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Activités et témoignages d’Instituts Religieux
Voici quelques témoignages :

L’agence Fides a recueilli le témoignage de plusieurs Ordres religieux répandus dans le monde entier, et qui travaillent actuellement dans la lutte contre la lèpre, dans les soins donnés aux malades et dans leur réinsertion sociale. Beaucoup de religieux et de religieuses avec lesquels nous avons parlé, nous ont déclaré que, malheureusement, les gouvernements n’autorisent pas toujours l’assistance aux lépreux dans leurs pays, et qu’il est ainsi difficile d’établir avec exactitude le nombre et la localisation des léproseries ou des endroits où ils se rendent pour continuer leur œuvre d’assistance.
Voici quelques témoignages :

LES CAMILLIENS

Fidèles au charisme de fondation transmis par Saint Camille, les Camilliens travaillent depuis toujours à “témoigner au monde l’amour toujours présent du Christ envers les malades ” (Const. n°1).
La fidélité au charisme est le lien qui a tenu uni l’Ordre dans les moments de grande difficulté. En particulier, la fidélité au charisme s’est réalisée dans la décision de vivre, jusqu’à ses conséquences extrêmes, l’appel de saint Camille de Lellis à donner tous les soins au malade, y compris au prix de sa propre vie.
Avec le temps, le charisme a été réalisé de différentes manières, en faisant attention aux signes des temps et aux besoins des derniers, des plus petits. On peut dire que les quatre siècles de l’histoire des Camilliens ont été caractérisés par l’assistance auprès des malades, la raison d’être du choix de servir les plus faibles, ceux dont les maladies sont causées par la pauvreté et, à leur tour, cause de plus de misère encore; de l’engagement dans les urgences sanitaires, là où la possibilité d’exercer le quatrième voeu (servir les malades même au prix de sa propre vie) est particulièrement élevée; de l’attention aux signes des temps, garantie de l’évolution des activités, en réponse à des problèmes nouveaux et naissants.
Saint Camille fut appelé l’initiateur “d’une nouvelle école de charité”. Sur ses pas se sont engagés de nombreux disciples, dilatant aux quatre coins de la terre et aux différents besoins du monde son inspiration. Pour faire cela, les Camilliens continuent à maintenir unis le zèle apostolique de l’évangélisation et le soin du malade. Comme pour Jésus, la proclamation de la Bonne Nouvelle passe à travers le témoignage d’actes de guérison. Par la charité, les religieux Camilliens témoignent de la présence des signes du Royaume dans le monde et ils le font avec la compétence requise par le respect dû à chaque personne.
Bien que la première mission extra-européenne des Camilliens remonte au XVII° siècle, un développement missionnaire notable n’eut lieu qu’après la deuxième guerre mondiale. La diffusion dans le monde a été telle que les Camilliens sont présents actuellement dans trente-six pays.
Dans tous les pays, l’effort est double : témoigner de la propre vocation spécifique, par des œuvres d’assistance socio-sanitaire et de formation du personnel ; créer les bases pour la continuité et le développement de la présence sur place, par des religieux du lieu.
Les directions d’assistance sont fondées sur les conditions présentes sur un territoire donné. On accorde la préférence aux pathologies et aux malades refusés par tous, ou pour lesquels il n’existe pas de structures spéciales.
Avec ces motivations, les lépreux ont eu la priorité dans nombre de nos activités. Un grand nombre d’entre elles se sont ensuite distinguées grâce au zèle des religieux et par la qualité de l’assistance offerte, au point d’être considérées comme un modèle pour la nation tout entière dans laquelle elles se trouvent.
L’évolution de la médecine et la découverte de soins médicaux pour vaincre le bacille ; l’amélioration de l’œuvre de prévention ; une conscience plus grande et une acceptation sociale plus large ont amené à la réduction du nombre des malades de la lèpre dans le monde. Même s’il y a encore des régions où la lèpre s’est enracinée comme maladie endémique, elle ne représente plus actuellement une urgence sanitaire.
Cela a déterminé la conversion de plusieurs de nos activités, destinées à ces formes pathologiques plus virulentes et aiguës. D’une manière particulière, dans de nombreuses régions du globe, notre attention s’est déplacée sur le phénomène du SIDA.
Cela n’empêche pas que plusieurs Centres Camilliens continuent à porter assistance et soins aux lépreux, là surtout où ils ne reçoivent pas l’assistance sanitaire et sont objets de discrimination.

