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Au cœur de l'Afrique - avec l'Afrique dans son cœur
Après quatre mois de voyage, l'expédition missionnaire
dont Comboni fait partie arrive à Khartoum, la capitale
du Soudan. Le choc du contact avec la réalité africaine
est énorme. Comboni se rend compte tout de suite des difficultés
que sa nouvelle mission comporte. Les fatigues, le climat difficile,
les maladies, la mort de nombreux et jeunes compagnons missionnaires,
la pauvreté et la situation d'abandon des gens, le poussent
toujours davantage à continuer et à ne pas quitter
ce qu'il avait commencé avec tant d'enthousiasme. De la
mission de Sainte Croix, il écrit à ses parents:
«Nous devrons nous fatiguer, transpirer, mourir; mais la
pensée qu'on transpire et qu'on meurt par amour de Jésus-Christ
et du salut des âmes les plus abandonnées du monde
est trop douce pour nous faire désister de cette grande
entreprise».
En assistant à la mort en Afrique d'un jeune compagnon
missionnaire, Comboni, au lieu de se décourager, se sent
encore plus intérieurement confirmé dans sa décision
de continuer sa mission: «Ou l'Afrique ou la mort».
Et c'est toujours l'Afrique et ses peuples qui poussent Comboni,
une fois revenu en Italie, à mettre au point une nouvelle
stratégie missionnaire. En 1864, alors qu'il était
en prière sur la tombe de S. Pierre à Rome, Daniel
est frappé par une illumination fulgurante qui le pousse
à élaborer son fameux «Plan pour la régénération
de l'Afrique», un projet missionnaire qui peut être
synthétisé en une phrase: «Sauver l'Afrique
par l'Afrique», fruit de sa confiance sans limites dans
les capacités humaines et religieuses des peuples africains.
Un Evêque missionnaire original
Au milieu de beaucoup de difficultés et
d'incompréhensions, Daniel Comboni comprend que la société
européenne et l'Eglise catholique sont appelées
à prendre davantage en considération la mission
de l'Afrique Centrale. Dans ce but, il se consacre à une
animation missionnaire infatigable dans tous les coins de l'Europe,
demandant une aide spirituelle et matérielle pour les missions
à des Rois, des Evêques, des riches et des gens simples
et pauvres. Et comme instrument d'animation missionnaire il fonde
une revue missionnaire, la première en Italie.
Sa foi inébranlable dans le Seigneur et
dans l'Afrique le conduit à fonder, respectivement en 1867
et en 1872, les Instituts masculin et féminin de ses missionnaires,
connus plus tard sous le nom de Missionnaires Comboniens et de
sœurs Missionnaires Comboniennes.
Comme théologien de l'Evêque de Vérone,
il participe au Concile Vatican I, faisant souscrire à
70 Evêques une pétition en faveur de l'évangélisation
de l'Afrique Centrale (Postulatum pro Nigris Africæ Centralis).
Le 2 juillet 1877, Comboni est nommé Vicaire
Apostolique de l'Afrique Centrale; un mois après il est
consacré Evêque: c'est la confirmation que ses idées
et ses actions, jugées par beaucoup de personnes trop courageuses
ou même folles, sont bien efficaces pour l'annonce de l'Evangile
et la libération du continent africain.
Au cours des années 1877-1878, avec ses
missionnaires hommes et femmes, il souffre dans son corps et dans
son esprit de la tragédie d'une sécheresse et d'une
famine sans précédents, qui réduisent de
moitié la population locale et épuisent le personnel
et l'activité missionnaires.
La croix, amie et épouse
En 1880, avec toujours le même courage,
Monseigneur Comboni revient en Afrique, pour la huitième
et dernière fois, à côté de ses missionnaires,
décidé à continuer la lutte contre la plaie
de l'esclavage et à consolider l'activité missionnaire
avec les africains eux-mêmes. L'année suivante, éprouvé
par la fatigue, les morts fréquentes et récentes
de ses collaborateurs, l'amertume des accusations et des calomnies,
le grand missionnaire tombe malade. Le 10 octobre 1881, à
l'âge de cinquante ans, marqué par la croix qui jamais
ne l'a abandonné comme une épouse fidèle
et aimée, il meurt à Khartoum, parmi ses gens, conscient
que son œuvre missionnaire ne mourra pas. «Je meurs,
dit-il, mais mon œuvre, qui est oeuvre de Dieu, ne mourra
pas».
Daniel Comboni a vu juste. Son œuvre n'est
pas morte; au contraire, comme toutes les grandes œuvres
qui «naissent aux pieds de la croix», elle continue
à vivre grâce au don de leur propre vie que tant
d'hommes et de femmes vivent, eux qui ont décidé
de suivre Comboni sur le chemin de la mission ardue et enthousiasmante
parmi les peuples les plus pauvres de la foi et les plus abandonnés
de la solidarité humaine.
Les dates fondamentales de sa vie
— Daniel Comboni naît à Limone
sul Garda (Brescia - Italie) le 15 mars 1831.
— Il consacre sa vie à l'Afrique
(1849), en réalisant un projet qui le conduit plusieurs
fois à risquer sa vie au cours d'expéditions missionnaires
exténuantes dès 1857, l'année où il
part pour la première fois pour l'Afrique.
— Le 31 décembre 1854, année
de la proclamation de l'Immaculée Conception de Marie,
il est ordonné prêtre par le bienheureux Giovanni
Nepomuceno Tschiderer, évêque de Trente.
— Dans la confiance que les africains deviendront
eux-mêmes protagonistes de leur propre évangélisation,
il prépare un projet qui a le but de «sauver l'Afrique
par l'Afrique même» (Plande 1864).
— Fidèle à sa devise: «Ou
l'Afrique ou la mort», malgré les difficultés,
il poursuit son projet en fondant en 1867 l'Institut des Missionnaires
Comboniens.
— De manière prophétique,
il annonce à l'Eglise toute entière, en particulier
en Europe, que l'heure du salut des peuples de l'Afrique est arrivée.
Pour cela, même s'il est un simple prêtre, il n'hésite
pas à se présenter au Concile Vatican I pour demander
aux évêques que chaque église locale soit
engagée dans la conversion de l'Afrique (Postulatum, 1870).
— Avec un courage hors du commun à
l'époque, le premier, il envoie des sœurs Missionnaires
dans la mission de l'Afrique Centrale et en 1872 il fonde son
Institut de sœurs exclusivement consacrées aux missions:
les sœurs Missionnaires Comboniennes.
— Pour les africains, il dépense
toutes ses énergies, et il se bat pour l'abolition de l'esclavage.
— En 1877 il est consacré Evêque
et nommé Vicaire Apostolique de l'Afrique Centrale.
— Epuisé par les fatigues et les
croix, il meurt à Khartoum (Soudan), le soir du 10 octobre
1881.
— Le 26 mars 1994 est reconnue l'héroïcité
de ses vertus.
— Le 6 avril 1995 est reconnu le miracle
opéré grâce à son intercession en faveur
d'une jeune fille afro-brésilienne, Maria José de
Oliveira Paixão.
— Le 17 mars 1996 il est béatifié
par Jean-Paul II dans la basilique Saint-Pierre.
— Le 20 décembre 2002 est reconnu
le second miracle opéré grâce à son
intercession en faveur d'une mère musulmane du Soudan,
Lubna Abdel Aziz.
— Le 5 octobre 2003 il est canonisé
par Jean-Paul II dans la basilique Saint-Pierre. |