, ou des mouvements politiques (46). De toute façon on doit insister, dans les jeunes Eglises, sur l'unité de tout le presbyterium.
On doit accorder une importance particulière à la fraternité entre les prêtres séculiers diocésains et les missionnaires, en particulier ceux qui ont contribué à fonder l'Eglise. La fraternité sacerdotale englobe, de toute évidence, les prêtres qui appartiennent à des Instituts de vie consacrée ou aux Sociétés de vie apostolique. Elle s'étend aussi, en un certain sens, aux laîcs qui suivent le Christ de plus près dans une vie consacrée. Les prêtres seront préparés et disposés à aider spirituellement les religieux laîcs et les religieuses, en accord avec les directives de l'Evêque; toutefois ils n'interviendront jamais dans les questions disciplinaires et les problèmes d'organisation interne de leur communauté.
7. Ministre de la Parole. Il appartient au prêtre comme éducateur de la foi du Peuple de Dieu, participant à la mission prophétique du Christ, et coopérateur de l'Evêque, d'annoncer la Parole de salut et de rassembler, avec sa force surnaturelle, la communauté des croyants ( cf. Rm 10,17) (47). Le devoir du prédicateur de l'Evangile est de transmettre la Parole de Dieu, dont il est l'humble serviteur et non une sagesse humaine (cf 1 Cor 2,1ss) (48). Ce ministère de la Parole se réalise sous des formes diverses, parmi lesquelles on peut retenir: la première annonce de l'Evangile aux non chrétiens, la prédication adressée aux fidèles, la catéchèse donnée aux catéchumènes et aux baptisés, l'évangélisation du monde scolaire et de la culture, le dialogue individuel.
• Evangélisateur infatigable: en priorité, le prêtre a le devoir d'annoncer l'Evangile à ceux qui, sur le territoire qui lui est confié, ne sont pas encore baptisés. Cette première annonce relève de la responsabilité fondamentale que l'Eglise a reçue du Seigneur lui-même à travers les Apôtres: "Allez dans le monde entier prêcher l'Evangile à toutes les créatures" (Mc 16,15; cf. Mt 28,19). Tout prêtre, en vertu de sa fonction prophétique, participant à la responsabilité missionnaire de son Evêque, dans une étroite collaboration avec lui, a le devoir imprescriptible d'annoncer aux hommes "le Dieu vivant et celui qu'il a envoyé pour le salut de tous, Jésus-Christ" (cf. 1 Tess 1, 9-10; 1 Cor 1, 18-21). C'est seulement ainsi que les non chrétiens, "dont l'Esprit Saint ouvre le coeur (cf. At 16,14), se convertiront librement en croyant au Seigneur" (49). Comme Pierre et Jean, chaque prêtre manifeste ainsi sa volonté d'être un messager infatigable de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ: "Nous ne pouvons pas taire ce que nous avons vu et entendu" (Ac 4,20). Il comprend comme adressée à lui-même la parole du Seigneur à Paul: "N'aie pas peur, continue à parler sans jamais te taire, car je suis avec toi" (Ac 18, 9-10).
Dans l'organisation des activités apostoliques du diocèse ou de la paroisse, on donnera une place de choix au travail spécifique de l'annonce de l'Evangile aux non-chrétiens; les prêtres et les diacres y seront engagés, au premier rang et personnellement, avec la collaboration étroite des catéchistes et de toute la communauté des fidèles.
• Au service de la prédication: c'est le devoir du curé, avec ses collaborateurs, de programmer la prédication, en s'assurant qu'elle est proposée avec régularité et avec une fréquence suffisante, à tous les fidèles, même aux groupes qui n'ont pas la possibilité de participer à l'Eucharistie chaque dimanche.
Outre un sens élevé de la responsabilité pastorale, la prédication implique des devoirs concrets pour les prêtres: elle ne doit pas être improvisée, mais préparée par un travail sérieux de réfléxion intériorisée dans la prière; le contenu doit communiquer les richesses permanentes de l'Ecriture, de la Tradition, de la Liturgie, du Magistère et de la vie de l'Eglise (50); il est indispensable qu'il y ait cohérence entre la prédication et la conduite du prêtre, de telle manière que la parole soit corroborée par le témoignage de la vie (cf. Mt 5, 16); la prédication doit exposer les critères toujours valables pour la vie chrétienne individuelle et communautaire (51).
Dans la prédication, l'homélie a une place éminente; elle fait partie de la Liturgie; elle est réservée au prêtre et au diacre. L'homélie, qui a une place privilégiée, doit exposer les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne, en partant des textes sacrés et en suivant le cours de l'année liturgique (52). Elle doit être reliée à la catéchèse; elle applique aux formes concrètes de la vie, dans le contexte culturel, les mystères proclamés.
Dans les zones de mission où le clergé est trop peu nombreux, on mettra en oeuvre la possibilité de confier la prédication à certains laîcs, conformémement aux normes du Droit Canonique (53). Les prêtres choisiront, parmi leurs fidèles, les plus capables, et ils les prépareront à ce ministère délicat. Si ces derniers sont officiellement mandatés par l'Evêque, les prêtres sauront les inclure dans le programme des prédications paroissiales et ils les assisteront fraternellement.
• Engagé dans la catéchèse: la catéchèse, comprise comme enseignement systématique de la doctrine de la foi, et comme initiation graduelle à la vie chrétienne, est un devoir grave de la communauté ecclésiale, qui incombe particulièrement aux pasteurs d'âme (54). Ainsi, en vertu de leur charge, les curés sont tenus de s'assurer que la catéchèse est réalisée de manière ordonnée et avec régularité, en faveur de toutes les catégories de fidèles et qu'elle atteint tous les groupes d'âges (55). Dans les missions, la catéchèse est un service de première nécessité: elle a pour but d'accompagner la croissance religieuse des baptisés vers la maturité de la vie chrétienne; dans le contexte d'une Eglise jeune, elle demande une inculturation adaptée; on tiendra compte des obstacles et des pressions contraires venant d'une ambiance non évangélisée, et parfois dues à l'influence du matérialisme moderne. Dans ce domaine, la coopération de tous les chrétiens est indispensable, particulièrement celle de plusieurs catégories de fidèles.