Bénin
Les Camilliens sont présents dans le pays avec quatre communautés.
Les religieux français, le Père Moegle et le Père Stenou, dirigent le Centre de Traitement Anti-lèpre et Dispensaire St. Camille di Davougon, à Abomey. Ils sont aidés par deux volontaires laïques : Célinou et Célina. La présence de volontaires étrangers est importante: ils restent pour des périodes dont la durée est variable, pour aider les activités du centre. Enfin, les religieux profitent de la collaboration de personnel local, embauché pour les services dont le Centre a besoin.
Le Centre de Traitement Anti-lèpre et Dispensaire St. Camille offrent l’assistance constante à trente malades de la lèpre.
Le Centre de Traitement Anti-lèpre et Dispensaire St. Camille, en plus des soins de la lèpre, offrent plusieurs services socio-sanitaires: hospitalisation aux malades du SIDA, de la tuberculose, ulcères du Buruli, et d’autres maladies graves, et école féminine d’artisanat qui prépare à un travail les jeunes filles sans moyens (coupe couture, économie domestique etc.).
Pendant l’année écoulée, il y a eu des contrôles de diagnostics sur 752 cas, 230 lépreux ont été hospitalisés, dont 32 nouveaux cas (17 présentant une infection élevée), alors que les autres étaient des lépreux d’infection ancienne.

Inde
La Délégation Camillienne de l’Inde exerce ses activités surtout dans le domaine du SIDA. Dans l’Etat d’Andhra Pradesh où vit un nombre élevé de lépreux, la Délégation s’est chargée de la gestion d’un petit centre de résidence pour les lépreux.
Dans ce Centre vivent des lépreux devenus « négatifs » mais qui portent les signes irrémédiables des lésions de la maladie : difformités, moignons, amputations ; ils sont normalement incapables de pourvoir à eux-mêmes à cause de l’âge et des infirmités. On leur assure l’hospitalité et les soins des récidives. On a accordé la préférence aux noyaux familiaux, logés dans des locaux indépendants. Chaque petite maison a son petit jardin qui sert de thérapie de rééducation.
Le petit Centre, près du petit sémianire, accueille une vingtaine de malades, pris en charge par un religieux.

Chine
Les Camilliens n’ont pas une présence stable en Chine, d’où ils ont été expulsés en 1952. Toutefois, la ténacité de plusieurs religieux et le changement d’orientation politique des dirigeants ont permis leur retour partiel, pour la réalisation d’œuvres socio-sanitaires.
Les Camilliens s’occupent de deux léproseries à Zhaotong et à Qiaojia, dans la Province du Yunnan
Dans le seul Yunnan, il y a 25.000 lépreux; le taux annuel de progression de l’infection dans la Province est d’environ 500 nouveaux cas. Dans la région de Qiaojia, il y a plus de mille lépreux. La vieille léproserie de trouve à 45 kilomètres de la ville, sur un flanc de montagne à 2.450 mètres.
Les Camilliens apportent leur aide et les soins à un millier de malades, hospitalisés, ou à domicile.

