En 1991 l’Organisation Mondiale de la Santé
s’était fixée l’objectif de réduire
le nombre des cas actifs en traitement à moins de 1 pour
cent, avec l’espérance que cela aurait un impact sur
le risque de transmission de la maladie. Le terme pour atteindre
cet objectif a été fixé en 2002, et de nombreux
pays dans le monde l’ont déjà atteint.
Habituellement, les initiatives partent du personnel sanitaire et
des associations qui travaillent dans le secteur, et ont pour but
de sensibiliser le plus grand nombre de personnes sur les causes
de la maladie et de ses effets, y compris les effets sociaux.
Le problème le plus important des prochaines années
est d’assurer que les nouveaux cas de lèpre soient
diagnostiqués et soignés à temps. Dans de nombreux
pays, on parle de l’intégration des programmes de lutte
contre la lèpre dans les systèmes de santé
de base. D’une part, les guerres limitent la couverture des
services, et d’autre part, les restrictions imposées
par les institutions internationales réduisent les ressources
pour les services sanitaires et éducatifs. En outre, les
fonds nationaux disponibles pour les services sanitaires sont destinés
presque exclusivement aux hôpitaux des Capitales et non pas
à la santé de base dans les zones rurales. L’organisation
des politiques sanitaires nationales, fondées sur les services
à paiement, risque d’exclure les pauvres, y compris
les malades de la lèpre. Les difficultés des personnes
handicapées, si l’on y ajoute les difficultés
des trois millions de personnes handicapées à cause
de la lèpre, sont toujours ignorées.
Garantir des services, des diagnostics, et des soins aux malades
de la lèpre, en mettant en valeur la santé de base,
sera donc le système le plus adapté pour répondre
aux exigences sanitaires des populations du Sud du monde.
Voici quelques donnés sur la maladie dans le monde concernant
l’année 2002.
La situation épidémiologique de la lèpre
en Afrique
Le total des nouveaux cas diagnostiqués en Afrique en 2002
est de 48.248. D’après le taux de diagnostic des nouveaux
cas de lèpre, calculé sur une population de 10.000
personnes, les 10 premiers Pays pour la gravité de la maladie
sont les suivants:
| IIes
Comores |
4.04 |
| Madagascar: |
3.34 |
| Angola: |
3.21 |
| Mozambique: |
2.91 |
| Tanzania: |
1.90 |
| Liberia: |
1.68 |
| Guinée
Konakry: |
1.63 |
| Sierra
Leona: |
1.51 |
| Congo
Brazzaville: |
1.20 |
| Niger: |
1.09 |
Outre
ces pays où le taux de diagnostic des nouveaux cas dépasse
1 pour 10.000, il y a d’autres pays d’Afrique où
le taux de diagnostic est moins de 1 pour 10.000, mais où
le nombre annuel des nouveaux cas dépasse 1.000, et ces pays
sont le Nigéria, le Congo, le Cameroun, la Côte-d’Ivoire
et le Ghana.
Pour ce qui concerne 2002, les pays suivants d’Afrique n’ont
pas communiqué à l’Organisation Mondiale de
la Santé (OMS) les données nationales : Botswana,
Burkina Faso, Burundi, Ethiopie, Kénya, Malawi, Mauritanie,
Namibie, Togo, Zambie et Zimbabwé. Nous savons déjà
que plusieurs de ces pays, comme l’Ethiopie, ont de nouveaux
cas de lèpre, et c’est pourquoi les données
disponibles ne décrivent pas la situation complète
de la maladie.
En outre, dans de nombreux Pays comme la Guinée-Bissau, le
Libéria, la Sierra Leone, le Congo, etc., il y a des situations
de guerre et de précarité, raison pour la quelle les
données fournies ne sont pas complètes.
La situation épidémiologique de la lèpre
dans les Amériques Le total des nouveaux cas diagnostiques
en 2002 est de 39.939.
D’après le taux de diagnostic des nouveaux cas de lèpre,
un seul pays des Amériques a le taux supérieur à
1 cas sur 10.000: le Brésil. Les 5 pays les plus importants
pour la lèpre dans les Amériques sont les suivants:
| Brésil:
|
2.23 |
| Guyane:
|
0.44 |
| Trinidad: |
0.26 |
| République
Dominicaine: |
0.24 |
| Colombie:
|
0.14 |
Comme en
Afrique, dans les Amériques également et dans d’autres
pays où il y a de nouveaux cas de lépreux, les programmes
anti-lèpre ne fonctionnent pas. Plusieurs de ces pays ne
fournissent pas leurs données à l’OMS. C’est
le cas de la Bolivie, de Costa Rica, de Cuba, de l’Equateur,
du Salvador, du Guatémala, de Haïti, de l’Uruguay
et du Vénézuéla.