Les parents: ils ont, avant tout autre, l'obligation de former chrétiennement leurs enfants par la parole et par l'exemple (56). Les prêtres prépareront à cette mission ceux qu'ils reçoivent en vue du mariage; par des instructions appropriées et par un soutien pratique, ils aideront les parents à honorer cette importante responsabilité.
Personne ne peut ignorer l'importance du rôle des enseignants pour faire grandir la foi dans les nouvelles générations (57). L'enseignement de la religion dans les écoles est pour beaucoup de jeunes le premier contact sérieux avec l'Evangile. Les prêtres prendront à coeur la pastorale des écoles catholiques et de celles de l'Etat: elles sont un lieu privilégié de première évangélisation, et un milieu propice à la formation religieuse des jeunes déjà baptisés; il s'agit d'incarner le message évangélique dans les valeurs de la culture transmise par l'école. Les modalités de leurs interventions varieront selon la nature des institutions scolaires, la formation chrétienne des enseignants ou les lois de l'Etat. On doit ainsi prendre en charge avec conviction le secteur scolaire, dans la pastorale, aussi bien au plan diocésain qu'au plan paroissial (58).
Les catéchistes ont, dans les Eglises de mission, la charge d'enseigner la doctrine de la foi et d'organiser, en collaboration avec les prêtres, les activités liturgiques et les oeuvres de charité (59). Dans certains cas, on leur confie le soin spirituel d'une petite communauté où le prêtre ne peut se rendre que rarement. Avec le développement de l'Eglise, la figure du catéchiste bon à tout faire tend à faire place à une fonction spécifique: il est seulement chargé de la catéchèse dans le cadre de la paroisse. Les prêtres s'entendront à ce sujet avec les catéchistes; ils doivent savoir valoriser leur service, leur assurer une juste rétribution et, en utilisant les centres qui conviennent, prendre soin de leur formation spirituelle et intellectuelle, en conformité avec les normes diocésaines (60).
L'instruction et l'accompagnement des catéchumènes sont parmi les tâches les plus importantes des catéchistes. L'expérience montre que l'on doit à la générosité des catéchistes dans ce service le développement de la première évangélisation, en particulier dans les régions où les non chrétiens sont nombreux. Dans ce contexte, il faut souligner le rôle du catéchuménat dans les missions: à travers l'instruction et l'entraînement à la vie chrétienne, il initie les catéchumènes au mystère du salut et leur apprend à vivre la foi, la charité et l'apostolat. Il revient aux Conférences épiscopales d'établir des statuts en vue de l'organisation du catéchuménat, sur la base de l' Ordo Initiationis Christianae, ainsi seront précisés les devoirs et les prérogatives des catéchumènes, ainsi que les programmes à suivre (61). Il est demandé aux prêtres de poursuivre généreusement leur effort pour valoriser le catéchuménat; ils seront convaincus qu'il constitue un moyen privilégié pour la croissance de la communauté, par l'accueil de nouveaux membres, et pour la progression de celle-ci, vers sa maturité ecclésiale.
Pour favoriser l'instruction catéchétique et, en général, l'annonce de la Parole, il importe que les prêtres soient formés a l'utilisation des moyens de communication sociale. Il ne s'agit pas seulement d'une ouverture d'esprit, mais aussi d'une aptitude à susciter et organiser la collaboration des laïcs, en prenant appui sur des institutions spécifiques bien adaptées (62).
Le dialogue interpersonnel: toutes les formes de la communication de la foi doivent prendre appui sur la transmission qui s'effectue efficacement de personne à personne. Le Seigneur lui-même l'a pratiquée, comme l'attestent les entretiens avec Nicodème (cf. Jn 3, 1ss), la Samaritaine (cf. Jn 4, 1ss), Simon le pharisien (cf. Lc 7,1ss) et avec d'autres. Il faut encourager le contact personnel de celui qui transmet la foi et de celui qui la reçoit. Les prêtres, en particulier, sauront valoriser le sacrement de la Pénitence et la direction spirituelle comme moyens de formation personnalisée; à travers ces contacts et ces dialogues fraternels, ils pourront donner les réponses les mieux adaptées aux problèmes toujours différents d'une personne à l'autre (63).
8. Président des célébrations liturgiques et ministre des sacrements. Les prêtres, participant d'une manière spéciale au sacerdoce du Christ, agissant comme ses ministres, sous l'autorité de l'Evêque, exercent leur fonction sacerdotale par-dessus tout dans l'action liturgique et en administrant les sacrements (64). Ils s'efforceront donc d'acquérir un sens liturgique profond et ils seront des animateurs convaincus de la vie liturgique dans leurs communautés (65).
• La Pastorale sacramentelle: En ce qui regarde le ministère des sacrements, le premier devoir des prêtres est de procurer, à leur sujet, une connaissance de foi véritable, particulièrement par le moyen de la catéchèse: il faut ainsi donner le sens de leur caractère ecclésial, de leur orientation intrinsèque vers l'Eucharistie, de l'aptitude radicale des fidèles à les recevoir et à vivre leur grâce propre en vertu du sacerdoce commun des chrétiens (66). Ainsi sera écartée l'idée fausse qui fait considérer les sacrements comme agissant par eux-mêmes, par un effet en quelque sorte magique, indépendamment de la vie chrétienne.
Etant entendu que les fidèles bien disposés ont le droit de recevoir les sacrements (67), les pasteurs veilleront à leur procurer la préparation convenable (68). Il est bon de préciser ici que la pastorale sacramentelle ne se limite pas au temps qui précède la célébration, mais continue ensuite, pour accompagner et conduire à la maturité chrétienne, ceux qui les ont reçus, en accordant une attention particulière aux néophytes (69). La communauté a le devoir de créer une ambiance fraternelle pour accueillir ceux qui reçoivent les sacrements pour la première fois.