Brésil
Les Camilliens se sont installés à Macapá parce que Marcello Candia, qui ne pouvait pas et ne voulait pas diriger tout seul une institution appelée à se “brésilianiser” (selon aussi ce que lui avait dit Paul VI qui le considérait comme un ami), leur avait donné l’hôpital.
La Communauté des Camilliens de Macapá est réduite en nombre, mais très active, dans la gestion de l’hôpital local, et à domicile. Elle offre une grande variété de services. Dans le domaine de l’assistance aux lépreux, Raul Matte, prêtre et médecin, étend son œuvre aux habitants des villages qui peuplent les petites îles autour de l’Ilha do Marajò, dans laquelle il se rend périodiquement en barque (petit bateau à moteur), équipée en laboratoire.

Thaïlande
Dès le début de la fondation les missionnaires Camilliens se sont engagés dans l’assistance aux malades de la lèpre: ce fut là le choix préférentiel de la Délégation, récemment constituée en Vice-province. Les lépreux, dispersés et cachés dans les campagnes et dans les forêts, vivaient marginalisés, résolument oubliés par la société tout entière. Il était difficile de les dénicher et de les trouver pour des visites et des soins. L’idée naquit alors d’un « Village » spécial, qui pourrait les accueillir et les aider, et qui leur permettrait d’avoir une vie sociale, de se consacrer à un travail selon leurs possibilités, de pourvoir d’une certaine manière aux besoins de leur famille. Le Père Turcato et le regretté Père Carli, s’occupèrent de la mise en route difficile de ce projet, dans la région de Khokwat Prachimburi, en déboisant une forêt et en montant ensuite les structures du Centre. Le « Village Saint Camille » s’est toujours agrandi et embelli comme un jardin, en se dotant de différentes activités : culture des fruits et des légumes, élevage du bétail, travaux artisanaux du bois et de tissage, instruction des enfants. Actuellement, le Village Saint Camille est un symbole de la Mission thaïlandaise, et une invitation pour la société du Pays à prendre à coeur cette catégorie de malades.
De ce Centre dépend le Village de Precaiang, construit pour une dizaine de familles de lépreux qui étudient dans des écoles disposées à les accepter.
Avoir vaincu la lèpre n’empêche pas au Centre Saint Camille de continuer à réaliser une importante mission d’accueil pour les malades chroniques et pour les rares nouveaux cas d’infection. Il y a actuellement une centaine de lépreux qui vivent au Centre Saint Camille.

Madagascar
La Délégation Camillienne à Madagascar offre un service d’assistance aux lépreux. L’activité est de type “résidentiel”, réalisée à la léproserie de Ilena, et “à domicile”, par les visites dans les maisons où vivent les malades.
La léproserie comprend 47 petites maisons où sont accueillis les lépreux et leur famille.
L’assistance est assurée par une équipe formée de personnel sanitaire laïc et par un religieux Camillien.
On assure aussi des services de prévention dans les villages, des soins des formes aiguës, et de la rééducation des cas chroniques. Le Centre offre aussi un service de pédiatrie.
Le Centre est aidé par la contribution de l’ONG de l’Ordre, Santé et Développement. Il y a aussi d’autres formes de financement.

Burkina Faso
Au Burkina, les Camilliens s’occupent des soins destinés aux lépreux, par l’hospitalisation dans un centre résidentiel, et par les soins à domicile ou dans un dispensaire.
Le centre résidentiel se trouve dans les faubourgs de la Capitale, à Ouaga-Paspanga.
Le nombre total des personnes soignées qui ont des contacts avec les religieux Camilliens est de 600 personnes environ.
L’activité est coordonnée par un religieux frère; en plus du personnel embauché, Frère Vincent peut compter sur la collaboration d’une cinquantaine d’étudiants universitaires qui offrent un service volontaire.
Il y a aussi des services de prévention, de soins et de rééducation. Les malades sont aidés aussi pour se suffire à eux-mêmes, en aidant leurs petites activités agricoles et d’élevage. Dans ce but, il y a aussi une coopérative.
Toute l’activité est financée grâce aux dons de bienfaiteurs.

