| SPECIAL SUR LE SRAS - INFORMATION HONNETE,
TRANSPARENTE ET MISE A JOUR, LE MOYEN PRINCIPAL POUR COMPRENDRE
ET CONTROLER UNE EPIDEMIE |
AMERIQUE /ETATS-UNIS - QUAND LES DROITS DE LA SOCIETE SONT-ILS
PLUS IMPORTANTS QUE LES DROITS INALIENABLES DE L'INDIVIDU A LA VIE,
A LA LIBERTE ET A LA RECHERCHE DU BONHEUR ? Editorial du docteur
Kevin M. Cahill
New York (Agence Fides) - Le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère
(SRAS) a eu des effets dévastateurs sur des milliers de
victimes, sur leurs familles, sur leurs proches amis, sur les
agents de santé et sur l'économie mondiale.
La première manifestation nous rappelle, comme l'ont rappelé
toutes les autres épidémies dans l'histoire, qu'une
infection nouvelle qui peut se communiquer, peut déclencher
des ravages presque inimaginables sur des populations qui n'ont
pas l'immunité. Des épidémies comme le SRAS,
posent aussi des questions morales et éthiques : par exemple,
quand les droits d'une société sont-ils plus importants
que les droits de l'individu à la vie, à la liberté,
à la recherche du bonheur ? Des populations entières
peuvent-elles être mises de force en quarantaine ? Qui définit
un état de danger imminent et décide quelles mesures
draconiennes doivent être imposées pour le bien public
?
L'apparition du SRAS est toujours en évolution, et il est
trop tôt pour savoir s'il s'étendra et s'installera
et sera, comme l'a fait le SIDA, une menace globale, ou si, comme
pour différents épidémies du passé,
ce nouveau danger s'éteindra de lui-même. Dans les
deux cas, l'épidémie du SRAS réaffirme un
certain nombre de leçons fondamentales pour la santé
publique :
a) une information honnête, transparente et opportune est
l'élément le plus important pour comprendre et pour
contrôler une épidémie. Les manquements de
plusieurs fonctionnaires en Chine,
d'admettre l'existence d'un nombre important de cas de SRAS, a
permis à la maladie de s'installer localement, et de se
répandre au plan international, avant que des mesures efficaces
aient été prises sur place pour isoler les malades
contaminés et rompre le cycle de transmission.
b) L'apparition du SRAS introduit un virus tout à fait
nouveau pour la médecine, il n'y a donc pas couramment
de tests disponibles prouvés pour un diagnostic ou pour
une thérapie efficace. De plus, les virus peuvent muter
et produire de nombreuses variantes. La découverte incroyable,
faite tout d'abord par les spécialistes canadiens pour
identifier rapidement la structure ADN du virus du SRAS, n'assure
pas, contrairement à ce que rapportent les moyens d'information,
la mise au point rapide d'un vaccin ou d'un médicament
pour lutter efficacement contre le virus. Le virus du SIDA a été
identifié en 1985, et il n'y a toujours pas de vaccin pour
lutter contre lui.
c) Il n'est pas nécessaire de connaître chaque détail
de la maladie pour lancer une campagne publique efficace de protection
de la santé. On peut utiliser de manière empirique
des masques, des gants, des isolations techniques avancées,
et même la quarantaine, pour limiter l'expansion de presque
tous les infections transmises par voie aérienne.
d) La quarantaine est un moyen utile face à un danger imminent
d'une maladie contagieuse à l'issue fatale. Le public innocent
a le droit d'être protégé des infections des
individus, et la mise en quarantaine est un moyen ancien et efficace
pour limiter des épidémies localisées.
e) Actuellement, le SRAS est endémique dans de vastes régions
de l'Asie, et dans des poches, comme à Toronto au Canada,
où des infections importées se sont propagées
par des contacts locaux. Si le SRAS devait devenir endémique
dans des régions comme l'Afrique, des régions déjà
durement touchées par les conséquences du SIDA,
de la tuberculose et des maux découlant de nombreux parasites,
le taux habituel de mort qui est de 6% s'éléverait
très rapidement. Qui plus est, ces régions africaines
contaminées ont déjà des services de santé
fortement insuffisants, et le système médical serait
largement dépassé par le SRAS.
f) Enfin, il est bon de rappeler, que la lumière de l'espoir
et de la découverte continue à briller malgré
les pires épidémies. Quand Albert Camus a raconté
la longue épreuve des citoyens d'Oran durant une épidémie,
il ne cita pas seulement la mort et les privations. Son caractère
principal de physicien, à la fin du roman " La Peste
"
" décida de faire cette chronique, afin qu'il ne soit
pas l'un de ceux qui conservaient la paix, mais qui portaient
témoignage en faveur des gens touchés par ce fléau
et marginalisés ; afin que la mémoire d'injustice
et d'outrage contre eux puisse être connue plus tard ; et
pour établir presque simplement ce que nous apprenons en
temps de pestilence ; qu'il y a plus de choses à admirer
qu'à mépriser ". (Agence Fides, 28 avril 2003)
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