Pour faire croître l'Eglise, il importe de mettre en valeur le caractère central de l'Eucharistie: c'est par son action et autour d'elle que la communauté se forme, vit et atteint sa maturité. Offrant le Saint Sacrifice, "dans une identification spécifique, sacramentelle, avec le Prêtre Souverain et Eternel" (70), les prêtres placeront de manière effective le Mystère Eucharistique au centre de leur propre vie et de celle de leur communauté. Ils n'oublieront pas que c'est seulement à partir de ce centre vital qu'est l'Eucharistie qu'ils peuvent annoncer la Parole avec fruit et rassembler la communauté qui leur est confiée. Ils s'efforceront d'engager les fidèles à prendre part activement à la Sainte Messe, en offrant la divine victime à Dieu le Père et en unissant à cette offrande celle de leur propre existence (71); ils les inviteront à recevoir fréquemment le Pain de vie, à vénérer et adorer le Christ vivant dans le Tabernacle (72). Quand, du fait du manque de prêtre, il n'est pas possible d'assurer la célébration de la S.Messe chaque dimanche dans toutes les communautés, les pasteurs veilleront à établir un calendrier des célébrations tantôt dans une communauté, tantôt dans une autre, de telle sorte que les fidèles aient une garantie suffisante de pouvoir en bénéficier au moment prévu: il s'agit en effet d'un domaine essentiel pour leur vie chrétienne.
Dans la situation actuelle, il convient aussi de recommander aux prêtres "l'exercice diligent, régulier, patient et fervent du ministère sacré de la Pénitence" (73). Cette pastorale exige une grande disponibilité et un esprit de sacrifice, mais elle constitue l'expression la plus élevée de la miséricorde de Dieu en Jésus-Christ, à travers le ministère de l'Eglise. Les prêtres s'efforceront de présenter ce sacrement comme contribuant à la solution des conflits qui existent dans le monde actuel, dans la mesure où le péché individuel se répercute toujours dans la vie sociale, avec ses conséquences dommageables pour la dignité intégrale de l'homme (74).
Dans les Eglises de mission, grâce à une catéchèse fidèle à la doctrine de la foi et à la générosité des pasteurs, la pratique du sacrement de la Pénitence reste fréquente. Il faut surmonter les difficultés qui se rencontrent quant à l'organisation de ce ministère, en particulier du fait du petit nombre des ministres, de telle sorte que cette pratique soit maintenue et même intensifiée. Une programmation précise permettra d'unir les forces disponibles: en particulier, à l'occasion des grandes fêtes, les prêtres voisins pourront s'entraider. On doit se souvenir que la confession individuelle est l'unique forme ordinaire du sacrement pour la réconciliation des fidèles conscients d'un péché grave, avec Dieu et avec l'Eglise. Quant à ce qui concer-ne l'absolution collective des pénitents, sans confession individuelle la précédant, on se souviendra qu'elle ne peut être donnée que dans des cas précis de péril de mort imminente ou de grave nécessité; ceci se vérifie quand, étant donné le nombre des pénitents, on ne dispose pas de confesseurs suffisants pour entendre, comme il le faut, la confession de chacun dans un temps convenable, de sorte que les pénitents, sans qu'il y ait faute de leur part, seraient forcément privés pendant longtemps de la grâce sacramentelle ou de la sainte communion. Il appartient à l'Evêque diocésain de juger si les conditions requises par les normes canoniques sont remplies; en tenant compte des critères établis d'un commun accord avec les autres membres de la Conférence épiscopale, il peut déterminer les cas où se rencontre cette nécessité (75). On ne négligera pas les célébrations pénitentielles communautaires, en particulier aux temps forts de l'année liturgique; on formera ainsi les fidèles à comprendre le sens profondément ecclésial de cette démarche pénitentielle, même lorsqu'elle ne prend pas une forme sacramentelle.
Tout particulièrement - mais non exclusivement - dans les territoires où se réalise une première évangélisation des non chrétiens, les sacrements du baptême et de la confirmation demandent aussi une attention particulière de la part des prêtres.
A propos du baptême, on doit mettre en évidence les effets suivants: le pardon des péchés, la filiation divine, la configuration au Christ et l'incorporation à l'Eglise (76). Au cours de la préparation, la pastorale devra s'adresser aux parents et aux parrains quand il s'agit du baptême des enfants, et aux candidats quand ce sont des adultes(77). On devra valoriser la connexion naturelle entre catéchuménat et baptême(78). On ne doit pas négliger la pastorale post-baptismale, car les néophytes ont spécialement besoin d'être aidés à accomplir fidèlement les devoirs de la vie chrétienne et à s'intégrer dans la communauté ecclésiale qui les a accueillis (79).
Au sujet de la confirmation, il importe également d'insister sur ses effets. Elle fait progresser sur le chemin de l'initiation chrétienne, elle enrichit des dons de l'Esprit Saint, elle crée un lien plus étroit avec l'Eglise, elle oblige à s'engager davantage dans l'apostolat à l'intérieur et au dehors de la communauté ecclésiale (80). La pastorale devra veiller à la préparation des confirmands et, ensuite, les accompagner pour que leur vie chrétienne atteigne sa maturité et pour que leur engagement apostolique, à l'égard même des non chrétiens, progresse en générosité. La célébration de la confirmation sera une occasion favorable d'établir un lien personnel concret entre chacun des candidats et l'Evêque.
• Quelques priorités dans la pastorale liturgique: dans les Eglises qui progressent vers leur pleine maturité, la pastorale liturgique présente quelques aspects prioritaires: c'est avant tout le sens communautaire de la célébration, comme action du Christ et de l'Eglise (81), à laquelle chaque chrétien est en mesure de participer,dans la diversité des ordres et des fonctions (82); c'est, en outre, la nécessité d'une participation active qui suppose aussi bien une préparation préalable que la conscience de la signification et de la valeur de l'action liturgique (83). La pastorale liturgique exige, de plus, que soit assurée une harmonie entre la célébration et la vie, de telle manière que les fidèles soient capables d'exprimer dans leurs activités les multiples richesses du mystère du Christ connu dans la foi (84). Ce type de pastorale exige un notable effort d'inculturation, pour que les célébrations soient plus facilement comprises et qu'elles correspondent à la sensibilité des personnes, dans leur contexte culturel, sans aucunement réduire le sens imprescriptible du Mystère (85). Les études et les initiatives dans le domaine de l'inculturation sont à entreprendre au niveau des Conférences Episcopales, en conformité et en harmonie avec la tradition et les normes de l'Eglise universelle. Il appartient aux prêtres ayant charge d'âme de les soutenir avec conviction et de mettre en oeuvre avec courage les orientations adoptées, en suivant le programme commun établi dans le diocèse (86). Enfin, ils prendront sérieusement en considération les célébrations dominicales en l'absence du prêtre. Etant bien maintenu que la célébration de l'Eucharistie est le centre et le sommet de la vie chrétienne, reste du moins indispensable aux communautés éloignées une réunion de prière chaque dimanche, lorsque par manque du prêtre la Messe ne peut être célébrée (87). Les Conférences Episcopales et chaque Evêque intéressé ont le devoir de régler ces célébrations sur la base des normes de l'Eglise (88), pour ce qui concerne leur contenu, leur lien avec l'année liturgique, la personne qui doit les présider, leur déroulement et la nécessité de ne pas les confondre avec la célébration eucharistique. Il revient aux prêtres de préparer la communauté intéressée et ses animateurs, de telle manière que ces célébrations, qui comportent la proclamation de la Parole de Dieu et, si possible, la distribution de l'Eucharistie, soient d'authentiques expressions de la prière de l'Eglise, capables d'aider les fidèles à sanctifier le dimanche et à faire grandir en eux le désir de participer à la Sainte Messe.