Autriche
La province d’Autriche se distingue de manière particulière par son attention au soutien d’initiatives missionnaires dans le domaine de la lèpre.
Non seulement elle a un missionnaire qui travaille activement à Madagascar et dirige un Centre d’accueil pour les malades de la lèpre, mais elle offre aussi une assistance financière à plusieurs centres dans le monde. A juste titre, l’activité de la Province peut être inclue dans le domaine de l’assistance aux lépreux.

La Province d’Autriche soutient financièrement de nombreux projets, qui ne sont pas toujours dirigés par les Camilliens, dans les pays suivants:

-Thaïlande:   Sri Vichien, Khokwat, Chombung.
-Laos:   Khud Sambad.
-Corée du Sud:   Sorokdo.
-Chine:   Leproseries in the Yunnan-Province.
-Inde:   Eluru (Andrha Pradesh)
-Bénin:   Abomey.
-Madagascar:   Ilena, Isifotra.
-Brésil:   Macapa.

Conclusion
La diminution de l’incidence de la pathologie de la lèpre a réduit l’engagement des religieux Camilliens dans cette activité. De nouvelles formes de lèpre (SIDA) ont redéfini les priorités du ministère des Camilliens.
Toutefois, notre présence continue dans ce domaine, surtout là où la maladie reste un signe de la pauvreté et de la marginalisation. On donne aux lépreux un soin « holistique » qui vise non seulement à réduire la maladie, mais aussi à promouvoir la dignité des personnes. (Fr. Luca Perletti, Secrétaire général)

LES RELIGIEUX MISSIONNAIRES DE LA CONSOLATA

Dès les premiers moments de leur entrée en Afrique, le problème de la lèpre se présente comme une des maladies faciles à distinguer, moins faciles à diagnostiquer et à soigner; il n’était pas rare de voir des personnes malades habiter en dehors de leurs villages et on leur apportait là un bol de nourriture. Les Missions les accueillaient, les soignaient dans leurs dispensaires, mais ne connaissaient pas les thérapies pour les guérir. Cette situation dura pendant des années. Avec la construction des hôpitaux, on accorda une attention particulière aux malades de la lèpre, en leur attribuant des services spéciaux, et en leur réservant des heures déterminées dans les dispensaires.
La lèpre, par sa nature est telle qu’elle ne permet pas de se hasarder à faire des statistiques. Les données provenant des hôpitaux sont indicatives set approximatives. L’hôpital de Gambo, créé en 1973 dans la Mission de Gambo, dans le Vicariat Apostolique de Meki, dans la Province de Arsi en Ethiopie; est le point de référence pour le contrôle et la thérapie hospitalière de la lèpre et de l’hospitalisation. L’hôpital compte 46 lits. En 1992 et en 1993, les hospitalisations ont été respectivement de 120 et de 117; la durée moyenne de l’hospitalisation a été de 82 jours en 1993 et de 92 en 1994.
Les cas de mort à l’hôpital ont été au nombre de deux en 1992 et de 2 en 1993. Dans les années plus récentes, l’hospitalisation a diminué, mais le nombre des visites à domicile a augmenté, de la part du personnel hospitalier.
Un autre hôpital dans lequel travaillent les religieux missionnaires de la Consolata se trouve à Inonda dans le Diocèse de Njombe. Il a été construit en 1965. Dans la région, on ne dirait pas que la lèpre est répandue en raison du manque de cas évidents, mais on sait qu’elle est couverte par la discrétion. Elle est toutefois une des causes responsables des autres hospitalisations. Les registres de l’hôpital ne contiennent pas de données significatives, mais on sait que la lèpre existe dans le Pays.
Une petite colonie de lépreux, est née avec la Mission Nova Esperanca dans le diocèse de Vichinga dans le nord du Mozambique vers la moitié des années 1960, confiée aux Père Salvatore Forner, missionnaire de la Consolata, est passée depuis quelque temps à l’Eglise locale. Elle comprend de petites maisons qui peuvent abriter une famille, construites pour les lépreux, est équipée de ce qui nécessaire pour vivre, des écoles élémentaires notamment pour les enfants, et un dispensaire.
L’œuvre accomplie par le Père Ludovico Crimella, missionnaire de la Consolata, originaire de Côme, est importante et singulière: il a changé la léproserie de Onze de Maio, en Amazonie, en une Communauté, en commençant à rassembler quelques dizaines de personnes. Actuellement, la communauté comporte 40.000 personnes, dont une partie comprend d’anciens lépreux, et d’autres des personnes qui ont besoin de prévention ou de rééducation sociale. (P. Giovanni Tebaldi, IMC)