La situation épidémiologique de la lèpre
au Moyen-Orient
Il faut dire tout d’abord que, souvent, les données
fournies par les services de l’OMS ne sont pas insérés
à l’intérieur de la région géographique
de laquelle ils proviennent. Par exemple, les pays comme la Somalie
et le Soudan ne font pas partie du bureau africain de l’OMS,
mais du bureau pour le Moyen-orient.
Le total des nouveaux cas diagnostiqués au Moyen-Orient en
2002 est de 4.665.
Au Moyen-Orient, aucun pays n’a un taux de diagnostic de la
lèpre supérieur à 1 pour 10.000 habitants.
Les pays où le problème revêt une certaine importance
sont les suivants:
| Sudán: |
0.45 |
| Yemén: |
0.21 |
| Egypte: |
0.19 |
| Somalie: |
0.14 |
| Qatar: |
0.11 |
Outre
ces pays, un autre pays asiatique représenté auprès
du bureau du Moyen-Orient de l’OMS est le Pakistan où,
annuellement, il y a plus de 1.000 nouveaux cas de lèpre.
Parmi tous les pays de ce groupe, il y a différents pays
comme l’Irak, la Somalie, et le Soudan, où les programmes
contre la lèpre ne fonctionnent pas à cause des guerres,
et c’est pourquoi leurs données sont certainement partielles.
La situation épidémiologique de la lèpre
dans le Sud-est Asiatique
C’est la région qui compte le nombre le plus élevé
de lépreux dans le monde. Les 5 pays les plus importants
par la gravité de la lèpre dans la région sont
les suivants:
| Nepal: |
5.65 |
| Inde: |
4.60 |
| Timor
Oriental: |
3.13 |
| Myanmar: |
1.60 |
| Sri
Lanka: |
1.16 |
Tous les
pays de la région ont de nouveaux cas de lèpre; les
pays avec plus de 1.000 nouveaux cas sont l’Indonésie,
le Bangladesh et le Thaïlande. L’Inde est le pays le
plus important au plan mondial par le nombre total des cas i.
Le total des nouveaux cas diagnostiqués dans le Sud-est Asiatique
est de 520.632
La baisse d’environ 100.000 nouveau cas de lèpre en
Inde en 2002 a eu un grand impact sur les données au plan
mondial. L’on pense que ces données représentent
une situation de transmission stable de la maladie dans la région,
suite à une importante augmentation des nouveaux cas entre
1997 et 2001, quand le programme national contre la lèpre
a élargi ses activités dans le nord du pays.
La situation épidémiologique de la lèpre
en Extrême-Orient et dans le Pacifique
Plusieurs îles du Pacifique présentent des taux de
diagnostic de nouveaux cas de lèpre très élevés,
parce qu’elles ont des populations peu nombreuses, et la découverte
de quelques cas fait augmenter les taux de manière disproportionnée.
En 2002, les pays les plus importants par la gravité de la
maladie dans cette région étaient les suivants:
| Micronésie: |
8.93 |
| Iles
Marshall: |
7.88 |
| Papouasie
Novelle Guinée: |
1.12 |
| Samoa: |
0.66 |
| Cambodge: |
0.65 |
Outre
ces pays, il en est d’autres ayant un nombre annuel de nouveaux
cas supérieur à 1.000, comme le Philippines, le Vietnam
et la Chine.
En 2002, on a diagnostiqué en Extrême-Orient et dans
le Pacifique 7.154 nouveaux cas.
Tout cela montre une baisse lente et graduelle dans la gravité
de la lèpre dans cette région. Plusieurs îles
de la région ont expérimenté des programmes
de lutte très rigoureux contre la lèpre durant la
dernière décennie, y compris la vaccination de tous
les résidents. En outre, dans plusieurs de ces îles,
le niveau de vie s’est amélioré dans les dernières
décennies. Probablement, ces facteurs ont eu un impact significatif
sur la transmission de la maladie.
La situation épidémiologique de la lèpre
en Europe Les données fournies par l’OMS
rapportent 34 cas.
Etat global de la lèpre en 2003, comme cela est
rapporté par 110 Etats, et non comparables entre eux::
| Región |
Cas
en traitement avec des médicaments enregistrés
le 31.12.2002 |
Nouveaux
cas relevés en 2002 indépendamment de
l’enre-gistrement |
| Afrique |
53.888
|
48.248
|
| Amérique |
75.686
|
39.939
|
| Méditerranée
orientale |
7.899
|
4.665
|
| Asie
sud orientale |
385.458
|
520.632
|
| Pacifique
occidental |
11.335
|
7.154
|
| Europe |
45
|
34
|
| MONDE |
534.311
|
620.672
|
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(Données
établies par le Doct. Sunil Deepak directeur du département
médico-scientifique de l’AIFO et Président de
l’ILEP, la Fédération Internationale des Association
anti Lèpre)
(Agence Fides)
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