Les attitudes du prêtre qui préside doivent être inspirées par une intelligence exacte de la Liturgie (89), mais aussi par un vrai sens de la dignité qui convient. Cette dignité de la liturgie s'accorde avec la simplicité et la pauvreté des édifices et des vêtements, si les célébrations sont accomplies avec une piété à la fois intérieure et extérieure, en évitant toute précipitation ou négligence. Ainsi, le président de l'action liturgique s'applique à l'animer activement, en intervenant lui-même par les exhortations appropriées prévues par les rubriques, et en s'assurant qu'interviennent comme il convient les autres acteurs de la Liturgie, pour les lectures, les chants, les gestes et les moments de silence. La présidence de l'action liturgique et son animation active exigent une richesse de vie intérieure, une bonne connaissance doctrinale, la capacité d'engager les autres dans cette action commune et le soin de se préparer chaque fois.
L'observance fidèle des normes liturgiques, pour ce qui regarde les gestes, les paroles, les vêtements, doit être pour tout prêtre l'occasion de mettre en valeur le sens du sacré, lié au culte, et de mettre en oeuvre un vrai sens pédagogique. L'Eglise a précisé divers points à ce propos et tous les prêtres doivent les observer (90). Cette fidélité aux normes de la célébration, jointe à l'animation assurée par le président, sera exemplaire pour la communauté. Les fidèles pourront prendre conscience de la grandeur des mystères célébrés, en découvrant la ferveur intérieure des prêtres et en observant la dignité de leur comportement. Les prêtres doivent se rendre compte qu'ils manquent à leur rôle de guides du Peuple de Dieu et qu'ils peuvent désorienter les fidèles quand ils se permettent avec légèreté de modifier le déroulement de l'action sacrée en y ajoutant ou retranchant de manière indue, ou de célébrer sans les vêtements liturgiques, en n'utilisant pas les vases sacrés ou en dehors des lieux et places prescrits. Tout en reconnaissant les situations de nécessité et en admettant des exceptions légitimes, les prêtres seront chaleureusement invités à offrir aux jeunes communautés de mission des célébrations liturgiques aussi dignes et ordonnées qu'il est possible. Ils se souviendront enfin que les célébrations accomplies avec la dignité qui convient constituent un message et un appel significatifs pour ceux qui s'intéressent à la foi chrétienne et s'y acheminent.
9. Libération, promotion humaine et choix préférentiel des pauvres. La promotion humaine est liée à l'évangélisation: il s'agit, en effet, de l'unique mission de l'Eglise, qui se sent engagée, de par la volonté du Christ (cf. Mt 25, 41-45; Lc 16, 19-31), à servir l'authentique développement intégral de l'homme envisagé individuellement et dans sa dimension sociale; par conséquent, elle est tenue de dénoncer, quand il y a lieu, les maux et les injustices sociales qui l'oppriment (91). On doit également se souvenir que la mission spécifique de l'Eglise "n'est pas d'ordre politique, économique ou social, mais d'ordre religieux" (92): elle offre en effet "sa pre-mière contribution à la solution des problèmes urgents du développement, quand elle proclame la vérité sur le Christ, sur elle-même et sur l'homme" (93).
C'est dans cette même ligne que l'on peut placer la question de la libération, ressentie comme plus ou moins urgente, avec ses implications pratiques, dans les divers secteurs de l'Eglise. Dans le dessein éternel d'amour du Père, tout homme est appelé à être en communion avec Dieu, avec le genre humain, et même avec le monde tout entier, lequel est intimement lié avec l'homme et par le moyen duquel il arrive a sa fin. Cette communion a été brisée par le péché; elle a été restaurée par le Christ, selon la promesse du salut que Dieu a annoncé d'avance dès les origines de l'humanité (cf. Gn 3,15;
Rm 5, 20-21). Par sa mort et sa résurrection, le Christ a libéré l'homme du péché et de ses conséquences, l'oppression, l'égoïsme et l'injustice, au plan individuel et au plan social; il a restauré la communion, et il offre à tous le salut. A l'exemple du Christ, l'Eglise proclame cette même libération et elle s'efforce d'aider l'homme à la conquérir dans tous les domaines de son existence. Il est nécessaire que, dans les territoires de mission, les prêtres aient une conscience claire et précise de cette question et qu'ils connaissent exactement les éléments essentiels d'une théologie de la libération conforme à l'enseignement du magistère de l'Eglise (94): ils pourront ainsi apporter une contribution valable au niveau de la pensée et de l'action, sans tomber dans une idéologie partisane.
Porter les valeurs de l'Evangile et du Royaume dans le champ économique, social et politique est le devoir spécifique des laïcs (95). Le devoir des prêtres est de les préparer à ces engagements et de les assister, mais aussi de les encourager et de les stimuler à assumer les responsabilités qui leur sont propres dans le domaine des réalités temporelles (96). Les prêtres manifesteront courage et équilibre dans ce secteur de leur apostolat.
Pour exercer une pastorale efficace de la libération, de la promo-tion humaine et de la justice, les prêtres s'efforceront d'acquérir une connaissance complète de la doctrine sociale, des directives et des choix pastoraux de l'Eglise. Ils sauront être proches de leur peuple quand il est oprrimé par ceux qui détiennent la richesse et le pouvoir; ils garderont à son égard une attitude de solidarité et d'accueil, et favoriseront une conscientisation, de telle sorte que les situations d'injustice sociale ne soient pas subies passivement. Les pasteurs ne resteront pas inactifs devant les difficultés inévitablement liées à cette pastorale.