LES RELIGIEUSES MISSIONNAIRES DE LA CONSOLATA

De nos jours, si l’on intervient à temps en suivant rigoureusement un cycle thérapeutique qui dure de nombreux mois, la lèpre peut être guérie. Si, en revanche, la maladie de Hansen, comme on appelle cette pathologie, est négligée, ont a des conséquences invalidantes irréversibles : la perte de sensibilité des membres, la cécité, des lésions graves aux mains, aux pieds et à la peau.
Pour cette raison, au “Ganta Leprosy Rehabilitation Center” (Ganta Rehab), où je travaille depuis des années, nombre des 320 malades sont handicapés. Plusieurs d’entre eux ont subi l’amputation des membres inférieurs, et ne se déplacent qu’en voiture d’infirme; d’autres marchent avec le pas mal assuré de l’aveugle ou de la personne qui a perdu l’intégrité des membres inférieurs; très nombreux sont ceux qui ont les mains rabougries, ou qui ont des moignons à la place des bras; certains ont continuellement une partie du corps recouverte de bandes, tous en raison de la perte de la sensibilité, qui altère la perception du contact physique avec la matière, et ont de grandes difficultés à exercer un travail.
Et pourtant, les lépreux de Ganta, même s’ils se trouvent dans des conditions difficiles, sont des personnes sereines et laborieuses, et, si on leur demande comment elles vont, elles répondent en souriant: «Well… I thank God» (Bien… J’en remercie Dieu).
Tous ceux qui vivent au Ganta Rehab, qui ont un minimum d’autonomie pour se servir de leurs membres, exercent avec enthousiasme un travail rétribué qui les fait se sentir utiles, capables, appréciés de la collectivité, et qui leur offre la possibilité de disposer de tout ce qu’ils gagnent pour pourvoir à leurs petites dépenses personnelles et à celles de leur famille.
Les activités faites par les lépreux sont variées, et vont de l’artisanat, au nettoyage des lieux, aux travaux agricoles, au volontariat pour aider ceux qui ne peuvent plus se déplacer dans leur chambre.
Parmi les artisans, on trouve des graveurs sur bois, des tisseurs de raphia des ouvriers du cuir, des spécialistes de la couture … A Ganta, pour dépasser les limites imposées par les handicaps, on travaille comme dans une chaîne de montage. Par exemple « l’équipe » des graveurs sur bois comprend le bûcheron qui fournit la matière première prise dans la forêt, les artistes qui dessinent les motifs décoratifs sur les objets à travailler, les artisans qui gravent, les aides qui polissent et font briller les pièces, ceux qui s’occupent de la vente, de la comptabilité … Les premiers ont les jambes et les bras en bon état, les autres ont un taux croissant de handicaps, mais, ensemble, le groupe produit des objets artistiques très beaux qui se distinguent sur certains marchés de Monrovia qui sont solidaires avec les lépreux de Ganta.
Les tisseurs de raphia sont nombreux et produisent – toujours avec le système de travail à la chaîne qui met en valeur habilité et possibilité – des paniers, des bourses des vases de forme et de grandeur différentes, de très beaux éventails très appréciés et utiles au Libéria où il fait très chaud.
Les travailleurs du cuir sont des cordonniers spécialisés capables de confectionner des sandales, des chaussures orthopédiques qui s’adaptent aux pieds déformés de leurs clients. Les tailleurs sont non seulement habiles pour confectionner des vêtements pour petits et grands, des vêtements pour médecins et infirmiers, le linge pour l’hôpital, mais ils font aussi des bourses et des sacoches qu’ils vendent dans les petits marchés.