Il faut aussi se souvenir du problème grave des réfugiés à cause de la guerre ou des calamités naturelles. Les épreuves résultant de l'exil, de la désagrégation des familles, de l'isolement, ou même l'extrême misère entraînent fréquemment l'écroulement des idéaux, la perte de toute confiance et le désespoir. La foi religieuse est un précieux soutien pour reconstruire une vie. Le prêtre est souvent le premier à subir l'impact de ces situations, avec les difficultés qui leur sont liées, telles que la concentration d'une population, la promiscuité dans les camps de regroupement, tandis que les jeunes vont à la dérive. Dans ces cas, les prêtres doivent faire preuve d'une particulière sensibilité; ils doivent être préparés en vue d'un service pastoral adapté.
Quand ils devront prendre des initiatives en vue du développement, en particulier lorsqu'il s'agit de dénoncer publiquement des injustices, les prêtres agiront ensemble et non individuellement et isolément; ils suivront le programme élaboré au plan du diocèse et approuvé par l'Evêque. Ils ne perdront pas de vue que certaines interventions disproportionnées faites à titre personnel, en particulier dans le domaine socio-politique, risquent d'écarter le prêtre du plan qui lui est propre, celui de la charité pastorale, de compromettre la crédibilité de sa mission, de désorienter les fidèles, et de porter préjudice à son apostolat.
Les demandes d'aide matérielle adressées aux autres Eglises ou aux pouvoirs publics seront toujours faites avec l'approbation de l'Ordinaire et selon un programme établi au plan du diocèse, afin de garantir une saine péréquation entre les communautés paroissiales.
Parmi les exigences évangéliques prend place avant tout la charité à l'égard de tous, exigeant une attention particulière aux pauvres. L'Eglise réaffirme son choix - et son amour - préférentiel des pauvres; elle demande aux prêtres d'agir en accord avec ce choix. Il ne s'agit pas d'un choix exclusif, mais d'une expression particulière du primat de la charité. Il faut comprende aujourd'hui parmi les pauvres non seulement ceux qui n'ont rien, mais aussi certaines catégories, en réalité nombreuses, de marginalisés ou de personnes en grave difficulté, comme les handicapés, les gens sans emploi, les émigrants, les réfugiés, les drogués, etc. (97). Que les prêtres se montrent proches de ces frères, prenant sincèrement part à leurs difficultés et à leurs épreuves, voyant en eux le visage souffrant du Christ (cf. Mt 25,40).
En réalisant une oeuvre de développement social, les prêtres resteront convaincus que l'évangélisation s'accomplit par le rayonnement des valeurs de l'Evangile, et non pas par la puissance des moyens économiques. En sauvegardant la mission de l'Eglise ils éviteront d'éveiller des intérêts trop terrestres chez les fidèles et chez ceux qui s'orientent vers le christianisme.
10. Artisan de la collaboration. Le service pastoral est une action de l'Eglise, communautaire, organisée hiérarchiquement à des niveaux divers de compétence (98).
Les prêtres ont le devoir de remplir leur service pastoral dans un esprit d'Eglise, profondément insérés dans la communauté, en union avec l'Evêque et dans l'obéissance à son égard, et en étroite collaboration avec les autres agents de la pastorale; ils éviteront ainsi d'agir d'une manière autonome et individualiste; ils sauront guider et accompagner la communauté dans la réalisation d'un plan d'action, avec patience et souplesse.
Cet engagement des prêtres au plan diocésain se manifeste aussi à travers leur insertion dans les divers conseils et organismes. Ils vivront cette participation en s'impliquant généreusement en vue de la croissance de toute la famille diocésaine.
Dans le cadre de la paroisse, il revient au curé d'organiser la coopération entre tous les agents de la pastorale: les prêtres, les diacres, les religieux et les laïcs (99). Il faut encourager l'effort poursuivi en vue de promouvoir l'unité entre tous ceux qui sont engagés à temps plein, grâce à des rencontres fréquentes et régulières d'information, de programmation, de vérification et de recherche des meilleurs moyens d'action.
Il faut encore, dans un climat de confiance, promouvoir dans la paroisse les organismes de participation qui sont prévus par le droit canonique tels que le Conseil pastoral (100) et celui des affaires économiques (101), ainsi que d'autres initiatives d'ordre communautaire, comme les petites communautés ecclésiales, les associations et les mouvements. Il se trouve que dans certaines cultures, la petite communauté est à la base de la structure sociale et peut constituer un cadre idéal pour la vie chrétienne elle-même. Ces communautés de base seront vraiment ecclésiales si elles réalisent une communion et une coopération avec l'Eglise et ses pasteurs, au plan de la doctrine, de l'organisation et des initiatives apostoliques (102). La sagesse du prêtre le portera à favoriser la coopération pratique des divers groupes, en esprit d'unité, mais aussi dans le respect des caractéristiques propres à chacun et de sa juste autono-mie.
Au niveau diocésain tout comme paroissial, mérite une considération spéciale la collaboration entre le clergé local et les missionnaires venus d'autres nations, dont un grand nombre sont religieux. Ceux-ci exercent leur action en vertu d'un mandat universel de l'Eglise, confié par l'Autorité Suprême, et d'une convention particulière avec l'Ordinaire du lieu. Leur présence est un don précieux pour l'Eglise missionnaire, et réalise un échange de charité entre les Eglises particulières. Ces missionnaires sauront s'intégrer dans la société et s'insérer dans l'Eglise où ils sont situés: ils font partie de celle-ci de plein droit et, s'ils sont prêtres, ils sont membres du presbyterium. Ils dépendent entièrement du pasteur de cette Eglise en ce qui regarde l'activité pastorale, tout en vivant et en travaillant conformémement au charisme spécifique exprimé dans leurs constitutions (103). Les prêtres qui appartiennent à l'Eglise locale, surmontant tout esprit de faux nationalisme, vivront en communion avec eux et ils sauront valoriser leur coopération apostolique, qui,dans certains cas est non seulement utile et répond à des besoins manifestes, mais est proprement indispensable. Les missionnaires, de leur côté, favoriseront le développement des ressources apostoliques locales. Entre ces Instituts et le Clergé local se développera une coordination bien réglée de l'action pastorale, sous la direction de l'Evêque; tous y garderont le sens de l'unité nécessaire entre les divers groupes dans le respect de leurs caractéristiques et de leurs finalités propres (104).