A Ganta, les forgerons savent travailler n’importe quel morceau de fer ou de tube pour en faire des objets utiles pour la maison ou pour l’hôpital, ou pour réparer des ustensiles.
Le problème des artisans est de trouver le système pour vendre les produits ; c’est pourquoi Sœur Eugenia Paola Rappui, missionnaire de la Consolata, n’est pas seulement professeur d’artisanat, mais cherche aussi des magasins qui acceptent d’exposer et de revendre les objets confectionnés à Ganta Rehab. En plus des artistes lépreux, il y a aussi les employés au nettoyage de l’hôpital et aux travaux agricoles: une petite armée de handicapés, un petit salaire fixe attendu chaque mois comme la manne du ciel.
L’équipe de nettoyage est très fière de l’ordre qu’elle laisse dans les différents milieux, à commencer par la chambre ou par la petite maison des handicapés: ils refont les lits, lavent les vitres, les sols, et enlèvent la poussière.
Certains font les poussières dans une voiture d’infirme, ou en prenant le balai entre leurs deux moignons, ou encore en attachant le torchon de poussière à un bras …
Les lépreux plus valides se consacrent à l’agriculture. Ils cultivent le jardin et les champs pour produire salades, fruits, légumes et céréales. Ils sont aidés par les moins robustes pour l’élevage des porcs, des lapins des poissons. Les agriculteurs permettent à la communauté du Ganta Rehab de se suffire à elle-même au plan alimentaire, qui compte plus de 700 personnes, malades, membres de la famille, et personnel.
Les volontaires ont plusieurs champs d’action: le service pour les malades graves, l’éducation sanitaire, et l’enseignent des techniques de travail.
Les personnes les plus sensibles se consacrent aux malades graves, et elles cherchent à soulager les handicaps de leurs compagnons les plus touchés et qui ne peuvent plus se suffire à eux-mêmes. Une activité quotidienne prenante consiste à donner à manger, et à aider, avec délicatesse, ceux qui n’ont plus de bras.
Les éducateurs sanitaires ont pour tâche d’enseigner à tous les moyens utiles et nécessaires pour ne pas aggraver la situation de handicap et pour la prévenir.
Un volontariat pratiqué par les artisans et par les « agronomes » est de préparer les nouveaux arrivés et de les mettre en mesure de continuer leur travail. Il est intéressant de voir comment tous acueillent bien les nouveaux malades en les aidant à surmonter le traumatisme du fait d’être lépreux, en se montrant disponibles à enseigner un métier qui permettra au malade d’aborder l’avenir avec dignité.
Le cycle thérapeutique pour les soins des lépreux qui n’ont pas d’autres complications, dure environ 18 mois, un temps suffisant pour apprendre un métier. Les malades qui sortent reçoivent de la communauté un financement qui leur permet de commencer leur propre activité. Cela aide la réinsertion dans le clan de la famille, et donne courage aux anciens lépreux qui peuvent pourvoir normalement aux besoins de leur propre famille.
Ceux qui, après avoir retrouvé la santé, quittent l’hôpital remercient le Seigneur qui, en accomplissant des merveilles, les a libérés de cette terrible maladie, et ils prient pour leurs amis et pour les Religieuses Missionnaires qui continuent à être aux côtés de ceux qui, malgré la souffrance, vivent sereinement et fraternellement au Ganta Rehab. (Sœur Gaudenzina Aricocchi)