Pour promouvoir la pastorale d'ensemble, qui est d'une importance capitale dans l'activité missionnaire, les prêtres doivent travailler sur la base d'une sage planification, au moins au niveau du diocèse et de la paroisse. Cela suppose la mise en oeuvre d'une méthode éprouvée: connaître la réalité pastorale et déterminer des objectifs généraux et spécifiques, des critères d'évaluations, une stratégie, et des modes pratiques d'action. Pour que la planification ne reste pas théorique, ils préciseront le but à atteindre, les initiatives à prendre, les responsabilités à déterminer, les moyens à employer, les lieux et moments pour agir, etc. Ces programmes seront soumis à une révision régulière.
11. Le Pasteur travaillant à l'évangélisation de la culture. L'Evangile transcende toutes les cultures et ne s'identifie à aucune d'elles (cf. Jn 18,36). Cependant, le Royaume qu'annonce l'Evangile est vécu par des hommes profondémment liés à une culture, et la construction du Royaume ne peut se faire en laissant de côté les éléments culturels. Ce secteur important a une profonde signification dans l'évangélisation missionnaire, qui se situe en effet dans la ligne de l'Incarnation du Verbe. L'Eglise a le devoir non seulement d'évangéliser les cultures, mais aussi de favoriser et d'accueillir toutes les ressources, les richesses humaines et religieuses, les coutumes des peuples, dans la mesure où elles sont bonnes; elle doit porter la Bonne Nouvelle à tous les niveaux de l'humain, pour les transformer du dedans, les purifier des éléments négatifs, anciens et nouveaux, de telle sorte que le message évangélique puisse s'exprimer à travers des expressions intelligibles et valables.
L'inculturation est d'abord le fait des Eglises particulières, comprises comme communautés vivant une expérience quotidienne de foi et d'amour. Les spécialistes peuvent la stimuler et la guider; ils n'en sont pas les acteurs principaux. De plus, l'inculturation ne peut être réalisée par une seule communauté: elle ne peut être effectuée que par un ensemble d'Eglises vivant dans une aire culturelle déterminée. L'inculturation, enfin, n'est pas une action accomplie une fois pour toutes: c'est l'intégration permanente de l'expérience chrétienne dans une culture, qui n'est elle-même ni stable ni achevée.
Il faut se souvenir que l'Evangile, durant des siècles, a pénétré tant de cultures différentes, assumant leurs valeurs, qui sont devenues des valeurs humaines universelles, éléments capables de répondre aux requêtes de toute culture. Cette conviction stimule et guide l'inculturation du message évangélique en toute culture particulière. Il faut tenir compte de ce fait, dans le discernement des éléments d'une culture, pour ne pas aboutir à une oeuvre de démolition et priver ainsi un groupe humain d'un héritage culturel qui appartient au patrimoine de toute l'Eglise.
Les prêtres s'engageront avec confiance dans ce domaine très exigeant de leur apostolat; ils apprendront à porter sur leur propre culture un jugement équitable, c'est à dire à distinguer les valeurs, les déficiences ou les erreurs, et à discerner les conséquences du péché, de telle sorte qu'ils ne prennent pas pour une véritable valeur n'importe quelle expression culturelle.
Ils garderont présent à l'esprit que l'inculturation ne doit pas compromettre l'unité de l'Eglise, mais qu'elle doit toujours partir, comme de sa base, de la Sainte Ecriture et se développer en demeurant attachée à la Tradition, en accord avec les orientations et les directives du Magistère vivant (105). Pour que l'inculturation atteigne son but et que les fidèles ne soient pas désorientés, les prêtres agiront en union avec l'Evêque et avec les autres prêtres, suivant un programme commun, établi au niveau de la Conférence Episcopale (106).
Dans ce contexte on ne peut ignorer le rôle de la religiosité populaire catholique présente dans le pays. Considérée comme un ensemble de valeurs, de croyances, d'attitudes appartenant à la religion catholique, la religiosité populaire est un milieu privilégié de dialogue entre l'Evangile et la culture. Elle exprime la sagesse d'un peuple. Par conséquent, pour évangéliser à fond une culture, il importe d'accorder une réelle importance à cette religiosité. Les prêtres veilleront avec soin à ce que la religiosité populaire se nourrisse d'une connaissance authentique du message chrétien et ne tombe pas dans la magie, la superstition, le fatalisme ou une autre forme déviée de religiosité (107).
12. Ami et guide des jeunes. Les jeunes sont une part vivante et active de l'Eglise; ils sont au centre de ses préoccupations et de son amour; ils sont son espérance (108). Convaincue que la jeunesse est elle-même une richesse (109) et que les jeunes influent de manière décisive sur la construction de la société (110), l'Eglise les confie de manière préférentielle à l'attention pastorale des prêtres (111), afin que soient formés des hommes et des femmes d'une forte personnalité humaine et chrétienne (112). Dans les jeunes communautés ecclésiales, situées pour la plupart dans un contexte humain comportant une forte proportion de jeunes, cette pastorale doit être considérée comme prioritaire et n'être négligée à aucun prix pour le présent et pour l'avenir de l'Eglise (113). Les prêtres prépareront les jeunes à travailler à l'oeuvre de l'évangélisation. On peut parler avec raison d'apostolat de l'espérance quand les jeunes sont évangélisés et deviennent eux-mêmes des protagonistes de l'évangélisation de leurs contemporains non chrétiens (114).
Les attitudes de prêtres en relation avec les jeunes doivent être bien adaptées à cette pastorale; elles seront caractérisées par un amour sincère et une grande disponibilité: il faut tout d'abord accepter, même si cela nous dérange, de sympathiser avec leurs aspirations et de partager leur idéal, leurs points de vue valables, leurs problèmes et leurs activités. Mais les prêtres doivent aussi être capables de stimuler et de guider les jeunes pour qu'ils soient capables d'un jugement critique; ils pourront ainsi affronter des situations difficiles, comme, par exemple, la rencontre d'une culture sécularisée et souvent athée en relation avec une idéologie aliénante, les tensions provoquées par les injustices sociales, la diffusion de la drogue et la permissivité sexuelle, le chômage et autres situations semblables. Les prêtres resteront proches des jeunes pour les éclairer et les guider au milieu de ces écueils; ils les aideront à se former dans un climat de confiance, à surmonter les contradictions qu'ils portent en eux-mêmes, à former des projets de vie positifs et à s'y engager de manière cohérente. Ils devront donc se mettre à la portée des jeunes, leur consacrer beaucoup de temps, leur montrer beaucoup d'intérêt, leur offrir une relation d'amitié. Ils leur proposeront la pratique de la direction spirituelle, qui exerce une influence profonde durant les années de jeunesse. Les prêtres garderont présente à la pensée la conviction que l'Eglise a beaucoup de choses à dire aux jeunes, et que les jeunes ont aussi beaucoup à dire à l'Eglise (115)
Il est nécessaire de réunir les jeunes en groupes masculins, féminins ou mixtes, en valorisant les structures scolaires, les associations et les mouvements, ou en provoquant la formation de groupes spontanés. Les prêtres n'oublieront pas que les jeunes ont besoin, pour grandir ensemble, de partager entre eux, de se soutenir mutuellement et de réaliser quelque chose de valable. Aussi les prêtres devront-ils acquérir une bonne connaissance de la dynamique des groupes; ils prendront soin, en particulier, de la formation des dirigeants des groupes des jeunes.
Au niveau diocésain, on se préoccupera de constituer une organisation capable de promouvoir la pastorale des jeunes, avec des prêtres soigneusement préparés, chargés de ce ministère, qui seront disponibles pour intervenir dans les paroisses ou les groupes avec un apport de qualité.
Les prêtres seront attentifs à un phénomène actuel particulier, qui influe sur la transmission du message: un grand nombre de jeunes, d'une part, demandent à être considérés comme s'ils étaient dèjà parvenus à l'âge adulte, et, d'un autre côté, ils se réfèrent à des critères étrangers à toute maturité, qu'ils affirment ceux de la jeunesse, pour juger la vie. Ainsi se présente un problème de déséquilibre qui, là où il existe, doit être pris en considération, pour en éviter les conséquences et aider à le surmonter.
La pastorale de la jeunesse ne se limite pas aux jeunes: elle concerne toute la communauté chrétienne. Il s'agit de former la communauté chrétienne et de l'aider pour qu'elle comprenne les attentes des jeunes et qu'elle en tienne compte, pour qu'elle donne aussi elle-même un témoignage d'honnêteté au plan humain et de cohérence dans la foi, pour qu'elle intègre les jeunes dans sa vie, en un mot, pour qu'elle se considère comme n'étant pleinement une communauté humaine et chrétienne qu'avec la présence vivante et l'apport dynamique de la jeunesse. Les adultes et les jeunes, étroitement unis et capables d'un échange réciproque de valeurs diverses, forment la communauté chrétienne réelle et complète.
13. Promoteur des vocations. Les prêtres ont un rôle unique et inaliénable au plan de la pastorale des vocations. Convaincus que l'Esprit Saint continue de distribuer avec grande libéralité le charisme des vocations particulières, et que le Christ continue à appeler les jeunes parce qu'il les aime (cf. Mc 10,2) (116), les prêtres prendront volontiers à coeur l'accompagnement des jeunes pendant la période délicate et décisive d'une recherche vocationnelle.
La pastorale des vocations commence dans la communauté chrétienne avec l'invitation à la prière et le témoignage de vie chrétienne. La communauté, dans la diversité des services, des fonctions et des charismes joue un rôle important, en esprit de coresponsabilité, pour la naissance des vocations. Cette pastorale engage les familles et les écoles, dans la mesure où les parents et les enseignants sont des éducateurs dans la sphère du choix de vie (117). Mais les principaux interlocuteurs dans le dialogue vocationnel sont les enfants et les jeunes eux-mêmes: les prêtres doivent d'une manière particulière leur adresser un appel et les aider à trouver la lumière dans tout l'éventail des vocations.
Ainsi, quand un jeune manifeste une réelle maturité dans sa vie chrétienne et se montre sensible à la possibilité d'une vocation au sacerdoce, à la vie consacrée ou à l'engagement missionnaire, le prêtre s'adressera à lui avec délicatesse et l'accompagnera individuellement au plan d'une direction spirituelle attentive. A l'exemple de Jésus, il ne craindra pas de l'interpeller, en lui faisant la proposition explicite d'un choix de vie totalement consacrée à Dieu pour un service apostolique (cf. Mt 4, 19-20; 19,21; Jn 1,39, 42-43). Il gardera cependant présent à l'esprit que la meilleure proposition émane de sa propre vie cohérente et heureuse. De plus, il évitera de mettre en avant, parmi les motivations vocationnelles, l'aide apportée aux pauvres, sans souligner ce point essentiel et décisif pour toute vocation sacrée: la personne même de Jésus-Christ à aimer et à suivre pour coopérer au salut des hommes. Les prêtres n'oublieront pas que les vocations à une vie consacrée naissent et se développent seulement dans un climat de vie chrétienne intense.
Un point important dans la pastorale des vocations consiste à aider le jeune à évaluer ses propres motivations vocationnelles. Il faut veiller à la qualité des candidats et éviter que les maisons de formation se remplissent de jeunes dont la vocation est insuffisamment éprouvée. Chaque Evêque a la responsabilité de déterminer des critères en vue du discernement des vocations, en tenant compte de la maturité humaine et spirituelle, de la capacité intellectuelle et des dispositions concernant l'esprit de service et l'engagement social. Parmi les critères de discernement de la vocation au presbytérat, il faut inclure, comme disposition essentielle, le sens missionnaire et la disponibilité pour l'annonce de l'Evangile aux non chrétiens. Il sera utile d'autre part, de s'insérer dans un programme vocationnel diocésain et national, en recourant aux organismes et aux formes d'aide adaptées, et en participant à des initiatives communes.
Font partie de la pastorale des vocations l'accueil et le soutien des séminaristes durant les vacances en famille ou pendant des périodes qui s'inscrivent dans un programme d'expérience pastorale. Les prêtres, tout particulièrement les Curés, sauront être proches d'eux et les accompagner dans leur vie de prière et dans leurs expériences apostoliques, en accord avec les orientations éducatives du séminaire. Les prêtres manifesteront spécialement cette disponibilité et apporteront cette aide à l'égard des diacres durant l'année de pasto-rale, qui constitue un temps fort de formation et d'initiation au ministère.