LES RELIGIEUSES MISSIONNAIRES COMBONIENNES

D’après les données recueillies par les Religieuses Missionnaires Comboniennes, plusieurs de leurs religieuses, dans le monde entier, travaillent dans les soins et dans le traitement des lépreux. Même si elles ne travaillent pas dans de véritables léproseries, elles aident les lépreux dans différents Instituts des Comboniens, ou dans des hôpitaux dans lesquels elles apportent leurs services.
Un de leurs Instituts se trouve à Héliopolis au Caire en Egypte, et s’occupe de 750 lépreux, dont 95% de musulmans. En Centrafrique, elles travaillent à soigner les lépreux dans les Diocèses de Kaga-Bandoro, Bangassou et N’Baiki. En Ouganda, elles travaillent avec les Diocèses de Gulu, Lira, Kotido, Moroto ; au Congo, dans les communautés de Mungberè, Nangasisi, Isiro. Au Mozambique, dans le Diocèse de Nacala, elles suivent 17 nouveaux cas à Namahaca, 23 à Carapira, 38 nouveaux cas à Alua, 30 cas à Lurio en plus des 253 déjà soignés, 40 cas à Anchilo 28 autres nouveaux cas.

LES RELIGIEUX MISSIONNAIRES COMBONIENS

Même si les Missionnaires Comboniens n’ont pas actuellement d’activités directes organisées dans le soin et le prévention de la lèpre, nombre d’entre eux assurent leur ministères comme prêtres dans plusieurs léproseries. C’est ce dont nous parle le Directeur de la Maison d’édition « Editrice Missionnaria Italiana » (EMI), le Père Ottavio Raimondo, Missionnaire Combonien.
Les Missionnaires Comboniens en Italie, déclare le Père Raimondo, ont aidé à la diffusion de l’Association AIFO (Amis de Raoul Follereau) et partagent en conséquence les perspectives de cette Association pour ce qui concerne les méthodes de soins et de réinsertion du lépreux dans la société. Ils sont convaincus que la lèpre, qui était dans le passé plus qu’à présent liée à des préjugés, ne peut être vaincue simplement avec des médicaments, parce qu’elle est intimement liée à l’appauvrissement progressif des peules du Sud du monde.
Dans le passé, poursuit le missionnaire, il y a eu des léproseries, comme par exemple celle de Alito en Ouganda où vivait le Père Luigi Molinaro, Combonien mort à Aber, toujours en Ouganda, en 1985. Un autre frère Combonien (missionnaire Combonien, non prêtre) est mort le 4 décembre 1932 à Wau dans le sud du Soudan. C’était l’époque om la lèpre était encore considérée comme contagieuse. Le frère vécut pendant plusieurs années dans une cabane, isolé de la communauté religieuse qui le visitait régulièrement. D’autres confrères Comboniens ont travaillé ou travaillent encore au Brésil, mais aussi dans une petite léproserie à Guadalajara au Mexique, conclut le Père Raimondo.


LES FRANCISCAINES MISSIONNAIRES DE MARIE

Il y a 7.712 Franciscaines Missionnaires de Marie, appartenant à 70 nationalités ; elles travaillent dans 74 pays. Leur Institut spécifiquement missionnaire a été fondé le 6 janvier 1877 par Marie de la Passion. Le zèle missionnaire de la fondatrice ne connaît pas de limites pour répondre aux appels des pauvres et des abandonnés, et assure aussi la promotion de la femme et la question sociale. Le 5 mars 2002, on a reconnu la guérison d’une religieuse affectée de « tuberculose pulmonaire-vertébrale » le « Mal de Pott », miracle obtenu de Dieu par l’intercession de la Vénérable que le Pape Jean Paul II a béatifiée le 20 octobre 2002.
Les Franciscaines soignent les lépreux dans de nombreux dispensaires et dans le monde entier ; le traitement ne consiste pas seulement dans les thérapies médicales, mais aussi dans la rééducation et dans la réinsertion sociale. Voici les léproseries dans lesquelles travaillent les Franciscaines Missionnaires de Marie:

Ghana Jirapa
Argentine General Rodriguez
Corée San Cheong Kun
Inde Tuticorin
Japon Kumamoto
Vietnam Qui Nhon
Espagne Trillo

Au Vietnam, le gouvernement communiste lui-même leur a demandé de rester sur place pour continuer à soigner les lépreux.