14. Attentifs à la vocation spécifique des laïcs. Le souci des laïcs est au coeur de l'Eglise, qui souligne avec insistance leur vocation à la sainteté et la triple fonction prophétique, sacerdotale et royale des baptisés et confirmés (118).
Les prêtres auront une attitude d'ouverture et d'attention à l'égard des laïcs et se considéreront comme eux disciples du Seigneur. Dans l'accomplissement de leur ministère, ils n'oublieront pas que, chargés de fonctions différentes, ils sont ensemble, avec les laïcs, membres du même et unique Corps du Christ, dont l'édification est la tâche de tous (cf. Rom 12, 4-10) (119).
La pastorale en faveur des laïcs tient compte avant tout de leur caractère séculier. Par vocation ils cherchent le Règne de Dieu en s'occupant des choses temporelles. Ils vivent dans le siècle, engagés dans la condition ordinaire de la vie familiale et sociale, mais ils sont appelés par Dieu, étant à l'intérieur du monde et agissant comme un ferment, à la sanctification de ce monde, guidés par l'esprit évangélique (120). Dans les Eglises situées dans des ensembles humains où les chrétiens sont en minorité, la présence des laïcs baptisés revêt une signification particulière: ils peuvent donner un témoignage plus facilement perceptible de la force et de l'actualité du message évangélique (121).
L'action des laïcs se révèle aujourd'hui particulièrement précieuse et nécessaire pour que le service missionnaire de l'Eglise se développe toujours plus largement et engage solidairement tous les baptisés. Dans cette perspective, la formation d'un laïcat adulte et bien engagé se présente comme un élément fondateur essentiel et irremplaçable pour l'implantation et le développement de l'Eglise (122).
Les prêtres s'efforceront de garder vivant, dans la conscience de leurs fidèles, le grave devoir d'être des messagers de l'Evangile et les animateurs de l'ordre temporel, solidaires de leurs concitoyens, dans un esprit de charité et avec la force de l'Evangile (123).
Au plan de l'apostolat des laïcs, les prêtres se feront les promoteurs convaincus du laïcat, formant les laïcs de manière adaptée, les animant pour qu'ils s'engagent avec ardeur, poussés par un esprit vraiment chrétien (124). Ils les insèreront dans les conseils et les autres organismes, ils leurs confieront des charges dans la communauté, conformémement à leur vocation propre et leurs dons particuliers (125). Ils ne se substitueront pas aux laïcs;ils les encourageront dans leurs activités, étant convaincus que la croissance de l'Eglise, spécialement en mission, passe par la présence dynamique d'un laïcat toujours mieux préparé et vraiment responsable.
La présence des femmes dans la pastorale mérite une attention spéciale. En vertu des valeurs propres à la féminité (126), la femme intervient avec plus de pertinence dans certains domaines, où sa présence doit être mise en valeur, comme la vie familiale, l'éducation des jeunes, les oeuvres d'assistance et de charité, etc. ou des domaines dans lesquels il n'est pas souhaitable qu'un homme, plus particulièrement un prêtre, intervienne. La collaboration pastorale avec les femmes exige des prêtres beaucoup de maturité et de réserve. La direction immédiate des activités regroupant des femmes sera confiée de préférence à l'une d'entre elles.
15. Apôtre de la famille. La famille chrétienne a le privilège d'être image de Dieu-Amour. Cet amour qui engage la personne en tant que corps et esprit, unit l'homme et la femme dans le couple et devient ainsi principe de fécondité (cf. Ep 5,25-32). La famille est "la première cellule vivante de la société" et "le sanctuaire domestique de l'Eglise" (127), elle a été défendue par Jésus pour ses valeurs originaires et immuables (cf. Mt 19, 4-8). Partout, la famille se trouve dans une situation complexe, comportant tout ensemble une part de lumière et une part d'ombre; dans les pays de mission, elle doit faire face à des problèmes particuliers posés par les conditions sociales, les influences culturelles, et aussi les convictions religieuses. L' Eglise est consciente des grands défis qu'affronte la famille chrétienne en notre temps (128); elle réaffirme sa prédilection pour elle, la confiant aux soins des pasteurs comme une de leurs obligations prioritaires (129).
La sollicitude pour les familles est un des principaux devoirs du curé; doivent collaborer avec lui dans cette tâche les autres prêtres, les diacres, les religieux et des laïcs bien préparés (130). Le lieu privilégié où s'exerce immédiatement la pastorale familiale est la communauté paroissiale, avec sa force de communion, et, plus spécifiquement, la famille chrétienne, en raison de la grâce reçue dans le sacrement (131).
La pastorale familiale commence avec la pastorale des fiancés, dans ses expressions plus éloignées ou plus proches du mariage. La préparation éloignée commence déjà avec la catéchèse des jeunes. La préparation plus proche relève des pasteurs, avec la collaboration de personnes qualifiées. La pastorale de la préparation immédiate relève expressément de la charge des prêtres, car elle se réfère de près au sacrement. Les prêtres assureront cette préparation au mariage par des rencontres où ils s'adressent personnellement aux fiancés, soit à chacun individuellement, soit en groupe (132). Ils éveilleront tout particulièrement leur attention, sur la signification du sacrement, sur l' appel des époux à la sainteté et sur les devoirs de leur état. Dans certaines cultures, qui doivent être protégées, les familles transmettent elles-mêmes aux jeunes les valeurs humaines et chrétiennes de la vie matrimoniale et familiale.
Dans la célébration liturgique du mariage, les époux signifient le mystère, auquel ils participent, de l'union et de l'amour fécond entre le Christ et l'Eglise (Eph 5,32) (133). Il est opportun, dans la mesure du possible, que cette célébration sacramentelle revête une forme solennelle, étant située de préférence un jour de fête, ou suivant un calendrier diocésain, en présence de la communauté et avec sa participation active et responsable. Ce service pastoral s'exercera encore en mettant en valeur la Liturgie de la Parole, en vue de l'éducation de la foi des participants (134).
La pastorale post-matrimoniale sera le fait de toutes le