LES MISSIONNAIRES DU PIME

En Inde, ce sont les Sœurs du PIME qui se sont intéressées les premières aux lépreux. Dans les années 1950, sœur Luigina Marchesi a ouvert une léproserie à Vegavaram, près de Eluru, dans le Diocèse de Vijayawada, dans l’Etat d’Andhra Pradesh. Parmi les Pères du PIME, le Père Luigi Pezzoni, depuis 1965 travaille chez les lépreux à Nalgonda, où il a fondé le « Leprosy Health Centre ».
A Mumbai (Bombay) le Père Carlos Torriano a commencé en 1976 un projet de contrôle de la lèpre, intitulé “Lok Seva Sangam » (LSS). A cette époque, Mumbai était considérée comme la capitale de la lèpre parce qu’elle avait un pourcentage de 11 pour 1.000, alors que, en Inde, le pourcentage était de 5 pour 1.000. La municipalité a confié au LSS deux quartiers de Mumbai, Chembur e Kurla, avec une population de un million et demi d’habitants. En passant au crible systématiquement tous les taudis, dans les années 1980, on avait enregistré 4.000 lépreux. Les soins leur étaient administrés mensuellement en des endroits précis que nous appelions dispensaires. On utilisait alors le solfone. Quand on commença à utiliser une combinaison de trois médicaments (solfone, rifampicine et clofazimine) le temps de soins s’est raccourci passant de deux ans à six mois. A présent nous avons seulement 500 lépreux. Malheureusement, la bataille ne s’est pas terminée, parce que, chaque année, nous découvrons encore mille autres nouveaux malades. Nous espérons que, en les diagnostiquant tous dans la phase initiale, on pourra éviter les difformités de manière à faire disparaître l’idée populaire de la lèpre liée à la difformité des membres et du visage. Le LSS continue le travail de contrôle de la lèpre, et je vis avec une trentaine de lépreux soignés un Ashram (lieur de retraite et de prière) Swarga Dwar (Porte du Ciel), à Taloja, 40 km en dehors de Mumbai. Tout le riz que nous mangeons, nous le cultivons nous-mêmes. Tout le lait vient de nos bufflonnes et nous en avons même à vendre.
En vivant avec eux depuis 34 ans, j’ai appris d’eux à regarder la mort en face sans crainte, pare qu’ils m’ont enseigné que la mort était la Porte du Ciel, le nom de notre Ashram. Et, comme missionnaire, en lisant l’Evangile avec eux, j’ai redécouvert et j’ai mieux compris une phrase fondamentale de l’Evangile : « La pierre écartée par les bâtisseurs est devenue une pierre d’angle. C’est là l’œuvre du Seigneur, œuvre merveilleuse à voir ! ». Pour eux, écartés par toutes les sociétés, cette phrase représente une grande espérance.
Pour notre société en revanche, c’est un avertissement à ne pas écarter, à ne pas marginaliser, à ne pas refuser quelqu’un, parce qu’il y a place pour tout le monde dans le Royaume de Dieu.
Comme missionnaire, j’avais toujours lu et rappelé seulement la phrase qui suit : « Il n’y a pas de salut si ce n’est dans le nom de Jésus-Christ ». Mais cette phrase est la conséquence de la première.
En Jésus-Christ, nous avons appris que Dieu sauvait en commençant par les derniers. Et si Dieu commence par les derniers, il y a le salut pour tous. (Père Carlo Torriani, PIME)

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